DUB
en montre lui-même beaucoup dans quelques ouvrages qui nous restent de lui, notamment des Commentaires sur le mystère de tn Paaion de Noire-Seigneur, Paria» il. Mao*, 1589, in-8*, à la suite du Manuel tur les Psaumes, d'Alcuiu. On a encore de lui des Commentaires tur les dons du Saint-Esprit, un Traité de C office divin, et quH(ju**s opuscules qui se trouvent dans la Bibliothèque des Pères, édition de Paris de 1644, lom. II, pages 5G5 et suiv. Drogon mourut en 1138, [Yoy. le P. d'AcHKBT, dans son édition de l'Histoire du moine Ilerman, lib. m, ch. 23;
— le Catalogue des abbés de Saint-Jean de Laon, a la suite des ouvrages de Guihert, abbé de Nogent; — le Gallia Ckristiana, lom. IV de la première édition ; — Casimir Qcdih, Commentarii de scriptoribus ecclesiasticist lom. Il, în-fol. p. 1139.)
DU BEC-CRESP1N (Michel), June ancienne famille de Normandie, chanoine de Paris, doyen de Saint-Quentin, créé cardinal - prêtre du titre de Sainl-Eiienue ta MûtUe-Cmlio , par le Pa|* Clément V , le 23 décembre 1312, mourut en 1316, après avoir fondé la chapelle de Saint-Michel en l'Eglise du Paris, où l'on voyait la statue de saint Michel sur une colonne, et celle du cardinal sur une autre.
DUBOIS (G uillaumr), né le 6 septembre 1656, a Brive- la-Gaillarde, dans le Bas- Limousin . était lils d'un pauvre apothicaire.
— Abandonné a lui-même, il lit ses éludes au collège de Saint-Michel à Paris, tout en remplissant auprès du principal les fonctions de domestique. Ses études terminées, il entra, comme précepteur, chez un marchand, nommé Maroy, dont le fils, son élève, fut employé par lui en qualité de courrier, quand la fortune l'eut porté au faite des grandeurs. Mais, avant d'y arriver, il fut encore précepteur dans plusieurs maisons particulières, jusqu'à ce que le hasard le mit eu rapport avec M. de saint-Laurent, sousgouverneur de Philippe, petit-fils de France, qu'on appelait alors le duc de Chartres. M. de Saint-Laurent, vieux et fatigué, pensa qu'il pouvait se faire aider par l'abbé Dubois. Celui-ci , d'un esprit vif, souple, pénétrant et adroit , eut bientôt gagné toute la confiance de son élève. Il s appliqua à cultiver l'intelligence du jeune duc, dont il étudia les penchants secrets; et, eu les flattant, se rendit agréable , puis nécessaire. Il sut également si bien circonvenir l'entourage du doc d'Orléans, il prit si bien toutes ses mesures, qu'après la mort de M. de Saint- Laurent , il parvint à se faire nommer précepteur du duc de Chartres. Kn avril 1690, if fut pourvu d'un canon icat à l'église Saint- Hoiioié d^ Paris, et peu après de l'abbaye «f'Airvau, au diocèse de la Rochelle. Bientôt il eut occasion de rendre un grand service J> Louis XIV. Ce prince désirait vivement le mariage de Mlle Je Blois, sa tille légitimée, • vh! son neveu, le duc de Chartres. Le duc •l'Orléans n'y mettait pas d'opposition. On n'«»»ait pas en parler a la duchesse d'Orléans, la ûère prioce»s« palatine. 11 fallait
gagner le jeune duc, et l'on s'adressa à Dubois. Celui-ci mit en jeu toutes ses finesses, et eut bientôt décidé son élève. Il reçut pour récompense, en 1693, l'abbaye de Saint-Just, au diocèse de Beauvais, et, deux ans après, celle de Nogeul-sous-Coucy , au diocèse de Laon. Dubois accompagna son élève, lors- , que le jeune duc alla faire ses premières armes sous le maréchal de Luxembourg; il écrivit même la relation de la bataille de Sieiukerque. Louis XIV approuva les termes dans lesquels Dubois avait parlé du maréchal ; et, un jour qu'en présence de celui-ci. on lui annonçait que l'abbé Pélisaon était mort sans confession : < Je connais » dit Luxembourg,* un autre abbé qui a l'honneur d'être connu de Votre Majesté, eljqui pourrait bien mourir de môme. C'est l'abbé Dubois, qui va au feu comme un grenadier : le jour de Steiukerque, je le trouvais partout.» Il rendait le feu du combat avec un entrain , une. couleur locale qui étonnait le roi lui-même. « Yétiex-vous?»lui dit-il une fois ;« Non, Sire.» répondit l'abbé ;« j'aurais craint d'en revenir avec un ridicule de plus et un bras du moins. » En 1701 , le duc de Chartres étant devenu duc d'Orléans par la mort de son père , attacha Dubois plus intimement a sa personne sous le titre de secrétaire de ses commandements ; dès lors ce dernier fut le maître absolu. Quel dommage qu'un prince doué do talents si divers, qui avait tant d'esprit, et un si bon cœur, ne soit pas tombé en de meilleures mains t Sa faiblesse inconcevable, son aversion pour le travail , son amour du plaisir, et quel plaisir I effacèrent toutes ses. grandes qualités. Il lui fallait quelqu'un sur qui il pût se décharger de tout souci; son malheur fut d'avoir trouvé Dubois. Ce dernier, qui avait fait ses preuves, comme habile négociateur, fut adjoint au maréchal de Tallarl, ambassadeur de France à Londres; c'est alors qu'il se lia intimement avec lord Stanhope, qui lui fut si utile dans la suite. Unis, comme il voulait être plus maître que l'ambassadeur, celui-ci demanda son rappel. Quand le duc d'Orléans fut nommé au commandement de l'armée française en Espagne, la princesse des Ursins, qui gouvernail à Madrid , au nom de Philippe V , exigea que Dubois n'accompagnât poiut son maître. « Je suis déshonoré, » dit Dubois au prince, « si vous ne me donnez une preuve éclatante de votre considération.* Et le prince asservi embrassa publiquement son favori avec effusion. Enfin le moment de ses grandeurs approchait. Louis XIV venait de descendre au tombeau, et la ré ■ geoce était déférée au duc d'Orléans. Quand ce prince l'annonça a M itlame : « Mon Uls,» lui dit-elle, «je n ai qu'une grâce a vous demander: c'ebt de ne jamais employer ce misérable, ce fripon d'abbé Dubois. Il sacrifierait l'Etat et vous au plus léger intérêt.» En même temps Mme de Haulel'orl s'exprimait ainsi sur son compte: « Quand il sortira une vérité de la bouche de cet abbé, je la ferai encadrer. » L'opinion publique était bieu prononcée contre Dubois; il Jaconuaiv
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sait bien ; mais n'en élail point déconcerté. • Aujourd'hui que vous êtes tout-puissant.» dit-il h son mat Ire, a laisserez- vous dans l'inaction un homme qui vous a élevé?»
Le 1" janvier 1716, il fut nommé conseiller d'Etal d'Eglise. Albéroni, qui gouvernait en Espagne , sous le faible Philippe Y , tramait des projets alarmants pour la France ; il importait d'avoir des alliés. Dubois se tourna vers l'Angleterre, et proposa de sonder serrètement ci lie puissance. Pendant toute la durée de son règne , George I" ne manqua pas d'aller, chaque année , visiter son cher pays de Hanovre. Dubois proGta du passage "de ce prince par la Hollande pour se trouver, comme fortuitement h la Haye où il s'nboucha avec son ami , lord Slanliope. Le k janvier 1717, il Mgnnil.en qualité d'ambassadeur extraordinaire, le traité de la triple alliance entre la France, l'Angleterre et la Hollande. L'année suivante , il retournait en Angleterre ovec le même titre d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du mi , et il y signait, le 2 août 1718, le traité conclu a Londres pour la pacification de l'Europe. Le 24> septembre suivant , il était nommé ministre et secrétaire d'Elat au département des affaires étrangères, et, en mars 1720, au siège de Cambrai , dont il fut sacré archevêque le 9 juin de la même année. Toutefois ce n'est pas sans peine qu'il obtint le titre d'archevêque ; le régent avait été inflexible à toutes les .sollicitations dont il l'avait assailli. Dubois eut le talent de faire demander pour lui l'archevêché de Cambrai par un prince schismatique . par le roi d'Angleterre. En 1719 , il avait été pourvu de l'abbaye de Bourgueil, au diocèse d'Angers; peu après, il l'était de celle de Cercnmp, au diocèse d'Amiens ; de celle de Bergue-Saint-Winox, au diocèse d'Ypres, et de celle de Saint-Berlin , au diocèse de Sainl-Omer. Mais tout cela n'était pas assez pour lui : il ne voulait pas être inférieur en dignités à Richelieu et h Mozariu ; il lui fallait le chapeau, el il l'obtint au moyen de toutes sortes d'intrigues. Le Pape Innocent XIII le créa cardinal dans le consistoire du 16 juillet 1721, et le 15 octobre suivant il était nommé grand maître et surintendant général des courriers, postes el relais de Fiance. Il lui manquait encore d'être premier ministre; il fut déclaré en celte qualité te 22 août 1722. 11 assista au sacro du roi le 25 octobre suivant , au rang des cardinaux ni y avaient été invités, lut reçu a l'acaéune française le 3 décembre suivant, membre honoraire de l'académie royale des sciences et de celle des inscriptions et belleslettres. Les prélats et autres députés à l'assemblée généralu du clergé de Franco l'élurent, le 29 mai 1723, pour leur premier président, bien qu'il ne lût pas membre de rassemblée. Le règne scandaleux de cet élrange favori oe fut pas long. Il mourut h Versailles , le 10 août 1723, dans sa soixanteseptième année, el fut inhumé , le 19, en l'église de Sainl-Houoré à Paris. Son épitaplie, •V«ès i'énumération de tous lus litres et -di-
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fniiés du défunt, se terminait par cas mots; olidiorn et stabitiora bona , vtator , mortua precare. Le 27 du même mois, le roi lui fit faire , en Uéglise de Paris, un service solcnuel, auquel le clergé el les cours supérieures assistèrent en corps : le clergé en avait célébré un le 21 précédent. Ses ennemis , el il en eut beaucoup . lui ont reproché tous les vices; maison ne saurait, sans injustice, lui refuser une grande activité et des talents politiques. Il offre plusieurs traits de ressemblance avec un autre parvenu, le cardinal Albéroni , qui gouvernait en mattre absolu l'Espagne , pendant que le cardinal Dubois régnait à Paris. Toutefois quand celui-ci fut parvenu au comble de la puissance et des richesses, il était loin d'y avoir trouvé le bonheur. • Je voudrais, » disait-il alors à Fontenelle être, « dans un cinquième diage, avec une gouvernante , et cinq cents écus par an. » Tons ses contemporains s'accordent a dire qu'il ne parlait qu'avec des jurons. Un jour que, dans un de ses accès de fureur, il disait à l'un de ses secrétaires qu'il était mal servi, qu'il allait prendre cent commis de plus:* Monseigneur,» lui répondit le secrétaire, «que Votre Eiuinence prenne seulement un homme qui sera chargé de jurer en sa place , el elle aura du temps de reste.» Après la rupture de l'abcès qui allait le conduire au tombeau, on lui amena, pour le confesser, un Récollel qui eut avec lui quelques minutes d'entretien. Comme ce religieux voulait lui faire administrer le sacrementderextrème-onclion: «Doucement, mon Père,» dit le moribond,» on fait plus de façons avec un cardinal.» Leduc de Saint-Simon, qui revient très-souvent sur le cardinal Dubois dans les derniers volumes du ses Mémoires, et qui partageait avec lui, mais a des titres différents, la confiance du duc d'Orléans s'exprime en ces termes sur le cardinal : « Dubois était un petit homme maigre, effilé, a mine de fouine. Tous les vices, la perfidie, l'avarice, la débauche, l'ambition, la basse flatterie combattaient en lui à qui demeurerait le maître. 11 mentait jusqu'à nier effrontément, étant pris sur le fait. Malgré un bégayemenl factice, auquel il s'était accoutumé, pour se donner le temps de pénétrer les autres, sa conversation instructive, ornée, insinuante, l'aurait fait rechercher, si tout cela n'eût été obscurci par uno fumée de fausseté qui lui sortait de tous les pores, < l faisait que sa gaieté attristait. » Les jugements de Saint-Simon, toujours piquants, et tranchant dans le vif, ne sont pas à prendre au pied de la lettre; ils sont, en général, passionnés, el empreints d'exagération. On a
Eublié la Vie privée du cardinal Dubois, ondres, 1789, in 8% 1 vol., el Mémoires secret» el correspondance inédite du carainal Dubois, recueillis et mis en ordre parM.L. de Sevelinges, 3 vol. in-8*, Paris, 181i, cbez Pillet. Voyez aussi Duclos. Les Mémoires Au duc de Saint-Simon, quoique peu favorables à Dubois, font moins de tort à ce dewierque ses propres Mémoires, réimprimés dernièrement dans un format à bon marché. C'e*t