‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 234 sur 457 · JOT · texte numérisé non relu

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roi et aux vœux publics qui s'étaient accordas n«»ur le voir élevé è cette dignité.

m Et l'Affection comme l'estime du roi ne s'arrêtèrent pas là, après l'avoir associé à son ordre du Saint-Esprit et nommé a l'archevêché de Toulouse, vacant par la mort de l'archevêque Paul de Foix ; il l'envoya à Rome pour se façonner dans cette cour par ses propres expériences, à y soutenir, pour l'honneur de la France (ce qu'il fit depuis aven grande louange), la qualité de prime de l'Eglise et de ministre de l'Etat. El pour lui donner encore le moyen d'y rendre aux occasions, avec plus d'efficacité, les services qu'il attendait de sa prudence et de sa fidélité, il le déclara protecteur de France, voulant que, comme il ne manquait rien à sa vertu pour mérite, il ne manquât aussi rien a sa dignité pour agir.

c 11 sh trouva iè tout a propos à la cérémonie de la canonisation de saint Diego d'Alcala; en laquelle l'ambassadeur du roi d'Espagne, qui en faisait les frais, ayant entrepris, sur quelques considérations de l'action et du temps , d'emporter l'avantage du rang sur l'ambassadeur de France, contre le droit que la dignité de son mot- Ire et la possession ancienne lui ont acquis ; le cardinal de Joyeuse apporta une si rigoureuse résistance a cette entreprise, que nonobstant les artifices concertés et les poursuites échauffées de la faction ennemie, il conserva , eu la personne de l'ambassadeur de France, la prééminence de ce* lui qu'il représentait, comme du fils atné dé l'Eglise. La résolution où il vit quelque temps après le Pape Sixte V de faire éclater son courroux contre le roi Henri III, émut cette grand vigueur de courage et d'esprit, que notre cardinal avait témoignée en toutes les occasions où l'honneur do la France avait été attaqué, à lâcher d'adoucir par toutes voies le zèle irrité du Saint-Père, et d'arrêter, par de fortes représentations, la foudre qui branlait dans sa main. Hais, n'ayant pu être assez heureux pour détourner le coup, il céda au temps et fil place è la nécessité, sortant de Rome, et se retirant a Venise, avec la gloire d'avoir bien servi et d'avuir embrassé en une telle occasion les intérêts de son maître avec autant de courage que de soin.

« Etant depuis retourné en France, il alla séjourner quelques années en son archevêché de Toulouse, où l'ancienne affection et la dévotion de celle province envers la maison de Joyeuse, lui ayant acquis la première autorité dans les esprits, le faisaient regarder, non pas comme un homme, mais comme un auge du ciel qui habitait parmi eux. Mais comme il recherchait plus la solidité de la vertu, qui l'obligeait à de grands devoirs envers son Eglise, que la pompe drs démonstrations d'honneur et de respect qu'on lui témoignait, et qu'il aimait mieux combattre les vices que triompher des cœurs et de la bienveillance publique, il vaqua sérieusement a la correction des mœurs, tant du clergé quede l'état séculier; contribua

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largement son crédit a rétablissement des Capucins et des Jésuites en la ville de Toulouse; ft comme il n'était pas moins courageux quo bien intentionné, il vainquit pour Dieu tout l'intérêt et tout l'effort contraire des hommes.

« Durant le temps de son séjour h Toulouse il reçut la nouvelle de la mort do Sixte V, et après lui d'Urbain VII et ensuite de la création de Grégoire XIV, de laquelle il prit occasion d'aller revoir sa chère Rome et d'y concerter avec Sa Sainteté des moyens d'éteindre le feu des guerres civiles qui s'irritait tous les jours du carnage et du sang dont on l'arrosait. Il y fit lors tout ce que l'homme lo plus zélé pour le bien de sa patrie elle plus accrédité dans l'esprildu Saint- Père pouvait avancer en cette saison; et il laissa bien tant de preuves de ce qu'il valait en cette cour, qu'en étant sorti avec le congé du Pape Grégoire pour revenir en France, il le rappela du chemin comme se repentant d'avoir lâché un instrument très-utile qu'il devait conserver avec jalousie comme un bien public dont il lui était quasi aussi malaisé de se passer que de manquer d'avoir de bonnes intentions • t de grands desseins pour le repos du monde.

« Mais comme les grandes faveurs dans leur plus haute élévation branlent, et dans leur plus belle montre trompent ceux qui espéraient beaucoup d'elles, il eut le déplaisir de voir assez tôt les funérailles de ce grand Pape qui l'avait si particulièrement honoré de sa confidence et de son affection. Et après avoir donné son suffrage à l'élection du Pape Clément VIII, il se retira en France, dans la province de Languedoc, qui était alors un théâtre funeste de division et de guerre, où l'hérésie, en furieuse bacchante, maniait è tort et à travers les armes sanglantes de la rébellion; ce qui obligea lo duc de Joyeuse, frère du cardinal, et qui avait succédé à son père au gouvernement de la province, d'armer contre elle et de l'attaquer comme il fit en un combat auprès de Viliemur, auquel il fui vaincu, et en se retirant noyé au passage d'une rivière en un Age et un temps qui rendirent cet accident autant plein depiété qu'il semblait avoir éteint le nom et la gloire de cette famille, avec les plus chères espérances de la province.

* La nouvelle de celle mort ayant égalé les tristesses du cardinal a la grandeur do la perle que sa maison avait faite et do l'amour qu'il avait toujours eu pour un si bon frère, combla aussi de deuil, d'horreur et do confusion tous les états de ce pays, qui regrettaient dans cetlo vie si subitement éclipsée et eu son plus beau midi, leur cher, leur conducteur, leur tuteur et leur père. Et il arriva que le peuple de Toulouse ne pouvant résister à la violence de ce déplaisir, s'assembla luinulluouscmenl aux places publiques jusqu'au nombre do quatre ou cinq mille hommes, qui, comme emportés d'une passion forcenée, allèrent en foule cTïeic'ner les restes de leurs espérances dans le cuuvont dos Capucins, d'où ils attentèrent de ra-

Il II JOT DICTIONNAIRE JOT fm

vir ave* violence le P. Ange de Joyouse, • Il fui nommé légal el procureur du Pape auparavant le comte de Doucliage, pour lui Paul V pour porter sur les fonts de baptême faire prendre la conduite des affaires publi- avec Mme Eléonore, duchesse de Manques è la place de son frère défunt, avec me- loue, Mgr le dauphin» aujourd'hui roi de naces de mettre le feu au couvent si l'on France, a qui il donna le nom de Louis conn'acronlait leur demande; et eut-on bien do sacré par la sainteté de l'un de ses aleui, la peine de les faire retirer avec toutes les en présage de sa vertu future, et ce par ordre promesses qu'on leur lit de le faire passer, exprès du Saint -Père, en présence de de l'autorité du Saint-Père, en l'ordre de Mgr Maffée Barberin, lors nonce aposto- Malie pour satisfaire b leurs dé>irs. Cepeo- liquo, depuis souverain chef de l'Eglise. Il danl le cardinal h l'instance de la province fut encore parrain de Monsieur, frère unique «t de l'aveu du roi, ayant les rênes du gou- du roi, avec la reine Marguerite de Valois, vernemeht politique, put bien adoucir par lui donnant le nom de Gaston pour Paversa bonne conduite la chaleur et le transport tir de la valeur que ce grand homme avait des esprits, mais non les regrets de la perte laissée à son imitation ; et pour la preuve la publique, qui furent sans consolation comme plus illustre de sa grande autorité, do la ils étaient sans remède. force de son esprit et de sa sagesse géné- « Depuis, comme tous les maux du monde reuse dans les affaires publiques, il fut enont leur cours et leurs bornes, c« royaume voyé ambassadeur extraordinaire pour la roi désolé ayant commencé à se relever de ses en Italio afin d'accommoder le grand «iiflFépiieuses ruines sous le règne de IJenri le rend d'entre le Pape Paul Y et la république Grand, qui pour lui redonner son ancien de Veuis**, duquel le roi Henri le Grand, lustre et pour le combler d'une félicité du- dans la jalousie de tous les grands princes rable.avait planté l'olivier delà paixau milieu et potentats de la chrétienté, avait été agréé pour son repos et ses lauriers toutè l'enlour des deux partis pour médiateur, a laquelle pour sa défense. Ce sage monarque jugea a négociation le cardinal de Joyeuse rapporla

Rropos d'envoyer le cardinal de Joyeuse a tout ce que l'esprit le plus adroit et le plus

ouïe ovecles autres cardinaux français pour délié pouvait inventer de moyens d'accom-

se trouver a la nouvelle création du Pape modement uour faire réussir heureusement,

Sue l'on conjecturait être assez prochaine, comme il fit, un accord extrêmement dilB»

es indispositions de celui qui tenait le cile, où il fallait ajuster l'autorité d'an parti

Siège. Il s y trouva, et dans la contestation avec la liberté du l'outre), qui étaient deui

des brigues les plus ardentes oui furent de- intérêts incompatibles et comme deux mé-

puis longtemps dans le conclave, on peut taux si éloignés de nature qu'il semblait n'j

dire que par un ménage très-accort des voix avoir point do mercure commun qui les pût

françaises il Ht la balance des suffrages et «Hier.

des factions opposées et la fil pencher du « Depuis son retour d'Italie, le bonheurde coté du cardinal de Médicis qui fut Léon XI, la France croissant avec la gloire d<? son m<>malgré l'effort du parti qui avait tra- narque, il reçut toutes sortes d'honneurs veillé a son exclusion. Il agit avec pareil et de signalées faveurs dans les emplois les succès b l'élection du Pape Paul V qui suivit plus illustres auprès de Sa Majesté; et en bientôt après, et fit toujours voir dans le l'auguste cérémonie du couronnement de la conclave que si le parti de France y était séréuissime reine Marie de Médicis, eélémoins fort et moins appuyé de suppôts, il brée parmi les triomphes de la joie publiavait su rendre la puissance et le nombro de que, en la convocation de tous les ordres ses contre-tenants inutiles par sa prudence, du royaume, il eut la charge de couronner «Sa protection ayant été recherchée do de sa moin celte grande princesse et d'andivers ordres religieux, il l'accorda aux or- imncera la France la fête solennelle de ses dros de Saint-Antoine du Viennois et des contentements qu'un domnable parricide Capucins. Il fut pourvu de l'archevêché do changea bientôt en deuil, et la pompe royale Rouen et reçut de la libéralité du roi et du que nous avions dressée a notre bonne for- Saint-Siège un nombre d'autres bénéfices tune aux funérailles de notre prince. Mais et avec eux de grands revenus qui ne furent Dieu qui prend plaisir à relever ceux qu'il jamais superflus à sa vertu. Il lit présent b a humiliés et qui fait ses plus éclatantes Notre-Dame de Lorette de douze mille merveilles des effets de sa miséricorde, livres, où son frère aiué, qui mourut glo- ayant soutenu comme par miracle le bilirieuseraent b la bataille de Cou lias, avait li- ment suspendu de cet Etal qui s'allait déiabéralement fondé un hôpital pour y recevoir cher par le désordre, depuis que la grande les pauvres prêtres de France pèlerins, et en colonne de son monarque avait défailli, et diverses autres occasions il Si si largement donné è la France un digne et légitime succouler ses dons sur les nécessités publiques cesseur de ce graud héros, qui fut l'amoor et privées, par des canaux d'ordinaire se- et la gloire de son temps, notre cardinal eut « rets, qu'il montra bien qu'il cherchait plu- encore l'honneur do présider aux cérémotùt de servir en bienfaisant que de faire pa- nies du sacre du nouveau roi et le bonheur rnilre ses bienfaits; bien éloigné de l'hu- de nous prédire la piété et la justice do son nieur de ceux qui ne font de dépense règne.

qu'autant qu'elle luit, cl qui no savent ap- «Il avait heureusement contribué I»

pliquer leur or qu'en l'étendant en lames et créance que sa vertu et ses grandes actions

en feuilles. lui avaient acquise sises soins les plus allée-

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