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Minerve, où l'on voit sa statue en marbra, avec sou éloge. (Voy. Carrera ;— Victorkll. — Petramellarius ; — Cgbelli ; — Albert, Bist. des cardinaux.)
ALDOBKANDINI ( Hippolttb ) , frère du précédent. Voy. Clemrnt VIII.
ALDOBRANDINI (Cintio), créé en 1593, par le Pape Clément VIII, son oncle, diacrecardinal du titre de Saint-Georges, puis de Sainf-Pierre ès Liens , mourut en 1610.
ALDOBRANDINI (Pierre), créé en 1593, par Ctément VIII , son oncle, diacre-cardinal du titre de Saint-Nicolas inCarcere, puis préfet do la signature de justice, camerlingue de la sainte Eglise, archevêque d* Rayonne, el évêque de Sabine, mourut en
ALDOBRANDINI (Sylvestre), Romain, créé en 1603, par le Pape Clément VIII, prêtre-cardinal du titre de Sainl-Césaire, mourut en 1612.
ALDOBRANDINI (Hippolvte). Romain, cr éé en 1 62 1 , pa r I e,Pa pe G r égoi r e X V , d i a c recardinal du titre de Sainte-Marie la Neuve, mourut en 1638.
ALDOBRANDINI (BaccioI, Florentin, fait en 1652, parle Pape Innocent X, prêtrecardinal du titre de Sainte Agnès, puis îles Saints Nérée et Achillée, mourut en 1665.
ALDOBRANDINI (Alexandre), né a Florence, en 1674, fut fait clerc de la chambre apostolique en mai 1706, déclaré nonce apostolique à Naples, le 1" août 1707. et sacré archevêque de Rhodes par le cardinal Paulucci, le 20 novembre suivant, dans la Basilique de Sainl-Jean de Latran. — Il exerçait la nonciature de Naples, lorsque, le 27 septembre 1712, il fut nommé à celle de Veuise. Il fil son entrée publique dans cette ville le 5 mai 1714, prit congé de la république le 16 septembre 1720, et partit de Venise le même jour pour se rendre enEspagno avec le même caractère. Il arriva à Madrid le 7 novembre de la même année, el eut le 9 suivant, à l'Escurial, sa première audience particulière du rot el de la reine. Il n'eut sa première audience publique quo le 8 novembre 1721, el le 11 du mémo mois il fit, en qualité de léeat, In fonction de suppléer les cérémonies (Tu baptême a l'infante d'Espagne. Le Pape Clément XII le créa et déclara cardinal le 2 octobre 1730, et le nomma légat de Ferrare le 11 décembre suivant. Le 26 du môme mois il reçut la barrette, a Séville, des mains du roi d'Espagne. Toutefois il ne partit de Séville que le 18 avril 1731, pour retourner à Rome, où il arriva le 2 juillet suivant. Il fit son entrée publique, par la porte du Peuple, le 15, el le 19 il reçut le chapeau dans un consistoire public. Le Pape fil la cérémonie de lui fermer la bouche, le 6 août, et le 3 septembre celle de la lui ouvrir; il lui assigna ensuito lo litre presbytérial des quatre saints couronnés , dont il prit bientôt possession solennelle. Il entra en même temps dans les congrégations des évêques et réguliers, do l'Immunité, de la Propagande et de la Consulte.
ALOROVANDI (Pompée), Bolonais, fut créé cardinal en 173i, par Clément XII, Pape de 1730 a 1740 , et qui créa trente* quatre cardinaux.
ALÉANDRE (Jbrômb), naquit à la Motlie. sur les confins du Frioul et de l'Istrie, pn 1480. — On dit que sa famille descendait des comtes de Landri. Son père, qui était médecin, l'éleva arec beaucoup de soin , et l'envoya étudier à Venise et à Porto-Naone, où, a l'âge de quinze ans, il enseigna les humanités et excita l'admiration. Le Pape Alexandre VI, instruit de son mérite, l'envoya en Hongrie en qualité de nonce ; mais, dans le voyage , il tomba malade; il fut obligé de retourner a Venise, qu'il avait précédemment habitée, et, sa maladie s'étant prolongée , de renoncer a sa mission. Il continua de s'instruire et d'instruire les autres; et, à peine Agé de vingtquatre ans, il était déjà regardé comme un des plus savants hommes de son temps. Il Joignait h la connaissance des langues savantes , de l'hébreu, du chaldéen et de l'arabe, celle des mathématiques et de la musique. Il se lia d'amitié avec Aide Manuce et avec Erasme, qui s'était rendu à Venise pour faire imprimer ses Adages. Aléandre lui avait été très-utile dans !a composition de cet ouvrage. Quoique, dans la suite, leur amitié se fût beaucoup refroidie, Erasme ne cessa point de rendre justice à ses grandes qualités et à son savoir. La répuiMion d'Aléandre franchit les monts; Louis XII l'appela en France, en 1508, pour protester les belles-lettres dans l'Université de Paris. Il y expliquait le malin les auteurs
Jjrecs, et, le soir, Cicéron : ses succès y tirent si éclatants, qu'il devint recteur de l'Université, mal gré les statuts qui excluaient les étrangers. La peste l'obligea de quitter relie capitale. Il alla enseigner à Orléans et à Blois. Etienne Poncber , évêque de Paris, l'ayant attiré auprès de lui, le donna a Everard de la Mark , évôque et prince de Liège, ui le Gl son chancelier, 4t lui conféra la ignilé de prévôt dans cette église. Ce même prélat l'engagea à faire un voyage à Rome, d'où le Pape Léon X, qui le retint à sod service, l'envoya nouée en Allemagne, 1519, et, quoique absent, le Qt bibliothécaire du Vatican , 1520, après la mort de Zenebio Accieioii. Aléandre parut dans sa nonciature avec éclat , soit par son rang de nonce, soit par son savoir et son éloquence, qui fui admirée dans la diète de Worms, où il parla trois heures de suite contre Luther. N'ayant pu empêcher que Luther fût entendu dans celte diète, il refusa de discuter contre lui. Il obtint que ses livres seraient brûlés, sa personne proscrite, et dressa même l'édit qui le condamnait. C'est alors qu'il se brouilla entièrement avec Erasme, qui soutenait de tout «on pouvoir et de tous ses talents la Réforme qu'Aléandre attaquait de tous les siens. Après la mort de Léon X, il se rendit en Espagne auprès d'Adrien d'Utrecht , qui venait <f être élu è la place de Léon X ; il l'accompagna en Ua-
lie, et reçut en récompense une pension de 500 ducats. Bientôt Clément VII lui donna l'archevêché de Brindes-, et le nomma son nonce auprès de François I". Aléandre alla trouver le roi dans son camp, près de Pnvie. La bataille se donna peu de jours après (24- février 1525) : il y accompagnait François I", en habits épiscopaux, se tenant toujours à cheval auprès de lui ; et, comme lui , il fut fait prisonnier : il fut remis en liberté le 2 mars , moyennant une rançon de 500 ducats. Après avoir fait un voyage à La Mothe, dans le Frioul , et à Venise , il se rendit à Rome. Il jr était quand cette ville fut saccagée par le parti des Colonne et par les Impériaux, le 20 septembre 1526; i] se relira au château Saint -Ange avec le Pape, et vit, en quelque sorte , piller et brûler sa maison sous ses yeux. Clément VU l'envoya encore, 1531 , en Allemagne , où, dans les villes catholiques , il vil , avec douleur, les peuples disposés à se retirer de l'obéissance au Pape , afin de s'enrichir des biens de l'Eglise. Aléandre fit tout ce qu'il put , mais sans succès , pour empêcher Charles-Quint de faire une trêve avec les princes luthériens. Il se rendit eosuito à Venise, d'où Paul III le rappela, 1536, pour l'honorer du chapeau de cardinal. Il fut encore nommé légat, pour présider au concile qui devait se tenir h Vicence, mais qui n'eut point lieu ; puis envoyé en la même qualité en Allemagne, où il avait obtenu tant d'avantages sur les luthériens. Do retour à Rome, il mettait la dernière main è son grand ouvrage contre les nouvelles doctrines, lorsqu il mourut, 1542, âgé de soixante-deux ans, non par l'ignorance de son médecin, comme on l'a dit , mais parce qu'il avait ruiné sa santé pour avoir pris trop de remèdes dont il n'avait pas besoin. Il avait , en efTet , des connaissances en médecine, et, en les appliquant trop sur sa personne, il abrégea sa vie. Paul Jove dit qu'il eut la faiblesse de témoigner, en mourant, le regret de n'avoir pu atteindre l'âge climatériquede soixante-trois ans. On a peine à le croire, quand on se rappelle son épilaphe, qu'il composa lui-même en vers grecs, et dont voici le sens : Je meurs sans regret, parce que je cesserai d'être témoin de bien des choses dont la vue était pour moi plu* douloureuse que la mort. — Il laissa une riche bibliothèque, qu'il légua au couvent do Sainte M.irie dell* Orlo, è Venise. Il avait écrit un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart n ont pas vu le jour. Les seuls qui avaient été imprimés, sont : V LexiconGrœ* cotatinum, Paris, 1512, in-fnl., devenu trèsrare ;2* Tabula sans utiles Gr&carum mu$a~ rum adyta compendlo ingrsdi volentibus% Argenlorali, 1515, in-4", réimprimé depuis (ce n'est qu'un abrégé de la grammaire grecque de Chrysoloras) ; 3" une piôre en vers latins élégiaques, intitulée : Ad Julium et Neœram, et insérée dans le Recueil de Math. Toscan us, qui a pour litre : Carmina illus~ triwn poetarum Ilalorum. Elle atteste une grande facilité pour la poésie. Le traité b*
DES CAIlDNAt'X.
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eoncilio hnbrndo, qu'il ne put acliover , et «tout il n'avait écrit que quatre livres, fut cependant utile après sa mort : on le consulta souvent avec fruit au concile de Trente. On conservait de lui, à la bibliothèque Valicane, un autre manuscrit, que Mazzucbclli regarde comme ce qu'Aléarîdre a laissé de plus ini|>orlanl. 11 contient des lettres et d'autres écrits relatifs à ses nonciatures pour combattre l'hérésie de Luther. Le mérite de ces lettres est suffisamment prouvé par l'usage que le cardinal Pallavicini en a fait dans son Histoire du concile de Trente. Les premiers livres sont, en grande partie, tirés de ces lettres et instructions que le cardinal a soin de citer en marge.
ALEDOSI (François), connu sous le nom de Cardinal de Parie, naquit è Castel del Rio, dans la Romaine , où son aïeul Louis Aledosi avait possédé la seigneurie d'Imota. — Paul Jove ne parle pas avantageusement de ce prélat qui, préférant la fortune à l'honneur, ne se ut point scrupule de la rechercher par des voies peu légitimes. Il s'était attaché au cardinal de la Rovèrc qui, créé Pape sous le nom de Jules II, le pourvut de l'office de trésorier général de l'évôché de Pavie, et lui donna le chapeau de cardinal en 1505. Depuis, il l'employa dans des affaires importantes, lui confia les légations de Viterbe et de Bologne , et plus tard la conduite des troupes destinées contre les Vénitiens. C'est alors qu'Aledosi se brouilla avec le duc d'Urbin, qui le tua en 1511, après la prise de Bologne par les Français.
ALKGRIN (Jean), cardinal et patriarche de Constantinople , était d'Abbeville et de la noble famille des Alegrins. — Reçu docteur à Paris, il fut d'abord professeur de théologie, puis doyen de la cathédrale d'Amiens. Nommé a ï'arrhevôché de Besançon, il y renonça deux ans après, lorsque Grégoire IX le créa, en 1227 , cardhial-évêque de Sabine. Ce Pontife ne permit point qu Alegrin se rendit a Constantinople, dont il avait été nommé patriarche par Honoré III ; il le retint auprès de sa personne, pour se servir de ses conseils. 11 fut légat a latere, en Espagne et en Portugal , où il prêcha la croisade. avec succès. Depuis, il fut envoyé vers Frédéric II, et Ht en sorte que cet empereur conclut un traité de paix avec le Saint-Siège, et se soumit volontairement eux censures de l'Eglise , en cas de contravention è quelque article du traité. Frédéric, ayant depuis violé sa parole, fut excommunié par Alegrin, qui en avait reçu l'ordre de Sa Sainteté. Alegrin mourut en 1210. On ne connaît de lui , comme écrivain , qu'un Commentaire tur le$ Psaumes de David, des Expositions sur Us épttres et les évangiles des dimanches , qui ont élé imprimés à Paris en 1521; des Sermons et des Panégyriques, dans lesquels il cite une si grande quantité de passages de l'Ecriture sainte, qu'on se demande comment il a pu les recueillir tous. Ce prélat prolégoa de tout son pouvoir l'institution des Corde-
Mers , dont la première maison . en France» fut établie sous ses auspices à Besançon, et la seconde à Abbeville, en 1229. {Voy. Cucoiuus ; — Omuphbics; — Vion ; — Robert, Gaule chrétienne; — Marrier, Bibl. deCluny ; — Fbisonius, Gallia purpurata ; le P. Ignace, Hist. ecclés. d'Abbeville.)
ALEMAN (Louis), cardinal du titre de Sainte-Cécile et archevêque d'Arles, a mérité le nom de bienheureux. — Fils du Jean Alttman, seigneur d'Arbent, il vint au monde,|vers1300,au château d'Arbent , dans le Rugey. 11 fut d'abord chanoine et comte de l'église de Saint-Jean de Lyon, puis évêquu du Maguelone, et enfin archevêque d'Arles. En 1422, Martin V l'envoya è Sienne pour y faire agréer la translation du concile de Pavie dans cette première ville; et peu après il le nomma à la légation de Bologne, d'où il alla réformer la police do Forlield'Imoln dans la Romagne.1 Louis III, roi de Naplcs, conte de Provence, s'estima heureux do posséder dans ses Etats un prélat quo l'Europe regardait avec respect, et, è sa considération il confirma les privilèges que les princes, ses prédécesseurs, avaient accordés libéralement à la ville d'Arles. Le Pape, de soncôlé, nomma Aleman cardinal on 142b' et le fit camerlingue de l'Eglise. Après la mort de Martin V, pendant le concile do Râle, le cardinal Aleman se brouilla avec le Pape Bugène IV, au sujet du concile que ce pontife transféra ailleurs, et que le cardinal fit continuer h Bêle. Eugène y fut déposé et remplacé, 1439, par Amédéo VIII, duc de Savoie , qui prit le nom de Félix V. Eugène, de son coté, excommunia Aleman qui présidait à cette assemblée, et le déclara déchu du cardinalat ainsi que de tous les emplois qu'il occupait dans l'Eglise. Mais après que Félix V eut renoncé, en 1449, à la papauté, eu faveur de Nicolas V, légitime successaur d'Eugène , le Pontife réintégra Aleman dans le cardinalat, et dans ses dignités, et l'envoya en qualité de légat, dans la basso Allemagne. Au retour de ce voyage, Aleman se relira dans son diocèse» ou il s'occupa uniquement, de la réforme de son clergé, de I instruction et do l'édification de son troupeau. Il mourut a Salon en 1450. Sa sainteté et ses miracles l'ont fait béatifier, en 1527, par Clément VII. Voici son éloge par le P. Alby (1644): « Le vrai et solide honneur qui fait sa base de i.i vertu, n'est pas comme le faux et l'imaginaire, qui ne se soutient que de l'opinion. En ce que celui-ci parait mieux de loin que de près à ceux qui le cherchent, et la possession qu'il donne par l'expérience, est toujours moindre que les apparences dont il flattait les désirs : voire à I égard du l'estime des autres, il se déteint dans le grand jour où il se produit ; et, à mesure que la vérité s'avance avec le temps, elle en efface la montre et en découvre le vice; attirant souvent de grands blêmes à ceux pour qui toutes les iiouches s'étaient ouvertes en bénédictions. Mais l'honneur qui se lire de la vertu, non-seulemeut a plus do
vérité ei de réalité que de montre, et donne plus de satisfaction au succès qu'il n'en
rirometlait à l'abord : voire encore si la maignîté ou l'ennui l'avaient terni de quelque ombrage, il s'en décharge et s'éclaircit arec le temps, el parait enfin comme un beau soleil offusqué du brouillard en son orient, qui s'élèvent peu à peu, le fait tomber sous ses pas et croit en lumière jusqu'à ce qu'il possède toute la majesté al la pompe de ses rayons.
« Ce que je dis à l'occasion du B. cardinal Louis Aleman, de qui la rare et excellente probité fut obscurcie pour un temps, lors principalement qu'il fut disgracié de la cour de Rome, et que sou zèle brûla d'une flamme moins nette contre le chef de l'E-
8 lise, lui acquit un blâme si noir, qu'il le t juger indigne de la pourpre. Mais le temps ayant fait reconnalire, que s'il avait failli, ç'âvait été de bonne foi, et si son entendement préoccupé l'avait détourné, sa volonté était demeurée dans sa droiture : sa vertu ensuite el son mérite reprirent la place d'honneur qu'ils avaient auparavant tenue, el dans l'Eglise, et dans l'estime du monde ; et comme un astre échappé de l'éclipse, il releva el accrut l'éclat de sa belle vie sur le fond des ombros qui l'avaient obscurcie, et reçut des louanges de toutes les bouches, voire de celle de qui l'approbation nasse en oracle de vérité.
« Il tira sa naissance de la noble el illustre famille des Aleman qui a longuement fleuri en honneur dans la province du Dauphiné où elle avait sa lige, et d'où elle se provigna aux provinces de Bourgogne, de Guyenne et de Languedoc. Ses parents, suivanf ses instincts, tous portés dès son tendre Jge à la piété, le dédièrent au tabernacle et aux autels du Dieu des armées : et pour le rendre plus digne des fonctions du sacré ministère, prirent des soins fort particuliers à bien façonner ses mœurs et son esprit du bonnes habitudes, sachant bien que les plus beaux naturels, s'ils ne sont dueroent cultivés, demeurent en friche, et ne produisant que par nature, sont sujets à germer le vice, et a jeter moins de Heurs que d'épines.
< Le travail et la méditation qui furent les plus chers exercices de sa vie, lui acquirent tout ce qui pouvait manquer à la nature et à la bonne institution ; et la haute réputation où il parvint de-bonne heure, fut le fruit de ses laborieuses éludes qui communiquèrent la sagesse, non pas la présomption, et le tirent juger digne de toutes sortes de grands el d'honorables emplois dans l'Eglise, où il ne pouvait faillir de réussir, y apportant la science et la vertu qui sont les plus dignes promoteurs de I honneur.
■ Il avait déjà donné dus preuves de l'une el de l'autre, tant aux degrés qu'il prit de * théologie et du droit, comme en la pratique de sa vie, et en sa conversation toute pure el angélique, quand il fui reçu au uouabre des chanoines el coinles de la très-
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célèbre Eglise de Lyon. D'où il fut liré non moins par la réputation de ses belles qualités, que par le crédit de son oncle maternel, François, cardinal du Couzi, lors légat d'Avignon, à la charge de l'évêché de Maguelone, qui est maintenant celle de Montpellier, ou il entra jeune d'années, mais consommé de sagesse , ni où, déployant discrètement et d'une façon généreuse son zèle, il donna tant de satisfaction de sa conduite publique et de sa vie privée qu'il eu lit espérer davantage ; faisant les moins clairvoyants prophètes des honneurs que le ciel préparait à une si rare verlu.
« En effet, il fut appelé peu de temps après à l'administration de l'archevêché d'Arles, el en la môme année orné de la pourpre cardinale par le Pape Martin V qui lui conféra deson mouvement celle dignité, comme à celui qui paraissait pour lors dans l'Eglise avec un singulier éclal de sainteté et de doctrine, et qui avait mérité l'estime et l'approbation commune du monde, autant par ses bonnes mœurs que par ses beaux écrits, qui, par quelque secret malheur, ou en haine, comme l'on croit, du schisme duquel il fut pour un temps partisan, nous ont élé enviés et dérobés à la connaissance de la postérité.
« Cependant le cardinal d'Arles (ainsi le nommait-on) ménageant fidèlement le crédit que sa nouvelle dignité lui avait acquis, et brûlant d'une ardeur que le devoir de sa charge et l'amour de la justice lui avaient inspirée, entreprit courageusement de remettre en vigueur les droits et les franchises octroyées par la libéralité des rois et des empereurs à la primace d'Arles, que la mollesse de ses devanciers avaient laissé affaiblir. Sur quoi ayant obtenu une très-ample et favorable patente de Louis 111 d'Anjou, roi do Naples et de Sicile, et comle de Provence, et après encore du roi René son successeur, il rendit son ancien lustre à sou Eglise, et dans l'observation et la manutention de ses privilèges, fil revivre le nom et la gloire de ceux qui les avaient douués, tirant par dévotion des perle* de leurs couronnes, pour les attacher à la tiare de l'Eglise.
• Arles se tenait heureux et glorieux sous la sainte et précieuse conduite de ce grand prélat : quand le souverain Pontife jugea à propos pour le bien de l'état de l'Eglise de l'appeler eu Italie, et de lui confier la charge Je la légation de Boulogne; afin qu'une verlu si illustre ut qui tenait de la gloire du soleil de pouvoir éclairer uu monde, ne fût que pour les yeux d'une province.
« Depuis les graudes nécessités de l'Eglise ayant obligé le Pape de recommencer à Bâte le concile général, que la pesta avait empêché d'être tenu à Pavie, et les troubles d'Italie avait Tait cesser à Sienne, il yeuvoya notre cardinal (da qui il avait éprouvé la fidélité, et estimait beaucoup la suffisance ) , avec le cardinal Julian Cœsarin qu'il avait nommé avec son légat, el à qui il l'avait associé, non moins pour accroître
la majesté de ce concile, que pour y servir de principal organe au bon succès qu'il en espérait. Mais le Pope Martin ayant achevé le cours de sa vie sur le point que le concile commençait, son successeur Eugène IV en autorisa la tenue jusqu'à ce que rassemblé* lui étant devenue suspecte a raison de quelques intrigues que l'on y conduisait, il en relira le cardinal Cwsarin son légal, et transporta le concile à Ferrare, et depuis à Florence, sous un prétexte fort spécieux, d'y attirer pour la commodité les prélats de l'Église grecque, qui montraient de grandes inclinations a se soumettre au souverain chef de l'Eglise romaine, et à se lier en tout d'union et d'intelligence avec elle, afin qu'un même soleil éclairât des rayons de son autorité l'orient comme l'occident.
« El ce l'ut en cette rencontre que la vertu de notre cardinal, qui s'était partout jusqu'alors montrée droite et égale en la sage conduite de ses actions, commença, comme l'on crut, à ployer à quelque sentiment moins réglé, et a faire des nœuds comme les roseaux. Car quantité de princes et un grand nombre d'évôques assemblés a Bâlo sous le cardinal d'Arles, qui restait comme le chef et la première intelligence de cette assembléo , s 'offensant que le Pape Eugène contre le décret du concile de Constance (sur lequel on n'avait point encore pris tous les éclaircissements nécessaires) rompit ou transférât a son gré un concile général, qu'il avait lui-même autorisé de son aveu , députèrent devers lui, pour l'obliger à s'y rendre en personneavec les cardinaux ses adhérents, et en favoriser la continuation. De quoi ayant été refusés, et le Pape Eugène persistant à décréditer et à condamner celle assemblée, comme abandonnée de sa conduite et détachée de sa direction; le cardinal d'Arles, qui était l'homme du monde le plus exact et le plus tenant de l'observa lion de la discipline et des ordres de l'Eglise, saisi d'une fausseopinion à laquelle il adhérait de bonne foi, que le Pape Eugène errait notablement en sa conduite, et abusait do son autorité, délibéra avec les autres prélats de le déposer, et d'élire uu nouveau chef au concile qu'il réputait être légitime, qui fut Amédée de Savoie, nommé depuis son élection Félix V, qui fut le basilic couronué (dit saint Antonin) que BAIe enfanta, et qui, par un malheureux schisme, attenta de partager le rond du di. dèrae de l'Eglise.
« Cette élection donna autant de scandale que de trouble à l'Eglise romaine durant neuf ans que le schismo dura, qui coupa la liaison des membres et du chel, divisa les peuples et les Etats en factions, souleva l'insolence contre la piété, et attira le courroux du Pape sur notre cardinal, comme l'auteur et le principal instrument de ces funestes effets : dont il le déclara ensuite privé de l'honneur de la pourpre, qu'il avait noircie du blâme de sa rébellion contre le souverain chef de l'Eglise, de qui il la tenait.
« Mais cette âme haute et dédaigneuse de tous les reproches, excepté de celui de la