HAH
!MiCion de DiueléUen, pour rétablir la disd- [>line que les troubles précédents avaient iltérëe.et pour faire des règlements salu« laires à TE^IIse. Il érigea vin^t-cinq églises Jït litre dans la ville de Rome comme autant Je diocèses pour la facilité des catéchumènes qui recevaient tous les jours lebaptème» em pour rendre plus de vénération à la mémoire etaux cendres des martyrs. Il voulut obliger ceux qui étaient tombés dans la [>ersécution à faire pénitence de leurs crinés. Mais il y trouva de grandes opposiitins tant de la part de ceux gui étaient :omhés, que de ceux mêmes qui» par leur iiinistère étant chargés de les réconciliera *Eglise, leur accordaient des absolutions ;rop faciles: c'est ce qui mit la division [>ara)i les fidèles. La discorde dégénéra en une sédition qui fut suivie de querelles et ie meurtres. Maxence» toujours mal intentionné pour les Chrétiens, sans examiner Taffaire, rejeta la cause du désordre sur le Pape Marcel, et le condamna au bannissenenl. Ce saint Pape mourut peu de temps iprèSt le 16 janvier 310, et ce qu*il souffrit K>ur la religion lui a fait donner le titre de [uartyr. Son corps repose dans lancienne ^lise de son nom, qui fut bâtie par uns Nainle veuve, chez laquelle il logeait à Rome, »t qui employa pour ce saint usage sa pro- »re maison, que saint Marcel avait sancliGée lar ses vertus. Il y a quelques portions de î^s reliques à Cluny, à Namur et à Mons. %près la mort de saint Marcel l" le Saint- Siét^e vaqua quatre mois et quatre jours, et DO élut pour lui succéder saint Eusèbe.
MARCEL 11. Jules III étant mort, après )ix-sept jours de vacance, le cardinal de »aiote-Croix fut élu le 9 avril 1555 : il se lommait Marcel Cervin. — Il ne voulut pas hançer de nom, et se fit appeler Marcel 11. I! était né à Fano, bourg de TEtat ecclésiasique. Son ^)ère était receveur pour le Saint- Mége dans la marche d*Anc6ne. Paul III, ]ui Tavalt laitd*abord sou premier secrétaire, 'éleva ensuite au cardinalat, et le nomma un ïes présidents du concile de Trente. Le lenlemain de son élection, il fut sacré évèque.
Ce Pape témoigna d*abord un extrême lAsir de rétablir le concile de Trente, que ^in prédécesseur avait suspendu. S*eotretelant un jour avec le cardinal de Mantoue, ^ur Tétat où se trouvait TEglise, et sur les ^ro^rès de Tbérésie. Jusqu'à pré$ent^ lui iit- il, on n*a rien avancé^ parce quon a néfligé de prendre lee moyene. Lee disputes -esseraieni^ et lu maux seraient moins fa-testes f si on tratâillait à unevérilable réfornation^ mais le seul mot de ré formation a rérolté les derniers Papes^ parce qu'ils eraifnaient qu'on ne s'en sertît pour diminuer 'autorité pontificale. Pour moi^je crois au ontraire que la réformation est Vunique noyen de la conserver et même deFaugmenter. Après loul, ajouta-t-il, la réformation ne' mpprime que le /tixe, /a pompe, un tain éclat ^ les dépenses inutiles plus propres à avilir ^ ju à relever le sacerdoce. lliârce\ était si euicmi du népotisme, quil ne voulut pas
même permettre h ses neveux de venir à Rome« il était fort éloigné du faste, jusquelè qu*ll voulut retrancher la compagnie de ses gardes, disant que le vicaire de Jésus- Christ n*avait pas besoin de gens armés pour sa conservation, que ses armes étaient le signe de la croix contre les efforts de ses ennemis ; il éloigna de son palais tous les courtisans; il réduisit les pensions à une somme modique, afin de diminuer les impôts dont le peuple était chargé : il se faisait servir avec beaucoup de simplicité, ne voulant pas qu'on employAt de vaisselle d*or ou d*argent. Enfin, il avait un grand désir de voir les princes chrétiens réunis.
Pendant toute sa vie il avait donné Texem-
Cle d'une activité etd*une vertu irréprocliales, il était Timage vivante de celte réforme de l'Eglise dont les autres n'étaient que les pasteurs. On conçut les plus grandes espérances. « J'avais prié, dit un contemporain, pour qu'il nous vint un Pape qui sût relever les belles expressions, église^ concile^ ré' forme f du mépris dans leauel elles sont tombées; dès lors je regardai mon rspoir comme rempli, mon désir me parut être devenu une réalité. * — « L*opinion, dit un autre, que l'on avait delà bonté et de la sa* gesse incomparables de ce Pape, ranima l'espérance dans tous les cœurs ; si jamais c'est f>ossible,rE(;lise pourra maintenant éteindre es opinions hérétiques, abolir les abus, réformer les mœurs et rétablir dans soa propre sein la paix et la santé. >
Il chercha aussitôt son avènement k rame* ner de nouveau le service divin à sa véritable solennité ; toutes ses pensées se portaient sur un concile et une réforme. Il avait pour maxime de dire peu, de ne point promettre et de faire beaucoup, ou de ne promettre que pour s'imposer la nécessité de bien faire. Sous le rapfiort politique il prit une position de neutralité. « Cependant, » disent ses contemporains, « le monde n'était pas di^ne de lui. » lis appliquent à celui-ci les paroles de Virgile auftijet d'un autre Marcel :
Oslendeat i^rrîs biiDC tan um Tau...
{jEiuid.^ Itb. VI, vers 870.)
Ls deitin tôutoit seutemeiu U monirer à ta terre.
Ce sage Pontifft, qui donnait les plus hautes espérances, n'eut pas le temps de mettre en pratique ses excellentes dispositions ; car il mourut le 21* jour de sou pontificat k Tige de ik ans.
MARCELUN (Saint), vingt -neuvième Pontife. — Après une vacance du Saint- Siège qui fut de plus de deux mois, Marcellin, Romain de naissance, fut choisi pour succéder k saint Caïus dans le gouvernement de l'Eglise. Il fut élu le 30 juin 296. On était dans des temps fort difficiles, et l'exercice de la dignité pontificale trouvait k chaque pas des difficultés insurmontables. Car ce fut vers ce temps-lk, que l'empereur Dioclétien excita contre les Chrétiens la plus horrible et la plus cruelle persécution que TEglise eût éprouvée depuis les apôtres. Elle fut déclarée ouvertement vers Tan 303»
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et Fieury raconte ainsi quelle en fut la cause : « Dioctétien vint passer l'hiver & Nicomédie, la dix-neuvième année de son règne, 302 de Jésus-Christ. Le César Galerius Maximien, après avoir défait les Perses, y. vint aussi, pour Texciter à persécuter les Chrétiens, poussé lui-même parsa mère. Le jour qui fut marqué pour l'exécution, comme un jour convenable et heureux, fut la fêle des Terminales, le dernier jour de Tancienne année romaine, qui était le vingt-troisième de février, comme pour terminer en ce jour la religion chrétienne. Ce jour étant venu Fan 303 de Jésus-Christ. Le lendemain on aOicha un édit, portant que toutes les églises seraient rasées, et les écritures brûlées -.que tous ceux de la religion chrétienne seraient privés de tout honneur et de toute dignité ; qu*ils seraient sujets aux tourments, de quelque ordre et de quelque rang qu'ils fussent : que l'on aurait action contre eux, et qu*ils n*en auraient contre personne; non pas même pour redemander ce qu'on leur aurait enlevé» pour se plaindre d'une injure ou d'un adultère ; que les affranchis perdraient la liberté. Il y eut un Chrétien d'une qualité distinguée, qui poussé d*un zèle excessif eut la hardiesse d'arracher publiquement cet édit et de le déchirer, se moquant des victoires contre les Golhs et les Sarmates dont il faisait mention. Ce Chrétien fut pris aussitôt, tourmenté et brûlé ; ce qu'il souffrit avec une patience admirable. Cet édit fut bientôt suivi d'un autre, qui ordonnait de prendre partout les évêques* de les mettre aux fers, et ensuite de les contraindre à sacrifier par toutes sortes de moyens. On écrivit à l'empereur Maximien Herculius, et au César Constance, défaire la même chose de leur côté, quoiqu'on n'eût pas attendu leur avis, pour une affaire de cette importance. »
Après cette * persécution furieuse , le comble et la consommation de toutes celles qui avaient précédé, le bras de Dieu s'appesantit, plus rudement et plus visiblement que jamais, sur l'empire et sur les empereurs. « Outre les ravages de la peste, dit M. Henrion, les affreux ouragans et les tremblements de terre, les peuples barbares, contents auparavant de faire quelques incursions dans les provinces écartées, poussés depuis, comme d'un esprit étranger en elles, et perdant tout ensemble la terreur et le respect du nom romain, fondirent de toutes parts sur ses nobles apanages. La dévastation fut telle, que plusieurs siècles après ou ne voyait, jusqu'au centre de l'empire, que des cabanes éparses, là où'il y avait eu des villes considérables. Les séditions et les guerres civiles achevèrent de désoler ce que la barbarie avait épargné. j> Durant cette persécution le ciel fut peuplé de martyrs, et toutes les provinces ae l'empire romain furent inondées de leur sang. Il y eut une infinité de Chrétiens qui glorifièrent le nom de Jésus- Christ, et qui finirent leur vie par le martyre et après les plus horribles supplices.
L'histoire ne tious apprend point ce qae Marcellin fit, ni ce qu'il souffrit pendant tout ce temps, a C'est de ce Pape, » ditl'auteur
Sue nous venons de citer, qu'on a rapporté es fables déshonorantes qui se détruisent elles-mêmes par les anachronismes et les incidents dépourvus de vraisemblance dont elles sont remplies. » Quelle critique, en effet, de faire comparaître ce Pontife se repentant de ses prétendues idolAtries, devant un coticile tenu à Sinusse et composé de trois cents évèques I Comiuent eûl-oa l'assemblé tant de prélats durant la plus violente de toutes les persécutions, puisque, alors que l'Eglise était le plus tranquille, on en put rarement réunir un si grand nombre? Eusèbe, qu'on ne saurait soupçonner d'une omission aussi considérable, ne dit pas un mot de ce fait. L'histoire de Théodoret prouve bien davantage, puisqu'il parle de Marcellin ainsi que de la persécution pendant laquelle on veut quil ait idolâtré, et ce sage historien assure au contraire que le Pape se distingua par la fermeté de son courage.
Saint Augustin soutint formellement la fausseté de cette imputation contre le donatiste Pétilien , qui insistait fortement làdessus avec les sectaires de son temps. Car Sour les premiers donatistes, et cette réexion est des plus concluantes, jamais ils ne reprochèrent à l'Eglise une pareille cbole de son chef, tout attentifs qu'ils étaient, pour appuyer leur mauvaise cause, à recueillir les fautes des prélats catholiques, et surtout des Pontifes romains. Quoi qu'il en soit de l'origine de celte imposture, tous les historiens hérétiques ainsi qu'orthodoxes demeurent d'accord que le Pape Marcellin GniC saintement ses jours. Après sa mort, qu'on croit avoir eu lieu par le martyre, le Saint- Siège vaqua plus de trois ans et demi, tant il était périlleux d'y monter, à cause de l'implacable cruauté des persécuteurs. Ce saint Pape, selon l'opinion la mieux établie, mourut le 24 octobre de l'an 304, après avoir tenu le siège pendant huit ans et près de quatre mois. L'Eglise honore ^a mémoire le 26 avril, et lui rend le culte des martyrs dans son Office. Vers le milieu du ix' siècle le corps de saint Marcellin fut donné i>ar le Pape Léon IV à saint Convoyou qui l'emporta de Rome en Bretagne. Saint Marcellin eut pour successeur saint Marcel.
MARIN 1", cent-huitième Pape et successeur de Jean VUI, fut élu le dimanche 23 décembre 882. — Il avait été légat à Constantinople pour l'affaire de Photius (Yoy. Nicolas I"), et était déjà évèque, sans èire attaché à aucun siège, mais seulement pour travailler h la conversion des Slaves. Ce Pape ne se crut point obligé de soutenir ce qu^avait d'abord fait son prédécesseur irotùfi par Photius.
Son premier soin fut de contlamner cet hérésiarque *et de casser les actes de son concile. Basile, enflammé de colère, conteste, en lui écrivant, la légitimité de son exaiuitiouj sous le prétexte de sa translation d'un
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DES PAPfiS.
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év<(cb< à. la chaire de saint Pierre, et aussi , liît-OQ, parce qu*il n*a pas noliQéson élévation au patriarche de Conslantinople. Il y n lieu de penser ()ue cette lettre avait été inspirée par Photius. Elle renfermait une double contradiction : contradiction de la [^arl de Tempereur, qui venait discuter les règles de la hiérarchie ecclésiastique, après 9 voir proclamé l'indépendance de TEglise -*t reconnu Tincompétence du pouvoir tem- Dorel dans cet ordre de choses; contradiction le Photius qui, après avoir usé et abusé des ransialions, venait reprocher au Pape celle |ui rappelait au Saint-Siège.
Marin I*' rétablit dans son siège Formose, Své(|ue de Porto, et Qt un décret portant |u'à l'avenir on n'attendrait plus les ordres les empereurs d'Occident pour Télection des iMpes. On ne sait -presque rien sur ce Souirerain Pontife, qui ne tint le Saint-Siège lue quatorze mois, et mourut à la fin de tévrier 88^. Son successeur fut Adrien 111.
MARliN II ou MARTIN III , cent vingtneuvième Pape et successeur d'Etienne VllI, fut élu en 942. — 11 fut le contemporain de >>nslantin-Porphvrogénète, empereur d'Oicot et de Louis aOutre*Mer, roi de France. Dn ne sait presque rien de ce Pape, si ce [)*est que pendant trois ans et demi que Jura son pontificat, il s'appliqua avec beau- :oup de zèle au rétablissement de la discipline, à la réparation des églises et au souagement des pauvres. Il mourut en ianvier )i6, et eut pour successeur Agapet II.
MARTIN I" (Saint), soixante -quinzième ^ontife et successeur de Théodore I", était Tigioaire de Tudertum ou Todi , ville rOiDbrie en Toscane, et issu de parents iol>Ies qui lui donnèrent les meilleurs uallres. — Né avec une inclination naturelle ^ur la vertu, et d'excellentes dispositions 'esprit pour l'étude, il fit de grands progrès ans l'un et l'autre en peu de temps. Il était len fait, mais ce n'était qu'un symbole njparfait de la beauté de son Ame, que sa udcur et sa vie chaste annonçaient. Lorsu'il eut acquis une connaissance (larfaite de I philosophie et de l'art de l'éloquence, il econnut que la vraie sagesse était de traa il 1er au soin de son salut. C'est ce qui le 1 renoncer aux vaincs espérances du siècle, ( il se consacra au service de Dieu dans état ecclésiastique. Il fut admis dans le lergé de Rome, où il fit paraître l'éminence e sa vertu dans les divers ordres où on le t passer jusqu'à la prêtrise.
Après la mort du Pape Théodore Je clergé t ceux qui avaient droit à l'élection nomlèreol Martin d'une commune voix, et ccon^pagnèrent leur choix de mille éloges e sa vertu et de sa capacité. On le vit tentât répondre aux espérances qu*on avait onf ues de son gouvernement. Toutes ses étions ne respiraient que la piété envers ^ieu, et étaient animées de la charité qu'il vait pour le prochain; il faisait continuelîuaent part aux pauvres des biens qu'il avait (»çus de Dieu. Il jeûnait presque tous les kurs, et passait souvent les nuits en prières;
il travaillait avec grande application à remettre dans les voies du salut, par la pénitence, les pécheurs qui marquaient un regret sincère de leurs fautes. Il aimait les prêtres et les ecclésiastiques comme ses frères, avait une affection particulière pour les religieux, prenait un grand soin de maintenir la discipline dans toute sa vigueur, comme aussi de réparer les églises et d'entretenir le culte divin, de sorte qu'on ne le jugeait inférieur à aucun des plus saints Papes que Dieu avait donnés à son Eglise depuis les apdtres.
L'Eglise jouit d'abord d'un assez ^rand calme sous la conduite de ce sage pilote. Mais bientôt les hérétiques et les schismatiques excitèrent une tempête qui demanda tout son courage et toute sa vigilance pour empêcher les fidèles de faire naufrage dans la foi. L'origine du trouble venait de la nouvelle hérésie des monc^thélites, qui voulaient qu'il n'y eût en Jésus-Christ qu'une volonté et une seule opération. On a vu que Sergius, patriarche de Constantinople, qui était infecté de cette hérésie, avait écrit artificieusement au Pape Honorius, qu'il était à propos, pour la réunion des sectes, de ne parler nt aune^ ni de deux opérationê en JésuS'Christy et ce Pape, ne pénétrant pas son dessein, avait semblé approuver cet expédient dans sa réponse. Peu de temps après sa mort, Sergius avait persuadé à l'empereur Uéraclius de publier l'ecCbèset qui était un édit par lequel il défendait de parler d'une ou de deux opérations ou volontés en Jésus -Christ. Cette ecthèse avait été présentée au Pape Séverin qui l'avait rejetée, et à Jean IV qui l'avait condamnée. Cependant le monothélisme s'était beaucoup fortifié k Constantinople, par les intrigues des patriarches Pvrrus et Paul , qui avaient succédé, l'un après l'autre, \ Sergius. Mais le Pape Jean IV s'étant joint aux évêques d'Afrique, pressa Paul de Conslantinople de renoncer k l'hérésie des monothèlistes. Ce patriarche, loin de se rendre, porta l'empereur Constant k publier le type : c'était un formulaire de foi, en forme d'édit, portant défense d'agiter la question d'une ou de deux opérations. Le Pape Jean IV s'était opposée cet édit avant que de mourir. Paul, irrité, excita une persécution contre ceux qui refusaient de recevoir le tvpe : on exila les uns, on en mit en prison d autres.
Tel était l'état de cette affaire , lorsqu'au mois de juillet 649 saint Martin prit l'administration de l'Eglise. Sur les plaintes qu'on lui en porta, il assembla un concile de cent cinq évoques, où furent condamnés non-' seulement l'ecthèse d'Héraclius et le type de Constant, mais encore les personnes de Pyrrus et Paul, patriarches de Constantinople. Ce concile dura plusieurs jours, et il y eut cinq sessions, dont chaciuie est nommée $ecretarius^ dans le stvie du temps. En voici le résumé d'après l'abbé Fleury.
La première session se tint le 5 octobre 649. Le Pape commença par en exposer l'objet, et dit en substance : Foim lavfi lu
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erreurs out oni M introduiteê par Cyrus^ éf>équ€ aAUxandrit; Sergius de Constantinnople êi ses successeurs » Pyrrus et Paul, H y a dix-huil ans que Cyrus fit publier sur VAmJbon neuf articles , où il décidait qu'en Jésus^Christ il n'y a qu'une opération de la Divinité et de Inumanité^ conformément à r hérésie des acéphales^ avec analhème à quiconque ne dirait pas ainsi, Sergius^ par une lettre écrite à Cyrus^ approuva cette doctrine dune seule opération; et de plus ^ quelques années après l entreprise de Cyrus^ il composa une exposition hérétique sous le nom a Héradius^ qui régnait ators^ où il soutient, sui' vant Vimpie Apollinaire, quil n'y a en Jésus^ Christ qu'une seule volonté^ comme étant une conséquence d*une seule opération. Sergius a publié son ecthèse en la faisant afficher aux portes de son église^ et Va fait approuver par écrit à quelques évéques qu il a surpris: Pyr^ ruSf son successeur^ en a encore séduit plu^ sieurs par terreurs ou par caresses, et les a fait souscrire à cette impiété. De quoi étant confus^ il s'est pressé de venir ici ; et pour ré" parer sa faute, il a présenté à notre Sainte Siège un libelle souscrit de sa main, où il a condamné ce que lui et ses prédécesseurs avaient écrit ou fait contre la foi. Mais €n* suite il est retourné comme un chien à son vomissement^ et a reçu la peine de son crime par une déposition canonique,,
Paul, voulant surpasser ses prédécesseurs^ ne s est pas contenté dapprouver l ecthèse par une lettre écrite à notre Saint-Siège^ mais encore il a entrepris d'en défendre les erreurs; c'est pourquoi il a été aussi justement déposé par le Saint-Siège. De plus, à l'imitation de Sergius, il a surpris le prince, et lui a persuadé de publier un type qui détruit la foi catholique, en défendant de dire ni une, ni deux volontés, comme si JésuS'Christ était sans volonté et sans opération. Le Pape rapporte ensuite les violences de Paul , l*autel renversé au palais de Placide, les légats persécutés; puis il ajoute : Tout le monde sait ce que lui et ses prédécesseurs ont fait contre les Catholiques, qui en ont porté de divers lieux leurs plaintes au Saint-Siège, et par écrit et de vive voix. Nos prédécesseurs n ont point cessé d'écrire en divers temps à ces èvé^^ ques de Constantinople, usant de prières et de reproches, et les faisant avertir par leurs légats envoyés exprès, mais ils n'ont voulu rien écouter. J'ai donc cru nécessaire de vous assembler^ afin que tous ensemble^ en présence de Dieu qui nous voit et qui nous juge, nous examinions ce qui regarde ces personnes et leurs erreurs. Considérant principalement le précepte de l'Apôtre {Act. xx^ 28), de prendre garde à nous et au troupeau sur lequel le Saint-Esprit nous a établis évéques, et de nous garder des loups et des mauvcUs ouvriersp puisque nous en rendons compte à Dieu. Que chacun dise donc^ avec le secours de DieUy ce qu'il lui inspirera.
Alors Maur, évèque dé Césène, et le
Srètre Deusdedit, présentèrent la lettre de laur, évoque de Ravenne, dont ils étaient députés, et le Pape en ordonna la lecture.
Haur de Ravenne y dit qu*il a été revenu par l^armée et le peuple de sa ville, et de la Pentapole, è cause des incursions des Barbares que l'on craignait (c'étaient les Slaves), et de Tabsence de l'exarque, qui n était pas encore arrivé. Au reste, il déclare qu'il a la même croyance que le Saint-Siège, qu'il condamne reethèse et ce qui vient d'élre écrit pour la soutenir, qu'il reconnaît en Jésus-Christ deux opérations et deux volontés. Ensuite Maxime, évèque d'Aguilée, dit que, pour éviter la confusion, il sudisait qu'une ou deux personnes accusassent les coupables , savoir : Cjrus , Sergius, Pyrrns et Paul, d'autant plus que leurs émis suffisaient pour les convaincre. Deusdeditt évoque de Cagliari, en Sardaigne , demanda la même chose, et tous les évéques en furent d'avis. Ainsi Qnit la première session.
La seconde fut tenue trois jours après, c'est-à-dire le 8 octobre. Le Pape ordonna que la dénonciation contre les accusés serait proposée ou par le^ parties intéresséeSi ou par le primicier et les notaires de l'Eglise romaine, qui retireraient les archives. Théophylacte , primicier des notaires du Saint-Siège, dit : « Je déclare à votre béatitude qu'Ëiienne, évèjue de Dore, premier suffragant de Jérusalem, est è la porte de )a salle, et demande à entrer. » Le Pape ordonna qu'il entrât. Il présenta une requête, et le notaire Anastase la lut, traduite de ^rec en latin. Elle était adressée au concile, et contenait l'origine du trouble, les articles publiés par Cyrus à Alexandrie, Tordre donné par saint Sophore à Etienne de Dore d'aller à Rome, et comment il l'avait exécuté; les plaintes qu'il avait portées au Pape Théodore contre Sergius de Joppée, et le
f>ouvoir qu'il en avait reçu pour réconcilier es schismatiques. t Je l'ai exécuté, » ajou* taif-il, c et comme ils avaient abandonné la vérité vo!ontairement/je n'ai reçu que ceut qui ont donné leur rétractation par écrit. J'en ai depuis peu donné les libelles au trèssaint Pape Martin. Je vous supplie de ne pas mépriser ma bassesse ni tons lès évéques et les peuples catholiques d'Orient, et les instantes prières de saint Sophrone; mais d'effacer, par vos lumières, les restes de l'hérésie d'Apollinaire et de Sévère, que Ton veut renouveler. » La requête était dntée du 6 du même mois d'octobre, deux jours avant la séance. Le Pape ordonna qu'elle fût insérée aux actes.
Ensuite le premicier Théophylacte dit :
ff 11 y a plusieurs abbés , prêtres et moines grecs à la porte de la salle, dont les uns demeurent depuis plusieurs années dans celle ville de Rome ; les autres sont arrivés depuis peu, • lis entrèrent par Tordre du Pape« et on lut leur requête, où ils parlaient au nom de tous les moines grecs qui étaient ^ Rome, et marquaient qu'ils avaient passé en Afrique. Ils demandaient que Ton condam* nAt non-seulement les dogmes, mais les pef' sonnes, soutenant qoe tefle est la loi de VE; glise, quand il y a une accusation par écrit et personnelle. Us ajoutaient : c Noos de-
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mandons aussi que ?oas anathémalisiez le type qui vient d'être fait è la suggestion importune de Paul, déposé par votre prédécesseur Théodore, de sainte mémoire. Car, dans ce type, on fait Jésus-Christ sans opération et sans volonté; c'est-à-dire, sans ent( nderoent, sans âme, sans mouvement, comme les idoles des païens. Confirmez donc hi doctrine catholique, enseignant deux opérations en Jésus-Christ, et deux volontés comme deax natures ; et sachez que si vous décidez autrement, ce que nous ne pouvons croire, nous protestons que nous n'y prenons point part. £t^ pour notre entière sûreté, nous vous nrions de faire traduire en grec, avec toute l'exactitude possible, tout ce que vous faites et décidez présentement, a&n qu'après en avoir pris connaissance, nous
1>uissions y donner notre consentement. » !l est remarquable que ces abbés ne prétendent pas souscrire aveuglément à la décision des érôques ni du Pape, encore qu'au commencement de leur requête ils reconnaissent le Saint-Siège pour le chef de toutes les Eglises, dont tout le monde attend la décision. Celte requête est souscrite par cinq abbés et trente-deux moines, entre lesquels il y a plusieurs prêtres et plusieurs diacres. Le premier est Jean, prêtre et abbé du monastère de Saint-Sabas en Palestine ; le second, Thalassius, abbé de Saint-André des Arméniens k Home. Après la lecture de cette requête, Deusdedit, évêque de Cagliari, remarqua qu'elle contenait une accusation formelle contre Cyrus, Sergius, Pyrrhus et Paul, et une confession de foi orthodoxe des deux volontés et des deux opérations, et ordonna qu'ene fûtJnsérée aux actes.
Le premier théophylacle ayant représenté qu'il j avait dans les archives de rfiglise romaine plusieurs requêtes présentées au Saint-Siège contrç Cyrus, Sergius et leurs adhérents, le Pape en ordonna Ta lecture, et premièrement de celle que Sergiu.s archevêque de Chypre, avait présentée au Pape Théodore en 6W, puis des plaintes portées au même Pape en 6^6 par les évêqaes d'Afrique. Toutes ces pièces furent insérées aux actes, et le Pa.e saint Martin ajouta : C'est a$sez de plaintes contre les cou^ pabies; car te temps nous manquerait si nous voulions produire toutes celles qui nous ont été portées par les catholiques. Maintenant il est temos d^eraminer canoniquement les écrits de chacun des accusés. C'est ce que nous ferons dans la session suiranit. Ainsi finit la seconde. -
La troisième fut tenue le 10 du même mois d'octchre , neuf jours après la précédante. Le Pape proposa d'examiner les écrits des accusés : Sergius, évêque de Temple, deipanda que l'on commençât par ceux de Théodore, jadis évêque de Pharan , comme ajranl été le premier auteur de cette nouveauté, suivant la requête d'Etienne de Dore et la notoriété publique. On produisit donc le livre de Théodore, et on y lut les endroits <|ui avaient été marqués, traduits de grec en |i»ifn. Premièrement un ;>assage de l'écrit
Diction?!, ues Papes,
adressé a Sergius, évêque d'Arsinoïto on Egypte, où il disait : « Donc tout ce que l'on rapporte, que le Seigneur a dit ou fait, il Ta dit et l'a rait par l'entendement et par les sens : ainsi, tout doit être nommé une opération du Verbe, de l'entendement, des sens et du corps organisé. » Et ensuite : « Puisque c'est par une conduite très-sage et toute divine qu'il s'est soumis, quanail a voulu, au sommeil, au travail, à Ta faim et à la soif, c'est avec grande raison que nous attribuons à l'opération toute-puissante et toute sage du Verbe le mouvement ou le repos qui se rencontre dans ces fonctions, et que nous disons que, Jésus-Christ étant un, il n y a en lui qu une opération. »
On lut encore trois autres passages du même écrit qu'il avait fait pour expliquer les autorités des Pères. Il y enseignait partout la même doctrine d'une seule opération, dont le Verbe divin était la source, et l'humanité seulement l'instrument, et disait, entre autres choses : « Notre Ame n'a pas la vertu d'éloigner d'elle et de son corps les propriétés naturelles du corps. Elle n'en est pas même tellement maîtresse qu'elle puisse se délivrer de ce qui lui convient, comme la solidité, la fluidité, la couleur; mais tout cela est rapporté du divin corps de Jésus- Christ. Car il est sorti du sein de sa Mère sans division comme étant sans masse, et, pour ainsi dire, incorporel : il est sorti d» même du tombeau, est entré au travers des portes, et a marché sur la mer. »
Après la lecture de ces passages, le Pape en releva les erreurs, particulièrement cette dernière, qui rend l'incarnation imaginaire, en supposant que Jésus-Christ n'a pas eu un corps véritablement solide comme les nôtres; elle détruit même le miracle, puisqu'il n'est pas merveilleux que ce qui u était pas solide ait pénétré des corps ou marché sur l'eau. Ensuite le Pape opposa aux erreurs de Théodore l'autorité des Pères , dont il rapporta les passages, savoir : de saint Cyrille, de saint Grégoire de Nazianze , de saint Denis et du concile de Chalcédoine.
Benott, évêque d'Ajaccio, dans l'tle do Corse, demanda qu'on lût les neuf articles de Cjrus d'Alexandrie, principalement le septième , puis la lettre par laquelle Sergius «Je Constantiuople les approuva. On lut donc le septième article de Cyrus, pot tant anathème è quiconque ne reconnaît pas en Jésus-Christ une seule opération théandrique; puis la lettre de Constantinopte; Sergius, évêque de Temple, demanda la lecture du passage de saint Denis, évêque U'Athènes. cité par Cyrus. Il était tiré de la lettre à Gaïus ; il fut lu, et est conçu en ces termes : « Enfin il n'a fait ni les actions divines en Dieu, ni les humaines en homme, mai3 il nous a fait voir une nouvelle es[>èce d'opération d'un Dieu incarné, que l'on peut nommer théandrique. » Comme perstonne no doutait alors que ces paroles ne tussent de saint Denis TAréupagite, le Pape saint Martin prit grand soin do les expliquer. Premièrement il accusa Cyrus ei Sergius d avoir
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falsiGé le passage de saint Denis : Cyrus, en luetlant dans son septième article une opération théandrique pour nouvelle opération ; et Sergius, en supprimant dans sa lettre le mot théandrique» et disant seulement une opération. Pour montrer d*où ils avaient pris cette manière d'expliquer saint Denis, il Ut lire cinq passages de Thémistius, hérétique sévérien, où il soutenait qu*il n'y avait en Jésus-Christ qu'une Oj^ération, et que, <par cette raison, saint Denis Tavait nommée théandrique ; que Sévère l'avait enseigné ainsi, et que ce n'était pas assez d'appeler cette opération théoprépe, c'est-À-dire convenabJe à Dieu.
Au fond, le Pape soutient que le root théandrique enferme nécessairement deui opérations : Car^ dit-il, s*il n'en signiHe gunnCf elle est simple ou composée^ naturelle ou personnelle. S% elle est simple^ le Pire Vaura donc aussi: s'ila l'opération théandrique^ il sera donc aussi ifieu et homme. Si cette opération est composée, le Fils est d'une autre substance que le Père : car le Fils n a point d'opération composée. Si cette opération est naturelle, la chair est consubstantielle au y.erbe, puisquelle ala même opération ; ainsi ^ au lieu de la Trinité, il y a quatemité. Si l'opération théandrique est personnelle , ils séparent le Pire d'avec le Fils, selon l'opéra^ tion , puisqu'ils sont distingués par les opérations personnelles. Que si. embarrassés par ces difficultés, ils disent que l'opération théandrique est une à cause de Vunion des natures : idonc avant l'union, le Yerbe avait deux opé^ rations, et, après l'union, il n'en a fait qu'une des deux, en retranchant l'une, ou tes con* fondant ensemble.
Ces absurdités, où ils tombent de toutes .parts, montrent certainement que saint Denis a voulu signifier les deux opérations par le mot composé dont il s'est servi pour marquer leur union dans une même personne. C'est pourquoi il dit tris-sagement quUl ne fait ni les actions divines en Dieu, m les humaines en homme : nous marquant l'union parfaite des opérations naturelles , comme des natures. Car le propre de cette union est de faire humainement tes actions divines, et divinement les actions humaines. H faisait les miracles par sa chair, animée dune âme raisonnable, et unie à lui personnellement : et par sa vertu toute-puissante, il se soumettait volontairement aux souffrances qui nous ont donné la vie. Ainsi il avait ce qui nous est naturel d'une manière plus éminente tt surnaturelle à notre égard; et c'est ce que dit saint Léon, que chaque naturç opère en lui ce qu'elle a de propre, mais avec la participation de l'autre.
Deusdedil, évoqua de Cagliari, approuva cette explication de l'opération théandrique de saint Denis, et aiouta que Pyrrhus avait reconnu lui-môme I altération du texte, faite par Cyrus ; car, répondant à saint Sophroue, •il dii : « 11 est vrai qu'il a mis une au lieu de nouvelle: mais je suis persuadé qu'il l'a fait sans malice : c^est qu'il a cru qu'on ne 4)uuvait entendre autrement le mot de nou-
velle. I» Ensuiie îl demanda , comme le Pape avait déjà fait, là lecture de l'ecthèse d'Héraclius.
On lut aussi les extraits des deux conciles de Constantinople, tenus par Sergias et par Pyrrhus, pour Vapprouver; puis Ta lettre de Cyrus à Sergius, tendant à )a m4me fia. Comme elle marquait que Tecthèse avait été envoyée au Pape Séverin, le Pape Martin dit, après cette lecture : « Ils ont été trompés dans leur espérance; car leur ectbèse n'a Jamais été approuvée, ni reçue par le Saint-Siège : au contraire, il l'a condamnée et anathématisée. » Ainsi finit la troisième fiiession.
La (quatrième fut tenue le 19 octobre, deux jours après la précédente. Le Pape Martfn releva les contradictions qui résuU taient des pièces lues dans la session précédente. Cyrus, dans ses articles, prononce auathème contre quiconque ne dira pas que Jésus-Christ agit par une seule opération; Sergios et Pyrrhus l'approuvent; et toutefois, ils ap{)rouveut tous trois l'ecthèse qui défend de dire une ni deux opérations^ lis encourent donc eux-mêmes leur anatliètne; et ils se contredisent, puisqu'il est coutra* dictoire de dire» une opération, et de ne le dire pas. Le Pape relève ensuite la nullité de leurs procédures, où l'on ne voyait aucune personne certaine, ni accusateur , ui accuse : ils usaient seulement de termes va^ gués, en disant que quelques-uns pariaient ainsi, et jetant des soupçons confus. Enfin le Pape proposa, comme il avait fait à la fin de la session précédente, de lire, pour leur entière conviction, les décrets des cinq conciles généraux.
Mais Benott d'Ajaccio montra, qu'après Sergius et Pyrrhus, il fallait aussi examiner Paul, leur successeur, défenseur de la mém hérésie, et encore plus déclaré, par la persécution qu'il avait faite aux Catholiques. Tous les évèques se joignirent à Benoit, et demandèrent à Martin qu'il fit lire la lettre de Paul au Pape Théodore, et le type dont Paul était le véritable auteur. Après la lecture de la lettre de Paul de Coustantinoplei Deusdedit, évoque de Cagliari, dit : « PauU contirmé par cette lettre ce que Votre Sain* (été vient de dire et ce qu'ont avancé s^s accusateurs : savoir, que vos prédécesseurs l'ont averti, selon les canons, par écrit et de vive voix par leurs légats, et qu'il est toujous demeuré opiniâtre et incorrigible t prenant pour injure ces avertisements salutaires et montrant qu'il n'avait aucune excuse. An contraire, il a approuvé l'ecthèse, comme ses prédécesseurs, jusqu'k eneo* .ployer les propres paroles. »
On lut ensuite le type de Tempereuri et le concile dit : « Il parait avoir été foiit ■ bonae intention ; mais l'effet n'y répond pas. Il est bon sans doute de faire cesser les disputes sur la foi ; mais il n'est pas bon d'Oier le bien avec le mal, et les dogmes des Pères avec ceux des hérétiques ; c'est allumer les dispu'.es, plutôt que les éteindre ; car pe^ sonne ne veut renoncer à la foi, en renoo-
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çAntà rhérésie. Le Seigneur aods a. ordonné (j'éviter le mal et de faire te bien ; mais non pas de rejeter le bien avec le mal. Il ne faut ^donc pas faire sentir indifféremment son iudiicnalion h ceux oui reconnaissent en Jésus-Christ une ou deux opérations» ou volontés, maift seulement à ceux qui ne corfessenl pas ce que les Pères de I Eglise coriesseot. Nous louons Uk bonne intention du (ype , mais nous en rejetons la manière : far elle ne s*accorde point avec la règle de l'Eglise, qui ne condamne au silence que ce
3ui est contraire k sa doctrine et défend 'affirmer ou dé nier ensemble la vériié et )*erreur. • Le concile relève ensuite les coDlradictions de Paul» semblables à cet- Ws de ses prédécesseurs : en ce qu'après avoir soulenu une volonté» il fait défendre dans le type de la soutenir. Enfin on ordonne la lecture des définitions des conciles.
On lut donc premièrement les symboles (io Mcée et de CoRstantinople. Pour le connie d'Ephèse» on lut les douze anathèmes We saint Cyrille, la détinilion du concile de Chalcédoine et celle du cinquième concile, cVst-à-dire les quatorze anathèmes ; après <juoi Maxime» évèque d'Aguilée» dit : «On vuit uiaintenant la calomnie des hérétiques contre les cinq conciles» auxquels ils ont voulu imputer leurs erreurs» quoiqu'ils n'aient rien dit de semblable : au contraire» les conciles les ont condamnés par avance» en condamnant les hérésies qu'ils font revi« vre» et en défendantde faire aucune nouvelle exposition de foi. Il reste de produire» dans ta prochaine session» les livres des Pères»
{lo'jr acheverde les coRvaincre. » Ainsi finit a quatrième session.
I«a cinquième et dernière fut tenue douze jours après» savoir» le dernier du mAme mois d'octobre. Le Pape Martin fit apporter les livres des Pères et lire les passages que l*on y avait marqués. Mais auparavant Léonce» évèque de Naples» demanda (jue l'un relût l'endroit du cinquième concile» :|ui établissait rautoritédesPères»eton luten :;es termes: « Outre les quatre conciles» nous luivrons en tout les saints Pères et docteurs le rfiglise» Athanase» Uilaire» Basile» Grégoire le théologien» Grégoire de Nysse» Am- >roise» Augustin» Théophile» Jean de Cunsaatinople, Cyrille» Léon et Proclus. Nous ecevons aussi les autres Pères orthodoxes» |ui ont enseigné dans TEglise, sans reprohe et jusqu'à la fin.i
On commença ensuite à lire les passages les Pères : premièrement de saint Amiroise» puis de saiut Augustin, de saint Grégoire de Nysse» de saint Cyrille, de saint La&ile» de saint Grégoire de Nazianze» de aint AmphilO(|ue» pour montrer que la voulue du Fils de Dieu est la même que celle u Père, et que» de l'unité de volonté et 'opération on conclut l'unité de nature, 'uis on montra qu'outre la volonté divine» lîsus-Clirist a une volonté humaine, par lusieurs autres passages des mêmes Pèreset e ijuelquesautres» savoir: saint Hippolyte»
évèque et martyr» saint Léon, saint Athanase» saint Jean Cbrysostome» Théophile d'Alexandrie , Sévérien de Cabale » saint Cyrille. Il y en a deux » saint Athanase et Sévérien» qui disent expressément deux volontés. Pour montrer les deux opérations» on cite saint Hilaire» saint Denis l'aréopagite» saint Justin martyr» dans son livre m* Ve la Trinité. C'est l'ouvrage qui porte aussi le titre (l'Exposition de ta vraie foi^ et quu l'on convient ne pas être du grand saint Justin. Le concile cite encore saint Amphiloque, saint Cyrille de Jérusalem» saint Ephrem d'Antioche» Jean de Scythopolis» et saint Anastase d'Antioche.
Après toutes ces lectures, le concile dit : « U est, clair, et il faut le faire connaître à toute la terre, que les novateurs ont calomnié les Pères, comme les conciles ; et que les Pères ont enseigné deux volontés et deux opérations en Jésus-Christ, aussi bien que deux natures. Ils ne l'ont pas seulement décidé» ils l'ont prouvé et l'ont exprimé parle nombre» paries noms, lesprénoms» les qualités» les propriétés, dans toutes les manières possibles. Nous nous en tenons à leur doctrine» sans y rien ajouter ni en rien dter. Maintenant» pour achever de couvrir les novateurs de confusion» et mettre en évidence leur turpitude» il faut produire les passages des hérétiuues, conformes à leurs sentiments. »
On lut premièrement un passage de Lucius, évèque arien d'Alexandrie» oi^» pour montrer que Jésus-Christ n'avait point d'autre Ame que le Verbe, créé selou lui» il dit : « Que s'il avait une Ame» il s'ensuivrait qu'il aurait deux opérations. » On lut plusieurs passages d'Apollinaire» de Polémon» son disciplo» de Sévère, de Thémislius» de Colluthus, de Théodère de Mopsueste» de Nestorius» de Paul Nestorien, de Julien d'Halicarnasse» de Théodose d'Alexandrie» de Théodule Nestorien» qui tous» quoique par différents principes» soutenaient qu'il n'y avait en Jésus-Christ qu'une opération et une volonté.
Après ces lectures» pour rendre plus sensible la conformité des novateurs avec les hérétiques» le Pape Martin compara sur plusieurs articles les paroles des uns et des autres» et conclut que les novateurs étaient encore plus coupables» eu ce qu'ils voulaient
Persuader aux simples» qu'ils suivaient les ères ; au lieu que les hérétiques faisaient f)rofessiou de les combattre. Maxime d*Aquiéa parla ensuite» et répondit à l'objection des monothélithes » qui prétendaient qu'en admettant deux volontés» on les supposait contraires. Deusdedit de Sardaigne appuya la même vérité par l'autorité de saint Cyrille» et montra que» croyant Jésus-Christ Dieu et homme, on ne doit pas être scandalisé de ce qu*il a dit ou fait comme Dieu» et par consét^uent, que les monothélithes avaient tort de vouloir tout rapporter k la volonté divine. Enfin le Pape saint Martin apporta encore l'autorité de saint Cyrille et de saint Grégoire de Nazianze, pour montrer que Jésus-Christ a pris la nature humaine touia
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entière , par conséquent la tolonté» qui est essentielle à l'&me raisonnable.
Le concile ayant ainsi examiné la matière è fond, donna son jugement en vingt canons, où il condamne quiconque ne coidesse pas la Trinité et l Incarnation du Verbe ; que Marie est Mère de Dieu; que Jésus est consubstantiel à Dieu, son Père, et h la Vierge, sa Mère; que c'est une nature du Verbe incarné ; (]ue les deux autres subsistent en luitdistinctes» mais unies hypostaliquement; qu'elles conservent leurs propriétés; qu'il a deux volontés et deux opérations» la divine et l'humaine; par conséquent on condamne ceux qui ne reconnaissent en Jésus Christ qu'une volonté et qu'une opération, ceux
aui rejettent les deux volontés qui ne veulent ire ni une, ni deux volontés ; qui expliquent l'opération théandrique d'une seule opération; qui prétendent que les deux volontés induisent de la division en Jésus- Christ; qui ne reçoivent pas tout ce qui a été enseigné par les Pères et par les cinq conciles généraux jusgu'à la moindre syllabe. On condamne quiconque n'anathématise pas tous les hérétiques; particulièrerement ceux qui ont attaqué fa Trinité et l'Incarnation, et qui sont ici nommés, depuis Sabellius et Arius, jusqu'à Origène, Didymo et Evagre. On y joint ceux qui ont suivi leurs erreurs ; savoir : Théodore de Pbaran, Cyrus d'Alexandrie, Sergias de Constantinople et ses successeurs Pyrrhus et Paul ; q^uiconque reçoit l'ecthèse impie et le type impie; quiconque a égard auxdépo^ sitions prononcées par les hérétiques contre les Catholiques. Ënfîn on condamne ceux qui osent dire, que la doctrine des hérétiques est celle des Pères et des conciles ; et -ceux qui font de nouvelles expositions de foi, ou forment de nouvelles questions ; qui faoriquent de fausses pièces et envoient de faux légats.
Le Pape souscrivit en ces termes : Martin^ parla grâce de Dteu, evéque de la sainte Eglise catholique et apostolique de la ville de Rome^ fai souscrit^ comme juge^ à cette définition gui confirme la foi orthodoxe^ et à la condam^ nation de Théodore , jadis évéque de Pharan , de Cyrus d Alexandrie ^ de Sergius de Cons» tanlinoplCt de Pyrrhus et de Paul ses succeS" sturs^ avec leurs écrits hérétiques , et de Tec- 4hèseimpieetdu type impie qu'ils ont publiés. Tous les autres évoques souscrivirent de même au nombre de cent cinq en tout. Jean évéque de Milan et quelques autres , qui •n'avaient pas assisté au concile, y souscrivirent ensuite, exprimant dans leurs souscriptions la coûdamnation des cinq personnes de J'ecthèseet dutype.
Le Pape, continue Fleury, envoya ces •actes de tous côtés, en Orient et en Occident, avec plusieurs lettres, tant au nom du concile qu'au sien. La première est la lettre circulaire adressée k tous les fidèles , où il lesinstruitde Terreur des monothélites, de la nécessité d'assembler le concile et de ce qui s'^est passé, dont^ ajoutc-t-il, nous envoyons 4e$ actes à tout le mondes afin de nous justi-
fier devant Bieu, et de rendre inexcutabh ceux qui n'obéissent pas. fT écoutez point let novateurs^ et ne craignez point les hemmet dont la vie passe comme Vherbe qui st fane, et dont aucun n'a été crucifié pour nout. C'est
3u'il prévoyait bien quelle serait la colère e l'empereur à cause de la condamnation de son type.
Il ne laissa pfis de lui écrire ce que le concise avait fait, même la condamnation de l'ecthèse et du type, par laquelle il pré* tend que l'on a justifie l'empereur : Car^ dit la lettre, nos adversaires ont osé écrire aux évêques d" Afrique que vous avez publié le type de votre propre mouvement^ pour ordonner de se relâcher un peu de la rigueur excesiia, sans préjudice de la vérité. En quoi ils nont pas écouté les Pères^ qui disent qu'à l'égard des vérités divines ^ le moindre changement esl important. Nous vous envoyons les actes de notre concile^ avec leur traduction en grec, votis priant de les lire attentivement, et par vos pieuses lois condamner les hérétiques, et maintenir la doctrine des Pères et des con^ cileSf pour la prospérité de votre régne. Le Pape et tous les évèques du concile avaient souscrit cette lettre.
Le Pape saint Martin écrivit aussi pia^ sieurs lettres pour l'Orient : une adressée aux Eglises dépendantes des sièges de Jérusalem et d'Antioche, par laquelle il tes exhorte k demeurer dans la foi de l'Ëglise romaine, à éviter les hérétiques , particaliè^ ment Macédonius , usurpateur du siège d'Antioche, et Pierre d'Alexandrie, 11 lear déclare ensuite qu'il a établi son vicaire Jean, évéque de Philadelphie, dont il expii*; que les pouvoirs dans une lettre qu'il lui adresse en particulier.
Il témoigne, premièrement, qu'il a appris son mérite et son zèle pour la foi, parle rapport d'Etienne , évéque de Dose , et des moines du monastère de Saint-Théodose.U l'établit son vicaire pour tout l'Orient, c'est àdire dans toutes les Eglises dépendantes de Jérusalem et d'Antioche. Et cela, ajoute-t-ilf en vertu du pouvoir que nous avons reçu de saint Pierre, et à cause du malheur des temps et de l oppression des gentils : de peur que l'ordre sacerdotal ne périsse dans ces contrâss et que notre sainte religion ny soH ignorée, remplissez incessamment les Eglise catholiques dévéques, de prêtres et de diacres. Car j'aurai le cœur pressé d'une douleur continuelle, jusqu'à ce que je voie cette feutre achevée par vos soins. Exhortez ceux qui sont déjà disposés à se convertir: faites^kur donner leur profession de foi par écrit : fljw«' quoi vous les rétablirezchacun dans leur ordre,
iwurvu qu'il n'y ait rien d'ailleurs quienq^éche eur confinnation.En quoi nous ne prétendon» point donner atteinte aux canons. Car ilsuse^ d'indulgence dans les temps de persécuti(f^ t* de nécessité, où on ne s'en dispense p<u por mépris... Quant au faux év^ue dAntiodie, MacédoniuSf méprisez eaurageuseinent f^ lettres menaçantes et ses protestations; cer l'Eglise ccUholiquene le reconnaît point pour évéque^ non-seulement parce qu'il en usurpe /«
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tUre, contre les canons^ dans unpaysélran^ fjeff sans le consentement du peuple et sans décrtt^ maiê encore parce quii est uni aux hérétiques^ qui l'ont élu pour récompenser son crime. It en est de même de Pierre, qu'ils prétendent avoir fait itêque d^Alexandrie , pour fortifier leur parti par le plu$ grand nombre.
Nous vous envoyons tes actes denotre concile avec nos lettres circulaires, par labbé Théodore, prêtre et notre apocrisiaire , et les moines de saint Théodose, Jean, Etienne et Léonce, qui ont assisté au concile. Faites-en observer les décrets à ious les fidèles de to$ diocèses. Nous avons exhorté Théodore, évéque d'Esbunle et Antoine de Bacate, à voiu aider en tout pour l'exécution de votre corn* mission ; et avec eux George, prêtre et archimandrite,, Pierre d'Andraé, et tous ceux du pays qui ont un véritable xile pour la foi.
lin mdme lerops que le Pape saint Martin éiTiviten Orient, iJ écrivit aussi à l'évéque Je Cartba^e et è tous les évoques et au peuple de sa dépemiaoce , témoignant comme il avait approuvé la confession de foi contenue dans leurs lettres synodales, et leur envoyant les actes du coocile avec les lettres circulaires.
Paiil^ évèque de Thessalonique, étant ordonné de nouveau, envoya au Pape saint Martin, selon Tusage , ses lettres synodales, conteiuuit sa profession de foi , dont le Pape ue fui pas content, parce qu'elle favorisait les au)iu)thélites; mais les députés de Paul rassurèrent que Terreur qui paraissait dans SCS lettres s*y était ({lissée par inadvertance, 6t que Paul les corrigerait sitAt qu*on Ten' aret tirait charitablement. Le Pape Martin se laissa fléchir et n*usa pas même de son Jroit, suivant lequel il pouvait obliger Paul, s ^luuie particulièrement soumis au Saint- 3iége, à venir k Rome se justifier canoniqnelaeiil. Il se contenta donc de lui faire voir l>ar les légats du Saint-Siéee, qui étaient sur e> lieux, en quoi il avait failli , lui donnant lar écrit la profession de foi qu'il devait suivre ; mais Paul trompa les légats, et leur |i>nDa une profession de foi ^ où, en parlant le la volonté et de Topération de Jésus- :hri&t, il avait oniis le mot de naturelle et anallidme. Les légats, séduits par ses ari lices et ses flatteries, se contentèrent de cet .:i il; mais le Pape, l'ayant reçu , leur or- <«nna de faire pénitence dans le sav, et la <^*ndre, et prononça anatbème contre Paul de ^l.essalomaue.
Il le lui déclara par une lettre du mois de wenshre 6V9, dans laquelle, après lui avoir »iiroché tous ses mauvais artiflces, il dit : fichez que vous êtes déposé de toute dignité icrrdotate et de tout ministère dans F Eglise siholique, jusquà ce que vous confirmiez ar écrit , sans aucune omission , tout ce que VU3 avons ici décidé en concile, et que vous %iithématisiez tout ce que nous anathémati' tfts : particulièrement les nouveaux héréti* its avec leur ecthèse et leur type. Vous de- 'S encore réparer la faute que vous avez it€ contre les canons^ en ne vous reconnais-
sant pas dans vos lettres pour- sujet et vicaire du Saint-Siège. Le Pape écrivit en même temps k TEglise de Thessalonime de n'avoir plus de communion avec Paul , et de faire ^ célébrer TOffice par les prêtres et tes diacres catholiques, jttsau'k ce qu'il fût rentfé dans son devoir, on qu on e&t élu.un autre évèque k sa place.
Saint Amand) évèaue de Maestricb, avait écrit au P»pe saint Martin, pour le consulter sur les clercs criminels et sur l'hérésie des monothélites. Le Pape se servit de cette occasion pour envoyer en Gaule les actes de son concile , et en chargea le député saint Amand, avec une lettre, où il le félicite de ses travaux, et le plaint du dérèglement de son clergé. Car nou» avons appris, dit*il, que les prêtres , les diacres et les autres clercs tombent dans des péchés honteux, et que vous en êtes tellement affligé, que vous voulez quitter les fonctions pastorales tt ri*vre dans la retraite et le silence. Il l'exhorte k demeurer en place, mais k n'avoir point do compassion pour ces pécheurs au préjudice des canons. Car, dit*il, ce/tit qui est une fois tombé de la sorte, après son ordination , doit être déposé sans espérance de promotion, et pas^ série reste de sa vie en pénitence, puisque nous cherchons pour les ordres des personnes dont la vieait toujours été pure. Le Pape lui expliciuo ensuite ce que les monothélites avaient lait depuis environ quinze ans, et ce qu'il venait de faire contre eux dans son concile. Nous vous envoyons, dit-il, tes actes avec notre lettre circulaire, que vous aurez soin de faire connattre à tout le monde; et tous les éveques de vos contrées, étant assemblés en concile , confirmeront par leur consentement ce que nous avons fait pour la foi , et nous enverront leurs souscriptions. On voit ici , comme dans la lettre k Paul de Thessalonique, que le Pape nommait conGrmalion le consentement que les autres évéques donnaient k ses décisions. Il ajoute : Priez le roi Sigebert de nous envoyer des évéaues, pour se charger de la légation du Saint-Siège, et porter a Vempereur les actes de notre concile avec ceux du vôtre. Nous avons fait donner au porteur les reliques qu*il a demandée*, car pour les livres nous n avons pu les lui donner ^ parce que notre bibliothèque est vide: il était si pressé de s'en retourner^ qu'il n'a pu en transcrire.
Le Pape saint Martin sentit bientôt les eiïels de l'indignation de l'empereur Constant. Avant que Ton eût nouvelle k Constanlinoplc du concile de Latran , l'empereur envoya pour exarque en Italie Olympiusson chambellan, avec ordre de faire souscrire le type k tous les évéques et propriétaires des terres : a Si vous pouvez, ajouta-t-il, vous assurer de l'armée dltalie, vous arrêterez Martin, qui a été légat ici k Constantinople. Si vous trouvez de la résistance dans 1 armée, tenez-vous eu repos jusqu'k ce que vous soyez inatlre de la province cl que vous ayez gagné les ;rou|ies de Rome et de Ha- . venne , |K)ur faire exécuter nos ordres. » Olympius arriva k Rome, trouva le con-
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cile ass^mohé. 1) voulul (i*aborJ exciter ui] schisme dans TEglise, par le moyen des troupes qu'il amenait; à quoi il travailla longtemps t mais inutilement; ne pouvant réussir par la violence, il eut recours à la trahison. Comme le Pape lui présentait la communion dans l'église de Sainte-Marie- Majeure» il voulut le faire tuer par son écuyer ; ce qui était d'autant plus facile, que le Pape allait faire communier chacun à sa place. Mais l'écuyer assura depuis par serment qu'il avait été frappé d^aveuglement, et n'avait point vu le Pape quand il vint donner la communion à l'exarque. Celui-ci»
voyant la protection de Dieu sur le Pape, lui déclara les ordres qu'il avait reçus, fit la paix avec lui; et passa en Sicile avec son armée contre les Sarrasins, qui s'y étaient déjà établis; mais l'armée romaine y périt, et l'exarque mourut ensuite de maladie.
L'empereur envoya pour lui succéder Théodose, surnommé Calliopas , avec un de ses chambellans, nommé aussi Théodose, et surnommé Pellure, et leur donna ordre d'enlever le Pape, l'accusant d'hérésie, parce qu'il avait condamné le type. On l'accusait aussi de ne pas honorer la sainte Vierge comme Mère de Dieu, ce qui était une suite de la calomnie précédente; car les monotbélites comme les eutj^chiens accusaient .es catholiques de nestorianisme. On chargeait encore le Pape du crime d'Etat, et d'avoir envoyé des lettres et de l'argent aux Sarrasins. Le Pape, averti des desseins que l'on avait contre lui, s'était retiré avec son clergé dans Téglise de L&tran, quand l'exarquo Calliopas arriva à Rome avec le chambellan Théodose et Tarn^ée de Ravenne.
C'était le samedi 15 juin 653. Le Pape, qui était très-malade depuis le mois d'octobre, envoya au devant de l'exarque Quelques personnes de son clergé : l'exarque les reçut clans le palais, croyant que le Pape était avec eux. Mais ne l'y trouvant pas, il dit aux premiers du clergé : « Nous voulions l'adorer ; mais demain, qui est dimanche, nous rirons trouver et le saluer, car aujourd'hui il ne nous a pas été possible.' » On voit ici les mots d'adorer et de saluer employés indifféremment, et il y avait longtemps que Ton disnTit adorer l'empereur.
— Voy. B4ISEMENT DES PIEDS.
Le lendemain dimanche , 16 juin , la Messe fut célébrée dans l.i même église de Latran; l'exarque, craignant la multitude du
{)euplB, envoya dire au Pape : a Je suis si atigué du vovage, que je ne puis vous aller voir auiourd hui ; mais j*irai demain sans faute adorer Votre Sainteté. » Le lundi malin il envoya son cartulaire et quelques autres de sa suite dire au Pape : « Vous avez préparé des armes et amassé des pierres pour vous défendre, et vous avez des gens armés là dedans. » Le Pape les envoya visiter toute la maison épiscouale, pour rendre eux-mêmes témoignage s ils y auraient vu des armes ou des pierres. Ils revinreni sans y avoir rien trouvé, et il leur dit: Yoilà comme on a toujours agi contre nous, par
des. faussetés et des calomnies. Quand 0/^« pius vintf il y avait aussi des menteurs qui disaient que je pouvais les repousser à main armée.
Ils s'en allèrent avec cette réponse; mais une demi-heure n'était pas encore passée, quand ils revinrent avec des trou(]«s. ù Pape, malade, était couché sur son lit à la porte dei'église. Les soldats entrèrent armés d'écus, de lances et d'épées, avec ^eurs arcs bandés. Ils brisèrent les cierges de Téglise, en jonchèrent le pavé avec un bruit effroyable, joint à celui de leurs armes. £q même temps Calliopas présenta aux prêtres et aux diacres un ordre de l'empereur pour déposer le Pape Martin comme indigne et intrus,, et de l'envoyer h Constantinople, après avoir ordonné un autre évéque à sa place. Alors le Pape sortit de l'église, et le clergé s'écria en présence de l'exarque et du chambellan Theodose : < Anathème à qui dira ou croira
aue le Pape Martin a changé un seul poinl ans la foi, et à quiconque ne persévère pas jusqu'à la mort dans la foi catholique.» Calliopas voulant se justiSer devant les assistants» dit : « Il n'y a point d'autre foi que la vôtre, je n'en ai point d^aulre luolmême. 1»
Le Pape se livra donc sans résistance pour être mené a l'empereur. Quelques-uns du clergé lui criaient de n'en rien faire, mais il ne les écoula pas : Ainutnt mieux mourir dix fois^ comme il dit lui-raème, que d'être cause qu'on répamdU le sang de qui que c« fui* 11 dit seulement à l'exarque : Laisses venir avec moi ceux du clergé que je jugerai àpr(h pos. Calliopas répondit : «Tous ceux qui voudront, qu*ils viennent, à la boone heure: nous ne contraignons persoane. » Quelquesuns des évoques s'écrièrent : « Nous vivrons et mourrons avec lui. v Ensuite Calliopas dit au Pape : « Venez avec nous au palais.* Il y alla donc le même jour; le lendemain mardi, 18. juin, tout le clergé vint le trouver, avec plusieurs autres qui s*étaient préparés à s'embarquer avec lui» et avaient déjà mis leurs bardes dans les barques. Skiais la nuit suivante, vers la sixième heure, c'esi-àdire à minuit, on tira le Pape du palais, et l'on renft^rma tous ceux de sa suite et diverses choses qui lui étaient nécessaires pour son voyage ; ou lui laissa seuléoienl six jeunes serviteurs.
On le fit ainsi sortir de Kome, dooloQ referma les portes aussitôt , de peur que quelau*un ne le suivit, et on Tenuiienadans une barque sur le Tibre, lis arrivèrent à Porto le mercredi 19 juin, à dix heures du matin. Ils en partirent le môme jour et arrivèrent à Misène le 1" juillet. De là ils passèrent en Calabre, puis dans plusieurs iles. où ils furent arrêtés pendant trois ni<^i^- Enfin ils arrivèrent à Plie de Naxe, ûùi)> demeurèrent un an. Pendant tout ce voy^g^'le Pape fut travaillé d'une maladie Qt^î "^ lui donnait point de repos, avec un dégoût elfroyablo ; toutefois, on ne lui accorJfl^^' cun soulagement, excepté à Naxe, uù il logea dans uaç maison de la viile. Hors t/e
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là, il ne sorlil point du vaisseau qui était sa prison, quoique ceux qui le conduisaient prissent terre à toute occcasioa pour se re-
f)Oser. Cependant, à Ronoe» Kugène fut élaili Pape par autorité de l'empereur. Il était romain, fils de Rulinien, et clerc dès son 1)AS âge. Il ne fut élu que le 9 septembre €55, et tint le Saint-Siège près de trois ans. Le Pape saint Martin était dans Tlle de Naxe, où les évoques et les fiièles du pays lui envoyaient souvent et en grande quantité de quoi soulager ses besoins. Mais aussi* tôt ses gardes pillaient tout en sa présence, le chargeant de reproches injurieui. Ils maltraitaient mAme de paroles et de coups ceux (;[ui apportaient les présents, et les chassaient en disant : Quiconque aime cet homme est ennemi de TEtat. Le saint Pape sentait plus vivement les injures de ses bienraiteurs, que les douleurs de sa goutte et ses autres incommodités. Etant partis de Naxe, et arrivés à Abyde, ceux qui le conduisaient envoyèrent a Constantinople don* lier avis de son arrivée, le traitant d*béréti-» que, d'ennemi de Dieu et de rebelle, qui soulevait tout l'empire. Enfin saint Martin arriva è Constantinople le 17 septembre 654. On le laissa au port depuis le matin jusqu'à quatre heures après midi, dans le vaisseau, couché sur un grabat, exposé en spectacle à tout le monde. Plusieurs insolents, et même des païens s'approchaient, et lui disaient des fiaroles outrageantes. Vers le coucher du soleil, vint un scribe nommé Sagolève, avec plusieurs gardes. On tira le Pape de la bar* jue, on remporta sur un brancard, on le mena dans la prison nommée Prandearia H Sagolève défendit que personne de la ville ne sût Qu'il y était. Le Pape demeura donc enferme dans cette prison, sans parlera personne, pendant trois mois; c'est-k-dire , !epuis Je 17 septembre jusqu'au i& dérem bre.
Ce fut apparemment de là qu'il écrivit les Icux lettres à Théodore. Dans la première I se justifie contre tes calomnies dont on le hargeait ; premièrement par le témoignage ue le clergé avait rendu de sa foi en pré- L*oco d» l'exaraue Calliopas, ensuite par la roleslation au il fait lui-même de la décadré jusqu'à la mort. Puis il ajoute : Je ai jamais envoyé aux Sarrasins ni argent^ i lettres^ ni l'écrit que l'on dii^ pour leur arquer ce qu* ils doivent croire» Jai seule^ €nt donné quelque peu de chose à des servi-urs de Dieu^ qui venaient chercher des auônes : mais ce n était pas pour les Sarrasins. uant d la glorieuse Vierge Marie^ Mère de ieUf Us ont porté faux témoignage contre oi. Car je déclare anathème^ et en ce monde en fautre, à quiconque ne Phonore pas au- 9SUM de toutes les créatures^ excepté son U yotre^Seigneur,
Dans l'autre lettre il raconte comment il t enlevé de Rome, et comment l'exarque tUtoDAS présenta un ordre de l'empereur, uir Mire élire un autre Pape à sa place; r ffuoi il dit : On ne l'a encore jamais fait ^ j^ expire qu'on ne le fera jamais : car, en
Vabsence de t'évéque^ Farchidiaere^ Farchipré^ tre et le primicter tiennent sa place. Ayant raconté ce gu'il a souffert dans Te voyage, il ajoute à la un : Il va quarante-sept jours que je n'ai pu obtenir de me laver ni a eau chaude^ ni d'eau froide ; je suis tout fondu et refroidi ; car la maladie ne m*a point donné de repos jusqu'à présent 9 ni sur mer ni sur terre : j'ai te corps tout brisée et quand je veux prendre de la nourriture^ je mantfue de celle oui me pourrait fortifier^ et je suis entièrement dégoûté de celle que j'ai. Mais f espère en Dieu, qui voit tout, que, qimnd il m aura tiré de cette vie, il recherchera ceux gui me persécutent y pour les amener à la pénitence.
Le vendredi 15 décembre 654, le Pape saint Martin fut tiré de sa prison dès le matin, et amené dans la chambre de Bucoleon, sacellaire, c'est-à-dire, grand trésorier, où, dès la veille, on avait donné ordre à tout le sénat de s'assembler. Saint Martin y fut ap-
f)orté dans une chaise ; car la navigation et a prison avaient augmenté ses maladies. Le sacellaire le regardant de loin, lui commanda de se lever de la chaise et de se tenir debout. Quelques officiers représentèrent qu*il ne le pouvait pas; le sacellaire cria en colère qu'on le soutint des deux côtés : ce qui fui lait.
Alors le sacellaire lui parla ainsi : ^ Dis, misérable, auel mal t'a fait l'empereur? T'a« t-il été quelque chose? T*a-t-il opprimé par violence?» Le Pape ne répondit rien. Le sacellaire lui dit d'un ton aautorité : « Tu ne réponds pas? Tes accusateurs vont entrer. » Aussitôt on les fit entrer au nombre de vingt, la plupart soldats el gens brutaux. Ouelques-uns avaient été avec l'exarque Olympius ; entre autres, André, son secrétaire. Le Pape les voyant entrer dit en souriant : Sont'Ce là les témoins ? Est-ce là votre Î>roeédure? Puis, comme on les fit jurer sur es Evangiles, il dit aux magistrats : Je tous prie au nom de Dieu, ne les faites point jurer : qu'ils disent ce qu'ils voudront, et faites ce que vous voudrez. Qu'est il besoin qu'ils pcrdent ainsi kurs âmes ?
Le premier de ses accusateurs fut Dorothée, patrice de Cilicie, (|ui dit avec serment, parlant du Pape : « S'il avait cinquante tètes, il mériterait de les perdre, pour avoir seul renversé et pordu tout l'Occident. Il était de concert avec Olympius, et ennemi mortel de fempereur et de l'Elat. » Un des témoins dit aussi que le Pape avait conjuré aver Olympius et pris le serment des soldats. On demanda au Pape s'il en était ainsi. Il répondit : Si vous voulez entendre la vérité, je vous ta dirai; quand le type fut fait et envoyé à Rome par l'empereur... Alors le préfet Tro'tie l'interrompit en criant : « Nu nous parlez point ici de la foi ; il est question du crime d'Etat. Nous sommes tous Chrétiens et orthodoxes, les Romains et nous. » Plût à Dieu, dit le Pape 1 Toutefois au Jour terrible du jugement, je rendrai témoignage contre vous sur cet article mime.
Trotle lui dit eu colère : « Quand vous voyiez le malheureux Olympius former de
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tels projets contre IVmpereup, que ne Teoipéchiez- vous, loin d'y consentir? >» Le Pape répondit : DUes-moi^ seigneur TroUe^ quand Georges^ qui avait été moine et depuis magis^ irat^ vint ici du camp^ et fii ce que vous savez» ail étiez-vous et ceux qui son4 avec vous? Non^seuhment vous ne résistâtes point, mais il vous harangua, et chassa du palais qui il voulut. Et qiMnd Valentin se revêtit de la pourpre, avec un ordre de l'empereur^ et s^as^ sit avec lui, oà étiez-vous ? Que ne Vempêchâr tes'vous ? Pourquoi au contraire prîtes-vous son parti f Et moi» comment pouvait-je risisler à Otympius, qui avait toutes les forces de ntalie ? Est-ce moi qui l'ai fiiit exarque ? Mais je vous conjure au nom de Dieu, faites au plus tôt ce que vous avez résolu de moi. Car Dieu sait que vous me procurez une grande récompense.
On ne sait quel était ce Georges dont parle le Pape ; mais pour Valentin, il fut le chef du parti contraire à rinipératrice Martine. Le Pape parlait latin; ce qu'il disait était expliqué en Grec par le consul Innocent, fils de Thomas, qui était d'Afriaue. Mais le sacollairene pouvant souffrir les réponses àxx saint Pape, dit en colère à Innocent : « Pourquoi nous expliquez- vous ce qu'il dît? ». Puis il demancla au scribe Sagolève, s'ti y avait encore dehors d'autres témoins, c Oui, seigneur, » dit le scribe, « il y en a plusieurs. » Mais ceux qui présidaient à rassemblée dirent que c*en était assez.
Le sacellaire se leva et entra au palais pour faire son rapport à l'empereur. On fit sortir le Pape de la chambre du conseil, toujours porté sur une chaise; on le mit dans la cour, qui était devant l'écurie de l'empereur où tout le peuple s'assemblait, pour attendre l'entrée du sacellaire. Le Pape était environné de gardes ; et c'était un spectacle terrible. Peu de temps après, on le fit porter sur une terrasse, aCn que l'empereur \)ùi le voir par la jalousie de sa chambre. On leva le Pape, en le soutenant des deux côtés, a4i milieu de la terrasse, en présence de tout le sénat ; et il s'assembla une grande foule autour de luit Alors le sacellaire sortit de la chambre de l'empereur ; et, fendant la presse, vint dire au Pape : « Regarde comme Dieu t'a livré entre nos mains. Tu taisais des efforts contre l'empereur : avec quelle espérance? Tu as abandonné Dieu, et Dieu t'a abandonné. » Aussitôt il comnianda è un des gardes de lui déchirer son iianleau et la courroie de sa chaussure; puis il te mit entre les mains du préfet de Constantinople, en liri disant : « Prenez-le, seigneur préfet, et mettez-le en pièces maintenant. » Il commanda aux assistants de l'anathématiser. Mais il n*y eut pas vingt personnes qui crièrent anathème : tous baissaient la tète, et se retiraient accablés de tristesse.
Les bourreaux le prirent, lui ôtèrent son t)allium sacerdotal, le dépouillèrent de tous ï»es habits, ne lui laissant qu'une seule tuniijue sans ceinture: encore la déchirèrent-ils aes deux côtés, depuis le haut jusqu'en bas ,
en sorte que l'on voyait son corps h ru : ils lui i&irent un carcaa de fer au cou, et le traînèrent ainsi depuis le palais par le milieu de la ville, attaché avec le geôlier, pour montrer qu'il était condamné à mort ; et on autre portait devant lui l'épée avec laquelle il devait être exécuté. Malgré ses souffrances, il conservait un visage serein : tout le peuple pleurait et gémissait. Etant arrivé au pré** toire, il fut chargéde chaînes, et jeté dans une prison avec ses meurtriers. Mais une heure après, on le transféra dans la prison do Die^ mède. On le traînait si violemment, qu'en montant les degrés, qui étaient hauts et rudes, il s'écorcna les jambes et les jarrets, et ensanglanta Tescalier. Il semblait prêt i rendre l'Ame, tant il était épuisé; en entrant dans la prison, il tomba, il se releva plusieurs fois. On le mit sur un banc; enchaîné comme il était, il mourait de froid ; ear l'hiver était insupportable : c'était le 15 décembre. 11 n'avait personne des siens, qu'un jeune clerc, gui l'avait suivi et se lamentait auprès de lui.
Deux femmes qui gardaient les clefs de la prison, la mère et la fille, touchées de compassion, voulaient soulager le saint Pape ; mais elles n'osaient, à cause du geôlier, qui était attaché avec lui ; et elles croyaient que Tordre allait venir pour l'exécuter à mort Quelques heures après un officier appela d'en bas le geôlier ; et quand il fut descendu, une de ces lemmes emporta le Pape, le mit dans un lit, le couvrit bien pour le réchauffer. Mais il demeura jusqu'au soir sans pouvoir parler. Alors l'eunuque Grégoire, qui, de chambellan était devenu préfet de Constantinople, lui envoya son maître d'hôtel, avec quelque peu de vivres; et lui en ayant fait prendre, il lui dit : «. Ne succombez pas à vos peines ; nous espérons en Dieu que vous n'en mourrez pas. » Le saint Pape, qui désirait le martyre, n'en fut que plus affligé. Aussitôt on lui ôta les fers.
Le lendemain, l'empereur alla voir le patriarche Paul, qui était malade, et lui compta tout ce qu'on avait fait au Pape ; Paul sou* pira, et, se tournant vers la muraille, il dit : « Hélas 1 c'est encore pour ma condamnation. » L'empereur lui demanda pourquoi il parlait ainsi. Paul répondit : « N'est-ee pas une chose déplorable de traiter ainsi un évèque ? » Ensuite il conjura instamment l'empereur de se contenter de ce que le Pape avait souffert. Paul mourut, après avoir teuu le siège de Constantinople treize ans, et Pyrrhus, qui était présent, voulut yentcer. Mais (plusieurs s'y opposèrent et publiaient dans e palais le libelle d» rétractation, qu*iJ avait donné au Pape Théodore : soutenant qu'il s'était par là rendu indigne du sacerdoce, et que le patriarche Paul Vavait anatbématisé.
Comme le trouble était grand h cette occasion, l'empereur voulut être éclairé de ce que Pyrrhus avait fait à Rome, et pour cet etiTet, il envoya Démosthènes, commis du sa« ceKaire, avec un greffier, pour interroger le Pape dans la prison. Quand ils furent eo-
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très ils lui dirent : « Voyes dans quelle i^luire TOUS avez été, et dans quel état vous Itcs réduit. C'est vous seul qui vous y êtes luis. »
Le Pape répondit seulement ; Dieu toit loMéâe tout I
Démosthënes dit : «L*empereur veut savoir Je vous, ce qui s*est passé ici et à Rome h Vga? J dePjrrrhus^ci-devant palriarche.Pour- |ijoi alla-t-il à Rome? Fut-^^e par ordre de pielqu* un ou de son mouvement? »
De $on propre mouvement^ répondit lo •afie.
Démosthènes dit : t Comment fit-il ce H- «Ile? Y fut-il contraint? »
Le Pape répondit : Non, il le fit de lui-
Démosthènes dit : « Quand Pyrrhus vint à lome, comment le Pape Tliéodore* votre rédécesseur, le re<{ut-il7Comme évoque? >•
Le Pape répondit : Et comment donc f ^uhqu avant que Pyrrhus vînt à Rome^ Théo^ are avait écrit nettement à Paul qu'il n'avait as bien fait d'usurper le siège d*un autre, ^hus venafU ensuite de lui-même aux pieds r saint Pierre^ comment poutait-il s'empé* itr de le secourir et de l'honorer comme ■iqutl
■ Jl est vrai, » dit Démosthènes ; a maisd*où rail-il sa subsistance? »
Le Pape répondit : Sans doute du palais Uriarcat de nome.
Démosliièoes dit : « Quel pain lui donûl-<»n ? h
Le Pape rép^mdit : Tous ne connaissez pas église romaine. Je vous dis^ que quiconque rient demander ^hospitalité^ quelque misé" ble quil soitj on lui donne toutes les choses cessaires; saint Pierre ne refuse personne.
I /i4i donne du pain três'blanc, et des vins diverses sortes ; non-seulement à lui, mais
X siens. Jugez par là comme on doit traiter i éréque.
Démosthènes dit : « On nous a dit que rrhus a fait ce libelle par force; qu*on lui uis des eotraves et fait soutTrir beaucoup maux, à
Le Pape répondit : On n'a rien fait de hLlable. Vous avez à Constantinopie plu^ urs perMonnes qui étaient alors à Rome^ et i savent ce qui s'y est passée si la crainte les empêche de dire la vérité. Vous avez re outrée le patrice Platon, qui était exarf, et qui envoya ses gens à PJfrrhHS. Mais à
II bon tant de questions f Me voilà entre mains ; faites de moi tout ce qu'il vous
tro. Quand vous me feriez hacher en pièces j nme vous l'avez ordonné au préfet, je ne tmuniquepeint àl Eglise de Constantinopie.
il encore question dePyrrhus, tant de fois oséetanalnéinatisé? Démosthènes et ceux
i*acooui|>dKnaient,étonnés de la constance
Piipe, sa retirèrent après avoir mis par
it toutes ses réponses.
*e Pape saint Martiu demeura dans lapri*
de Uioaiède près de trois mois, avec les s mois lie ta première prison, prés de mois ; c^est-h-dire, depuis le 10 septembre y jus<|u*au 10 mars 6SS. Alors le scribe
Sagolève vint lui dire : « J*aî ordre de vous transférer chez moi, et de vous envoyer dans deux jours oit le sacellaire le commandera. » Le Pape demanda où on voulait le mener; mais il ne voulut pas le lui dire, ni lui permettre de demeurer dans la même prison, jusqu*è son exil. Vers le soir, le Pape dit k ceux qui étaient auprès de lui : Venez^ mes frères^ disons-nous adieu^onvam'enlever d'ici. Alors ils burent chacun ;et le Pape se levant avec une grande constance, dit è un des assistantsqu il aimait : Venezmonfrêre, donnezmoi la paix. Celui-ci, qui avait déjà le cœur serré, ne put retenir sa douleur, et fit un grand cri ; les autres sVcrièrent aussi. Le saint Pape les regardant d'un visage serein, les en reprit ; et mettant les mains sur la tète du premier, il dit en souriant : Tout ceci est fron, mon frère, et avantageux : faut-il en user ainsi? Vous devriez plutôt vous réjouir de mon état. Celui-ci répondit : « Dieu le sait, serviteur de Jésus-Cnrist, je me réjouis de la gloire qu'il tous prépare, mais je m'afflige de la perte de tant d'autres. » Après l'avoir tous ^alué, ils se retirèrent. Aussitôt vint le scribe, qui l'emmena dans sa maison; et il fut dit qu'on l'envoyait en exil à Chersone.
En effet, on le fit embarquer secrètement le jeudi saint, qui, cette année 6SMI, était le SO mars; il arriva à Chersone le 15 mai. C'est lui-même qui le dit, dans une lettre qu*il écrivit k un de ses plus chers amis k Constantinopie, où il ajoute : Le porteur de cette lettre est arrivé un mois après nous de Byzance à Chersone. Je me suis réjoui de son arrivée^ croyant que Fon m'aurait envoyé d'Italie quelque secours pour ma subsistance.. Je le lui ai aemandé; ayant appris quil n'ap'^ portait rien, je m'en suis étonné; mais f en ai ioué Dieu, qui mesure nos souffrances comme il lui plaît. Vu, principalement, que la famine et la disette est telle dans ce pays, que Fon y parle de pain, mais sans en voir. Si on ne nous envoie du secours d'Italie ou de Pont^ nous ne pouvons absolument vivre ici. Car on ne peut y rien trouver. Si donc il nous, vient de là du blé, du vin, de l'huile, ou quelqueautre chose, envoyez-le nous promptement^, comme vous pourrez. Je ne crois pas avoir si maltraité les saints qui sont à Rome, ou lee. ecclésiastiques, qu'ils doivent ainsi mépriser à mon égard les commandements du Seigneur* Si saint Pierre y nourrit si bien les étrangers^, que dirai'jede nous qui sommes ses serviteurs, propres, qui l'avons servi du moins auelque peu, et qui sommes dans un, tel exil et une telle afflUction f Je vous ai spécifié certaines choses, que fon peut acheter par delà, et que je vous prie de m'envoyeravec votre soin or' dinaire, à cause de mes grands besoins et de mes fréquentes tnaladies.
11 écrivit encore une lettre au mois de septembre, où il dit : Nous sommes non-seulement séparés de tout le reste du monde, mais privés même de la vie. Les habitants du pays sont tous païens ; et ceux qui viennent d'ailleurs en prennent les mmurs^ n'ayant aucune tharite^ pas même la compassion na^
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