‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27) (volume 3)Chapitre 96 sur 123 · DOMAIIVB TEMPOREL DU PAPE · texte numérisé non relu

DOMAIIVB TEMPOREL DU PAPE

SUPREMATIE.— « Rien, » dit deMaistre, « dans toute Thistoire ecclésiastique, n*est aussi invinciblement démontré, pour la conscience surtout qui ne dispute jamais, que la suprématie monarchique du Souverain Pontife. Elle n*a point été sans doute, dans son origine, ce qu*elle fut quelques siècles après, mais c*est en cela précisément qu*elle se montre divine : car tout ce qui existe légitimement et pour tous les siècles, existe d*abord en germe et se développe successivement*

Bossuet a très*heureusement{ exprimé ce germe d*unilé, et tous les privilèges de la Chaire de saint Pierre, déjà visibles dans la personne de son premier possesseur.

t Pierre, » dit-il, « parait le premier en « toutes manières : le premier dans Tobli- <« gation d*eiercer l*amour; le premier de « tous les apôtres, qui vit le Sauveur res- •I suscv'é des morts, comme il en avait été le « premier témoin devant tout le peuple; le c premier quand il fallut remplir le nombre « des apôtres, le premier qui confirma la foi « par un miracle ; le premier k convertir « les Juifs; le premier k recevoir les gen-

• tils; le premier partout. Mais je ne puis « tout dire: tout concourt è établir sa pri- « niauté ; oui, tout, iusqu'à ses fautes.... La « puissance donnée a plusieurs porte sa res- « triction dans son partage; au lieui que la < puissance donnée a un seul, et $ur tous et « êant esceplionf emporte la plénitude

• Tous reçoivent la même puissance, mais « non en même degré, ni avec la même

• étendue. Jésus-Christ commence par le « premier, et dans ce premier il développe le

• tout ••..atio que nous apprenions que

c Tautorité ecclésiastique, premièrement « établie en la personne d*un seul, nes*est > répandue qu'a condition d*6tre toujours c ramenée au principe de son unité, et que r tous ceux qui auront à Texercer se doivent f tenir insé^iarablement unis k la même

chaire. » [Sermon tur Funiiéf part, i.)

Pais il continue avec sa voix de tonnerre:

« C*esi cette chaira tant célébrée |^r les Pères» où ils ont exalté comme à l'euvi la principauté de la Chaire apoetoliaue^ la principauté principale^ laêource de Vunité^ ei dans la place de Pierre^ réminent degré de la Chaire $acerdotaU;l'Egtise*Miref qui iieni en sa main la conduite de toutes Us autres Eglises ; le chef de Vépiseopatf d^oi pari te rayon du gouvernement ; la chaire

(lll) Ego pariter Uostus sedii epostotitm mépro*

• d4€r€imm «i 5. D. Jv. ûdproéetnr (Pallav., HIsi. me. TridtHi.flïb. ixxii,cap. 4 ^9. lih. xx&ni, c9.

e principale^ la chaire «ntoue, en laquelle « seule tous gardent runitél Vous entendez « ces mots saint Optât, saint Augustin, saint « Cyprien, saint Irénée, saint Prosper,

< saint Avite, saint Théodoret, le concile do « Chalcédoine el les auires ; TAfrique, les « Gaole^, la Grèce, TAsie, TOrient et rOcci-

« dent unis ensemble Puieque c^était le

« conseil de Dieu de permettre qu*il s*éle- « yAt des schismes et des hérésies, il n*y « avait point de constitution, ni plus ferme « |iour se soutenir, ni plus forte pour les « abattre. Par cette constitution tout est fort • dans rSglise, parce ^oe. tout y est divin « et que tout y est uni ; et comme chaque ^ partie est divine, le lien aussi est divin, et « l*assemblage est tel que chaque partie agit

« avec la force du tout C*est pourquoi

c nos prédécesseurs ont dit qu'ils agis^

« saient au nom de saint Pierre^ par laulo^ « rite donnée à tous les évéques en la personne « de saint Pierre^ comme vicaires de saint « Pierre^ et ils Pont dit lors même qu'ils « abaissaient par leur autorité ordinaire et « subordonnée; parce que tout a été mis « premièrement dans saint Pierre, et que la « correspondance est telle dans tout le corps n de TEglise, que ce que faitchaque évoque, « selon la règle et Jans Tesprit de Tunité « catholique, toute l'Ëglise, tout Tépiscopat

< et le chefderépiscopat le fait avec lui. » Le Pape et rÈglise, c*est lou/ tin/ Saint

François de Sales la dit {EpUres spirituelles^ liv. vu, épltre k% et Bellarmin avait déjà dit avec une sagacité qui sera toujours plus admirée , k mesure que les hommes devien» dront plus sages : Senoes-vous de quoi il s'a-git^ larsqu*on parle du Souverain Pontife f Jl s'agit du christianistne. (Bbllarmin, De Summo Pontifice^ in Pmfat.)

La Question des mariages clandestins ayant été décidée k une très-grande majorité de voix dans le concile de Trente, Tun des légats du Pape n*en disait pas moins aux Pères rassemblés, après même que ses collègues avaient signé : « Et moi aussi , lé^at du Saint-Siéire , je donne mon approl)ation au décret, sli obtient celle de N. H. P. (111). »

Saint Francis de Sales terminera ce chapitre. 11 eut jadis Tingénieuse idée de réunir les différents titres que Tantiquité ecclésiastique a donnés aux Souverains Pontifes et k leur Siège. Ce tableau est piquant et ne peut manquer de faire une grande impression sur les bons esprits.

Le Pape est donc api>elé :

Le très-saint évèque deTB^jlise catholique.(Cofic. Suessionens.)

Le très-saint et très-heureux palriarclic. (/6id., t. VU Concil.)

Le très-heureux Seigneur. (S. Aca., euisl. 95.)

Le patriarche universel. (S. Lso, Papa, epist. 62.)

— ZACCAau.,Aitii-Feèroiii«f tlndicstuif in-S*, ié Oissert. 4, cap. 8, p. 197 et I89«

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