‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 134 sur 457 · COE · texte numérisé non relu

COE

télé contertnteur de ta liberté et de la dignité de rE§lite, qui, de /Vit** unanime det Romains, M dut qu'aux belltt lettres la pourpre sacrée, qui »'« cessa d'iire le protecteur des savants, regardant le pouvoir de faire le bien comme le [mil le plus précieux de la puissance, le collège de y herbe de ta Société de létus, son héritier testamentaire, « élevé ce monument.

COECI ( Pompon b ), Romain, évôquede Cilla di Caslello, fail cardinal, en 1542, par Paul III, mourut en 15^2.

COKSI. Voy. — Frédéric.

COET1VI (Alain i>k), né en Bretagne, le 8 novembre. H07, d'Alain III du nom, .seigneur de Coetivi, et de Catherin edu Châlel, fut, en 1438, nommé évêque de Dol, après Jean de Bruc, et, en 1445, transféré à l'évêebé de Cornouaillcs, aujourd'hui Quimper. — Depuis, il reprit l'administration de son premier évêché, après la mort de Raoul de fa Moussaie. Alain de Contivi était déjà évêque d'Avignon, et le Pape Nicolas V l'avait élevé au cardinalat, le 20 décembre 1448. C'était un homme très-instruit dans les affaires ecclésiastiques et séculières, généreux, droit, incapable de flatterie. On l'appelait le cardinal d'Avignon. C'est lui qui s'opposa au dessein qu'avaient les cardinaux d'élever Bessarion a la papauté, après ta mort de Nicolas Y. Sa raison était que l'Eglise latine présentait assez de sujets dignes de la tiare, sans qu'on fût obligé d'en chercher un qui sortait de l'Eglise grecque, comme si le mérite personnel de l'illustre cardinal n'était pas un titre suffisant. Coclivi poussa un jour la liberté de la parole au point do reprocher, en plein consistoire, à Paul 11, d'être vain, méprisant, dissimulé, ajoutant que, pendant plus de vingt ans, il avait comprimé ses mauvaises inclinations, afin de travailler à surprendre les su tirage s du Sacré Collège. En 1156, Caliite 111 l'avait onvo.vé en France avec le caractère de légat. Pie 11 l'employa aussi dans les plus grandes affaires, et toujours le cardinal d'Avignon se montra à la hauteur des fonctions qui lui furent confiées. Sous le pontificat de Sixte IV, il opta l'évéché deSabine, et mourut a Rome, le 22 juillet 1474, dans la 67' année de son fige. Il est inhumé dans l'église de Sainle-Praxède où se voit son épitaphe. Bienfaiteur de l'Eglise d'Avignon, il avait aussi fait reconstruire le palais épiscopal. (Voy. Codeur, pseudonyme de PiO U, Comment. PU II, I. n Jacques i>b Pavik, Comment., I. n, et episl. 310; Frison, Gatlia purpurata; Aubery. Mat. dea card. ;

— Sainte - Martuk, (J allia Christiana; -— Nououier, Hist. d'Avignon; - Godekroy; — Bertrand u' Arc entré; — Augustin Dupas;

— Ciaconius; — Onupure; — le P. Ansblmk, Mal. généalogiq. et chronologiq. de la maiaon de France et de$ gronda officiera de la couronne, 1694, 2 vol. in-folio.)

COETQUEN (Philippe he), Français, évéque de Léon, puis archevêque do Tours, créé prêtre-cardinal, «n 1M0, pur l'antipape Félix V, mourut en ikhi.

COINTEREL (Matthieu), fils d'un maréchal-ferrant de M<*rannes, en Anjou, naquit en 1519.— 11 fil ses premières études à An. gers, cln z un de ses oncles maternels, <|ui était chanoine. Pendant son séjour dans cette ville, ayant fait rencontre d'un prince étranger, qui examinait arec curiosité les clochers de la cathédrale, dédiée à saint Manrice, il s'approcha de lui, lui fit considérer la hardiesse du l'architecture, et l'entretint des antiquités de la ville; ce qui plut tant a ce seigneur, qu'il proposa au jeune homme de faire avec lui le voyage de l'Italie. Coinlerel accepta cette proposition; mais, arrivé à Venise, il tomba dangereusement malade. Le médecin qui le traita, nommé Buoncompagnoni le prit, après sa guérison, pour précepteur de ses enfants, et le fit connaître» Hugues Buoncompagnoni, son frère, professeur de droit h B dogne, qui, depuis fut Pape sous le nom de Grégoire XIII. Hugues plaça Cointerel chez André de Boni, un de ses collègues qui, ayai t ê'té appelé peu de temps après à Rome par Paul 111, y mena avec lui Cointerel. Buoncompagnoni les y joignit, dès que Boni eut été fait référendaire de l'une et de l'autre signature, et secrétaire des brefs. Ensuite Boni étant allé au concile de Trente, Cointerel eut ses emplois, et foi do plus, auditeur de la légation du cardinal de raint-Hippolyte, en France, et du cardinal Alexandrin , en Espagne. Buoncompagnoni étant devenu Papo, le lit dataire, puis cardinal en 1583.

Ce prélat qui, parti de si bas commencements, n'avait dû qu'à lui-même, et hors des temps de troubles, une si grande élévation, devait être un homme peu ordinaire. Il fut, d'ailleurs, toujours estimé pour la puretéde ses mœurs, son savoir et sa libéralité. 0na do lui un recueil, très-bien fait, des minutes des dispenses accordées par Grégoire XIII en des occasions importantes. Il mourut s Rome, le 28 novembre 1585, et fut enseveli dans In chapelle qu'il avait faU bâtir dans l'église de Saint-Louis. Lo P. Rainiond Jésuite, a fail son oraison funèbre.

COLIGNY (Odetdb), cardinal de Cbâldlon, archevêque de Toulouse, évêque et comte de Beauvais, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, de Fleury, de Ferrière et des Vaux deCerony, né a Châtillon-surLoii>fr le 10 juillet 1515, était fils de Gaspard de Coligny, maréchal de France, et de Loui» de Montmorency. — Il fut élevé avec beaucoup de soin, il se fit remarquer par s-»i esprit et son goût pour les belles-lettres. h Pape Clément VII le revêtit de la pourpre romaine, en 1533, lors de son entrevue a»« François I" à Marseille. Mais le jeune cardinal se laissa entraîner par l'amiral et d'An* ilelol, ses frères puînés, pervertis par Ca!vin, et il s'enrôla avec eux dans l'hérésie. Il rendit de grands services a ceux de s»" parti ; mais le Pape Pie IV le priva de ta pourpre dans un consistoire secret. Ceilo mesure ne le loucha point. Il épousa Blj*»' belh de Kanlevillo, à la sollication des nu- «uenots, uui trioiuubaieul d'avoir, paru*

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eut , un cardinal marié. Le malheureux *l«>9(al mourut eu Angleterre, le II lévrier 1571, cnipoisunné par son valel do chambre. Sa veuve réclama, en 1G02, <on douaire; mais elle fut déboulée de sa demande par arrêt du parlement de Paris. (Voy. Sposde, Annales; — d'Aibigîhe, Ilisi., I. iv. e. li;— ob Tuou ; — Petbambllabius ; — Cucom'S ; — dc Boiicbhr; — Sainte-Marthe ; — le P. Anselme.)

COLIMENTO (Ratnaud de), issu d'une fsmille uoble de l'Abruzze, au royaume de Naples, après avoir fail do bonnes études et avoir acguls une grande réputation par son savoir, lut Tait abbé du Monl-Cnssin. Il y rut quelques contestations sur son élection. Guidobald, nommé a la mémo abbaye par l'empereur Lolhaire II, voulut faire valoir >a nomination ; mais il se désista en 1138, et CoHmento jouit paisiblement de l'abbaye.

Quelque temps après, Innocent II le créa cardinal. Les rois de Sicile, Roger II et Guillaume I", avaient ravagé l'abbaye et les terres qui en dépendaient ; mais Guillaume, revenu a du meilleurs sentiments, rétablit c* qui avait été détruit, remit Us moines en possession, et répara, par des présents considérables, les dommages qu'il avait causés. Louis VII, toi dc France, donna aussi à ces religieux des témoignages de sa maniGcence. Dans la suit»*, Colimcnto bâtit, dans le comté d> Penna, une petite ville qui fut appelée San Marlino nelle saline. Ce cardinal a écrit In Fie de saint Sétire, évôqne, cl qutlques outres ouvrages. Il mourut le 15 juillet 1165. Pierre Diacre lui a dédié le iv* livre de son Histoire du Mont-Cassin. (Voy. Dictionnaire historique, édition de Hollande, 1740 )

COLLEME7ZO (Piebbb de), naquil, suivant Je* uns, en Champagne, suivant d'autres, a Coulomniers , en Brie; car son vrai nom est Co/mien ou Columiers. — Après avoir été de la maison de Pandulpho, évoque de N'jrwicH, en Angleterre, et ensuite prévôt «le l'église de Sainl-Omer, il prêcha la croisade contre Jes albigeois, et fut élu a l'archevêché de Rouen, qu'il n'accepta que par obéissance, ayant déjà refusé huit évéchés. I.u Pepe Innocent IV l'employa en différentes négociai ions, et, en 124V, le Ht cardinal, lia titre d'Albane, d'où vient qu'il est nommé Pelrus Albanensisdtmte bulled'Innocentl V, mur la déposition de Frédéric. Pierre ne fut pas favorable aux Dominicains ni 8ux Cordeliers, qu'il avait souuiisà la visite épiscnpale; aussi n'onl-ils pas manqué dc dire que sa mon, arrivée en 1253, eu était uno punition. Un degré sur lequel il montait s'affaissa, et il fut tué sur le coup. (Voy. Sainte- Marthe, GalliaChristiana; — F bison, G allia purpurata; — Aubert, Hist. des card.)

COLLICOLA (Charles), né è Spolète, le 31 mai 1682, était en 1715, préfet de VAn- B0N«a Rome* c'est-è-dire chargé de présider aux approvisionnements. — Depuis il fut clerc de la chambre apostolique, et chargé, le 13 janvier 1717 , d'exercer par intérim l'emploi de secrétaire de la congrégation De propagande fide, qui venait de vaquer par la

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mort du titulaire. Eu mars suivant, il Tut déclaré vice-légal d'Avignon, ce qui n'eut point de suite, parce qu'il fut nommé en 1718 pour exercer la charge de trésorier général de la chambre apostolique, è la placo du cardinal Patrizii, qui venait d'être envoyé comme légat a Ferrare. Peu après il prit possession de la charge de castellan du château Saint-Ange. Depuis il exerça, par commission, celle de maître de chambre du Pape Clément XI, qui lui donna pour la seconde fois, le 3 février 1721, la charge de trésorier général de la chambre apostolique, dont il prit possession le 8 du même mois, et dans laquelle il fut maintenu, le 19 mai suivant, par le Pape Innocent XIII. et continué, eu 1724, par le Pape Benoit XIII, lois de son exaltation. Ce Pontife le créa cardinal du la sainte Eglise romaine, lu 9 décembre 1726, mais le réserva alors in petto, et ne lu déclara que le 30 avril 1728, lui assignant en même temps une pension de cent écu.s d'or, par mois, h prendre sur la chambre apostolique, jusqu'à ce qu'il lût pourvu do bénéfices Il ri-çut la barrette lu même jour, elle chapeau le k mai. Le Pape fit la fonction do lui fermer et ouvrir la bouche, le 10 du même mois, et lui assigna ensuite le litre diaconat de Sainte-Mario in porticu Campitelli. Cn prélat mourut à Rome, le 19 octobre 17?0, d'une inflammation de poumon, causée, dit-on, par une indigestion ; il était dans la 49* année de son âge, et la quatrième de son cardinalat. Le corps de cette Einiitenro fut porté le 20 au soir dans l'égliso des Carmes à Monte-Santo, où, Ie21, furent célébrées ses obsèques, après lesquelles il fut inhumé dans la chapelle de Saint-Jacques, a|>otre, et de Saint-François d'Assise, lieu de la sépulture de sa famille.

COLLOREDO (LBANDRo),né dans le Frioul, possession autrichienne sur l'Adriatique, d'uue ancienne famille originaire d'Allemagne, était prêtre de l'Oratoire de Saint- Philippe de Néri, quand il fui élevé au cardinalat, en 1686, par le Pape Innocent XI. Ce prélat, d'une grande érudition, entretenait uno correspondance avec les principaux savants, ses contemporains. Dans le I" volume des OtfutrespotfAumr* des PP.Mabi lion et Ruinarl.ou trouve dix ou douze de ses lettre.*, adressées pour la plupart au P. Mabillon. Il mourut grand pénitencier de l'Eglise, le 11 janvier 1709. (Voy. Bonipacio, Histoire du Frioul; — Gualdo Phiorato , Scena d'huom. illust.; — I uldbsus, Uistoria noslri lemporis.)

COLLOREDO (Antoine-Théodore di), né a Vienne (Autriche), en 1729, archevêque d'Olmulz, fut fail cardinal en 1803 par Pie VII. Il mourut en 1811.

COLONNE (Jean), Romain, est un de ceux qui ont le plus contribué à la grandeur el a I élévation de celte ancienne el illustre famille. — En 1216, il fut créé par le Pape Honoré III, cardinal du titre de Sainle- Praxèdc. Ensuite il fut déclaré légal do l'armée chrétienne, envoyée dans le Levant.

C'esl celle même armée qui, sous Jean, roi

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de Jérusalem, el sous les autres princes croisés, prit, le 5 novembre 1219, h ville do Damietle après 32 mois de siège. Le légat eut une grande part à ce succès, par "ardeur avec laquelle il animait chefs et soldais. Ce cardinal , néanmoins, fui pris par les Sarrasins, et condamné à être scié par le milieu du corps. Ceux-ci se préparaient à lui faire subir cet arrêt barbare, lorsque, surprix de son calme el de sa constance, el cédant h l'admiration, ils le rendirent h la liberté. On dit qu'il rapporta avec lui a Rome la colonne contre laquelle noire Sauveur avait été flagellé, el qu'il la plaça dans l'égliso de Sainle-Praxède, où elle se voit encore. Depuis, le Pape Grégoire IX lui donna le commandement de l'armée qu'il avait mise en campagne pour enlever le royaume de Naples 5 l'empereur Frédéric Il ; mais ce dessein se trouvant plus difficile a exécuter qu'on ne l'avait pensé, le cardinal Colonne occupa l'armée è reprendre quelques places que les impériaux avaient surprises dans la Marche d'Ancêne. 11 mourut peu de temps après, au commencement de février 1245. L'hôpital de La Iran, qu'il avait fondé, est un monument de sa charité. (Voy. Matthieu de Westin, ad annum 12W; - Paul Jovb, Vita Pomp. Colonn.,— Orupqre ; — Cuconius ; — Victobelli ; — Albert ; — Spondk.)

COLONNE (Jacques), archidiacre de I église cathédrale de Pise, fut élevé au cardinalat, le 12 mars 1278, par le Pape Nicolas 111. Par celle promotion, le Pontite voulut se tendre favorable la puissante maisou de Colonne, allu d'y trouver un appui et une défense contre la maison des Ursios. Martin IV, Honoré IV el Nicolas IV, qui occupèrent successivement le Saint-Siège après Nicolas 111 , entourèrent toujours d une grande considération la famille des Colonne. Nicolas IV donna à Jacques l'archiprêtré de Saiule-Marie-Majeure, el la

Îrotecliou do l'ordre militaire de Saintacques. Ce Pontife mourut en 1292., Célestin V qui lui succéda étant mort en prison, en 1296, après avoir abdiqué le souverain

Î>onti(ical, la haine qu'on avait conçue contre loniface VIII, successeur de Céîestin, fil croire que la morl de ce dernier n'avait pas été naturelle. On bl&mail publiquement à Rome les procédés violents de Boniface

2u'ou accusait de cruauté. Les soupçons laienl injustes et les accusations exagérées. Bouilaco, par des raisons dictées nar la politique et la prudence, avait fait enfermer dans une forteresse, le Pontife démissionnaire, de peur que, dans ces temps d'anarchie, des séditieux ou des novateurs ne so lissent de co vieillard, très-estimable sans doute et digue du plus grand intérêt, un drapeau pour agiter les populations, fomenter des troubles cl susciter des embarras aux gouvernants. Mais le peuple n'écoule pas la voix de la raison; il nu suit que sa passion. Les esprits s'agitaient donc contre Boniface qui, a tort ou à raison, se persuadait que c'étaient les Colonue qui ani-

maient le peuple contre lui, e. qui répandaient des bruits injurieux a sou enradère et à sa dignité. La famille des Cnralfr.i laquelle il apparlenait, avait toujours été en mauvaise intelligence el en rivalité tvec celle des Colonne ; celle-ci avait toujours été ardente gibeline, tandis que les autres élaient des Guelfes acharnés. D'ailleurs les cardinaux Colonne s'élai«>nt opposés à l'élection de Boniface et avaient refusé de venir lui présenter leurs hommages, bien qu'il les eût sommés de se rendre à Rome. Connaissant l'humeur allière et emportée de Boniface, pour s'y dérober ils se retirèrent à Népi, où commandait Jean Colonne, un de leurs parents. Celte conduite offensa vivement le Pontife, qui publia une croisade contre les Colonne. Il alla assiéger Népi. et la réduisit à une telle extrémité que, pour la sauver, le gouverneur n'eut d'autre parti è prendre que d'en faire sortir les cardinaui, ses parents. Ils se jetèrent dans Palestrioe, où commandait alors Sciarra Colonne, on de leurs cousins, el ils y furent très-bien reçus. Lu Pape, pour vaincre la révolte, alla lui-même assiéger Palestrine, d'où les trois Colonne sortirent déguisés, pour se réfugier chez un de leurs amis à Pérouse. Le lendemain la ville* se rendit, et Boniface la fit détruire, do même que quelques autres, qui avaient ouvert leurs portes aux Colonne. Ensuite il lança contre eux les foudres ecclésiastiques. Il priva Jacques et Pierre du cardinalat el de leurs bénéfices ; il retrancha Sciarra de la communion ; el, non content de ces rigueurs , il mit leur lêle à prit el alla jusqu'à excommunier ceux qui porteraient è l'avenir le nom et les armes des Colonue. Sciarra, fuyant cette persécution, fut pris sur mer, par des pirates, et mis à la chaîne. Cette condition, toute mi* sérable qu'elle était, lui parut préférable à celle où la haine du Pontife l'avait jeté. Ceux qui l'avaient pris ayant abordé à Marseille, le roi Philippe le Bel le fil délivrer, et, eu 1303, l'envoya en Italie avec quelques troupes et Guillaume de Nogarel. Ils surprirent Boniface è Anagni, ou l'on dit que Sciarra Colonne lui d ouna un soufflet, ayant la main armée d'un gantelet. Cet outrage aurait eu lieu le 7 septembre ; el le Pontife, de retour à Rome, y mourut de désespoir, suivant quelques-uns, le 11 octobre suivant. Benoit XI, son successeur, rétablit les Colonne, qui jouirent d'un grand crédit sous le Pontificat de Clément V et de Jean XXII. Quant au cardinal Jacques Colonne, il était morl dès le 14 août 1318.

COLONNE. (Piebbe), neveu du précédent dont il partagea en grande partie les vicissitudes de fortune, était marié, quand Nicolas IV le revêtit de la pourpre romain* en 1288. — Sa femme, de son côté, prenait le voile de religion et faisait vœu de chasteté. Dans ces temps difficiles, les Souverains Pontifes cherchaient un appui dans las familles puissantes dont ils faisaient entrer quelques membres dans le Sacré Collège.

Le cardinal Piorrc mourut en 1326, è Aw-

gnon où résidaient alors les Papes; son corps fut porté a Rome et inhumé dans l'élise de Sainle-Marie-Majeure où l'on foit son épitaphe.

(Sur Jacques et Pierre Colonne Voy. Viv lani, liv. vu, c. 54 et seq, ; — Blondus, dec. 2, I. il ; — Raikaldi; — Sfo.ids; — Ciacobics : — Albert. )

COLONNE (Jbak), Romain, créé, en 1327, • par le Pape Jean XXII, diacre-cardinal du litre oV Saint-Ange, mourut en 1348.

■ COLONNK (Agapet), évêque de Lisbonne, créé en 1378, prêtre-cardinal du titre de Sainle-Prisque par Urbain VI. légat en Toscane, en Lombardie et à Venise, mourut le 11 octobre 1380.

COLONNE (Etiknue), créé par le Pape Urbain VI dans la promotion de 1378, diacre-cardinal du litre do Sainl-Kuslache, mourut en 1379.

COLONNE (Oton), créé cardinal en l'*05, puis élu Pape sous le nom de Martin V •n 1U7, mourut le 21 février 1431.

COLONNE (Prosper), créé par le Pape Martin UI, dit V, son oncle, diacre-cardinal du titre de Saint-Georges in Velabro, eu 1419 ou 14-26, mourut le 24 mai 1463.

COLONNE (Jean), créé, en 1480, par le Pape Sixte IV, diacre-cardinal du titre du Sainte-Marie in Aquiro, évêque de Riéli datis l'Etat ecclésiastique, était polit-neveu du Pape Martin V, fils d'Antoine, prince de Salerne et frère des babiles capitaines Fabricius et Prosper Colonne.

Quelque temps après sa promotion au cardinalat. Sixte IV ayant pris les armes contre Ferdinand, roi de Nuples, fit arrêter le cardinal Jean comme partisan secret de ce prince; et i) aurait couru risque delà vie, si le traité de pais qui fut alors conclu, ne lui eût offert le moyen de sortir du château Saint-Ange où il était détenu depuis plus d'un an. — Sous le pontificat d'Alexandre VI, les Colonne se déctarôront pour le roi de Frauce, Charles VIII, qui passait en Italie à la tête d'une armée, afin de faire valoir, les armes à la main, sur le royaume d« Naples, les droilsqu'il tenait de la maison d'Anjou. Ce royaume était alors occupé par les princes de la maison d'Aragon. Pour se dérober aux ressentiments du Pai<e, le cardinal sortit de Rome ; il se trouvait avec Gilbert, comte do Montpensier, à la prise do Gaëte où il lécha d'adoucir la fureur de la soldatesque pendant les désordres du pillage. Son frère Prosper ayant ensuite abandonné le parti des Français, Jean Colonne se relira en Sicile et n'en revint qu'en 1503, après la mort d'Alexandre VI. Il fit parue des conclaves d'où sortirent les Papes Pie 111 et Jules II. Ce dernier lui donna toule sa coufiance, l'investit dos premières charges al atrecta de l'élever autant qu'Alexandre VI avait cherché a l'abaisser. Le cardinal Jean Colonne mourut à Rome, le 26 septembre 1508, âgé de 51 ans, et fut enseveli dans l'église des Douze-Apotrcs où on lit son épitaphe. (Voy. Guichardin, Hitl.% lu. vm et suiv.; — Paul Jove. 1. m ;

— Philippe de Couines v - Raphaël VoLATBBRANiis. Commenlarii Vrbani ; : — Oncphbb ; — Ciaconius ; — Spondb ; — Akbe-

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