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conscience, ne laissa pas de suivre sa pointe, et de faire agir aux occasions sa vertu selon la règle qu'il dictait à ses mouvements. Il s'en alla légat devers l'empereur Frédéric, pour tirer l'Allemagne de la neutralité où elle se tenait avec d'autres peuples, au parti de Félix; soutint le faix de toutes les grandes affaires ; appuya le schisme du poids de son autorité ; le colora de la réputation de sa vertu; et si la cause à laquelle il prélait tant de faveurs n'eût été abandonnée do Dieu, et plus injuste que n'étaient ses intentions, il était pour faire triompher l'imposture de la vérité.
« Mais Dieu qui intéressait les soins et la réputation de sa providence à tirer sa chère épouse de l'oppression, el ses bons serviteurs de l'abus où ils s'étaient laissé couler, éclaira soudainement d'un beau jour et d'une inespérée sérénité l'Eglise, et lit qu'à la nouvelle élection du Pape Nicolas V, qui succéda à Eugène, tous ceux qui avaient porté la main a déchirer le voile du sanctuaire, et h rompre l'union des fidèles, travaillèrent fidèlement à les réunir tous sous un chef légitime. Mais entre tous, notre cardinal y contribua avec tant d'ardeur de volonté, lanl de soins, de voyages et de sollicitations envers les pr nces et les suppôts du parti intéressé, que l'on peut dire avec vérité que ce fut principalement par son moyen que le royaume de l'Eglise, dont le maiheur du schisme et la faction des princes ou des peuples avaient fait trois pièces, fut réduit sous l'unique et la souverain» autorité de Nicolas, qui lui redonna aussitôt l'honueur de la pourpre, et la qualité dont son devancier l'avait privé, et reconnut son mérite el ses peines avec de si particulières faveurs, qu'il lit accroire au mon le que le cardinal d'Arles était soul capable de faire la balance de l'Etat et du repos de l'Eglise , et que, s'il avait pu faillir sans malice, il avait su se corriger par vertu, et faire estimer ses fautes heureuses.
« Depuis, il ne se peut dire combien sa vie parut belle, déchargée des ombrages qui en avaient terni l'estime et l'éclat, et combien lui-même, piqué d'une sainte jalousie do l'honneur de son ministère, s'appliqua courageusement tant aux fonctions publique»
de sa charge, comme aux actions delà vertu privée, dans un degré de perfection si excellent, qu'il ne paraissait pas moins sans exemple que sans défaut. Ce fui aussi c>: qui l'obligea a se retirer du grand jour du monde et de la hantise des coursé son Eglise d'Arles, où il lit voir dans tous les louables exercices, et daus les glorieux emplois de sa vie, que sa vertu avait lout chez elle, et n'allait point aux emprunts, sans avoir besoin des faveurs delà fortune, qui pouvaient faire plus briller son mérite, mais non plus peser sa vertu.
« Ce fut en même temps que, versant ses pieuses libéralités dans son diocèse, il répara plus somptueusement la moitié du bâtiment de son église d'Arles, la décora el enrichit de beaux présents, orna et augmenta
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de nouveaux édifiées le palais de son évêché, et son château de Salon. Mais il dressait encore dans le ciel un bâtiment plus précieux et plus dumblede vertus, lequel ojant déjà été élevé jusqu'à son comble par les continuels el laborieux exercices de ses bonnes œuvres, il plut à Dieu de retirer son âme de la maison de terre qu'elle babilail, pour la mettre en possession de ce palais d'astres el de félicité qu'elle avait travaillé et étoffé de ses belles actions. Il était au château de Salon, quand il reçut l'heureuse assignation de son départ du monde, pour lequel il voubM.s*aJler préparer dans le couvent de Saint- François qui est à Salon, el passer les précieux restes de sa fie dans ce lieu d'oraison et de pénitence, d'où peu après son âme fut élevée au ciel, pour y jouir sans fin de la bienheureuse vue, et des joies de Dieu, qu'il avait servi fidèlement en terre.
■ La nouvelle de son heureux trépas, qui arriva le 16 de septembre de l'année 1450, ayant été portée comme en éclair par lonto la Provence, elle attira des vingt- trois villes de 'cMte noble province un nombre inestimable de prêtres, de religieux et de peuple, qui assistèrent au célèbre convoi de son sacré corps, depuis Salon jusques en Arles, où il fut porté, et honorablement inhumé à In corne droite du roatire-eulel de l'église ; et d'où, comme une lampe de baume qui évapore de plus douces fumées éteinte que vive, il commença à répandre partout de si divines el ravissantes odeurs de sa sainteté,
3u'e!les convièrent la dévotion des peuples elous les lieux ci rcon voisins, à venir chercher à son sépulcre les secours favorables et les remèdes de tous leurs maux. Et ensuite Dieu , qui est jaloux de l'honneur de ses saints, voulant effacer par son témoignage les jugements moins avantageux qui avaient été faits au préjudice de sa verfu, opéra un si grand nombre de prodiges et de guérisous miraculeuses sur les muets, les sourds, les aveugles, les boiteux et les morts, qui étaient apportés, ou abordaient à son tombeau, qu'il ne fut personne oui n'avouât hautement le grand crédit qu il. possédait auprès de Dieu par les mérites de sa sainteté. Ce fut aussi ce qui obligea le Pape Clément VU, après les procédures authentiques faites, et les preuves reçues, de le déclarer bienheureux par une bulle qu'il en expédia, et de permettre que son saint el chaste corps fftl relevé el exposé à la vénération des titièles, attendant les derniers honneurs de la canonisation. Dont encore ensuite lui ont été dressés des chapelles el des autels à Arles, el au monastère de Haute-Comte en Savoie, qui avait souvent durant sa vie servi de chère retraite & ses dévolions, où Dieu rendra dans tous les siècles honorable la mémoire d'une vertu, que le monde voit moins sou veut que les miracles, a