DUR
où H mourut le 9 juillet 1535, Agé de 72 ans. Il ordonna que son corps fût enseveli dans son église métropolitaine de Sens; il y fut
{>orté, et l'on remarqua qu'il y entrait pour a première fois. L'année môme de sa mort, il avait fondé h l'Hôlel-Dieu de Paris, un corps de logis destiné à recevoir de» pauvres malades, et appelé la salle du Légat jusqu'à l'incendie de cet éditice en 1772. C'est à cette occasion que François 1** disait : « La salie du Légat est bien petite pour loger le grand nombre de pauvres qu'il a faits. • Les grands événements oui arrivèrent pendant sou ministère, dans l'Etal et dans la reli-
8 ion, soit par la prise et par la détention à ladrid du roi François Ier et des deux princes, ses 61s, soit par le sac de Rome et la détention du Pape Clément VII et des cardinaux, en 1537, soit par les nouveautés introduites dans la religion par Lulher, Calvin et leurs sectateurs, soit enfin par le schisme d'Angleterre, en 153?, ont donné lieu au proverbe : il aaulanta" affaires que le légat.
Voici en quels termes iïéieray parle de la mort de Duprat : « Le 9 juillet de celle année 1535. Antoine Duprat, cardinal-archevêque de Sens, légal en France et chancelier, mourut d'une phthiriase ou maladie i>édiculaire, en son château de Nantouillet, fort tourmenté des remords de sa conscience, comme ses soupirs et ses paroles le firent connaître, pour n'avoir point observé d'autres lois, lui qui élait si grand jurisconsulte, que ses intérêts propres et la passion du souverain. C'est lui qui a ôlé les élections des bénéfices et les privilèges à plusieurs églises, qui a introduit la vénalité des charges do judicature, qui a appris en France a faire toutes sortes d'impositions, qui a divisé l'intérêt du roi d'avec le bien public, qui a mis la discorde entre le couseil et le parlement, et qui a établi cette maxime si fausse et si contraire à la liberté naturelle : «Qu'il n'est point de terre sans « seigneur. » On accuse aussi le chancelier Duprat d'avoir irrité Louise de Savoie contre le connétable de Bourbon, dans l'espérance de profiler d'une partie de la dépouille de ce prince. En effet, il en eut les baron ies de Thiern et de Thoury. (Voy. lb Fbbon et Godefboy, Officiers de la couronne; — de Thou ; Histoire; Capelloih, I. m : — Fnizon, Guida pur pur at a; — Aubbby, Hist. des cardinaux; — Samtb-Mabtue , Gallia Christ.; — J. Tavelle. De episcop. Senon.; — Mabillac, Hist. de Bourb.: — Mexebay, Hist. de France; — Blanchard, Hist. des préiidents de Paris et des maîtres des requêtes ; — Gabimbebt, Annales de France, I. iv; —Le P. Anselmk J
DUPUY (Imbert), né à Montpellier, ma>s appartenant a la famille Dupuy de Cahors, fut créé, en 1327, par le Pape Jean XXII, son parent, cardinal du litre dos Douie-A poires, et mourut le 26 mai 1348.
DUPUY (GAbabd), né en Limousin, était très-jeuue encore quand il se consacra à Dieu parmi les religieux Bénédictins de la congrégation de Cluuy. — Il avait dans cet
ordre un frère, qui fut d'abord abbé de Saint- Florent, puis abbé de Marmnulier. Il ha succéda dans cette dernière abbaye, où il fit le plus grand bien, et manifesta le désir de faire le voyage de Rome pour v visiter I* lieux saints. Le Pape Grégoire XI, qui était alors à Avignon, lui fil donner des lettre de recommandation, et, peu après, le déclara son vicaire général dans les gouvernements de Pérouse, de la Campagne de Rome, et de quelques autres provinces voisine». L'intelligence et le zèle avec lesquels il remplit ces fonctions lui valurent le chapeau de cardinal qu'il reçut en 1375. Il m trouva à l'élection d'Urbain VI, puis a celle de Cfément VU, en 1378, et mourut sou* l'obéissance de ce dernier, a Avignon, le H février 1389. (Koy.. sur les deux précé dénis, Arnnul Wio-i, in Mono vitœ , Tbimit de Niein, De schiemat., c. 2 ; — Villari, I. x, c. 53: — Bosquet, in Notis ad vitamJeu*n h XXII ; — A c beby . H ist. des cardinaux ; - Ballxe, Vitar PuparumAveniontnsium .-Histoire de Tulle.)
DUPUY (Jacques) , ué a Nice, dans ta Etals sardes, le 9 février 1497, fut disciple de Pierre de Accottis, l'un des plus célèbre) jurisconsultes de son temps. — Après lui avoir succédé dans ses emplois, el avoir été auditeur de Rote peudant quinze ans, il devint doyen de ce corps distingué. Lo tribunal de la Rôle, institué, par le Pape Jrai XXII, pour juger des matières bénéficiai», est composé de onze docteurs ecclésiastiques, nommés auditeurs de Mots, el pris dam les quatre nations d'Italie, de France, d'Es-
pagne el d'Allemagne. Ja
jucs Dupuj, de* lut créé cardinal.
venu archevêque de Barl, en 1551, par le Pane Jules U. Il fui ensuite préfet de l'une el I autre signature, président de l'inquisition, protecteur du royaume de Pologne, de l'ordre des Carmes et de celui de Malte. Les talents du cardinal Dupoy l« rendirent l'oracle delà cour de Rome; on la consultait sur les grandes affaires. Il fut un des commissaires que le Pape Jules III institua pour confirmer, ou pour casser les aliénations, ou eiuphyléose» des biens ecclésiastiques, faites contre les formes prescriiH par la bulle de Paul II. Nommé par Pie IV |iour présider le concile de Trente, en remplacement du cardinal Scripande, il mourut à Rome, peudant qu'il faisait ses préparât"* de départ, le lundi 26 avril 1563, dans la 69* année de son âge. Son coq» fui enseveli dans l'église de Sainte-Marie de la Mioene, où Anlome Dupuy, son neveu, qui lui avait succédé à l'archevêché de Bari, ûl graver l'épitaphe qu'on y voit. Le cardinal Dupur avait composé plusieurs ouvrages, entre autres: Decisiones Rota* ; De mutations *»o* netarum. [Voy. Jofkbbnoi, H ist or ia Nicientu; — Uobelli, italia sacra; — (iHILIM, Thtetd huom. le t ter. ; — Aubbby, Hist. des cardinaux ; — Petbamellabio.)
DURANTI DE DUR ANTIBUS naquit àBrw cia en Lombardie, le 5 octobre 1507. —Apr^ avoir achevé ses études, il alla à Rome, ou il fui camérier secret du Pane Paul III, <JUI
tcc
DES CAllDINAUX.
ENC
lui donna l'évêclié de Cassa no, et, en 1541, le chapeau de cardinal. Quelque temps après, il fut envoyé par ce Pontife, avec le caractère de légat, a Camerîno, et ensuite en Orobrie. Enfin il fut pourvu de l'évêché de Brescia, sa pa,r»e, où il mourut le 15 mai 1558. (Foy. Ughblli, Italia $acra; — Albert, Bitloire det eardimux.)
DURAZZOIEtibure), d'une illustre famille de Gênes, arcnevêque de cette ville, fut créé, en Itf3i, par le Pape Urbain VIII, prêtrecardinal du titre de Saint-Laurent in Pane, puis de Saint-Laurent tu Lueina. Après avoir été légat de Ferrare, puis de Bologne, il laissa, dans sa patrie, dont il avail gouverné l'église, pendant vingt-huit années, les témoignages honorables d'une vie exemplaire et d'une modestie admirable. Il mourut le 11 juillet 1067.
DURAZZO (Marcel), neveu du précédent, Génois, fait cardinal, eo 1686, par Je Pape Innocent XI, fut chargé par ce Pontife des premières nonciatures, et de l'administralion des plus célèbres églises, auxquelles il laissa assez de marques de ses bienfaits. 11 fut encore honoré par Alexandre VIII des légations de Bologne et de tout l'Etat ecclésiastique. Il mourut dans son érêcbé de Faënza le 27 avril 1710, Agé de 74 ans.
DURINI (Charles- François 1, Milanais, nonce en France, né le 20 janvier 1098, fut nommé cardinal, par le Pape Benolt.XlV, le 26 novembre 1753.
DURINI (Anob-Marie;, né a Milan en 1725, fut fait cardinal en 1776, par Pie VI ; il mourut en 1796.
E ASTON (Adam), né dans le comté d'Hertford, en Angleterre, sortait d'une famille 1res obscure. — Après avoir pris l'habit de religieux bénédictin dans le monastère de Jforvtich, il flt de grands progrès dans les sciences divines et humaines, et fut trèscunsidéré de Richard II, roi d'Angleterre. Ce prince lui flt obtenir l'évêché de Londres, et le chapeau de cardinal qu'Urbain VI lui donna en 1778. Depuis, Easton, avant parlé trop librement des défauts du Pontife, fut arrêté avec six autres cardinaux; et il aurait été décapité, si le roi d'Angleterre n'était intervenu en sa faveur. Il mourut h Rome en 1396. Le cardinal Easton a fait quelques traductions de l'hébreu et du latin; il a traduit notamment tout TA ncien Testament de Thébreu en latin. Il a fait aussi quelques ouvrages en langue hébraïque ; en latin il a écrit, Defentorium Eeelttût; Dt tleetione Pontificis, et quelques autres traités, qu'on peut voir dans Pitscus. [Voy. Thierry de Niens, De ickism., Mb. i, c. 4! et 57; —Pitscus et BiLocus, Ut icriploribus Angl. ; — Godwm, Ut episcop. Angl. ; — A ubbrt, Hift. det tard.; — Ojlfhre: — Cucoaius; — Spoxdb; — Lblobg, Bibliothtca taera.)
ECCLESI A (Jba*-Paul, as) ou ECCLESIUS, né en 1521 a Torione, dans le Milanais, d'une famille honorable, était encore en bas Ajje quand il perdit soo père. — On l'envoya a Padouo pour y faire ses études. Il les fil avec succès s'appliqua a la jurisprudence, et devint l'avocat lejplus distingué de Milan. Il accompagna en Espagne Thomas Marin, pour plaider sa cause, et parla avec Unt d'éloquence et de solidité à la fois, qu'il mérita les félicitations du roi et de tout I* conseil. De retour dans sa patrie, il fut nommé sénateur de Milan, et ensuite préteur de pJivie. Il rendit la justice avec beaucoup d'intégrité, et une grande réputation «te druiture. Devenu veuf, il fut envoyé par les Mi lauais à Rome auprès du Pape Pie V, îi l'occasion des différends qui existaient entre Charles Borroméo, archevêque de Milan, «t les citoyens de cette ville. Ce Pontife
voulut s'attacher un homme si remarquable. Il le flt d'abord pmtonotaire apostolique,
fmis abbé de Saint-Pierre de Mulegio dans e diocèse de Verceil ; enfin il le créa, en 1568, cardinal-prêtre du titre de Saint-Pancrace, dans sa seconde promotion de cardinaux. Jean-Paul ab Eecle$ia mourut à Rome en 1575, et fut inhumé dans l'église de Saint- Pancrace, où l'on voit son épitapbe. Il avait fait quelques* ouvrages de jurisprudence,
3 ni n'ont pas été publiés. (Foy. Eqqs, Purpura octa, loin. III, p. 45.)
ELCI (Scipiob d'), Siennois, évêque de Pieuzs, puis archevêque de Pise, créé en 1G57, par le Pape Alexandre VII, prêtrecardinal du litre de Sainte-Sabine, légal d'Lfrbin, mourut en 1670.
ELCI. — Foy. Ubbrt.
EMERY (de Chalus), né a Chalus, petite ville du Limousin, était profondément vorsô dans la jurisprudence civile et canonique, qu'il avait étudiée sous Jean André, célèbre jurisconsulte de Bologne. — Chanoine de Limoges en 1314, il fut, peu après, archidiacre dans l'église de Tours. Depuis, le Pape Jean XXII l'employa en différentes négociations. Il l'envoya en Italie, lui conlln le gouvernement de Ferrare, nuis celui de la Komagne, et, en 1322, lui donna l'archevêché de Ravenne. Eu 1342, il fut élevé h l'évêché de Chartres, et enliu au cardinalat par le Pape Clément VI. Ce Pontife l'envoya, en qualité de légat, a Naples, pour y être tuteur de la jeune reine Jeanne I. Il en revint bientôt après, et mourut eu 1349. (Voy Ri> beus , Mit. Ravtnn., I. ri; — Frison, Oatliu purpurata; — Sa intb-Marthb, Gallia Chritttana; — Albert, Hitt. dtt card.)
ENCXENWOERT (Guillaume), originaire de Maastricht, était né à Mierh», bourg du Brabanl, près de Bois-le-Duc. — D'abord chanoine d'Anvers, il obtint ensuite la prévôté de Saint-Rombaud, & Malines, puis le doyenné de Saiot-Jean-fiaptisle a Boifle- Duc Plus tard, il fut prévôt de Saint-Sauveur a Utrecht *, ce dernier bénétice, il le dut au
gît ESC DICTIONNAIRE ESC
cardinal Adrien Florisz, depuis Souverain ce même zèle le jeta dans le parti d<* la l>
Pontife sous le nom d'Adrien VI, et qui gue, dont quelques politiques adroits $e »«?r-
s'en était démis en sa faveur. Quand Tan- vaient pour s'élever ; mais la masse des li-
cieti précepteur de Charles-Quint eut été gueurs (etd'Escars entre autres) n'avaient en
élevé sur le Saint-Si*ge en 1522, il voulut vueque le biende l'Elal. D'Escars, évéquetle
avoir auprès de lut Enckenwoert, dont il Lisieux dès 1585, jouit peu de ses revenu»
connaissait les talents ; il le nomma dalaire, pendant la guerre; il en faisait volontiers le
c'esl-a-dire chef de la chancellerie, lui donna sacrifice pour la Sainte Union, nom que l'on
l'évêché de Tortose en Espagne, qo'il avait donnait à la Ligue. Le zèle ardent qu'il avait
occupé lui-même, et enfin treize jours avant déployé devait méritt-r les bonnes grâces de \\
sa mort, en septembre 1523, il lui conféra la courdeRome;au<siCiémenlV|||ui déféra-t-
pourpre romaine, avec le titre de cardinal- il!apourpreenl596*L'élévaliond'uiiligueur,
prêtre des Saints Jean et Paul. Enckenwoert est le sen! qu'Adrien VI ail honoré de celle dignité. Lors de la prise de Rome par les Impériaux en 1527, ils se saisirent de la personne de ce cardinal, et ne le rendirent A la liberté qu'après qu'il leur eut payé trente mille ducats pour sa rançon. En 1529, Clément VU, successeur d'Adrien, lui donna l'évêché dUlrecht, auquel avait renoncé Henri de Bavière. Le cardinal Enckenwoert prit possession de son siège par procureur; mais, pendant cinq ansqu il en fut titulaire, il resta toujours à Rome, retenu par son grand Age : il avait constitué Jacques Ulening pour administrer en son nom. Il mou* rut A Rome en juin J53fc, Agé de 90 ans, ut fut enseveli dans l'église des Allemands. (Voy. Paul Jovb, Histoire; — Gazet, Hist. rcclétiastiq. des Paye-Bas; — Valèie André, Bibl. Relg.; — Laroche-pozay , Nomencl.
cardinal.; — Aubkht, Hitt des card. ; — Saiiite-Martub, Gallia Chrhtiana.)
ENRIQUEZ (Henri), Napolitain, nonce en Espagno, né le 30 novembre 1701, fut nommé cardinal le 26 novembre 1753 par Benoit IV. Pape de 17W A 1758.
ERARU DE LES1GNY, Français, èvêque d'Auxerre, cardinal-évêque. de Palestine.
tel que I évêquede Lisieux, n'était pas faite pour satisfaire Henri IV. Mais ce nrinre magnanime n'eut pas pluslot connu le mérite du cardinal de Givry, qu'il l'honora de son estime et le combla des témoignages de sa bienveillance. Quoiquece prélat fûtenadinteur de Langres, il lui donna, en 1608, l'évêché de Melz, et le nomma «omprotecteur de France. Le cardinal répondit par la reconnaissance A ces bontés. Le grand roi qui le connaissait à fond, disait un jour do lui : « C'est en vain qu'en voudrait persuader le cardinal de Givry, dans les occasions où il a la raison de son côté et où il défend la religion. ■ Il mourut en sa maison de Vie, le 19 avril 1G12. Son corps fut porté dans son église du Melz, où l'on voyait son tomb< au et sa statue dans la chapelle de Saint- Msximin. (Voy. Frizo*. Gallia purpuratn; — Sainte-Marthr, Gallia Chrintima, Dt episeopis LexoviensiUui et ilelensib** ; — d'Ossat, I. il, episl. 55 et 56; — Martin Mki rissk, Hitt. dtt évéuues de Metz ) » Voici son éloge par le Père Alby (16U): ■ Les honneurs, comme les ardents fuient ceux qui les suivent, et vont après ceux qui leur tournent le dos : le premier se trouve tous les jours vérifié en ceux uni.
d'Auxerre, cardinal-évêque. de* Palestine. trou™ ™" f ,Chii?nn n?.aM«rmérl?e
mort en 1277, fut le seul cardinal promu par V"rV™ ^ J,*mHbill0JLqi u », ! i
Jean XXI Pane fia 127G à l-Vn courtisent la faveur des grands, et courent
JerD^XL«K4,%î^;l*?:\....^ vf » vainement après un bien volage grossi d»
ERBA ODESCALCO (Antoine-Aiarib), Milanais, né en 1712, fut créé cardinal par Clément XIII en 1759, devint cardinal-diacre, et mourut en 1762.
£RCOLANI (Louis), né A Foligno en 1758, fut fait cardinal par Pie VU en 1806. Il mourut en 1825.
ERSKINE (Charles), d'origine écossaise, né A Rome en 1743, fut fait cardinal, par Pie VII, en 1803. Il mourut en 1811.
vent et de fumée, qui dédaigne leurs poursuites et s'enfuit devant eux. De l'autre il j« autant d'exemples qu'il se trouve d'hommes de courage A vaincre les vanités du siècle, et A quitter par un généreux mépris eu que le monde, ou la fortune leur gardait dans le partage de ses faveurs, de qui les honneurs se rendent (pour dire ainsi) ambitieux, et vont chercher, jusque dans leur humble retraite, ceux qui les ont quittés par amour
ESCARS (Anne d'), cardinal de Givrt, fils d'un bien plus solide, et sont sans eux de* de Jacques de Pérusse, seigneur d'Escars, venus grands par leur mépris.
etc., et de sa seconde femme Françoise de Longvic, dame de Givry, appartenait A une famille considérable par sa noblesse et par ses alliances. — Né, le 29 mars 1546, A Paris, il y fit ses études, et ensuite prit l'habit de religieux de Saint-Benoît, dans l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, dont il fut abbé, ainsi que de Barbery, de Mntesmes, de
« Et dans ce nombre je mots le cardinal de Givry qui, étant issu de l'illustre et ancienne famille d'Escars, des comtes de l> mogos, et par sa mère appartenant A la trèsnoble maison de Longvic et de Givry , alliée de sang aux priuecs d'Orléans, et partant pouvant sans reproche prétendre aux grands biens qui lut échéaient par nais-
Poultières et de Champagne, dans le dio- sance, et aux honneurs qui accompagnent cèso du Mans. Pendant un voyage qu'il fit A les charges publiques que les hommes don- Rome, Pie V eut occasion d» 'e connaître lient, ou que la fortune distribue, quitta de et de l'apprécier- Le zèle de d'Escars pour son plein gré sa part de ces vaines présenta religion ne pouvait manquer dé le rendre tions, pour faire do la vertu la borne de &n odleui aux fauteurs des nouvelle* oputtons; partage et l'objet do sa plus louable ambition-
VrZ
ESC
ESC
x II avait déjà bien étudié A Paris, et durant l'occupation de ses études promis la rertu qu'il montra tôt après , consacrant, par la profession de vie qu'il embrassa, les muses qui avaient formé son esprit et élevé ks première jeunesse. Il avait cru de se tirer ainsi du grand jour où il commençait s paraître, à l'obscurité où il voulait vivre inconnu, dans le ruonastèrede Saint-Bénigne, A Dijon. Mais comme il n'y a point d'ombre capable de cacher ou d'obscurcir la vertu, et qu'elle a souvent de plus doux attraits dessous le voile qui la couvre, il fut bientôt recherché du commun consentement de ses frères, pour gouverner l'abbaye et pour prendre la charge, comme il Ût, des principaux monastères de l'ordre, dans lesquelles fonctions il se comporta avec une conduite si sage et si mesurée, qu'il gagna toutes les affections, sans flatter les vices; et ne mit l'honneur de son mioislôre qu'au prix de leur amendement et de ses bons exemples.
m 11 fit un voyage à Rome séant le Pape Pie V, A qui il lut fort agréable, et de qui il reçut toutes sortes de témoignages d'affection et d'honneur, hors celui du chapeau qui lui fut prédit lui devoir arriver sous un autre pontificat Cependant il fut nommé a f'évécbé de Lisieux, dans lequel il servit Sdèlement sans revenu, qui lui fut arrêté oar le malheur des guerres civiles, comme il l'avait accepté sans prétention : cherchant Dieu non pour le pain, mais pour sa parole, et s'étant bien persuadé qu'il était, non mercenaire, mais pasteur.
« La réputation de celle fidélité désintéressée, comme du zèle qu'il témoigna en quelques occasions A la défense des droits et de l'autorité du Saint-Siège, mut le Pape Clément Vlll, A le nommer cardinal, nouobstaut qn'il fût bien informé que cette promotion serait moins agréable au roi Henri le Grand, A qui notre prélat, avec un grand nombre de bons Catholiques, avait opposé son zèle (durant le temps qu'il laissa douter ta France de sa religion) pour arrêter la course de ce prince généreux, qui «'avançait par les armes et par ses grands mérites, où le Ciel et la nature l'appelaient. Il prit par considération après son élection au cardinalat, le surnom de Givry, qu'il tenait de sa mère, et peu d'années après alla A Rome pour porter ses remercîments à son bienfaiteur, de qui il reçut toutes sortes de caresses, avec le titre de cardinal de Sainle- Susanne t il fut fait protecteur de l'ordre de CIteaux et coadjuteur de son frère aîné, Charles d'Bscars, évêque deLangres; laissant, au reste, a son départ de cette cour, plus d'opinion do sa vertu qu'il n'en rciu- |K»na de faveur et d'honneur.
« Retourné qu'il fut en France, il redoubla ses soins et sa piété dans la province nui éuit commise A sa charge, et comme il arrive d'ordinaire que la vertu décharge ston visage avec le temps, des taches et des ombrages que la passion d'autrui lui avait jetés dessus, le roi qui avait aupara- Dicrtoa*. des Cardinaux.
vant eu de la peine è ajuster ses inclinations avec l'humeur de notre cardinal, commença A le goûter, et a faire état de sa courageuse piété, de sa probité singulière et de sa prudence. Dont il l'envoya è Rome pour y résider en qualité de vice-protecteur de France, où il rendit de très-grands services è l'Eglise et A l'Etal, et fut comme l'agent de la paix et du repos de ce royaume. Or, quoiqu'il répandit au loin ses soins et les effets s.ilutaires de sa prudence, il se faisait encore sentir de près à tous ceux qui étaient spectateurs de l'ardeur de son zèle et de la pureté de ses mœurs, qui prirent une si avantageuse opinion de lui, qu'A l'élection des Papes Léon XI et Paul V oh ouït plusieurs fois le peuple erier hautement par la ville, que le conclave n'en pouvait choisir de plus digne que le cardinal de Givry, pour remplir le Siège de saint Pierre : chacun croyant qu'il méritait la plus haute dignité de l'Eglise, comme on jugeait sa vertu digue de la plus haute estime.
« Il succéda depuis au cardinal Charles de Lorraine en l'évôché de Metz, par les suffrages des chanoines de cette Eglise, conformément aux intentions du roi et aux inclinationsdu Saint-Père, de laquelle charge il s'acquitta avec tant de louange, que les exemples de son gouvernement ont fourni A la France l'idée d'un parfait prélat. Il assemblait en consultation une ou deux fois chaque semaine, six prêtres des plus capables et pieux de son chapitre, quelques supérieurs de religion, et deux de ses domestiques, pour traiter des affaires spirituelles de son diocèse, et examiner ponctuellement les devoirs de sa profession. Il s'appliqua d'un soin particulier A la réforination des monastères, et têcha surtout de faire un bon clergé pour servir de miroir aux laïques, parmi lesquels il établit de louables coutumes, qui sont encore en quelque vigueur. Ce qui ne diminuait rien des assistances qu'il rendait pour l'instruction des dévoyés. Il eut soin do faire prêcher aux Juifs une fois la semaine les vérités chrétiennes, et combattre leurs erreurs obstinées. Il attaqua de résolution les libertins et les hérétiques; et quoique sa bonté, sa facilité et st*s communications familières le rendissent aimable A tout le monde, et A ceux même qui différaient d'avec nous de créance et de religion, envers qui il témoignait des douceurs extrêmement complaisantes pour les convertir, aimant mieux les plier que les rompre, et les g-igner que les dompter; A l'exemple de I esprit de Dieu qui, étant toute lumière, surmonte les ténèbres sans effort, et comme le soleil, sans enfoncer les fenêtres, éclaire dans les maisons : si est-ce que son zèle lui fit pratiquer aux occasions des voies sévères et des exemples de rigueur; comme quand il ôta aux religionnaires un cimetière, sacré qu'ils avaient envahi, et fit jeter a la voirie les corps qu'ils y avaient enterrés; montrant par effet qu'il n'y a souvent d-' sévérité plus austère, que des humeurs douces, comme
ESC