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l'esprit, solidité dan» le jugement, pénétration, étendue dans ses connaissances, fécondité dans les pensées, noblesse dans l'imagination, netteté dans les idées, énergie dans le style, grâce et éloquence, voilà ce qui ratissait d'admiration tous ceux qui l'ôcoutaient. On ne pouvait l'approcher sans remarquer en lui des manières élégantes, une attention continuelle pour les autres, une éducation parfaite. Supérieur aux événements» dans les disgrâces et dans les succès, dans la maladie et dans la snnté, il fut toujours égal à lui-môme. Son cœur semblait avoir été formé pour In pratique de» plus hautes vertus. Observanijusqu'aux moindres bienséances , il était extrêmement attentif sur sa propre conduite, réservé dans ses discours, modéré dans ses désirs, humble dans ses sentiments, sourd à toutes les séductions de la flatterie, plein de cotte pudeur honnête qui se concilie le nupect, exact à tous ses devoirs. Dans les différents âges de sa vie, jusqu'au moment de sa mort, la critique môme fut toujours rontraiole ou de se taire sur ses mœurs, ou de n'en parler qu'avec éloge.
Oo trouvera ici l'exposé des affaires qui ont occupé les cardinaux de l'époque de Clément XI, exposé qui ne pouvait être répété pour chacun d'eux. Enfin les détails mômes qui paraissent étrangers à Aunibal Albani, font mieux comprendre les missions dont il fut chargé.
Clément XI fut un grand Pape; mais beaucoup d'autres, avec lui, honorèrent le trône pontifical. Qu'on parcoure les annales de la papauté, et qu'on dise si J. de Maistre n'avait pas raison de s'écrier : « Sainte Eglise de Rome, je te salue ; mère immortelle de la science et de la sainteté. C'est loi qui répanJis la lumièreiuiqu'aux extrémités de la terre, partout où les aveugles souverainetés n'arrêtèrent pas ton influence, et souvent même en dépit d'elles. C'est toi «lui fis cesser les sacrilices humains, les coutumes barbares ou infâmes, les préjugés funestes, et partout où tes envoyés ne purent pénétrer il manque quelque chose à la civilisation. Les grands hommes l'appartiennent. Tes doctrines purifient la scienc.e de ce venin d'orgueil et d'indépendance, qui la rendfc toujours dangereuse et souvent fatale. Les Pontifes seront bientôt proclamés agents suprêmes de la civilisation, conservateurs «le la scienee el des arts, fondateurs, protecteurs-nés de la liberté civile, destructeurs de l'esclavage, ennemis du despotisme, infatigables soutiens de la souveraineté, bienfaiteurs du genre humain. Si quelquefois ils ont prouvé qu'ils étaient hommes, un vaisseau, qui fend les eaux, laisse plus de traces de son passage; et nul trône de l'univers ne porta jamais autant de sagesse, de science et de vertu. Au milieu de tous les bouleversements, Dieu a constamment veillé sur toi, ô ville éternelle 1 Tout ce qui pouvait l'anéantir s'est réuni contre toi, et lu es debout; et comme tu fus jadis lecentre de l'erreur, lu es depuis dix-huit siècles le centre Diction*, des Cardinaux.
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de la vérité. • (Du Pape, ad finem, passim.)
Quelques personnes s'étonneront peutêlre de la longueur que nous avons donnée à cette notice. Nous croyons que ceux qui la liront ne s'en plaindront pas. D'ailleurs, abstraction faite de l'intérêt qu'elle présente, elle contient un grand nombre de foi ls qui ne sauraient être mieux placés que dans l'histoire du cardinalat. C'est ce qui nous a décidé a déroger, pour cette fois, à notre résolution de parler brièvement des Souverains Pontifes.
ALBANI (Alexandre), frère du précédent, naquit à Urbin le 19 octobre 1692. — Il fut reçu chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et le Pape Clément XI, son oncle, lui donna, en mars 1709, le litre de grand prieur d'Arménie. Ayant reçu la tonsure el pris l'habit ecclésiastique, il obtint du Pape une pension de trois cenls écus m- , mains sur l'évêchô de Carnenlras, en 1714, fut nommé (1717) abbé de l'abbaye de Saint- Laurent in campo, déclaré prélat domesti-
3ue l'année suivante, et peu après secrétaire es mémoriaux, h la place du cardinal Albani, son frère. Puis il fut successivement mis au nombre des prélats de la congrégation particulière de l'Immunité ecclésiastique, et déclaré clerc de la Chambre apostolique. Nommé nonce extraordinaire vers l'empereur, il partit de Rome le 7 février 1720, el arriva à Vienne le 10 mars, chargé de présents pour la cour impériale, et, entre autres, d'un portrait de l'empereur Charles V, dans une botte d'or, enrichie de diamants. Il était chargé de différentes négociations. La conunanderie de Montefiascone, de l'ordre de Malle, étant devenue vacante, lui fut conférée par Clément XI. Le Pape Innocent XIII , successeur immédiat de son oncle, le créa cardinal en 1721. Ce Pontife fit la cérémonie de lui fermer et ouvrir la bouche, et lui assigna le titre diaconat de Saint-Adrien. Il quille ce litre pot* celui de Sainte-Marie in Co$medin, qu'avait précédemment son frère, reçut le sous-diaconat en 172V, et obtint l'abbaye de Nonantola, de sept mille écus de revenu. Ensuite déclaré protecteur des clercs réguliers mineurs, un des protecteurs du collège germanique de Hongrie a Rome, il fut bientôt après déclaré encore protecteur des églises et de la nation savoyarde el piémontaise, h la cour de Rome. Après avoir fait part (6 août 1730) au Pape Clément XII, il prit ' possession solennelle de ce dernier emploi dans l'église du Saint-Suaire de cette nation, â Rome, le 3 mai 1731. Il mourut en 1779. C'est ce prélat qui fui si connu par son goût pour les arts, et par sa célèbre villa, la eiMo Albani, où il avait rassemblé des chefsd'œuvre de tout genre.
ALBANI (JBAN-F»àttçois),néen 1720, sous le poniilical de Clément XI, son oncle, Tut destiné de bonne heure à l'état ecclésiastique. — Appartenant à une famille puissante, il fut, â l'â^e do 27 ans, en 17i7, promu au cardinalat parle Pape Benoit XIV.
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Après 1a mort de Clément XIV, au conclave île 1775, il se montra hostile eu parti de la Prance, que représentait M. de Bernis, révolu du double caractère de cardinal et d'ambassadeur de France auprès du Saint- Siégc. Dans une altercation qu'avait Albani avec ce dernier, ôtant sa barrette et la montrant au cardinal français, il lui dit d'une voix accentuée : « Emincnce, ce n'est pas une courtisane qui m'a placé cette barrette sur la tête ; » faisant allusion è Mme de Pompadour, à laquelle de Bernis devait son élévation. Lorsque éclata la révolution français^, le ^cardinal Albani se déclara un des adversaires les plus ardents du nouveau ré» gime. Il Ot donner à Joseph Albani, son neveu, depuis cardinal, différentes missions qui avaient pour but de chercher a susciter des embarras au gouvernement français. Le
10 février 1798, le général Berthier s'emparait de Rome, renversait le gouvernement pontifical, et faisait prodamer la République. Une des premières rut-sures du Directoire fut d'ordonner qu'on mît le séquestre sur loules les propriétés de la maison Albani, dont les opinions étaient bien connue.* Lo séquestre enveloppa tous les membres de la famille, et la célèbre villa (V Albani, où étaient accumulés tant de chefs d'œuvre en tout genre, fut dépouillée de ses richesses. Après l'évacuation de l'Italie par les Français, Albani fut un des cardinaux qui, au conclave de Venise, en 1800, travaillèrent le plus activement pour faire éliro Pie VII. Ce prélat, homme d'esprit, de manières distinguées, quoique ardent dans ses opinions, ne se montra jamais persécuteur;
11 aimait à rendre service, et on le vil souvent obliger ses adversaires politiques. Il mourut en 1809, évèque d'Oslie.
ALBANI (Joseph), neveu du précédent, naquit à Rome en 1750. — Préférant les plaisirs à l'étude, il abandonna dans sa jeunesse la théologie et la politique, afin de se livrer à son goût pour la musique, et surtout pour le violon, où il excellait. Nommé è l'intendance de VAnnone, il s'enrichît dans ces fondions. Il fut ensuite appelé à la nonciature de Vienne, qu'il refusa. Souvent ou l'entendit se plaindre d'avoir manqué sa vocation ; il disait être né pour être compositeur de musique, plutôt que prince de l'EgHse. Suivant quelques-uns, il aurait cherché ainsi è dontier le change sur son ambition, comptant sur la faveur et la puissanco do sa famille; mais Pie VI, qui nu s'arrêtait pas à ces considérations, le laissa longtemps sans emploi. Devenu enûn auditeur de la chambre apostolique, il commença à influer dans les affaires, et è manifester son hostilité contre la France. En 1795, il fut envoyé dans l'Italie septentrionale pour en exciter les différents Etats à se liguer contre la France. Mais les événements semultipliaient n celle époque, et Albani, envoyé en 1796 à Vienne, commo chargé d'affaires du Saint- Siège, séjourna dans celte capitale jusqu'au commencement du xix* siècle. Eu 1801, il f u t élevé au cardinalat par Pie VII ; en 181fr, il
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fut secrétaire des brefs ot légat «Bologne, enfin commissaire apostolique des quatre Légations. On lui a reproché quelques actes de rigueur. Il mourut dans un âgeavancé, en 1831.
ALBERGATI (Nicolas), naquit à Bologne en 1375. — Apres avoir étudié le droit, il entra dans l'ordre des Chartreux, chez lesquels il fut prieur à Florence. Elevé, en 1U7, à l'évôchô de Bologne, il réconcilia ses diocésains avec le pape Martin V. En 1V22, il fut envoyé, comme nonce, en France, et il s'acquitta si bien de cette mission, qu'il en fut récompensé, en U26, par la dignité de cardinal, qu'on le força d'accepter. En 1WI, le Pape Martin V le nomma légat en forme, el Eugène IV lui donna ordre d'aller présider le concile de Bâle. Mais les Pères, rassemblés en cette ville, no l'ayant pas voulu reconnaître, il se retira auprès du Pontife, qui lu* donna encore In légation de France, el qui, depuis, l'emmena au concile qu'il avait convoqué a Ferrare. où le cardinal déploya son savoir contre les Grecs. Il fut encore légat en Allemagne, et. ii son retour, fut nommé grand pénitentier de l'Eglise. Il mourut peu après à Sienne, le 9 mai U43. Il avail eu, parmi les gens do sa maison, Thomas de Sarzane et Enée Sj Ivius, qui, l'un et l'autre, devaicntêlre Papes un jour. Ce prélat était laborieux el employait ses loisirs à écrire des sermons ou à dicter des lettres. Il rétablit el embellit son église et son palais épiscopal, qu'il orna d une bibliothèque. Dans le Pontifical do Bologne, que le cardinal Palcotli publia dans le xvi* siècle, et qui est intitulé: Archiépiscopale Bononiense, Albergati e«l mis entre les bienheureux titulaires de cetttt église. {Voy. Sigomus, en sa Vie; — Ciacunius, en sa Vie;— Platine;— S. Astosis; — Dorland, 1. ru CAren Carlh.; — Bossius, c. 22, De vir. illu$tr. ord. Carth.; — Pktrkiis, in Bibl. Carth.; — AvbéVt, Hist. de$ card.; — Baillet, Vies des saints du mois de mai. Yoy. surtout l'outrage intitulé : idea. perfecti prœsutis, invita beati Nie. Albergati, a Lui. Oonio d'Attichy, epiteopo OEduensi.)
En 17V5, on imprimait à Rome, in-fol.»
un recueil considérable de pièces pour servir è l'histoire de N. Albergati, pour la canonisation duquel Benoit XIV a donné un bref qui est à la tête de ce recueil. Voici le litre du recueil : Bomanorum pontiKcum, regum atquc illustrium virorum tettimonia de bealo N. Albergato cardinali Sancta-Crucis, et episcopo Bononiensi ; jmsu et auspiciis Benedicti XIV ponlificis maximi nune primum collecta, et in sex classes distributa, Prctmittitur ejusdem vita script a a Jacob o Zeno episcopo FeSrensi, ad fidem codicum Vaticani recognita, notisqne Ulustrata : studio et labore Constantini Ruggieri.
ALBERGATI LUDOVIS10 (Nicolas), Bolonais, arciievéque de Bologne , créé en 1645, par Innocent X, prêtre-cardinal du litre de Saint-Augustin, puis de Sainte- Marie îles Anges, de Satnle-Marre au delà du Tibre, el de Snicl-Laurenl in Lucina,
DES CAHDINAUX.
évlque d'Ostie, doyeo du sacré collège, mourut on 1687.
ALBERCiHINt (Joseph), né à Bologne en 1770, fut fait cardinal en 1834, par Grégoire XVI. Il mourut en 1847.
ALBEHIC, moine et diacre du Mont-Cassin, puis cardinal, florissait vers l'an 1057. — Dans un synode tenu à Home, vers 1059, sous Grégoire VII, contre Bôrenger, il fut chargé de porter la parole contre cet hérétique, et il écrivit contre lui, dans l'espace d'une semaine, un Traité sur le corps de Jétus-Chrisi. Pierre Diacre, dans les nommes illustres du Mont-Cassin, cite ces autres ouvrages d 'Albéric : iÀb. dietaminum et sa~ lutationum ; Hymni in S. Nicolaum ; De musiea dialogue ; De virgmitate S. Maria ; Contra Htnric. imper, de electione R. ponlifUis; Hymni de Hascha, de Ascensione, de mie«, dédie judicii, de pœnis inferni, de gaudio paradtsi, de Âssumpt. B. Mariai, de S. Paulo, de S. Apollinare; Passio S. ModtstietS.Catarei, Vita S. Dominici abbatis, S. S<hs>lasticoï, et Uomilia in eamdem; De die mortis ;De monaehis ; De astronomia ; De dto- /eeiice, et quantité de lettres. Marus dit que tous les ouvrages raanuscritsd'Albéricsont, à Florence, dans la bibliothèque desFrères Mineurs de la Sainte-Croix. La Vie de saint Dominique est dans le deuxième volume du mois de janvier, p. 442, du recueil de Rolland, qui confond Albéric, cardinal, avec un autre Albéric, moine du Mont-Cassin, qui vivait vers 1123, et qui a composé un livre de révélations. {Voy. Pet*. Diacoo., De tir. iilustr. Couinent., 21.)
ALBEHIC, né au diocèse de Beauvais, prit l'habit de religieux a Clunj, devint prieur lie Sainf-Afarlin des Champs, à Paris, et, vers 1124, abbé de Vézelay, près d'Aval Ion en Bourgogne. — Le Pape Innocent II le créa cardinal-évéque d'Ostie en 1 138, et l'envoya, comme légat, en Angleterre, où Albéric assembla un concile ï Londres le 13 déct mbre de la même année 1138. A son retour, il fut encore légat en Sicile, puis en Orient. Le Pape Eugène III l'envoya avec le même titre en France contre l'hérétique Henri. Albéric mourut en 1147.
ALBEKON1 (Jules), 01s d'un jardinier, naquit en 16G4 dans un village du duché de Parme. — La rapidité de sa fortune devait exciter l'envie, et donner carrière à l'imagioationde quelques biographes. Nous lâcherous seulement d'être vrai. Il était chanoine do Parme, lorsqu'on 1702 il accompagna le comte de Roncoveri, que le duc de Parme avait choisi pour son agent auprès du duc de Vendôme, qui commandait les troupes françaises en Lombardie. C'est dans cette occasion qu'il (ut connu de ce prince, qui Je goûta si bien, qu'il lui accorda toute sa confiance. La faveur doul il jouissait auprès du duc de Vendôme engagea le duc de Parme a l'accréditer en qualité de son agent auprès du générai, A la place de Boncovéri. Il exerça ces fonctions jusqu'en 1706, que Vendôme fut rappelé d'Italie pour aller pren- Jro le commandement de l'armée en Flau-
dre. Il suivit en France ce prince qui lui obtint une pension de Louis XIV. Depuis le duc de Vendôme étant passé, en 1709, en Espagne, pour aller se mettre a la tête des armées de France et d'Espagne, il l'y accompagna , et fut chargé par le duc de parcourir plusieurs provinces de la Péninsule, pour étudier la disposition des esprits, et pour raffermir ceux des Espagnols qui pouvaient chanceler dans leur fidélité. Il s'acquitta de cette mission délicate à la satisfaction du duc , qui le produisit à la cour de Madrid , en le chargeant de divers messages, qui le Grent connaître du roi Philippe V. Le duc de Vendôme, qui mourut dans ses bras en 1712, lu laissa dépositaire de ses dernières volontés. Il partit donc pour la France, et y rendit compte au roi de l'état où le duc de Vendôme avait laissé les affaires. Pendant qu'il élait encore à Paris, le duc de Parme le nomma son envoyé extraordinaire à la cour d'Espagne, ou il retourna en 1713. La princesse des Ursins, cette intrigante célèbre, gouvernait alors le faible Philippe V et l'Espagne. Mais Albéroni s'insinua si bien dans les bonnes grâces du roi, qu'il conçut le hardi projet de négocier son mariage avec Elisabeth Farnèse, héritière de Parme, pensant bien qu'appuyé par la nouvelle reine, qui lui devrait une si belle couronne, il lui serait facile de supplanter la favorite, et de gouverner l'Espagne 4 sa place. Ses mesures furent si bien prises, que la princesse des Ursins, elle-même, n'apprit qu avec toute l'Espagne un mariage qui allait la précipiter. Albéroni n'eut pas de peine à exciter la jalousie de la nouvelle reine contre la favorite, qu'il Ht exiler, et exiler' avec une brutalité inouïe. Il devint dès lors l'homme nécessaire du roi et de la reine. Cette princesse faisait solliciter pour lui a Rome un chapeau de cardinal, et ses vives instances fdrent enfin écoutées. Clément XI le créa cardinal en 1717. Il fit de lui un magnifique éloge en cette occasion, et avoua que c'était à son zèle quo le Saint-Siège devait d'avoir terminé le différend survenu entre les cours de Rome et de Madrid, au sujet des privilèges de la nonciature; le secours de douzo vaisseaux envoyés par l'Espagne aux Vénitiens contre les Turcs, et plusieurs autres importants services rendus à l'Eglise, étaient également son ouvrage. La nouvelle de sa promotion étant arrivée à Madrid, le roi catholique le fit grand d'Espagne, et le déclara premier ministre. Il lui ensuite nommé évèquo de Malaga, puis archevêque de Séville. Cependant Albéroni entreprenait de rendre h l'Espagne son ancien éclat. Doué d'une activité infatigable, de grands talents administratifs, il réformait les abus, rétablissait l'autorité du roi, organisait l'armée espagnole sur le pied de l'armée française, faisait construire des vaisseaux, travailler aux places de guerre et aux ports, dont les ouvriers étaient exactement payés. Occupé des plans les plus vastes, il voulait faire
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entrer l'Espagne dans une ère de régénération, et ne tendait à rien moins que de reconquérir tentes lus anciennes possessions espagnoles. S'étudiont, par tous les moyens, a donner le change aux puissances de l'Europe sur l'objet de ses armements, il tenta d'abord, par des négociations secrètes arec les princes d'Italie, h détruire, dans celte contrée, la puissance de la maison d'Autriche; mais, traversé par le duc d'Orléans, qui gouvernait alors in France pendant la minorité de Louis XV, et qui lui-même était gouverné par Dubois qu'avait gagné l'Angleterre, il vit la France s'unir a celle puissance contre l'Espagne. La triple alliance sourdement préparée entre I Angleterre, la France et la Hollande, ne le détourna pas de son but. Il se contenta do couvrir ses projets d'un voile impénétrable, et de chercher les moyens de se venger. Bientôt il lève le masque, attaque les Impériaux, leur enlève la Sardaigne, fait une descente en Sicile. Mais la flotte espagnolo est attaquée et détruite dans la Méditerranée par uue escadre anglaise. Albéroni n'est pas abattu par ce désastre : il n'en travaille qu'avec plus d'ardeur a de nouveaux armements de terre et de mer, sans s'effrayer d'avoir à futler seul contre trois des grandes puissances de l'Europe. Ses plans, concertés aven son secret accoutumé, tendent dès lors à opposer coalition à coalition, et à unir l'Espagne avec la Suède, la Russie et la Turquie. H travaillait a rapprocher Charles XII et Pierre le Grand; il envoyait le prince Ragotski pour exciter un soulèvement en Hongrie avec l'aide des Turcs. EttGn, Cellamare et ses complices qui, en France, voulaient arrêter le duc d'Orléans, et déférer la régence au roi d'Espagne , n'attendaient plus qu'un signal d'Albéroni, lorsque le secret du complot fui révélé au régent. Celui-ci s'unit dès lors plus intimement encore avec l'Angleterre, et déclara la guerre a l'Espagne, en exposant, dans un manifeste adressé à l'Europe, les intrigues d'Albéroni. Le cardinal ne s'émut point de ces attaques personnelles, comme il ne l'avait point été de la mort inopinée de Charles XII, laquelle lui avait lait perdre l'espérance d'une utile diversion. Déterminé à poursuivre la lutte, il brava la' quadruple alliance, car l'empereur y avait accédé; et il suivit avec résolution le projet de détrôner Georges 1", de rétablir les Sluarts en Angleterre, et d'exciter en France la guerre civile. Cependant une armée française envahissait I Espagne. Philippe V était abattu par tant de revers. Albéroni fit des propositions de paix. Son renvoi était la première condition imposée par les belligérants. Le régent parvint à faire gagner la reine qui, voulant enûn prendre quelque ascendant sur l'esprit du roi, sacrilia son ministre. Le 5 décembro 1719, il reçut par un secrétaire d'Etat un décret, écrit de la main du roi, décret qui lui faisait défense de paraître au palais, ou ailleurs, devant Leurs Majesté», avec ordre do sortir de Ma-
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drid sous huit jours, et des terres de la domination espagnole avant trois semaines. Le roi ajoutait qu'il avait pris cette résolution pour lever tout obstacle à la paix. Livré, par l'ingratitude de ses maîtres et par la politique, à la haine que lui avaient vouée les principales puissances de l'Europe, Albéroni ne savait où aller reposer sa tête. Rome même, le refuge ordinaire des grandeurs déchues , n'était pas pour lui un asile assuré. Le cardinal obéit è l'ordro qu'il avait reçu, et partit de Madrid le 12 décembre pour se retirer en Italie par la voie de la France. Toutefois fa cour d'Espagne fit prier celle de France de vouloir bien accorder des passe-ports au cardinal, et de lui en procurer aussi de la part des alliés de la France; ce qui lui fut accordé. Lo chevalier de Marcien fut même chargé d'aller le recevoir sur la frontière, et de l'accompagner dans son passage par la France. Il arriva h' 9 janvier 1720, au soir, à Montpellier, d'où il partit le lendemain pour continuer sa roule jusqu'à Amibes, où il s'embarqua pour se rendre è Sestri di Levante, dans le territoire de Gênes ; il avait résolu d'y fixer son séjour. Le 24 février le doge de Gênes recevait du Pape une lettre où il était prié de s'assurer de la personne d'Albéroni. Ce dernier fut bientôt gardé à vue, avec défense de parler ou d'écrire à personne. Ou publia alors qu'il allait être conduit au château Saint-Auge, pour y être jugé sur les prétendues intelligences qu'on l'accusaitd'avoirenlrelenues avec les Turc». Déjà l'ambassadeur impérial à Rome, s'élaut rendu è l'audience du Pape en 1717, pour se plaindre de l'invasion de la Sardaigne, avait accusé le cardinal d'avoir négocié une alliance avec la Porle-Oitomane. Toutefois le grand conseil de la république deGênes, s'élant assemblé pour délibérer sur la détention d'Albéroni, improuva la conduite du doge, alléguant qu'elle élait contraire à la bonne foi et aux lois de l'hospitalité, puisque ce cardinal était venu à Sestri di Levante sur uue galère de la république, qu'il avait demandée, et qui lui avait été envoyée. Il fut donc rois en liberté. Après la mort de Clément XI, le cardinal Albéroni, à qui les cardinaux écrivirent une lettre d'invitation de se trouver au conclave, su rendit à Rome. Il y fit son entrée le 7 avril 1721, au soir, au milieu d'un concours prodigieux de peuple, qui était sorti hors de la ville pour le voir, et le lendemain il entra au conclave où fut élu Innocent XIII. La nouveau Pape désigna plusieurs cardinaux >our examiner l'affaire d'Albéroni, et pour ui faire son procès, s'il y avait lieu ; mais, après un long examen, les cardiuaux commissaires le condamnèrent à demeurer dans un couvent pendaul quatre années, que le Pape réduisit à uue seule. H n'avait été trouvé coupable que de quelques irrégularités. 11 se relira cnez les Jésuites de Rome. Enfin, dans un consistoire secret du 20 décembre 1723, le Pape déclara qu'après examen de l'affaire du cardinal Albéroni,
il avait rendu on bref qui le renvoyait absous; et ce bref Tut généralement applaudi. Rétabli dans ses dignités, Albéroni reparut de nouveau sur la scène politique. Nommé, en 1738, légat du Saint-Siège dans la Komagtie, il y noria celte turbulence a laquelle il avait dû sa fortune et ses malheurs. C'est peudant cette légation qu'il conçut le dessein de réunir aux Etals pontificaux la petite république de Saint-Marin, qui y est enclavé*. Mais cette entreprise, commeucée sous d'heureux auspices, ne réussit pas mieux que tous les projets gigantesques qui avaient occupé Albéroni pendant sa puissance ; cette entreprise faisait dire à Benoît XIV: ■ Albéroni ressemble a un gourmand qui, après avoir bien dîné, aurait envi*e d un morceau de pain bis. » Eu 1732, il voulut revoir le lieu de sa naissance, et y fonder un séminaire pour des écoliers sans fortune. L'infant duc de Parme et la duchesse douairière lui firent un accueil gracieux, et le traitèrent avec distinction. Il mourut en 1752, a l'âge de quatre-vingt-sept ans, arpe la réputation d'un ministre aussi ambitieux que Richelieu, aussi souple que hîazsrin; mais plus imprévoyant, moins habile et moins profond que l'un ou l'autre. Toutefois, ajoute la Biographie Michaud, si l'on considère qu'en si peu de temps il rendit h la monarchie espagnole une partie de son ancienne splendeur; qu'au milieu des préoccupations de tant do vastes projets, son génie, qui s'étendit à tout, établit des règlements favorables à l'agriculture et au commerce; qu'il mit tout en œuvre pour Caire sortir les Espagnols de leur torpeur, pour leur inspirer I activité et l'amour du travail, tandis qu'il s'efforçait au dehors de rétablir leur ancienne réputation de bravoure; on conviendra qu'il fut un habile organisateur, et que, pour être placé a côté des Ximénès et des Richelieu, il ne lui manqua que le succès, qui justifie tout; et le succès est dans Tes mains de la Providence, plutôt que dans les combinaisons du génie. Les hommes ne sont que les instruments aveugles de Dieu. Pour nous résumer, les uns ont exalté Albéroni outre mesure, d'autres n'ont vu en lui qu'un brouillon. (En 1719 parut une histoire d'AIberoni, sous ce titre : Histoire du cardinal Albéroni, député ta naissance jusqu'à 1719; par J. Rousset, traduite de l'Espagnol, Lukaye. — Le Testament politique, publié sous •on nom, après sa mort, est de Moubert de Gouverl.)
ALBERT, de Louvain, frère de Henri, duc de Lorraine, lut élu évéque de Liège, en 1191.— Son élection fut confirmée par le Pape Oéleslin 111. malgré l'opposition de Baudouin, comte de Hainaut, et celle de l'empereur Henri VI. Albert, s'élant rendu ii Rome, se présenta au Pape oui, après avoir confirmé son élection, le lit cardinal en 1192, et écrivit, en faveur de ce prélat» à plusieurs princes de l'Europe. L'empereur avait nommé a l'évêcbé de Liège, Loiluire, prévôt de l'Eglise de Bonn; et AI-
bertqui avait été ordonné prêtre, et sacré évéque au retour de Rome, se réfugia en France, espérant apaiser, par son absence, la colère de l'empereur. Mais Lothaire, du consentement de ce prince, envoya a Reims trois Allemands qui assassinèrent Albert, en le perçant de treixe coups d'épée, 1193.
ALBERT II, fils de Jean, dit le Grand, électeur de Brandebourg et frère de Joachim, naquit en H90, et très-jeune encore, fut fait chanoine de Mayenco et de Trêves. — En 1513, il fut élu archevêque de Magdebourg et administrateur d'Halbersladt ; Tannée suivante il fut élu archevêque de Mayence par le chapitre, mais avec celte condition qu'il payerait de ses deniers les frais du pallium, parce que la bourse du chapitre était épuisée, après avoir eu à supporter la même dépense trois fois en peu de temps. Léon X approuva celte noluinatioo, quoique la réunion de deux archevêchés sur une même tèle fût sans exempte en Allemagne et contraire aux canons. Ce même Pape donna à Albert le droit d'accorder des indulgences. Le Dominicain Telzel, qui fut chargé de ce soin, rencontra une vive opposition dans Luther. En vain Albert écrivit au fougueux réformateur pour tâcher de le gagner. La Réforme faisait des progrès en Allemagne, et le« efforts du verlueux prélat, pour préserver son troupeau, n'eurent pas tout le succès qu'il désirait. Zélé défenseur du catholicisme, il se vil cependant obligé d'accorder aux habitants de Magdcbnurg et d'Halbersladl le libre exercice de leur nouveau culte. Aimant la paix, il aurait voulu conserver dans le sein de l'Eglise ceux qui s'en séparaient. Le prélat s'acquittait consciencieusement de ses devoirs, il tenait à l'embellissement des églises, et répétait souvent: Domine, dilexi décor em domus tuce. (Psal. xxv, 8.) Léon X lui avait fait donner le chapeau de cardinal, en 1518, par les cardinaux do Curco et Cajelan, légats en Allemagne. Albert élail instruit et éloquent; il aimait les lettres et ceux qui les cultivaient. Ceux-ci ne furent point ingrats, et le payèrent de retour, notamment Erasme et Ulrich de Hutten. En 1506 il avait fondé, aveu son frère Joachim, l'université de Francfort sur l'Oder, et il avait dessein de fonder un pareil établissement à Halle ; il en avait obtenu, 1531, des privilèges du Clément VII; mais les troubles qui agitèrent alors l'Allemagne empêchèrent l'exécution de ce projet. Il ost le premier dus
Îirinces allemands qui reçut et protégea les ésuites, dont Ignace de Loyola venait d» fonder Pinslilul. Il mourut à Mayence, eu 1545. — (Voy. Bhandepourg.)
ALBERT (Jkan), Polonais, archevêque d»
Cracovie , créé cardinal, en 1632, par lo Pape Urbain VIII, mourut en 1631t.
ALBERT1 (Aiidouin), natif du Limousin, et neveu du Pape Innocent VI, qui occu. pail le trône pouliucal en 1352, était savant dans les lettres, l'histoire ecclésiastique et dans la jurisprudence civilo et cu-
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non i que. — Il fut élevé, en 1349, sur le siège épîscopal de l'Eglise de Paris, en 1350 sur celui d'Auxerre, et en 1352 sur celui de Mnguelone, qui, depuis, a été transféré à Montpellier. Le Pape Innocent Yl le lit cardinal, en 1353, et le mil en état de protéger les hommes de mérite, et surtout les gens de lettres, dont il aimait à s'entourer. Ce cardinal opta pour l'évéché d'Ostie, et, après la mort d'Innocent VI, arrivée en septembre 1362, il sacra Urbain V, qu'on venait d'élever sur le trône ponliûcal. line survécut pas longlemps a son oncle, raril mourut le 9 mai 1363. Il fut inhumé, comme lui, dans l'église de la Charlreuse de Villeneuve lès Avignon, où il ordonna nu'on lui mit cette épitaphe : Lapide sub hoc tnodico jacent omnia viicera dieti Os~ tientis Audoini dum tivebam in vita mea. Ce cardinal fit beaucoup de bien à la Chartreuse de Villeneuve, fondée par Innocent VI , et, si l'on en croit Victorel, c'est lui aussi qui fonda l'hôpital de la même ville d'Avignon, lequel se voit près de la pointe du pont du Rhône. En mourant, i) fit divers legs pieux, et fonda un anniversaire dans les Eglises de Paris et d'Auxerre. Ayant considéré que beaucoup de jeunes gens, nés avec beaucoup de dispositions, demeuraient inutiles à I Eglise et à l'Etat, faute de moyens pour étudier, il voulut contribuer à l'avancement des écoliers sans fortune. Pour cela il fonda, dans l'Université de Toulouse, un collège auquel il laissa tous ses biens, et où l'on entretenait un certain nombre de jeunes gens étudiant les humanités, la philosophie et les arts libéraux; (Toy. Bosquet, in ViCa Innocent. VI;— Catbl, Mémoir. de Languedoc, li v. n;— Cucoyius;— Victorel, \n Innocent. VI;— Gariel, Deepiscop.Magal.; — Fmzox, Gall.purp.;— Saintb- M artbe , G ail. Christ.; — Aubbry, Uist. des cardinaux.)
ALBERTI fETiBNEEj.né èn Limousin, était petit-neveu du Pape Innocent VI, qui prit grand soin de le faire élever dans la science et dans la piété, lui donna l'évéché deCarcassonne, et ensuite le créa cardinal-diacre, du titre de Sainte-Marie in Aquiro, on 1361. Après la mort d'Innocent Vl, le Pape Urbain VIII, qui faisait grand cas du cardinal, l'emmena, 1367, en Italie. L'année d'après, il le fit prêtre aux Quatre-Temps de sej>tembre, et lui changea son titre de Sainte- Marie m Vautra en celui de Saint-Laurent i» Lucina. Il mourut le 28 septembre 13G9 à Viteibeoù il fut inhumé dons l'église cathédrale. (Voy. Onuphre, in Innocent. VI et Vrbano V; — Bosquet, in Vita Innocent. VI ;
— Frizon, Gall. pur p.; — Samte-Martue , Gatt. Christ. ; — Ai>bbry,Jïi«I. des cardinaux.)
ALBEKTiNI (Nicolas), né, vers 1250, à Pralo, en Toscane, entra jeune encore dans l'ordre de Saint-Dominique, et prit le bonnet de docteur dans l'Université de Paris.
— Ou le vit successivement professeur de théologie dans différentes chuires, provincial dans son pays, et procureur général do *on ordre. 11 exerçait cette dernière cliarg»,
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quand Boniface VU! lui donna, 1999, l'évéché de Spolèle, avec l'emploi de vice-gérant dans la ville de Rome. Quelque temps après, envoyé par le même Pape, en qualité de nonce, auprès des rois de France et d'Angleterre, il sut gagner les bonnes grâces de run et de l'autre prince et rétablir entre eux la bonne intelligence. Le Pape Benoit XI, qui le connaissait particulièrement , le fit, en 1309, cardinal et évêque d'Oslie, puis son légat n latere en Toscane, pour y apaiser les troubles. Mais, comme les Gueiphes y étaient les maîtres alors , le cardinal, qui était d'une famille gibeline, ne put se faire écouler; il fut môme obligé de se retirer précipitamment à Pôrouse, sur l'avis qu il reçut que sa vie était en danger. L'Insuccès de celle légalîor ne lui fit rien perdre de son crédit. C'est lui qui, après la mort do Benoit XI, concilia les esprits des cardinaux, dont les uns étaient attachés i la mémoire de Bonifiée VIII, et les autres gagnés éu roi Philippe le Bel; c'est lui qui, de concert avec ce prince, les porta à élire Clément V. C'est lui eusuile qui tira adroitement ce Pontife des engagements qu'il avait pris avec le roi, sans choquer celui-ci. Il eut aussi beaucoup de parti l'électron de Jean XXII, et il fut l'Ame de ce Pontife, tant qu'il vécut, de même qu'il l'avait été de sou prédécesseur. Les grandes attires oui lui furent confiées par les Papes, ne lui firent poinl oublier les obligerons qu'il avait a l'Ordre de Saint-Dominique; il le combla de biens, fit rebâtir quelques-uns de ses couvents qui étaient eu mauvais état; et il voulut être enterré dans celui d'Avignon. Il mourut le i"mars 1321. Avant su mort, il avait fait distribuer tous. tes effets aux pauvres, qui furent toujours ses enfants d'adoption. Il avait composé un Traité du paradis, et un autre sur la manière de procéder à l'élection des Papes ; mais ils n'ont pas été imprimés, pas plus que les actes de ses légations, qui devaient être fort curieus, {Voy. EonkRQ, De script or ib. ord. Prcedic.)
ALBKHT1S ou ALBERT DE ALBERTI A, né è Florence, et originaire d'Arezzo, fut d'abord chanoine dans l'église de Florence, puis nommé, par le Pape Eugène IV, évêque de Camerino dans la Marche d'Ancône, enfin cardinal en 1439. — Eugène IV l'employa en diverses négociations importantes, et l'envoya, en qualité de légal, dans le royaume de Naples, ou il mourut dans le monastère de Grolta-Ferrata, le 11 août 1W5. Une partie de son corps fut portée a Rome, et fut inhumée dans l'église de Saint-Jean de La- Iran. L'autre repose dans celle de Sainte- Croix de Florence, où les seigneurs Albertis lui ont élevé, en 1573, un nouveau tombeau. Mais ils se sout assurément trompés en lui attribuant, dans son épitaphe, l'honneur d'avoir commandé l'année navale des princes chrétiens ligués contre les Turcs. {Voy. Blosdus, Ilist., dec. 3, Lu; — Saint Antonin, lit. 22, e. !0 ;— lTGUEi.u,//a/. sacr.i — AlfiERY, H lit. des cardinaux.)
DU TIONNAlKh.
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