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de Ci^sene. Depuis ce moment les fendions les plus difficiles lui furent confiées quoique sa santé fût déjà altérée par des travaux au-dessus de ses forces, il fui successivement grand pénitencier, préfet de la congrégation de rindex, et Pie VU le désignait clairement pour son successeur en lui disant dans Tinliraité : Aprisnous Votre Sainteté Pie YIII fera mieux que nous. Ce fut en effet le nom qu'il prit lorsqu'il fut élevé au souverain ponti* ficat.
Le jour même de son élection il écrivit une lettre loucbnnlo au marquis Scipion Chiaramonti neveu de Pie VII ; le 3t mars il adressa une lettre à ses frères, où il leur ûii: Maintenons noue humble et compatissant sous le fardeau dont te Seigneur nous a chargé. Quaiuiun de vous ni de la famille ne quitte son poste. C'est en repoussant ainsi la voix de la cbair et du sang que les plus grands Panes se sont illustrés et ont fait bénir leur inemoire. Le dimanche 5 avril eut lieu la cérémonie du couronnementqui fucannonoé par les plus grandes mesures de bienfais.'ince. Le2!ihmai fut choisi pour la cérémonie de la prise <l6 possession dans la basilique patriarcale de Saint-Jean de Latran.
Le même jour il adressa aux évoques une épitre circulaire, leur donnant les conseils relatifs aux circonstances où se trouvait alors l'Eglise. Le 18 juin il se recommanda par un bref aux prières de tous les fidèles, 9tin d'obtenir la plénitude de la miséricorde divine pour soutenir le poids du souverain l>ontitîcal. Déjà précédemment il avait érigé Mobile en évôcné. C'était le dixième sié^e épiscopal des Etats-Unis. Peu après le Pape reconnut dom Miguel roi de Portugal, et son nonce à Lisbonne y reprit le 15 octobre 1829 les relations diplouiatiques.
A celle époque il eut la joie de voir améliorer la situation des Arméniens catholiques, grâce à la médiation des ambassadeurs d'Autriche et de France. Le 25 mars 1830 il prit des mesures de douceur et de conciliaiion relativement à la Prusse, et régla dans le bref et l'instruction h ce sujet les questions qui dejtuis longtemps formaient l'objet d'un démêlé. Mais ces mesures restèrent sans effet à Berlin pendant la vie de Pie VIII. Les priuces des Etals protestants de la Confédération germanique ayant soulevé des différends avec le Saint-Siège, Pie Vill adressa le 30 juin 1830 un bref à l'archevô* aue de Fribourg et aux évéques de Mayence, de Rottembourg, de Limbourg et de Fulde. Cette lettre paternelledemeurasans résultat; redit des princes protestants ne reijutaucune modiQcation, et 1 esprit d'opposition contre TEglise ne fil que s'étendre. Un décret poniitic-al du 16 mai précédent prononçait qu'on pouvait procéder en sûreté à la canonisation du bienheureux Liguori, fondateur de la congrégation du Saiot-Rédemplenr.
BienlAt éclata en France la révolution de 1830. Un envoyé se rendit à Rome chargé de deux lettres au Pape, l'une écrite par la reine des Français au nom de Louis-Phïlippe, l autre de l^rchevôque dé Paris qui consul-
tait PÎ& VIU sur la prestation du serment. Le Pape chargea l'envoyé d'engager Fardifrvèquo de Paris à prêter le serment s'il lui était demandé, et lui adressa h ce sujet un bref en date du 20 septembre 1830.
Au milieu de l'agitation qui ébranlait alors toute l'Europe, et au moment où éclatait Tinsurrection de Varsovie, TEglise était à la veille de perdre son Chef suprême. Les travaux si multipliés du gouvernement ne pouvaient encore qu'altérer la santé chancelante de Pie VIII. Déjà depuis longtemps tout mouvement lui était devenu pénible et douloureux. Mais esclave de ses devoirs as* w<iidus, lePape n'en récusait aucun. Lorsqu'il travaillait avec ses ministres, c'était pour eux un spectacle d'admiration que ce Souverain savant, réfléchi, bon, patient et modeste, qui comprenait rapidement les affaires^ les jugeait d'un coup d'œil et avec l'infaillîbilité de sa longue expérience. Lorsque fatigué des longues cérémonies du souverain pontificat, épuisé et n'ayant qu'un soufDe de vie dans ce corps qui n'était qu'une plaie» il se vit sur le point de mourir, un de ses souvenirs fut encore pour les lettres et les sciences qu'il avait cultivées avec tant de succès. La dernière maladie de Pie Vlil commença le 17 novembre, et il ne voulut pas même qu'on appel&t àRoine ses neveux» tant il avait horreur de tout ce qui pouvait ressembler au népotisme. Le 28 il voulut recevoir les sacrements, demanda son confesseur et communia en viatique avec uue ferveur exemplairc.Le soir il reçut l'eitrèmeonction. On n'avait plus l'espoir que de le voir survivre quelques heures à peine. Ce fut alors qu'il confessa qu'il mourait très-pauvre, trop pauvre peut-être, qu'il avait suivi les exemples donnés par Pie VII et Léon XJl» et que comme eux, il n'avait pas enrichi sa famille, qu'il se repeulaii luéme d'avoir poussé Taustérité jusqu'à ne pas faire ce qu*il aurait dû peut-être pour un de ses excellents serviteurs. Après avoir donné des preuves touchantes de son esprit de religion et de bonté, il entra dans le repos des justes, la nuit du 30 novembre 1830.
Pie Vlli fut un Poniife dont la piété stdi Je, la charité, la modération, la droiture et le rare tempérament de justice et de clémence recommandent la mémoire. Il n'avait fait que six cardinaux ; sous son gouvernement Roiuc s'était embellie, et TElat pontilical avr-iit joui d'une tranquillité parfaite. Pie VIII avait vécu soixante-neuf ans et dix jours, et ré^né un an et huit mois. Son successeur fut Grégoire XVI.
PIE IX- —Grégoire XVI étant mort le f juin 18^6, le 13, dernier jour des Novendia!î, 'oraison funèbre du Pontife, prononcée par Mgr Rosani, évéqued'Erithrée, avait clos les funérailles. Le i&, après avoir assisté le matin à la Messe solennelle du Saint-Esprit et entendu le discours sur félection future, |)rononcé par Mgr Luca Pacifici, chanoine de Sainte-Marie-Majeure et secrétaire pour les lettres latines» le Sacré Collégej au nombre de cinquante cardinaux, s'était reqdu pro^
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cessioDDeltemeDl au Quirinal, le soir vers les six heures; à onze heures, en présence iks cAi-iiinaux chefs d'ordre et du grand inarôchal , on avait fait Ja clôture du con* clave.
Le 15 Juin» après \a communion générale ries cardinaux, le scrutin s*était ouvert; le t(), le Pape était élu. Hien n*était prôt pour une si prompte élection, et ce ne iut que le lenJeinain au malin que Ton put ouvrir les i:or(e$ du conclave et annoncer au peuple omain qu'il avait pour Pape le cardinal tfasiai Ferretii, arcbevéque-évéque d*lmola, lu nom de Pie IX.
On sait que Pie Vil fut aussi évéquô d'Inoia ; c*est en mémoire de ce Ponlifc que le louveau Pajie s*est ainsi nommé.
Jcau-Marie Mastaï Ferretli , de la noble amille des comtes Mastaï, né h Sinigaglia, ans la légation d'Urbino et Pesaro, le 13 nai 179-2, passa les premières années de sa îuncsso dans le monde, où sa naissance, sa )rlune, ses (alcntSt la distinction de ses maières et de sa personne lui donnaient le roil de prétendre à tout.
Vers rage de vingt ans, atteint d'une mauJio fort grave, que les médecins déclaraient irurable, il eut recours à la sainte Vierge, ? trouva un jour radicalement guéri , et, x*oniplis>ant le vœu qu'il avait fait, entra uis Téiat ecclésiastique.
Ordonné prêtre , il prit la direction de liospice Ta(a Giovanni; on nomme ainsi ae ujai2»on qu'avait fondée |)Our faire vivre élever chrétiennement do petits et pauvres phclins, un vieillard chrétien , maçon de Il métier, dénué de toutes ressources, mais :he des trésors de la charité. Le jeune étrt*, touché de son dévouement, lui assoi le sien; il consacra son temps, son trait, son argent, tout ce ou'il avait à cette ivre de piété et de miséricorde. Le Pape ait fait son apprentissage auprès des oulers, des |>auvres et des orphelins ; il l'a nlinuê par l'apostolat.
)ous le pontificat do Pie VII, Mgr Mûri,, [>uis évèque di Cita di Casiello^ étant enyé iricaire a|)Ostolique au Chili, l'abbé staï Ferrelti le suivit en qualité d*au(/ir (i;onseiller ou théologien). Des ditféids étant survenus.entre le vicaire a(>os- <|i4e et les gouvernemonisdu Chili, l'oblieut bientôt, ainsi que Mgr Mûri, à quitce pajrs: et l'on dit que dans ces circon- II es difliciles, le jfune audii$ur munira rourage et une icrmeté qui frappèrent ^iilièrement le grand Pape Léon XU. Ce (ilo le nomma prélat, chanoine de Sainteté m Via Lata^ et puis président du grand f »ice de Saint-Michel, à Kipa Grande. On
que cet établissement , l'un des plus iix du DQonde, est comme l'Hôtel-Dieu de le^ el que le président en a la direction
L* ât mai 1827, Léon XII le donna pour Dior pasteur è Spnlète, sa patrie, qu'il t érigée enarcbevèché.M^r Mastaï occupa iége jusqu'en 1832. Le 17 décembre de 7 anoée-la, Grégoire XVI lo tntnsféra k
révèchéd*lmola, (loste important, et qui, au milieu des agitations auxquelles était alors en proie la Romagne, demandait un homme de choix, un caractère aussi ferme que sage. L'évèque remplit les espérances de Grégoire XVI, et tout le monde savait en Italie com^ bien l'évèque d'Imola était vénéré et aimé dans tout son diocèse.
Réservé in^peUo dans le consistoire du 23 df^cembre 183*J, et proclamé le ik décembre 18U), il était carainal du titre des saints Pierre vi Marcellin. Sa réputation de talent et de piété était grande dans tous les Etats de l'Eglise^ et k Rome, le peuple qui l'avait connu, qui l'avait vu k l'œuvre d'abord dans le pauvre établissement du vieux maçf>n , puis k Saint-Michel, le peuple, lorsque quelque devoir appelait dans la capitale rie la chrétienté l'évôi^ue d'Imola, qui bien rarement quittai.t son diocèse, disait en le voyant passer: Voilà 1$ futur Pape; Dieu nous le donnera.
Pie IX n'avait , lors de son élection, quit cinquante-ouatre ans ; il y a longtemps que le Sacré Collège n'avait donné k l'Eglise uu Pape si jeune; il y a longtemps aussi qu*on n'avait vu un conclave durer si peu, et ne pas même laisser aux puissances temporelles les quelques jours nécessaires pour envoyer Ifurs instructions aux ambassadeurs, pour faire arriver k Rome les cardinaux des couronnes.
Grâce k Dieu, nous espérons de longues années encore au glorieux pontificat do Pie IX. Comment donc oserions - nous entreprendre de retracer Thistoire d*un Pape encore vivant, et donner ainsi comme un lambeau d'une de ces illustres biographies (|ue la postérité seule peut recueillir? Résumer une sèche nomenclature de ces actes si nombreux et si grands qui tiennent en suspens le monde entier, et les présenter arides'et décolorés dp tout ce qui en fait l'enseignement, la raison et la vie, nos lecteurs ne nous le pardonneraient pas, et certes ils auraient raison. Prétendre, en face d'un Pontife sur le siège, apprécier, juger et caractériser les faits d'un pontificat qui nous régit, ce ne serait pas seulement outrager l'impartiale justice de l'histoire en prétendant la devancer, ce serait manquer aux plus simples devoirs de Chrétien, et nos éloges mêmes perdraient toute valeur comme toute apfrareuce d'indépendance. D'ailleurs tous les actes de Pie IX si récents , si publics, sont parfaitement connus de tout le mon te, el nous ne tracerions, pour ainsi dire, qu'uno page rétroactive de journal sans intérêt, en racontant ce qui s'est passé sous les yeui de toute la chrétienté de nos jours. Ainsi tout» depuis les plus simples convenances des rapports du Chrétien avec le Père commun des tidèles jusqu'aux sévères exigences do l'historien , depuis la notoriété contemporaine des faits, dont nous ne ferions ou'une I édite inutile, jusqu'k la grandeur etk l'imiiortance do ces événements qui ont ébranl4 rFurope tout entière, tout nous commando impérieu^ement le silence respectueux du
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Cbrélien el ramonr du fidèle. Nous ne voulons manquer ai à Tua uî à laulre de ces deui devoirs.
pierre; (Saini). — Prince des apôlres et premier Pape, saint Pierre, avant sa voca* tion à Tapostolat, se nommait Simon. Il était iils de Jonas , marié , el exerçait la profession de pêcheur à Belhsaide, petite ville de Galilée, sur les bords du lac de Géné- Ztireth; puis il vint» avec André, son frère, à Capharoaum, ville située de l'autre côté du lac, et ils y continuèrent leur premier étatw André se fit disciple de saint Jean- Baptiste 1^ et ce précurseur du Messie ayant TU un jour venir à lui celui qui était robjet de lattente de la nation juive, Tappela VAgneau cfe Dieu. André vint annoncera Simon, son frère, qu'il avait trouvé le Messie, et, dès le lendemain, il Tamena à Jésus- Christ. Le Sauveur regardant Pierre d*un œil atTectueux, lui dit, que désormais au liou de Simon, fils de Jonas, il s'appellerait Céphas, mot syro-nhaldaXque qui signitie Pierre. Les deux frères^ aiirès avoir passé un jour avec le Sauveur, s*en retournèrent »ux occupations de la pèche, mais ils venaient de temps è autre Técouier, et recevoir de lui les paroles de vie. Quelques mois s*étant écoulés, Jésus-Christ revenant de Jérusalem, les rencontra sur les bords du lac de Génézareth, où ils lavaient leurs Iilets. Etant monté dans leur l.arque, il instruirait le peuple, oui venaii l'écouler en foule. Knsuite, il dit à Pierre ; Jetez vos filets en pleine mer. [Luc. v,i^.] Pierre obéit, et tandis (]u*ils n'avaient pu rien prendre toute la nuit, la pêche fut si abondante que leurs filets su rompaient. Pierre étonué du miracle, et se jugeant indigne que le Ciel fit ce prodi^^e eu sa faveur, se jeta aux pieds de Jésus,, pro^. testant qu'il ne méritait pas d'approcher de lui, parce qu'il n'était, dit-il qu'un homme pécheur, et dès ce moment il quitta tout pour suivre le Sauveur.
C'est Jésus-Christ lui-mêtne qui choisit saint Pierre (vour être le point d*unité du corps des Cliréliens et le chef de son Eglise, à qui Ton donna plus tard le nom de Pape. Non -seulement Jésus- Christ établit saint Pierre chef de son Eglise, mais encore il lui donna de fré ]uentes preuves de sa prédilection. En etTt't, Jésus ayant interrogé ses disciples sur ce que les Juifs disaient à son sujet, il ajouta : Et vous^ qui dites-vous que je suis? Simon Pierre répondant^ dit : Vous êtes le Christ^ Fils du Dieu vivant.
Et Jésus repondant ^ lui dit : Tu es heureux^ Simon^ fils de Jean ; car ni la chair ni le sang ne t*ont révélé ceci, mais mon Père qui est dans les deux.
Et moitié te dis que tu es Pierre^ et sur cette pierre f élèverai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle.
Et je te donnerai les clefs du royaume des deux ; et tout ce aue tu lieras sur la terre sera lié aussi dans tes cieux^ et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les deux. [Matth. XVI, 15-19.)
Cest donc à cette glorieuse confession do
foi que saint Pierre dut celte prini:^ > Chef de l'Eij^lise, perpétuée parsaisTN seurs légitimea, primaufé incunlesd'^f reconnue même par les plus grandsKt*'.
saires de la papauté. Luther s'exiriinniu. « Personne ne nie que Pierre De$uill(!^ mier parmi les apôtres. » {hëff,\f « Pour ce qui est, » dit-il encore,! de::». neur et de la soumission qBJsonUibt Souverain Pontife ei auSiégedeE9lc^; n*ai jamais nié la primauté d'boooeuriu Pierre ni à ses successeurs. Aumflt'i'.
je l'ai constamment confessée etkifur défendue. Si l'on considère riDtwm&A • cette primauté, on verra que lirh<i<?r mérite pas que nous rompions hii\\ki% glise. » {Contre les anaèaplt«/n.j«JeD;ti pas, » continue Luther, « qae llftgH - Rome ne soit, n'ait été et ne doive h premier. Ce gui me |>orle è mire qi? ' Pontife romain est sur tous les m^v
Elus grand, c'est premièrementliTuioan • ieu, laquelle est visible en ce^e«Sti^ car le Pontife romain n'eût jan:aispairrf è cette monarchie, si Dieu oelûa Or la volonté de Dieu, de quelque Qi'.' qu'elle nous soitsigntfiée,duitélrerr^a'!r* respect, et partant il n*est pas perru^ résister au Pontife romain eo $« [fiui Cette raison est si puissante, que, i]iî même il n'y aurait en sa faveur aucuiiw. de la sainteEcriture, ni aucune latreny celle-ci serait assezforte pour répria^/qui lui résistent. » (Traité intitulé : It'f tion sur treize propositions^ c. 1" de : tion de léna.) Après Luther, ù\mr.
prime d'une manière non moins p*?*' sur la primauté de saint Pierre :« P>t^ < dit-il, a a été le principal entre les apûfrrs ne le nie pas; j'avoue mémequeiiooc' ration de l'excellence des doos dont »
gneur l'avait comblé, il avait union n pouvoir, ce qui faisait quetooleslt^' qu'ils étaient assemblés, rassemblée .
rendait respect, honneur, soumiâ^i [Traité de la réforme de rEglise,) Pui>L gle accorde que « saint Pierre a été iltf^ autorité au-dessus des autresapôlres. > ^ * ces trois prétendus réforuiatears, md'autri'S protestants, sce{)tique5,ioar.v' tous sont forcés de recouoatlre la [ne* donnée par Dieu lui-même à saint Ph;^ à ses successeurs légitimes. (Dirii»* des apologistes involontaires ^ (»ul<>? M. labbé Migne.) Mais revenons à la vie de saint Pirrr Un jour aue Jésus oarphaitsar b^f Pierr» lui demanda d*allerà lut, ri^'^ veur le lui permit pour récompenfer amourt II est vrai que ragitatian ti^i causée par le veut, ei^cita en lai un »- * ment de crainte qui ébraBta, pi^rH-' ment, la fermeté de sa toi ; mais ir^ rassura et le soutint. Le Sauveur \4^'f\ suite dans le pays de Géoésaretb, Jt <-* cûté du lac, et y aoQOOça la nouTelie •) ** lut ; mais comme il avait prêché des «Ç' que l'urgueuil des esprits atait eoj^* qu'on no goûtât > ceux «lui l'éceanct-
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relirèrcnt. Il demanda alors k ses apôtres s'ils ne voulaient pas aussi le quitter et s*en aller à Texemple des autres; mais saint Pierre» prenant la parole pour tous, lui dit : Seigneur^ à qui irions-nous ? Vous avez les parole» de la vie élernelle : nous croyons et nous le savons certainement^ que vous êtes le Christ, Fils de Dieu. [Jodn, vi, 68-70.)
La foi et le zèle de Pierre éilalèrent en bien d'autres occasions. Quand Jésus-Christ annonça è ses disciples qu^il allait être livré h ses ennemis, et qu*il serait abandonné de tous les siens» cet apôire assura qu'il mourrait.avec lus plutôt que de lui être intidèle, et que quand tous les autres l'abandonneraient, pojir lui, il ne s'en séparerait jamais. Il eu avait ed'ectivement la volonté, mais cornlue elle était mêlée d'une présomption qui avait besoin d'ét'< e.guérie par un remède qui riiumiJiât, Jésus-Christ lui d't : Je te le dis en vérité^ cette nuit méme^ avant que le coq chante^ tu me renieras trois fois. (Matlh xxvi, 75.) Puis ils se rendirent au jardin de Gethbéuiani, où les Juifs, conduits lar Judas, vinrent se saisir de Jésus-Christ. Pierre, prenant une épée, en frappa Malctius, domestique du grand prêtre, et lui coupa l'oleille droite; mais le Sauveur le réprimanda cl lui ordonna de mettre Tépée dans le fourreau. Pierre sensit bientôt son couraj^e se refroidir, et il ne suivait déjà plus son Maître que de loin. Arrivé chez Caïphe, il se tenait assis dehors, dans la cour; et une servante, s*approchant , lui dit : Et vous aussi vous étiez avec Jésus le Galiléen? Mais Pierre le nia devant tous disant : Je ne sais ce que vous dites. Et comme il sortait hors de la porte, une autre servante le v</, et dit à ceux oui étaient là : Celui-ci était aussi avec Jésus ic Sazaréen. Et il le nia derechef avec serment : Je ne connais pas cet homme.
Peu après, ceux qui se trouvaient là, s^ap» procliant de Pierre^ lui dirent : Certainement vous aussi vous êtes de ces gens-là: votre langa^e vous décèle. Alors il se mit à jurer avec cjcecration qu'il ne connaissait point cet /lomme. Ht aussitôt le coq chanta.
Alor$ Pierre se souvint de la parole que lui • ttait dite Jésus : Avant que le coq chante, tu $ae renieras trois fois. Et étant sorti dehors^ il pleura amèrement. {Matth. xxvi, 69-7^.) La tradition dit même qu'à force de pleurer s^on crime, ses joues se cavèrent et devinrent, pour tous, une marque visible de sou repentir. « Heureuses larmes , » s'écrie s^int Aiuliroise, « qui ne demandent point de par- 4lon et qui le méritent 1 Aussi le divin hau- Veur oublia la faute de ce sincère péuiient, et continua de répandre sur lui ses faveurs ATcc abondance. »
lorsque Pierre fut retourné à ses filets sur le lac de Génézareth, pendant qu'il était occupé k la |êche, il aperçut Jésus-Christ sur le bord, et ihse jeta à la nage pour aller h lui. Quand il fut arrivé sur le rivage avec Jean et les autres, ils y virent des charbons allumés, avec un |K>isson rôti et du pain. Lorsqu'ils eurent man^é, Jésus dît k SimoQ Pierre : Sïmori, fils de Jean p
m'aimes' lu plus que ceux-ci? Il lui répon^ dit : Oui, Seigneur, vous savez que je tous aime. Jésus lui dit : Pair mes agneaux. Il lui dit de nouveau : Simon, fils de Jean, M'aimestu f il lui répondit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime, Jésus lui dit : Pais mes agneaux.
Jl lui dit une troisième fois : Simon, fils de Jean, m'aimes-tu? Pierre fut contriste qu'il lui eût dit une troisième fois : M'aimes-tu? Et il lui répondit : Seigneur ^ vous savez toutes choses : vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. [Joan. tlili, 15-17.)
Après celle triple assurance de son amour»
3 ni, selon les saints Pères, réparait le scanaie de son triple n niement, Jésus-Christ lui confia la mission de gouverner son Eglise tout entière, et lui prédit ensuite ou'il terminerait sa vie par le supplice de la croix. Jésus apparut h Pierre et aux autres sur une montagne de Galilée , et leur ordonna do prêchera toutes les nations l'Evangile, le baptême et lap^nilenco, cl leur promit de confirmer leur doctrine par ih$ miracles. Retournés à Jérusalem, les apôtres s'enfermèrent dnns le cénacle, occupés à la (irière, en attendant la descente du Saint-Esprit. Lorstfu'iis eurent reçu le Saint Esprit, saint Pierre, transformé en un homme nouveau, fit aux Juifs un discours si éloquent, qu'il eu convertit trois mille, qui reçurent le baptême, ainsi que les dons du Saint-Esprit.
Depuis ce premier discours de saint Pierre, Dieu fit croître de jour en jour le nombre des fidèles par son ministère. C'est è quoi contribua beaucoup la guérison d'un boiteux fort ci>nnu dans la ville de Jérusalem, et qui se tenait è la porte du temple. Cet homme, voyant les apôtres, les pria de l'assister do Quelque aumône. Mais saint Pierre lui dit ; Je fiai ni or ni argent ; ce quej'ai^ je vous le donne. Levez-vous, au nom de Jésus de Naza^ rethy et marchez. (Act, lu, 7.) 11 le prit en même temps par la main pour le faire lever; aussitôt^ ses jamlies et ses pieds devinrent fermes { ii se leva avec légèreté , et entra dans le temple avec les apôtres louant Dieu. Ceux qui le virent en cet état furent remplis d'admiration et d'étonnement, et un peuple nombreux s'assembla autour des apôtres dans la galerie de Salonion. Saint Pierre, profitant de rocca$i(»ii. leur dit : Enfants d'israè'lf quel est le motif de votre étonnement? et pourquoi arrêtez-vous Its yeux sur nous, comme si nous avions guéri cet homme par notre propre puissance? Ce nest pas nous, c'est Jésus-Christ, Fils unique du Très-Haut^ le même que vous avez livré à Ponce Pilote, en forçant ce gouverneur infidèle à porter la smience de condamnation; c'est te fils de David, votre Christ et votre vrai Roi, que le Dieu d'Abraham, disaac et de Jacob, vient de
Îlorifier. Vous lui avez préféré vn insigne rigand, un homicide: vous avtz opiniâtre'» meut sollicité la délivrance de Barabbas et fait proscrire V Auteur même de la vie, que Dieu a ressuscité d'entre les morts, ainsi que nous rattestonsj nous qui f (jurons vu de noM
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DICTIONNAmE
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propres yeux dams la gloire de sa résurrec^ lion et de son triomphe, Cesl par la foi quon doit avoir en lui que cet homme • que %ous voyez et connaissez tous^ vient d'obtenir une fjnérison complète à la vue de tant de témoins, {Act. III, 12-15.)-.. Et il iour parla avec tant (ië force de ce qa*ils avaient vu de leurs propres yeux, et que tout le monde connaissait, qu'après ce discours cinq mille personnes, sans y comprendre les femmes ni les enfants, se convertirent et demandèrent le baptême.
Les premiers fidèles n'avaient qu'un cœur et qu'une âme, et ils mettaient leurs biens en commun. Ceui qui étaient riclies vendaient leurs propriétés et en déposaierit !e prix aux pieds des apôlres pour les répartir entre tous, selon les besoins de chacun, (/frtd., 32.) Ananie entreprit, de concert avec sa femme Saphire, de tromper le Prince des apôtres. Ayant vendu ses terres, il présenta une partie de Targent qu'il en avait relire et retint le reste. Dieu révéla au Chef de son Eglise cette criminelle dissimulation et la punit avec une rigueur étonnante. Ananie^ lui dit saint Pierre, en le regardant fixement , c'est à Dieu que vous mentez , et non aux hommes. Vous O't-on contraint par des sollicitations à vous défaire de votre héritage? et quel aveuglement ^ sous Vapparence de Cœuvre la meilleure^ vous précipite dans , les pièges de Satan? Frappe de ces mois comme d'un coup de foudre, Ananie tomba mort. Et, se levant, deux jeunes gens l'enlevèrent, et l'ayant cnporlé, ils l'ensevelirent, environ trois heures aprêSf sa femme^ ignorant ce qui était arrivé^ entra. Pierre lui dit : Dis-moi si tu as vendu Ion champ tant ? Elle fépondit : Oui, tant, El Pierre lui dit : Pourquoi vous étes-vous concertés ensemblepour tenter fEsprit'Saint f Voilà aue ceux qui ont enseveli ton mari sont à la norle pour Remporter, Et aussitôt tombant à ses pieds , elle expira. Les jeu^ nss gens entrant la trouvèrent morte^ et ils remportèrent et V ensevelirent auprè* de son mari. {Àct. v, 1-10.)
Saint Pierre paraissait de plus en plus puissant en œuvres et en paroles. Les miracles et les prodiges se multipliaient sous sa main. On exposait même les malades dans les rues sur des lits, afin que, quand il passerait, son ombre au moins en couvrit guelques-nns, et qu*ils fussent guéris. Dieu faisait paraître sa puissance par le ministère des autres apôtres. Leur courage fut bientôt mis à l'épreuve. Le f^rand prêtre Caïplie et ceux de sa faction, qui était celle des sadducéens, irrités de la prédication de l'Evangile, firent prendre les apôtres et les mirent dans les prisons de la ville; mais un ange ▼int la nuit leur ouvrir l'es portes, sans que les gardes s'en aperçussent, et leur ordonna de retourner dans le temple et d'y annoncer l'Evangile comme auparavant. On trouva donc le lendemain la prison fermée et les gardeaà la porte, mais il n'y avait personne dedans. On en fit le rapport au conseil des Juifs, qui se trouva fort embarrassé. En mécie temps on vint leur dire que les apôtres
étaient dans le temple, et qu'ils y prèrhaient. L'officier alla aussitôt avec ses gardes, et amena les apôtres. On leur demanda comment ils osaient encore prêcher Jésu$, après les défenses qu'on leur en avait faites. Saint Pierre répond il pour tous, comme il avait déjà fait dans une autre rencontre, qu'ifs étaient pins obligés d'obéir h Dieu qu'aux hommes; qu'ils étaient témoins de la résurrection de Jésus-Chrisf, et que le Saint-Esprit l'attestait encore par le^ miracles qu'il leur faisait faire. Caiphe et les antres du conseil furent si irrités de cette réponse, qu'ils délibéraient déjà de les faire mourir, lorsque Gamaliel, célèbre docteur de la Loi, détourna le coup par une habile observation : ils firent néanmoins fouetter les apôtres, et leur défendirent plus expressément de prêcher Jésus-Christ. Mais eux, pleins de joie d'avoir essuyé des oppnibres pour son saint nom, n'eurent aucun égard à cette défense.
• Peu de temps après saint Pierre sortît do Jérusalem pour prêcher l'Evnnjçile hors de la Judée. Il alla d'abord ftSamane, où la parole de Dieu avait déjà été reçue; il imposa les m<)ins aux fidèles de cette ville, et le Saint-Esprit leur fut donné. Un magi^irn fameux, nommé Simon, voyant que roux à qni les apôtres imposaient les mains recevaient en même temps tons les dons de l'Ksprit-Safnt, leur offrit de l'argent pour avoir le même ^louvoir. Pierre eut horreur de l'ambition sacrilège de Simon; il la rejeta avec indignation, et l'exhorta à faire pénitence de son péché. Cependant, comme Dieu voulait que l'Evangile fôt aussi prêché aux gentils, il dit à cet apôtre dans une vision, d'aller baptiser et instruire le premier des gentils qu'il voulait appeler à la fi)i. C'était un cenlenier nommé Corneille, dont les prières et les aumônes étaient agréables à Dieu. Il écouta saint Pierre avec docilité; il crut, lui et toute sa famille.
La sollicitude i)ontificale de saint Pierre le conduisit d'abord à Lydde, ville de la tribu d'Ephraïm, assez proche de la Méditerranée, et sur la route deCésarée, et ayant été visiter un paralytique, nommé Enée, retenu depuis huit ans dans son lit, il fut touché de compassion. Enée^ lui dit-il, le Seigneur vous guérit t levez-vous; et pour faire connaître à tout le monde le plein effet de sa puissance^ faites vous-mémevotre lit. (Act. ix, 3h,) Le |[>aralytiqiie se levant aussitôt en pleine santé,*fit son lit; et le bruit de celte nouvelle se répandit par toute la ville et les habitations de la* plaine de'Sarone où elle était située.
Les merveilles qu'opérait saint Pierre à Lydde furent bientôt connues à Joppé, village proche de là. Or il venait de mofinr une femme ehrétienne, nommée Tabithe, et plus communément la mère des pauvres, parce qu'elle s'était entièrement ccnsaiTée à leur service. On envoya donc deux personnes à Lydde, pour prier le Prince des apôtres de se rendre à Joppé. 11 partit aussitôt avec les messagers, qui, en arrivant, leei>n« duisircnt à la salle où le corj>s de Tabitba
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DES P.VPES.
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^ia\i exposé. IJ n*était pas entré qu'une roupe de pauvres veuves fenvironuèrent Q se lamentant. Pierre pleura avec elles» t, ne doutant pas du miracics se prosterna •our prier; puis, se tournant vers le corps, I (lit à haut« voix : Tabitht^ levez -vous. [Ibid.j 0 ) Taliithe ouvre les yeux et se met sur son éiiiit. Pttis« lui tendant la main, saint Pierre itlc Taliiihe kse lever tout à fait et la rend ux pauvres en parfaite santé. La nouvelle
0 ce miracle se répandit par toute la ville, i an grand nombre de citoyeus se converrent. Saint Pierre alla ensuite à Aniioche, ipilale de TOrient, et il en fut le premier vôt|ue. Il n'y résida pas toujous : car son Me lui fit parcourir le Pont, la Cappadocc,
1 (jalatiCi la Bithynie, l'Asie Mineure. Enjile il vint à Rome, afin de combattre Ter- Mir et TidolAtrie jusque dans les lieux ^ elles dominaient avec le plus d'empire* 'est à ce temps qu'il faut rapporter ce lyage^ selon la Chronique d*Eusèbe et le inoignage de saint Jérôme, c'est-à-dire, en seconde année de l'empire de Claude qui
;iit Tan de Jésus-Christ i2. Mais il parait i*il n*y demeura pas lonj^temps : car il éiait Jérusalem l'année suivante. La Judée léissait alors k Hérode Agrippa. Ce prince^ jî voulait gai^ner l'affection des Juifs, et leur muer des preuves du zèle qu'il avait pour ur loi, excita contre les disciples de Jésus* irist un nouvelle persécution. 11 fit mou* r l'apôtre saint Jacques, dit le Majeur, frère r saint Jean. Il fit aussi arrêter saint Pierre, le Ut garder en prison par seize soldats, »ulant attendre que le temps do la Pâque i passé* pour le faire mourir. Mais, pendant le TEglise faisait à Dieu de continuelles ières pour la délivrance de cet apôlre, ii^e du Seigneur vint dans sa prison, la in|ilit «le lumière, réveilla Pierre, lui orruia de se lover promptement et de le ivre. En même temps les chaînes dont il lit lié tocûtièrcnt, les portes s'ouvrirent et iiit Pierre sortit. L'ange l'ayant conduit i*|u*au boutd'une rue, le quitta et disparut, ^rrc étant revenu à lui se réfugia dans la lison (le Marie, mère de Jean Marc, parent saint Barnabe, où plusieurs fidèles étaient semblés : ce qui les remplit d*étomiement de joie. Saint Luc ,ni aucun des auteurs ce teuips ne nous apprennent oùalla saint 'iTc, en sortant de cotte maison, ni ce il lit jusqu'au concile de Jérusalem. Il ait néanmoins qu'il retourna dans les évinces de l'Asie pour y faire de nouvelconversions. QueloueSMins croient que ra alors Qu'il alla k nome, et qu'il y lra« Ita è prAcner l'Evangile aux infidèles.
> fui è cette é|>oqiie qu'il écrivit sa pre- .se £iiltre pour ceux du Pont, de la Bilhy* « da la Gaiatie et de la Cappadoce. Elle datée de Babylone, qui est le nom qu'il naît à la ville de Rome, ainsi que 1 enient Eusèbe, saint Jérôme et les autres es» et écrite vers le milieu du i*' siècle; idresse aux Juifs convertis, répandus dans |irovixioes. Après avoir passé près delrois en celte ville, il retourna è Jérusalem,
où se tint le premier des conciles. Ce fut à l'occasion de ce que saint Tite vint consulter les apôtres ei les anciens, sur ce que quelques Juifs convertis soutenaient qu on ne pouvait être sauvé sans la circoncision et l'observation de le Loi de Moïse. Les apôtres saint Pierre, saint Jean et saint Jacques et toute l'Eglise s'étant assemblés, saint Pierre parla et Tut d'avis do ne point imposer aux nations , c'est-è*dire aux gentils qui secon« vertissaient, un joug que la loi de l'Evangile rendait inutile. Le senti. iient de cet apôtre fut embrassé par toute l'assemblée. Dans cette 'même année (an do J.-C. 51) saint Pierre retourna à Antioche, puis è Rome.
On ne sait que très-peu de chose de ce qu'il fit depuis l'an 51, jusqu'au temps de sa mort. Mais on comprend par quelques endroits do ses Epllrcs, qu'il employa cet es* pacede temps, qui fut de quinze ans, à pré* cher dans la ville de Corinthe , à travailler à la conversion des Juifs et des païens; qu'il envoya de ses disciples pour fonder des Eglises en divers lieux de 1 Italie, et dans les autres provinces de l'Occident. Il envoya prêcher dans les Gaules Trophime et saint Crescent disciples de saint Paul. C'est ce quo nous apprend le témoignage des évoques de la province d'Arles, qui, en écrivant au Pape saint Léon, vers le milieu du v' siècle, rap* pellentcefait comme une chose connue dans la Gaule et qui ne pouvait être ignorée /• Rome. On dit qu'il vint à Rome vers l'un 58^ qu'il y fit de grands fruits par sos prédications et \\w ses miracles ; que de Rome il porla TEvangile en divers cnJroits de TEurope. Il est du moins constant qu'il retourna à Rome vers Tan 65. Saint Paul y arriva quelque temps après. Tous deux travaillèrent par leurs prédications et par leurs miracles avec tant de succès que le démon en frémit. On était alors sous Te règne de Néron, que Thistoiro dépeint comme un monstre u'iniamie et de cruauté. Les impiétés et tous les vices régnaient dans Rome.
Saint Pierre, non plus que saint Paul, ite flatta point les puissances du siècle, en leur cachant la vérité, pour s'épargner un supplica qu'il regardait comme sa gloire. 11 redoubla son zèle et son ardeur, et prêcha arec lant de force la chasteté, l'amour de Dieu, et toutes les autres vertus qui font le Chrétien que les païens en furent irrités. On dit (]ue les fidèles, craignant qu*on ne le fit mourir, le prièrent instamment de se retirer. Saint Pierre refu* sant d'atiord, céda è leur importunité, cl choisit pour cela le temps de la nuit. Mais à peine était-il à la porte delà ville «que Jésus- Christ lui apparut. Le saint apôtre lui demanda : Seigneur où aUe%-v9U»^ — Je viene à Rome^ lui répondit Jésus*Christ, pour éire crucifié de nouveau. SaiiU Pierre vit dans ses ^^roies un reproche de sa lAcheté et une marqueque Dieu lui demandait le sacrifice de sa vie. Il retourna sur ses pas, et raconta cette vision aux fidèles, la leur expliquant dans le sens où il l'entendait. Bientôt après on vint, pai^ordre de Néron, pour le prendre et le mettre en prison. Saint Paul avait d^