‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 166 sur 457 · DON 8W · texte numérisé non relu

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et parce qu'elles étaient inopportunes. Elles pont venues troubler un travail lent, mnis réel, qui s'opérait de toutes parts dans les maisons d'éducation ; elles ont provoqué des accusations toujours fâcheuses, alors même qu'elles sont ridicules, contre les véritables amis de la jeunesse, au moment où ils cherchaient, par de progressives réformes, par de prudentes améliorations, è concilier tous les intérêts, en conservant les grands écrivains d'Athènes et de Rome, et en y joignant tout ce qui peut servir de modèle dans les auteurs sacrés. — Il est è remarquer, Monseigneur, que cette question des auteurs qui n'était que secondaire, est devenue à elle seule tout le débat, lequel n'a fait que s'envenimer, au milieu des textes et des autorités contradictoires. Il semble cependant que la distinction bien simple établie plus haut doive résoudre la question. S'agil-il de former le Chrétien, d'élever, comme parle saint Paul, V homme intérieur, où chercher la lumière, la science, la règle, si ce n'est dans les auteurs sacrés? Qui donc peut demander aux païens le texte d'un enseignement roligieux, d'une prédication évangélique ?

« Mais s'agil-il, et c'est la seconde et indispensable partie d'une éducation complète, d'élever Yhomme extérieur, l'homme de son temps, de sou pays, d'orner son intelligence, de lui former le style et le goût, où chercher des maîtres et des modèles plus complets que dans les œuvres de Démosthènes et de Tacite, d'Homère et de Virgile, d'Hérodote et de Thucydide, de Tile-Live et de Cicéron? A celui qui aurait la pensée de supprimer l'étude des lettres profanes, nous demanderions où il pourrait étudier le génie et la beauté des langues anciennes, ailleurs que chez ceux dont vingt siècles d'admiration ont proclamé la gloire. Que l'on y joigne, je le réclame hautement, l'étude comparée des auteurs sacrés ; nous admirerons le nombre et le mouvement dans saint Jean Chrysostome, l'élégance et l'onction dans saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Paulin de Bordeaux ; la suavité et la délicatesse dans saint Bernard, le génie et la verve dans saint Augustin, la vigueur dans saint Jéiôme. Mais prenons-y garde, en dehors de ce qui est doctrine, science théologique, idée philosophique , controverse, toutes choses au-dessus de la portée delà première jeunesse, nous trouverions avec peine dans les Pères latins les éléments du premier enseignement littéraire. Cependant quelques hommes versés dans la connaissance des chefs-d'œuvre chrétiens, ont déjà cherché à résoudre ce problème; ils nous trouveront disposés è applaudir au succès de leurs efforts.

« Si les auteurs païens, tels qu'on les met aux mains de la jeunesse, présentent encore aujourd'hui des passages dangereux pour les mœurs, la politique et la foi, quoi de plus facile, sans soulever de si grandes tempêtes, que d'être plus sévère qu on ne l'a été jusqu'ici, que de retrancher un passage, une églogue, une ode, uu livre même, si on lo

croit nécessaire. L'Eglise ne recommande- 1-e) le pas les mêmes précaution* pour les les Livres sacrés, et met-elle indifféremment entre les mains des fidèles tout l'Ancien Testament?

«Que si la question se réduit en termes plus simples encore, s'il ne s'agit ipjc d'apprendre aux enfants les éléments des langues grecque et latine, dans tels auteurs ou dans tels autres, il me parait indifférent qu'à défaut des auteurs sacrés, l'enfant apprenne les règles de la syntaxe dans les textes profanes; ni la grammaire ni la foi ne se trouvent en cause. Non, ce n'est pas le choix des livres, ce n'est pas même celui des méthodes qui importe le plus. Le vrai danger, comme le vrai remède, est dans le choix des maîtres qui expliquent les livres et emploient les méthodes. Tout le monde le sait, eton l'oublie trop : le meilleur livre devient un instrument dangereux entre les mains d'un mauvais maître ; la meilleure méthode reste stérile avec un professeur inhabile. Le maître sage, instruit et dévoué, trouve des perles dans Eonius, et fait du procédé de Un* castre une excellente méthode d'enseignement. Expliqués, commentés par Bossue!, Fénelon, Rollin, Bourdaloue, les auteurs païens peuvent elGcacement servir à former des générations fidèles et éclairées. Eiplt*

3ués et interprétés par des mattres iocré* ules, les Pères de l'Eglise, les Livres sacrés eux-mêmes deviendraient peut-être un tenu de blasphèmes, d'impiétés. A-t-on oublié h Bible enfin expliquée de Voltaire, et son/Tu» toire de l'établissement du chriuianitmtf

« Gardons les Auteurs païens , pour tout ce qu'ils ont d'inoffensif et d'éloquent. Scrvous-nous des auteurs sacrés , dans tout ce qu'ils ont de simple, de grand ou de sublime. Mais surtout, avant tout, choisissons les maîtres, formons des maîtres. C'est on art si difficile, si délicat, si complexe, que celui d'élever la jeunesse. Les corporations religieuses consacraient, ainsi que l'Université, dix à douze ans à former un régent de logique et de rhétorique, qui était arrivé du monde avec une expérience déjà longue et un savoir éprouvé. Renouons les traditions de la vieille pédagogie.

«{Il ne suflitpas d être zélé, pieux, déyoaé è ses devoirs, pour remplir la mission d'instituteur. Il faut un long'apprentissage , des connaissances solides et variées. Je peox le répéter encore, formons des maîtres. '0«? dans le silence , à l'ombre du sanctuaire» dans l'étude des toiles sacrés et profanes , des sciences exactes et naturelles , se pre* parent de nombreuses et fortes générations de professeurs dévorés de l'ambition du bien, du zèle de la science et du salut des Ames, et nous aurons mieux mérite de l'Eglise et de la société, qu'en faisant redire » tous les échos de la presse quotidienne no$ apparentes divisions. Il est temps qu'elle* cessent et ne détournent plus de leur voie pratique ceux qui ont pris À cœur la régénération sociale par l'éducation de la jeunesse. Elever la jeunesse, c'est assurer l'avenir du

jicjrs. Apprendre aux enfants à servir Dieu et A fournir dignement la carrière nui leur sera marquée par la Providence, tel doit être le but de nos effort?; et celui-là reste au dessus de toules les contestations, de tous les doute*, celui-là est uniquement nécessaire. Innecessariis uni/as.

« Employons à l'atteindre tout ce que Dieu a mis à la disposition de l'homme, prenons toutes les voies légitimes, usons de toutes les méthodes raisonnables, servons- nous du profane et du sacré, du vrai partout où il se trouve, du beau de quelque part qu'il vienne ; laissons chacun libre dans ses moyens, pourvu qu'il tende à la même fin, indubiiê liber tas. Et parmi ces méthodes, au milieu de ces efforts variés et dans cette libre concurrence, restons unis par les liens de la charité, par une sincère et mutuelle indulgence , par un support vraiment chrétieo, in omnibus eharitas.

« Ainsi nous accomplirons notre tâche, en ce siècle d'attente et de réparations, comme le moyen âge .1 rempli glorieusement la sienne. Longtemps on l'a méconnu et calomnié. Nul, désormais, ne songe à lui contester ses titres à la reconnaissance des peuples : ces titres sont la barbarie vaincue, les déserts défrichés et peuplés, les cilés bâties, l'ordre social reconstruit, les lettres ilivincs et païennes conservées, les monuments littéraires do l'auliquité pieusement recueillis, un art merveilleux d'architecture révélé au monde et auquel nous devons les cathédrales de Bourges, de Metz et d'Amiens, les flèches de Strasbourg, de Chartres et de Bunleaui.

• Mais son oeuvre est achevée; il a été réhabilité dans l'opinion «les hommes; on ne saurait le faire revivre. Chaque époque a sa mission. La nôtre aussi sera grande et glorieuse, si nous savons l'accomplir, non en empruntant au moyen âge des usages , des méthodes qui oui fait leur temps, mais en consultant les besoins du siècle et en appliquant a son amélioration cl à son bonheur véritable les découvertes du génie moderne; r.a conservant surtout au milieu de celte agitation féconde, et c'est là notre rôle, l'esprit de foi qui sanctifie toutes choses et dont le triomphe délinitif sera la gloire de ce siècle, qu'il ne faut ni méconnaître, ni calomnier. — Vous avez été des premiers, Monseigneur, à préparer ce triomphe ; vous l'assurerez, j'en ai la ton v ici ion, en travaillant à réconcilier, dans la charité de Notre- Seigneur Jésus-Christ, les volontés et les intelligences de tous ceux qui ont une mime foi, un mime Seigneur, un mime baptime... »

S'e*t-ce pas là le langage de la raison et de la foi? Ce serait faire injure à Mgr Donnet que de relever le mérite littéraire de tout ce qui découle de sa plume. La plume éloquente, qui a dérobé aux grands classiques d'Athènes et de Rome, toute la perfection de leur talent, ne pouvait pas les proscrire.

M. I* cardinal de Bordeaux a une physionomie noble et douce; sa voix est sympa*

Dictiox*. oes Cardinaux.

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