Livre IX
Chapitre premier. — Miracles opérés par l'intercessionde saint Charles.
Chap. II. — Miracles opérés pendant sa vie.
Chap. III. — Miracles arrivés dans le temps de sa mort.
Chap. IV. — Miracles opérés par V intercession de saint Charles après sa mort.
Chap. V. — Miracles opérés sur le tombeau de saint Charles.
Chap. VI. — Miracles opérés par les images de saint Charles.
Chap. VII. — Respect qu'inspirait tout ce qui venait de lui.
Chap. VIII. — Quelques grâces spirituelle» obtenues miraculeusement par l'intercession de saint Charles.
BORROMÉE (Frédéric), cousin-germain de saint Charles, manifesta dès son enfanca une vocation si pronoucée pour l'état ecclésiastique, que son vénérable parent prit soin de son éducation ; et, l'ayant rois au nombre des clercs, il le fil éîever dans le collège qu'il avait fondéàPavie. — Le jeune Frédéric s'y distingua par sa piété, autant que par ses talents. Le Pape Sixte V le nomma cardinal en 1587; et Clément VIII, archevêque de Milan, en 1595. En 1609, ce prélat célébra le septième concile provincial de Milan, et soutint dignement le glorieut nom qu'il portait. C'est lui qui fonda, à Milan, la célèbre bibliothèque A mbrosien ne, r qu'Antoine Olgiali , auquel il en confia le soin, enrichit de neuf mille manuscrit»? dont beaucoup étaient grecs ou orientaux. Le cardinal Fr. Borromée mourut en 1632. Il a laissé divers ouvrages, entra autres: Sacra colloquia, Milan, 1632, 10 vol. in-12; 1636, k vol. in k*. — De episcopo conci*nante. Milan, 1632, in-ful. — Me'ditamtnta litteraria, Milan, 1633, in fol. — Principum
&81 BOU
fntor; — f>itinoj laude$; — Sermones synodale : — De Christimee menti» jucunditate, Me. (Voy. Giussano, Vita sancti Caroli: — SrojDB, In Annalibus ; — Janus Nicius Erxirroecs. etc.
RORROMEE (Ailbert), petit-neveu du précédent, naquit eo 1615. — Il passa par différents emplois, fut gouverneur, commissaire des armes, etc., dans les Etals pontificaux. Le Pape Innocent X, qui Parait attaché au cardinal Pamphile, son neveu, le fit cardinal tta petto en 1652, et le déclara le 2 mars 165*. Il lut membre de plusieurs congrégations, notamment de celle qui fut instituée pour examiner le livre de Jansénius, et ou il fit preuve d'un rare savoir. Il avait été, d'ailleurs, eo commerce avec, les principaux savants , ses contemporains.
Après avoir exercé pendant trois ans les fonctions de légat dans la Romagne, il revint à Rome, où il mourut le 18 janvier
BORROMÉE, (Frédéric II du nom), était aussi petit-neveu du cardinal Frédéric Borromée. — Après avoir été référendaire des deux signatures, et inquisiteur à Malle, il fut nommé patriarche titulaire d'Alexandrie, et envoyé, comme nonce, chez les Suisses, d'où il revint pour élre gouverneur de l'immunité, et vice-sou verneur de Rome. Le Pape Clément IX l'envoya ensuite, en qualité de nonce ordinaire, è Madrid. Son successeur Clément X lui donna le chapeau de cardinal le 22 déc. 1670, et le fit secrétaire d'État. Mais il ne jouit pas longtemps de ces dignités, étant mort le 18 février 1673, Agé de 56 ans. Il fut inhumé dans l'église de In nation Milanaise.
RORROMÉE (Gilbbrt), Milanais, évêque deNo'sre, patriarche titulaire d'Autriche, fut créé, en 1717, cardinal du titre de Saint- Alexis par le Pape Clément XI, dont il était maître de chnmhre.
BORROMÉE (Vitalibn), Milanais, né en 1720. fut fait cardinal par Clément Xlll en 1766. Il mourut en 1793.
RORSANO. — Voy. Simob.
BOSCHI (Jeah-Charlbs), né a Faenza en 1715, fut fait cardinal en 1766 par Clément XIII. 11 parvint è la charge de grandpénitencier, et mourut en 1788.
BOSON, Anglais, créé en 1155, par le Pape Adrien IV, son oncle, diacre-cardinal du titre de Saint-Côme et de Saini-Damien, puis prêtre du titre de Sainte-Pudenliane, lut légat en Portugal.
BOSON, Français, fut créé, en 1185, cardinal du titre de Saint-Ange par Luce III, Pape de 1181 à 1185, el qui créa seize cardinaux en deux promotions.
BOSQUET. — Voy. Bernard.
BOTT1GLIA, comitt deJSavaoox (Louis), Dé a Cavour eo 1752, fut fait cardinal en 1834 par Grégoire XVI. Il mourut en 1836.
BOTT1N1 (Laueent-Prosper), né à Lucanes eu 1737, fut fait cardiual par Pie VU eu 1816. Il mourut en 1818.
BOUILLON. — Voy. Tour (de la).
BOURBON (Cbarj.es II), était fils de
boc m
Charles I du nom, duc de Bourbon, et d'Agnès de Bourgogne. — Il prit le titre de duc de Bourbon après la mort de Jean îï, son frère, mort sans enfants légitimes le 1" avril 1488. Charles avait d'abord été administrateur de l'évêché deClermonl, prieur de la Charité-sur-Loire, abbé de Fleury et de saint Waast d'Arras, puis archevêque de Lyon. En 1449, il fit tenir un concile & Lyon, pour mettre fin au schisme de Félix V, contre !e Pape Nicolas V, et cette assemb'ée fut suivie de résultats* heureux. Louis XI, qui avait pour lui une grande considération, le choisit pour être le parrain de son bis, qui fut Charles VIII, et l'employa pour négocier un traité entre Charles, duc de Bourgogne, et François II, duc de Bretagne. Enfin, il fut fait cardinal par le Pape Sixte IV, en 1476, après avoir élé légal d'Avignon. Il se trouvait a l'entrevuenu'eurent à Pecquignv le roi Louis XI et Edouard, roi d'Angleterre, pour la confirmation du traité qui avait été fait entre les deux couronnes. «Le roi Louis XI, dit Commines, ayant invité le roi d'Angleterre a venir à Paris pour s'y divertir avec les dames, lui proposa en même temps le cardinal pour confesseur, comme celui qui l'absoudrait très-volontiers de ce péché; ce que le roi d'Angleterre prit à grand plaisir, sarhant bien que le cardinal était bon compagnon.» Il mourut a Lyon le 13 septembre 1488, et il est inhumé dans l'église de Saint-Jean de la même ville, dans la chapelle qu'il y avait fait bâtir. Voy. Mémoires de Phil. de Comme», I ir, c. 10 ; — Sainte- Marthe, Histoire généalogique de France, I. u, c. 10; et Gallia Christ., lom. I. BOURBON. — Voy. Louis.
Voici son éloge par le Père Alby [1644] : « Les grandes familles sont comme les rands fleuves, qui poussent de telle raieur leurs eaux dedans la mer, qu'ils ne leur permettent pas d'y perdre leur douceur, et la pureté de leur première aource. Ce qui est remarquable en la royale famille de Bourbon, dont le sang généreux et si bien empourpré de l'honneur de la vertu, s'est toujours conservé cette gloire, de donner en tout temps, dans les douxe lignes, où elle s'est vue multipliée, des personnages dignes de sa grandeur, et très-illustres, ou en la possession de l'Eglise, ou au gouvernement politique, ou en la gloire des armes. Entra les prélats qui ont porté cette haute noblesse, comme en douaire au sain de l'Église, les quatre cardinaux de Bourbon ont si heureusement allié, aux grandes qualités de leur naissance, les autres perfections requises à leur état, que l'on peut dire avec vérité, qu'ils ont autant orné leur pourpre de l'éclat de leurs vertus, que de celui de leur sang.
« Le premier qui fut revêtu de cette éminenle dignité, el qui la porta dans sa famille, fui fils de Charles, quatrième duc de Bourbon, et d'Agnès de Bourgogne ; H eut deux frères, dont l'on, q'ui se dédia è l'Eglise, fut prince et évêque de Liège; l'autre, qui avait suivi las armes, s'y étant sigualé
BOU
BOU
en plusieurs occasions fort honorables, emporta par son mérite, sur les puissants émulateurs qu'il rencontra de sa vertu, la charge et l'épée de connétable sous le roi Charles VIII. Les cinq sœurs qu'il eut, tontes princesses hautement accomplies, furent mariées à cinq ducs, à qui elles emmenèrent avec les faveurs de leur origine, toutes les grâces et les vertus en leur compagnie.
• Charles de qui nous avons è parler, ayant pris le goût de la piété dans l'étude des bonnes lettres qu'il apprit depuis son bas âge, logea tellement ses pensées audessus de la forlune et du monde, qu'il trouva toutes leurs faveurs et les trônes mêmes de leurs grandeurs, plus bas que l'honneur qu'il prétendait de servir aux aulels. Et il semblait déjà toucher du doigt, le but qu'il s'était proposé, faisant du repos de son esprit sa plus belle cour, et dédaignant de se ployer à des soins moindres que ceux que la dévotion lui détrempait dans la douceur de ses exercices : quand sur la réputation d une vertu si peu commune aux princes de son âge, il fut nommé è l'évêché de Germon), qu'il tint l'espace de treize ans, durant lesquels, tant par le zèle affectionné qu'il rapporta au bien du diocèso, comme par la vigilance du suffragant qui lui fut donné , il corrigea presque tous les désordres, et ramena la licence des mœurs an point où la raison, et les loiz divines et ecclésiastiques voulaient qu'elles fussent.
« Cependant la recommandation de tant de belles qualités que les exercices de sa première charge avaient aidé h découvrir au monde, obligèrent l'affection du roi à lui procurer l'honneur de la pourpre de l'Eglise qui lui fut-donnée par le Pape Sixte IV, d'autant plus volontiers qu'il savait que son mérite particulier avait prévenu dans son esprit la prière du roi. Depuis encore il arriva que de l'évêché deClerraont .11 passa à l'archevêché de Lyon ; où, quoique ta vertu eût changé de champ, elle ne changea pas pourtant de pas ni de démarche. On le vit toujours aller aux louables actions, qui partagèrent a celte grande ville qui l'avait reçu, leur honneur et leurs exemples, qui sont la première chose que les prélats doivent au public. La douceur était en lui si naturelle et si abondante, qu'il en sucrait le reste de ses vertus. Il fit de sa libéralité comme une source perpétuelle de biens, qui arrosait cette province pour la rendre
Eleioe des fruits de sa vertu bienfaisante, lit n'y eut personne qui ne louât sa magnificence aux réparations publiques, aux ornements des» églises, et au bâtiment somptueux du palais archiépiscopal qu'il releva depuis les fondements, qui seront autant de statues permanentes de sa grandeur, et de colonnes de sa gloire.
« Et nonobstant l'emploi de son diocèse, suçant d'attacher ses soins, le roi sur les prouves de sa véritable affection 'è son ser^ vice, le Ot nomraerè l'administration de Par* chevûché do Bordeaux, sur quelques ombrages qu'il avait pris de Ja fidélité des Borde-
lais; lesquels le cardinal de Boorbon maintint par son adresse et par son autorité on leurs devoirs, leur faisant cueillir à souhait les fruits de la paix que le roi leur avait acquise.
« Le rang qu'il tenait en l'Eglise, et celui que sa naissance lui donnait parmi les princes du sang royal, l'obligeant de fois à autre d'aller visiter ses Majestés selon leur désir, il augmentait tellement leurs contentements et les lumières de leur cour par sa présence, qu'il y trouvait celte peine lâcheuse de l'y tenir toujours en montre ; son humeur étant d'être h soi, et de se faire particulièrement la cour. Que s'il advenait qu'il fût appelé au conseil, ou dans le cabinet, pour y délibérer des affaires d'Etat, il y entrait comme la lumière se répand dessus la terre ; pour y apporter le jour, sans y perdre rien de sa sérénité. Il eut l'honneur de porter au baptême en qualité de parrain le Dauphin de France, depuis le roi Charles VIII, è qui il fut toujours infiniment cher, et de qui il épronra toutes sortes de caresses et de faveurs; ce
3ui fut autant une marque du jugement el es justes inclinations de ce prince, qu'une assurance de la vertu et du mérite du cardinal.
« Si est-ce que celte grande créance qu'il posséda toujours auprès du roi, ajoutée a la dignité de sa pourpre et de son rang, ne mirent point sa réputation en si haute sûreté, qu'elle ne fût attaquée de ceux que la nature et la fortune a raient ravalés quelques degrés au-dessous de lui. Mais, comme il reçut toutes ces attaques sans ressentiment, el sans user d'aucune défense outrageuse, gagnant sur son esprit offensé, l'avantage qu il eût pu avoir dessus un ennemi; aussi les dissipn-t-il sans effort contraire, par son seul mépris ; montrant qu'il avait l'Ime non moins modérée que forte et élevée de courage : et aussi franche de ces lâches passions qui la tinrent abattue , comme de furieuses qui l'emportent. Ce qui lui fit prendre pour sa devise ordinaire, une main qui empoignait uue épée flamboyante, avec ce mo» : 2VÏ peur, ni dé$e$poir.
m Sa vertu aussi n'en fut jamais ni méprisée, ni regardée moins favorablement pour ce qu'elle valait, de ceux qui avaient la volonté et le pouvoir de la reconnaître. L* Pape le créa son légat en la légation d'Avignon, et du comtal Venaissin. Et le roi Louis XI, aux occasions qui l'obligèrent pour aider le succès de ses entreprises de s'éloigner au delà des frontières du royaume, la fil gouverneur de Paris, n'ayant trouvé pe> sonne, sur la fidélité et prudence duquel il )ût se reposer avec plus d'assurance; en aquelle charge il regarda toujours tellement a dignité du maître qu'il servait, et la réputation delà couronne qu'il aidait à soutenir, qu'il s'accommoda encore è l'humeur des grands et des petits : de sorte que (ce qui arrive rarement) la conduite de son gouvernement lui donna de l'amour, sans lui don* rter de la jalousie, el lu: sequit eu
s» cou
iriups l'estime du prince cl la bénédiction du peuple.
« Il fui encore employé à faire conclure le traité solennel d'accord qui fui juré enlro les deux rois de France et d'Angleterre à Picquignv sur la rivière de Somme, où, pour cet t tTei, avaient été dressés sur le pont deux appentis de bois, l'un pour Louis, l'autre pour Edouard, séparés d'une cloison Ireil- Fiasée pour passer les bras ; et où le cardinal ««sis la le roi, avec son frère Jean, duc de Bourbon, non-seulement de sa présence, mais encore de ses conseils, contribuant lotis ses soins à l'acheminement d'une œuvre si talotaire, et importante au bien de l'Etal, qui lia d'union les deux couronnesenneraies, que les guerres funestes de plusieurs années avaient divisées.
• Depuis, le roi étant décédé quelques années après cet accord qui établit la paix tant souhaitée en tout le royaume, le cardinal commenta à digérer chrétiennement *a tin, et à étudier sa démarche a la mort, qui ne pouvait pas ôlrn beaucoup éloignée. Kl encore qu'il put avec raison se promettre des tendres inclinations, et de la bienveillance du jeune roi Charles, toutes sorles d'avancements dans les laveurs dont sa mai* son so trouvait déjà agrandie, qui semblaient lui devoir faire piuseslimer les iniéréts de sa conservation ; il jugea néanmoins sagement qu'il devait plutôt faire des désirs pour être heureux en l'autre vie qu'eu celleci; il penser de se procurer des faveurs du Gel, ta dernière grâce d'une bonne lin, qu'ai i< nJro, des nouvelles faveurs do la cour, une grande fortune.
« Il se résolut doue non du disputer opiuiâliémmi sa vie avec ses tristes accidents, mais de la quitter d'une franche résignation, quand elle lui serait demandée; et non d'échapper À la mort par des divertissements recherchés, mais de l'essayer prudemment, l»«»ur u'en être surpris. El pour se donner loisir de la reconnaître, il fil bâtir dans l'église de Saint-Jean de Lyon, une magnifique chapelle, avec son tombeau relevé de uiarbre, où il voulaii laisser la dépouille de son corps. El ainsi après avoir rendu à Dieu el à sou Eglise luu* les témoignages d'un pieux et vertueux piélat, il mourut à Lyon dans son palais qu'il avait fait bâtir, le 13 du omjis de sept» ujbre de l'année lî»88, avec ns de déplaisir de perdre l'usago de la j ie de regret de n'en avoir mieux usé. » n >LKBOV — Voy. Louis.
UOL'KBO.n (Chables 11), né à la Ferlé- . k-Juuan e, en fii ie, le 22 décembre 1523, était h:» d». Charles de Bourbon, duc do Yen* — Eu 1540, il fui pourvu de l'évèché , puis du celui de Saiules, et ensuite -te l'archevêché de Uouen, en 1550, après George» d'Amboise. Le Pape Paul 111 l'avait déjà tau cardinal eu 1548. 11 lui, eu oui c e, abbé dt Saiul-Deuis, de Saint-Germain Ui » Près el de Saiul-Ouen, pair de France, commandeur de» ordres du roi el légal d'Avignon. Jl assista au lauieux colloque du Poissy, aux états assemblés à Orléans, el
Dictiunn. dbs Caiidmaijx.
déploya le plus grand zèle contre les violonces des novateurs. Il leur défendit les assemblées , engagea les autres prélats à les traiter avec la même sévérité, notamment dans la réunion du clergé, qu'il présida en 1580. L'année suivante, il célébra un concile, el s'y montra l'ardent défenseur de l'Eglise. Les chefs de la Ligue l'élurent roi après la mort de Henri 111, et le nommèrent Charles X, pour exclure de la couronne Henri le Grand, son neveu. Il mourut le 9 mai 1590 à FûRtena.v-lo-Couile. (Voy. Spoudb; — de Thou ; — Petbambllabius et Sainte-Marthe, ton). H, liât, généalouiq. de la maison de France; el loin. I de La France chrétienne, p. 605;— le P. Anselme.)
BOURBON (Le jeune, Cbarles III), quatrième (ils de Louis de Bourbon, prince do Condé, naquit à Gandelus.en Brie, en 1563. — Il était abbé de Saint-Denis, de Saint- Germain des Prés, de Saiul-Ouen de Bo orgueil, de Sainlo-Callierine de Rouen, et d'Orcamp. Il avail succédé à koii oncle, Charles II, dans plusieurs de ces abbayes; il lui succéda aussi sur le siège do Rouen, qui fut occupé, après Charles 111, par un aulre Charles de Bourbon, fils naturel d'Antoiue de Bourbon, roi de Navarre. Charles III , créé cardinal par Grégoire Xlll eo 1583, demeura constamment attaché à la foi orthodoxe, bien qu'il eût été élevé parmi les calvinistes. L'historien de Thou en fait un bel éloge. Il avail projeté de former en France un tiers-parti de Catholiques, el il aspirait à la royauté. Ses desseins s'évanouirent à la conversion du roi de Navarre. Il tomba malade el Henri IV alla lui rendre visile, bornant sa vongeance à ces seules paroles : • Mon cousin, prenez bon courage , il est vrai que vous n'êtes pas encore roi : mais vous le serez peut-être après moi. » Le prêtai mourut, en son abbaye de Sbinl-Ger.main des Prés, le 30 juillet 1594, âgé seulement de 32 ans, de chagrin, suivant les uns, d'une hydropisie , suivant les autres. (Voy. du Thou, Met., I, ex; — Davila ; — Pierre Matthieu ; -Sainte-Marthe ; — le P. Anselme.)
BOURBON (Louis-Antoink-Jacqiks de;.
infant d'Espagne, lils du roi Philippe V et frère de don Carlos, roi de Naples, puis roi d'Espagne sous le nom de Charles III, après la mort de Ferdinand, naquit en 1727. — Destiné, dès son enfance, a la carrière ecclésiastique, il fut créé cardinal par le Pape Clément XII, en 1735, alors que son frère don Carlos venait de monter sur lo trône de Naples. Le cardinal n'avait que huit ans. Après la mort de son père, en 1746, il so démit de l'archevêché de Tolède el dépos.. la pourpre sacrée, renonçant à un élat dan-, lequel ou l'avait jeté saus consulter sa vocation. Ce prince, du goûts simples, el qui Se recommandait d'ailleurs par toutes les qualités du cœur el de l'esprit, épousa, en 1776. la tille d'un gentilhomme qui descendait de» anciens rois de Navarre. Le roi Charles III, son frère, qui, à la mort de Ferdinand VI, leur frère commun, en 1759, avait quitté son iront, de Naples pour venir occuper celui