CAR DES CARDINAUX. CAR
lu Ponlife, il s'adjoignit belles-lettres, où il se polit parfaitement, il
autres adversaires
neuf cardinaux avec plusieurs autres prélats, el fut l'âme de l'assemblée de Pise, en 1511. Jules, irrité «»ntre Carvajal, convnqna le concile de Lalran, et l'y déclara indigne de la pourpre. Léon X, successeur de Jules, la lui rendit, en 1513. Le cardinal réhabilité, occupa encore des emplois considérables sous Adiien VI el sous Clément VU ; il mourut évôque d'CKtie et doyen du Sacré Collège, le 16 décembre de l'année 1522 ,
Ïui était la 07* de son âge. (Voy. Mariaha, fhloire <TE*pagnt ; — Spondb, Annali$; — Gakivbbrt ; — Oncpbbb; — Cuconius; — OticBABDia; — Paul Jovb.)
Voici son éloge par le P. Alby [164V] : « Si c'est un présent de la fortune d appartenir à des personnes illustres, et de (mraltre an monde dans un beau jour, avant que Ton ait eu le loisir de rien faire d'éclatant pour le produire avec des lumières qui ne soient point empruntées ; c'est aussi un effet de In vertu de garder toute la gloire que ceux qui nous ont devancés noua ont laissée, sans en rien perdre, el de conserver, par des actions qui nous soient propres, l'éclat dont ils nous ont environnés. D'où vient qu'il y a comme une obligation mutuelle entre les grands hommes , h qui la vertu a fait une belle réputation, et cens qui viennent après eux pour en recueillir el conserver la gloire : car si -ceux-là préparent à leurs suivants une belle eutrce dans le monde, et leur tendent des ornements de l'honneur, le théâtre où ils doivent être introduits, ceux ci ne les obligent pas moins après leur mort , soutenant leur réputation quand ils ne sont plus en élai du le faire, el conservant leur mémoire par des actions «ernblab'es, qui sont comme les monuments animés de la vertu de coux qui les ont précédés.
« Jean Carvajal, oncle de Bernardin, après avoir honoré la pourpre de cardinal par une vie singulièrement glorieuse el par de rares vertus , qui lui avaient mérité les plus hautes dignités dans l'Eglise , comniu elles l'avaient rendu digne delà plus haute estime du monde, laissa son neveu aussi digne héritier de sa gloire , qu'il fut vrai successeur de ses vertus et de soo mérite.
m Bernardin fut élevé h Plaisance , en Espagne, où son oncle avait éléévêque,et donna , dans la tendresse de ses premières anuéos , de grandes marques d'un courage ferme el d'une excellente disposition d'esprit. Ce qui obligea ses parents d'accroître les soins qu'ils avaient pour sou instruction, el de le jeter de bonne heure dans l'étude des lettres, qu'ils jugèrent être le chemin le plue innocent el le plus propre , pour le a l'imitation des émineuies venus
en fit paraître la force et la vigueur dans les sciences plus relevées de la philosophie et 'de la théologie , auxquels il réussit avec tous les avantages que l'esprit et le Iravail ont accoutumé d'apporter à ceux qui se dédient à cette profession.
« Les excellentes qualités que la nature lui avait donné
s pour t éloquence , ayant été cultivées a Plaisance par l'étude et par l'exercice, el soutenues par une connaissance solide de toutes les meilleures sciences, le firent bientôt connaître à Rome , où ses inclinations et le dessein de ses parents l'avaient destiné. Car, soudain qu'il y fut arrivé, il parut avec quelque sorte d'éclat sur ce fameux théâtre , où les choses médiocres ne se foot pas seulement voir, et donna tant de satisfaction en la première harangue qu'il fit , le premier jour de l'an, devant tout le Sacré Collège, que le Pape Sixte IV, qui savait bien connaître la portée des bons esprits, le retint à sou service, el le fit en même temps entrer dans sa chambre el dans sa confidence , qu'il entra dans son estime.
■ Et comme il avait l'esprit encore mieux fait que la langue , et capable de toutes les grandes affaires, sitôt qu'Innocent VIII eut pris le gouvernement de l'Eglise, il le fit évôque de Carlhagène el l'envoya nonce en Espagne, où il mérita la pfturpre de cardinal. Et , parce que l'on trouvail fort peu de personnes qui pussent soutenir aussi dignement que lui la majesté de l'Eglise romaine auprès des princes chrétiens, il fut toujours employé par le même Innocent, par Alexandre VI et par Jules II, en de très-honorables et importantes négociations dont il s'acquitta glorieusement, el fit éclater partout, outre les qualités émiuentes de son esprit, une vertu vigoureuse et constante, et un courage infloxible a toutes autres considérations qu'à celles du bien et de la dignité de l'Eglise.
• Néanmoins, comme il n'est point de jour si serein ni de ciel si net, qui ne soit souillé el troublé de quelque nuage, aussi, dans une vie illustre et éclairée de tant de glorieuses actions, il fit une faute bien visible. Pour s'être intéressé trop avant dans les affaires de l'empereur Haximilien et du roi de France , qui n'étaient pas de bonne intelligence avec Jules H , il quitta aussi son parti, soit qu'il fût tenté par lus grandes espérances dont ou le dallait, ou piqué de quelque déplaisir secret, ou ébranlé par quelque autre considération , il se retira de Rome à Pise avec neuf autres cardinaux, que son autorité acheva de révolter contre le Pape. El comme il avait un courage qui n'avait pas appris à se rebuter aux diïhVulquu son oncle lui avait proposées pour tés, outre qu il était soutenu de deux prinexemple, el le rendre capable de conserver • ces si puissants, il s'efforça d'assembler A la belle succession d'bonuour qu'il lui avait Pise un concile contre lu Pa|»e Jules, qui le laissée. déclara indigne de la pourpre qu'il avait
« Il fit des avancements merveilleux en soudlôede sa rébellion, fort peu de temps, el, après avoir montré la « Toutefois le Pape Léon X , qui succéda geuliMesse de son esnril dans l'exercice des & Jules, ne demeura guère sans la lui ren-