‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 165 sur 457 · DON D1CT · texte numérisé non relu

DON D1CT

« avez bien voulu rappeler quelques actes, « sans le concours d'un clergé intelligent et « dévoué, et sans la coopération de tous les « administrateursavec lesquels il m'a étédon- « né d'établir des rapports si bienveillants, c Recevez donc, prêtres, magistrats, guer- « riers, membres du corps enseignant, chefs « de nos principales maisons de commerce, « respectables consuls des divers Etals que « vous représentez si noblement, mes remer- « ciments sincères pour le bien que vous « m'avez si puissamment aidé a opérer « dans ce beau diocèse.

« J'acquitterai ma dette envers vous, car « vous avez besoin, sinon de ma personne, « du moins du ministère saint que j'ai à con- « tinuer au milieu de vous et pour vous. Les « honneurs, les richesses ne sauraient vous « rendre heureux. Recourez donc aux luroiè- « res, aux consolations que vous ne trouve- • riez nulle autre part que dans la religion; < la dignité de cardinal ne serait rien pour « moi, si elle ne me donnait de nouvelles fa- « cilitésde faire le bien, de sécher une larme « de plus. Ne craignez point que la position « qui m'est faite soit capable de rien changer « a la simplicité de mes goûts, ni de retran- « cher une heure aux travaux que j'ai remplis «jusqu'ici avec tant de bonheur au milieu « des campagnes les plus reculées et les plus « modestes. Puissent les vœux que je forme « pour votre bonheur monter au ciel et re- « descendre sur vous comme une céleste bô- « nédiction. »

« Après cette allocution de Son Eminence, on a entonné le Te Deurn, qui a "été suivi de la bénédiction pontificale. La cérémonie s'est terminée par un Laudate exécuté avec un admirable ensemble par les chœurs de la cathédrale. Mgr le cardinal-archevêque a été ensuite conduit processionnellemenl à son pu lais archiépiscopal, dans la cour duquel se tenaient sous les armes deux compagnies de la ligne. Toutes les autorités s'y sont immédiatement rendues pour présenter leurs hommages et leurs félicitations au vénérable pontife. »

Mgr Donnet n'est pas restéétranger aux grandes questions qui se sont agitées de nos jours. Nous voulons parler do la liberté de renseignement, delà question si controversée de l'intervention de la presse dans les affaires de l'Eglise, et de cette autre question qu'a soulevée M. l'abbé Gaume , qui voulait proscrire de l'enseigne ment religieux les classiques profanes. Nous croyons devoir reproduire ici, en partie, deux lettres remarquables écrites sur ces graves sujets par Mgr Donnet à Mgr l'évoque d'Orléans.

«... Je n'ai pas attendu jusqu'à ce jour pour déplorer avec vous , Monseigneur, les inconvénients de l'intervention de la presse dans les questions religieuses, tout en reconnaissant avec Votre Grandeur lès services qu'elle a rendus et qu'elle peut rendre encore è la cause de l'Eglise. Il est utile, sans doute, & une époque où les choses les plus saintes sont traduites chaquo matin au tribunal de l'opinion publique, qu'à rôté de*

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organes qui les attaquent, d'autres s'élèvent pour les défendre. Mais avec ses avania^i la polémique entraîne ses périls qu'il faut savoir reconnaître pour les conjurer. Dans des luttes si ardentes, si passionnées, qui ne s'interrompent le soir que pour reconmencer le matin, et dont la vivacité ne laisse pas toujours à la réflexion le choix des moyens, il est difficile d'espérer que la cause de la vérité, de la religion , de l'Eglise, soit toujours soutenue avec la dignité, la mesura et les tempéraments que réclament de si graves intérêts ; il ost difficile d'espércrque Tes besoins de la défense, le désir d'atléouir un blâme par une louange, une critique par un encouragement, ne portent pas quelquefois un journal à abuser des témoignais do sympathie qu'il a reçus, et ne l'entraînent pas a faire intervenir dans la polémique des noms qui doivent y rester étrangers, a opposer un évéque à un évêque, à se prévaloir ainsi d'un suffrage imposant, pour établir des doctrines, demander des actes, provoquer des décisions, susciter, en un mot, des partis qui entravent l'autorité des pontifes dans l'administration do leurs diocèses- Tous ces périls ont, à juste titre, Monseigneur, éveillé votro sollicitude, comme ils sont devenus de graves motifs de préoccupation pour nos vénérables collègues, qui sauront se concerter sur les moyens de prévenir les écarts de la presse religieuse, s opposer à ses empiétements, maintenir leur autorité dans toute son indépendance et à l'abri de toute usurpation.

« Mnis, j'en ai aussi le ferma espoir, es mesures nécessaires ne dépasseront pas la but proposé. En prévenant les abus, elle* n'interdiront pas l'usage, elles surveilleront l'emploi de I instrument , elles ne le briseront point, car, s'il est malheureusement vrai que la presse religieuso soit tombée parfois dans de graves écarts, il n'est pas moins incontestable qu'ello ait souvent bien mérité de l'Eglise... »

Voici la seconde lettre adressée par Mgr Donnet au même Mgr Dupanloup:

« Paris, 5 juillet 1850. Monseigneur, dans ma première lettre , j'avais exposé quelques considérations générales sur le sujet que vous aviez traité dans votre Mandement du 31 mai. J'arrive aujourd'hui au fond mêïD< de la question. Pour l'apprécier à son vu point de vue, il ne faut oublier les circonstances qui l'ont fait naître. Après vingt années de luttes, l'Eglise et la famille ont reconquis la liberté d'élever leurs enfant» comme elles l'entendent. Nous nous sommes enfin trouvés en possession de ce droit si longtemps contesté. Je dis nous, Monseigneur, car il m'est permis de revendiqua ma faible part dans cette précieuse cooquête. Les hommes , pénétrés de l'iropo'' tance des principes religieux , sans lesqu^ il ne peut y avoir de véritable éducatio"devaient, avant tout, chercher si ces principes occupaient, dans le système actuel •>* l'enseignement !a place qui leur apparue"1, et, dans 'e cas contraire, s'efforcer de la lew

restituer. Telle est, en effet» la marche qui tité le même but, et qu'il était trds-fscilo de a été suivie, et je m'en réjouis, rar on a s'entendre. Je m'estimerais heureux si jo rendu, par là , son véritable caractère a une pouvais contribuer a cet accord. L'autorité

lutte si longue et si vive; on a démontré, aux yeux do tous, qu'en demandant la libre concurrence, le clergé était mû , non par un sentiment d'ambition jalouse et de rivalité inquiète, mais par le besoin d'améliorations que réclamaient impérieusement les familles chrétiennes. Renfermé dans ces sages limite», l'esprit de réforme n'eut rencontré que des sympathies et des approbations; mais à

que me donne une tendre prédilection pour la jeunesse et la sollicitude dont je n'ai cessé de l'entourer dans les différentes positions que la Providence m'a faites, m'assure quelques litres pour intervenir et apporter une parole de conciliation dans ce débnt, dont l'origine et les progrès tiennent à des considérations que je vais brièvement rappeler. L'éducation doit former l'homme tout b la

peine s'est-on mis à l'œuvre, que l'exagé- fois pour la cité des ciêuxelpour la cité de

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ration s'en est mêlée, et que les hommes les plus désireux de taire une large part, dans l'éducation, à l'élément chrétien, ont reculé devant la responsabilité des mesures provoquées. Comme vous, Monseigneur, j'en ai compris les dangers, et je reste convaincu que, la première émotion passée, la vérité seule triomphera. La contradiction est de tous les temps. Les diverses opinions soulevées sur la question de l'enseignement ne sont pas nouvelles; elles se sont produites maintes fois sans arrêter le progrès des sciences, sans troubler l'Eglise ni l'Etal. En vérité, parce qu'il aura plu è quelques hommes sincères, mais ardents, de dire que, pour sauver la société, il faut revenir aux méthodes du moyen Age. et presque bannir des écoles Homère et Virgile, Horace et Cicéron ; parce qu'on fers peu de cas du xvn* siècle, devons-nous craindre que de pareilles assertions produisent un schisme dans nos écoles? De quelque manière qu'on envisage la question, a qui persuadera-t-on que des évêques, en conservant les auteurs anciens dans leurs séminaire.*, travaillent è faire des païens de

la (erre. Développer parallèlement ses facultés, c'est-à-dire en faire un élu pour le ciel, un citoyen pour la patrie, tel est le doubla but de l'éducation, Ces idées tout élémentaires, vieilles comme le monde, éternelles comme la vérité, absolues dans leur nécessité, ont cependant été méconnues dans l'organisation de l'enseignement et dans quelques-uns des projets élaborés sur cette grave matière. Les uns, ne tenant aucun compte des destinées du Chrétien, n'ont songé qu'au développement des facultés les plus superficielles de l'enfant, pour en faire plus tard un littérateur, un artiste, un homme du monde, n'ignorant rien de ce qui peut être utilejusqu'à la tombe, mais s'inquiélant fort peu de ce qui nous attend au delà.

« D'autres, préoccupés exclusivement de notre avenir immortel, ont semblé oublier que l'homme a une mission a remplir sur la terre, une part à prendreaux affaires d'ici-bas, et qu'il est obligé, pour devenir un instrument utile entre les mains de la Providence, de s'y préparer par l'étude des sciences et par des travaux d'un autre ordre. De là, dan*

leurs jeunes lévites, on que tel chef d'insli- l'éducation, prédominance de l'élément pu-

tuiion religieuse que nous pourrions nommer, rendra plus chrétiens ses élèves, en rayant du cadre des éludes, la littérature des siècles de Périclès et d'Auguste. Ce sont des opinions qu'il suffit d'énoncer pour en caractériser la portée On les pardonnera à l'entraînement de la discussion auquel les meilleurs esprits résistent difficilement.

« Toutefois, Monseigneur, il est bon que personne ne puisse arguer du. silence de i'épiscopat, et l'autorité de votre parole est

rement naturel chez les uns, prédominance trop exclusive de l'élément religieux ch<*2 lesautres. De là, accusation d'obscurantisme, d'idées slalionhaires ou rétrogrades de la part de ceux-là, accusation de paganisme, do matérialisme, d'impiété de la part de ceuxci. Il est certain que depuis longtemps l.i part faite dans l'éducation à l'influence religieuse a laissé trop à désirer, et que ce défaut a été la source des vices qui affligent la société. Il est certain encore que ce mal

venue à temps pour combattre l'exagération remonte très-haut, et que le culte presque des uns et enlever aux autres de nouveaux exclusif qu'à une certaine époque on rendait

à la beauté des formes et de l'expression, porta une profonde atteinte à la direction chrétienne de l'éducation. — Aussi, tous les bons esprits ont-ils fini par réagir contre cette influence trop mondaine, et par essayer un commencement de réformo indis-

prétextes d'accusation contre l'Eglise, qui , depuis son origine et à travers les siècles, s'est montrée la gardienne des saines études, la protectrice des sciences et des lettres. Mats il est à désirer que celte polémique ne se prolonge pas, que ta discussion, au lieu ' : s'égarer dans de stériles récriminations,

pensable. — Mais c'est ici qu'un zèle im-

s'attuche au côté vrai des choses, et que tes prudent, outrepassant le but, a opposé une

hommes pratiques préparent une solution qui concilie tous les intérêts et satisfasse toutes les exigences. Je suis, en effet, persuadé, Monseigneur, qu'entre les partisans sérieux des deux opinions, tout dissentiment tend à s'effacer. On se prêtait , de part et d'autre, les pensées des parties extrêmes ; on se combattait sur ces limites dernière»,

exagération compromettante, a méconnu les temps, confondu les époques, et, pour échapper au péril d'une éducation purement littéraire, a semblé vouloir la rendre uniquement religieuse, sans tenir compte des exigences de la vie civile, des besoins d'une société terrestre, politique, temporelle.— Ces prétentions ont élé doublement regretl;»-

sans «'aoercevoir qu'on poursuivait en réa- bles, et parce qu'elles n'étaient pas fondées,

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