‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 161 sur 457 · DOM · texte numérisé non relu

DOM

Scripta délia Ligur.; — Pbtramkliario. j DOM AH ou DAMARUS (Gérard), noroné quelquefois de Gcardia ou de Gerru, né b Limoge?, entra, jeune encore, dans l'ordre des religieux dominicains, et fut élu génère! de son ordre dans le chapitre tenu en 1340, a Carcassone. — Le Pane Clément VI, son oncle maternel, l'éleva, deux ans après, au cardinalat, en lui conférant le titre de Siinte-Sabine. Il fut longtemps légat en France. Après avoir fait beaucoup de bien» son ordre et aux pauvres, il mourut, en 1343 ou 1345, à Avignon, qui était alors la résidence des Souverains Pontifes.

On a de ce cardinal les trois ouvrages suivants : I. Commentatio theologica; IL Synopsis in Summam Thoma A quitta fis; III. Sermones docti et élégantes. (Voy. son éloge dans les Scriptores ordinis Prœdicatorum, t. I, pag. 609 et suivantes, in-folio, et VHistoire des Papes qui ont siégé à Avignon, par Bai.izk.)

DOMINICI (Jean) naquit è Florence, de parents pauvre?, on plutôt dans la dernière classe du peuple. Dès son enfonce, il manifesta le plus vif désir d'entrer dans Tordra de Saint-Dominique, et il le demanda avec tant de persévérance, qu'enfin il y fut admis. Son mérite l'éleva aux premières charges de son ordre, où il travailla h rétablir II régularité et la discipline. Il y reçut des hommes distingués, entre autres, saint Àotonin, qui fut depuis archevêque de Florence. En 1406, après la mort d'Innocent VII, le P. Jean Dominique se rendit à Rome, en qualité d'envoyé des Florentins, pour conjurer les cardinaux d'aviser aux moyens de mettre fin au malheureux schisme, qui désolait depuis si longtemps l'Eglise. Il arriva, après que Grégoire Ml eut été élu, et il tint au nouveau Pontife un langage empreint de fermeté et d'une noble indépendance. Ce discours n'offensa point Grégoire; nu contraire, il donna l'archevêché de Raguse è Jean-Dominique, et, en 1408, il le fil entrer dans le Sacré Collège. Le cardinal Dominici resta constamment attaché au parti de Grégoire jusqu'en 1415, où ce dernier, se rendant aux conseils de l'empereur Sigismond, oui l'engageait è abdiquer volontairement le pontificat, en prit la détermination, et envoya lo cardinal Dominici et Charles Malatesla pour déposer, eu sou nom, son abdication, au concile de Constance. Le cardinal Dominici y fui reçu avec honneur, et Martin V, élevé sur lu Saint-Siège, en 1417, l'envoya, avec lo caractère de légal, eu Pologne, en Bohème et en Hongrie, pour y combattre les erreurs des Hussites. La Pontife ne pouvait faire un meilleur choix : Dominici remplit sa mission avec zèle et talent; mais, étant tombé malade dans la ville de Breda, il y mourut le 10 juin 1420, Agé de 63 ans, et fut inhumé dans l'église des Pères de l'ordre de Saint-Paul, ermite. Il ne faut pas confondre ce cardinal avec un autre du même nom, et évêque d'Albe, que Clément VII, élu Pape è Avignon, en 1378, contre Urbain VI, élu à Rome, envova en

DfcS CARMIN Al! A.

Espagne, pour dissiper tes factions suscitées contre le clergé, à l'avéneroent de Henri III aa trône de Castille. (Voy. Mariana, Histoire d'Espagne, I. xvn, c. 18 et I. xtx, c. 1; — Saint-Antonin, tit. 23, c. lt etseq*.; — Ferdinand db Castillb, part, xi, I. 2;-- Sixte de Sienne, Biblioth., I. iv ; — Séraphin Bazii, Vont, iltustr. Dominicor.; — Aubkbt, Bist. des cardinaux.) DOMINIQUE DE SA1NT-PIERRE, Espa-

facultés de son élève. C'était toujours le môme caractère vif, ardent, d'autant plus ouvert que son cœur était plus pur. Sorti du collège, il alla compléter ses éludes au séminaire de Saint-Irénéi», à Lyon, d'où il fut envoyé, en 1813, au collège deBetly (Ain), en oualité de professeur de belles-lettres. L'abbé Donnel avait dix-huit ans. Ses élèves, presque tous ses égaux par l'âg •, ne lardèrent pas à reconnaître la supériorité de

gnol, religieux de l'ordre de la Merci, dix- son intelligence, la finesse de son tact, la huitième et dernier cardinal, créé par Boni- solidité de son jugement; aussi firent-ils

face VIII, Pape de 129fc à 1303, mourut en

DOMINIQUE SERRAN, Français, général de Tordre de la Merci, fut le vingt-huitième et dernier cardinal, créé par Clément VI, Pane, de 1324 à 1352.

DOMINIQUE DE BONNE-ESPERANCE , Espagnol, Chartreux, fut fait cardinal en 1409. par l'antipape Benoit XIII.

DONATO (Lotis), né a Venise, était religieux de l'ordre de Saint-François. Il entra, jeune encore, dans l'ordre des Frères mineurs, et y parvint aux premières charges, même a celle de général, vers 1379. — Le Pape Urbain VI, qui l'avait plusieurs fois employé utilement, et qui, d'aillours, avait besoin d'hommes de tête, voulut se l'attacher eu loi donnant, en 1381, le chapeau de lardinal. Ce Pontife l'envoya, en qualité de légat, avec quelques autres cardinaux, vers Charles III, roi de Naples, auprès duquel leur négociation ne réussit pas au gré d'Urbain. Celui-ci, outré de colère, traita les

des progrès remarquables. C'est là que l'abbé Donnet eut la révélation de son talent oratoire dont .il fit les premiers essais, essais qui furent remarqués au collège royal de Lyon et dans les principales institutions de cette grande ville. A vingt-deux ans, M. Donnet obtint de Rome des dispensions d'Age, et reçut la prêtrise en 1819. Il se montra alors sous un jour tout nouveau. La sainteté du son caractère l'enveloppa comme d'une auréole de dignité qui lui attirait les cœurs. Nommé vicaire à la Guillolière, un des faubourgs les plus populeux de Lyon, il fit preuve dans tous les actes de son ministère d'une âme aussi intelligente que généreuse et désintéressée. Il se montra surtout ardent à soulager les pauvres : la charité , cette vertu de son enfance, avait grandi avec son âge. Sa capacité, unie à une conduite exem-

f daire, lui ouvrit les portes de la maison de lautes études, fondée par le cardinal Fesch, dans l'ancienne abbaye des Chartreux de Lyon. La, ses talents et surtout sa bonté et

légats avec une barbarie incroyable. Louis sa candeur lui valurent l'amitié de MMgrsjles Donalo fut arrêté à Luceria; on lui donna . t

la question, qu'il souffrit avec une constance vraiment chrétienne; puis, ayant été conduit è Gênes, il eut la tête tranchée en décembre 1385. {Voy. Thierry de Nibm, I.i, c 50, 51, 52 et 53; — Wading , Annales minorum. etc.)

DONATO LOESI (PierreI, Romain,évêqne de Narni, créé en 1570, par le Pape Pie V, prêlre-rardinal du titre de Saiole-Vestine, mourut en 1586.

DONATO. — Voy. Clasidez.

DONGHI (Jean-Etienne), Génois, fait en 16i3, par le Pape Urbain VIII, diacre-cardinal du litre de Saint-Georges in Velabro, puis de Sainte-Agathe, évèque d'Ajazzo, d'Imola et de Ferrarc, mourut en 1669.

archevêques d'Auch et de Toulouse, des évêques de Verdun, de la Rochelle, de la Nouvelle-Orléans, de plusieurs prédicateurs distingués, tels que MM. Coindre, Dufêtre, Cœur, Barricaud et autres. Le temp* était venu pour l'abbé Donnet de! commencer sa carrière apostolique. Il prêcha des missions dans plusieurs villes importantes, telles que Saint-Etienne, Annonay,Bourg,Villefranche, Ponl-de-Vaux, Charlicu, Tournon , Sainl- Chamond, etc., et obtint, dans chacune de ces villes, des succès qui durent troubler son zèle en récompensant ses efforts, car, pour lui, un succès, c'était une conversion obtenue, une âme sauvée au lit de la mort. Le Lyonnais était alors en proie à toutes les agi-

tations poli tin ues. Plusieurs paroisses s ô- DONNETl Ferdinand-François -Auguste), taient insurgées. Didier, de Grenoble, avait

issu d'une famille honorable du Forez, est né le 16 novembre 1795, à Bourg-Argental, département de la Loire, diocèse vie Vienne, oô son père exerçait la profession de médecin. — Les temps étaient mauvais ; les écoles étaient fermées comme les églises, et e'est sur les genoux de sa mère, femme douée d'un tact admirable, qu'il fit sa première éducation. C'était un enfant aimable, vif, enjoué, annonçant les qualités les plus heureuses. Mgr d'Aviati, archevêque de Vienne, venait d'obtenir l'ouverture du col-

fait une tentative pour proclamer Napoléon II. La commune d'Irigny (Rhône) s'était distinguée parmi les plus exaltées, et avait porté "effervescence jusqu'à vouloir attenter aux jours de son curé, M. Rivière, qui avait eu, aux yeux de ses paroissiens, le tort de manifester des opinions contraires aux leurs. Il fallut donc pourvoir au remplacement drj vieillarJ, et le choix de l'autorité tomba sur le jeune missionnaire. Dire que M. Donnet trouva dans la vivacité de sa foi, dans l'ar-

deur de sa charité, dans l'exquise finesse de lé ge d*Annonay ; le jeune Ferdinand y fut son tact et la parfaite convenance de ses paplacé, en sortant des mains de l'abbé Aude, rôles, lo moyen de ramener la paix et la conqui avait cultivé arec discernement les rares ûance au milieu d'une population égarée.

riCIÏONJSAlUE

c'est faire connaître le caractère éminemment habile et conciliateur qui Ta dirigé dans tous les actes importants de sa vie. Il ne détail pas longtemps jouir du fruit de cette victoire do la raison sur l'ivresse de la colère; M«r l'archevêque de Tours l'appela dans son diurèse, poury diriger les missions. C'était un honneur, mais de combien de dangers il était entouré dans un temps où chaque rcbe de prêtre excitait les clameurs de quelque libéralre insulteurl Au reste, rien ne pouvait rebuter le zèle d'un apôtre; il partit donc accompagné de MM. Dufêlre, Eynac, Allignol, Villecourt, Megrei, Marcel, Sucliet, Nivel et Charbonnière, qu'il s'était adjoints pour partager le fardeau du ministère qui lui avait été imposé.

Cet apostolat dura cinq ans ; il restera comme une des belles pages de la vie dévouée, infatigable de Mgr l'archevêque de Bordeaux : cinq ans d'apostolat à travers la Touraine, le filérois, et plusieurs villes de l'ouest et du centre, (el'es que Chinon, Vendôme, Amboise, Homoranlin, Loches, Blois, Sainl-Aignan, Richelieu, Bourgueil, Montrésor, Montargi*, Libourne, Poîiiers, etc.; cinq années d'abnégation, de travaux austères, de privations sans nombre I

Une do ses excursions dans le Blésois et la Touraine fut signalée par un incident qui mérite d'être rappelé. M.tDoonet prêchait, pour la clôture d'une mission, sur lemyttere auguste et touchant de ta Patsion du Sauveur. Il parlait du pardon des injures,. des liens de fraternité qui doivent unir tous ceux qui ont été rachetés par le sang de Jésus-Christ. L'auditoire était ému jusqu'aux larmes.... Des cris de repentir, de pardon, frappèrent les voûtes du temple. Mais, quand l'orateur eut cessé de parler, plusieurs personnes, mêlant assez mal à propos la politique a un sujet purement religieux, firent entendre lecri, d'ailleurs fort innocent, de Vive le roi. Aussitôt, M. Donnet reparaît dans la chaire : « Mes frères,» dit-il, « c'est au nom du Boi des rois, mais du roi quia dit lui-même que son royaume n'est pas de ce monde, que nous sommes venus a vous. Loin de nous donc les passions qui se rattachent aux choses de la terre, et qui voudraient y attacher une religion toute; céleste. Si elle rend a César ce qui est à César, elle rend avant tout à Dieu ce qui est à Dieu. Si elle honoro aveu soumission les princes et les puissances, elle ne se range sous aucun des étendards qui la divisent, mais elle élève le sien au-dessus de tous, pour y montrer unis avec la profession de sa foi le seul cri de ralliement qu'elle permette à ses enfants : Gloire à Dieu au plut haut des deux, et paix sur ta terre à tout let hommes de bonne volonté. (Luc. h, 14 ) Vivo la religion, aimous-nous commu des frères. »

Peqdant tout le cours do sa mission apostolique , M. Donnet montra la même sagesse, la même prudence, et c'est ainsi qu'il so concilia les sympathies et le respect universels. Mgr l'archevêque de Tours, voulant le récompenser, le nomma premier

vicaire général titulaire. L'abbé Donnet refusa pour continuer au milieu de difficultés et de luttes nouvelles la pénible carrière par laquelle il avait si glorieusement débuté.

Becherché avec empressement par les évêques pour prêcher les retraites pastorales de leurs diocèses , il se rendit successivement aux vœux de Mgrs de Grenoble , Nevers, Angers, Tours, Clermont, Orléans, Bl-^is, Limoges, Dijon et Bordeaux. Partout il obtint de brillants succès ; partout il laissa de son caractère et de la variété de ses connaissances, un précieux souvenir. Celte époque marqua une phase nouvelle dans la carrière de M. Donnet. Une transformation

f>rofonde s'opéra tout a coup dans son taent. Le missionnaire énergique, ardent, que nous avons vu jusqu'ici frapper, subjuguer la multitude par l'éclat de sa parole, par le prestige des moyens extérieurs, par les inspirations de la foi , sut donner à son éloquence un autre caractère et révéler toutes les ressources d'un théologien profond , d'un dialecticien pressant et vigoureux. Ses discours substantiels, où une érudition solide s'alliait à des considérations de l'ordre le plus élevé, produisirent Ir plus vive impression sur l'auditoire d'élite auquel ili s'adressaient. C'est alors qu'il fonda è Blois YOEuvre des pauvres orphelines, dont l'bxpérience a prouvé toute l'utilité. Il créa eusuite à Vendôme , Romoranlin , Richelieu, Saint-Aignan, Blois, l'Œuvre des bons livret, destinée à répandre gratuitement des livres où la religion , la littérature et les arts se prêteraient un mutuel appui. Cependant le diocèse auquel il appartenait revendiqua des services sur lesquels il avait des droits

Elus particuliers. M. Donnet fut rappelé à yon, et Mgr de Pins, archevêque administrateur, le nomma en octobre 1827 à la cure de Villefranche , chef-lieu d'arrondissement et seconde ville du département du Rhône.

« La cure do Villefranche était un poste difficile et éminemment propre à exercer la prudence et le zèle du jeune pasteur. Peu distante de Lyon, placée sur lus bords de la Saône et traversée par une grande roule» celte ville réunit les Irois conditions les moins favorables a la conservation de l'esprit religieux et de la moralité des populations. Les divisions politiques de celte époque venaient encore ajouter à ces difficultés. Là, comme ailleurs, se trouvait un prétendu libéralisme qui croyait marcher à la conquête des lumières et de la liberté en se montrant hostile au clergé et à la religion; d'autre part, les nombreux châteaux du voisiuage, habités par les anciennes et riches familles du Lyonnais, avaient des opinions différentes, plus religieuses il est vrai, mais non moins exigeantes. Entre ces deux opinions opposées qui se trouvaient en présence, la position d'un curé pouvait devenir pleine de difficultés et d'écucils : ajouious que la paroisse avait été gouvernée pendant vingt-sept ans par un prêtre vénérable; mais le grand âge et les infirmités du vieillard laissaient depuis plusieurs années tout

soi don des ca

en souffrance. M. Donnet comprit toutes ces difficultés: il sentit qu'une précipitation téméraire ne pourrait que les augmenter, que Je succès dans cet état de choses devait être l'œuvre du temps et de la prudence. Celte conviction détermina sa conduite; il commença par visiter toute la paroisse, sans acception de fortune et d'opinion. Comme il avait prêché un Jubilé deux ans auparavant dans cette contrée, son nom y était connu , son mérite et son caractère appréciés. Accueilli avec confiance, il consacra ses premiers soins aui enfants , qu'il réunit pour les catéchismes , qu'il visita dans leurs écoles, qu'il gagnait dans toutes les familles par la bonté de son accueil et l'alf.-ibilité de ses manières. Il se concilia par les mémos moyens l'amitié des jeunes gens; cependant il profitait de toutes les occasions pour être tout a tous, eo visitant les malades, en distribuant des secours, en donnant un sage conseil, en offrant au besoin une utile protection, en un mot, en faisant servir toutes les ressources de sa position, de son esprit et de son sèle à gagner les âmes à Dieu et è la religion. Il obtint un égal succès dans la maison du riche et dans celle du pauvre. L'abbé Donnet, que la politesse de ses manières, la finesse de son esprit font remnr-

3uer dans les classes supérieures et polies e la société, dont il possède si bien la langée et les usages, sait se faire petit au milieu des petits, dont il s'est toujours montré le protecteur et le père; et c'est ainsi qu'il obtient sur les masses l'ascendant qu il a toujours eu; c'est ainsi qu'il y devient populaire et qu'il sait parler un langage qui les remue et qui se grave dans leur souvenir. Ses manières franches , sa noble familiarité, ses reparties vives, plaisent au peuple. Puis, qu'il survienne un désastre imprévu, en*.' nouvelle importante pour la gloire ou le bonheur du pays, son cœur bat à l'unisson de tous les cœurs mâles et énergiques, de toutes les âmes dévouées et généreuses, et les secours de son zèle « de sa bourse , pas plus que ceux de son bras, ne manquent a qui eu a besoin. On en retrouve virgt exem* pies dans la carrièro qu'il a déjà fournie. Au début de ses fonctions pastorales à Villefranche, la Providence lui ménagea deux occasions qui ne contribuèrent pas peu à lui concilier cette faveur unanime qu'il a toujours su conserver. En novembre 1828 , une trombe s'abattit sur Yillefranche. Elle ht déborder la petite rivière qui la traverse et inonda subitement la ville. Il faisait nuit et les rues étaient envahies. M. Donnet monte à cheval, et vole partout où il y a danger. Il arrache à la mort un vieillard et un enfant, organise les secours, et en allant au péril de sa vie lever les vannes d'un moulin , il sauve une partie de la ville. Trois mois après éclate un incendie terrible. Le dévoué pasteut arrivé des premiers sur les Iteui, «e porte partout où le péril est le plus, imminent; il fuit exécuter avec sang-froid les mesures les plus convenables. Le feu éteint, il conduit au presbytère les travailleurs

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dont il est entouré, et leur fuit servir de quoi réj>arer leurs forces. Chacun proclame que ' c'est a son courage et à sou coup d'œil qu'on doit de s'être rendu maître du feu; il ; en prend occasion de représenter è ces braves gens l'utilité de s'organiser en une compagnie régulière , soumise à ses chefs et manœuvrant avec ensemble. Ces conseils furent suivis , et Villefranche eut un corps de pompiers composé do l'élite de la population. On conçoit facilement la sympathie que durent exciter parmi le peuple des traits de celte nature, dont les préventions alors nourries contre le ctergé no le faisaient pas supposer capable. Plus les répugnances avaient été prononcées, plus chez ces natures énergiques le retour fut vif et la confiance illimitée. L'enthousiasme fut poussé au point quo les pompiers voulaient absolument que M. Donnet fût leur colonel. En vain le curé les engageait-il è se contenter qu'il leur remit , qu'il bénit leur drapeau, et qu'au besoiu il devint leur aumônier, ils continuèrent a lui donner le litre honorifique qu'il s'ubslinail à refuser. 11 est une anecdote que nous croyons pouvoir conserver dans une» notice aussi grave, parce qu'elle sert à montrer comment le prêtre savait faire tourner au profil de la religion ces sympathies populaires.

La mort, qui n'épargne ni les rois, ui les empereurs , n'épargno pas plus les pompiers. Elle frappait à la porle de l'un d'eux. Le curé vint voir lo malade, qui accueillit avec joie cetle visite. Après les propos obligés sur la belle tenue do la compagnie , le curé aborde le sujet qui l'amenait par la transition si naturelle que, de même qu'un bon soldat doit toujours avoir les armes en bon état et prêtes pour une revue , il fallait qu'un Chrétien so tint toujours prêt à paraître devant Dieu.

« Vous avez raison, mon colonel, » répliqua le malade. — « Ainsi, mon ami, vous voilà disposé è faire une bonne confession. — Oui, mon colonel. > Ici lo curé avortit doucement le porapjor quo le ministère qu'il allait remplir auprès de lui ne permettait plus cette qualification par trop militaire. « Appelez-moi mon père, » ajouta-t-il. — «Je le veux, puisqu'il le faut, mon colonel. • Les assistants se retirèrent alors, et nul n'a su si lo mourant était parvenu à lutter jusqu'au bout contre son habiludo et n'avaii pas roftlô parfois dans sa confession le langage du pompier eteolui du pénitent. (Notice de 18*2.)

Par les soins de M. Donnet, l'église do Villefranche, restaurée dans le style de son époque, reprit son caractère imposant, elle fut dotée d'un orgue. De trois, le nombre des frères de la Doctrine chrétienne s'éleva a huit : un chautfoir public fut établi pour les pauvres; les orphelins des deux sexes reçurent un asile. Dans le régime sanitaire el moral des prisons M. Donuet introduisit des réformes si salutaires, que M. de Gasparin, préfet du Ktiôue, se plaisait à les citer comme des modèles. Dans la réalisation do

ces réformes, riiilelligent et zélé pasteur déploya toutes les ressources d'une bonté, d'une charité infatigohle.Son cœur était ému de pitié à l'aspect de ces hommes coupables, qu un repentir sincère pouvait ramener à la religion et à la vertu. Mais cette réhabilitalion morale était-elle possible dans une atmosphère de vice. M. Donnet rechercha donc les moyens de transformer ce milieu délétère, et il fut puissamment secondé par des personne? généreuses, notamment par Mme de la Baïmondière, dont le nom est devenu dans tout le Lyonnais le synonyme de celui de bienfaisance et de charité. Grâce aux libéralités de celte dame, do concert avec l'autorité administrative avec laquelle il marcha toujours dans le plus parfait accord, il remit le service intérieur des prisons de Viilefranche entre les mains de six sœurs do Saint-Joseph qui y furent établies dans ce but. ^etle amélioration fut le signal de beaucoup d'nuires; l'activité de M. Donne! sullisail à tout; chaque semaine il visitait la prison et l'hôpital, soutenant et récompensant le zèle des employés par des paroles de bienfaisance et d'encouragement; mais portant aussi partout lu coup d'œil scrutateur qui lui faisait découvrir les abus, et pressentir les améliorations nécessaires. En même temps, il donnait l'eiemple de l'assiduité aux séances des comités de l'instruction primaire, do l'hôpital, delà prison, etc., ce qui ne l'emmenait pas do remplir avec une exactitude scrupuleuse toutes ses fonctions pastorales. Pendnn» sept années on le vit monter dans la chaire du son église pour faire entendre aux fidèles la parole de vie. Une circonstance imprévue vint faire diversion aux travaux de cette vie si occupée. M. l'archevêque de Tours, appelé à Rome, proposa au curé de Viilefranche de l'accompagner dans ce voyage. M. Donnet passa en Italie avec le prélat et M. DuTélre, les mois de mai, juin et juillet 1829. Survint la révolution de 1830; une bando nombreuse d'émeutiers, venus du dehors, se répandent dans les rues de Villefrancho, arrachent les fleurs de lis partout où ils les aperçoivent et courent à l'église pour y continuer le cours de leurs exploits. Le pasteur est à la porte, et, secondé des habitants, il dissipe par sa voix ces malfaiteurs. Mgr Forbin- Jsnson, évêque de Nancy, forcé d'abandonner son diocèse, venait do passer quelque temps à Lyon. Il fut frappé de voir un prêtre qui, tout en restant ferme et inûexible dans tout ce qui touchait au maintien de la foi et du caractère ecclésiastique, avait su, par son esprit de conciliation et par sa prudence, triompher de tous les obstacles que lui présentait l'administration d'une paroisse difficile, et y réunir, pour l'intérêt de la religion, tous les partis dans un esprit unanime de confiance et d'affection.

Affligé de voir son diocèse privé de tous les secours du ministère pastoral et désespérant de pouvoir en reprendre do longtemps 1'administratiou, après la tentative infructueuse qu'il venait de faire pour y rentrer à

l'occasion du choléra, il songea au caré.de Viilefranche pour se donner un coopéra leur. Sur la demande officielle de ro prélat auprè* de la cour de Rome et du gouvernement, M. Donnet lui fut accordé comme coadjuteur avec le litre d'évêque de Rosa. La plus violente opposition avait éclaté a Nancy contre Mgr de Forbin-Janson. En bulle a des attaques journalières fomentées par la presse, il s'était vu contraint, pour sauver ses Jours menacés, d'abandonner précipitamment le pays et de chercher un. asile sur la terre étrangère. Deux de ses grands vicaires avaient également pris la fuite et n'avaient reparu qu'après huit mois d'absence. Des divisions profondes avaient suivi ces scènes scandaleuses, donl fa personne du prélat n'avait pas eu seule à souffrir. Tel était l'état des choses et la disposiiion des esprits quand, en 1833, arriva è Nancy Mgr de Rosa, pour commencer sa mission de conciliation et de paix. L'araénitédeses manières, l'esprit de convenance el de mesure empreint dans tous ses actes, dans toutes ses démarches, ramenèrent è lui les cœurs les plus aigris et les esprits les plus prévenus. Nous empruntons quelques lignes a la circulaire par laquelle il convoquait son clergé è la retraite pastorale qui s'ouvrit deux moi* après son arrivée : « Le moment est venu où va se réaliser un des vœux les plus chers a notre cœur. Il nous sera donc donné de vous voir, de vous connaître, de vous apprécier el de former avec chacun de vous les liens d'attachement et de confiance qui doivent nous unir, je l'espère, pour de longues années. Bienheureux jours de retraite, vous nous procurerez ces avantages et vous nous ferez comprendre combien c'est une bonne et agréable chose, pour ceux qu'une môme vocation a rendus frères, de s'édifier les uns les autres et' de partager sans contention el sans jalousie le trésor des bénédictions inépuisables que le Père céleste m plaît è répandre sur ces réunions de famille... Vous n'bésjlerez pas à répondre à cette première invitation qu'il nous est donné de vous faire, ou plutôt à la voix intérieure qui vous appelle a l'écart. Vous vous rendrez avec empressement dans ce lieu retiré, vous vous délasserez un pou du travail ordinaire. Nous y viendrons avec vous habiter cette maison tout empreinte de l'esprit clérical que vous y avez reçu, nous y retrouverons la ferveur dans la prière, I abnégation de soi-même, un silence absolu sur les intérêts de la terre; nous y apprendrons la soumission à Dieu, qui dirige les événements, l'amour des pauvres, la tendre et active sollicitude pour les malades, la ebarité non feinie pour ceux qui ne nous aiment pas, l'aménité, la franchise, la cordialité avec tous. On nous y fera connaître les sages tempéraments a'une prudence tout évangélique qui, sans faiblesse et sans transaction aucune, nous apprend è séparer toujours l'homme de son opinion, pour conserver des rapports de bons pasteurs avec celui -là et pour respecter celle-ci laol qu'elw

n'a rien de contraire a la religion et aux lois* ou pour tâcher de la redresser avec douceur si elle nous paraît dangereuse. En un root, nous passerons en revue la multitude de nos devoirs; nous y écoulerons sur chacun d'eux le témoignage de notre conscience, afin de rapporter è Dieu la gloire qu'elle pourra nous rendre, pleurer devant lui les infidélités qu'elle nous reprochera et nous résoudre è lui ohéir désormais avec plus de générosité. Enûn, nous sortirons de ce nouveau cénacle après avoir formé en nous ©et homme intérieur, recueilli, religieux; cet homme de prière, de saints désirs; cet homme de paix, de mansuétude, du piété, d'huuiihlé ; cet homme de Dieu, en un mot, qui ressemble a Jésus-Christ ou qui en approche. Puisse le Dieu des miséricordes exaucer ces vœux si ardents de notrecœur I » La Gazette de Mets, du 21 septembre 1835» coutenail ce qui suit : a Mgr le coadjuteur de Nancy avait convoqué une partie de son clergé au grand séminaire, près de trois cents prêtres se sont rendus à sa voii, et là il nous a été donné de contempler de près celui que la Providence nous a envoyé dans sa miséricorde pour consoler nos longues douleurs et cicatriser la plaie eue» re toute saignante de noire malheureux diocèse. Mgr Donnet a présidé tous les exercices; Sa Grandeur s'est chargée ellemême du sujet d'oraison et des conférences, et nous ne savons ce qu'il faut le plus admirer en elle, ou cette prodigieuse facilité d'éloculion, ou cette connaissance approfondie du monde, ou cette juslo appréciation de notre siècle, ou cette grâce d'esprit, ou cette fermeté de principes, celte sûreté de doctrines et cette étninente piété qui lui ont fait développer avec tant dart les admirables voies de Dieu. » Après avoir gagné la couûance d'une partie du clergé, il voulut acquérir celle des fidèles, et entreprit, malgré une saison avancée, la visile générale du diocèse, la neige, les glaces, le mauvais état des roules, rien ne put l'arrêter. Il visita les arrondissements deToul.de Lunéville, de Nancy et de Château-Salins, voyageant sans prendre de repos, passant h journée dans les églises, où il distribuait lui même la parole de Dieu dans chaque paroisse, voyant tout, donnant de sages conseils. La satisfaction qu'il éprouva dans cette visite est exprimée dans son mandement (tour le Carême de 1836 : « C'est pour la première fois, nos très-cbers frères, qu'il nous est donné de vous adresser la parole à tous, et déjà nous pouvons vous dire avec effusion de cœur que noire espérance n'a -pas élé vaine et qu'il a plu à Celui de qui vient tout don parfait (Jac. î, 17), de Combler notre attente et de remplir la mesure de no» désirs. La mauière affectueuse dont nous «von* élé accueilli dans les diverses paroisses que nous avons visitées, l'avidité avec laquelle notre parole y a élé reçue sont un heureux l>rék*ge des bénédictions que Dieu semble promettre a notre ministère au milieu de vous. Dans les villes comme dans les campagnes,

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