‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 136 sur 457 · S COL · texte numérisé non relu

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voyant p'risounier au château Saint-Ange, eut recours « lui dans sa détresse. Pompée dont l'âme était grande et généreuse, oubliant ses ressentiments, travailla ardemment et arec succès à In délivrance du Pontife. Ce dernier, de son côté, s'empressa de le rétablir , lui donna la légation de la Marche d'Ancône, l'évêché d'Aversa et l'archevêché de Moute-Réale , en Sicile. Depuis il fut vice-roi de Naple«, où il mourut le 28 juin 1532, dans la 53' année de son âge. Ce cardinal, protecteur «les gens de lettres, libéral et magnifique, avait composéun poëine intitulé : De laudibus tnulierum, en l'honneur de Victoria Colonne, marquise de Pescaire, femme aussi distinguée par son savoir que par sa vertu. Ce poëme est resté manuscrit. Le P. Labbe le cite dans sa Bibtiotheca nova manu- $criptorum,\nh\ p. 335 Dom Bernard de Monlfaucon en parle aussi dans sa Bibtiotheca bibliolhecar. manu$cript. nota, p. 141 et 508 ; il ajoute qu'il se trouvait manuscrit h Home, dans la bibliothèque Vatk-anc; et à Milan, dans la bibliothèque Ambrosienne.

Paul Jove a écrit la vie Je ce cardinal. {Voy. Oncphrf , Chronie.'; — Paul Jove, in Vita Col. ; — Guichardiji, liv. x ; — Aubery, Histoire des cardinaux.)

.j COLONNK (MARC-AirrofNB), filsdeCamillo Colonne, duc de Zagarole.et deVictoiro Colonne, naquit h Rome, où il étudia la philoso-

Idiiesous le Cordelier Félix de Moulait**, qui ut le Pape Sixte V. — Il «Mail archevêque de Tarenle, quand, en 1565, Pic IV le promut au cardinalat. Pio V lui donna l'archevêché de Salerne. Grégoire XIII, Sixte V et Grégoire XIV l'employèrent en diverses légations. Clément VIII lui donna la charge de bibliothécaire apostolique, charge qui semblait être due à ce cardinal, distingué par ses vastes connaissances. Aussi Man -Antoine était-il considéré dans le Sacré Collège, et réunit-il, dans divers conclaves, un certain nombre de voix qui le portaient au souverain pontifical. Il v serait arrivé, si ses meilleurs amis no lui avaient manqué de parole, en ru me il se plaisait à le dire lui-même. S'étant trouvé mal un jour , il se fil transporter è Zagarole, dans le diocèse de P.iles- Icine, où il mourut le 13 mars 1597. On lui attribue un traité De ecclesiasticorum redituum origine et jure. Ce traité est de Antonio Marsilio, dit Colonne de Bologne, auquel le cardinal Marc-Antoine remit l'archevêché de Salerne.

COLONNE (Asc4g*b), fils du duc de Palliano, fut envoyé, très-ieuue encore, en Espagne, où il étudia a I université de Salamanque. — • Philippe II, roi d'Espagne, lui fit obtenir, en 1586,'du Pape Sixte V, le chapeau de cardinal. Le cardinal Ascagne, érudit et prolecteur des gens de lettres, passe pour l'auteur d'un ouvrage destiné à réfuter le Truite' de ta monarchie de Sicile, où le cardinal Karouius qualifie le roi d'Espagne d'usurpateur de cette Ile. On a encore de lui quelques lettres et dos harangues. Il mourut en 1008.

{Voy. Lemire, De set iptoi ibus saculi xvu;

COM 7w

— Janu* Nieius Erytbraui, Pinact» imaq.

iltustr. , c. 48; — Larochepozai, Nomenct. card. ; — Le continuateur ue Ciaconius.)

COLONNE (Jérôme), Romain, nommé, en 1627, par le Pape Urbain VIII, diacre- cardinal du titre de Sainte-Agnès, puis de Saint- Ange, de Sainte-Marie in Coemedin et de Saint- Eustache, prêtre du litre de Saint-Sylvestre, de Sainte-Marie au delà du Tibre, et de Saint- Laurent in Lncina, évéque deFrascali et archevêque de Bologne, mourut en 1066.

COLONNE (Charles), de la même famille que les précédents qui, toutefois, appartiennent a plusieurs branches, était fils d»* Laurent Colonne.prihce de Palliano et do Catliglione, duc do Tagliacoli, grand connétable du royaume de Naples, grand d Espagne, chevalier do la Toison d'or, et de Marie M*ncini, nièce du cardinal Mazarin. Il fut créé, par le Pape Clément XI, le 17 mai 1706, cardinal-diacre du litre de Sainte-Agathe des Goths.d ta Suburra. Il é'ail alors majordome du palais apostolique, charge dont Tarait pourvu Innocent XII le 2 mars 1G96, et dans laqudle Clément XI l'avait contint. Ce cardinal mourut à Rome le 8 juillet 1739, dans la 7V année de son âge, étant né, dans la même ville, le 17 novembre 1GG3. Il était dans la trente-quatrième année de son cardinalat.

COLONNE (Prosprr), Romain, créé canli nal, en 1739, par le Pape Clément XII, mourut en 17V3.

COLONNE (Jérôme), Romnin, majordome, fut créé cardinal-diacre, en 17)3, parle Pape Benoît XIV.

COLONNE DESCI ARR A (Prospkr •. domain, maître de chambre, lut créé, eu I7V3, cardinal-diacre par Bt>nolt XIV.

COLONNE (Mahc-A vtdiyk), né à Homo en 1 7-2 V. fut fait cardinal par Clément NUI en 1759. Il mourut en 179.'!.

COLONNE RRANAFOHTK ,A*Tom). néâ Païenne en 171 1, fut fait cardinal par Clément XIII en I76G. Il mourut en 178C.

COLONNE 1)1 ARIGLIANO (Nicolas}, nél NapKsen 1730, fui lait cardinal par Pie VI en 1785. Il mourut en 179G.

COMINUESouCOMMINr.KSfJKAvKiviio™ de), fils de Bernard VI , comlo de Cominiu* ges, et de Laurede Monlfort, fut, en 1310, élevé sur le siège épiscopal de Maguelnuc.prcs M intpellier.après lamorldcLévi deMirepoii. — Il assista au concile général do Vienne; «••» lorsqu'eu 1317, le Pape Jean XXII eut érigl en métropole l'église de Toulouse, il en fui le premierarchcvéqiie. Arnaud dcComniin-es, son oncle, évéque de celle ville en 1297, était mort en 1298. Jean Raymond laissa l'église de Maguelono à Simon, son frère, ui mourut peu après, avant même d'avoit lé sacré évêque. Le nouvel archevêque comménça par tenir un synode, afin de pourvoir aux besoins de son troupeau. Le 18 décembre 1327, Juan XXII lu mit au nombre des cardinaux, parmi lesquels il eut ensuite le litre d'évêque de Porto cl de Sainle-Rulioc. Après la mort de ce Pontife, quelques car* diuaux lui olTtïreul la tiare, à condition qu'i1

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t'engagerait a ne point rétablir le siège pontifical a Rome.Com mi nges repoussa ces offres, et mourut a Avignon le 20 novembre 1.U9, avec la réputation d'un prélat sage, libéral et savant. Il avait fondé à Tonlouse un monastère de chanoinesses de Saint-Augustin, qu'il avait doté richement. {Voy. Villajii, I. il et tu ; — Garriel, De episcop. Mag. ;

— Catbl, Mém.du Long.; I. v ; ~ Frizon, (i allia purpurala ; — Adbert, Mit. de» tard.;

— Saiotb-Marthr, G allia Christiana; — Ughblli, De episc. Port. ; — Ciaconius.)

COMMFJi DON(Jean-Fr Aitçois), né a Venise le 17 mars 1524, 61s d'Antoine, philosophe et médecin, et de Laure Barbarigo, fut élevé avec beaucoup de soin. Dès l'Age de dix ans, il faisait des vers latins, sans préparation ; à l'âçe de 14 ans il alla étudier la philosophie ot le droit a Padoue, où ses talents naissants lui firent des amis illustres. — En 1î>50, il fil un voyage à Rome; et le Pape Jules III, à qui il fut présenté par l'ambassadeur de Venise, le mit au nombre de ses eamériers. Ce Pontife faisait bâtir une maison de campagne a quelque distance de Rome; il demanda une inscription en vers, pour une fontaine qui devait être surmontée d'une nymphe, distribuant les eaux dans les jardins. Plusieurs furent présentées ; mais celle de Commendon était bien supérieure à toutes les autres. Le Pontife le fit appeler, et, émerveillé da l'esprit etdo la sagesse qui dictaient ses réponses : « Ce jeune homme, » dit il è ceux qui l'entouraient, « a trop do mérite pour rester plus longtemps inutile, et pour n'êlro employé qu'à faire des vers. » Aussitôt il l'envoya a Urbin, puis en Flandre, où il accompagna le légat Jérôme Dandini, et de là en Angleterre. A peine était il de retour, qu'il eut h partir pour le Portugal. Il passa dans ces différentes missions le reste du pontifical de Jules 111, qui mourut en 1555. Marcel 11 et Paul IV eurent pour lui la môme estime que leur prédécesseur. Paul IV lui donna un appartement dans son palais, et l'admit dans sa confidence la plus intime. Dès le commencement de son pontificat, il lui avait donné l'évêché de Zante, et un bénéfice considérable dans le diocèse de Vérone. Quelque temps après, Commendon fut envoyé, avec le caractère do nonce, vers l'empereur Charles V; mais, des difficultés étant survenues eulre ce prince et la cour de Home, il n'acheva pas son voyage. A son retour dans la capitale de la chrétienté, Paul IV Penvoya a Venise et auprès des différents princes de l'Italie, pour les exciter a se liguer avec Je Saini- Siéjçe. Ces nonciatures le retinrent assez longtemps. Après la mort du Paul IV, en 1559, Pie IV, son successeur, rendit pleine justice à Commendon, que Paul, prévenu par les Caraffe, ses neveux, avait maltraité sur la lin de son pontificat. En 1561, il l'envoya, avec le caractère de nonce, auprès «le l'euiporeur Ferdinand (", |K>ur l'entretenir relativement â la deuxième réouverture du concile de Trente ; de là il le lit (tasser chez les princes urotestauls. Après Uni de laû-

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gnes, Commenaon alla prendre quelque repos a Venise ; mais les Pères du concile de Trente ne lui en laissèrent pas le temps. Ils le chargèrent d'une nouvelle mission, el des plus importantes ; c'était de retourner, en qualité de nonce, auprès du même empereur, pour l'instruire de l'étal présent du concile, et des affaires de l'Eglise. Il fit ce voyage avec célérité, et peu après, le souverain Pontife l'obligea d'en entreprendre un autre en Pologne, et d'y résider, comme nonce apostolique, auprès du roi Sigisroond. Il s'y concilia I estime générale, en réglant sagement le» affaires du clergé, en s'opposent avec énergie aux entreprises des novateurs, et en apaisant, même dans la maison royale, des dissensions qui pouvaient devenir fâcheuses. Pie IV le fit cardinal, è la sollicitation de saint Charles Borromée, son neveu, le 13 mars de l'année 1565, qui était la kf de l'âge de Commendon. Si x mois après, il passa en Allemagne, pour s'y trouver a la diète d'Augsbourg; en arrivant à Prague, il y apprit la mort du Pontife. Pie V lui succéda le 7 janvier 1566; avant de sortir du conclave, il fit expédier au cardinal Commendon un bref, par lequel il lui ordonnait d'assister, en qualitéde légat, a cello diète de l'empire. Deux ans après, il y retourna, y déploya sa capacité et son zèle accoutumé pour la réforme du clergé et pour le bien do l'Eglise. On doit à ses soins la publication du concile de Trente en Allemagne; c'est encore lui qui décida l'empereur Maximilieu II à révoquer la permission qu'il avait donnée aux luthériens de prêcher dans l'Autriche.

Commendon fut encore légal en Allemagne ot en Pologne, pour exciter h la rroisa.lw contre les Turcs; il se trouvait, en Pologne, è l'élection de Henri de France, «lue «l'Anjou, qui fui depuis notre Henri 111. Le légal contribua à cette élection, el le nouveau roi ne manqua pas de reconnaissance.

Grégoire XIII, qui avait été élevé a la papauté en 1572, après Pie V, ne rendit pas h Commendon toute la justice qui était duc à son mérite et a ses services. Il souffrit que le cardinal Farnèse lui intentât un procès, et l'abandonna a la haine des partisans du l'empereur, lequel se plaignait que Commendon eût préféré les intérêts de la Franco aux siens, à l'élection d'un roi de Pologne. Mais les cardinaux d'Ese.de Médicis,Sforce, Ursini, Allaemns, el quelques autres prélats éiuinenls su déclarèrent pour Commendon; el lorsqu'ils virent le Pape Grégoire dangereusement malade, ils résolurent de l'élire en sa place, laul par suite de l'estime qu'ils avaient pour son mérite, qu'eu égard à la recommandation du roi Henri 111. Les mesures étaient si bien concertées que, si le Pape était mort alors, ce cardinal nu pouvait manquer d'être élu. Mais Grégoire revint à la santé; et Commendon, étant tombé dans un étal très-fâcheux, se lit porter à Padoue, où il mourut le 25 décembre 15i't, âgé du soixanteans. Anloiiie-Maria Grnliaui.évô pio d'Amelia, a écrit, eu latin, la Vie de co prélat distingué. Elle a ôié imprimée à Paris,

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en 1009. En 1671, Fléchier, l'auteur des Oraisons funèbres, en a publié une traduction.

On trouve» dans le recueil des poésies latines des membres de l'Académie des Occulti, quelques vers latins composés par le cardinal Comntemion. Ce recueil lui a été dédié par cette académie qu'il protégeait et encourageait.

Pour suppléer à la brièveté de celle notice, nous allons donner un aperçu de la Vie do Cotnmendon par Gratiani.

Cotnmendon naquit d'une famille ancienne, originaire d'Allemagne , qui , après s'être fixée a Bt rgame, où elle occupait un des premiers rangs, en fut chassée par Jean Galeas, duc de Milan, qui In dépouilla de tous ses biens. Son père le lit élever avec beaucoup de soin, parce qu'il avait remarqué en lui, dès sa première enfance, les plus heureuses dispositions. A l'âge de dix ans. il improvisait des vers lalins sur quelque matière qu'on lui proposât: ce qui intéressait si vivement les principaux de la ville, qui étaient amis de son père , que plusieurs avaient la curiosité d'aller au collège où il étudiait, pour y être témoins de ses succès , et pour juger eux-mêmes si sa réputation était bien fondée.

On avait une si haute opinion de lui que les pères, lorsqu'ils corrigeaient leurs enfants, ou qu'ils les exhortaient à la vertu, ne manquaient jamais de leur proposer l'exemple do Commendon.

Ayant atteint l'âge de Ik ans, il fut envoyé h Padoue pour y étudier les belles-lettres. Il se laissa charmer par les douceurs de la poésie, et s'appliqua si heureusement à liro et a écrire des vers, qu'il pouvait être comparé aux plus excellents poètes de son siècle. Il s'adonna ensuite a la philosophie , qu'il apprit sous d'habiles mattros ; et s'inslruisant lui-même de toutes les opinions, de toutes les maximes de la sagesse ancienne , il s'attacha particulièrement à la doctrine de Platon , parce qu'elle a plus de conformité que les autres avec les sentiments et les préceptes dt christianisme. Il traduisit du grec en latin une partie des livres de ce philosophe pour s'exercer , et fit des notes frès-savantes pour en éclaircir les endroits les plus obscurs et les plus difliciles. Ces Commentaires étaient entre les mains d'un de ses amis qui les conservait Avec soin ; mais il les trouva par hasard , et les brûla , quoiqu'ils eussent pu lui faire honneur parmi les savants.

Pendant qu'il s'occupait ainsi à l'étude, et qu'il se laissait em (porter au plaisir d'acquérir des connaissances, travaillant sans relâche, et sans aucun égard & sa santé, il tomba dans une maladie dangereuse, qui faillit rompre le cours d'une vie qui devait être si glorieuse. Une humeur corrosive et une quantité de sang corrompu se jetèrent sur ses yeux, lui tirent perdre le repos et l'usage même de la vue. Rien ne pouvait le soulager; tous les remèdes qu'il mit en usage furent inutiles. Il demeura quatre ans, renfermé dans un cabinet, sans pouvoir

IA1RE COM toi

souffrir la lumière. Désespérant de recouvrer la santé, il pensait à acheter une maison qu'il avait louée è Padoue , résolu d'y passer le reste de ses jours dans la douleur et dans la solitude, lorsqu'il fut guéri par les soins d'un habile médecin de Vérone. Soit que celui-ci eût trouvé le remède propre au mal , soit que ce mal se fût dissipé de lui-môme, Commendon recouvra la vue, et, dès ce moment, personne ne l'eut meilleure ue lui. Quoiqu'il eût été dans la nécessité 'interrompre ses éludes, pendant l'espace de temps qu'il passa dans les ténèbres, il ne demeura point dans l'oisiveté ni dans la langueur. Il se désennuyait & jicler des vers ; il adoucissait ses peines en se faisant lire des ouvrages utiles, et cherchait ainsi du soulagement dans les mêmes éludes qui avaient été la cause de son mal

Au plus fort de sa maladie, a l'âge de 19 ans, il perdît son père, qui était dans sa 78* année. Celte mort acheva de ruiner presque toutes les affaires de la maison: car l'âge el la santé du père ne lui permetlanl pas d'en avoir grand soin , une partie des biens fut dissipée; et Marc-Antoine Barbarigo, oncle de Commendon , homme trèsavare, au lieu de lui conserver ses droits, fut le premier à lui faire des injustices. L'application du jeune homme è ses études , les soins qu'il avait â se donner pour lâcher de recouvrer la santé , le préoccupaient si foit, qu'il ne connut point l'importance des pertes qu'il venait de faire.

Dès qu il fut en parfaite santé, ceux a oui son père mourant l'avait recommandé, lui conseillèrent de quitter ses autres études, pour s'appliquer entièrement a la jurisprudence. Il s'y attacha pour plaire à ceux qui l'y avaient engagé , et il fit en peu de temps de grands progrès dans la connaissance du droit civil. Il ne voulut pourtant jamais abandonner l'étude de Platon el des philosophes ; « son esprit louché du désir de s'avancer et de se rendre utile au public, s'^ rrôla particulièrement è cette partie de la philosophie qui règle les actions, el qui sert * la conduite de la vie humaine. Il jugeait que les sciences sont inutiles, si on ne les réduit à l'usage et & l'utilité des hommes. Il s'exerça soigneusement a l'éloquence. Il déclamait, il conférait souvent avec d«*s orateurs ; il plaida même devant le juge de Padoue la cause d'un jeune homme accusé de meurtre, et le lit absoudre; et lorsque la même ville de Padoue, selon sa coutume députa à François Donat , pour le haranguer sur ce qu'il avait été élu chef de la république, c'est lui qui composa la harangue des députés. Par ces soins el ces exercices, il acquit une grande facilité à s'exprimer en latin et en sa langue naturelle.* (FiécHias.) Commendon, parvenu a l'âge -de 25 ans, n'était pas encore déterminé sur le genre de vie qu'il devait suivre. Ses amis lui conseil» lèrent d'aller se fixée à Rome ; il se décida aisément à s'établir dans celte ville , el n'écouta plus les conseils do ceux qui , pour le retenir à Venise , lui proposaient dos parti!

collège

DES CARDINAUX. COIt 7©»

vénération pour quelques cardinaux renommés pour leur piété et pour leur sagesse, entre lesquels furent Jean - Pierre Caraffe, doyen du Sacré Collège; Marcel Cervin, et Roginald Polus, Anglais. Les deux premiers furent depuis élus Papes ; l'autre fut sur le point do succé 1er a Paul III. Jacques du Puy , Rodolphe Pio , Jean Salviati, Frédéric Cœsi, que leur Age et leur savoir rendaient vénérables, eurent beaucoup de considération pour lui, et le servirent à l'occasion.

Bientôt il fut employé dans les affaires el trop élevé , pour se borner à une charge publiques, et comme entraîné par î'impédo secrétaire. Il ne put se résoudre à passer tuosité de sa fortune. Il passa sans s'arrêter ses jours dans une ville où il ne lui était par tous les degrés d'honneur; et, chose pas permis comme aux antres d'avoir part singulière , il ne s'empressa jamais ; il ne au gouvernement, ni d'arriver aux premières fut poussé par aucune puissance: il ne décharges de l'Etat. On croit que ce fut la manda jamais , il refusa souvent : tous les principale raison qui le porta à quitter son . honneurs lui furent offerts de bonne grâce, pays, et à laisser perdre son nom et s'a mai- ' et toutes les suites de sa fortune lui arri- »on après lui , pour s'établir dans une ville vèrent d'une manière naturelle. Il fut fait car-

considérables, et «ne charge dans des secrétaires de la république. Ces chargés ne se donnaient qu'à des personnes de mérite, des plus-anciennes familles du peuple, et ceux qui n'étaient pas nés sénateurs ne pouvaient porter plus haut leurs prétentions. Les honneurs , les négociations , les administrations publiques et le droit de suffrage n'appartenaient qu'aux sénateurs. Les autres n avaient que des emplois dépendants, et étaient destinés à servir la république, sans pouvoir prétendre è la gouverner. Commendoo avait l'esprit trop vaste

où les dignités peuvent être la récompense des vertus , et où l'on peut aspirer à tout

auand on a de l'esprit et du mérite. Comme était dans ce dessein , un ecclésiastique de ses parents, fort âgé, lui résigna deux bénéfices qu'il possédait aux environs de Padoue, el qui valaient trois cents écusd'or de revenu. Il en avait recueilli autant des débris de son patrimoine, après en avoir tiré ce qu'il destinait pour le mariage de ses sœurs.

Ayant donc réglé ses affaires domestiques, il se relira à Rome en 1551. Nicolas Pouce , alors ambassadeur de Venise auprès du Pape Jules III , le présenta à Sa Sainteté , et rendit des témoignages si avantageux de son mérite (joe ce Pontife le mit au nombre de ses camériers. Doué d'un rare discernement , et sachant que l'amitié s'entretient par la ressemblance des mœurs et de l'esprit, il choisit pour amis des personnes d'un esprit modéré el d'une vie réglée comme la sienne. Il s'attacha particulièrement à Annibal Caro, à cause de sa droiture, de son savoir, de l'élégance de ses manières; et à Guillaume Sirlet, depuis cardinal. C'était ou homme d'une probité éprouvée, et d'une mémoire prodigieuse ; il avait lu une infinité de livres sur toutes sortes de sciences, et parcouru tous les écrits des Grecs et des Latins , des anciens el des modernes ; il les citait avec un rare bonheur. On le consultait aussi suf les points les plus obscurs, et on te regardait comme une bibliothèque vivante. Si la nature lui eût donné un tour if esprit' et un génie propre aux affaires, avec cette profonde érudition et ce vaste amês de connaissances, il aurait été sans doute l'homme le plus admirable de son siècle. Commendon lut encore très-familier avec Octave Pantagale, Basile Zanchi , Paul Manuce et Jules Pogian, qui passaient pour les maîtres de l'éloquence romaine: et, quoiqu'ils fussent tous déjà fort avancés en âge, ils admirèrent la gravité, la modestie, le jugement et la pénétration d'esprit de ce jeune domine. Il eut beaucoup do respect et do

dinal quatorze ans après son arrivée à Rome. Pendant tout ce temps-là il fut continuellement occupé à des négociations publiques. L'année même qu'il vint a Rome, en 1551 , il fut envoyé à Urbin; l'année d'après eu Flandre , de là en Angleterre. A peine étaitil de retour, qu'il fut obligé de partir pour le Portugal. Il passa en ces occupations les cinq dernières années du pontificat do Jules III. En 1555, il fut appelé pir Ih Pape Paul IV pour être un do ses secrétaires , 1 1 fut sacré évêque la même année. Il avait été nommé pour être préteur de la ville; mais il fut envoyé en qualité de nonce de Sa Sainteté en Allemagne auprès de l'empereur; puis les affaires s'étanl troublées , et la guerre ayant été déclarée, il n'acheva pas son voyage. A peine de retour à Rome . le Pape l'envoya à tous les princes d'Italie , pour les exciter à prendre les armes, et à se liguer avec lui. Il eut oHre de passer à Venise , pour engager le sénat à entrer dans cette ligue. Ces affaires l'occupèreut près de quatre ans jusquo vers la mort de Paul IV.

Pie IV, dès la première année de son pontificat , l'envoya nonce auprès de l'empereur Ferdinand ; le nonce eut ordre aussi d'aller chez tous les princes d'Allemagne. Il y fut un an et demi. A son retour, il fut envoyé au même empereur par les cardinaux qui présidaient au concile de Trente. Il fit ce voyage fort prompteraent , et fut ensuite obligé de partir pour se rendre en Pologne, el y résider en qualité de nonce aposl hque auprès du roi Sigismond-Auguste. C'est là qu'il fut fait cardinal par le Pape Pie IV, la cinquième année de son pontificat , un peu avant sa mort. En 1566, il alla, en qualité de légat, à Aug^bourg, où l'empereur Ferdinand avait assemblé la diète de l'empire. Deux ans après il y retourna , pour ,e dé~ tourner du dessein qu'il avait d'accorder la liberté do conscience et l'exercice de I hérésie de Luther aut peuples d'Autriche.

Deux ans après il fût encore envoyé en qualité do légafà l'empereur »'t au roi de Pologne , pour les exhorter à s'unir «mire les

Turcs

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