‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 61 sur 123 · LE · texte numérisé non relu

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Costansa, tfondolte, Pesaro, Sînigaglia, San Leo« Majxiolo, autant de forteresses pour ar« réter Tennemi ou Tinquiéter dans sa retraite. Ce ({ui manquait à ce malheureux pays, c'était Tunité, dont.la papauté seule, à partir de Jules II, comprit toute Timportance. Avec ses vingt ou trente maîtres, elle ne pouvait avoir de volonté ; réunis au moment du danger dans une commune pensée de salut, tous ces souverains se détachaient un- à un, à la première occasion, de la com« mune alliance, et l*indépendance nationale périssait faute d'un chef suprême. Avec Rome, telle que Ta rêvée Jules II, telle que la veut Léon X, l'Italie n'a plus à trembler pour ses libertés. En cas d'invasion, elle vient s'abriter derrière la papauté, qui, pour défendre la nationalité menacée, a pour armes Tépée et la croix. On accuse d'ambition Tun et l'autre de ces Pontifes; qu'importe, si l'œuvre à laauelle ils travaillaient était dans les intérêts du pavs 7 Mieux valait un Pape qu'un roi, même ae France, parce que le Pape est le chef naturel de la famille italienne; que la France en Italie, c'est une nation dans une nation. Un écrivain dont l'opinion n'est p/is suspecte, M. Libri , avoue que l'asservissement de l'Italie devenait inévitable le jour où François I*' et Charles-Quint l'auraient choisie pour champ de bataille. Comment alors reprocher h la

f»apauté ses généreux efforts pour en chasser 'étranger ?

« L'attention si puissamment excitée à Rome par la guerre d'Orbin, fut un moment distraite par un complot auquel le Pape échappa miraculeusement.

« La papauté , en se faisant homme dans l'intérêt de l'art, qu'elle traitait en grand seigneur, ne négligeait pas la cause des peuples dont Dieu lui cor>6a la conduite.

« Nous ne connaissons pas de plus beau spectacle que celui qu'elle donne au monde Chétien pendant plusieurs siècles, en convoquant tous ceux qui reçurent le saint baptême, empereurs, rois, ducs, princes, peuples, à se croiser contre les Turcs. Il ne se passe pas un jour, sans que sa voix dénonce les conquêtes de l'islamisme .Aienaçantes pour la religion du Christ. A tous ceux qui voudront combattre Tinfidèle, soit l'épée, soit l'obole à la main, elle promet toutes les récompenses spirituelles qu'elle peut accorder. On peut dire que la papauté fait en quelque sorte l'office de journaliste ; grâce à cet œil qu'elle lient toujours ouvert sur l'Orient, des que les Turcs avancent d'un seul pas, la chrétienté en est avertie. A tous les Chrétiens, elle ne dit pas seulement : Ne laissez pas perdre ce sang précieux qui coula sur le Golgotha ; Tinfidèle est à vos portes, renversant la croix du Sauveur, le sanctuaire sacré, la tombe de vos évêques ; mais si le croissant triomphe, c'en est tait de la civilisation, de l'humanité, de Tari; la barbarie sera votre tombeau. La papauté a ses Pontifes qui prient du haut de laCnaire de saint Pierre, ses missionnaires qui parcourent le monde, ses saintes tilles qui

pleurent, ses ambassadeurs qui négoeient, ses poètes mêmes, comme le Mantouan, qui appellent aux armes dans la langue de Virelle. On dirait que le monde catholique est frappé de vertige et de cécité; il laisse venir les Turs, et affecte de ne pas croire aux prophéties de la papauté.

AT Les plaintes qu'exhala plus tard la pa-

tauté, toujours dans ce même concile de atran , semblent reproduire Tangéliquo douceur de celui qui en est le représentant. Léon X fait un appel tout à la fois au patriotisme et à la piété des princes: il voudrait les voir s'unir dans une pensée eommuoe de charité pour refouler au loin ces hordes barbares qui vont bientôt effacer de la terre la religion du Christ, c'est-à-dire la civilisation elle-même. Alors la papauté va frapper, comme une mendiante, à la porte de tous les palais : Ouvrez-moi, dit-elle, au nom de Jésus, et donnez-moi un homme , ou une obole.

« Léon X écrit au roi d'Angleterre : Lt momeni va venir où vivre ne sera pas un poids insupportable : mon cœur est dans lajoie^ car f apprends que JUaximitien^ empereur d^Alk' magne^ François i*', rot de France, Charles , roi d^ Espagne , s'entendent pour faire la guerre aux Turcs. Le Turc jusquà cette heure, a mis à profit nos dissensions ; de jour en jour il devenait plus formidable : enfin, grâce à Dieu, il est sur le point d^étre arrêté dans sa marche. Je vais envoyer aux princes chrétiens des légats , tous revêtus de la di* gnité de cardinal, de grands et nobles personnages, pour presser Venvoi du secours que les princes nous ont promis.,. Vous ne serez pas le dernier à prendre part à cette glorieuse croisade; il y va de votre gloire. Que vous dirai'je encore f Dieu, notre maître à tous^ vous parle pour lui : écoutez sa voix.

« Léon X ne se décourage pas, il ordonne de nouvelles |)rières pour que Dieu touche le cœur des rois, et il écrit a François I" :

« Les Turcs ne discontinuent pas leurs préparatifs ; s'ils ne peuvent cet eté^ comme on le pensait, mettre en mer leur grande flotte, nous savons qu'ils se préparent à infester nos mers de Heurs pirates... Je vous en conjure, équipez au plus toi votre flotte, afin que vos vaisseaux réunis aux miens et à ceux .du roi d^ Espagne puissent donner la chasse à nos ennemis communs..,,

« L-éon X lève de nouveau les veux au ciel i il prie encore ; il faut que le Seigneur se laisse fléchir : c^est à François T' qu il adresse de nouvean ses supplications : Prenons garde, lui dit-il, qu*au jourdujugtment le Seigneur no nous condamne comme des serviteurs indignes qui ont abusé des dons qu'il nous fit, et qùfilnenous accuse d'tnsouciance et de Idcnetéf nous à qui il confia le soin de son troupeau.

« Voici venir le loup chassé par la faim, q^i a soif de cette sainte roséedont les pauvres 6re- &I1 furent baignées au baptême : tl sort de sa tanniire ; attention, veillons à ta garde d» troupeau évangélique !

cet

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c Les Turcs marchent ; ils seront bientôt fous les murs de Vienne : Ja papauté continue de prier.

« Outre les deux grands actes de! son pontifical, le concile de Latran et le concordat avec François i'\ Léon X avait eu besoin de toule sa mansuétude apostolique et de toute sa prudence humaine pour ménager sa situation difficile entre François 1" et Cbarle$*Quint. Le pontife et le prince temporel n'étaient pas alors fort à Taise au milieu de ritalie iroissée et disputée |>ar les deux illustres compétiteurs.

« Si la Yictoire de Marignan forçait Léon X à se rapprocher du roi de France, les triomphes do Cliarles-Quintélu à l*£mpire rejetaient le Pape dans Talliance de Tempereur. Et d'ailleurs notre orgueil national doit comprendre et pardonner dans Léon X, comme dans les autres chefs de l'Ëglise, le légitime désir de l'indépendance italienne. « Malgré le caraclèreindulgent de Léon X» doux grandes douleurs étaient réservées à son Ame. Des ambitions déçues, d'anciens et profonds ressentiments contre la famille et la puissance de Médicis enfantèrent cette odieuse conspiration des cardinaux, (]ui osèrent attenter à la vie même du Ponlife. La miséricorde immense du souverain ne f'Ul entièrement pardonner au crime. Mais il sauva ce qu'il put des coupables , et il se trouva heureux de sceller (fe son émotion c^t (le ses larmes la scène pathétique de la réconciliation et de l'oubli.

« L'autre affliction de Léon X, celle qui f^ttrista le plus ses derniers jours, et qui nbrégea peut-être sa vie toujours si débile, ze fut le commencement de cette révolte religieuse qu'il vit natlre avant de mourir, eC jui devait grandir sur son tombeau.

« Chacun sait de quels ménagements affeoueux le Saiut-Siége usa longtemps envers e moine rebelle de Vittemberg. Chacun ait que, pendant trois années, Léon X, qui ivait soutenu Reuchlin dans ses hardiesses, OU] me autrefois Innocent VU soutint Pic de a Mirandole, mit tout en œuvro pour rajcner Luther. Il réclama d'abord Tinterun tî on de l'arche vèque de Mayence, pais V révèque de Brandebourg. Il donna à Cartan plein pouvoir pour terminer laque- 1^1 h), et envoya tout exprès en Allemagne fiJtiz, dans I espérance de calmer et de touicr l'Ame du réformateur. Il alla jusqu'à jcrcher au fond de leur cellule des frères u moine saxon, de simples et humbles rei^lcux, Staupitz et Spalatin, pour lui porter 3s paroles de paix. Erasme prit la plume [jur combattre les doctrines du moine ixoo, Henri VIII lui-même écrivit de sa i«iin royale un écrit dédié à Léon X, pour ^futer les erreurs nouvelles. Dans une sounelie conférence k Leipsick, entre Eekius i Lulber,;conférence ou Hélanchthon luiléme deaoeurait indécis entre le succès des •ax adversaires, on a tenté un dernier et tiiiiorable effort sur l'esprit du sectaire, u^n n'y put faire; rien ne put prévenir ue lamentable et périlleuse anarchie où

allaient se préaipiter les dissidents. En vain Carlostadt s'est déià séparé de Luther et veut marcher quand celui-ci lui crie de s'arrêter; en vain Hélanchthon hésite et se trouble devant l'abtme que creuse son maître; en vain des montagnes de l'Albis, le curé Zwin«

S le veut-il ouvrir dans TédiOce catholique e plus larges brèches encore que la main de Luther ; rien n'éclaire, rien n'avertit le père de l'hérésie; et la fatale puissance dns passions humaines , pareille à la terrible voix dont parle Bossuet , lui crie impitoyablement : Marche I Marche l

c Linsurrection est désormais entrée dans l'Eglise, et Léon X meurt jeune et triste, après avoir condamné enGn, dans une bulle célèbre, aussi remarquable par la force de la pensée que par la pureté du style, les téméraires propositions de l'hérésiarque, éternel sujet d étonnement et de regrets. Dans cette bulle Exsurge Deui : Letez-vouêf monDieu^ défendez votre cauie [PeaL lxxiii, 22), il réduit les erreurs de Luther i^ quarante et un articles, et condamne toutes les propositions in gtobo. Au commencement de janvier 1521, il donna contre Luther et ses sectateurs une nouvelle bulle.

« La malheureuse invasion de Reggio détermina la rupture de Rome avec la France. Un historien contemporain dont l'opinion est d'un erand poids, M. Daru, trouve dans l'état de 1 église d'Allemagne, à cette époque, le motif d'un rapprochement*naturel entre le Pape et l'empereur.

« Léon X était à sa maison de campagne de la Magliana, quand un courrier vint lui apporter la nouvelle de la restitution au domaine de l'Eglise de Parme et de Plaisance, ces deux bras de l'exarchat de Ravenne, selon l'expression de Jules U. Que Dieu accorde encore quelques jours de vie au Pontife, et dans toute l'Italie il ne restera pas une lance étrangère 1 il partit le 24 novembre de la Magliana pour Rome^ où il avait bête de remercier le Ciel , au pied des autels, ^\x triomphe que venait d'obtenir le Saint-Siège.

« Le Pape convoqua le consistoire pour le mercredi 27, et, se trouvant incommodé, se retira dans sa chambre è coucher.

c Les médecins furent appelés, mais l'indisposition leur imrut sans danger : c'était un catarrhe, aue l'humidité de la villa Magliana avait développé, et qui bientôt revètil un caractère funèbre. Le Pape avait de la peine à respirer; il se mit au lit. La nuit fut mauvaise et aicitée ; le dimanche matin, 1** décembre iSSl, on le vit lever les yeux au ciel, joindre les mains, murmurer quelques mots d'une prière ardente, puis retomber sur son oreiller et mourir : le catarrhe l'avait suffoqué. Il achevait sa quarante-sixième année ; il avait régné huit ans huit mois et dix^neuf jours. Jamais la mort d'un Pape n'avait encore excité d'aussi vifs reçrets.

«Quittons le Vatican^: ne parlons plus du Pape, du souverain temporel, de Tartiste ; essayons de faire connaître l'homme privé.

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DKTiONNiURE

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« Od dii que peu de temp» après la mort de Léon X, un vieux serviteur du Pape s*arr6ta devant le portrait qu'en avait fait Raphaël, et qu'on trouve à Florence au palais Piltiy et s'agenouilla [)our baiser la main de son maître, coromo si le sang y circulait encore. C'est que jamais en effet , peintre flamand ne mit plus de vie réelle dans une tète. C'est bien là celle figure de Médicis, au coloris tout vénitien ; ces chairs blanches et mates de tous les hommes de sa race ; cet œil myope qui semble s'échapper de son orbite ; ce front d'une pureté limpide, celte large tète reposant sur deux épaules évasées; ces mains un peu trop féminines, aux doigts ornés de camées antiques ; et dans tous les traits cet air d'angélique bonté qui charmait ceux qui avaient le bonheur de l'approcher avant même qu'il eût pu les séduire par le doux son de sa voix que les poêles de l'époque comparaient à de fa musique. On n'a pas besoin de connaître le i)ersonnage qu'a voulu représenter Sanzio , pour deviner que ces lèvres n'ont dû s'ouvrir que pour bénir ou pardonner. Luther «si un AUSSI grand artiste que Raphaël : en quelques mots il a peint Léon X : Milis ul agnuMj a-l-il dit, doux comme un agneau.

« Deux ou trois fois pendant le cours de son pontificat, Léon X dut user de rigueur envers de grands coupables, comme dans la conspiration des cardinaux. Ce jour» il souffrait dans l'Ame et dans le corps; il ne mangeait plus , des larmes involontaires tombaient de ses yeux, et la nuit il priait pour raffermir son courage ébranlé. Il y avait lutte entre le prince et le père; il fallait bien que la justice fût satisfaite, mais le combat était long et douloureux: L'expiation consommée , alors Léon X de son plein mouvement se laissait aller à ses instincts innés de bonté, il saisissait une solennelle occasion pour témoigner à celui qui l'avait offensé, que le cœur du juge ne conservait plus aucun ressentiment. C'était le prêtre qui, la grille du confessionnal fermée, ne se rappelle plus les péchés du pénitent. Au milieu du saint sacrifice, quand» à la voix du célébrant, Dieu descend sur l'autel, il se levait, marchait droit à celui dont la faute était désormais couverte, rattirait dans ses bras* l'embrassait avec effusion, et, au nom du sang divin, lui promettait de -ne pas garder souvenir du passé, et il tenait religieusement sa parole.

c Dans plus d'une page de notre histoire, nous avons raconté les libéralités du Pontife envers les gens de lettres. Ces libéralités, souvent trop fastueuses, avaient leur récompense dans ce monde, où eHes étaient chantées en vers et en prose, sur la toile et sur le papier : car la reconnaissance n'est pns toujours muette. Mais il estdes bienfaits qui tombaient dans fombre, sur des êtres obscurs, et entre trois témoins, sans compter Dieu : le Pape, son maître des cérémonies et le solliciteur, et dont Rome ne parla qu^aprèsla mort du Pontife. Chaque malin, qu'il sorlît du Vatican pour se promener

dans Rome, où qu*il reslAt dans son cabinet d'étude, P&risdeGrassi avait ordre d'emplir de pièces d'or et d'argent une grande bourse

aue Léon tenait suspendue à ses côtés, et où puisait à pleines mains, pour secourir le mendiant qui se présentait en haillons, l'exilé qui, chassé de sa patrie dans ces temps de déchirements politiques, venait à Rome chercher un refuse. Car Rome alors, comme aujourd'hui, était l'asile des grandes infortunes ; l'écolier qui manquait de livres nécessaires pour achever ses études, le vieux professeur gui n'y voyait plus et dont l'flçe avait affaibli les forces. En vain des VOIX prudentes essayaient - elles de faire comprendre au Saint-Père que ses libéralités devaient avoir un terme, il n'écoutait Eersonne et retombait sans cesse dans ses abitudes d'enfance : la prodigalité. A ceux qui le tourmentaient trop vivement, il répondait par toutes sortes de belles sentences tirées des Livres saints ou des écrivains profanes : refuser, le faisait souffrir. Un jour, un de ses secrétaires, qu'il aimait comoie tous ceux qull avait attachés à son service, Blanchi, lui demandait, dans une supplique écrite en termes pressants, une faveur que les canons faisaient au Pontife un devoir de refuser. — Et ii f accordais h transfert du bénéfice, dit-il au solliciteur, qu*est'ce qtu cela voui rendrait f — Deux cents écus d oft répondit le serviteur. — £h bien! reprit le Pape, les voilà^ et ii déchira la supplique.

« Une autre fois, on lui parlait d'un prêtre qui faisait admirablement les vers latins, et qui mourait de faim. — Comment donCfàii en riant le Pape, mot ^t, dtms ma «te, ai <icouru tant de prêtres rimeurs^ j'aurais pu oublier ce chantre divin f Tenex^ tenex^ voilà pour le poèUt et il donnait sans compter. . ft A Rome, dans les Ela Is de l'Eglise et dans d'autres provinces italiennes, Léon X nou^ rissait un grand nombre de prêtres, de religieuses, de vieux militaires el d'exilés.

« En montant sur le trône, il trouva sa capitale remplie de mendiauts, que les guerres avec l'étranger avaient réduits au plus affreux dénûment, et qui souvent tombaient mortsde faim au coin d'une borne; son cœur se sentit ému de pitié, et il fonda l'hospice des incurables de Sainte-Marie, destiné à recevoir les infirmes et les malades atteints d^affections que l'art regardait comme inguérissables. Par ses ordres, des hommes de confiance étaient chargés de parcourir la ville, d'aller à la découverte des pauvres et des malades qui trouvaient dans celle léproserie, tous les secours de l'art et de la charité.

« On lui doit rétablissement d'un monastère, sous le vocable de Saint-Marie-Madeleine, asile ouvert aux filles repenties qui» voulant pleurer les désordres d*une vie passée dans le libertinage, s'amendaient, et réconciliées avec Dieu.et la société, trouvaient dans cet hospice les soins, de rame et da corps, le pardon de leurs fautes, et loubli du passé. Le monastère était administré par les frères de rArcbi-charilé, entretenu pac

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D» PAPES

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les dons du souverain» les aumônes des fidèles, les quêtes faites dans les églisesi e| les biens des matrones mortes sans tester.

« Cette confrérie de rArchi-charité ayait été instituée car le cardinal Jules de Médi« cis, pour venir au secours des pauvres honteux et des débiteurs insolvables, dont le nombre était si grand à Rome. Des visiteurs choisis par le conseil d*administration, avaient pour charge de fouiller les greniers» afin d'y découvrir quelque pauvre flme toute honteuse de sa misère» et qui, n*osant pas tendre la main aux passants et révéler sa géue au curé de la paroisse» était exposée h ujourir de désespoir; ou bien encore Touvrier jeté en prison par un créancier qu*il ne pouvait payer» même au prix du travail de nuit cl de jour. La confrérie veillait aussi sur les morts. Il arrivait souvent qu'on pro- ;uenait de porte en porte le cadavre d'un indigent» afin de recueillir quelques pièces de monnaie destinées à Tensevelir. Dans les temps de maladie épidémique, la charité et la pitié» trop souvent sollicitées» avaient fini j'ar ne plus s*émouvoir; alors le corps était conduit au cimetière» sans croix ni fiambeau. Léon X vint au secours de Tinstitution par desdonset d'utiles règlements» et» grAce au Pontife charitable» la société put donner chaque difnanche un pain de plusieurs livres aux pauvres de la ville de Rome.

« La correspondance de Bembo existe» qui témoigne à chaque ligne du zèle de Léon X [ «ou r la religion» de son amour pour i'E- ^liso» de sa [préoccupation à défendre le jognie catholique» de sa tendresse pour les f auvros» de sa sollicitude pour le salut des duies» de sa foi vive et éclairée. Tel nous rayons vu au concile de Lalran» tel nousi le trouverons dans ses épltres familières ; c'est le mAme travail qu'il poursuit : la réformation des mœurs publiques» la paix parmi les princes chrétiens» le bon exemple Jaiis le sanctuaire.

n 11 est dans la vie de Léon X des pages oil Ion se dirait transporté au moyen Age» cette éi'oque d'enthousiasme religieux. Sélim, à la iéte de ses hordes tartares» faisait chaque I iur un nouveau pas en Europe. Pour arréu*r cet autre Attila» le Pape» à l'aide de ses c^ats, remuait les c^urs chrétiennes; et #artout on promettait à l'homme qui représentait à la fois le christianisme et la civili* a tien» des soldats et de l'argent; mais les ecours promis n'arrivaient pas. En Alleuagnc» un poëte s'était mis en tête do lutter vec le Pape, et conseillait è l'empereur» aux ^rinces» aux diètes» de refuser leur con< ours au père des fidèles ; et la voix dupoëte lâit plus puissante que celle du Vicaire de ésuS'Cbrist. Alors» dit un historien philoi>l>be» on vit a Rome le Souverain Pontife Liarcber nu-pieds» et appeler sur son peu- Ae^ (lardes gémissements et des larmes» la protection céleste. Ses prières furent plus tlicacos que ses négociations : Sélim mourut vant d'avoir pu exécuter ses projets.

m C'est à Léon X que nous devons en »artie l'institution de ces belles cérémonies

religieuses qui» chaque année» pendant la semaine sainte» attirent un si grand {concours d'étrangers à Rome. On ne saurait dire la majesté avec laquelle ofiiciait le Pontife» le recueillement qu'il gardait pendnnt la célébration du saint sacrifice. On le voyait» les mains jointes» l'œil fixé à terre ou sur l'autel» prier constamment. Il fa'accompagnait et ne portait jamais le Saint-Sacrement que la tète découverte. Il assistait tous les dimanches au sermon» mais il voulait que le prêtre ne parlAt pas plus d'une demiheure» conformément a la décision du concile de Latran. Musicien habile» il faisait chercher dans toute TEurope les maîtres de chant les plus célèbres» les instrumentistes les plus renommés, pour célébrer le service divin. Il appela de Florence Alexandre Melliui» poète et musicien» pour accoutumer ses chapelains i garder la tonique dans la

Csalmoaie des psaumes» et la mesure syllaique dans le cnant des hymnes ou des proses : car son oreille souffrait quand on brisait le rhythme ou qu'on oflTensait la prosodie.

« Léon X se levait de bonne heure et fai« sait sa prière à genoux; quand la maladie dont il était atteint l'avait fait soufl'rir la nuit» il prenait un luth suspendu à la muraille de sa chambre à coucher» et se mettait à jouer. 11 estimait que la musique est un présent du Ciel ; qu'elle adoucit le caractère» et qu'elle élève l'Ame à Dieu. Il la regardait après les lettres» comme la plus efficace consolation de Thomme dans l'exil. Il aimait à converser sur les principes de l'art musical, et démon trait ses théories» en s'accompagnant sur son luth. Les musiciens comme les humanistes venaient chercher fortune à Rome» où le Pape les accueillait avec empressement.

« Cette passion pour la musique suivait le Pape jusqu'à table ; à la fin de ses repas» ou appelait des musiciens qui exécutaient diverses mélodies en s'accompagnant sur la guitare ou sur un autre instrument. Ce repas ressemblait assez k ceux que Vida donnait aux étrangers dans son évêché d'Albe. Les légumes y figuraient en abondance ; le mercredi» pas un plat de viande ne figurait sur la table ; le vendredi» on n'y servait que des racines; le samedi, il était de règle qu'où ne mtl pas le couvert» le Pape jeûnant ce jour-là. Léon X mangeait peu et ne buvait que de l'eau. Paul Jove, qui plus d'une fois eut l'honneur de s'asseoir a la table du Pontife» nous dit que l'amour des lettres et des arts était si vif en lui» qu'il ne voulait pas que le temps du repas fût perdu pour l'instruction des convives; il indiquait un sujet souvent religieux» auquel tout le monde prenait part. »^

LEON XL— Après la mort de Clément VIII, le cardinal Aldobradini» son neveu, s'unit à la faction française» et déploya tous ses efforts pour faire élire le cardinal Baronius. Ce savant homme eut un grand nombre de voix; mais lès Espagnols, dont la faction était puissante» lui donnèrent Texclusion» parce

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DiCTlONlUIRET

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qa*il disait son sentimeot dans le consistoire avec trop defrauchise, et parlait d'eux sans déguisement dans ses Annales. Enfin, après bien des mouvements, on élut, le 1" avril 1605, le cardinal de Florence qui prit le nom de Léon Xi. Il se nommait auparavant Alexandre Octavien, et était de la maison de Hédicis, qui régnait è Florence, sa patrie. Clément ViII, connaissant son mérite, l'employa à la paix générale de l'Europe. Il s'acquitta avec honneur de cet emploi, et surtout de la légation quMl exerça en France, poury abattre les restes de la Ligue, par te traité de Vervins. La nouvelle de son exaltation répandit la ioie dans toute l'Europe, à cause des granoes espérances qu*on avait conçues de lui. Il fut, pendant son cardinalat, l'ornement de la cour de Rome. 11 avait auprès de lui plusieurs personnes de lettres ; ce qui ne contribua pas peu à son élection, parce aue cette magnificence lui fit beaucoup d amis. D'ailleurs, il fit connattre dans toutes les occasions qu'il haïssait les concussions, la vengeance, la tyrannie, la trop grande complaisance pour les parents, la dissimulation, et qu'il condamnait les mauvais traitements que plusieurs cardinaux avaient reçus sous les pontificats précédents. Il s'était attiré l'amour du peuple par sa magnificence, lorsqu'il était légat en France, et dans les autres emplois qu il avait exercés ; on l'avait comble de bénédictions, lorsqu'on lui avait vu employer ses revenus à la.construction de plusieurs églises et autres monuments publics. Le cardinal Benlivoglio fait en peu ae mots un éloge complet de ce Pape. « Il avait toujours été, » dit-il, « fort régulier dans sa manière de vivre ; il était plein de zèle pour la vraie gloire de l'Eglise ; toutes SOS actions portaient l'empreinte de la noblesse et de l'élévation de ses sentiments.» Son élévation ne changea par ses mœurs, il eut toujours la même affuLililé pour tous ceux qui l'approchèrent. Il ne songea point i répandre ses bienfaits sur ses parents, quoiqu'un de ses amis,pour lui faire la cour, lui en eût porté une liste, où les plus éloi-

Spés étaient nommés. Il avait dessein de aire une promotion de cardinaux, mais il ne voulait honorer de la pourpre que des personnes d'un mérite distingué, et qui pussent faire honneur à l'Eglise. Il ne voulait accorder des grâces qu'à ceux qui les méritaient ; il maintint dans les charges ceux qui en avaient été pourvus par ses prédécesseurs. Il se piquait de garder sa parole ; il donnait audience facilement. Il pria les cardinaux de ne lui rien demancier contre sa conscience, leur promitde leur accorder avec plaisir tout ce qui serait juste. Il soulagea autant qu'il put les provinces des impositions que Clément VIII avait établies pour l'entretien des troupes. Mais Léon lut bientôt accablé sous le poids du 'pontificat, de sorte qu'étant tombé malade, il mourut le vingtcinquième jour de son exaltation, dans la soixante-dixième année- de sou flge.

LEON Xlï. — Pie VU était mort le 20 août 1823. Le Sacré Collège se divisait alprs,

mais dans une mesure convenable, ec deux

farties. Plusieurs de ses membres aspiraient voir finir la longue autorité du cardinal Consaivi, secrétaire d'Etat du Pape délunl ; ils faisaient cause commune avec lesZefami, c'est-à-dire avec ceux qui, ainsi que les définit M. Artaud, eroienl çtie la politique di Rome doit être plue souvent qu'elle ne tatait été jusqu^alors austère comme le dogme. Ce parti, auquel le cardinal délia Geiiga, qui allait devenir Léon XII, se rattachait par ses sympathies, désirait un Pape qui rendit la prépondérance au pouvoir ecclésiastique.

Ses vues se portèrent sur le cardinal Sévéroli, évèquede Viterbe et qui avait été nonce à Vienne. D'autres cardinaux s'accordaient avec la France, TAutriche, Naples et la Sardaigne, pour élire un Pape prudent et modéré, sage continuateur du système de goovernemont du cardinal Consaivi, de ce système qui avait passé par l'épreuve da temps et acquis au Saint-Siège la bienveillance de toute l'Europe ; les vœux de ce parti étaient pour le cardinal Castiglionî.

H. Artaud (Histoire du Pape Léon Xlt\, dépouille les opérations du conclave de tous leurs arcanes, ne laisse absolument rien à désirer à la curiosité la plus exigeante. A voir l'irrésistible publicité è laquelle nulle action humaine ne saurait plus échapper de de nos jours, loin de blAmer ici l'historieD, nous estimons qu'il a sagement compris les nécessités de son époque, et qu'en y satisfaisant il n'a pas démérité de l'Eglise. Elle n'a jamais lieu de redouter la lumière, et le jour jeté sur les augustes assemblées qui

Eerpétuent le vicariat de Jésus-Christ sur I terre ne peut qu'augmenter le respect des fidèles pour le père indéfectible de la catholicité, phénix véritable, toujours renaissant à chaque coup de la mort.

M. Artaud n'omet pas de signaler ces «auvelles à la main qui circulent dans Rome en temps de conclave, et où le sel de Ves^tii national manifeste sa saveur pa^r la satire ou par la louange. Chaque cardinal y a son couplet.

Voici celui du Pape futur dans les quatrains cités par l'historien.

Chi vuol che TordiDe In tulo veiiga Preghi cbe soelgasi il dclla Genga.

Il est d'usage que lesamhasssadeurse.tles ministres des puissances catholiques visitent les cardinaux assemblés en conclave etpro* noncent un discours de circonstance. Celui du duc de Laval Montmorency, ambassadeur de France, est rapporté tout.entier; il se termine par cette remarquable observation adressée au Sacré Collège, et dont la haute portée n'échappera pas aux intelligeoces catholiques : « L'e^^prit de la révolution n'a

pénétré dans aucune réunion pareille U

révolution Française, messieurs les cardinaux, ^ mis le pied partout sur le contioenti excepté dans un conclave. »

On sait, en effet, que le premier consul

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DES I^AKS.

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qui gouvernail la France en 1800| et ce pre* iiiîor coosqI était le commandant en cftief de l'armée d'Italie, le puissant général Bonaparte n*a eu aucune influence dans le célèbre conclave pour lequel une la^^une de Venise a remplacé Rome. Cette mémorable assemblée a librement doié TËulise du sage nautoonier qui a conduit la barque de Pierre à travers tanld*écueits redoutables,et le souffle révolutionnaire, qui a tout abattu ou courbé jusqu'aux c|i|atre coins du monde, a été Gomiaes*il n'était pas pour Tinstilution divine qui repose sur les promesses immuables du Veriie éternel.

Vanité des calculs humains 1 le Pape est élu i la majorité des deux tiers des voix sans qu'on puisse y comprendre celle du candidat. Le cardinal Sévéroli allait réunir e nombre sufQsanl de votes quand TAutriche lui donna rexclus^icn. On n*ignore pas que lorsque les voix paraissent se diri{<er sur uu cardinal qui n*est pas agréable a une des trois cours de France, d'Autriche ou d'£spa-

?;ne, chacune d*el les peut exercer une seule ois seulement, le droit d'exclure un candidat qui serait près d'avoir les deux tiei*s des voix exigées, mais avant l'élection consommée» car cette exclusion ne peut se prononcer que contre une probabilité et non pas sur une certitud». Il va presque sans dire que cette prévention politique n'est pas regardée comme un droit positif; elle y est Ciinteslée, mais respectée, (Koy. Conclave.} Vanité des calculs humains I avons nous dit ; ce droit impuissant en présence de desseins [TOTidentiels, l'Autriche croyait Texercer :ootro le cardinal Sévéroli, au profit du carliiial Castiglioni. Mais l'effet immédiat de )vUe exclusion fut d'exaspérer presque oui le Sacré Collège et surtout le parti Itaien ; le cardinal Castiglioni s'en ressentit. Le cardinal délia Genga^désignéauchoixdu ^cré Collège parle cardinal Sévéroli, l'exclu le rAulrichd, obtint bientôt, Ie28 septnnbre I8i3, les trente-quatre voix formant la maori té nécessaire. Uais ici commence le déreloppement libre et généreux du beau *aractèrA et de la bonne loi du cardinal délia !îenj^a soroinè d'accepter la tiare. Il s'en dé- "îpndit, en versant des larmes, et en s'autori- ^anC de l'état précaire do sa santé; mais tressé de toute part de revêtir les habita lontiûcaux, il obéit. Le doyen et le camerin^ue lui demandèrent alors quel nom il m tendai I porter com me Pape. L'élu se donne >rdiaairemeut le nom du Pape qui l'a créé ordinal ; cependant le choix est libre. Le ardînal délia Genga, encore plus éma, ré- »uadit qu'il prenait le nom de Léon XU; ensuite il adressa au cardinal Castiglioni des *arolas obligeantes où respirait une sorte de e^reld*avoirétépréiéré, et il ajoutait « qu'il 'lait malheureux qu'on n'eût pas suivi le ^<tfu du Pape Pie VII, qiM appelait son ami :a^u^ltont Pie Vlll (il le fut en effet plus arti) ; qu'au surplus le nouveau Pape étant >»:cablé d'infirmités, et n'ayant que peu de Piii|js h |>asser sur cette terre d'amertumea t de souifrances, le cardinal Castiglioni se-

DlGTtOHX. DBS PaPBS.

rail indubttabtementPie VIII son successeur. Il y avait donc encore un mouvement de délicatesse exquise dans le choix du nom que prenait le Pontife. ■

Quand, d'une fenêtre de la grande galerie du palais Quirinal, où le conclave s'était réuni, au lieu de se tenir au Vatican, le cardinal Fabrice Ruffo annonça au peuple, assemblé sur la place, l'exaltation de Léon XII, il répondait péremptoirement, après

auatorze ans passés , à ce stupide complice u général Radet, qui, lors de l'enlèvement du Pape Pie VU, le 6 juillet 1809, s'écriait : Général^ noiÂS enlevons le dernier Pape : il n'y en aura plus!

Le cardinal délia Somaglia, doyen da Sacré Collège, quoique dévoué à Léon XII au moment de son élection, lui avait été peut-être plus contraire que favorable auparavant. Quand le nouveau Pape reçut, dans le conclave même, la première obédience des cardinaux, il dit tout bas & leur vénérable doyen : Votre Eminence nous servira en qua^ lité de secrétaire d'Etat. N*est*ce pas là débuter dignement dans la carrière poutiticaleT

Mgr Cristaldi, trésorier générai, chareje

Jni répond à Rome à celle de ministre des nances à Paris, avait eu, au commencement de l'année, un différend très-vif avee le cardinal délia Genga, alors vicaire de Sa Sainteté. Le prélat avait |)arlé en termes peu convenables au cardinal-vicaire, qui ne demandait cependant qu'un simple acte de justice. La contestation était trop récente pour que l'offensé ne s'en souvint pas. Léon XII prouva qu'il n'avait pas oublié la conduite de Mgr Cristaldi envers le cardinalvicaire. Ce qui distinguait éminemment Sa Sainteté, c'était l'amour du bien public; et il en trouvait un digne défenseur dans le trésorier qui avait pu ne pas redouter un membre du Sacré Collège. Le Pape déclara nettement qu'il lui paraissait évident que, dans la auerelle, le cardinal délia Genga avait eu aes torts, il les aggrava peut-être : et Mgr Cristaldi conserva sa place.

Annibal-François-Clément-Melchior-Jé« rôme-Nicolas délia Genga, issu d'une famille noble qui avait dû une partie de son élévation à Léon XI, Octavien de Médicis, mort en 1605, après viiigt-cing jours seulement de pontificat, était ne au chftteau de la Genga, sur le territoire de Spolète, le 22 août 17o0. Son père, Hilaire, comte délia Genga, et Marie-Louise Peribertie de Fabriaoo, sa mère, eurent dix enfants. A treize ans, Annibal fut placé dans le collège Campana d'Osimo; à dix-huit, il passa dan« le collège Piceno de Rome , puis dans l'Académie ecclésiastique. Pie VI, visitant l'Académie* le remarqua, et, satisfait de ses réponses, il le désigna sur-le-champ pour être camérier secret. Le 1% juin 1783, Annibal fut ordonné prêtre par le cardinal Gerdil, avec dispense d'âge. Chargé, en 1790, de prononcer, dans la chapelle Sixtine, en présence du Pape et du Sacré Collège, l'oraison funèbre de l'empereur Joseph II, il traita avec tact ce sujet difficile. En 1792, il »e trouvait à la fois

LEO

DICTIONNÂiREr

LGO

qa*il disait son sentiment dans le consistoire avec trop defranchise^ et parlait d'eux sans déguisement dans ses Annales. EnGu* après bien des mouvements» on élut» le 1*' avril 1M5, le cardinal de Florence qui prit le nom de Léon XI. Il se nommait auparavant Alexandre Octavien, et était de la maison de Hédicis, qui régnait à Florence, sa patrie. Clément YIII, connaissant son mérite, remploya à la paix générale de l*Europe. Il s'acquitta avec honneur de cet emploi, et surtout de la légation quUl exerça en France, f)Our y abattre les restes de la Ligne, par e traité de Vervins. La nouvelle de son exaltation répandit la joie dans toute l'Europeî à cause des grandes espérances qu*on avait conçues de lui. Il fut, pendant son cardinalat» l'ornement de la cour de Rome. H avait auprès de lui plusieurs personnes de lettres ; eo qui ne contribua pas peu à son élection, parce que cette magniQcence lui fit beaucoup d amis. D'ailleurs, il fit connaître dans toutes les oexuisions qu'il haïssait les concussions, la vengeance» la tyrannie, la trop grande complaisance pour les parents, la dissimulation» et qu'il condamnait les mauvais traitements que plusieurs cardinaux avaient reçus sous les pontificats précédents. Il s'était attiré l'amour du peuple par sa magnificence, lorsqu'il était lésât en France» et dans les autres emplois qu il avait exercés ; on l'avait comble de bénédictions, lorsqu'on lui avait vu employer ses revenus à la.construction de plusieurs églises et autres monuments publics. Le cardinal Bentivoglio foit en peu ae mots un éloge complet de ce Pape. « 11 avait toujours été» » dit-il, « fort régulier dans sa manière de vivre ; il était plein de zèle pour la vraie gloire de l'Eglise ; toutes ses actions portaient l'empreinte de la noblesse et de l'élévation de ses sentiments.» Son élévation ne changea par ses mœurs» il eut toujours la même affoDilité pour tous ceux qui rapprochèrent. Il ne songea point à répandre ses bienfaits sur ses parents, quoiqu'un de ses amis,pour lui faire la cour» lui en eût porté une liste, où les plus éloignés étaient nommés. Il avait dessein de faire une promotion de cardinaux, mais il ne voulait nonorer de la pourpre que des personnes d'un mérite distingué, et qui pussent faire honneur à TEglise. Il ne voulait accorder des grâces qu'à ceux qui les méritaient ; il maintint dans les charges ceux qui en avaient été [)ourvus par ses prédécesseurs. Il se piquait de garder sa parole ; il donnait audience facilement. Il pria les cardinaux de ne lui rien demander contre sa conscience» leur promit de leur accorder avec plaisir tout ce qui serait juste. Il soulagea au tant qu'il put les provinces des impositions que Clément VIU avait établies pour l'entretien des troupes. Mais Léon fut bientôt accablé sous le poids du*pontificat, de sorte qu'étant tombé malade, il mourut le vingtcinquième jour de son exaltation, dans la soixante-dixième année de sou Age.

LEON XU. — Pie VU était mort le 20 août 1823. Le Sacré Collège se divisait alors,

mais dans une mesure conveniUa, a Cpn

rirties. Plusieurs de ses membres «spininx voir finir la longue autorité da ardiui Gonsalvi, secrétaire d'EUtduPaMdélut; ils faisaient cause commune avec les ZAvi, c'est-à-dire avec ceux qui» ainsi que les -:^ finit M. Artaud, eroienl que la wêlitmi u Rome doit être ptui êouvtni qu^uU « (mu été juêqW alors auitèrt comme U 4êfm,ù parti, auquel le cardinal délia Geop, ;l allait devenir Léon Xll, se rattachait pr h sympathies, désirait un Pape qui reftiii i prépondérance au pouvoir ecclé$ia$t:u!

Ses vues se portèrent sur le canJioil Sécf* roli, évèquede Viterbe et qui avait été & ti à Vienne. D'autres cardinaux s'acoocu^i avec la France, l'Autriche, Naples et la â» daigne, pour élire un Pape prudent et Hr déré, sage continuateur du système de gai> vernemcnt du cardinal Consalri, de i système qui avait passé par répreai<»è temps et acquis au Saint-Siège la bieoit lance de toute l'Europe ; les vœux de ce |t étaient pour le cardinal Castigliooi.

H. Artaud (Hiêioire du Pape LémÏL dépouille les opérations du conctat e dek leurs arcanes» ne laisse absolumeoi m, désirer à la curiosité la plusexipuli voir l'irrésistible publicité à laquelle »• action humaine ne saurait plus écbjpfc* de nos jours, loin de blâmeF ici Thisioi nous estimons qu'il a sagement cooprk nécessités de son époque» et qu'en y u faisant il n'a pas démérité de l'E^^tuc. n'a jamais lieu de redouter la lauiièrf, jour jeté sur les augustes assemlle^ perpétuent le vicariat de Jésus-Qins.

la terre ne peut qu'augmenter te respec fidèles pour le père indéfectible de Uct licite, phénix véritable» toujours reo» à chaque coup de la mort.

H. Artaud n'omet pas de signaleroei velles à ta main qui circulent dans Ritt temps de conclave» et où le sel de Tr national manifeste sa saveur fv ^ ■ ou par la louange. Chaque cardinal j i couplet.

Voici celui du Pape futur dans les trains cités par Fhistorien.

Clii vuol che rordine In luio veiisa Preghl cbe scelaisi II délia Genga.

Il est d'usage que les amhasssadeofSf^ ministres des puissances catholiques w les cardinaux assemblés enconciareM noncent un discours de circonslaoce. M du duc de Laval Montmorency, aoitosMÉ de France» est rapporté lout.entier; ri n^ mine par cette remarquable otserM adressée au Sacré Collège» etdontlilift portée n^échappera pas aux iotell^ catholiques : « L'e^^prit de la révo!yo.«t pénétré dans aucune réunion pireiile^' révolution Française, messieurs tesciv*' naux, ^ mis le pied partout sur le oootisr-

excepté dans un C'ni lave. > On saity en effet» que le preDier e^'

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' le préfet de la Propa-

, nous sommes au cuui-

us travaillerons souvent

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XEO

OICTlONNAlRIi:

LEO

chanoine de Saint-Pierre et secrétaire de Pie VI 9 qui souriait à ses reparties spirituelles. Promu l'année suivante ^ l'archevôché de Tyr, il fut sacré par le cardinal duc d'York, et envoyé en qualité de nonce à Cologne, où il succéda au célèbre Pacca. Sous Pie VU, après les sécularisations* et les envahissements de 1803, il fut accrédité comme nonce eitraordioaire près la diète de Ratisbonne, afin de pourvoir aui besoins des Efflises d'Allemagne; mais son zèle et ses lalenls ne purent triompher de la difiiculté des circonstances. Bonaparte, qui voulut un moment au'on lui donnAt Bernier pour successeur, nnit par lui ordonner de quitter le pavs. Il concourut, en 1808, à* Paris, aux négociations des cardinaux Caprara et Ba^anne. Après la rupture des conférences, il retourna en Italie, où il fut témoin de la persécution suscitée contre le Pontife romain, et se relira dans la paroisse ai)batiale de Monlicelli, au diocèse de Fabriano, dont Pie Vl l'avait pourvu à perpétuité. A l'époque d« la Restauration, Pie VII le chargea d'aller complimenter Louis XVllI. £n 1816, délia Genga fut le premier cardinal de la promotion du 8 mars. Nommé plus lard évèque de Sinigaglia, il ne put jamais aller y résider. £n 1820, il succéda au cardinal Litta dans l'administration spirituelle de Rome, c'est-à-dire dans les fonctions de cardinal- vicaire, que l'on ne confie ordinairement qu'aux cardinaux oui font une profession particulière de piété. Il était d ailleurs archiprètre de Sainte-Marie-Majeure « et préfet des congrégations de la résidence des évéques, de l'immunité ecclésiastique, du spirituel du 4}ollége et du séminaire Romain.

Elu chef de l'Eglise universelle, ses premiers soins furent pour le soulagement du Îeuple. Un édit de la secrétairerie, en date du octobre, et qui annonçait les sentiments Ealernels du souverain, diminua considéralement les impôts. 11 remit en vigueur une ancienne coutume introduite par saint Gré-

§oire le Grand , et voulut uue tous les jours onze pauvres trouvassent à manger dans son palais. La cérémonie imposante de son couronnement eut lieu le 5 octobre 1^.

Le 17 novembre suivant, il tiut un premier consistoire, où il prononça une allocution qui fit connaître les desseijis et les sentiments de ce Pape, aussi grand par le cœur que par l'esprit.

En 1814, le cardinal CoBsaIvi était accrédité auprès de tous les souverains réunis à Paris; mais Mgr délia Genga, alors archevêque de Tyr, avait été chargé de remettre à Louis XVllI des lettres de félicitations au nom de Pie VIL Cette mission déplut au cardinal Consalvi, qui eut le tort de donner au prélat des marques plus que sévères, et blâmables, de son mécontentement. Mgr délia Genga ne répondit pas un mot à tant de violences : il devait répondre plus tard.

Après le généreux procédé de Léon XII envers Mgr Cristaldi, les hommes, qui ne comprennent pas la magnanimité du carac-

tère, répétaient : «( Ce sera ConsaWi qui payera pour les deux I » Hais Léon Xll était éminemment vindicatif è sa manière.

La santé du Pape, après avoir présenté les symptômes les plus inquiétants, s'améliora sensiblement au commencement de MSk.

Voici quelle vengeance il tira du cardinal Gonsaivi : lorsque le Pape se sentit mieux, il manifesta le désir d'entretenir le cardinal Gonzaivi; celui-ci quitta sur-le-champ Porto-d'Anzo, et se fit porter dans les appartements du Pontife. Le nouveau souverain et l'ancien ministre, tous deux>en quelque sorte, prêts à quitter le monde, commencèrent à se demander des nouvelles de leurs souffrances réciproaues.

])e ces premiers détails, oui ne poavaient suffire à oes esprits aussi élevés, I entretien tomba sur les intérêts politiques du Saiat- Siége. Entre eux , les hommes d'Etat de Rome ont encore des vœux à diriger vers le ciel , même aux approches du terme fatal, et ces vœux sont pour la orospérilé du Saint* Siège. Kien n'est rare, a Rome, comme un sentiment de froideur pour ce qui concerne les avantages de la rehgion : il semble que l'honneur d'avoir obtenu le dépôt des afiai* res de la chrétienté rapproche même les dispositions les plus ennemies. 11 avait pu exister des rivalités; de ces rivalités avaient pu naître des offenses; mais les cœurs

(;énéreux savent tout pardonner. Pour que e retour à une bienveillance mutuelle iût complet, il ne suffisait pas que la belle Ame du maître oubliât l'injure : il fallait que l'esprit juste, le dévouement aux intérêts de la métropole du monde, dévouement qui caractérisait aussi Consalvi , répondi&sent sur-le-champ avec tendresse. L'effort du souverain pouvait avoir quelaue chose de grand , ressentiment de Gonsaivi n'était pas moins digne de louange; il faisait mentir Tacite, qui a dit : Odisst çtiem iœstrU, L'entretien dura plus d'une heure. Le cardinal, interrogé sur les divers intérêts du Saint* Siège, déclara qu'il venait de réfléchir A tout ce qu'il y avait à répondre; que, dans ses réponses, il manifesterait des sentiments auxquels il s'était arrêté depuis longtemps;

2 ne, préoccupé vivement de Timportanee 'une conversation aussi solennelle, il avait modifié d*anciennes opinions qu'il allait aussi manifester telles qu^elles étaient présentement dans son esprit, et qu'ainsi il arrivait aux pieds de Sa Sainteté pour dire tout ce qu'il avait pensé et ce qu'il pensait en ce moment, après de mûres délibérations avec lui-même.

H. Artaud nous fait assister à cette conversation si grave, si profonde, si universelle, si intéressante par la sainteté, on peut le dire, de son sujet. Les principaux traits en ont été révélés par le duc de Laval, qui les tenait du cardinal Consalvi, ensuite par la duchesse de Bevonshire, amie de ce canJi' nal, enQn par des communications qoo Léon Xll a daigné faire à l'auteur lui-même. Le cardinal diplomate ne poavail craindra de n'être pas parfaitement compris d'uaSoa*

LEO

DÉS PAfrES.

yerain Pontife qui avait eu tant d'occasions diverses d'appliquer la droiture» retendue et la supériorité de son esprit aux affaires de i*£gli5e dans leurs rapports avec la politique temporelle. Celui qui était alors Léon XII, avait été successivement, et toujours à rtionneur du Saint-Siège, malgré les difficultés des circonstances , nonce a Lu^*cerne, nonce extraordinaire près de la diète de Ratisbonne. nonce à Munichi et enGn chargé, en 1808, en commun avec les cardinaux Caprara et de Bayanne, de traiter, au nom de Rome, avec Napoléon, empereur.

Le Pape pouvait dire, en écoutant ie cardinal Consaivi, comme le Corrége à la vue des chefs-d'œuvre de Raphaël : Anch'io sonpU^ tore.

Il est trois points capitaux de cette conversation, auxquels le temps a depuis imprimé un grand cachet d'importance. Sur la question de la protection due par le Sa'int- Siége aux Catholiques de l'Amérique méridionale^ voici comment s'exprimait le clairvoyant ministre de Pie VII : « L'année dernière» je traitais avec ménagement les Cortès, pour introduire dans la politique avec elles, si elfes devaient garder quelque temps le pouvoir, le droit et la faculté de nommer des évoques aux sièges vacants dans ces lointaines contrées. J'avais accordé à la légitimité espagnole plus de quinze ans pour se remontrer souveraine, et dans son icgratitude, ou dans son impuissance, l'Espagne d'Europe semblait se faire une arme dé notre silence pour frapper plus vivement «es révoltés. A nous> il nous fallait la conservation du catholicisme dans toute sa pureté. Si l'Espagnol du continent avait permis d*instituer des évêques à Colombie, au Mexique» enfin partout où ils étaient demandés» j aurais donné trente ans à la légitimité pour se rétablir; mais il pouvait arriver un temps où, sans avoir recouvré son autorité, /^Espagne nous aurait dit : Je suis forcée de renoncer à ma souveraineté ^ sauvex votre dogme comme vous le pourrez. Alors il eût été trop tard pour Rome. Notre vicaire apostolique survenant après ces attentes, aurait trouvé autant de méthodistes, de presbytériens, quesais-jo? d'adorateurs du soleil renouvelés, notre envoyé en aurait trouvé autant que de Catholiques. J'ai donc entretenu des liens de dépendance et d'amour entre Rome et tous ceux qui se séparaient si violemment, et avec tant de chances de succès si assurées, de toutes soumissions envers les juntes ou Ferdinand Vil. »

Est-il uossible de mieux déûnir, de caractériser plus explicitement la politique transcendante qui doit être le mobile ae la conduite do Rome?

Dans la question de Russie , a il faut, i disait le cardinal Consaivi, en 1823, « une circonspection qui ne dorme pas un seul jour, pour retenir ces flots de schisme qui tendent à nous envahir. On a fait, de notre part, des tentatives de rapprochement peu mesurées. He nous a^t^on pas répondu un jour par le contre-projet d'une Eglise slave qui nous

dévorerait. Vœil doit toujours être flxé sur l'égarement des Russes, mais Vesprit prescrit une longue patience, lis revienaront d'euxmêmes, s'ils ont à revenir; et puis, si ce (;rand corps continue de croître, il courra e péril de toutes les obésités politiques. Le catholicisme seul, Très-Saint- Père, je le diâ^ avec des larmes de bonheur et de reconnaissance envers Dieu » le catholicisme seul ne peut jamais être trop étendu. »

Cette longue patience recommandée par le cardinal Consaivi, Grégoire XVIl'a pratiquée avec une admirable sagesse, et il n'a parlé, comme il convient que la parole retentisse du haut de la chaire infaillible, que quand la mesure des iniquités a été comblée. Fionsnous-en maintenant, nous Catholiques, aux prévisions du cardinal Consaivi et à Dieu, gui saura bien en faire des prédictions comme il est advenu à Té^jard de l'Angleterre. Sur la question anglaise, le cardinal disait au Pape : « J'ai travaillé à Londres à Témancipation des Catholiques en Angleterre.Depuis, la duchesse de Devonshi^e m'a aidé près de divers cabinets et auprès du roi George. Cette affaire se suit avec la protection évidente de Dieu ; elle marche lentement, sans jamais perdre un avantage. Vive^, et l'émancipation s'effectuera sous votre règne. »

Ne s'est-elle pas effectuée, en effet? e l'historien n'a-t-il pas eu raison d'écrire? « On se demande aujourd'hui d'où vient le puséjrsme ; on se demande d'où part cette doctrine d'Oxford, par laquelle tant de professeurs savants et de bonne foi semblent dire : Tendimus in Latium; on se demande è quoi il faut attribuer ce retour. Le premier ébranlement fut donné au commence* ment de ce siècle* lors du séjour à Rome de lord Hervey, comte de Bristol, évêque protestant de Dery, père d'Elisabeth, ciuchesse de Devonshire. »

Cet acte de naissance ou puséysme, daté de Rome, ne peut qu'accrottre les espérances des Catholiques dans celte évolution religieuse.

Après le mémorable entretien sur lequel nous avons la conGance que le lecteur ne nous reprochera pas de nous être trop longuement arrêté, le Pape dit au cardinal Zurla :, « Quelle conversation I Jamais nous n'avons eu avec personne de communications plus importantes, plus substantielles, et qui puissent être pins utiles à l'Etat. Nous avons offert au cardinal Consaivi la place de préfet de la Propagande ; nous lui avons expliqué la position où il nous a mis nousmême par sa tenue au conclave; nous lui avons dit que Pie VU avait été mille fois heureux de posscéder un si grand ministre» que le même bonheur ne pouvait nous êlre encore réservé. Le cardinal dclla Somaglia a attendu pendant quarante ans la place de secrétaire a Etat qu'il possède ; il doit la couf server. Nous désirions que le cardinal Consaivi acceptât l4 place de préfet de la Propagande ; il l'a acceptée, nous sommes au comble de la joie. Nous travaillerons souvent

OK

LEO

LEO

eDseiable ; i\ faut sealement aujourd'hui ne pas mourir. »

Voilà comme Léon XIi savait yenger les kyures du ordinal della Genga !

Mais )a joie elle-môme a ses périls : une salisfaoCion aussi complète et aussi inespérée provoqua chez le cardinal ConsaWi un redoublement de fièvre, et tout espoir de guérison s'évanouit bientôt; il s*empressa d'envoyer chercher la bénédiction pontificale» et elle lui fut portée par le grand pénitencier, le cardinal Castiglioni. C'est de cette sainte bénédiction, parlant du lit d'oo Souverain Pontife malade pour aller reposer sur la têle d*un cardinal mourant, aue le duc de Laval a écrit à M. de Chateaubriand qu'e/Ze était sans doute ce que la religion joeut offrir de plue imposant et de plus pathéuaue,

Léon XII pleura sincèrement la perte qu'il faisait dans la mort du cardinal Consalvi.

Suivant un usage ancien les Papes, à leur avènement au souverain pontificat, adressent à tous les évèques de la catholicité une circulaire où ils leur donnent des conseils selon les besoins de TEglise et les circonstances particulières où elle se trouve ; la maladie de Léon XII l'avait longtemps empêché do remplir ce pieux devoir. Enfin, le 3 mai 1824^, parut rencyclique Ut primum ad sum' tni pontificatusj où le Ponlite romain signalait à l'attenlioB de l'épiscopat deux plaies qui déiroreat le corps social, l'indifféreace en matière de religion, et les sociétés bibliques. Nous regrettons vivement que le défaut d'espace ne nous permette pas de la reproduire loL

Depuis le x^T siècle où il s'établit que le grand Jubilé universel serait célébré tous les vingt-cinq ans, cette pieuse cérémonie avait en lieu régulièrement è chaque quart de siècle jusqu'en 1T75, (A le Jubilé, publié

rsr Clément XIY et ouvert par Pie VI^ attira Rome un concours exlréoaemeat nombreux de pèlerins et de fidèles de toutes les classes de la société du monde catholique. En 1800, les circonstances avaient fait une pénible nécessité à Pie VU de s'abstenir d'ouvrir le Jubilé. Quoique la situation de l'Europe fût bien différente en iSâk de ce Qu'elle était lorsque les troupes de la républic|ue française couvraient l'Italie, le libéralisme voltairien et révolutionnaire, le carbonarisme et les sociétés secrètes ne laissaient pas d'ins* pirerdes inquiétudes qui n'étaient point à mépriser. La publication du Jubilé rencontra de graves obstacles et des oppositions sérieuses; et |)Our l'accomplissement de ce grand acte religieux de son pontificat, Léon Xli eut besoin de cette force inébranlable de volonté dont il a donné alors l'exemple aux rois et le spectacle aux peuples. La piété sublime de la belle Ame du Pontife respire et commandera l'admiration des A^es futurs, dans la bulle qui annonce leJubité. De l'aveu de son propre auteur, ce document imposant de la grandeur romaine s'est enrichi, dans les longues méditaiions où il a acquis sa merveilleuse perfection, des conseils de l'éminente sagesse qui rayonne

autour du Saint-Siège. Cicéroa n'a jamais parlé ni plus purement, ni aussi magoifi.

âuement, la langue destinée à être l'organe u salut du monde, que le Père de la catholicité s'écriant : Audtat ilaque terra urba oris nostrif clangoremque sacerdoldlit buecinŒf sacrum Jubilceum populo Deipersonafh tis^ universus orbis lœtus excipiat. Après \% publication'de cette bulle, la résolution du Pape était irrévocablement arrêtée, et ov^ l'avait entendu s'exprimer ainsi : A preieni la trompette sainte a sonné^ les nations chrétiennes sont convoquées; nous accompliroiu notre devoir , nous ne craindrons aucun 4an' ger; s'H y a ^pérU^ ce péril sera notre joie^ notre bonheur^ notre palme; nous dev<ms 4rmnêmettP€ l^xen^k t^l que nous ratons reçu. Puis il avait terminé par ces paroles; Si dira quel che si dtrà, n da far il Giub- 4fileo ; « On dira ce qu'on -dira, UJubii -doit se faire. 9

Le 27 mai 18S&, Léon Htl donna le bref Cum multu in tiffr«, singulièrement bonurable pour la Compagnie de Jésus. Le 27 •août de la même année, i\ publia une constitution sur la méthode à teBvr dans l'état de l'Eglise, pour aue la jeunesse des écoles réuntt l'étude à la piété. Il établit un collège philologique qui devait embrasser tous les travaux déruaitiou et de critique, y compris les inscriptions. Il établit à Spolète les Frères de laBoclri-ne chrétienne pour l'éducation du peuple. La visite des prisons n'avait pas eu lieu depuis fienott XIV. Le 26 juillet 1824, Léon XII se porta, sans y Cire attendu, aux prisons publiques, parcourut les chambres les plus secrètes, goâta les alimenta, interrogea les prisonniers, et leur laissa, en partant, une aumône. La mécne année , il réforma le système d'administration publique, de Ta procédjire et des taxes des jugements. A la m^me époque il prit dans les Lettres apostoliques svhif universam^ diverses mesures louchant i administration des iiaroisses el le traitement des curés. Le 24 décembre il tit avecpom;)e la cérémonie de Touverture de la Porte Sainte. Peu après il lança une bulle contre les sociétés secrètes.

Ce saint Pape s'occupa avec la plus grand? sollicitude des hôpitaux, ces asiles de l'bumanité souffrante. Il abolit de nouveau plusieurs impôts, et en réduisit quelques autres. Depuis 1825, l'abbé Mazenod, plus tard évèque de Marseille, avait fondé à Aii l'institut des Missionnaires oblats de Maria Immaculée. En 1825, il alla KRooie pour les soumettre à l'approbation du Saint-Siège. Léon XII nomma une commission pour les examiner, et sur le rapport de cette coiumission il donna, le 17 février 1826, des Lettres apostoli(|ues, en rertu desquelles le nouvel institut lut reconnu et approuvé p^t l'Eglise. Son but était l'oeuvre des missioiiSi principalement en faveur des Ames les (ilus abandonni'res, le soin spirituel de la jeunesse, et la direction des séminaires.

La constante sollicitude du Souverain Pontife embrassait à la fois tous les poiuts

LEQ

DES PAPES

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(le la chréiienté, la FrancOi TAngleterre, rAliemazne» la Bavière* le Hanovre, TEspa* gne, les Pays-Bas, rAmériauo, les Missions. Nous ne pouvons entrer aans le détail innombrable de ce qu'il fit k cet égard par ses négociations, ses concordats, ses érections d*évëchés, et de toutes manières. Nous renvoyons sur tous ces points à l'excellente Histoire de Léon XII, par M. Artaud.

Sans que ses sentiments nuisissent h ce qu*ii devait aux antres contrées de la terre, comme père commun de la chrétienté, Léon XII se comulaisait dans une (éndre prédilection pour la France. Son attachement pour Louis XVIII Tentralna à écrire è ce souverain une lettre, qui fut une faute politique, qn^on voudrait ne point rencoi^ irer dans une vie de prudence expérimentét et de eireonêpection clairvoyante. Sous la plume d*un écrivain qui a payé à la mémoire de Léon XII un si riche tribut d*admiration, cette expression sévère d'un blAme qu'on r.e peut dire immérité est la garantie la plus respectable de l'indépendance du récit 9t de l'équité des jugements. Entre Léon Ml et Charles X une amitié généreuse, loyc!e et chevaleresque, s'établit naturellement. Hais n'est-ce pas la confiance môme dans les reiatiens, à laquelle le Pontife s'abandonna pour répondre au dévouement du monarque, i|iii a permis qu'une tache déplorable ne fût pas épar(;née a un règne qui s'est couronné d'une gloire si chrétienne par la destruction de la piraterie barbaresque, lorsqu'il a replanté la croix sur la terre illustrée par la vie de saint Augustin et.par la mort de saint Louis? H. Artaud a dit le mot que répétera évidemment la justice de la postérité. Quand, ivant la signature des funestes ordonnances lu 16 juin 1828, la conscience incertaine de Charles X demandait des conseils, le Pape l'est peut-être trop abstenu. L'histoire de ces TÎstes ordonnances, qui se rattache k celle ie Léon XII, y est résumée dans l'ouvrage le M. Artaud avec autant de modératioa ]ue d'impartialité; la part des torts de chacun est faite avec une mesure à lac|uelle ne >eut qu'applaudir le lecteur catholique, qui ioit s élever, dans une aussi haute question, lu-dessus de tontes les considérations de reite politique de peur mondaine, la plus iiingereuse conseillère des rois. N'est-ce pas »our avoir é<:outé cette politique de pordjion, qui disait, par la liouche de M. le comte Piirtalis, que la présem:edes Jésuites était ilégale en France, qu'on a si malheureuseueni erré, ou plutAl qu'on a été si indignelient joué? Puisque M. l'évèqua d'Hermololis était consulté par le roi,, et que la décrmination royale semblait vouloir se conornier à son avis, l'historien n'a pas tort de iire « qu'on eùi dû révélera monseigneur 'VayssinottS les bases de l'accusation: lui lévoiler les rapports des différentes polices t renvoyer à Rome pour acquérir une plus iiople connaissance des faits. Si l'on eût uivi cette marche, on aurait connu la véité« et on ne Ta connu que lorsque les comédiens s% sont vantés du succès de la mysti^

fication qu'ils avaient entreprise, et qni fut acceptée avec tant de crédulité. »

. Quand l'histoire {)arle le langage animé du zèle de la vérité qui convient seul aux écrivains franchement authentiques, elle éclaire d'une lumière réparatrice les faits obscurcis et dénaturés par Topinion vulgaire, trop souvent encore formée de nos jours à récoia* menteuse duxvm* siècle, sur des jugementis passionnés et calomnieux. Tel sera l'effet utile que produira, auprès des hommes de bonne foi, la publication des pièces importantes, provoquées chez l'historien que nous citons par la recrudescence d'animosflé et d'injustice libérales, dont les années oui ont précédé 1830 ont vu le scandale. Les dernières pages de l'ouvrage de M. Artaud satisfont amplement ce besoin de pénétrer les mystères de la politique qui avait demandé, dans le siècle précédent, la destruction de l'œuvre du grand saint Ignace, besoin dont on s'était surtout senti épris à la vue d'ordonnances par lesquelles des ministres du roi trèschrétien, fils atné de l'Eglise, se sont chargés de la responsabilité d un attentat à la liberté fondamentale de l'ordre social, la liberté de l'enseignement. Il faut assister, dans le livre dont nous ne faisons qu'eflSeurer ici la substance, à celte conversation intime sur la politique de l'Europe, qui eut lieu en présence du chevalier aeMedicis» lorsque les deux fils de Charles III, Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles, et Charles IV, roi abdicatiiire d'EspUgne, se réunirent en Italie, pour la première fois, après une se- . paration de soixante ans. L'entretien des deux frères jette une clarté certaine sur les menées diplomatiques qui aboutirent à faire décider è Rome la suppression de la oompa» gnie de Jésus par Clément XIX. « Crois« mot^ » disait Ferdinand h son roval interlocuteur, « fc Lisbonne et à Madrid, il y avait de frauduleux renards qui cherchaient réciproquement k se nuire. Quant à la France, elle voulait arriver à Avignon par ses complaisances pour les deux cours de Madrid et de Lisbonne. — « Tu m'affliges, mais^ tu m'éclaires, » répondit brusquement Ghac-: les IV.

Hais vient ensuite une révélation plus aetaillée, un document authentique, tracé tout entier de la main du duc de Ghoiseul, siené par ce premier ministre de Louis XV, a la date du 26 août 1709, et adressé au cardinal) de Bernis, chargé des affaires de la cour de France à Rome. La trame de cette ténébreuse conspiration oik le cabinet de Versailles a joué le triste r61e de solliciter, en commun avec l'Espagne et le Portugal, la suppression des Jésuites, apparaît tout entière dans cette * lettre précieuse, improvisée par le ministre à l'insu de ses bureaux, et destinée à demeurer confidentielle : et ce que le duc de Clioiseul, un des principaux agents, et possesseur des secrets de la négociation, ny. dit pas, il le laisse clairement entrevoir. Ka livrant cette pièce à la publiiié, l'histonea de Pie VU et de Léon XII a excusé Clément XIV « autant qu'il peut Tètre, » dit

LEO

LEO

M. Artaud lùi-mème. Chacune des trois cours a, sous la plume du duc de Choiseuly la juste part qui lui reyient dans la provocation à cet acte ; on voit que Clément XIV avait promis seulement d'examiner avec Attention; il voulait s'en référer à tous les souverains de l'Europe, étrangers à TafTaire ; le duc de Choiseul connaissait les dispositions de ces princes à la destruction demandée ; mais on jugeait à Versailles que Louis XV devait être comi^laisant pour son cousin Charles 111, et le roi d'Espagne avait dans le cœur Faversion la plus vite contre les JesuileSf tandis que le Portugal se montrait moins ardent à les poursuivre. Voilà sur

3uel fond de vérité l'historien rend évient qu'il faut s'a))puyer, pour se former une 0|>inion impartiale sur cette grave :iuestion» si souvent controversée avec ignorance des faits.

Même après le long pontificat de Pie VU, empreint d'un caractère si extraordinaire, et où les ébranlements du monde politique ont secoué et déplacé la personne du Pape, sans porter la moindre atteinte à l'immutabilité de la chaire de saint Pierre sur Sà base inébranlable, le rè^ne de Léon XII est loin d'être dépourvu d'inlér4t. « 11 célébra le Jubilé, » dit M. Henrion, « excita le zèle des fidèles pour la reconstruction de réglise de Saint-Paul, conclut des conventions avec divers princes pour le bien de la relision, délivra les environs de Rome des malfaiteurs qui les infestaient, fit exécuter de grands travaux h Tivoli pour préserver cette Tille des ravages de TAnio, ut des rè- ((lemeuts très-sages sur Tadministration, là

Iustice et le commerce, et favorisa les établissements de charité. Priez bien Dieu pour un homme dont le salut est en péril tous les fofira, disait-il à ceux qui venaient le visiter. Il édifia le- monde par sa piété, l'étonna par sa haute intelligence, et commanda son admiration en montrant, è une époque d'agitation et de troubles, cette sagesse qui impose le respect même aux esprits les plus prévenus.

« L'action de la papauté sur la civilisation est trop décisive pour que nous ne résumions pas, d'une manière spéciale, ce que Léon XJI fit dans l'intérêt des arts et des sciences. Savant lui-même, il avait été de tout terop l'ami des savants. Elevé au pontificat, il encouragea les jeunes gens qui cultivaient les sciences, ainsi que les jeunes artistes, par des prix et des pensions. 11 ne donna les places les plus importantes qu*à des hommes distingués autant par leur savoir que par leur piété. A peine devenu Pape, il s'empressa de promulguer des lois qu on devrait suivre è l'avenir, et qu'on a depuis suivies exactement pour le bien de la religion et de TEtat, quant à la direction à donner aux études. Il visita lui-même solennellement l'Académie (i'archi-gymnase) de Rome, et exposa dans un discours profond et éloquent le nouveau plan d'études. Il visita «aussi plusieurs fois le séminaire romain, les collèges Grégorien et Urbain,

la congrégation de Propaganda /!de et les autres établissements scientifiques, s'enquérant toujours avec sollicitude des progrès des élèves, et récompensant les plus appliqués par des éloges et des présents. Il doubla le traitement des professeurs, dota les bibliothèques et le musée d'histoire naturelle d'une somme annuelle considérable, enrichit les dénôts littéraires, surtout celui du Vatican, d un grand nombre de livres précieux, et les musées reçurent de lui plusieurs monuments intéressants. C'est par son ordre que furent entreprises les nouvelles recherches dans les manuscrits du Vatican, ce qui inspira à un des savants les plus distingués de l'époque le distique suivant :

Marmora muta Pias reperil: nunc ecce loqnentes Audit Ariatidem Ûippolytumque Léo.

« Il rétablit aussi Timprimerie vaticane pour faciliter la publication des bons ouvrages. Il répartit tous les savants qui séjournaient à Rome dans cinq collèges, ceux de la théologie, de la jurisprudence, de la médecine, de la philosophie et de la philologie. Il plaça à la tête des études une congrégation composée des cardinaux les plus dislmgués, et il porta les revenus annuels des académies romaines de 10,000 à 15,000 ducats. 11 recommanda de même aux évêc^ues des provinces de ne rien négliger pour 1 encouragement des sciences dans l'étendue de leurs diocèses, le bref organique du 25 septembre 1825 leur avait confié la surveillance et la direction de Tenseigneoient public, et les maîtres, avant d'être admis à instruire l'enfance, devaient faire preuve de capacité, dans un exameui devant une commission d'ecclésiastiques présidée par révèquediocfr^ sain. Il fît aussi tout ce qui dépendait de loi

Eour assurer à jamais des proresseurs capales et pieux à la célèbre Université de Bologne et autres petites universités de l'Etat romain. L'éducation de la jeunesse était surtout l'objet de sa sollicitude paternelle. Aussi voua-t-il un vif intérêt au collège Grégorien, où l'on élevait les enfants des classes movennes, et un autre collège spécialement destiné à la jeune noblesse. 11 assigna des revenus et donna des professeurs f)articuliers aux jeunes Allemands qui alaient faire leurs études à Rooie, et il rétablit le collège des Irlandais. Si donc l'on peut dire que son pontifical a été court, on doit ajouter qu'il a fait beaucoup.

« Au commencement du mois do février 1829, la santé de Léon XII semblait Im présager encore plusieurs années. Comme il s'entretenait familièrement avec quelques prélats de sa maison, M. Testa, secrétaire pour les lettres latines, lui témoigna sa joie de le voir si bien portant. Je vous remercie, mon cher Testa, dit le Pontife; maissachn que dans peu de jours nous ne nous verroM

f)lus, S'adressant ensuite au majordome, il ui remit Tanneau pontifical que les Pares sont dans l'usage de porter. Cet anneaU' lui dit-il, appartient à la chambre apostolf'f^h

IJD

DE9 PâPES^

LIB

€i c*etl V9U$ qui m éiti te dépositaire et le

erdien: je vous le remets. Le majordome siUBt k le recevoir, Léon Xllajoula : Preme^-Uf il pourrait s'égarer; on n'est pas touiours bien à soi lort d^un événement . Il av«t lui*méaie composé Finscriplion suivante que Toft trouva sur sa table. Elle révèle la piété sincère, l'humilité profonde du Pontifep jointes au tact et fc la délicatesse de rhomme de goût :

Ici,

Prêt des cendres sacries

de

Léon* le -Grand,

lai choisi le lieu de ma sépulture,

impiortni avec insiance l^ippui

de mon céleste patron,

pour uioi , son humble client

Léon XII,

le moindre

entre les héritiers d*un si grand nom.

« Les prévisions de Léon XII étaienl justes. La maladie qui avait failli Tenlever dans les premiers jours de son pontiGcal le saisit de Bouiwau le 6 février. Le 9, comme le danger augmentait, il demanda lui-même le saint Viatique. Peu après il voulut recevoir les dernières onctions, et répondit avec piété et courage aux prières accoutumées* Le cardinal Castiglioni, grand pénitencier, entra dans la chambre de Taugiiste malade, qu*il assista suivant les devoirs de sa charge. Sui le soir du même jour, Léon XII, qui avait toujours joui de sa présence d'esprit, entra dans un profond assoupissement. Après une longue et tranquille agonie^ il rendit ledernier soupir le 10, vers neuf heures trois quarls.du matin. Il avait gouverné TËglise pendant cinq ans quatre mois et douze jours. Il eut pour successeur Pie VIII. i

LIBERE (Saint), trente-sixième pontife, était Romain de naissance. — Il fut admis dans le clergé de Rome, et s'acquitta avec beaucoup de fidélité des emplois du saint ministère dans tous les degrés où il passa. Le Pape saint Jules étant mort, il fut proposé comme le pl4is digne qu*on pût choisir pour remplir le Saint-Siège; et, malgré sa niixlestie et la résistance qu'il opposa, il fut élu d'une commune voix, le 22 mai 352. Les évêques Orientaux, tant ariens que semiariens, n!eurent pas plutôt appris son élection, qu'ils lui écrivirent contre saint Atbanasd, pour le porter à lui refuser sa communion^ Libère assembla k ce sujpt un concile des évèques d'Italie, et il v lut une lettre de soixante-cina évêques uEgypte, en faveur de saint Atnanase, de sorte que le concile, voyant Je plus grand nombre du côté de ce saint, jugea qu il était contre la loi de Dieu de consentir aux Orientaux.

Libère répondit k ceux-ci conformément à cette résolution, et députa vers l'empereur Constance pour le prier d*assembler un concile. Ce prince le fit tenir à Arles dans les Gantes, et Vincent, évêq^ue de Capoue, y tint la place du Pape. Mais les ariens, soutenus de la ftiveur de Constance, y furent les mat- Ires, et obligèrent Vincent par leurs violen-

ces et leurs mauvais traitements de signer la condamnation de saint Athanase

Le Pape Libère, vivement affligé de la faiblesse de son légat, s'empressa oe le désavouer publiquement et d'exhorter les évêques à se point se laisser abattre par les violences que l'on exerçait contre eux. Il écrivit aussi à Tempereur, pour demander avec plus d'instance la convocation d'un concile, en lui représentant qu'il ne s'agissait pas seulement de l'affaire de saint Atlianase, mais de la foi catholiquo, visiblement compromise parle refus que l'on faisait de condamner l'hérésie d'Arius. Il envoya cette lettre -par Lucifer de Cagliari, métropolitain de la Sardaigne et des îles voisines, qui s'était déjà rendu illustre dans l'Eglise par la pureté de sa vie, par ses lumières, sa fermeté et son zèle pour la foi. Il lui adjoignit un prêtre et un ciiacre en qualité de légats ; et il écrivit en même temps à saiqt Eusèbe de Verceil et à Fortunatien d'Aquilée, peur les prier d'unir leurs efforts aux siens et d'appuyer par leurs représentations s^s démarches auprès de l'empereur.

Constance se rendit au vœu du Pape, et promit d'assembler l'année suivante un concile à Milan. Il ne s'y trouva qu'un i>elit nombre d'évêques Orientaux; mais c'étaient les fauteurs les plus ardents de l'arianisme. Les Occidentaux furent plus de trois cents. Saint Eusèbe de Verceil , prévoyant quello en serait l'issue, ne consentit à s'y rendre que sur les instances pressantes des évè-

?Mes>.de l'empereur, et surtout desiégatsdu. ape. Lorsqu'il fut arrivé, on le laissa néanmoins dix jours sans lui permettre d'entrer dans l'église oùse tenait le concile. On le fit venir ensuite et on le pressa de souscrire k la condamnation de saint Athanase. Il refusa en demandant qu'auparavant tous les évoques souscrivissent au symbole de Nicée.- Saint Denis, évoque de Milan et disciplo d'Eusèbe, prit aussitôt un exemplaire de CC' symbole el se mit le premier en devoir de le signer. Mais Valens de Murse lui arracha le papier et la plume d'entre les mains; et comme la contestation s'échauffait, la peuple se mit à crier qu'il fallait chasser les ariens. L'empereur, craignant les suites de. ce tumulte, transféra le concile au palais, et voulut faire souscrire uasédit en forme de lettre, où l'impiété de l'arianisme se montrait à découvert. U prétendait que cette profession de foi lui a.vait été révélée dans un songe, et que l'orthodoxie de sa croyance, était assexmanifeste, puisque Dieu se déclarait en sa faveur par tant de victoires. Les ariens jugèrent k propos de lire cette formule au peuple, qui la rejeta avec horreur. On ea revint alors k la condamnation de. saint Athanase, et l'empereur ordonna à. tous les évêques d'y souscrire. Lucifer, Eusèbe et Denis lui représentèrent vainement que l'innocence du saint patriarche était prouvée par la rétractation même de ses accusateurs, et que d'ailleurs les règles de TEglise ne permettaient pas de conoamnec un absent. « C'est moi,.» reprit Constance,.

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« qui suis son accusateur; tous ne pouvez élever de doute sur ma parole, cl ce que je veux doit vous servir de règle. Obéissez» ou vous serez bannis. » Les évèques orthodoxes protestèrent avec fermeté contre une semblable tyrannie, et le supplièrent de ne pas opprimer TEglise, en abusant d'un pouvoir dont il n*élaii que le déposiiaire, et dont il aurait à rendre compte au jugement de Dieu. Mais cette courageuse remontrance ne servit qu'à le mettre en fureur. Il tira lYpée contre eux, et commanda de les traîner au supplice ; puis, changeant aussitôt d'avis, il les condamna à Texil. Du reste, la plupart des évoques souscrivirent par faiblesse ou par surprise à la condamnation qu'on exigeait si impérieusement. Telle fut l'issue de ce conciliabulH , tenu au printemps de i'an 355. » (Recevecb, Hist. iccL) Lucifer fut banni avec Eusèbe de Verceil et le diacre Hilaire dépouillé et fouetté pour s'être chargé de la lettre du Pape pour l'empereur.

L'empereur Constance désirait surtout ardemment que la condamnation de saint Athanase fût confirmée par l'autorité qui réside principalement dans l'évèquedeRoitie (W). 11 envoya donc au Pape, pour essayer de le gagner, l'eunuque Eu.sebe avec des présents et des lettres pleines de menaces : mais tout fut inutile. Libère répondit qu'il ^e pouvait condamner sans l'entendra un évèque absous par le jugement de plusieurs conciles et rétabli par l'autorité de l'Eglise romaine; que si l'empereur désirait la paix de l'Eglise, il devait commencer par chasser les ariens qui l'entouraient, maintenir la foi de Nicée, et convoquer un concile où la liberté des évèques ne fût point gênée par la violence des officiers et des soldats.

L'eunuque fit au Pape de grandes menaces; puis il s'en alla à l'église de Saint-Pierre, où il déposa ses présents comme une offrande. Libère le sut et les fit jeter dehors, comme quelque chose de profane. L'eunuque, de retour auprès de Temperur, ne manqua pas d^aigrir l'esprit de ce prince contre le Pape.

Constance, en efi'et, manda au gouverneur de Rome d'envoyer Libère à la cour, mais d'employer l'adresse pour le tirer de la ville. On eut vent de la chose, ce qui causa une grande émotion dans Rome, parce que le Pape était fort aimé du peuple romain. 11 fallut enlever Libère au milieu de la nuit et avec beaucoup de difficultés.

-c Dès qu'il fut arrivé,» continue M. l'abbé Receveur, « l'empereur le fit amener devant son conseil et mit tout en œuvre pour Tébranler. Il leur représenta qu'Athanase était condamné par tout le monde, qu'il avait été déposé et excommunié par un concile, et <|u'on ne pouvait revenir sur ce jugement, confirmé par l'adhésion de presque tous les évèques ; qu'au surplus, il avait à se plaindre

(48) Ce soiil les propres expressions d'Ainmten Murrellin (lib. w, cap. 7). On voil rar ce léinoigiiagc cruQ historien païen, qui vivait à celle épo*

personnellement d'Athanase, qui avait cherché à lui faire déclarer la guerre par l'emp^ reur Constant, et qu'il n attachait pas plus de prix à la défaite de Ma^nenco qu'à pouvoir chasser enfin cet évdque séditieux, qui depuis si longtemps jetait le trouble et la division dans tout l'empire. Le Pafie répendit qull n'était conforme nia l'équité maux règles de l'Eglise de condamner un évéqae sans avoir entendu sa défense ; que ceux qai avaient condamné saint Athanaso étaient ses ennemis personnels, et les autres qui avaient souscrit à ce jugement avaient été contraints par la violence et les menaees ou entraînés

f)ar Tespérance de faveurs impériales ;qae a fausseté des accusations dont on le chargeait se trouvait suûisamment dérnoolréô par la rétractation de ses ennemis ;que Tempereur ne devait pas employer les évèques

I>our venger ses propres i[\|ttres; qu'il fal* ait d'abord faire souscrire au symbole de Nicée, rappeler les évèques exilés, leur laisser une entière liberté, et qu'alors on leurrait examiner selon les règles canoniques la cause personnelle de saint Athanase, L'empereur le voyant inébranlable, lui donna trois jours pour se décider» et ensuite il le relégua à Bérée dans la Tbrace. La faction des ariens s'occupa aussitôt de lui donner un successeur, et choisit Félix, archidiacre de l'Eglise romaine. Mais ils furent réduits à l'ordonner dans le palais, n'ayant pu obtenir l'entrée d'aucune église, car les fidèles se montraient inviolablement attachés au Pape Libère, et le clergé avait juré de ne recevoir aucun évèque à sa place tant qu'il serait vivant. Félix lui-même, çiuoiqud ordonné par léserions et communiquant avec eux, ne se départit jamais de la foi de Nicée. »

Cet exil de Libère eut lieu Tan 355, et dura près de trois ans. L'empereur lui envoya cinq cents pièces d'or, croyant parla vaincre sa résistance; mais le Pape les refusa en disant qu'il fallait les distribuerauxflalteurs du prince : il refusa de même un présent de l'impératrice, et dit à l'envoyé de la princesse qu'il devait apprendre à croire en Jésus-Christ et non .a persécuter i*£glisede

Dieu.

L'année suivante Constance, aprdsavoir fait

un long séjour à Milan, vint à Rome célébrer la vingtième année de son règne. Les Romains allèrent trouver en foule ce prince pour lui demander le retour de Libère : il leur dit que la ville avait un pasteur en la personne de Félix. Mais quand il vit l'aversion générale qu'on avait pour cet homme, il ordonna, de l'avis de ses évèques, que si Libère voulait communiquer avec eux, il serait rappelé, et gouvernerait TKglise de Rome en commun avec Félix. Le peuple se moqua d*ufl tel ordre, et en Qt des railleries sanglantes. Constance voyant l'affection des Bomaios pour Libère, retourna à Milan, et passant en

que, combien était manifeste et auliieutiqoe la tradition générale de^Chrétiens sur t'auior \t du Saisi*

Sîége.

UB

DES PAPES

Illyrîo, il rassembla les ariens dans la ville (le Sirmium. Ils y firent une]se4X)nde formule de foi, où Ton affecta de ne parler, ni de même fuAsfance, ni de semblable êubsiance^ |)Ource qui -regarde le Fils de Dieu. Cétait en quoi consistait le différend entre les Catholiques et les ariens.

Cependant le «Fane Libère passa plus de trois ans en eiil ; il eut à y souffrir bien des ftcrsécutions de la pan de Tévèque de Bérée qui était arien. Ces mauvais traitements, réveillant sans cesse Tamour qu'il avait pour sou Siège et pour sa patrie, diminuaient insensiblement sa paiience. On prétend, mais h tort, que le Pape, se trouvant fc Sirmium, souscrivit à ime formule qui supprimait le teraie ôftooOrtoc ou consubetantiel^ dont se servaient les anciens orthodoxes pour exprimer une même substance et celui ô^otiircoc dont se servaient les ariens pour marquer une semblable substance, souscrivant en même temps è la condamnation de saint Athanase,et, que ce fut par ces concessions qu*il obtint de retourner en son Eglise, «r II y revint, en effet, au mois d*août de l'an 358et fut reçu avec toutes les démonstrations de la ioie la plus vive. L'antipape Félix fut chassé de la ville, et comme il voulut y rentrer et reprendre ses fonctions, les uJèles lobligèrent d'en sortir une seconde fois. Cette affeciion du clergé et du peuple pour lo Fafte Lihère ne permet Kuère de croire qu'il eût acheté par une faiblesse la permission de revenir à Rome (4>9). On sait en effet que les Catholiques refusaient de se trouver dans l'éi^lise avec Félix, parce qu'il communiquait avec les ariens, quoiqu'il rejetât leurs erreurs, et la haine qu'ils témoignaient contre lui était si forte, qu'elle avait même occasionné une sédition violente. Comment ionc supposer qu'ils eussent accueilli avec aiit d'atfection et de joie le Pape Libère à »on retour, s'il avait eu à se reprocher aa«rane transaction avec les hérétiques? On sait lussi qu'il se montra dans la suite fortement itiaclié è la foi de Nicée, et qu'il ne promit le •ardon aux évèques tombés à Rimini qu'à a condition de rompre toute communion ivec les ariens. Or il n'est pas probable lu'il eût osé agir avec tant de fermeté enrvrs ces évèques s'il eût été coupable d'une autc |iareille, sans en avoir fait au moins 1 ne rétractation publique, ce au'il ne paraît >a$ €e|)endant qu'il ait fait. On peut donc roire, comme cela parait résulter du térooi- ;nage de SocratQ et de Théodoret, que i'ein- »ereur se vit forcé malgré lui de renvoyer I Rome le Pape Libère pour apaiser le s^iuùvcmeut du peuple, et qu'ensuite, pour

^•19) Voyei DiêserîattoM eritiifuê et hiitoriane imr r i^apé Libère^ dam laqueUê on fait voir au il n*eiî tmais tombée par PablM Corgrc, Faris, 1 fS6; et le ;«»mmciitair« crilique el blsrarique sur ce Soove- Aii» P«iinife, inséré dant les Actm tatutorum^ u VI, . 57i, au iS $eptanlire« par le P. Stiltinc, un des iiDiîauaieQrt de Boltandus. La chute du Pape Ll- «^re t« treuve victorieusement réfutée dana ces dittrrtations, auxquelles noua oc pouvons mieux faire ^u« de reovojer nos lecteurs.

dissimuler cette contraintOt on fit eounr le bruit qu'il avait souscrit à ce que l'empereur lui demandait. Ce qui est au moins certain, c'est que les ariens ne craignirent

t^as de publier sous le nom de Libère des étires supposées qui faisaient croire qu*il avait condamné saint Athanase dès le commencement de son pontiGcat, bien que le contraire paraisse visiblement dans la lettre qu'il écrivit è Constance pour demander la convocation d*un concile avant la tenue de celui de Milan. Du reste, quand il aurait fait réellement les actes de faiblesse qu'on lui reproche, il serait possible, non pas de les justiiier complètement, mais de les excuser du moins jusqu'à un certain point par leur motif et par les circonstances ; car, dans rétat des choses et la disposition des esprits, il jugeait peut-être cette condescendance permise pour procurer la paix de TEglise en tendant la main à des hommes qui se prononçaient ouvertement contre larianisme* et qui semblaient revenir à la doctrine catholique. C'est à tort surtout qu'on a voulu l'accuser d'avoir approuvé l'hérésie, puisqu'il est certain que les formules qu'on suppose avoir été souscrites par lui ne contenaient rien de contraire à la foi, et que d'ailleurs il protesta expressément qu'il excommuuiait ceux qui disaient que le Fils n'est pas semblable au Père en substance et en toutes choses. » (Rbcbvsur, Uisi» eccL)

L'année suivante se tint le concile de Ri« mini, oix se trouvèrent plus de quatre cents évèques, parmi lesquels il y en avait quatrevingts qui étaient ariens. Les ariens voulurent faire signer le formulaire de Rimini par tout l'empire. Mais le Pape Libère et Vincent de Capoue le refusèrent constamment.

Ces démêlés étant terminés, le Pape saint Libère fut eniin reconnu pour légitime par ceux mêmes qui, le croyant tombé dans l'hérésie, l'avaient jugé déchu et privé de son siège. Il eut encore beaucoup à souffrir pour maintenir les orthodoxes après la prévarication d'un grand nombre d évèques du concile de Rimini, et il travailla t>eaucoup pour les réconcilier è TEalise. Par une conduite égctement charitable et éclairée, il se trouva uni de sentiment avec saint Athanaso et saint Hilaire. Il se contenta d'exiser de ceux qu'on devait recevoir qu'ils tissenl profession de la foi de Nicée, qu'ils prononçassent aiiathèmeaux chefs du parti et qu'ils admissent nettement la consubstanlialité du Verbe. Ce fut à cette condition qu'il reçut à sa communion les semi-ariens. On reconnut euGn par le succès de sa cause que Li-

Voyex h Yiedei Satnff d*ALaA!i-BoTtxi. traduilo par GoDBsCAaa, t. lit, p. 510, à la note. On v conclut, d*ttn ensemble de circ«*n>Uiices dont la réunion forme une preuve irréfrapble , que Libère n*a pu aooscrire que la première formule de Sirmicb. Quoique le mot tonêubsiantêil ne a'y trouvât pat, elle était, dit l*annotaieur» conçue en termes ortbodoxea. {V09. aussi Hk!iaioN, Aûl. eteL. U I, p. WU où cette note est insérée.)

LIB

DiCTIONNAIRK

LUC

hère avait autant de prudence et d^habileté que de zèle et de chanté.

Il craignait quelque nouyeile surprise de la part des semi- ariens qu'il regardait comme de dangereux hérétiques ; mais ils lui témoignèrent que dans Tâme ils avaient toujours détesté l erreur, qu'ils n'avaient point imaginé de meilleur moyen pour faire cesser un scandale apparent, que devenir en personnes confesser la foi aune manière uniforme avec la mère de toutes les Eglises; qu'ils sentaient enQn la nécessité indispensable de s'en tenir aux saints décrets de Nicée, non^seulement pour le fond des choses, mais aussi pour les expressions si sagement employées contre la perfidie arienne; que leur procédé devait paraître d'autant plus intègre qu'en tout temps ils avaient confessé le Fils de Dieu semblable au Père en toutes choses, ce qui élait le croire en effet consubstanliel, comme ils le conles- «aient enfln d'une manière expresse.

Le Pontife leur demanda leur profession 4e foi par écrit, et ils la donnèrent telle que nous l'avons encore. Le symbole de Nicée y est transcrit d*un bout à l'autre, toutes les hérésies et tous les hérétiques y sont condamnés, lis ajoutent à la tin, ce qui est di^ue de remarque par rapport aux formes juridiques et k nos usages : «i Si quelqu'un désormais veut intenter une accusation contre nous ou contre ceux oui nous ont envoyés, qu'il vienne avec des lettres de Votre Sainteté f)ar-devant les évoques orthodoxes, qu'il y subisse avec nous le jugement de ceux que vous aurez désignés, et que celui qui sera convaincu soit puni. » On voit que, malgré les troubles ae l'Orient, la juridiction du Pape ne laissait pas que d'y être reconnue. Libère, après avoir obtenu cette profession, admit les semi-ariens repentants àsa communion. On ne trouve pas qu'il les ait inquiétés touchant le dogme du Saint-^Esprit; soit que les restes du parti ne se fussent pas encore expliqués sur cet article de la manière qu'ils le firent par la suite, et

aui leur attira la condamnation authentique e toute l'Eglise; soit plutôt qu'il eût regardé la réception pure et simple du symole de Nicée par leurs commissaires comme un aveu suffisant de ce point de foi. 11 les renvoya donc en paix avec une lettre adressée nommément à soixante*quatre évèques semi-ariens ou macédoniens, et à tous les

Êrélats catholiques de l'Orient en général. Ile leur apprenait que tous ceux qui avaient été surpris ou contraints à Rimmi étaient revenus presque sans exception à la profession de la vraie doctrine ; qu'ils avaient anathématisé formellement 1 exposition de ce pernicieux concile, souscrit celle de Nicée, et qu'ils ne montraient plus qu'une vive inr dignalion contre Arius et ses sectateurs.

Le Pape Libère mourut quelque temps après cet heureux événement, c'est-à-dire le » septembre de l'année 366. C'est ainsi qu'il termina sa carrière, avec toute la gloire qui avait illustré un pontificat de plus de quatorze ans; gloire qu'aucune faibicsseï

même passagère, n'a flétrie. Du resté, ^i* vant ceux qui admettent sa chute, elle se trouve réparée par tant de traits d'un courage soutenu parfaitement depuis son repentir, que saint Basile, saint Ambroise, saint Jérôme et d'autres docteurs de ce poids le qualifient de bienheureux; et il se trouve, en effet, honoré comme saint dans quelques églises. (Apud BoU., septembre, Hiêt.^ eccl.f par H. Hbnrion, 1. 1, p. 575.)

Saint Libère a laissé des Lettres qu'on trouve dans le recueil de dom Constant.

UN (Saint) fut le successeur immédiat de saint Pierre, après que l'Apôtre eut été crucifié, le 29 Juin de l'an 66. Selon le témoignage des pontificaux, il était Toscan d'origine, et son père se nommait Herculan. Selon Damase et plusieurs auteurs ecclésiastiques, il fut élu coadjuleur de saint Pierre l'an 56 de Jésus-Christ, qui était la seconde année du règne de Néron. Tout ce qu'il y a de certain sur ce Pape, c'est qu'il gouverna l'Eglise pendant dix ans, après la mort de saint Pierre , marchant dignement sur les pas que ce prince des apôtres lui a\rait tracés.

L'£glise, sous son pontificat, jouit d*une assez grande tranquillité, pendant que la vengeance divine pousuivait les Juifs avec toutes les forces de l'empire romain; car ce fut de son temps que cette nation infidèle el rebelle fut exterminée ou dissipée par la ruine de Jérusalem et du temple. Selon le P. Pagi, saint Lin reçut la couronne du martyre dans la cruelle persécution de Néron. Il a le titre de martjT dans le canon de la Messe de l'Eglise romaine, et l'on voit, dans d'anciens Pontificaux, qu'il versa son sang pour la foi en l'an 76 de Jésus-Christ. Il se rendit, dit Platine, aussi recommandable par la sainteté de sa vie que par la grandeur de ses miracles, délivrant les possédés et rendant la vie aux morts. Le consul Saturnin, dont la fille avait été délivrée de la possession du démon par saint Lin^ ne pouvant supporter un si grand ennemi de ses faux dieux, lui fit trancber la tête Ie2i septembre. Il avait occupé le Saint-Siège onze ans trois mois et douze jours. Il fut enterré sur le mont Vatican, près du tombeau de saint Pierre, et sa mémoire est honorée le 23 septembre.

LDCIUS 1" (Saint), vingt-deuxième Pontife. Saint Lucius, fils de Porphyre^ éiail Romain de naissance.— Il avait été l'un des principaux ornements du clergé de Rome, sous les deux Papes qui l'oat précédé. Après la mort de saint Corneille, il fut jugé le plus digne d'entre les prêtres de Rome, pour remplir cette fonction dans un temps si difficile; car l'empereur Gallus avait renouvelé la persécution. L'Eglise de Rome ne jouit pas longtemps de la présence de sou nouveau nasteur; Lucius, après avoir été élu le 25 septembre 252, fut chassé de son Siège par les persécuteurs; mais il fut rétabli peu de temps après. Saint Cyprien n'eut pas plutôt appris son exaltation et son exil qu'il lui écrivit sur le bonheur qu'il avait de souffnf

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ponr JésQS-Christ. Lncius ayant été rappelé, fut reçu k Rome avec une grande joie, et tous les fidèles allèrent h sa rencontre. Saint Cyprien lui écrivit une seconde fois pour le léliciler sur son heureux retour; et lui dit que la perte de Toccasion qu*il attendait de répandre son sang pour Jésus-Christ ne diminuait rien du mérite de sa confession et de son martyre; que sa disposition n*en serait peft moins récompensée, ayant été éprouvée beaucoup plus par ses actions que par ses paroles. Le même saint Cyprien dans sa lettre au Pape saint Etienne, successeur Je saint Lucius, s*appuie sur Tautorité de celui-ci comme ayant décidé contre les novatîens qu'on ne devait pas refuser la communion à ceux qui étaient tombési mais qu'il fallait les absoudre lorsqu'ils auraient expié leur apostasie par la pénitence.

Saint Lucius vécut peu de temps après s:ti retour à Rome, ce qui semble insinuer que sa mort fut avancée par la violence de la persécution. Saint Cyprien ne laisse prèsi|ue aucun lieu de douter de son martyre, car, après sa mort il le joint à saint Corneille, son prédécesseur. C*esl sur ce témoignage, sans doute, que les martvrologes donnent communément la qualité de Martyr à saint Lucius, 6t TEglise Tbonore généralement comme tel dans son office. Car, quoiqu'il ne soit pa« constant qu'il suit mort dans les supplices, elle lui décerne avec raison le titre et les honneurs du martyre, dans la vue de tout ce qu'il a souffert pour la défense de la foi jusqu'à la fin de ses jours.

On croit que saint Lucius mourut le k de mars 253, après sept mois et quelques jours la pontiQcaL En mourant il désigna à son :iergé saint Etienne pour lui succéder, et »a recommandation produisit son etTet. Son :orps fut inhumé dans les catacombes, où il Tut découvert, dans la suite, et porté dans 'éKlise Sainte -Cécile. Le Pape Clément Vill e nt exposer dans la même église, k la vénération des fidèles. Entre autres décrets |u'on lui attribue, il en est un qui ordonne jue révèque soit toujours accompagné de le 01 prêtres et de trois diacres, afin qu'il lit des témoins de sa conduite. L'Eglise ionore la mémoire de saint Lucius le k mars.

LCCIUS IL— Le lendemain de la mort do ::élestin II, on élut Pape Gérard, prêtre carlinal, du titre deSainteCroix de Jérusalem; >n le nomma Lncius II, et il fut couronné o dimanche de la Passion, 12 mars U&i. Il ^t£it né à Bologne. Honorius II le tira d*en<re les chanoines réguliers pour le faire -ardinalf et le nomma bibliothécaire de ^Eglise romaine. Gérard rebAtit son Eglise, loni il augmenta les revenus, et y établit ine communauté de chanoines réguliers.

^ Pape Innocent II, connaissant sa vertu et a rapacité, le fit chancelier; et ensuite caiiérier, lui confiant les biens de l'Eglise. >e venu Pape, il termina d'abord le différend |ui durait depuis longtemps entre l'archeèi{ue de Tours et celui de Dol, touchant la iindiction sur les évèques de Bretagne, que e Pape Urbain 11 avait adjugée à l'arche v6-

Îue de Tours, cinquante ans auparavant. Le ape Lucius confirma ce jugement par une bulle dans laquelle il ordonna que l'évêque de Dol et tous les autres évêques de Bretagne seraient soumis h l'Eglise de Tours comme k leur métropole. Ce Pape ne tint le Sainl-Siége que onze mois et treize jours, et mourut levùiars 1145.

LUCIUS III, cent soixante-neuvième Pape et successeur d'Alexandre III, se nommait Ubaido Allucingolo, et était évêque d'Ostie. — Né à Lucques en Toscane, Ubaido était fort Agé, mais d'une grande expérience dans les affaires. C'est lui qui à Pavie avait né-

focié avec Frédéric Barberousse ; il fut levé sur le Saint-Siège le 1*' septembre 1181, le lendemain de la mortd'Alexandre III son prédécesseur. C'est pour l'élection de ce Pape que 1 on commença à mettre en pratique le décret du concile de Lalran qui demandait les deux tiers des suffrages; et les cardinaux commencèrent à réduire à eux seuls le droit d'élire le Pape, à l'exclusion du peuple et du reste du clergé. Ubaido fut sacré à Velletri le dimanche après son élection, 6 septembre, par Théouin, évêque de Porto, et par l'archiprêtre d'Ostie, et nommé Lucius III.

Guillaume, roi d'Ecosse, avait été excommunié quelque temps auparavant et son royaume mis en interdit par Royer, archevêque d'York, légat du Pape Alexandre, parce qu'il s'obstinait à maintenir sur le Siège de saint André, un évêque sacré par son ordre, au mépris d'une autre élection faite par le chapitre. Il envoya demander au nouveau Pontife, et obtint l'absolution des censures, moyennnnt la promesse de se soumettre au jugement qui serait prononcé sur cette affaire.

Les entreprises séditieuses des Romains obligèrent bientôt Lucius k sortir de la ville

Sontificale. Comme il refusait de souscrire leurs prétentions, et voulait maintenir les droits de son autorité, ils pillèrent et brûlèrent les terres du Saint-Siège, firentla guerre au Pape, et attaquèrent les places oi!t il s'é^ tait successivement réfusié. Sans cesse tourmenté, Lucius m alla s'établir à Vérone, où il demeura jusqu'à la mort. Avec le Pape et l'empereur, se trouvèrent è Vérone un grand nombre de prélats, et il s'y tin» un fort nombreux concile qui commença le l*'août 118^, et durait encore le & novembre. En ce concile le Pape Lucius fit un décret contre les hérétiques ainsi conçu :

. La vigueur ecclésiastique doit s'exciter pour abolir les diverses hérésies qui ont commencé à pulluler de notre temps dans la plupart des lieux. Cest pourquoi en la présence de notre cher fils f empereur Frédéric^ de ravis de nos frères les cardinaux^ patriarches^ archevêques et évéques, et de plusieurs seigneurs assemblés de diverses parties du monde^ nous condam^ nons par ce décret toutes les hérésies^ quelaue nom qu'elles portent^ entre autres les cathoreSt patarinSf passagins^ joséphins^ amoudistes^ humiliés ou pauvres de Lyon, consolés^ croyants et parfaits^ et nous les soumettom à

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