‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 188 sur 457 · M7 FOI · texte numérisé non relu

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une douce odeur, tant que les lel 1res auront «tu crédii en évite tille, la mémoire de ses bienfaits.

« En ce même temps auquel l'Eglise était travaillée du schisme le plus opiniâtre que l'on eût jamais vu, l'antipape Pierre de Luna, dit Benoit XIII, s'étant sauvé d'Avignon en habit déguisé, après quatre années de siège qu'il y soutint dans le palais des Papes, et depuis s'étant réfugié au royaume de Valence en Espagne, pour assurer par artifice le pied branlant de sa couronne, et pour appuyer les restes de son parti grandement affaibli depuis sa déposition faite au concile de Pise, se résolut de faire élection de quelques personnes extraordinaires, dont Je mérite non-seulement fût aussi haut que la dignité où il les appelait, mais encore signalé de crédit et de réputation de vertu, pour sauver de blâme dans l'esprit des peuples le crime de son usurpation. Entre ceux-ci il nomma cardinal notre Pierre de Poix âgé alors seulement de vingt-deux ans ; & qui il n'était a désirer qu'un meilleur parrain de sa fortune, qu'un chacun considéra comme le payement d'une dette, qui ne pouvait être envié de personne que de sa propre vertu, qui demandait un plus digne promoteur de l'honneur qui lui était dû..

« Il s'atlacha néanmoins fidèlement a la suite, et au parti de son bienfaiteur, tant

2u'il eut opinion que sa dignité prétendue lait soutenue de sa conscience; et l'accompagna môme en un temps auquel, commençant d'être presque abondonné de tous, il ne pouvait faire que des compagnons de sa mauvaise fortune. Mais aussitôt qu'il eut aperçut qu'il procédait de mauvaise foi, et qu'après un insolent rebut des offres modestes de son concurrent au pontificat, et des instantes sollicitations des nrinceschréliens, il refusait toujours de laVhcr au jugement •l'un concile légitime la proie de son ambition; le cardinal de Foix se sépara alors d'avec lui, et se transporta au concile de Constance assemblé pour terminer le grand différend du schisme; où avec le reste des cardinaux légitimes, au nombre desquels il fut. reçu, il conclut è la déposition de Benott XIII, Grégoire XII, et Jean XXIII, et donna «on suffrage à la nouvelle et heureuso pro* motion d'Olhon Colonne, dit depuis Martin V, qui fit soudainement reverdir dans l'Eglise un printemps de belles espérances, et fut l'objet des réjouissances de tout le peuple chrétien, comme il avait été celui de I estime de tous lus sages.

« Le courage désintéressé et la force d'espri t que lecardinal de Poii montra en cette illustre assemblée, lui acquirent une des premières places en la bienveillance et en l'estime du Pape Martin, qui l'employa depuis aux occasions pour nettoyer l'Eglise des désordres oui troublaient son repos; et l'eût-il joint À I empereur Sigisraond qui entreprit d'aller de Constance devers l'antipape Benoit pour le réduire au devoir de l'obéissance, s'il eût été bienséant d'armer contre lui une créaluxe de sa faveur : mais incontinent après le

décès de Benoit, il l'envoya son légal en Espagne, pour éteindre les funestes suites du schisme qui fumait encore de l'anathème qu'il avait jeté sur lui, et qui s'était rallumé & Pauselle, ou en la Péninsule du royaume de Valence, en la personne de Gilles Mugnols, docteur renommé, et chanoine de Barcelone, qui s'était fait nommer Clément VIII. Contre lequel et contre ses adhérents tant des vieux que des nouveaux partisans du schisme, il assembla un concile national en Aragon, où il ne présida pas moins par sa prudence que par sa charge, et où, se rendant autant redoutable par son autorité que par la puissance royale dont il .se Gt assister, il lira voire les moins zélés à l'exécration d'une cause infortunée, et abandonnée de Dieu et des hommes.

• En celte négociation il corrigea tellement* par la douceur de son inclination, la sévérité de la charge qu'il exerçait et ouvrit par sa courtoisie tant de passages aux rebelles pour les faire retourner a leur devoir, qu'enfin après cinq ans de combat, le parti sebismatique, qui n'était soutenu que d'un peu de souille qui lui était inspiré par le désespoir, se vint rendre de gré à gré aui pieds du cardinal-légat, qui, se contentant des témoignages de Ta repenlanco, tant de l'antipape que de ses cardinaux, encore que commandés plutôt de la nécessité que de la vertu, prononça eontre eux d'autorité apostolique, sentence de déposition , les dépouilla des ornements de leur dignité, et les reçut au serment solennel d'obéissance envers le Pape Martin, comme unique et légitime chef do l'Eglise; leur faisant avouer qu'en leur ôtant des litres imaginaires qui n'étaient point à eux, il ne leur avait oté que dos inquiétudes et des peines réelles.

«Et néanmoins, pour laisser encore quelques marques de sa sévérité» et pour satisfaire le public et la justice irriléo, il fit mourir dans les langueurs de la prison deux cardinaux schismaliques, dont I esprit el l'opiniâtreté étaient incurables, et qui suivaient le mal par élection : il ôia do même aux soldats Templiers la Pauselle qui avait servi de retraite à la rébeflion lorsqu'elle était repoussée de tous les asiles de la (erre. Et pour conclusion de ce grand ouvrage qui avait fini des troubles continus do plus do cinquante ans, el fait espérer désormais un temps qui mesurerait Ja félicité do ITStat do l'Eglise par les années d'une longue paix, il ordonna des prières, des sacrifices et des actions de grâces en toutes les églises, qui furent suivis de feux de joie, d'acclamations et de mille autres témoignages du l'allégresse publique, qui passa aux autres royaumes et, comme elle était catholique, fil le tour du monde chrétien.

« L'heureux succès de cette légation, en laquelle le cardinal de Foix avait donné dec preuves d'une Ame forte et d'une prudeneo extraordinaire, et surpassé, en l'entière défaite du grand schisme, la gloire des vainqueurs et des conquérants, la firent recevoir eu triomphe dans Home comme un auge de

paix, avec toutes sortes de louanges et d'applaudissements qui lui furent rendus du peuple, du Sacré Collège et du Pape, qui le fil entrer depuis en l'honneur de sa confidence, et le combla de toutes les faveurs qu'il avait méritées.

« Le Pape Eugène IV, qui suecéda è Martin V, en sa charge, comme eu l'estime du cardinal de Foix, l'envoya son légat à Avignon, pour y représenter la majesté de sa personne et pour y servir d'instrument non moins de sa puissance, que de la félicité de cette province. Là il administra avec une si excellente modération le gouvernement temporel et le spirituel qui était entre ses mains, et dispensa avec tant d'adresse la force et la douceur dans toutes les fonctions de sa charge durant trente-quatre ans qu'il l'exerça sous les Papes Eugène IV, Nicolas V, Calixle III, Pie 11 et Paul IL qu'il n'y eut jamais légat qui fût plus aimé ni respecté que lui, chacun le révérant comme son seigneur et le chérissant comme son père. Ce qui lui Ht mériter le nom de père de la patrie, et marquer son gouvernement entre les meilleures fortunes du pays, eomme lui ayant apporté toutes choses heureuses, et fait fleurir la justice dans son sein, la |>oltce dans son Etat, le règlement dans ses mœurs, la paix et l'abondance dans ses villes.

« Sur les commencements de sa légation, il tira la précieuse et vénérable tiare de saint Sylvestre, Pape, du trésor de l'église d'Avignon, où elle était religieusement gardée eu dépôt, pour la rendre, comme il lit, à l'Bgtise de Rome, qui la reçut avec l'honneur qu'elle méritait; le Pape Eugène IV, l'ayant portée en appareil de pompe depuis le Vatican jusqu'à I église de Saint-Jean de La Iran, où il la mit dans la sacristie, pour servir de glorieux monument à la dignité du Saint-Siège, et de marque de la première et plus auguste majesté de l'univers,

« Ei il inenferma pas son zèle dans le détroit des provinces dépendantes de sa légation : il remploya à faire réussir le grand desseiu de l'union de l'Eglise grecque avec la latine : et le concile de Baie lui donne la gloire d'avoir surtout travaillé fidèlement «t efficacement aux expédients de la jonc* lion des potentats et des Pères grecs, et d'avoir en tout servi très-utilement le Saint- Siège en sa légation d'Avignon; en laquelle il le confirme de son autorité et le prend sous sa protection spéciale, afin qu'il n'y soit troublé de personne. Ce qui lui est un témoignage incomparable d'honneur» d'avoir eu un concile géuéral pour prolecteur et pour juge de sa vertu, et la bouche môme de la chrétienté pour organe de ses louanges.

• De toutes ses vertus» sa piété avant toujours paru au commencement et à la lin des actions do sa vie, comme cette étoile plus brillante que les autres qui commence et Unit toutes les journées, elle se (il voir particulièrement en l'administration de l'archevêché d'Arles qu'il prit à la place de celui de Toulouse, uour vaquer à sa charge

roi <*>

avec plus de commodité, durant le temps de sa légation. Ce fui en ce noble diocèse qu'il s'employa de toute l'étendue de ses devoirs a détruire les vices, h planter les vertus, è réprimer les violents, a soulager et protéger les pauvres, è divertir les mauvaises affaires, a avancer les bonnes et & faire couler |»rtout des fontaines de biens pour l'honneur et l'ornement de son Eglise et de tous les lieux saints.

• Il rechercha avec soin, et garantit avec autorité les droits et l«s contributions qui étaient dues è son Eglise d'Arles, voire les augmenta des libéralités de René, roi de Sicile et comte de Provence ; ont* les bâtiments somptueux de l'église d'Arles, le palais épiscopal et le château de Salon ; répara le monastère de Monlmajour d'où il était abbé.; releva honorablemont, a la prière du roi René et de l'autorité du Pape Nicolas V, les reliques des saintes Maries, de Jacques et Sa I orné qui étaient demmirées un longtemps cachées è la dévotion du peuple, en des lieux souterrains; fil de très-belles fondations de piété; partagea ses charités »

toutes les nécessités publiques; et fit partout paraître et en toute occasion, combien il avait l'âme noble et magnanime, le cœur dévot el la main libérale.

« Il vivait dans une heureuse vieillesse, travaillant incessamment aux devoirs de s«s charges qui n'étaient pas petites, et faisant recueillir è toutes les provinces qui élaieoA soumises à sa conduite, les fruits d'une vertu consommée; quand, sentant approcher sa fin par un soudain et notable affaiblissement de ses forcos, comme il était peu collé à la terre, il commença ainsi qu'un cygue blanc a chanter son trépas el à s y disposer chrétiennement, attendant le coup de la mort avec une tranquillité nonpareille, et avec une résolution franche et résiguée, qui ne lui permit pas de se plaindre que l'hiver vint en son ordre, et qu'après avoir mûri de si beaux fruits de la vie, il en flétrit enliu el fil tomber les feui.lu* en son leuips.

« Il trépassa heureusement lu treizième jour de décembre de l'année 1464, la ci»-

auiiiite-sixième de son cardinalat» en la ville 'Avignon, où il a laissé sa mémoire gravée en diverses églises» et quasi partout les carrefours de la ville : el où l'on voit entre autres une croix magnifique qu'il dressa comme un trophée de sa victoire contre le schisme. Son corps gtt sous une belle lame de bronze devaul le grand autel de l'église dus Cordeliers, de laquelle il avait bâti lu devant, el une chapelle au dedans, où est sa statue à genoux le représentant au vif, qui renouvelle tous les jours aux Avignouuais la mémoire d'un homme que le Ciel leur avait donné comme nécessité, et dont la sage conduite « fait autrefois leur salul el leur bouue fortune.

TOMSEAU DU CAKDINXL DE FulX.

Sut) hoc immili jacei loco F. Pclru* de Fexo créa lut cwdinalis aiuto tu« xlaits xiit, qui in coucilio Cou»iauiieuai cuui IL cinJuialilms, el

Sil FON D« CAI

in Ht«pnnta Icfalws srhisma Jetait, et iluoc H sp.intst regm eonfœttrrnviu Ttaram B. Sylvain Laieranensî ecctaise réadmit, Avemo- Knwn ac diversa* provincias, ni pater patrie aiiiioii xxxiV rexil ; Jacolri, et Salome» Mariai atio k*arid; tandem MCCCCLXIV, mente De. cemhri aniinam cœlo rtildidit quem sancta wiwepit de terris lucia.

Paidi PonL Max. amio i.

Scrvire Deo, regnare ail.

(Feu. Ciacoii.; — San (Primats d'Arles), iannln des Frères mineurs.

FOIX (Pitaai db), dit le Jeûna, fils de Gaston IV, comte de Fois, et vicomte de Béarn, et d'Kléonore de Navarre, vit le jour à Paa le 7 février 1*49. — Le cardinal Pierre, son grand-oncle, le fit élever aven »rdn, et l'envoya à Paris où il prit le bon u et de doeteor, après avoir étudié le droit sous Sundec, l'un des plus célèbres juriscoomltes de son temps. Evoque d'Aire, puis de Vannes, il fut, en 1V76, promu au cardinalat par Sixte IV, qui lui confia plusieurs misions dans lesquelles il fit preuve d'intelligence et de capacité. Il réconcilia le duc de Bretagne avec le roi de France Chn ries VIII ; envoyé par Innocent VIII, en qualité de légat, dans le royaume de Naples, il y rétablit la paix. Ce cardinal donnait les plus belles espérances, lorsqu'il fut enlevé parla mort, à Rome, le 10 août 1*90, à la fleur de son Age. ÇVoy. Fnison, Gatt.purp* ; — Albert, Hist. des eard.)

PONSECA (Pierre df), originaire d'une ancienne famille de Portugal, se concilia l'estime de l'antipape Benoît XIII, qui, en 1b09, l'éleva au cardinalat. — Depuis, il se rendit a Constance, où, sur la fin du célèbre concile tenu dans cette ville, Martin V avait été élevé a la papauté; il fit sa soumission h re Ponlife, qui le confirma dans sa dignité. Martin Vse proposait de l'envoyer, avec le caractère de légat, à Constantinople, où l'empereur avait dessein de faire travailler a l'union de l'Eglise grecque avec l'Eglise latine. Oo y envoya, par avance, un religieux de Saint-François , nommé Antoine Massan. Cependant le cardinal de Fonseca alla en Espagne pour mettre An au schisme, et pour y prêcher même une croisade contre ranii|^pe Benoît, qui s'était enfermé dans la forteresse de Peniscola. Cette légation ne lui fut pas heureuse. Il revint par le royaume de Naples, afin d'y travailler à la réconciliation d'Alphonse, roi d'Aragon ; et, en entrant dans le cbAteau de Vicovarre, il tomba dans le fossé, et se fit une blessure dont il mourut le 21 août 1432. Son corps fut transporté a Rome et inhumé dans l'église de Saint-Pierre.S( Foy. Spondk, Annotes, A. C. 1*20; — Platine, m Afartimo V ; — Cucoîiivs, Vit* et gesta Romano- STasaU Poiaificum et cardinatium ; — Aubert, UiMt. des cardinaux.)

FONT AN A (Louis - Fa.A*çojs) , né le 27 août 1750 à Casai maggiore, en Lombardio, •vitra par vocation dans l'état religieux et «Uns la congrégation des Bflrnahiles au collège de tfouia, près de Milan, où il lit pro-

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fesaion en 1766. — Envoyé par ses supérieurs è Milan, puis à Bologne, pour perfectionner ses études, il annonça les plus heureuses dispositions et de rares talents. Il était professeur de théologie au séminaire de Bologne, lorsque, la suppression des Jésuites, en 1773, ayant fait tomber l'instruction publique aux mains des Barnabites, il fut adjoint è soo frère Marianu pour diriger le collège de cette ville. Il occupa ensuite une chaire au collège des nobles a Milan. C'est la qu'il fut le collaborateur do Fahroni, dans l'intéressant ouvrage intitulé : Vitœ llaloruui doctrina exeettentium qui sœculis xvn et xviu /ïoruerunt, 20 vol. in-8% 1766 1805. Les nolices écrites par lui sont insérées dans les IX*, X*. et XI' volumes. En 1796, après l'invasion de l'Italie par les Français, la Lomhardie fut érigée en république cisalpine ; Fonlane, devenu régent de la province lombarde des Barnabites, sut détourner, par sa prudence, le coup qui les menaçait, et préserver son ordre. En 1800, dès que Pie VII eut été élevé sur le Saint-Siège, appelé à Rome par le cardinal Gerdil, sorti de l'ordre des Barnabites, et capable de l'apprécier, il fut successivement consul leur des Rites etdu Saint-Office, secrétaire-général de la congrégation pour la correction des livres de l'Eglise orientale, et général des Bnrnabites. Le cardinal Gerdil mourut en 1802; Fontana prononça l'oraison funèbre de cette gloire du Sacré Collège, et composa son épitaphe, chef-d'œuvre en son genre. Il lut ensuite è l'académie des Àrcadiens un Eloge littéraire, où il analyse avec une rare sagacité les écrits qui assignent au savant cardinal «un rang si élevé parmi les philosophes et les théologiens. Peu après, il accompagnait Pie VII, se rendant en France pour le sacre de Napoléon ; mais il s'arrêta è Lyon pour fermer les yeut du cardinal Borgia qui, comme lui, faisait partie de la suite du Pontife. Après avoir rempli ces pieux devoirs, il alla retrouver son maître dans la capitale de la France : ce savant modeste ne sortit pas de sa solitude, ne se mêla a aucune fôte. Do retour à Rome, il s'occupa d'une édition des œuvres complètes du cardinal Gerdil. Cette édition en 20 vol. in -4*, interrompue par les orages politiques, fut terminée en 1821. On connaît les démêlés de Napoléon avec le Souverain Pontife; c'est Fontana qui fut chargé de rédiger la fameuse bulle d'excommunication lancée contre l'empereur, lorsque le général Mioliis vint enlever Pie Vil pour le conduire è Savone. Fontana, amené è Paris, puis exilé, puis rappelé» Inmba malade. A peine rétabli, il reçut du Souverain Pontife l'ordre de signifier au cardinal Maury le bref qui lui enjoignait do

Suiller l'administration de l'archevêché do Bris, dont l'avait investi Napoléon. Cet acte d'hostilité indirecte, qui n'était pour Fontana que l'accomplisse meut d'un devoir, irrita Napoléon, qui lo fil enfermer a VftV eetmes avec les autres prélats. Le Souverain

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Pontife, rentré dons sa capitale au commencement de 181k, n'eut rien de plus pressé que de rappeler Fonlana, qu'il fit secrétaire de la congrégation des Affaires ecclésiastiques. Lors de l'échaulTouréo de Murât en 1815, Fnntana suivit encore Pie VII à Gênes. L'absence du Pontife ne fut pas longue celte fois ; enfin, en 1816, il revêtit de la pourpre le zélé Barnabile, et lui conlia des emplois considérables. Le cardinal Fonlana, profondément versé dans les lettres grecques «4 latines, homme d'étude et de prière avont tout, avait refusé de riches bénéfices. Il mourut a Rorac lo 19 mars

FORB1N (Toussaint de), cardinal de Jak

fuit commandeur du Saint-Esprit. Depuis la fameuse assemblée du cierge de 1682, «ne rupture avait éclaté entre lès cours de Rome et de France. Un grand nombre de sièges étaient valants, les évêqoes nommés par Louis XIV ne recevant point de bulles.

Pour mettre fin à un tel étal de chose», ce prince chargea le cardinal de Janson d'aller négocier un arrangement à Rome: mais la mort d'Alexandre VIII, survenue le 13 août 1691, en retarda la conclusion. Le cardinal renoua la négociation, dès qu'Innocent XII, h l'élection duquel il avait puissamment contribué, eut reçu la tiare; et, en 1693, il eut la satisfaction de terminer, de concert avec le cardinal d'Kstrées, cette importante

son acquit une certaine célébrité par son affaire. Renvoyé à Rome en 1700, pour le mérite personnel et les services qu'il rendit conclave ouvert après la mort d'Innocent à l'Etal. Né en Provence, en 1625, il était le XII, il travailla h lui faire donner pour suctroisième fils de Gaspard II, marquis de cesseur Clément XI, auprès duquel il ré- Janson, et de Claire de Liberlat, sa seconde sida pendant près de sept ans, chargé des infemme. — Dès son berceau, il reçut la croix térêls français. En 1706, la charge de gratvl de Malle; mais sa vocation le portant vers aumônier de France, vacante par la mort \t carrière ecclésiastique, il fit les études du cardinal de Coislin, lui fut donnée. Il convenables, et entra dans les ordre*. L'é- s'était montré un des plus ardents advervôque de Digne l'ayant demandé et obtenu saircs de l'Apologie ae$ casuistes; cen^npour son coadjuteur, l'abbé de Janson reçut dant, quand if fut sur le siège de Beauvais, ses bulles, avec le litre d'évêque de Phila- on lui reprocha d'avoir écarté les jans^delpln'e, et fut sacré évêque de Digne en nistes qui jouissaient de la confiance de son 1G58. Pendant les dix années qu'il occupa prédécesseur M. de Buznnval. Quoique le ce siège, il remplit d'une manière exem- cardinal de Janson fût sorti de l'ordrede plaire tous les devoirs de l'épiscopat. Au Molle, lors de sa promotion h l'épiscopat, commencement de 1668, transféré sur le il y rentra depuis qu'il fut revêtu de la siège de Marseille, il se fil remarquer par pourpre, par le privilège des cardinsui, ses talents aux états de Provence, dont il confirmé par un bref impératif du Pape, et

étail membre de droit. Dans cette assemblée, il sut habilement concilier les intérêts du roi et ceux de la province. Louis XIV, jugeant qu'il pouvait l'employer utilement, le chargea de la mission délicate d'aller en Toscane, auprès du grand-duc, pour le réconcilier avec la grande-duchesse, sa femme, Marguerite-Louise d'Orléans. La prudence qu'avait déployée le prélat pour mener è

il devint commandeur de Sainl-Jean d-Avignon. Il mourut a Paris, après une longue maladie, le 2V mars 1713. Agé de 89 an?, et doyen des évêques de France. Sun corps fut porté à Beauvais, et inhumé dans u cathédrale.

FOREST (Pierre de la) naquit en 13H a Suze, paroisse distante du Mans de quatre lieues, de parents obscurs, mais irrépro»

bonne fin sa négociation, détermina Louis chables. — Son père s'appelait Philippe do

XIV 8 le nommer, en 1673, son ambassa- la Forest, et sa mère, Marguerite, native de

rieur extraordinaire en Pologne. La diète y la Cliapelle-Saiul-Aubin, autre village voi-

était réunie pour procéder à l'élection d'un ain de la même ville du Mans. Marguerite

roi. Ces diètes, auxquelles la noblesse po- avait un frère ecclésiastique, Guion ou Geo-

lonaise assistait en armes, furent toujours froi, dit de la Chapelle, que son méritent

orageuses. En pouvait-il être autrement porter plus lard sur le siège épiscopal du

avec le liberum reto, en verlo duquel , un Mans. Pierre, doué des dispositions les plus

seul nonce pouvait arrêter toute décision? heureuses, et d'une rare précocité avait

Les nonces étaient alors fort divisés: mais achevé ses humanités et son cours deplii-

l'évêquede Marseille, par sa prudence, son losopbie dès l'âge de douze ans; il se livra

esprit conciliant, parvint à les rapprocher, ensuite a l'élude de la jurisprudence civile

a dissiper les brigues des puissances étran- et canonique. Ses succès dans l'étude du

gères, et a faire élire, conformément aux droit furent aussi brillants que ceux qu'il

vœux du roi son maître, le grand maréchal avsit obtenus dans l'élude des lettres. Reça

de la couronne, Jean Sobie»ki,qui, en 1683, docteur en droit civil et en droit canon, il

vint avec ses Polonais sauver vienne, sur en obtint une chaire, et enseigna avec éclat

lu point de tomber au pouvoir des Turcs, dans les universités, alors célèbres , d'Or-

Le nouveau monarque crul ne pouvoir léans et d'Angers. On venait des provinces

mieux reconnaître ce service , qu en de- les plus éloignées pour l'entendre et pour

mandant le chapeau de eardinal pour l'ara- le consulter, sur la réputation qu'il avait de

Imssadeur, qui ne le reçut toutefois qu'en résoudre sur-le-champ les qneslions les plu*

1090, dos mains d'Alexandre VIII. Dès 1679, difficiles qui pouvaient lui être proposée*.

Louis XIV lui avait donné Pévôr.hé de Gui de Lava), évêque du Mans, lui donna

Beauvais, comté-pairie; en 1689 il l'avait la cure de Chendré-lo-Gaudin ; mais lejeuuc

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docteur s'ennuya bientôt dans celte position, disent ses biographes. Peut-ôlre trouva-l-il le théâtre peu digne de son mérite, et avait-il des Tues plus ambitieuses. Quoi qu'il en soit, il résolut de se rendre à Paris; pl. pour se faire connaître, il s'attacha au barreau, y parut avec éclat, et, le bruit de ses succès s'étant répandu è la cour, Philippe de Valois le nomma avocat général. Il fut pour? ii de divers bénéfices par Jean de France, duc de Normandie, qui le choisit p«ur son chancelier, et lui obtint du Pape Clément VI l'évôchô de Tonrnay. Toutefois

ses emplois et ses occupations l'empêchèrent d'aller jamais dans celte ville. En 13b9,

le roi réleva è la dignité de chancelier do France, et le nomma pour être un de ses exécuteurs testamentaires ; Tannée suivante il le fit pourvoir de l'évêché de Paris. Lorsque Jean, son tils, fut parvenu a la couronne en 1350, il maintint dans sa charge et dans l'administration de l'Etat Pierre de la Forest, qui prit une grande part aux affaires politiques de son temps, mais qui ne put conjurer les malheurs de ce règne, malLeurs aussi désastreux que ceux' du règne précédent. En 1351, charge par Clément VI de donner, conjointement avec l'évêque de Laon, le chapeau de cardinal è l'abbé de Saint-Denis, Rigaud de Roussi, il en fit la cérémonie au palais en présence du roi Jean; c'est la première fois qu'il était dérogé par les Souverains Pontifes a l'usage, consacré pour les récipiendaires, d'aller recevoir le chapeau a la cour pontificale. La trêve entre la France et l'Angleterre étant expirée, de la Forest fut un des plénipotentiaires charges de traiter de la paix. On ne put s'entendre ; il signa seulement, le 17 septembre 1351, entre Guines et Calais, une trêve qui fut bientôt rompue. Peu après, il fut nommé è l'archevêché de Rouen. Il parait qu'alors il était interdit de cumuler un traitement civil avec an bénéfice ecclésiastique, puisque des lettres dérogatoire» autorisent Pierre de la Forest i percevoir le traitement de sa charge de chancelier, quoique sa prélature en eût dû faire cesser la continuation. Il paraît également que la dignité de chancelier n'anoblissait pas, puisqu'il fut obligé de justifier de sa noblesse pour être investi do fief noble du château et de la châteîlenie de Louppelande, de ses droits, vassaux, juridiction, etc. Elirait de l'acte de justification lui fut expédié en octobre 1354, tant pour lui que pour ses ayants-cause. Cette même année il se rendit a Avignon noor conférer avec le Pape Innocent VI sur les moyens de mellre fin à la lutte entre la France et l'Angleterre; mais les exigences d'Edouard III rendirent tout accommodement impossible. La guerre s'étant allumée, Jean le Bon convoqua les étals généraui, dont fit l'ouverture Pierre de la Forest, en sa qualité de chancelier; il demanda au nom du roi les subsides nécessaires. On connaît les désastres do la bataille de Poitiers, où Juan fut battu et fait prisonnier en -1356, par les Anglais, bien inférieurs en nombre. Les

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