‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 111 sur 457 · DRA · texte numérisé non relu

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chrétienne. Ses œuvres ont été recueillies en /ieux volumes d'une belle édition. Nous lui javons vu attribuer une traduction en italien 'du traité de l'abbé Rcy, sur Y Autorité des deux puissances. Le cardinal était de l'académie des Arcades, de celle do Saint-Luc et de celle de la religion catholique. »

BR ANC A LEON (Léon), Romain, chanoine régulier de Saint-Fridien de Lucques, créé parle Pape Innocent III, en 1200, diacre-cardinal du titre de Sainte-Lucie in Seplifolio puis prêtre du titre de Sainte-Croix de Jérusalem , légal en Allemagne, en Saxe, en Hongrie et en Bulgarie, tnourul en 1230.

BBANCATI (Laurent), né à Lauria, en Cnlabre, Mineur conventuel, fut fait cardinal en 1681 par Innocent XL II mourut en

BRANDEBOURG. - (Foy. B. Albert.) — Nous donnons ici son éloge par le P. Alby [16*4]:

« Encore que l'expérience nous fait voir tous les.jours que lés avantages de la naissance et de l'honneur apportent suivent à la vertu autant d'empêchement que de lustre, ot sont comme ces patins relevés, et ceà robes chargées d'orfèvrerie , et de pierres précieuses, qui servent a la dignité du mainlien et à la beauté de la montre, mais qui gênent fort l'allure et la contenance do ciux qui les portent, et ne les laissent point dnns la liberté de leurs mouvements. Si faut-il avouer que ces grandes prééminences de nature, ou de fortune, prêtent ordinairement beaucoup de faveur à l'exemple, et d'autorité à la vertu, et servent a la vigueur de son action, ce que sert la corde à l'arc, la pointe au trait, le fil au couteau, et la réflexion du rayon au soleil. De quoi jo ne veux point de plus fidèle témoin que In cardinal Albert de Brandebourg , de qui les belles et glorieuses actions sonl dues, autant à l'avantage de sa naissance , cl à la dignité de son degré, qui lui en ont inspiré le mouvement et l'ardeur, comme aux belles qualités qu'il avait de son fonds, avec les-

3 utiles il a dignement soutenu la gloire e son extraction , et la grandeur de ses charges.

« Son père qui fut Jean, marquis de Brandebourg, prince et électeur de l'Empire, voyant en lui une certaine molle habitude de bonté, et do tendres inclinations aux exercices de la piété, le jugea plus propre pour les ministères de l'état ecclésiastique , que du politique.

« En quoi néanmoins il ne prenait pas garde, que comme il n'y a guère de rivières qui soient navigables en leur source, aussi les jeunes gens ne promettent pas toujours en leurs premières années tout ce que l'on peut attendre d'eux en un âge plus mûr, et que leur esprit prend ses façons, tantôt comme la cire, et tantôt comme la pierre, d'autant plus constantes cl plus durables, que la matière en est plus dure.

• Ensuite il fut soigneusement nourri aux écoles , el appliqué à tous les louables exercices qui pouvant 'c former aux fonc-

DES CARDINAl X.

lions dos charges «le l'Eglise , oû son père plus l'élection qui avait été faite de lui pur ledèslinait. Et comme il n'est presque point l'archevêque de Maycnco, consentant qu'il d'empêchement ni dTobstncle en l'esprit que tint en môme temps deui églises métropoli. les études no puissent ôler, ainsi que nous laines, ce qui était alors inouï, et n'avait voyons que les exercices du corps agissent jamais été accordé à autre personne; afin a la guérison des maladies, si l'on en sait bien user , le jeune prince non-seulement polit son esprjl dans ! éloquence en laquelle il réussit merveilleusement, l'aiguisa, l'orna, et l'enrichit dans les hautes sciences; mais le forma encore à l'action et au maniement des affaires, el acquit par l'étude ce qui pouvait manquera la nature, et qu'il acheva depuis par l'expérience.

« Cependant il fut attaché bientôt è des bénéfices ecclésiastiquès, et entra dans les fonctions du clergé, par celle de simple chanoine aux églises de Mayence et de Trêves, qui ne furent pour lui qu'un appât , pour tirer de plus grandes charges, el un degré pour s'élever plus haul. Aussi ne tardal-iï guère d'être promu à la dignité d'archevêque de Magdebourg, el primat de Germanie, çe qui arriva au même temps que l'hérésiarque Lulher , ayant rompu toutes sortes d'attaches qui le liaient aux devoirs de sa profession, s'était révolté do l'Eglise et de la religion, et s'efforçait perses artifices el par ses charmes pernicieux , d'endormir les lois et de surprendre la faveur des grands pour donner cours a ses nouvelles erreurs. Auquel notre archevêque s'opposa le premier avec toutes les forces de son crédit et de son éloquence; el s'il ne put arrêter pour tout le débordement des menées el des fureurs maniaques de cet esprit révolté, il le resserra pour un temps dans ses bornes; el comme un autre Noé sauva dans la Saie, de ce déluge d'erreurs, les reliques de la religion.

«Le Pape Léon X, bien informé des grands services qu'il rendait alors à l'Eglise d'Allemagne, lui envoya de son propre mouvement le bonnet de cardinal, qui lui fut présenté par les mains du cardinal Cajotan, légat du Saint-Siège, en la célébrité d'une grande assemblée tenue à Augsbourg, lors même qu'il bailla à l'empereur Maximilien, au nom de Sa Sainteté, l'épée consacrée sur l'autel de Saint-Pierre en la liesse de Noël ; pour faire comprendre au monde que de celte main si saintement armée, et celte tête si dignement ornée, dépendait la conservation des, plus précieux intérêts de l'Eglise et de la religion en ces pays-

« L'éclat de la pourpre, qui fut donnée à son mérite, alluma plus fort les ardeurs de sou âme et le feu sacré de son zèle, qu'il employa à combattre de toul son pouvoir de

Iiarole, par ses écrits el par son crédit, la action hérétique conjurée contre l'Egliso, à rétablir l'honneur du culte divin, et è réparer, par ses libéralités, les ruines que le désordre et la licence du temps avaient apportées à la maison de Dieu. Qui fut la cause

qu'un rare el nouveau privilège fût la récompense d'un rare el signalé service, et la juste reconnaissance d'un mérite extraordinaire.

« Il fut depuis si fort jaloux du sanctuaire de Dieu el de l'honneur des autels, qu'il semblait n'avoir de soins plus ardents que procurer les ornements, la splendeur et la bienséance des lieux et des choses sacrées, dont il avait souvent ce moi en bouche : Seigneur* fai aimé la beauté de votre maison. (Psat. xxv, 8.) El il n'en aimait pas seulement la propreté, mais encore l'éclat, surtout pour ce qui concerne les reliques dos saints qu'il faisait curieusement chercher et ramasser de toutes parts pour les relever honorablement en or et en argent, sans y épargner les joyaux et les pierreries, estimant lors la boue des Indes précieuse et bien employée, quand elle servait îi enebâs* s< r les ossements el la cendre des saints.

« Ainsi, sa piéléqui était agissante comme le doit être celle d'un grand prélat, el qui avait la même étendue que la charité qui n'a point de bornes, lui fit employer des sommes immenses, non-seulement on son église de Mayence, qu'il décora et enrichit de dons innombnibles, mais encore en toutes les autres qui étaient commises à sa charge el dépendantes de lui, sur lesquelles il fil couler les sources d'or de ses libéralités, laissant partout de quoi faire comprendre a la postérité, que , s'il avait égalé les plus grands princes en pouvoir de bien foire il les avait surpassés en maguiticence el er

que le Pape ne fit point de difficulté d'à jouter à sa charge l'administration de

en

piéu

« El il dériva encore les ruisseaux de sa charité bienfaisante sur les maisons et les ordres religieux voués au culte de Dieu et a l'aide du prochain. Enlru lesquels la Compagnie de Jésus reconnaîtra toujours lui avoir d'immortelles obligations, pour l'avoir le premier recueillie, chérie, protégée et emjdoyéeen Allemagne, et opposée aux bandes noires de l'hérésie, lorsqu'elle y commençait partout à faire le dégâl de la piété, et à triompher insolemment des perles el de la confusion de l'Eglise.

« Au demeurant, il n'obligea pas seulement la religion. des effels de sou zèle el de sa piété singulière, mais il mérita encore hautement, par son crédit, de l'Etal el de la maison très- illustre d'Autriche, dans laquelle il conserva la couronne de l'Empire, quand, après la mort de l'empereurMaximilien, une partie des princes d'Allemagne inclinait au roi François 1", et l'aigle impériale battait déjà de l'aile pour revoler en France , laquelle il arrêta, par le pouvoir de sa faction, sur la léle do Cnarles-Quinl; comme il liai son trône, par la sagesse de ses conseils*, la fortune qui le suivit toute sa vie. « Que s'il fut glorieux au cardinal de

vêchô d'Alberjtad, cl de confirmer au sur- Brandebourg d'affermir, par son autorité,

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