‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 235 sur 457 · JOT · texte numérisé non relu

JOT

JLL

nu

lionnes au repos de cet Elat; quand, pour s'acquitter d'une dévotion qu'il avait eue depuis longtemps à la Vierge qui est honorée a Moulferrat, il y alla rendre ses vœux, et après le don de son cœur qu'il appendit h ses autels, il Ut présent è ceux qui servaient la chapelle de deux mille livres pour y foire chanter tous les jours les Litanies de la Vierge à son honneur. Ce fut par ce voyage de dévotion qu'il prépara son esprit au grand voyage de l'éternité; car incontinent après son retour il sentit des faiblesses et des défaillances en sa nature qui baillèrent les dernières assignations è l'espérance que sa bonne vie passée lui donnait d'une meilleure et plus heureuse. 11 s'arrêta en Avignon où il fut logé dans le superbe palais «les Papes, et où, dans les lenteurs de la fièvre?qui minait insensiblement ses forces, il dressa son esprit par le loisir qu'il prit de »e préparer a celte heure importante qui fait la crise du salut ou de la j>erte totale des hommes, à mourir constamment et tranquillement comme il avait vécu de même, gardant toutes ses vertus jusqu'à son trépas comme un soleil qui est suivi de ses clartés jusqu'à son couchant.

> La libérale disposition et le partage qu'il fit de ses biens temporels avant que de mourir, témoigna la part que sa confiance lui donnait a la succession des richesses étemelles où l'appelait celui qui lui inspirait de si saintes intentions, car il distribua plus de deux cent mille écus en bonnes œuvres et en legs pics; envoya six mille écus a sa chapelle de Notre-Dame de Lorelte, pour recommander ses dernières nécessités à la tutrice de son salut ; laissa qua tre mille écus pour être employés è faire des prières et à dire des Messes pour son âme, et par elles payer les restes des dettes de&a vie qui pouvaient le tenir obligé & la justice de Dieu; dota huit chanoines en l'église principale du duché de Joyeuse; fonda un monastère des ermites de Saint-Basile en une lie auprès de Narbonne, et une résidence des Pères Jésuites è Pooloise, è laquelle encore il laissa avec son corps sa bibliothèque et sa chapelle, et six mille écus ivec son cœur au collège d'Avignon, où il mourut, consacrant aux siècles à venir sa mémoire par sa piété, et jetant les semences de son éternité daus le mérite de ses bienbits.

• Il fit une mort extrêmement réglée et cooqioséeen toutes ses circonstances jusqu'à '• perfection, et il sembla que comme les oiseaux qui chantent avec plus de! douceur Pendant la; fin de leur vie, il avait montré des sentiments de dévotion plus tendres approchant la fin do la sienne. Ainsi, après •être muni chrétiennement des sacrements l'Eglise, dit les derniers adieux à ses do- "••sliquei et donné la bénédiction comme il *n avait requis è tous les assistants, il pria c«liii qui l'assistait a bien mourir qu'on ne '«uireitnl plus que de discours de sa fin et ^l'objet de ses espérances, pour mieux profite ces derniers moments, qui sont de (elle

importance que l'éternité ne dépend que d'eux. On le vit souvent la bouche attachée aux pieds d'un crucifix, versant son cœur attendri par ses yeux sur cet autel sanglant des miséricordes de son Rédempteur. On lui ouït quelquefois prononcer d'affection : Que me gardez -vous. Seigneur, dant le ciel, et qu'est - ce que j'ai recherché de voue sur la terre? (Ptal. lxxv, 9.) El quand il sentait plus vivement son mal : Augmentez , Seigneur ma peine et augmentez ma patience. Et ainsi scellant sa bouche de la recommandation ordinaire de son âme et du nom adorable de son Sauveur, il lui rendit son e.«prit en paix le 23 du mois d'août de l'année 1615, de son âge la cinquante-sixième. (Voy. Robert, France chrétienne; — Gauthier, Chronolog.) a

JUGIE (Guillaume de la), né en Limousin, était fils d'une sœur du Pape Clément VI qui le (il cardinal en 1342. — Innocent VI, successeur de Clément, l'envoya , avec le titre de légat, en Espagne, pour ramener à de meilleurs sentiments don Pedro, roi de Caslille, qui maltraitait la reine Blanche de Bourbon, sa femme. La Jugie ne réussit pas dans sa légation et mourut à Avignon, le 28 avril 137fc. [Voy. Bosquet, in Innocente VI.)

JUGIE (Pipibre de laj, frère puîné du précédent, et ué comme lui, en Limousin, était en 13b&, religieux de la congrégation de Cluny, puis archevftque de Saragossu , en Espagne, et, en 1347, de Narbonne. — Le roi Charles V, dit le Sage, l'envoya a Avignon auprès du Pape Urbain VI, qui devait régler les différends existant enlre ce monarque H le roi de Navarre. Pierre de la Jugie, transféré, en 1375, è l'archevêché de Rouen, fut h la fin delà môme année promu au cardinalat par le Pape Grégoire il, son cousin germain. Il suivil ce Pontife en Italie, et mourut è Pise le 21 novembre 1376. (Voy. Bosquet, in Gregor. XI.)

JUGIE (Marin de la), né à Amalfi, dans lu royaume de Naples, s'avança à la cour do Rome, et devint un des premiers camériers d'Urbain VI. — Ce Pontife lui donna l'archevêché de Tarenle, et l'envoya comme nonce en Hongrie, pour y solliciter le roi Louis à prendre les armes contre Jeanne, reine de Naples. La Jugie servit ardemment le dessein du Pape, et, en récompense, obtint le cardinalat eu 1381. Urbain employa encore en d'autres légations ce cardinal qui lui rendit de bons services ; cependant, suivant quelques historiens, la Jugie aurait été du nombre des prélats que ce Pontife fil prendre à Lucéria, et exécuter à Gênes. {Voy. Thierri dbNibm; — Ciacorius; — Sainte-Marthe; — Frixon; — Albert; — Onlphrb, ou plutôt Pauvinio.)

JULES II (Julien de la ROVÈRE), né au bourg d'Abiral, près de Savoue, d'une famille obscure, élait neveu du Pape Sixte IV. Un de ses frères, Barthélémy, fut religieux de Saint-François, puis évôque do Ferrare, et patriarche J'Antioche; un autre, Jean de la Rovère, était préfet de Rome, prince do

4115 KAU DICTK

Sera et JeSinigaglia. Quant h Julien, il eut l'évôché de Carpenlras, et il fut fait, en 1471, cardinal par Sixte IV, et évêque d'Albano fit d'Ostie. Sous lo pontificat de son oncle, il fut encore pourvu de J'évêché de Bologne, et de celui d'Avignon, érigé en archevêché, etc., et il avait eu le commandement des troupes ecclésiastiques pour soumettre quelques cantons de l'Ombrie révoltés : emploi qui était bien dans son génie. En 1480 il vint en France comme légat, fut ensuite chef de parti dans quatre conclaves et fut porté sur le Sainl-Siége, après Pie III, le 31 octobre 1503. (Voy. le Dict. det Papts.)

JULES III, Jean-Marie GIOCCHI, cardinal du titre de Saint-Vital, évéqne de Palestine, était neveu du cardinal d< l Monte, et fils de Vinrent, né à Mente <1i Sansovino, dans le diocèse d'Arezzo. — Il fit de bonnes études , devint archevêque de Siponte, fut employé dans les affaires du Saint-Siège, et eni l'administration de divers évêchés. En 153G, il fut élevé au cardinalat par Paul III. C'était un esprit ferme et intrépide. Le Pontife, qui lui avait confié les légations de la Lombardie et de la Roroagne, lui donna encore celle de Bologne, et le nomma président du concile qui devait se tenir dans cette ville. Il s'y montra en opposition aux ambassadeurs de l'empereur Chartes-Quint, et succéda au môme Paul III le 8 février 1550, après une vacance du siège de plus de deux mois. Le cardinal anglais Polus était celui qui avait le plus de chances d'être élu ; mais le cardinal- Farnèse, neveu de Paul III, décida l'élection en faveur de Jules III. (Voy. le Met. de$ Papes.)

JULES, nommé en 1144, prêlre-cardinal du titre de Saint-Marcel, par le Pape Cèlestin II, puis évêque de Palestrine, légat en Sicile et en Hongrie, mourut en 1165.

JULES COSSA, Romain, fut créé, en 1385, par le Pape Urbain VI, prêtre-cardinal du titre de Sainte-Marie au delà du Tibre.

JULIANI (Jean-Pibrre), Portugais, archevêque de Braga, créé, en 1271, par le Pane Grégoire X, cardinal-évêquede Frascali, fut Pape sous le nom de Jean XXI.

JULIEN DOBLA, ou de Loba, Espagnol, fut créé prêtre-cardinal du titre de Saint- Clément, en 1409, par Benoît XIII, antipape de 1394 à 1424, ut qui créa 24 cardinaux en 5 promotions.

JULIEN CESARINI, Romain, évêqued'Ascoli, fait, en 1493, parle Pape Alexandre VI, diacre-cardinal du titre de Saint-Serge et de Saint-Bacche, puis de Saint-Ange, mourut en 1510.

NAIRE KIL >m

JUSTINIANI (Vincent), de ntlustrefntnille vénitienne de ce nom, dont une branrfw $V. tahlit à Chio, naquit dans celte île le 27 mût 1519. — Entré dans l'ordre de Saint-Dnminique.it alla faireses études h Gênes, d'où Etienne Usnsmaris, général de l'ordre, l'emmena avec lui à Rome. — Ses talents, la sagesse qu'il montra dans les emplois qui lui furent confiés, le firent élire général le 28 mai 1559, bien qu'il n'eût que 38 ans. Après la visite des maisons de France, il se rendit au concile de Trente, auquel il prit part pendant les années 1562 et 1563, y soutint seul les privilèges des réguliers, et déploya une fermeté qui lui valut l'estime et la considéralion des Pères du concile. Il alla ensuite visiter les maisons d'Espagne, retint, en 1566, à Rome, pour y saluer Te nouveau Pontife Pie V, quiavaifété de son ordre ; et, en 1569, fut renvoyé par ce saint Pape dans la même Péninsule pour traiter avec le roi Philippe H, d'affaires importantes et secrètes. Il y était encore lorsqu'il apprit qu'il avait été promu au cardinalat te 17 mai 1570. Revenu à Rome, il fut préfet de la congrégation de l'Index, et de celles des évêques et des réguliers, protecteur de l'ordre tie Vallombreuse, vice-prolecteur de son ordre, abbé de Saint-Cyr à Gênes, enfin employé dans toutes les affaires. Il n'était âgé oue de 63 ans, quand il mourut le 28 octobre 1582. C'est à lui qu'on doit l'édition des ouvres complètes de Saint -Thomas on dix sept volumes in-fol., Rome 1570. (Voy. EcHao., Script or et ordinis Prœdicatorum, 1. 1.)

JUSTINIANI (Benoît), né à Chio en 1551, sortit de celte lie après que les Turcs s'en furent rendus maîtres, et se relira en Italie, où il étudia à Padoue, à Gênes. Il alla ensuite a Rome, «ù, en 1586, il fut rerélude la pourpre par le Papo Sixte V. Il ewrça divers emplois sous les pontificats suivants ; il eut la légation de la Marche d'Ancôm», celle de Bologne de 1606 a. 1611, et pùbli* dans cette dernière ville des règlements lrè<judicieux. Le cardinal Justimani fui atwi protecteur de divers ordres religieux, et eut successivement les évêchés de Sabine, <J« Palestrine et de Porto. Il mourut le 27 mu* 1621. (Voy. UghbLli, Italia sacra ; — Micbact Giustiniani, Scritt. Ligur.; — Ciacosics; - Petramellarics ; — \ ictorel.)

JUSTINIANI {Horace), Génois, évêque de Montalte, puis de Nocera, créé, un 1645, p»f le Pape Innocent X* prêtre-cardinal du titre de Saint-Onuphre, grand-pénitencier, mourut en 1649.— Voy. Giustinuni.

KL

KAULIK iGborobs), né en 1787, à Tyrnau, archidiocèse de Grau, en Croatie, a été créé et proclamé cardinal-prêtre par Sa Sainteté Pie IX, dans le consistoire du 16 juin 1856.

KEMP. Voy. Jean.

KHUENBOURG ( Maximilibn - Gaudolf ,

comte de), Allomand , archevêque de Sa tibourg, fait cardinal , en 1681 , par leP'p* Innocent XI, mourut en 1687.

K1LEWARDEBI ou K4LWARDBY (Robert dk) entra dans l'ordre de Saini-Uoimnique vors 1230, après sou retour do P»"*»

Page 1