‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 137 sur 457 · COM DICTIONNAIRE · texte numérisé non relu

COM DICTIONNAIRE

Pendant tout ce temps, quoiqu'il eût j'arcourn, avec «lu grandes fatigues, presque toutes les provinces de l'Europe, il ne fut jamais malade. Les travaux et les peines du voyage furent des plaisirs pour lui ; et ni la chaleur, ni les pluies, ni le froid du Nord ne l'incommodèrent jamais. Après avoir jolo un coup d'oeil rapide sur aa vie, reprenons le Hl de son histoire.

Dès sa première jeunesse Commcndon fil concevoir de si grandes espérances , que tout le monde fut persuadé qu'il parviendrait un jour aux premières dignités de l'Eglise. Lorsqu'il parut b Rome , on eut de lui la même opinion. Annibat Caro, homme sage, qui avait fait do longues réflexions sur les choses humaines , et qui connaissait bien la cour de Rome , avait prédit a Nicolas Ardhingel , à Marcel Ccrvin et à Commendon , ses amis, qu'ils seraient un jour cardinaux. Il n connut leur esprit dès qu'ils furent arrivés à la cour, et l'expérience fit voir qu'il no s'était pas trompé. Les deux premiers furent fort employés, et ils s'acquillèrentde leurs emplois avec tant do sagesse, qu'Hs méritèrent d'être élevés h ce haut rang par le Pape Paul III. Ardhingel était déjà mort. Marcel était porté par les vœux et par la voix des peuples au souverain degré d'honneur, où il fut élevé quelques mois après, à la place du Pape Jules. Caro eut une vive joie de voir ses prédictions s'accomplir, et il

mourut pou de jours après la promotion de Commendon au cardinalat.

Le Pape Jules 111 faisait bâtir , hors de la porte Flaminienne , une belle maison de plaisance. 11 y avait fait conduire par de longs canaux les eaux d'une source trèspure. Une nymphe de marbre, d'un ouvrage antique, et penchée sur une urne, les recueillait et les distribuait dans les jardins. Jules voulut qu'on fil diverses pelitos poésies a l'honneur de cotte statue , pour être

Sravées s*don la disposition et les espaces es marbres. Tous les beaux esprits , nonseulement de Rome, mais encore de toute l'Italie, s'exercèrent sur ce sujet. Commendon avait eu, dès l'enfance, le goût de la poésie. Se sentant animé par lo désir do plaire à son maître , et par celte émulation qui excitait tous les savants de l'Italie, il composa quelques épigrammes qui convenaient au sujet. Le Pape, excellent juge, les ayant lues, ne se contenta pas de les approuver; il commanda qu'on les fit graver, et les préféra a toutes les autres. Il fil appeler Commendon, cl, après avoir reconnu 1 esprit el la sagesse de ce jeune homme par diverses questions qu'il lui adressa , il le congédia ; et, se tournant vers ceux qui étaient présents : ■ Ce jeune homme, • leur dit-il, « a trop de mérite pour demeurer plus longtemps inutile, et je remarque en lui de trop grandes qualités pour ne l'employer qu'à faire des vers. »

Depuis ce temps Commendon renonça entièrement à la (toésie : et , soit qu'il lût satisfait de la gloire qu'il s'était acquise, et qu'il crûl qu'il y « des études propres à la

jnunesse, qm ne conviennent pas X un Ag« plus avancé; soit qu'il voulût se donnci des occupations plus sérieuses, et s'appliquer tout entier a l'élude de la théologie, il ne fil plus do vers, cl se contenta de lire avec plaisir ceux des autres et d'en juger avec esprit. Il eut même tant de honte de ceux qu'il avait autrefois composés, qu'il en retira des mains de ses amis de quoi faire plusieurs volumes, qu'il jeta au feu avec quelques tragédies et des comédies, les brûlant avec nlus de plaisir ou'il n'en avait eu autrefois a les écrire.

Lorsque le Pape l'interrogea snr ses éludes, il apprit qu'il avait employé trois a as b l'étude uu droit civil. Jules III le loua fort de s'être attaché a cette science ; mais il le blâma d'avoir négligé de prendre des licences et de se mettre au rang des jurisconsultes. Commendon obtint congé de Sa Sainteté pour un mois , s'en alla promplement b Padoue el se présenta, pour rendre compte de ses éludes, au lieu même où il av.iit étudié. On le loua publiquement, el , ayant été reçu , avec approbation de toulu I université, au nombre des jurisconsultes, il partit pour Rome, où il arriva le jour même qu'il avait prorois de s'y rendre.

Le Pape lui sut bon gré de sa diligenceet de son exactitude; et, croyant qu'il pouvait lui confier toute sorte d'emplois, il l'envoya à Urbin pour une négociation importante.

Pendant les guerres de l'empereur et des rois de France en Italie , la ville du Sienne, une des principales de l'Elrurie, ne pouvant plus souffrir l'orgueil ni la dureté de l»iegn de Mendoza, qui en était gouverneur pour l'empereur, avait chassé les Espagnols, et reçu garnison française. Il se faisait de grands préparatifs de guerre de part Pt d'autre. Les uns faisaient lous leurs efforts pour la reprendre; l*'S autres étaient résolus de la conserver. Guidubald, duc d'Druio, a cause du voisinage de ses terres, pouvait être d'un grand secours b l'un ou à l'autre parti. Aussi chacun tâcha de l'engager dam ses intérêts et lui fit des propositions avantageuses. Comme on savait que le Pape avait beaucoup de pouvoir sur son esprit, on le sollicita vivement b se déclarer. Mais Sa Sainteté, craignant que lo prince ne se laissât séduire par les avantages qu'on lui proposait, el qu'on ne lui imputât la résolution qu'il aurait prise , voulut le détourner de tous les engagements qu'il pouvait prendre et l'attacher aux seuls intérêts du Siiint-Siôgo. D.ms ce dessein, elle lui envoya Commendon, avec ordre de faire diligence pour arriver avant un ngeni que les ambassadeurs de l'empereur avaient dépêché, avec pouvoir de traiter avec le duc.

Commendon se rendit donc en toute bftia a Urbin. Il Iruuva le duc disposé b accepta les offres de l'empereur et è conclure avec lui son Iraité. Il lui exposa les intentions de Sa Sainteté; il lui fit si bien comprendre qu'il devait se ménager entre ces deux gra des puissances, el qu'il n'y avait aucune sûreté pour lui b so mêler dans leurs diu>

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