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ront;dans ce1u)-ci« saint Léon écarte tous ces vains prétextes et Ta droit è la çiueslîon, au but que se proposaient le patriarche et ses complices» ta oiyision de TËglise.
« 1) s*étend doue sur Tunité et sur la paix
3ue Jésus-Christ a tant recommandées, et ont il a fait le fondement de son Evangile ; il dit combien il lui est douloureux d'apprendre que des évèques, qui, par leurdignité devraient être les ooopérateurs de l'oauvre de Dieu, deviennent les sectateurs du démon et se font ses instruments pour semer la zizanie. Il leur reproche l'audace avec laquelle ils condamnent l'Ëglise romaine sans lavoir convaincue, sans avoir même daigné l'entendre. Yoilà^ s'écrie-t-il, voilà que pluB de mille ans après la passion du Sauveur ^ VE^ glise romaine commence à apprendre par vous^ pontife de Constaniinople^ et par vous^ Lion d'Acridie, de quelle manière elle doit célébrer le souvenir de cette passion divinty comme si la présence de celui à qui le Fils de Dieu i?t« eani a dit {Matth. xvi, 17) lu. Tues heureux^ SimoUf fils de Jean^ parce que ce n^est ni la cAoir, ni le sang qui font révélé ces choses, mais mon Père qui est au ciel: » comme si la présence et le séjour , les instructions prolon^ gCes et la mort précieuse de ce prince des apôtres ne lui servaient de rien; comme si ce n'était pas une insigne témérité de prétendre que le Père a caché par son Fils la forme du culte^ le rite du sacrifice visible, à Pierre, auquel il a daigné révéler par lui-même le secret ineffable de l'invisible divinité de ce même Fils.
« Le Pape expose ensuite les magniri(|ues
fromesses faites dans ia personne de Pierre ses successeurs, et rappelle que Thistoire de TE^Iise romaine en atteste le perpétuel accomplissement. .
« Tai prié pour loi, dit Notre-Seigneur au prince des apôtres, afin que la foi ne défaille point, et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères, {Luc. xxii,32«) Quelqu'un poussera- t-ii donc la démence jusqu'à supposer que ia prière de celui dont le vouloir est pouvoir, a élé vaine en quelque chose? N'est-ce pas par le Siège de Pierre, par l'Eglise romaine, par Pierre lui-même, par ses successeurs, qu'ont été réurouvées, convaincues les erreurs de tous les hérétiques? et les cœurs des frères n'ont-ils pas été confirmés dans la foi de Pierre, qui n*a point défailli jusqu'à présent, qui ne défaillira jamais?
« Toutes les églises, et celle de Constantinoi)le plus que toute autre, ont imploré l'Eglise romaine et ont reçu d'elle appui et secours pour éteindre les schismes et écraser les hérésies.— Le Pape le rappelle et fait en termes magnifiques le parallèle des deux Eglises ; il compte jusqu à quatre-vingt-dix kérésies sorties de l'Orient ; il énumère et nomme les hérésiarques enfantés par l'Eglise de ConstanLinople , combattus, terrassés, anéantis pm* TEglise romaine : Eusèbe de Nicomédie, le porte-étendard d'Ârius, Macédouius, Eudoxe, Eunomius, Démophile, Maxime, Arsace, Nestorius, Eulyc(iè$, Acace,
Anthime, Eutychius, Jean, qui 8'arro{^ea\e titre de patriarche universel, et eu&D les monothélites Sergius, Pyrrhus et Paul. Ei c'est VEglise de Constantinople qui, maifUinant, prétend enseigner à VEglise romaine et ce qu'elle doit croire et ce qWMe doit pratiquer?
« S'arrêtant un moment à la fable aolicbrétienne, mise en avant par Photius, que Constantin, en transportant le siège de l'Empire, avait également transféré de tlome l Constantinople le Siège suprême de l'Ëglise, saint .Léon montre, par les privilèges temporels accordés par Constantin è l'Eglise romaine, que jamais ce prince ne songea à cette usurpation sacrilège de la puissancQ spirituelle -, il allègue la donation oe cet empereur au Pape Sylvestre , donation qoe les Grecs ne pouvaient contester, puisqu'ils la tenaient uour authentique, et qu'ils raraleot insérée dans leur droit canon ; mais, ajoulet-iU nous avons un témoignage plus grand çue celui de Constantin, nous avons le imotgnag« du Sauveur lui-même. Et il rapporte' et^développe les paroles par lesquelles Jésus- Christ promet l'aulorité suprême à saint Pierre, les paroles par lesquelles effeclire* ment Jésus-Christ la lui donne, les paroles et les faits de rE(*riture qui ea montrent lexercice par tout l'univers.
« Le Pape reproche ensuite aux Grecs leur ingratitude : La charité c^ostolique et romaine, qui, par VEvangile, a engendré FEgluî latine en Occident, n^est-elle pas la Mère as VEglise de Constantinople en Orient, putiqu'elle s'est appliquée à ta réparer, et par los glorieux fils Constantin^ et par les nobles U les sages de Rome, non-eetUement quant aux mœurs, mais encore quant ausc murailles? Si vous prétendez le contraire, pourquoi donc les acclamations à la loi^nge de votre empt' reur se font-elles en latin ? pourquoi donc à l'Eglise récite-t-on aux Grecs des leçons en latin? n* est -ce point par respect pour cHtt Mère qui, après avoir été éprouvée par lu tortures des princes et épurée par la fianm des persécutions, a mis au monde une flk
délicate, VEglise de Constantinople &
celle-ci, enivrée par les délices, la mollesse et Voisiveté, elle qui ne descendit jamais doiu Varène des martyrs, la voilà gui nerougitpe^ d'insulter sa Mère et de lui disputer la primauté..... Et cependant cette Mère, auiof^d'hui méprisée, a honoré cette fille par-aessui les autres. Lorsque VEglise de ConstantiM' pie n'avait aucun privilège, ni divin, ni humain, qui la distinguât des autres Egliset, ti que celle d'Antiocheet d'Alexandrie gardaietd leurs prérogatives par respect pour le priisee des apôtres, VEglise romaine ordonna qfttj sauf V ancienne dignité des sièges pontifieaus et apostoliques, le pontife de Constantinof^^ serait honoré comme évéqne de la ville impériale.
« Saint Léon termine sa lettre en reprochant àCérulaire In persécution et les in"gnes violences exercées contre les Latiu^ qui suivaient h Constantinople le riie de feor Ej^lise. Combien VEgtise romaine n'esHli^
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DES PAPES
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poi plu$ modérée f puisque au dedans et au ithon de Rome se trouvent plusieurs monastères et plusieurs églises des GrecSf sans qu'on lei empêche de suivre les traditions de leurs pèrei. Au contraire^ on les y exhorte^ parce que nous êavons que la différence des coutumes ttlon les lieux et les temps ne nuit pas au taiut, pourvu qu'on soit uni pour la foi et la tharilé qui nous rend tous recommandables à Dieu»
t Cette lettre était accompagnée d'tin relïoeil de quelques passages des Pères, soit ;ur rasage du pain azyme, soit sur les autres )oints attaqués par Cérulaire et Léon d'A-
Tîdie.
« Le patriarche de Constantinople était )ccupé, lorsqu'il reçut la réponse du Sourerain Pontife, à ourdir des intrigues pour télacherde Rome {les patriarches d'Alexan- Irie, d'Antiocbeet de Jérusalem, et pour e$ assujettir k son siège. L'entreprise lui emblail d'aataat plus aisée, que ces patriarbes, opprîoiés et tourmentés de toutes ma* Itères par les Sarrasins, ne pouvaient attenire quelques secours que de Constantinople, t avaient par conséquent le plus grand ntérèt k se ménager les bonnes grâces du lalriarche de cette ville, et surtout d*un >atriarche tout-puissant à la cour impériale, ^n attendant, Cérulaire se parait du titre de ^alriarche universel, et ne laissait échapper ucune occasion de le produire.
< Cependant» soit qu'il no juge&t pas les sprits suffisamment préparés, soit pour se onformer au vœu de l'empereur, qui avait besoin du Pape pour ses provinces d'Italie, jenacées par les Normands, il ne crut pas levoir pousser plus avant la rupture, et irenaot le parti oe dissimuler, il adressa au k)uTerain Pontife une réponse où ses prenières accusations contre l'Eglise latine talent singulièrement adoucies, et par la- |uolte il ne témoignait guère qu'un grand lésir de voir la paix solidement établie et union des Eglises è jamais assurée (l'emtereur écrivit de son côté dans le même ens|. Néanmoins l'esprit d'orgueil et do évulte respirait encore dans cette lettre artflque, et Ton y lisait, par exemple, que i le Pape consentait à faire porter son nom le nom de Michel Cérulaire) dans les sacrés ipijques, lui s'engageait de son cAté è faire 'orter le nom du Pape dans les diptyques c toutes les Eglises de l'Orient.
< Saint Léon réponau ei a Constantin iunomaque et h Michel Cérulaire. 11 loue le ^ie de lemperour pour le rétablissement ie la paix entre les Grecs et les Latins, rap- ^<^rte en abrégé ce qu'il a fait lui-même 'f'ur délivrer les Eglises de Dieu de la pert'cuiion des Normands, et la conférence |u'il a eue sur la manière de réduire ces ^^baresavec le duc Argyre, chef des forces ^t des possessions grecques en Italie, se l'iaïDt des entreprises de Cérulaire contre <^s Latins et contro les patriarches d'Atexan- Jrie 61 d'Antioche, et unit par prier Mono- ^a iue de rendre à l'Eglise romaine ses pa*
Dicnonif. des Papes.
tri moines situés dans les dépendances de l'empire srec.
a Dans la lettre au patriarche, le Pape le félicite de l'ardeur qu'il exprime pour la réunion des Eglises, lui proleste que luimême ne le souhaite pas moins, mais ne dissimule pas les bruits fâcheux répandus sur son compte : On dit que vous êtes néo^ phyUf que vous nétes pas monté par degrés à iépiscopat: que vous voulez soumettre à votre domination les patriarches d'Alexandrie et d'Antioche^ et les priver des anciens privilèges de leur dignité; que par une usurpation aacrilége^ vous prenez le titre de patriarche universel^ titre que saint Pierre m aucun de ses successeurs n'a voulu prendre^ quoique le concile de Chalr.édoine eût ordonné qu'on le
donnât à saint Léon et aux Papes suivants
Mais qui ne s'étonnera que f^ plus de mille ans après ta Passion du Sauveur , vous vous soyez avisé de calomnier l'Eglise des Latins^ ana^ thXmatisant et ffersécutant publiquement tous ceux qui participent aux sacrements faits avec des azymes f Nous avons connu votre entre* prise par le bruit public et par la lettre écrite en votre nom aux évéques d'ApuliCf où l'on prétend prouver que Notre-Seigneur institua avec du pain levé le sacrement de son corps^ ce qui se trouve réfutéparVautorité de V Ecriture^ qui défendait aux Juifs^ sous peine de mortf d'avoir dans leurs maisons du pain levé pendunt les huit jours de la Pàque. Et est-il à présumer que Jésus-Christ ou ses disciples aient prévariqué en ce points etc, etc.
« Ces deux lettres et un autre écrit où saint Léon réfutait en détail toutes les er« reurs et toutes les calomnies exprimées par Michel Cérulaire dans son éptlre à Tévèque de Trani , furent confiés à une légation qui arriva à Constantinople dans le courant de janvier de Tannée 105i'. Saint Léon comprenait combien une pareille mission offrait de péril et de difficultés, et ce grand homme se connaissait en hommes ; ceux qu'il choisit se montrèrent dignesde la remplir. Cefurent le cardinal Humbert, autrefois abbé de Moyen- Moutier en Lorraine, et alors évêquo de la Forêt-Blanche ou de Sainte-RuGne, l'un des plus savants hommes de TOccident; Pierre, archevêque d'Amalphi, et Frédéric, diacre et chancelier de I Eglise romaine, cousin de l'empereur et ft ère de ce duc de Lorraine , Godefroid , qui , à une certaine époque , luttant contre l'empereur Henri, lui avait causé de si vives inquiétudes. Le Pape avait tiré Frédéric, comme Humbert, do son diocèse de Toul , pour en enrichir la ' cour pontificale. »
LEON X. — Le il^ mars 1513. les cardinaux se réunirent en conclave dans la chapelle de Saint-André pour donner un successeur i Jules IL Ils étaient au nombre de vingt-cinq. Le scrutin dura sept jours; c'était le cardinal Jean de Médicisjqui, comme Eremier cardinal-diacre, recueillait les votes, e septième jour son nom sortit du calice, il avait obtenu le nombre de voix voulu. Tout les Jeunes cardinaux lui avaient donné leurs suffrages. Médicis, quand il eut compté
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les Tûtes , ne fit par^dtre aucune émotion. Les cardinaux vinrent alors lui rendre leurs hommages, il les embrassa tendrement. On lui demanda le^ nom qu'il choissisail» il répondit, le non>: qu*il vous plaira. Interrogé de nouyeauj il dit qu'il prendrait le nom de Léon X, si le Sacre Collège le jugeait convenable. '
Léon X n'était que diacre lorsq'u'il parvint à la papauté. Le 15 mars il reçut la prêtrise, le 17 la consécration, et le 19 la couronne. Le 11 août suivant, fête de saint Léon le Grand, il prit possession de la basilique de Saint Jean de Latran. Rome s'attendait à quelque spectacle magnlGque, et en effet) ja- D)ais on ne déploya plus de pompe que dans cette occasion solennelle.
Jean était né à Florence le 11 décembre 111^75, de l'illustre famille des Médicis. A sept ans il reçut la tonsure, et le jour oii il entra dans les ordres,un courrier partit de Florence
Sonr demander à Louis XI la collation d'un énéfice» L'abbaye de Pont -Douce, près Saintes, étant venu à vaquer l'année suivante ihS3^ Louis XI y nomma Jean de Médicis. Dans l'espace dfe quelques années il obtint successivement un grand nombre de dignités ecclésiastiques et lut nommé cardinal le 9 octobre 1«88* Jean avait eu pour maître, dès sa jeunesse, les hommes les plus savants de cette époque, tels que Marsin Picin, Ange Policien, Pic de la Mirandole, Chalcondyle et d'autres. A douze ans il connaissait le ffrec et le latin. A dix-huit ans il était re-
Sua Pise docteur endroit canon, et la célérité de ses thèses étaient dès lors un événement en Italie. C'est è Pise que Jean de Médicis étudiait la jurisprudence civile, sous des professeurs renommés, qu'il connut et aima le célèbre Blbiéna, qui lui resta fidèle aux mauvais jours. C'est alors aussi qu'il se jiassionnait pour la musique. A Rome, déjà revêtu des honneurs de la pourpre romaine, Jean de Médicis eut la sagesse de s'attacher
f)articulièrement à Jules Ilqui le nomma son égat à Bologne. Dans cette société italienne si littéraire et pourtant si troublée, de dures épreuves attendaient le cardinal de Médicis comme pour mettre le sceau è ladouce sérénité de son caractère qui demeura d'une égalité admirable et chrétienne dans l'une et l'autre fortune. Lorsque la républicaine de Florence assassinaitetcnassait les Médicis, le jeunecardinal, connu par des dangers personnels et par un long exil , subissait les amertumes et les douleurs des guerres civiles. Repoussé par son ingrate patrie , il demande à des voyages dans toute l'Europe le compléinent de sa haute éducation. Après de longues courses il revient à Rome et dans la faveur d'Alexandre VI. Légat h Bologne sous Jules II, il est de nouveau mêlé aux secousses de ri« taiie et au belliqueux hasard de son patron. Les Français, vainqueurs à Ravenne, le trouvent dans l'armée ennemie et le font prisonnier, il supporte avec une douce dignité cette captivité, et recouvre enfin la liberté. Lo temps approchait où il allait monter luimôme sur ce trône pontifical qui lui onrait
confié déjà de si importantes missions. MaU un si pesant fardeau effrayait autant son esprit que son cœur avait eu de joie à voir peu auparavant |le rétablissement de sa famille dans le gouvernement de Florence. La magnificence, la bonté, la vie régulière du jeune cardinal l'avaient rendu populaire et Rome applaudit avec transport à son élection.
Le premier usage qu'il fit de son aotorilé fut de réconcilier entre eux les princes chrétiens et d'obtenir la grâce des deux plus puissants ennemis de sa famille, Machiavel et Lodérini. Bien plus, c'est h Machiavel que s'adressera un jour Léon pour prendre ses conseils sur la meilleure lorme de gouvervement à introduire dans Florence , et le Souverain Pontife se montrera plus libéral •Que le pnbliciste de la république. Mais I h'istoiredu glorieux pontificat de celui dont Je siècle a pris le nom , demande pour èlre dignement retracée la plume habile d'un historien qui en ait fait le sujet spécial de ses longues études. Laissons donc parler H. Audin lui-même dans sa magninque HUtoin de Léon X.
« A Florence, » dit-il , « où l'avénenteDtde Léon X à la papauté fut fètô comme à Kon^e, un marchand avait inscrit sur un arc de triomphe : Au restaurateur de la religion, dk la paix et des arts.
« Ce marchand avait compris et deviné Léon X. C'est bien à ces trois grandes œuvres qu'il songeait à se vouer en moutant sur le trône. Le protestantisme a mécon* nu ce Pontife; il n'en fait qu'un artiste au-
Îuel il veut bien accorder quelques louanges, éon X fut un grand Pape et un gran«l souverain. C'est dans cette triple vie de Pape, de souverain, d'artiste que aous l'étudierons. Jusqu*k son dernier soupir, nous le verrons travailler au triomphe de la paix et des lettres.
« Le rappel de Soderini , le pardon accordé aux conspirateurs florentins et d'autres actes de générosité toute royale, causèreat dans Rome une joie inexprimable ; cette fois le peuple fit comme les poêles, il se miù chanter des sonnets. Le successeur de Jules II, Léon X, dès qu'il uaraissail en public, était accueilli parues cris d'admiration et do reconnaissance. Rome, après tant de luîtes sanglantes, allait donc jouir du repos. Dieu semblait avoir suscité Léon X pour relerer tout ce que le passé avait si fatalement renversé; pour apaiser les haines, réconcilier les- esprits, ramener les cœurs égarés, réunir dans un même amour envers Je Saiot- Siége tous les souverains nationaux etétrao* gers.
« Dans toutes les lettres qu*il écrit immédiatement avant et après son couronnemenli ce qu'il demande avec le plus d*instaiice, ce sontdes prières pour le repos de la chrétienté. Trop de sang et trop de larmes ont été répandus. Un moment, sous Jules II, Je canofl a cessé de gronder, et dans ce court intervalle de repos, quelque chose de roerreil' leux s'est passé à Rome. On a vu accourir
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DES PAPES
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de toutes les provinces , vers la capitale da monde chrétien , les artistes les plus émi* n<*nts. San Gallo, Bramante, Fr. Giocondo Michel -Ange, Raphaël d'Urhin, Peruzzi, SoddoroSy sont yenus visiter la ville sainte. C*est la papauté qui leur en faitles honneurs. La place de Saint-Pierre est un vaste atelier où I on remue et où l'on travaille le marbre la nuit et le jour» et les collines oui l'environnent sont un vaste cimetière qu on fouille incessamment pour en exhumer les statues antiques qui, la, dorment ensevelies depuis des siècles. A chacune de ces résurrections se trouve un poëte qui chante la relique en latin ou eu italien. Que la paix dure encore quelquesannées, et la Rome d'Auguste va renaître. Léon X le Florentin veut y attirer . toutes les gloires. Aussi comme il s'inquiète, en Chrélien d'abord, puis en artiste, des dissensions qui menacent , môme de loin, le repos des nations! Sinsmond, roi de Pologne, nourrissait contre Albert, marquis de Brandebourg, une veille haine qui ne demandait, pour éclater, qu'une occasion favorable. Il Tallait empêcher un conflit entre les deux princes. Alors la voix de la papauté était lo u le -puissante ; on recrutait comme un écho de la voix môme de Dieu. Le Pape lui écrit : Au nom de Pintirit et de Vamour pa^ temel que je vous porte ^ modérez les trans^ }/orts de eoUre qui vous animent , attendez f'arrivée du légat que je vous envoie et qui Broutera vos plaintes et vos doléances respee» lires. Si vous le préférez^ prenez pour ar* biires les Pires au concile de Latran^ qui peuvent bien terminer les différends qui sur ^ viennent entre des rois^ des ducs ou des *j rinces.
m Albert dut à cette intervention du Saint- Bié^e la conservation de ses Etats, que ^jgismond s'apprêtait à envahir.
• Le moindre des billets de Léon renrerme quelques élans de dévotion à la Divinité ou ^ la Vierge Marie, aux saints apôtres, ou au vatron de l'Italie; son langage est partout Jigno et chrétien; à chaque ligne cest un Mirrum nouveau de charité : pour le Pape, luuer est un besoin. Il dit à tout le monde : le vous aime : 1i Sigismond , au roi d'Angleerre, aux religieuses de Florence, à Rainiond de Cardonne, yice-roi de Naptes, au *ui de France lui-même, Louis XII, qui ivait souffert qu'on mit Jules 11 sur la >cène.
Je suis heureux^ écrit-il k son frère Julien,
jue mon élévation au trône pontifictd ait été
iccueitlie avec joie par le roi de France. Oui,
e suis de votre avis^ il faut chercher à faire
a paix avec ce monarque: les raisons que
ous alléguez me plaisent infinitnetit. Vous le
avez 6Jeii, le plus ardent de mes désirs est de
oir les cœurs de tous les princes chrétiens
mis par les tiens d*une sainte et mutuelle
initié. Si je souhaitai la paix quand la for^
14 fie m'était moins propice^ quels vcsux ne
lu is'je pas former pour V obtenir^ aujourd'hui
fue je suis Vicaire du Christ ^ source et auteur
î€ ioute charité? Je sais tes marques d'affec^
«oM que le roi vous prodigua quand vous
fûtes forcét dans des temps de troubles dames* tiques^ de chercher un refUge en France! Je connais Vintérét que les.monarques français ont toujours porté à Florence notre patrie^ ainsi au]à notre famille. Je n'ai point oublié non plus les services qu'ils ont rendus au Saint' Siège ; j'ai des dettes à payer ^ et je les*acquih terai toutes, s'il ny met obstacle. Qu'il le sache bien; je veux que vous lui disiez que je ne négligerai rien pour qu'il ne se repente jamais de s'être montré joyeux de mon avénementf surtout sHl me propose des conditions de paix justes f raisonnables^ et n'engageant en rien l honneur de ma couronne.
« Maintenant, si de nouveau l'Italie est exposée au fléau de la guerre, au moins la papauté n'aura pas de reproche à se taire ; elle parle en ce moment un langage évangélique, Léon X ne songe pas à venxer l'injure que la France Gt à Jules U de si glorieuse mémoire. A Paris et h Lyon, on a vu la déposition du Pape aflichée sur les murs des églises. Son successeur oublie cet outrage; c'est lui qui vient le premier demander et offrir la paix à Louis XII. C'est qu'il sent bien que la paix seule peut l'aider à exécuter les vastes projets dont il a conçu l'idée. Si les puissances le lui permettent, il rendra Rome l'asile de la piété , des sciences et des lettres ; il achèvera ce saint édifice que son prédécesseur a commencé ; et à la construction du temple dédié aa Prince des apdtres, il convoquera tous les arts : il en fera quelque chose de merveilleux. Dans Rome il percera de nouvelles rues, il agrandira la bibliothèque du Vatican, et l'enrichira de manuscrits nouveaux; il fera fouiller l'antique Forum et les vignes qui s'étendent aatour de la ville pour y chercher les œuvres des statuaires grecs et romains. Rome aura bientôt un gymnase où iront les professeurs les plus habiles qu*il pourra trouver en Italie. Il veut relever le culte de cette belle langue grecque qu'on
fwrle à Florence, et qui servira non-seuément à Tinitiation des ftmes à la philo-* Sophie antique, mais encore à Tétude des Pères de TOrient, gloire impérissable de notre Eglise. La muse latine, qu'il aima dès son enfance, aura son collège et son ao^déinie dans la capitale du monde.
« Au moment où Rome et Florence célébraient l'élection de Léon X, le repos de l'Italie était de nouveau menacé. Louis XII, qui ne pouvait renoncer au duché de Milan, venait de détacher Venise du Saint-Siège. Venise, cette ville rivale de Rome, abandonnait des alliés qui l'avaient sauvée, et signait, le 15 mars 1513, avec le roi de France, un traité où elle garantissait au monarque le duché de Milan, en échange de Crémone et de la Ghioradadda, nue ce prince abandonnait à la république. Pendant que Louis, au mois de mai, envahissait la Lombardie, les Vénitiens devaient, arec huit cents gens d'armes', (juinze cents chevaux et dix mille fantassins, attaquer le Milanais.
« La ligue francO'Véniticnne fut heureuse ?
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Alexandrie et Asti tombèrent au pouvoir des Français, dont la bannière flotta bientôt sur tes clochers de Milan. Valeggio, Peschiera, Crémone, reconnurent l'autorité de Venise, et Antoniotto Adorno fut chassé de Gènes, et remplacé par Octavien Frégose, Tami aes Français. L'œuvre de Jules II était compromise : la Lombardie appartenait à l'étranger.
« A la première nouvelle du traité de Blois, Léon X s'était h&té d'écrire è Louis XIL La lettre du Souverain Pontife restera comme un modèle de douceur évangélique. Le Pape engage son cher flls, au nom de Dieu, h renoncer à cette funeste expédition qui ne*peut que causer de nouvelles douleurs à l'Italie : Nous avons vu de nos yeux, lui dit-il, el ce souvenir nous dé- €hire le cœurf des villes incendiées ou ruinées, des églises violées et ensanglantées^ de jeunes filles déshonorées^ de saintes femmes immolées, N'est'il pas temps que l'Italie respire? Si la guerre doit éclater de nouveau^ quelle épargne au moins ce malheureux pays. Au nom du Dieu des miséricordes^ nous vous en prions^ songez au beau nom que vous portez; rappelezvous votre ancienne tendresse pour le Saint' Siège; si vos droits sont fondés, ayez recours aux négociations et non point aux armes.. Nous sommes prêts i vous aider, à vous ser^ vir de toute notre bienveillance, de tout notre nmour; nous n'avons quun seul désir ^ c'est 4/ue la paix règne dans toute la chrétienté,
< Ces conseils ne furent point entendus. Alors Léon X, se rappelant l'exemple de Jules 11, (irend ses mesures pour préserver ritalie. En moins de quelques semaines, U conclut avec Henri Vlll d'Angleterre, l'empereur Maximilien et le roi d'Ës^^agne une ligue qui est signée à Malines, le 5 avril 1513. Le Pape comptait sur les Suisses ; Mathieu Schinner, dont la haine contre les Français n'avait pas même besoin d'être réveillée, alla dans les montagnes d'Uri, dTnlerwald et de Zug, recruter de nouveaux soldats. C'est quelque chose de merveilleux que le dévouement au Saint-Siège de ces cantons alpestres. Un pâtre, sur la cime d'un rocher, fait retentir un cori à ce son, tous les habitants des villages se rassemblent autour de l'église paroissiale, un moine annonce eu chaire la croisade nouvelle, et quelques jours après, souvent même le lendemain, ils partent pour le rendez- vous assigné, jrécédés d'une bannière où ou lit en lettres d'or : Domitores principum. Amat ores jus ti^ iiœ, Defensores sanctœ Homanœ Ecclesiœ,
« Les Suisses, qui avaient reçu de nombreux renforts, résolurent d'engager l'action. Le 6 juin, ils s'ébranlaient en colonnes serrées sous le canon ennemi, qui leur emportait des files de cinquante hommes, abordaient les Français, les prenaient corps à corps, et se servaient pour les tuer de hallebardes et de dagues : c'était un duel plutôt qu'une mêlée. Après cinq heures d'une lutte acharnée, les Suisses se jetèrent à genoux pour entonner un vieux cantique montagnard en l'honneur de Marie : ils
étaient vainqueurs ; huit mille cadavres français, un poignard dans le ventre, joochaient le champ de bataille.
« La papauté a maintenant de grands devoirs a remplir : voyons maiiilenaot comment elle s'en acquittera :
« Marie -Maximilien Sforce, chassé de Milan par ceux qui l'avaient reçu sous des arcs de triomphe, rentrait dans sa capitale, irrité contre ses sujets; le sang allait couler peut-être. Léon écrit au prince : Rendti grâce à Dieu qui vient de vous donner k mtoire, et montrez-vous digne de sa protection, en ne vous laissant pas succomber aux enivrements du succès. Non : ceux qui vous ont offensé ne voulaient pas votre ruine. Je voui en prie, je vous en conjure, au nom de l'amour que je vous porte, vengez*vous de vos ennemis, non pas par le châtiment, mais par la cUmence.,. Encore Une fais. Je vous en prie, usez avec modération de votre victoire. El Maximilien se laisse fléchir.
« Raimondde Cardonne, vice-roi de Naples, avait contribué à la victoire des Suisses; Léon lui écrit : Je viens d'apprendre la victoire des Suisses et le retour de Maximilien à Milan. Combien je déplore la mort de lant de braves soldats, de tant d'illustres capitaines qui auraient pu rendre de si grands services à la cause chrétienne l Ce que nous devons désirer, ce n'est pas la guerre, mais la paix; ce n'est pas du sang , mais de la pitié,,. Vous avez, je le sais, une grande influence sur l'esprit de Maximilien , servez-vous-en pour lui prouver qu'il n'est rien qui sied à un prince comme la douceur, la bonté, la cU-* mence. Qu'il oublie les injures, qu'il pardonne, qu'il s'étudie à gagner non pas la fortune, mais le cœur de ses sujets. Et le vieux général entend la voix du Pontil'e et intercède efGca* cément pour des sujets révoltés.
'« Le marquis de Moutfenat avait livré passage aux Français (]ui marchaient sur Milan ; il allait être puni sévèrement, quand Léon intervint en sa ferveur : Le prince était trop faible, écrit le Pape au duc de Milan, pour s'opposer de vive force au passage des Français; il vous aurait ouvert ses Etals si vous aviez voulu envahir ta France. Pitié donc pour le marquis I Si vous praliqua Ai clémence, Dieu vous récompensera des celU vie. Et Maximilien écoule eacore une lois la voix de Léon X.
« Henri YIII, à l'instigation du SaintSiéget au moment où Louis XJI signait avec les Vénitiens le traité de Blois, passait è Calais avec un corps de troupes considérable. Le comte de Shrewsbury assiégeait TérouaoDe; le duc de Longuevilte, accouru pour secourir la place, avait livré bataille aux Anglais, el avait été défait à Guinegate, dans celte terrible affaire, connue sous le nom de la journée des Eperons. Cependant Louis XII seûtait la nécessité de se réconcilier avK; le Saint-Siège ; des propositions avait été faites au Pape. Léon X écrivit h Henri Vlll : fti vient de m'apprendre vos victoires, j aï fléchi le genou, levé* les maisis au ciel et remercié Dieu Ce n'est pas vous qui avus vaincu, ce^^
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DES PAPES
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U Seigneur qui tous donne la victoire: ftumtlieZ'Vouif ce êera vous montrer digne de votre triomphe. Maintenant qu*une seule pensée vous occupe : it n'est plus guun ennemi atu vous deviez poursuivre^ le turc^ dont il faut dompter l'orgueil. Votre légats revécue de Worcester^ vous entretiendra plus longuement à ce sujet.
1 Et Henri VIII rappelle ses armées, quille Lille le 17 octobre, et arrive le 2k h son palais de Richmond. Ce sont là des choses c|u'on raconte simplement; les louer, ce serait les gAter.
gnanl la tiare, quelques prélats ne rougirent l>a$ de se révolter contre le Saint-Siège , de mettre au ban de la chrétienté le courageux Pontife, de l'accuser de simonie , et de pro* ▼oquer son interdiction dans le conciliabule de Pise. A cette comédie sacrilège, jouée par qaelaues cardinaux indignes de la robe rouge qu ils portaie&t , le Pape répondit en convoquant le concile de Latran, où bientôt se réunirent, à la voix de leur pasteur, les évèques des diverses parties du monde. Le schisme, sans asile en Italie, fut obligé de se transporter en France, hué en chemin par les populations catholiques» et siiBé jusque par les enfants, hiles il mourut, comme il avait vécu, sans peur et sans reproche, et sur le lit oik il allait rendre sa belle ftme à Dieu, il pardonna à ceni qui avaient trahi le Vicaire du Christ, mais en exigeant qu'ils se réconciliassent avec l'Ëglise, mère de miséricorde, mais aussi mère de justice.
m Léon X , k son avènement au pontificat, donna ordre qu'on lui préparât des appartements dans le palais de Lalran , afin (}u*il pût assister en tout temps aux délibérations de rassemblée. Le 6 avril 15t3, il ouvrit, en personne, la sixième session du concile. Après qu'on eut chanté le Veni Creator ^ le Pa|>e, se levant, adressa aux Pères du concile uae allocution touchante. Il les conjurait, au nom de Dieu, de sa Mère, des saints apôXres, et de toute la milice céleste, de travailler sans relAche au rétablissement de la paix entre les princes chrétiens , et leur déclarait SB ferme intention de les tenir réunis jusqu'à ce que cette belle œuvre fût terminée. Les princes, un moment dissidents, s'étaient empressés d'adhérer au concile de Latran : L^aîs XII venait de le reconnaître. L'Eglise était ramenée à Tunion. Léon X vient proclamert en plein concile, la nécessité d'une réforme, qui non-seulement atteindra l'Italie^ mais la république chrétienne tout entière. Au sein du concile un comité de réforme a été nommé, qui doit chercher les moyens, non pas seulement d'améliorer les mœurs du clergé, mais de les ramener k la pureté des vieux temps et de l'ftge des apôtres.
« A Texempte d'Alexandre III, Léon veut désormaisr qu'on n'élève au sacerdoce que des hommes d'un âge mûr, de mœurs exemplaires, et qui aient étudié longtemps sur les bancs de l'école»
« Il défend qu'on agite, comme c'était la coutume à Florence, de vaines questions sur la nature de l'Ame ' l'flme est immortelle. Il déiend d'enseigner qu'il n'y a qu'une flrae répandue dans le monde, ainsi qu'on le faisait dans quelques universités d'Italie : à chaque homme, quand il natt, Dieu donne une Ame qui ne peut jamais périr. Cette science, qu'il aime è gloriUer et qu'on appelle la maltresse des sciences, la théologie, a trop été négligée jusqu'à ce jour : il faut qu'elle refleurisse. Bannie soit cette philo* Sophie platonicienne oui l'a séduit lui-même ! Désormais, oui vouara se livrer au ministère des autels devra connaître les Pères et les canons. Encore cette science, toute belle qu'elle est, ne lui suffirait-elle pas pour mériter d'entrer dans les ordres sacrés, si sa vie n'est exemplaire. Il faut qu'une fois dans le saint ministère le prêtre vive dans la chasteté et la piété ; il faut, non-seulement qu'il s'abstienne de faire le mal, mais qu'on ne puisse le soupçonner de pouvoir le commettre; il faut qu*il soit comme une lampe allumée devant les hommes, et qu'il honore Dieu par ses o&uvres.
< Voilà pour le prêtre : mais s'il s'agix d'un dignitaire de TÈglise, combien le Pape est plus exigeant ! Il veut que la demeure du cardinal soit comme un port, un hospice ouvert à tous les gens de bien, à tous les hommes doctes, à tous les nobles indigents, à toute personne de bonne vie. La table da prélat doit être simple, frugale, modeste; dans sa maison ne régneront ni le luxe, ni J'avarice; ses domestiques seront peu nombreux; il aura toujours l'œil levé sur eux; [»unira leurs déréçlemenls , il récompensera eur bonne conduite.
« S'il a des prêtres à son service, ces prêtres seront traités comme des hôtes honorables.
« Vienl-on frapper à sa porte T U regardera, le client, et refusera, s'il vient solliciter des places et des honneurs, d'être son avocat à la cour; s'il demande justice, au contraire, il intercédera pour lui. Il faut qu'il soit toujours prêt è plaider la cause du pauvre et de Vorphelin. S il a des parents dans le besoin , la justice exige qu'il vienne à leur secours, mais jamais aux dépens de l'Eglise.
« L'évêque doit résider dans son diocèse, et s'il en a commis radministcation temporaire à des hommes d'une conduite éprouvée, le visiter au moins.une fois chaque an* née, afin d'étudier les besoins de son Eglise et les mœurs de son clergé. En mourant il n'oubliera jamais que sa fille bien-aimée, rSglise qu'il administrait, a droit aux témoignages de sa reconnaissance. ^
1 Pas de vaine pompe à son enterrement : . Je bien qu'il laisse appartient aux pauvres ; ses héritiers ne pourront dépenser au delà de 1500 francs pour la cérémonie funèbre.
« Il faut lire chaque ligne de ce décret pontifical sur le cardinalat, pour voir avec quel soin Léon X descend jusqu'aux moindres détails qui touchent à la vie intime des prélats dans leur palali, avec leurs dômes»
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tiauesy ayecieurs parents, avec leurs clients, à réglise, dans (eur diocèse, à table même. Ainsi donc ce n*était pas une réforme qui n*atteignait que le {pauvre prêtre dans son é|ilise que demandait le concile, mais une réforme qui s*étendtt jusqu'au prêtre en robe rouge ou violette : Le champ du Seigneur^ disait-il en 151&, a besoin aêire remué de fond en comble pour porter de nouveaux fruits,
« H Tant Tentendre joignant sa voix à celle de l'Allemagne et de la France, et confessant que chaque jour des plaintes arrivent de toutes les parties du monde chrétien sur les extorsions de la chancellerie romaine. Hutten est plus amer, mais non pas plus explicite. Ce que le Pape demande en ce jour, ce qu'il demande bien haut» aGn qu'on J'entende au delà des Alpes, des Pyrénées, par delà les mers, c'est que désormais le use s'amende, qu'il cesse de pressurer ceux qui ont recours à lui , qu'il redevienne ce qu'il était dans les premiers temps de l'Eglise. Mais pour arriver à cette pureté des temps anciens, il faut que le néophyte qu'on destine aux autels reçoive une éducation sévère, chaste et religieuse.
« A Florence, à Rome, et dans foute l'Ilalie, on croyait, à la Renaissance, avoir assez fait pour la culture de rintelli^ence , quand on avait appris à un écolier à lire Virgile ou Théocrite, a connaître les dieux d'Ovide, à traduire les songes de Platon. Léon X ne veut pas que l'âme se contente désormais de cet(e nourriture toute sensuelle. Il faut «{u'ello sache qu'elle a été créée de Dieu pour Taimer et le servir; qu'elle pratique Ja loi du Christ, qu'elle chante à l'éslise nos saintes hymnes, qu'elle psalmodie a vêpres nos psaumes du Prophète Roi; que chaque soir elle lise les faits et gestes de ces héros chrétiens que l'Eglise inscrivit parmi ses docteurs, ses martyrs et ses anacnorètes. Il ▼eut que l'enfant sache par cœur le Décalogue, les commandements de Dieu, les articles du Svmbole^ son catéchisme enfin; et que, sous la conduite de leurs maîtres, les élèves, laïques ou clercs, entendent la Messe, les vêpres, le sermon, et emploient le dimanche et les jours de fêtes à célébrer le Seigneur.
« On n'a pas assez étudié les Actes du concile de Latran. Qu'on ouvre le beau livre où Raynaldi les a reproduits» et l'on verra combien les plaintes de Hatten étaient injustes 1 11 disait à Wittemberg, en 1518, que Ja papauté refusait d'écouter les gémissements de l'Eglise d'Allemagne; il nous trompait. Voyez-la donc» cette papauté représentée par Léon X; quel zèle elle fait éclater au palais de Latran pour la gloire du catholicismel Ici c'est le Pape qui demande que les votes des Pères soient secrets, afin qu'ils puissent en toute liberté exposer leurs
f;riefs, formuler leurs plaintes, proposer etirs réformes; ailleurs, c'est Tabolition des taxes trop onéreuses de la chancellerie romaine qu'il provoque spontanément; plus loin, c*e5t l'envoi des légats aux princes
étrangers, hérauts de paix,.qu*il arrêta avec le concile. Voici une page de ce grand livre où le Pape exige que les cardinaux et les abbés rétablissent à leurs frais les autels que la guerre civile a renversés. En voici une autre où chaque prélat est imposé, suivant ses revenus, pour subvenir aux frais de cette glorieuse croisade que le Saint-Siège prêche depuis plus d'un siècle contre les lurcs^ Lisez donc ces belles lignes : « Prin- « ces, donnez-vous le baiser de paix; vous « n'avez qu'un ennemi à combattre, 1 OUo- « man, qui menace la chrétienté. » Tournei la page; Erasme ne se moquera plus, s'il revient en Italie, de l'ignorance des luoines mendiants : aucun d'eux ne pourra prêcher la parole divine s'il ne remplit ces conditions dont le juge ecclésiastique doit répondre sur le salut de son Ame : Age mûr, probité, doctrine, prudence, mœurs exemplaires. Ces sages règlements s*adress«snl \ VEglise tout entière; il faut que les évêques des provinces chrétiennes veillent àirexecution des décrets de Latran, et que, réunis eo conciles provinciaux ou en synodes au moins tous les trois ans, ils s'occupent de Vamélioration des mœurs de leurs diocésains, et de la décision des cas de conscience controversés, mais qu'ils n'oublient pas ces belles paroles, de 1 Ecriture : Employez^ pour guérir les plaies des pécheurs^ l'huile et le vm, ci V instar du Samaritain^ afin quon ne tout dise pas avec Jérémie : « Est-ce quH n y a « plus de résine en Galaad? Est-ce qu'il ny a « plus ailleurs demédecins?» [Jerem.^ vui, â.) « A l'époque de la Renaissance . ynand la philosophie de Platon passa de la Grèce en Italie, presque tous les esprits étudièrent l'aslroloçie : l'école de Florence, représentée par Benivieni, Marsile Firîn, et d'autres prêtres de Santa Maria del Fiore, i'enseigniiit
[>ubliquement dans ses vers : le prédicateur a prêchait même, en expliquant dans la chaire l'évangile du dimanche. A Rome, le moine prédisait la fin du monde ^ qu*il lisait dans les astres. Léon X, au nom de la reli* gioo, proteste contre ces superstitions, et défend d'effrayer l'imagination des fidèles par des peintures tirées d*un monde imaginaire. Machiavel avait dit» en parlant des Florentins : « Ce ne sont pas des enfants, et « ils croient pourtant aux prédications de « SavoiMirole. » Le Pape ne voulut pas que le prêtre répétAt en chaire le r61e du Doini* nicain. Il avait vu quel parti l'incrédulité pouvait tirer de ces révélations surnatorelles que certaines Ames voulaient s'attribuer ; et i! défendit, de toute Tautorité de sa parole, confirmée encore par l'assentiment du sacré concile, à quiconque enseignait en chaire, dans un clottre ou dans un livre, (fe prédire des événements dont Dieu seul s'était réservé le secret. L'autorité suprême avait besoin de protester contre des superstitions qui étaient protégées comme autant de vérités, non-seulement dans quelques universités italiennes, mais jusque dans les couvents de l'Allemagne. C'est ainsi qu*à Spanheim, sur les bords du Rhin, r<i<^^>
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DES PAPES
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donl Torthodoxie n*était pas plus douteuse
que la science» Tritheim , vénéré de Joies II,
avait publié le secret de se mettre, à l'aide
des esprits célestes,, en communication avec
une personne absente. Non pas que le
Pape [nie que Dieu puisse se révéler è des
créatures privilégiées et que ces créatures
puissent prédire l'avenir; il l'a dit, il le
croit, il le déclare formellement; mais il
veut qu'on éprouve ces Ames qui annoncent
les fulors contingents, et que le^ révélations
que TEsprit-Saint peut leur communiquer
soient soumises à celui à qui Dieu dit, par la
bouche de son Christ {âlaiih. xvi, 18) : Voui
éiesPierre^ etc.
« Nous avons vu ailleurs que, dans son noble enthousiasme pour celte littérature l>aienne, dont les humauistes de la Renaissance poursuivaient la glorification, le savant avait renoncé trop souvent à la langue de nos Ecritures en parlant de notre Dieu, du Christ, de sa Mère, desanjges : il lui semblait que, lorsqu'il avait appliqué au Sauveur des hommes une épithète tirée d'Homère ou de Virgile, la puissance céleste devait apparaître aux regards dans un limbe plus lumineux. Malheureux travers, dont le théologien luimême ne sut pas toujours se préserver. Il fallait une leçon à ces adorateurs fanatiques de l'antiquité : elle leur fut donnée par le concile de Latran. C'est la langue de l'Évangile qu'il parle constamment; c'est à la source do- nos Livres saints qu'il va s'inspii«er; les images qu'il emploie sont tirées de TAncien et du Nouveau Testament. Une seule fois, à la dixième session,.uB/ vieillard a a beau langase, l'archevêque de Fatras, délaissa Thumbie prose poupchanter en vers la Reine des anges ; mais sa poétique invocation ne renferme aucune expression que le CAsuiste le plus sévère oserait blAmer. Il s>xcuse si candidement, lui pauvre septuagénaire, doné It luih ne rend plus que des sons plaintif $ ^ de son appel aux muses pour célébrer Marie, qu'il serait bien difficile de ne pas le lui pardonner. Luther ne connaît donc pas les Actes de ce concile de Latran» où à chaque pas le sang de l'Homme-Dieu est glorifié, invoqué, adoré 7 Ouvrez-les yeux, et TOUS verrez le Pape« les archevêques, les évdquea, les prélats, les abbés, s'inclinera ce nom, et répéter ces belles paroles de l-Afiôtre : « Il n'est d'autre fondement que celui « qui a été posé, et ce fondement c'est Jésua- • Christ. »
Le concile de Latran prononça aussi sur rinstitution des banques nouvelles de prêts gratuits, nommées alors monu et plus tard. monis de piété.
Les Papes, principaiement Sixte lY, lune» cent VJli, Alexandre Vl et Jules H, avaient approuvé et encouragé ces institutions nouvelles , qui donnèrent lieu à une immense ïontroverse qui agita bientôt toute (la chré- Jenté. Le cardinal Caielan et les Domini- ^eîns» s'appuyant sur I interdiction absolue le riotérét prescrite de tout temps par la loi uive et chrétienne, soutenaient contrôla »ei»auté que le i^aycment des frais d'admi-
nistration de ces banques était une usure
3ui violait les commandements de Dieu et e l'Eçlise. Les Franciscains montraient, au contraire, que ce n'était là ni un prélèvement d'intérêt, ni par conséauent une usure, mais le remboursement dune avance, 16 paiement d'une fonction, d'un travail réel, sans lequel la banque ne pourrait opérer. Cette controverse fut si générale et si vive, qu'il devint nécessaire de soumettre k un concile la solution de cette grande question.
Au cinquième concile de Latran, en 1515, la question fut débattue et approfondie sur toutes ses faces ; toutes les raisons diverses furent longuement examinées et discutées. Léon X, qui présidait ce concile, commence par exposer les deux sentiments qui parta-
Seaient les théologiens à ce sujet : Le$ un$^ it-il, regardent ces établinements comme t7lieites et usurairesp parce que le Chriit nous défend de retirer du prêt un intérêt quelconque^ et quoi que ce soit au delà du capital prêté. Les autres^ àjoiiieA'Wj pensent au contraire que les banques sont permises et utiles à la société , pourvu toutefois qu'on ne de^ mande rien et qu*on n espère rien à raison du prêtf ne faisant paver que les frais d^adminis' tration tndispenstAles à la gestion de ces éta* blissementSf sans en tirer aucun proj^t^ aucun intérêt^ de quelque genre qu'il soit. Après avoir exposé ces deux sentiments, Léon X, le saint concile approuvant, déclare et proclame que les banques sont licites et méri«* toires, si toutefois on ne prend aucune es^ pèce d'intérêt , faisant payer seulement ce
3ui est indispensable pour subvenir aux frais e ces établissements, et défendant expressément de prélever aucun profit, aucun intérèt en sus de la restitution pure et simple du capital prêté. Lecture faite de ce décret, le Pape demanda la décision des Pères du concile, qui toua approuvèrent le contenu de la cédule. Un seul> se lev»et refusa son approbation , en s'obstinant k réclamer la
Îraluité absolue : c'était Jérémie, évÊgue de 'rani. Sa protestation fut enregistrée aux Actes du concile.
Ainsi fut proclamée etcanoniqueroent décrétée par un Pape et un concile oecuménique, la banque de prêt appelée moiU, puis moni ds-piéte.
Pourrait-il être nécessaire de rappeler tout ce que le Paçe LéonX fit en faveur des lettres? te lut lui qui envoya le Grec Jean Laacaris dans sa (latrie, pour y acheter des manuscrits d'auteurs.claasiques et d» Pères grecs: ce fut encore lui qni invita» les jeunes gens les plus instruits de la Grèce- à venir en Italie pour enseigner leur langue et qui accorda de riches pensions aux savants Jes plus distingués.
Si la maison-dtt simple cardinal était l'asile des artistes et des savants , comme sa fortune était leur domaine , que. devait*ce être du palais et dn trésor de Léon X 7
11 compose sa cour des Sadolet, des Bibienna, des Bembo, et de tout ce que Rome, l'Italie et le monde comptent d'intelligences élevées. Ses premiers actes sont d'offrir la«,
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pourpre au mente modeste, à la vertu simple, h la science théologique : à Esidins de viterbe, à Adrien d'Ctrecnt, à Cajétan. Les ^ offres du Pontife vont prévenir et surpreir- ' dre ces hommes choisis, avec les plus spirituelles caresses, et dans des lettres qui ne sont pas indignes de la plus élégante latinité. Il demeure en correspondance avec le vieil €t malin Erasme, accueilli généreusement à la table hospitalière du cardinal Jean de Médicis. Léon X se plaît à écrire len même temps aux rois, aux érudits, aux poètes, aux artistes, à François I", è Henri VIll, comme à Lascaris, à TArioste, à Vida, à Raphaël. Paul Jove et Guichardin sont excités, protégés dans leurs travaux, récompensés, attirés on retenus à Rome.
De toutes parts les lettres sont ressuscitées et favorisées. L'Esquilin sert d'hôtellerie aux lettres de Consiantinople. L'étude de la philosophie platonicienne se ranime sous les auspices du Pitpe. Les plus grands encouragements sont prodigués à Timpriroerie, et des ouvriers allemands sont logés dans un couvent par le Pape même. Un palais s'élève pour recevoir les livres, un autre pour les statues , un troisième pour les tableaux.
L'enseignement de toutes les sciences reçoit une impulsion nouvelle dans le gymnase romain. Des professeurs illustres sont appelés à Home, et les libéralités pontificales ne s'épuisent et ne se lassent jamais. Un srand nombre d'humanistes sont chargés d'aller au delà des mers h la découverte des livres antiques. Léon X achète, au poids de l'or, des moines de Corbie, quelques manuscrits de Tacite, et confie au savant bibliothécaire du Vatican, Beroald, le soin de publier une édition dn çrand historien latin. Partout de nobles et dispendieux efforts pour ressusciter les merveilles de la langue de David, d'Homère et de Virgile ; partout des secours et des pensions aux lettrés, aux artistes, aux orientalistes, en même temps (]ue de nouveaux établissements de charité s'élèvent dans Rome et gue de miséricordieux asiles s'y ouvrent à la piété, à ,1a souffrance, à la pauvreté, au repentir.
Ces occupations, si douces au cœur et à )*esprit du Pontife , quelques aimables loisirs dans ses belles villas romaines, d'ingénieuses et savantes conversations avec les artistes, les historiens, les érudits, les théologiens, les linguistes, les poêles, ses familiers habituels, ne l'empêchaient pas de se dévouer aux soucis les plus graves du pontificat.
« S'il vous prend envie jamais, » dit M. Audin, « de connaître les poètes que Léon X recevait au Vatican, vous serez émerveillé de cette chasteté de style qui règne dans leurs écrits. Pour plaire a leur illustre maître, ils chantent tout ce qu'il aime avec passion : la paix dans la cité, la paix dans le ménage, et la paix aux champs. Il n'en est pas un seul, et le nombre en est bien Krand, qui n'ait dans son recueil quelque l>el hymne à Dieu ou à la Vierce. Quand
on prend f»oui sujet d'un poëme )és\)s sur le Golgotba ou Marie à Bethléem, c'est que le siècle est religieux. Il est incontestable qu'une révolution s'est opérée dans les mœurs de la société romaine depuis Tavéncment au trône de Léon X. Les grandes familles desUrsins et des Colonnes, qui, sons Alexandre VI, bous donnaient trop souvcQt le spectacle de luttes sanglantes, ont fait trêve èjeurs querelles. Ce qu'il leur faut à cette heure, ce sont des statues, des livres, des monuments, des médailles, des tableaux; la richesse a cessé d'être un titre à l'admiration, si celui oui la possède ne sait pas, comme Chigi, s en servir pour glorifier les lettres. Le peuple lui-môme prend parte ce mouvement intellectuel qu'il admire et cornprend; et nous le voyons fermer ses ateliers pour entendre un ternale qu'improvise Âo colti, ou pour aller au Vatican admirer une fresque nouvelle de Raphaël d'Urbin, le peintre bien-aimé de Léon X. Conome tous les arts, la peinture, sous ce Pape, est cons« tamment restée religieuse. Si ^lle a déserîé la voie mystique du maître ombrien, du moins ne peut-on lui reprocher d'avoir sacrifié au paganisme» ainsi qu'on le faisait à Florence. L'école romaine, sous Raphaël, a relevé le culte de la forme, mais en agrandissant l'art.
« Léon X voulut que l'uni versi té romaine égalât en splendeur celles que l'Italie citait avec le plus d'orgueil : Pavie, Milan, Bologne; et que Rome régnât sur le monde entier par les lettres, comme elle régnait
Sar les arts. Le tableau de l'université de lOme, en 1514, existe encore aujourd'hui, écrit sur vélin, en beaux caractères, orné des armes du Pape et de figures allégori-
3ues. La Théologie y est représentée avec la ouble figure de Janus, comme Raphaël a peint la Prudence dans une des chambres du Vatican.
« Léon X voulut qu'on enseignât, au col* lége romain, la Théologie, le droit canon, le droit civil, la médecine, la philosophie, la botanique, la philosophie morale, la rhétorique, la grammaire, la langue grecque. Sur le tableau dont nous parlons, à côté du nom de chaque professeur est indiquée la somme
Ïu*il reçoit annuellement. Maître Lucas de urgo a 120 florins pour enseigner les mathématiques; Varino, professeur de grec, 300 florins; maître Augustin de Sessa, pro« fesseur de philosophie, 300 florins. Ce sont les médecins qui sont le mieux rétribués. Maître Archangelo de Sienne a 530 florins, et maître Scipion Lancelloli, SOO florins.
« Nous savons, grftce à ce curieux docament, qu'un professeur de grammaire, espèce d'instituteur primaire, gagnait 50 florins par an, et il y en avait treize, autant que Rome avait de quartiers. Le recteur touchait 100 ducats d'or ; chacun des réfo^ mateurs, la même somme; le bidellus,100 florins ; enfin le sonneur» 25 florins. C'est lo 3 novembre que les cours et les écoles s'ouvraient. Il y avait des leçons le matin, as manCf et le soir, de soro, uièine les jours de
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DES PAPES
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ISte. Pandolphe Yoirgang, qai f>rofessaU le droit à Padoue» avait lait un graud bruit ea posant, dans un de ses cours, cette question : « Est-il permis de lire, d'écrire, d'étudier les jours de fête 7 s et il l'avait afiirmalivement résolue. La question était restée indécise; Léon, comme on voit, la tcancba pour tou« jours.
« Chaque science avait plusieurs maîtres ou lecteurs ; la rhétorique était enseignée, le matin, par six professeurs ; le soir, par cinq ; les jours de fAte, le matin, par trois ; le soir, par quatre. 11 n'y avait pas moins de onze professeurs de droit canon, de vingt
Ï»rofesseurs de droit civil, de quinze proèsseurs de médecine, de cinq professeurs de philosophie morale. Dans sa bulle du 19 décembre \}M3,Apostolici re^tmtnts, Léon X recommandait aux élèves de s'adonner désormais aux études sérieuses, et de renoncer à cette philosophie mensongère, nommée le platonisme, et à cette folle poésie, qui n'étaient propres c|u'à gftler l'flme. On voit si nous avions raison de vanter la sollicitude de ce Pontife pour les saintes lettres.
« Tous les professeurs choisis par Léon X étaient non-seulement des professeurs distingués, mais des hommes de vie exemplaire. Le Pape, en les appelant à lui, leur disait qu'il en faisait des précepteurs do vertus et de bonnes mœurs, plus encore que de belles-lettres, et qu'il leur remettait la ciiarge d'enseigner et de défendre la vérité, c*est-a-dire la religion da Christ, les liberlés de l*E^Use, l'autorité du Saint-Siège; grande et noble mission, à laquelle nui d'entre eux ne faillit.
m Léon X avait compris que sans l'étude des Pères d*Orient, le mouvement qu'il voulait imprimer aux sciences théologiques laojsuirait nécessairement. Le gymnase romain eut donc trois professeurs de grec : Augustin Vaido, Basile Chalcondyle et Valioo Favorino; chacun d'eux recevait par an 300 florins d'or. Démétrius Chalcondyle, le père de Basile, n*en avait que iO, en 1^63, è Tuniversité de Padoue, et Musurus 1^0 en 1508. Augustin Valdo ou Baldo de Padoue, ami de Bembo, parlait avec tant dH pureté la langue grecque, que plus d'un Hellène, en l'écoutantt se trompait et croyait entendre un compatriote. Basile Chalcondyle promettait d'être une des gloires de la littérature grecque, quand la mort vint le surprendre au milieu» de ses livres. Varino oa Guarino était élève de Politien, et passait pour l'un des plus grands humanistes cie son siècle. En 1(95, il enseignait à Florence les grammaires grecque et latine, à C& florins dor par an.
« En parcourant la liste des professeurs «iu ^muase romain, on est frappé des choix lieureux de Léon X. Presque tous les malin s ont fait leurs preuves dans les universités italieunes; tous ont étudié sous des liommes habiles; tous ont eu la passion des voya;$cs; tous ont vu, comme le héros d'Uosjuère, beaucoup d'hommes et beaucoup de
cités. Il faut donc les acheter chèrement» car le Pape ne marchande point, il sait payer la gloire; s'ils résistent à ses offres, il a des tentations auxquelles ils succombent ordinairement : il leur écrit, comme à Leoniceno, une lettre bien tendre, bien pressante, en quelques lignes, où le même mot le vous aime est répété à satiété; il faut bien que le professeur parte et dise adieu à ses élèves, a sa patrie, h ses parents ; s'obstine-t-il? alors le Pape s'adresse à Sadolet, qui a sa vengeance toute prête : quelques bons bénéfices dont il tient la ft*uille. S'il cède, des honneurs de toute sorte l'attendent à Rome.
c Au gymnase romain étaient diverses chaires de médecine, où montèrent des praticiens distingués, Barthélémy de Pisis et Jérôme Eugubio, qui, brouilles un moment et divisés sur quelques points de doctrine, en appelèrent au jugement du monde savant.
« Attentif au mouvement de la science médicale, et suivant l'exemple de ses ancêtres, Léon X fit venir à Rome les grandes télébrités qui brillaient en Italie. C'est ainsi qu'il s'attacha Bernardino Speroni, lecteur extraordinaire à l'université de Padoue, et Jérôme Sessas, que Paul IV, plus tard, vou« lut inutilement décorer de la pourpre romaine, que le médecin refusa, pour achever en paix son petit livre ascétique, Co" lumba décora,
il Dans le programme des cours du ^mnase, nous trouvons une chaire spécialement affectée à l'enseignement de la vertu des simplas ou de ce qu'on nommait la madicina erbaria. Cosme T', grand-duc de Toscane, fut un des plus ardents prolecteurs des sciences botaniques. Par ses ordres, des naturalistes parcoururent les montagnes de la Toscane, les campagnes de Rome, les coltines de l'EIna et du Vésuve, cherchant partout à compléter la flore médicale de l'Etrurie. Non content de fonder pour la propagation des plantes sanitaires un jardin près du couvent de Saint-Marc, où plus d*une fois nous avons surpris en prières le frère Savonarole, il s'était mis à étudier le règne végétal avec tant do succès, qu'il consigna dans un livre, écrit desa main, les propriétés de quelques-unes des plantes dont il avait expérimenté les vertus.
« C'est une heureuse idée, dont il faut remercier la papauté, que la fondation, au collège de la Sapiencc, d'une chaire de botanique appliquée è la médecine, la première dont s'honore l'Italie. Pendant que le professeur étudiait, dans l'intérêt de l'humanité, les vertus de ces plantes dont Diea Kara nos champs, des olficines s'élevaient à lOme, où le pauvre venait chercher des remèdes qu'on lui délivrait gratuitement. La papauté avait fait quelque chose de plus admirable encore dans le xiu* siècle. Quand ces gantelets do fer, ces grands seigneurs feudataires du Saint-Empire, opprimaieni leurs vassaux, Rome chrétienne ne se contentait pas do s*intcrposer entre le maître et
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Tesclaye; après avoir sâtivé la liberté humaine, rflmei c'est-à-dire, elle cherchait à fuérir le corps, et Tua de ses Pontires, ean XXI, écrivait, sous le nom de Trésor deêpauvreifiin petit livre où Tarlisan, rouvrier, l'homme du peuple, apprenaient, à Tatde de quelques recettes simples, faciles et peu coûteuses, à se délivrer des maladies dont Dieu les visite dans cette vie.
« Pendant que Thumaniste essayait vainement de rallier Venise à la politique du Saint-Siège, survenait un de ces événements qui déjouent toutes les combinaisons. Louis XII mourait le 1'* jwvier 1515, réconcilié avec Rome, après avoir reconnu solennellement le concile de Latran, déploré le schisme qu*il avait favorisé,, et promis d'abolir la pragmaliqjie sanction, source de si grands désordres dans l'Eglise de France.
« Les historiens de François I" se plaisent i décrire la jeunesse de ce prince.«On le voit prêter une oreille attentive aux exploits de nos soldats en Italie, aux récits du siège de Brescia, de la bataille de Ravenne^ et pleurer quand Gaston de Foix meurt si glorieusement, regretté de ses ennemis euxmêmes. Le titre du dm^ de Milan», qu'il venait de prendre,, indiquait assez gu'il se chargeait de venger Gaston. Aussi jeune que Te duc de Nemours, il n'était ni moins brave ni moins chevaleresque, et il eût donné volontiers sa couronne pour mourir aussi noblement que ce héros.
« La conquête du Milanais fut décidée:
mais il fallait que François cacbftt ses desseins aux puissances chrétiennes. En même temps qu'ail organisait les préparatifs d'une nouvelle expédition en Italie, il leur faisait faire des ouvertures pour le rétablissement et le maintien de la paix. Il voulut connaître les dispositions de la cour de Rome. Budé fut choisi pour ambassadeur auprès du Saint-Siège, a s'allier ouvertement à François I*'. Le roi croyait au succès de son ambassadeur,, et ptus encore, peutêtre, à la reconnaissance de Léon X,'dont le cousin, le eardinal Jules, venait d'être récemment nommé archevêque de Narbonne.
' Il aimait les Hédicis, et plus d'une fois il 8*é(ait montré disposé à servir les intérêts de cette maison. 11 comprit, du reste, la politique du Pape, qui refusait d*unir ses armes à celles de la France, et qui préférait, comme père commun des fidèles, garder te beau rôle de médiateur et d'arbitre dans les querelles qui pourraient survenir entre les puissances du continent. Comme prince temporel, Léon X avait aussi des devoirs à remplir. Si, dans la lutte qui se préparait, le vainqueur voulait s'emparer des villes de Parme et de Plaisance, que Jules II avait réunies aux' Etats de l'Eglise, rétablir les Bentivogli qu'il avait chassés de Boulogne, restituer au duc de Ferrare Modène et Keg-
Sio, qu*il lui avait enlevés, relever ces feuataîres du Saint-Siège, qu'il avait abattus, l'ombre du grand Pontife serait sortie de son tombeau, pour dire à Léon qu'il devait défendre le patrimoine de saint Pierre, en
recourant ani armes. François I" fut plus heureux en Angleterre et à la cour du pnnce Charles de Bourgogne, petit-fils de Tempereur Maximilien. A Venise, les vieux sénateurs, qui avaient à peine écouté renvoyé du Pape, se décidèrent à renouveler Tailiance conclue avec Louis XII. A Gènes, Octavien Frégose, qui devait la vie peut* être à rintervention de Léon X, prooiit aide et secours au roi de France.
« Au premier bruit de h marche des Français, liéon X s'était empressé de con* dure avec le roi d'Espagne et Tempereur d'Allemagne, une li^ue défensive et offensive. Les alliés faisaient de sérieux préparatifs de défense. Le péril était grand,, pour le Saint-Siège surtout : car, maître de Milan; François I** voudrait, nécessairement reprendre Parme et Plaisance,, que Jules II avait enlevées auxSforce. if fallait sauver ces conquêtes. Léon X fut l'ftme de la confédération italique, où le danger commun réunit bientôt, outre les monarques que-nous venons de nommer, les ducs de Florence et de Milan. Le Pape donna le commandement de ses troupes à Julien son frère, après avoir béni les drapeaux et le bAton du générai. Julien partit pour Hilan, accompagné de la noblesse des deux grandes maisons romaines si longtemps ennemies du Saint-Siège, mais réconciliées avec l'Eglise depuis l'avénement de Léon X au trône, et qui allaient gaiement verser leur sang pour un malUe qu'ils avaiîent fïiit trembler autrefois.
«jLe jeune roi, François I**, qui brûlait du désir de signaler son courage, ayant passé les Alpes, gagna la célèbre bataille de Mari-
{;nan. Le Pape Qt la paix avec ce prince, et ui rendit les villes de Parme et de Plaisance.. Dès que la paix eut été sigqée, il chercha les moyens d*en tirer quelque avantage qui pût le consoler du rétablissement des Français enllalie, et le dédommager des places qu il avait été obligé de rendre. Il ne doutait point que, s'il pouvait entretenir le roi, il n'en obtint plusieurs choses quil avait fort à cœur. Il lui fit donc demander une entrevue par son nonce, et ce prince la lui accorda volontiers. Ils se rendirent tous les deux à Bologne, et ils eurent ensemble plusieurs conférences pendant trois jours. « Le Pape et le roi, avant même l'entrevue de Bologne, étaient d'accord sur la nécessité d'abolir la pragmatique. C'était une affaire trop grave pour être traitée dans le peu de jours qu'ils passèrent ensemble. En se séparant, ils laissèrent : le Pape, les car* dinaux d*Anc6ne et deSanti-Quatro;leroi.
le chancelier Duprat, munis de pleins poavoirs, pour termine ries différends qui trop longtemps avaient divisé i'£glise et Ia France.
« François I" prît congé de Sa Sainteté le 15 décemLire, emportant avec lui plusieurs grâces spirituelles et temporelles que lui accordait Iléon X : la suppression des évèchés de Bourg et de Cfaambéry, nouveau! sièges élevés au détriment des Eglises de Lyon et de Grenoble, l'autorisation de levée
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SES PAPES
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un décime sur tous les biens de TEglise de FMuce; rabolition des censures que les prélats français avaient encourues sous Ju« les II ; le privilège de nommer, sa vie durant, aux évôcbés et aux abbayes de la Bretagne, de la Provence et du Milanais. Le Ptipe en outre fit présent au prince d'une croii enricbie de pierres précieuses^ estimée 15,000 ducats, et contenant un fragment du bois de la vraie croix, « gros comme « une noisette, » dit la relations
« Le chancelier Duprat travailla quelque temps à Boulogne, avec les commissaires du Pape, k Tœuvre de discipline ecclésiastique qui parut sous le nom de Concordai^ et fut
Eubiiée à Rome, le 19 août 1517, avec l'approalioii de Sa Sainteté.
c Citons quelques-unes des dispositions les plus importantes de ce traité :
9 Les églises cathédrales et métropolitaines sont dépossédées par les articles IV et X du droit détection, en cas de vacance, et dans les six mois, le roi nomme un docteur, un licencié en droit ou en théologie, ayant toutes les qualités requises; le Pape conurme Télection.
« Même disposition pour les abbayes et les prieurés conventuels.
c Dans chaque cathédrale, une prébende sera dévolue à un docteur, ou licencié, ou bachelier en théologie qui fera preuve de dix ans d'étude dans une université. Ce pré*
chœur sans rien perdre des émoluments
attachés k la résidence personnelle. (Art. X.)
m La troisième partie des t>énérices, quels
qu'ils soient, appartiendra désormais à ceux
fiui auront pris des grades dans Tuniversité. Art. XI et XII.)
« Le concordat détermine le temps des étades : dix ans pour les docteurs et licenciés en théologie ; sept ans pour les docteurs et licenciés endroit et en médecine; cinq ans pour les simples bacheliers en droit. (Art. 13, U 15.)
« On choisira pour la collation d'un bénéfice le.eraduéle plus ancien ou le plus titré dans Ta même laculté, ou qui aura pris des degrés dans une faculté supérieure. Le docteur l'emportera sur le simple licencié, le licencié sur le bachelier; la théologie l'emportera sur le droit, le droit sur la médecine; et pour honorer partieuUèrement les saintes études, les bacheliers en théologie seront préférés aux licenciés dea facultés inférieures. (Art. 17.)
« Les cures des villes et des faubourgs ne seront conférées qu'à des gradués, ou èoeux qui auront étudié trois ans en théologie, ou en droit , ou bien à des maîtres es arts. (Art. 90 et 21.)
« Les clercs concubinaires seront punis par la soustraction de leurs UéaéOces , et ensuite par la privation des bénéfices mêmes» et rinnanilité aux saints ordres. (Art. 29.)
« Telle est la substance dp ce concordat, auquel Léon X attacha son nom ; œuvre de
sagesse dont la papaaté a droit de se glorifier. Le Pape disait, en parlant de la oraffmatique, qu'elle abandonnait l'Ëglise de France aux brigues, aux violences, è la si* monie. Cette accusation était fondée. « C'est « une vérité incontestable, que les élections « canoniques rétablies parle concile de BAIe « n'étaient qu'un mensonge dans chaque « province, les seigneurs se rendaient mal- « très au moins des principales dignités ; ils « avaient en quelque sorte des droits à la « nomination, comme patrons des Eglises, « ou comme descendants des pieux fonda* c leurs. »
Bientôt l'empereur Haxi mi lien entra en Italie. Ce prince était à la tète d'une puissante armée, et poussa vivement les Fran- Ïsis. Le roi François 1*% sachant combien il tait dangereux d*avoir le Pape pour ennemi dans la guerre dllalie ; l'aida à se mettre en
e3Ssession du duché d*Urb|n; il restitua eggio et Modène an duc de Ferrare ; il procura à son neveu Laurent de Hédicis » une alliance considérable.
« Le Pape, » poursuit M. Audin, « remplit toutes les conditions du traité qu'il avait conclu quelques mois auparavant avec François 1*'. En cas d'attaque du Milanais, il avait offert à son allié, cin(( cents hommes d'armes et un corps de trois mille Suisses. Requis d'exécuter le traité, Léon X répondit qu'il n'était pas en état de fournir le contingent stipulé; mais en compensation, il promit l'assistance d'un corps de troupes ilorentines qui se mit en marche pour Bologne, où il arriva quand l'empereur était ea pleine déroute.
« Il fit plus encore : au moment oili les montaffnards s'ébranlaient pour porter secours a l'Eglise, qui n'avait même pas besoin de les appeler è elle , Léon X écrivit à l'évoque de Sion une lettre que nous voudrions ne pas avoir trouvée dans le recueil de Bembo. A Dieu ne plaise, que nous blâmions le Pontife du respect qu'il montre pour la foi jurée , de ses généreux efforts pour conserver la paix, de son inébranlable obstination à garder un traité qu'il a signé, quelque dur quil soit pour la papauté; mais il nous semble qu'un serviteur comme Schinner, a droit k de grands ménagements. Ce n'est pas assez de lui dire : Aussitôt qtêê vous aurez reçu ma lettre^ rei^oncez à votre entreprise; demeurez tranquille^ et ne cher" chez pas à troubler la paix de vos montagnes : le Pape ajoute : Il n'est rien qu*un homme sage et prudent doiee plus éviter que de Jeter le trouble dans une républiaue ou la paix va régner^ et de pousser a la révolte un pays qui fa vu naître ; c'est mal servir les intérêts de la république chrétienne.
c Ce fut un coup de fortune pour l'Italie, que la conquête d'Urbin par les armes de Sa Sainteté. Désormais, tant que que la papauté posséderait ce duché, Fltalie n'avait plus à craindre d'être envahie par l'étranger. Si, comme autrefois sous Charles YIII, il voulait la traverser iiour s'emparer de Naples, elle avait dans les places foi tes de Saint
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