‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 162 sur 457 · DON 8W · texte numérisé non relu

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nous avons trouvé la foule sur nos pas, et la semence de celui qui était iorti pour semer n'est point tombée sur le grand chemin ni dans des lieux pierreux, ni au tnilitu des épittrs, mais dans une bonne terre où elle germera et s'enracinera pour porter des fruits. (lue, vin, 5 seq.) Ainsi se sont dissipées, presque aussitôt que nous nous sommes trouvé en face de vous, les inquiétudes qui avaient pu nous préoccuper à notre entrée dans ce diocèse. Nous avons reconnu avec joie ei bonheur que Dieu et la religion sout honorés dans la grande majorité de vos paroisses autant que partout ailleurs, et que, si notre ciel u'a pas toujours été «ans nuages, il fallait en accuser plutôt les circonstances difficiles des derniers temps que les intentions et les -«olonlcs des hommes.

* Ah! N. T.-C. F., combien ce témoignage que nous vous rendons ici, dans loute la sincérité de notre cœur, sera consolant pour le vénérable titulaire qui n'a jamais cessé de s'intéresser à ce qui vous touche I C'est à son choix que nous devons l'honneur de vous apporter, le don du Ciel dont les évéques sout les dispensateurs; c'est lui qui a bien voulu nous appeler à son aide et nous propeser à la garde de son troupeau, devenu également nôtre par les prérogatives qu'ils a sollicitées et obtenues en notre faveur du Père commun des fidèles. Si donc nous vous connaissons, si nous vous aimons, c'C"l à lui, après Dieu, que nous en sommes redevable; il nous est doux de lui en exprimer devant vous noire reconnaissance, et nous implorons tous les jours de la boulé divine lesjlumières cl les vertus qui nous sout nécessaires pour répondre à sa confiance. »

Devant un langage si noble et si pur, l'opposition fut bientôt désarmée. Ou lisait dans un journal irréligieux du 21 juillet 1836 : « La modération de Mgr le coadjuteur, sa tolérance, sont tact sout trop connus dans son diocèce, où les hommes de toutes les opinions le classent dans la catégorie de Mgr de Cheverus, dont nous déplorons la mort, qui faisail asseoir ensemble è sa table le président du consistoire el le rabbin, pour qu on puisse mettre en doule nos dispositions bien veillâmes à l'égard de Mgr Donnet, auquel nous avons toujours rendu justice complète... et, d'ailleurs* le diocèse de Nancy est aujourd'hui bdminislré avec trop du sagesse pour que nos opinions sur le clergé en général puissent recevoir ici aucune application. »

« On assure, » dit cucore le même journal [1" septembre 1836], • que le conseil général du département vient d'allouer, a litre de supplément, «,000 francs à Mgr le coadjuteur du diocèse de Nancy. Si un prélat mérite une faveur spéciale, c'est assurément M. Donnet, è la tolérance et aux vertus duquel nous nous plaisons a rendre loule juslice. » En même temps que Mgr Dounel so multipliait dans toutes les fonctions do son ministère, qu'il fondait des établissements utiles, il élablil, ou plutôt il rétablit les conférence» ecclésiastiques que Mgr de

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Knrbin-Janson avait lonté d'introduire en le cours ordinaire des éludes est terminé rf. 18.m Dons le préambule du règlement nu- conserver et d'accroître la masse des on.,

blié à ce sujet, il disait .

pac ificateur dont le souffh vivé toutes vos paroisses, le temps n'est plus où le clergé était en bulle à d'injustes soupçons et où In réunion de trois ou quatre prêtres pouvait paraître à des esprits prétenus une machination ténébreuse. C'est ou grand jour île la publicité que nous voulons agir, et déjà les peuples aiment à comprendre qu'ils n'ont pas d'amis plus sincères et plus dévnués.que leurs pasteurs. Il n'y a donc dons notre entreprise ni précipitation ni témérité; d'ailleurs, elle répond. Messieurs, à votre désir général, et réalise, au moins dans ses dispositions essentielles l'ordonnance du 15 avril 1830 dont nous avons parlé plus haut ; enfin elle sera nom

Grâce à l'esprit naissances acquises? Ce moyeu, cVsl siirbienfaisanta ra- tout l'institution et la pratique des conférences. Tous ne sont pas, au môme degré, prophètes , docteurs, evangélistes (I Cor. u\\ 29, 30): mais chacun a sa mesure «le grâces et de talents. Dieu, qui en est l'auteur, et qui les distribue selon son bon plaisir, en nous ordonnant de faire valoir les noires, veut aussi que nous profilions de l'expérience do nos frères, par un commerce réciproque do conseils, d'exemples et de services. Voilà, Messieurs, ce qui a lieu dans les conférences, qui no sont, pour ainsi d»re. que des sociétés où In doctrine , les verlusjes talents sont mis en commun. C'est la qu'un pasteur vénérable , comme le bun père de famille, tire de son trésor des choses ancien-

vous tous la source des plus douces conso- nés et nouvelles. (Malth xn, 35.) C'est la que

Intions et des secours les plus salutaires dans l'exercice des fonctions pénibles du ministère pastoral.

m l.ebeou speciaele que celui d'one,réunion de prêtres inspirés par la foi, dirigés par la charité, travaillant en commun a s'éclairer pour pouvoir verser sur les peuples confiés à leur sollicitude de plus abondantes lumières I Si l Espril-Sainl a dit (Eccle. îv, 10) : Malheur à celui qui est seul, parce que, shl tombe une fois, il n'a personne pour le relever; le même Esprit de vérité a dit aussi (Matth. xviii, 20) : Là où deux ou trois sont ijunis en mon nom, je suis au mttteu d'eux. Ki n est-ce pas le bonheur de ces réunions que chantait le Prophète-Roi, lorsqu'il s'érriail : Qu'il est bon, qu'il est agréable pour des frères de se trouver ensemble! Dans les Actes des apôtres il est dit que les croyants n avaient qu'un cœur et qu'une âme (Act. iv, 32) ; et dans ces temps difficiles où les disciples de la croix se réfugiaient dans les antres ut les cavernes pour prier et préparer l affranchissement du monde, une des choses que l'apôire soiul Paul leur recommandait le plus c'était de ne pas déserter les assemblées, (flebr. x, 25.) Quel prêtre pourrait se flatter de se suffire à lui-même, de posséder toutes les connaissances nécessaires* I excrciceirréprochable du ministère, surtout à une époque où le changement inouï des hommes et des choses nous a créé une position qui n'a pas d'antécédent dans nos histoires? Voyez, Messieurs, ce que ionl les hommes du monde pour conserver la dignité de leurs corporations, pour éclairer les points obscurs do la science, pour résoudre les cas difficiles, pour amener à un terme heureur. leurs affaires les plus importantes : ils établissent des centres de correpondauce, ils se réunissent, ils se concertent, ils s'entendent. 11 ne faut pas qu'au milieu de ce mouvement qui emporte la société, le clergé reste slationnaire. Il faut vous souvenir que, dans lous les lomps, le sacerdoce a devancé, a dirigé l'essor des esprits et a exercé la royauté de l'intelligence

• Quel mv,„ dooe .von.-nous ^^ÏÏ^XX^Z

les jeunes prêtres trouvent un moyen facile de suppléera leur inexpérience.

« C est là que les idées cl les mélhodes particulières sont exominées, jugées et condamnées , si elles ne sont pas en harmonie avec les décisions de l'Eglise. C'est là enfin que se resserrent les liens de celle union dans le clergé, qui fait sa force et son bonheur; il suffit de se voir et de s'entendre pour dissiper les préventions, rapprocher les cœurs et substituer à l'arbitraire l'uniformité des règles canoniques. Combien d'excellents prêlres n'ont besoin que d'être mieux connus de leurs frùres pour en cire chéris et estimés autant qu'ils le mcrile.'l. Grâce au bon esprit qui vous anime, Messieurs, nous obtiendrons de vos confcrences ces résultais si désirables. Vouscnnserverez surloul avec soin l'union de l esprit dans le lien de la paix. ( Ephes. iv, 3.) Lis plus distingués parleurs talents ou parleur position seront les premiers è se faire tout à tous. {ICor. ii, 22.) Les anciens semai vénérés comme des maîtres et des pères; ils donneront de leur côté aux plus jeunes des témoignages de leur intérêt et du leur affection. Chacun recevra avec empressement la lâche qui lui adviendra, et il la remplira ayee une noble émulation. En un mol, vous n'oublierezjamais que l'alfabililô, la douceur et les égards réciproques doivent distinguer les enfants des Mansuy, des GauzeJm, des Gérard et des Léon, ces promiers apôtres <le la paix et de l'union dans Ci-s contrées : fi- //i sapientiv, ecclesia justorum, et natio illorum obedientia et dileetw.» (Eccli. m, 1.)

Les soins et les embarras d'une aduiinislialion difficile n'empêchaient pas le ptélal de paraître souvent dans la chaire évangélique ; pondant le Carême do 1837, on le vit en môme temps prêcher la Maiioo à la cathédrale de Nancy et à Luuéville Partout où il y avait du bien a faire, on était sûr de le trouver.

Son zèlo ne se laissait pas circonscrire dans les limites d'un diocèse. On remarquait alors, dans celui du Strasbourg, une réunion de jeunes prêtres qui proiuelldienl à la cause

Je sacerdoce après avoir suivi avec éclat d'outre* carrières, ils étaient quelque peu étrangers alors aux formules d'une théologie rigoureuse, auxquelles leur éducation première ne les avait pas pliés; mais leurs talents éroinents et la ferveur de leur zèle compensaient facilement ce qui leur manquait sous ce rapport. Toutefois des nuages s étaient élevés entre eux et l'autorité diocésaine t le désaccord prenait chaque jour nn caractère plus grave et plus inquiétant. Mgr Donnet se transporte a Strasbourg; il intervient auprès de l'évéque ; grâce à son esprit conciliateur, lesdifficullés sont aplanies, et il s'en retourne comblé des bénédicliou* des Catholiques qui connaissent les talents de MM. de Bonuechose, Rmisbonne, Ban tain, Goschler, Lcvel, Rarl.Oo lisait dans FUniven du 22 décembre 1836 : « La nomination do Mgr Donnet à l'archevêché de Bordeaux est certaine. L'offre de ce siège lui aurait été faite dès le mois d'octobre ; mais les résistances qu'il opposa furent telles que le pouvoir hésita à le presser. Le prélat lui-même croyait qu'on ne songeait plus a lui, lorsqu'au commencement de ce mois de nouvelles instances lui furent faites, lesquelles ont dû déterminer son acceptation.» t C'en est fait,» disait hOaxett» de Melx du 17 juin 1837, « aucune illusion d'esnérance n*esl pius permise. L'heure des adieux est arrivée, et nous touchons à une séparation douloureuse. Mgr Donnelva délaisser la terre de Lorraine et a asseoir sur In chaire véoérée des d'Aviau et des Cheverus.Un Mandement, où se produisent tous les sentiments de l'excellent Pontife, vient d'être envoyé aux fidèles du diocèse de Nancy..... » Mais laissons encore parler le noble prélat; nous ne saurions mieux le faire connaître; voici les premières pages do ce Mandement : « Lorsqu'à une époque encore si rapprochée nous vous adressions pour U première fois la parole, nous étions loin, N. T. CF., de prévoir les circonstances nouvelles qui allaient bientôt nous éloigner et nous forcer à vous dire un pénible adieu. Nous devons avant tout, pour soulager notre cœur, vous déclarer avec abandon que notre vœu le plus ardent était de rester avec vous pour continuer la mission toute de paix dont nous avions été chargé. Oui, N. T. C. F., pressé par la charité de Jésus-Christ, et encouragé dans notre zèle par le bien que nous avait dit de voua votre digne pontife, lorsqu'il nous envoya comme un autre lui-même au milieu de ses enfants , nous sa vious vous aimer avant qu'il nous eût été donné de vous connaître, et nous ne croyons pas trop présumer en pensant que vous nous avez payé d'un juste retour.

• Grèce a cette affection, a cette conQance mutuelles, qui sont pour notre ministère la condition première du succès, nous avons pu réaliser parmi vous quelque bien, cicatriser quelques blessures, verser le baume consolateur de la religion dans des cœurs aigris, & la vérité, par le malheur des circouatances, mais toujours disposés à croire,

Diction n. des Cakdiiuux.

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