‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 187 sur 457 · FIS · texte numérisé non relu

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Home, où il arriva le 2S novembre 1730. Le 11 décembre, l'évêché d'Aversn, dans le royaume de Naples, pour lequel il avait été esaminé précédemment, fut proposé pour loi par le Pape dans un consistoire secret. Il Tut créé et déclaré cardinal le 24 septembre 1731 ; et, se trouvant à Rome, il reçut, le même jour, la barrette des mains de Sa Sainteté. Le 2T7 suivant, le Pape, dans un consistoire public, lui donna le chapeau, el, te 19 novembre, dans un consistoire secret, lui ferma et ouvrit la bouche, en lui assignant le titre de Saint- Thomas in Parions, dont il prit solennellement possession le 16 décembre suivant, il entra aussi dans les congrégations des Rites, de l'Immunité et de la Propagande. La charge de secrétaire d'Etat étant devenue vacante par la mon du cardinal Antoine Banchieri, il fut nommé le k octobre 1733 par Clément XII, pour la remplir. Il en prit possession le lendemain, et, le 21 suivant, fut appelé pour être un des cardinaux composant la congrégation de l'Inquisition romaine. Les occupations multipliées de la charge de secrétaire d'Etat ne lui permettant pas de remplir les fonctions épiscopales, il se démit en septembre 1734 de son ëvêché d'Aversa, en se réservant dessus une pension.

FIRRAO (Joseph), né è Naples, en 1736, fut fait cardinal par Pie VII en 1801. Il mourut on 18.J0.

FISHKR (Jean), né à Beverley, dans le comte d'York, vers 1455, fut une des victimes delà tyrannie du féroce Henri VIII. — Il fit ses éludes à Cambridge, ely prit tous ses degrés universitaires. Il fut précepteur du jeune Henri, depuis Henri VIII. Les livres que celui-ci écrivit contre Luther, et qui lui valurent le titre de Défenseur de la foi, sont une preuve convaincante des progrès qu'il fil dans les lettres sous un maître si distingué. Mais le maître ne put rien sur la nature perverse et les mauvais instincts de son élève. Confesseur de la comtesse de Richmond, mère de Henri VII , il usa de l'ascendant qu'il avait sur cette princesse, uon point pour son avantage personnel, car nul ne fut plus désintéressé que lui, mais pour la porter a des fondations qui tournassent nu profit de la religion et dès lettres. C'est ainsi qu'elle fonda le collège du Christ, à l'université de Cambridge, et qu'elle y ap-

Sola de toutes parts des savants, qui y fissent eurîr les bonnes études. Les services de Fisher el son mérite le firent élire chancelier de cette université. En 1504, Henri VU lui donna l'évêché de Rocbesler, qu'il accepta, mais il n'en voulut jamais accepter d'autres, quelques instances qu'on lui fît? Henri VIII s'était toujours montré bien disposé pourl'évèquede Rocbesler; mais quand il voulut répudier la reine pour épouser Anne de Boley n, Fisher embrassa vivement le parti de Catherine d'Aragon, ce qui lui valut la confiscation de ses biens et l'emprisonnement. Il n'obtint plus tard la liberté qu'au prii de trois cents livres sterling. Lorsque Je Néron de l'Angleterre, se séparant de I K-

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glise romaine, se déclara chef de l'Elise anglicane, il obligea les prélats du royaume a reconnaître sa suprémalief:révécjue de Ro~ cltester, qui préférait la vérité à la fortune, ne voulut pas se soumettre, et se prépara au martyre. Henri le fit arrêter en 1534, et enfermer è la tour de Londres, où II resta un an. On inventa toutes sortes de tortures contre ce noble vieiKard. On le dépouilla de ses habits, pour le revêtir de haillons, qui le couvraient à peine; mais il resta inébranlable. Paul III, informé du traitement que subissait l'illustre captif, lui témoigna son estime, et lui donna la seule consolation qui fût en son pouvoir, en lui envoyant le chapeau de cardinal. Le roi donna des onlrel pour que le chapeau n'entrât point dans ses Ktnls. Il envoya même son ministre Thomas Cromwell, demandera Fisher, dans son cachot, s'il acceptait celte dignité. Celui-ci ne l'avait ni désirée ni sollicitée; telle était son indifférence pour les grandeurs humaines, uïl Hume, qui n'est pas suspect ici, que, ■ si ce chapeau eût été à terre, il ne se fût pas baissé pour le ramasser. » Il répondit affirmativement sans doute par respect pour le Pontife. « Quoi 1» dit Henri, outré do colère, • pousser è ce point la provocation! Que le Pape le lui envoie. Il le mettra sur ses épaules, car je ne Ini laisserai pas de tête pour le porter. > De prétendus juges firent au martyr un procès dérisoire, el il cul la tête tranchée le 22 juin 1535. Il avait quatre-vingts ans. Ce grand homme, théologien distingué, avait une connaissance approfondie de l'Ecriture sainte et de* Pères. D'un sens droit, d'un jugement solide, il défendit avec énergie la foi orthodoxe contre les novateurs, et fut un des plus exacts el des meilleurs conlroverstsles de son temps. Erasme vante sa droiture, la pureté de ses mœurs, l'aménité dt* son caractère son profond savoir. 11 avait écrit 15 ou 16 traités qui, d'abord publiés séparément en Angleterre, ont été recueillis et imprimés en 1 vol. in-fol., Wurtzbourg, 1597. Voici les principaux : I. Traité contre la réponse de Luther au livre de Henri VIII sur les sacrement» ; 11. Réfutation, contre Luther, de la défense que celui-ci avait faite des propotitions condamnées par la bulle de Uon X;\\\. Cinq livres de la vérité du corps de Jésut- Chrtst dans V Eucharistie, contre Œcolampade; IV. Réfutation du traité que Valiriut avait composé pour prouver oue saint Pierre n'était jamais venu à Rome ; V. Trois fivrn pour prouver qu'il n'y eut qu'une seule Madeleine, contre Lefèvred Etaples, qui soutenait qu'il y en avait trois : l'assertion de Lefèvre, quoique condamnée par décret de la Faculté de Paris, du 9 oov. 1521, semble cependant à Bossuet et è Fleury plus conforme aux textes de l'Ecriture; VI. Commentaire sur les sept Psaumes de la pénitence: VU. Moyens de parvenir à la souveraine perfection de la religion, traité écrit par Fisher ; Vlll. Sermons et paraphrasée sur Quelques psaumes; IX. Discours sur ta charité, etc. Sauuders, Ribadaneira et plusieurs autres

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écrivains ont laissé des relations de la mort de l'illustre martyr. (Voy. Bbllabmis, De script, ecclesiasticis ; — Possevin, in Appar ; — SpotDE, Annales; — Pitsbus;— Dupin. Bibliothèque des aut. ecclisiast. du \vi' siècle.)

FITIGNV ou FKSTIGNY (Pierre de), est nommé aussi par plusieurs écrivains Pierre Pontebbac, mais à tort. — Chanoine de Chartres, il était en môme temps un des plus célèbres avocats du parlement de Paris. Il se chargeait principalement de la défense des ecclésiastiques, des veuves et des orphelins. Son intégrité, son désintéressement étaient admirables. Il exerçait ce ministère de dévouement et de charité, lorsque le Pape Clément VII, séant a Avignon, le promut au cardinalat en 1383. Filigny n'avait fait aucune démarche, aucune sollicitation pour être élevé a cette dignité, et il fut très surpris, lorsqu'il en recul la nouvelle. Il mourut le 4 novembre 1392, a Avignon, où il fut inhumé dans l'église des Cèles tins, avec cette épilaphe :

nie requiescit bons mémorise domiiuu Pet rus «Je Fiuitiaco, ulriusque juris doelor. qui advoe atus parlamenti. elcanonicus Faruiensis existons, et pugil Ëcclesix; urule non iiiimmius per dominuin Cleincntein Papam VII jssuinpius fuil in Beat* Maria; in Aquis «liaronum cardi-

nalein. qui obiit auno Dvmini MCCCXUI.

Ici repose Pierre de Fitigny, docteur en droit civil et «en droit canonique, eocnt nu portement, chanoine de Paris, et défenseur de rEqtise; il a mérité d'être créé, par Sa Sainteté te Pape Clément VU, cardinal-diacre dn titre de Sainte- Marie dans tes Eaux. Il e*l mort ran dm Seigneur 1392.

(Voy. Balczb, Vittt Paparum Accnitnêium. )

FLANDRIN (Pieebe), né au diocèse de Viviers, dans le Vivarais, fut d'abord doyen cIh Bayeux, puis auditeur de Rote, et référendaire sous le Pane Grégoire XI, qui le chargea d'examiner les écrits de Raymond de Ferrage, dit le Néophyte. — La grande érudition de Flandrin, et surtout la connaissance qu'il avait du la jurisprudence canonique décidèrent Grégoire XI a le revêtir de la pourpre sacrée en 1371. Le cardinal Flandrin mourut à Avignon le 23 janvier 1381. Il est confondu par quelques auteurs avec Pierre de Sortenac. {Voy. Spoxob , Annales, A. C. 1372, n. 13;— Aubeby, Hitt. des tard.; — Fbizon, Galiia purpurata; —

FLANC INI (Louis), ué a Venise en 17&3,

Patriarche de celle ville, fui fait cardinal par le VI en 1789. Il mourut en 180fc.

FLIXKY (AfiDBB-HRacuLE de), né le 22 juin 1653, a Lodôve, ville aujourd'hui chefli^u de sous-préfecture du département de l'Hérault, était, dit Duclos dans ses Mémoires, fils d'un receveur des tailles de celle ville; mais bien certainement il descendait d'une

famille noble et ancienne du Languedoc.

Destiné, dès son enfance, à la carrière ecclésiastique, il fut amené à Paris à l'Age de ait ans, fit ses humanités au collège de Clerxueut, dirigé par les Jésuites, et, après sa

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rhétorique, passa au collège de Ha r court pour y faire sa philosophie. Doué des dispositions les plus heureuses, secondées de l'amour de l'étude, il obtint de brillants succès dans toutes ses classes; succès qu'il couronna en soutenant, en grec et en latin, des thèses dans lesquelles il exposait avec une grande érudition les principaux dogmes enseignés par les anciens philosophes dans les écoles d'Athènes. Ces exercices, réservés aux écoliers d'élite, commençaient à devenir rares, et l'usage finit par s'en perdre. Nommé, en 1668, à l'Age de 15 ans, chanoine de Montpellier, il alla en prendre possession, et revint la même année à Paris pour y continuer ses éludes. En 1676, il subit les épreuves de la licence, mais il ne reçut le doctorat que longtemps aprèî. Introduit à h cour, il obtint une charge d'aumônier de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV. Il en Ot les fonctions au mariage de la princesse Marie-Louise d'Orléans avec le roi d'Bspagne, Charles II, frère de la reinu de France. Eu 1682, il assistait comme chanoine de Montpellier, et en qualité de député de second ordrn, à l'assemblée du clergé oui proclama les quatre fameux articles. Après la mort de la reine, devenu aumônier du roi, il tint, en cette qualité, le poêle au mariage de Philippe de France, depuis dut; d'Orléans, et régent pendant la minorité de Louis XV. Son mérite, sa modestie, sa conduite prudente et réservée, ne pouvaient manquer d'attirer l'altenlion de Louis XIV, qui jugeait si bien les hommes. Le 1" novembre 1698, ce priuce le nomma à l'évêchô de Fréjus. Les contemporains alBrmeut que c« présent, qui reléguait le nouvel évêque a l'extrémité de la France, ne lui plut que médiocrement. « Il disait, «prétend Voltaire (Siècle de Louis X/K), « que, dès qu'il avait vu sa femme, il avait été dégoûté de son mariage ; et, dans une lettre de plaisanterie, adressée au cardinal Quirini , il ' signa : Fteury, inique de Frejus par l'indignation divine. » Quoi qu'il eu soit de celte prétendue répugnance, ses devoirs n'eurent point à en soulïrir; rendu dans son diocèse, il en sortit peu, se consacra à l'édification de son troupeau, soulageant les pauvres, remplissant consciencieusement tous les devoirs de son mioistère. Pendant la guerre do la succession d'Espagne, le duc de Savoie, à la lé le d'une puissante armée d'alliés, soutenue par une flotte de quarante-huit vaisseaux de guerre, fit, en 1707, une entreprise sur la ville el sur le port de Toulon. Les habitants de Fréjus , d'autant plus alarmés que leur ville était sans défense, et olfrail la proie la plus facile au pillage, voulurent l'abandonner, et se retirer loin des côtes, où se portaient toutes les forces des ennemis. L'évêque les en empôcha, et lit aussitôt nommer Irob députés pour aller au-devant du prince, et, dit Moréri, pour lui représenter tris - respectueusement combien it était digne de Son Altesse Royale d'user avec modération de la victoire. La réponse fut favorable, mais conditionnel le, par la dilD-

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cullé de retenir le soldat en pareille occasion, et dans une arméo composée de nations différentes. Fknry eut ensuite des conférences particulières avec le duc de Savoie, pendant. trois jours que ce prince passa à Fréjus; il ne cessa pas d'être admis à sa table, où se trouvaient en même temps le prince Eugène, et le prince de Hesse Cassel, depuis roi de Suède. Le prélat plut, et ohtint ce qu'il demanda. La contribution fut modérée; aucun désordre ne fut commis dans la ville ni dans les campagnes voisines. Cependant le duc de Savoie étant parti avec le gros de l'armée, le général Spingi'l qui commandait l'arrière-garde, voulut, sous divers prétextes, mettre le feu è la ville; mais Pévôque, Tétant allé trouver, le ramena a la douceur, et préserva encore les habitants du péril qui les menaçait. En 17H, le prélat avant fait un voyage à Lodève, apprit que le duc de Savoie, depuis peu roi de Sicile, devait débarquer è Nice en revenant de prendre possession de ses nouveaux Etats. Il écrivit aux magistrats de Fréjus, et les engagea a envoyer au nouveau roi une dénutation pour le féliciter de son avènement h la couronne royale, et pour lui renouveler les assurances de son respect et de sa reconnaissance. Les députés furent bien accueillis, et toute l'audience se passa a parler de l'évêque de Fréjus. Fleury conserva cet évêché jusqu'en 1715. Le climat ne paraissant pas convenir à sa santé, il demanda et obtint la permission de se démettre, et reçut, en compensation , l'abbaye de Tournus; il possédait déjà depuis longtemps l'abbaye de la Rivour, de l'ordre de Ctleaux, au.diocèse de Troyes. Louis XIV allait descendre dans la tombe ; par un codicille annexé a son testament, il désignait M. de Fréjus pour précepteur de son arrière-petitfils, Louis XV. Plût a Dieu que celui-ci, qui honora si peu la royauté, eût toujours suivi les leçons de son précepteur, et qu'il n'en eût jamais suivi d autres 1 Investi de fonctions si délicates, Fleury sut se faire aimer de son élève au point qu'ayant disparu pendant quelque temps, lorsque le régent fit arrêter le duc de Villeroy, les larmes du jeune prince ne tarirent que quand son précepteur lui eut été rendu. A cet attachement succéda une confiance sans bornes, que méritait» il est vrai, l'évêque de Fréjus, et qu'il conserva toute sa vie. Toujours simple, toujours modeste, cherchant à s'effacer, il se concilia la bienveillance du régent, et l'estime publique. L'archevêché de lleiois étant devenu vacant, ce prince, pour être agréable au jeune roi, lui présenta Fleury pour ce poste éminent. Celui-ci, loin d'être ébloui par l'éclat de la pairie, et d'une haute fortune ecclésiastique, refusa en allé-

fjuant que ses fonctions auprès du roi ne ui permettraient pas de s'acquitter des devoirs de l'épiscopat. Il refusa pareillement plus lard le cordon de l'ordre du Saint-Esprit. Ce n'est qu'après les plus vives instances que le régent parvint è lui faire accepter I abbaye de Saml-Elienne de Cacn. A la

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mort du régent, en 1733, il ne tenait qo'/k Fleury de devenir ministre-dirigeant; il proposa pour celte place le don de Bourbon, et ne prit que la feuille des bénéfices, qui n'avait peut-être jamais été en meilleures mains. Il ne prit véritablement part aux affaires qu'après l'exil du duc; H s'y trouva porté naturellement. Quoiqu'on ayant toute l'autorité, il ne voulut pas du titre de premier ministre, et conseilla même au roi de le supprimer. Les intrigues n'étaient pas possibles auprès d'un ministre si intègre. Quoique sa position eût bien changé, il ne changea rien dans ses mœurs ni dans sa manière d'être. Qu'il y avait loin de Fleury a Richelieu et à Mazarin, ses devanciers, qui, par leur faste, éclipsaient l'éclat de la royauté I « On fut étonné,» dit Voltaire,! que le premier ministre fût le plus aimable des courtisans et le plus désintéressé. Il laissa tranquillement la France réparer ses pertes, .et s'enrichir par un commerce immous»*, sans faire aucune innovation ; traitant l'Etat comme un corps robuste et puissant, qui so rétablit de lui-même. » Dans la promotion du 11 septembre 1726 il fut élevé au cardinalat, qu il n'avait pas demandé, et reçut In barrette des mains de Louis XV, qui l'embrassa affectueusement. S'il ne fil pas de grandes choses, il en fit de bonnes, et en prévint de mauvaises. Il diminua les impôts, mit quelque ordre dans les finances. Si, par une économie excessive, mais dictée par les meilleures intentions, il ne sut pas maintenir l'influence de la France au dehors, cependant, par le traité de Vienno (1736), il fit céder par l'Autriche è l'ancien roi de Pologne, les duchés de Lorraine et de Bar, réversibles a la France, après la mort de Stanislas. Si, dans la guerre de la succession d'Autriche, nos armées ne jouèrent pas un rôle brillant, la faute n'en fui pas a lui seul, ai tant est qu'il y eut de sa faute. Au reste, il n'en vil point la fin. « Il laissa, dit-on, dépérir la marine. Cette imputation est peut-être la seule qui soit méritée. Il fil, cependant» pour venger le commerce français, sortir de Toulon une escadre qui alla bombarder Tripoli, et forcer celle république de corsaires à venir demander au roi grâce et pardon. Une autre escadre, quelques années après, al < a contraindre les Génois è payer le prix d'un navire brûlé par un armateur de la république, et è faire au roi satisfaction. Enfin uiih Ootte que le duc d'Antin commandait lh>t la mer pendant huit mois, et fil respecter lo pavillon français.

■ Fleory ne protégea pas moins les sciences et les lettres que le commerce. Il fit achever les bâtiments projetés pour la Bibliothèque du roi, et donna plus d'étendue au plan qu'on avait arrêté , pour rendre cet édifice digne de sa destination. Il envoya des savants en Hgyple et en Grôce'pour recueillir des manuscrits rares ; il en fit venir de la Chine, et ne négligea rien pour enrichir ce précieux dépôt. Il fil partir à grands frais des académiciens pour le Nord et le

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Péron, afin de mesurer tin degré du méridien el de déterminer ta figure de la lerre. » (Michaud, Biographie, art. Fleury.) « Son économie était minutieuse , » dit Lacretelle, « mais non sordide. Il faisait éprouver plus de refus aux courtisans qu'aux malheureux ; mais il avait des fonds en réserve pour les grandes calamités. C'est ainsi qu'il (il rebâtir la ville de Seinte-Menehould , consumée presque en entier par un incendie... L'économie de ce ministre eut peu d'imitateurs ; son désintéressement en eut encore moins. Le cardinal Fleury joua plusieurs fuis le rôle d'arhitre de l'Europe; sa médiation était souvent demandée et suivie d'heureux effets, genre de gloire que la France n'avait jamais eu aussi souvent, depuis le règne de saint Louis, le conciliateur de tant de rois. » Ce prince de l'Eglise était encore surintendant général des postes, courriers et relais de France, proviseur de la maison el société de Sorhonne, supérieur de celle de Navarre. En 1717, il avait été appelé a l'Académie française, peu après il devînt membre honoraire de celles des sciences et dés inscriptions et belles-letlres. Sa conversation él<>il spirituelle et intéressante. Il parlait et écrivait avec élégance et facilité ; il ne manquait

Bas d'éloquence : les Mandements qu'il pulia a Fréjus en sont une preuve. ■ A l'âge de 73 ans, il enchanta le congrès de Soismjds, » dit un historien, « et, nouveau Nestor, il fit découler le miel de ses lèvres, el gagna Unis les suffrages. » Il arriva ainsi a une grande vieillesse , conservant jusqu'à la (in loules ses facultés, toute sa présence d'esprit. Il s'éteignit a Issy, près Paris, le 29 janvier 1743, âgé de plus de quaire-vingi neuf ans el atpt mois. Louis XV voulut honorer dignement la mémoire de son précepteur ; il ordonna qu'un service solennel lui fût célébré à Noire-Dame, comme aux princes de sang, el qu'on lui élevât un mausolée dans l'église de Saint-Louis du Louvre. L'Eloge du cardinal de Fleury fut lu par Mairan è l'Académie des sciences, et se trouve imprimé dans les Mémoiree de cette Académie, pour l'année 1743 : è l'Académie des inscriptions, il fut lu par Fréret. Le P. de Neuville, Jésuite et prédicateur célèbre , prononça son oraison funèbre, qui u été imprimée. Tout homme de bonne foi conviendra que son administration fut sage, qu'il montra, dnns une position élevée, une grande modération , un désintéressement rare. Ce désintéressement, il l'avait déjà montré plusieurs fois avant que sa fortuite fût assurée, et notammenl quamJ il renonça à La succession du baron de Pérignon , pour l'abandonner à son neveu, c A sa mort, » dit Duclos, > sa succession se trouva être à peine celle d'un médiocre bourgeois, et n'aurait pas suffi è la moitié de la dépense du mausolée que le roi lui fii élever. Celle mort. pourrait rappeler ces temps éloignés où des citoyens, après avoir servi leur pairie, mouraient si pauvres, qu'elle élail obligée de taire les frais de leurs funérailles. » A ceux qui oui reproché au cardinal d'avoir porté

trop loin l'économie et d'avoir laissé tomber la marine, le même Duclos répond en ces termes : c Son esprit d'économie le trompa sur ce point. S'il l'a portée quelquefois trop loin, ceux qu'elle gênait en murmuraient , et lâchaient de prouver qu'il ne voyait pas les choses en grand ; et mille sots, qui ne voyaient ni en grand ni en petit, répétaient le même propos: mais le peuple et le bourgeois, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus nombreux et de plus utile dans l'Etal, et qui en fait la base el la force, avaient à se louer d'un ministre qui gouvernait un royaume comme une famille. Quelque reproche qu'on puisse lui faire, il serait à désirer pour l'Etal qu'il n'eûl eu que des successeurs de son caractère, avec une autorité comme la sienne. * II n'y a rien à ajouter à un pareil éloge, surtout sorti de la bouche de l'acerbe Duclos.

FOIX (Pierre de), dit V Ancien, né en 1386, était fils d'Archarobaud , seigneur de Grailly, captai de Buch , et d'Elisabeth, comtesse de Foix. — Après avoir fait d'excellentes éludes à Toulouse, il prit l'habit de religieux de Saint-François à Morlas, où il se livra à une élude approfondie des lettres divines et humaines. Il en fut lirô pour être placé à la tête des diocèses du Lescar et de Cominges , qu'il administra avec une sagesse, une malurilé au-dessus de son âge. L'antipape Benoît XIII , soit pour récompenser son mérite, soit pour adirer dans son parti les comles de Foix, l'éleva au cardinalat, en U09. Pierre , qui n'avait que vingt-trois ans , fut attaché à co faux Pontife jusqu'à l'époque du concile do Constance , assemblé pour examiner les droits des prétendants au trône pontifical. Dnns la seconde session, tenue le 2 mars 1415, le Pape Jean XXIII déclara renonenà la papauté , dans le cas où Grégoire el Benoît feraient de même. Mais , pendant In nuit, il prit la fuite, fut ramené au concile , el déposé du pontificat en la douzième session. Deux jours après, il abdiqua lui-même, el Grégoire envoya aussi sa soumission , par son ambassadeur Charles de Malalesle . seigneur de Rimini , dans la quatorzième session. Benoit seul demeura obsliné. Le cardinal Pierre de Foix, député par celui-ci au concile , fut reçu avec honneur par les Pères assemblés au nombre de deux c< ni cinquante, honneur rendu à son mérite encore nlus qu'à sa dignité. Mais, préférant les intérêts de l'Eglise à ceux de son ami, il se réunil aui Pères du concile qui analhématisèrenl l'antipape. Dans la quarante et unième session,. commencée le 8 novembre 1417, on disposa tout pour l'élection d'un Pupe : on entra ensuite en conclave ; et, le Il suivaui, Olhnn Colonne, élu Pape, prit le nom de Marlin V, et ferma le concile p«r la quarante-cinquièmo session , tenue le 22 avril 1418. Alors le cardinal Umbaldo, ayant prononcé cos paroles : Domini, ite in pacr, tons les Pères répondirent : Amen. Pierie de Foix avait été, dans le concile, confirmé dans sa dignité do cardinal , et il avait eb-

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tenu l'absolution pour les peuples de Foix et de Béarn , qui avaient suivi le parti de Benoît. En 1*25, il fut choisi par Martin V, a la création duquel il avait concouru, pour eller. avec le caractère de légat , auprès du roi d'Aragon, qui tenait encore pour Benoit, né son sujet, et il parvint a l'en détacher. Dans un second voyage qu'il Ht en Aragon , en la même qualité, il tint à Tortose un concile, en 1*29, y reçut la démission de l'antipape Clément VIII, que quelques cardinaux aragonais avaient donné pour successeur a Benoit, et termina un schisme qui affligeait l'Eglise depuis plus de vingt ans. Le Pape , les cardinaux , tout le monde chrétien applaudit à l'heureux succès de la négociation de Pierre do Foix , que les Espagnols, charmés de sa douceur et de son affabilité, n'appelaient pas autrement que le 6on légat. Eugène IV le fit encore légal d'Avignon et du comlat Venaiston; en 1*50, il le nomma à l'archevêché d'Arles. Trois ans après, le cardinal Pierre de Fois y tint un concile provincial ; en 1*57, il en convoqua un autre a Avignon, où furent prises de sages mesures pour l'administration des diocèses. C'est lui qui avait fondé à Toulouse le collège de Foix , d'où sont sortis tant de grands nommes , et surtout dans le xvn* siècle. Cet illustre prince de l'Eglise s'éteignit a Avignon , le i3décembre l»6*,«lgô de soixante etdix-huit ans, dans la cinquante-sixième <>nnée de son cardinalat. {Voy. Onuphbb et Cuconios, Yita Pontif.; — Spondb , Annales; — $axi , Pontif. Ardai.; — Friio*, Gall. pur p.; — DucHBffE et Aubbby, H iit. des cardinaux;— Sainte-Marthe, Gallia Chrittiana.

Voici son éloge par le P. Alby [16*i] : « Il est de la noblesse du sang, comme de la chevelure qui embellit les beaux visages, cl enlaidit ceux qui sont déjà laids : car de même celle qualité relève les ornements de la vertu en ceux qui la possèdent; et rend Aussi les taches de leurs vices plus noires et leurs péchés plus criminels. Auquel sens il a élé bien dit, que les vertus et les vices tirent leur grandeur du sujet où ils résident ; que tout est grand aux grands; que leurs vertus sont héroïques, et leurs défauts des scandales. Ce qui a merveilleusement paru en la personne ot en la vie du cardinal de Fois, en qui toutes sortes d'eicellentes vertus concertèrent si heureusement avec la gloire de sa naissance pour faire un grand prélat de l'Eglise, que la noblesse royale qu'il tira de son extraction rendit ses vertus plus illustres ; comme les lumières de ses vertus rehaussèrent l'honneur et l'éclat de son extraction.

« Ses parents, qui furent Gaston comle de Foix, et Léonor de Navarre (qui succéda depuis audit royaume à son père Jean, roi d'Aragon et de Navarre), ayant reconnu dans ses premières années les douceurs de son naturel, et les favorables dispositions qui étaient nées avec lui pour la J>iélé, le destinèrent aux ministères de l'Eglise, jugeant bien qu'il élailà mieux réussir en celte pro-

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fession, que s il demeurait à leurs côtés pour établir une maison digne de sa naissance. Cependant le gentil esprit dont Hélait doué, et qui était comme la fleur de son Ame, s'ouvrit tellement aux premiers rayons des vérités qui se montrèrent h lui; et les tendres désirs de son cœur se tournèrent si fort d'où ses espérances lui prometlaiem de la solide félicité, qu'il se résolut de quitter le monde, quelque bonne mine qu'il lui flt; et avant même qu'il eût bien reconnu sa malice, pour ne point imiter le nocher mal avisé, qui, pouvant aisément aborder au rivage, se jette en pleine mer pour éprouver de quel visage il verra la tempête, et se trouve enfin trompé de son courage, et forcé du danger qu'il avait bravé.

• Le dessein de sa retraite du monde encore qu'il ne fût pas si nouveau, qu'il ne reçût un bon nombre d'exemples de pareille vertu sans en chercher plus loin qu'en France, ne laissa pas d'être traversé, comme il advient d'ordinaire, d'être trouvé étrange de ceux qui n'ont que des fantaisie! creuses de grandeur, qui s'étonnent souvent des vertus qui leur sont extraordinaires, presque plus que ne fout les astrologues, quand ils découvrent de nouvelles étoiles ao ciel. Il soutint néanmoins si courageusement tous les efforts contraires qui combattirent sa résolution, qu'il obligea par sa constance ses parents a écouter la voix de la grAcé, plutôt que celle de la nature, et a changer le deuil qu'ils avaient déjà fait pour sa perte, en feux de joie pour sa victoire. «Il entra donc en la religion de Saint-Fran-

Sois, et se jeta par une résolution éclairée u Ciel, dans le meilleur parti qu'il eût jamais pu choisir, pour y faire profession de la bienheureuse el adorable folie de la croix, el pour y faire des actions que toutes les faveurs des rois, quelque éclatantes qu'elles fusseut ne pouvaient pas récompenser.

« Les vertus au'il pratiquait aansunesi grande ferveur d'esprit, et les sciences qu'il acquit en peu de temps dans un degré qui passait le commun, trahirent son humilité qui les tenait soigneusement closes; dont il fut tiré du secret de la solitude pour prendre la surintendance de deux Eglises abandonnées de leur pasteur ; et changer sa doctrine en la loi dos peuples, et sa vie en l'exemple du public. »

« La réputation de son zèle le fit bientôt nommer è l'archevêché de Toulouse, en l'administration duquel il montra un courage digne de son degré et de sa naissance; et, dans les grands emplois qu'il trouva préparés è sa vertu, il en fit voir l'éclat pareil' celui de la perle, qui ne parait jamais mieux qu'en plein jour. Là, non-seulement il régd les mœurst de celle grande ville, el fil reo* dre le respect aux lois de l'Eglise, mail il prit encore soin de réformer les abus des élude.* publiques, el de redonner le lustre et l'exercice aux arls ; ayant pour cela employé de grandes sommes h la fondation et dotation d un collège qui porte encore aujourd'hui son nom, et qui fera refleurir avec

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