‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 247 sur 457 · USAIS. LOR IIS · texte numérisé non relu

USAIS. LOR IIS

qui a commandé à l'une et à l'autre , comme celle de Lorraine â la Palestine. Ensuite la bonne nourriture' et les vives lumières de son esprit contribuèrent beaucoup a perfectionner les riches dispositions que la nature lui avait données. Il fut appliqué des l'âge de six ans aux études au collège royal de Navarre, où il tit paraître dans tous les eiercices dos bonnes lettres une (elle gentillesse d'espril, une si prompte vivacité et rapacité d'entendement, une facilité et une grâce si exquises à expliquer ses conceptions, qu'il laissa tous les autres qui étaient entrés en môme lice bien loin derrière lui. Il élait noiurellemonl éloquent, et il ne fut pas mal aisé do cultiver un si beau naturel , qui avait toutes les faveurs que la nature peut faire a un corps et a un esprit. Le maniement et l'inflexion de sa voit étaient trèsbien mesurés, et comme quand il s'exerçait sur un argument doux et paisible, sa parole en était si agréable, si remplie d'élégance , de douceur et de gaieté que l'on eût cru que c'était, non pas des («rôles, mais du sucre et du miel qui lui coulaient de la bouche : aussi quand le sujet requérait de l'ardeur et de l'invective , il frappait les oreilles de ses auditeurs avec une parole si vive et si aiguë, que l'aiguillon en demeurait dans l'âme, et eûl-un dit que sa bouche lançait des foudres et faisait des tempêtes. El ce fut aussi ce qui lui acquit communément la réputation du plus éloquent homme oui fût en France, qui donnât sujet aux écrivains et aux poètes de son temps de le comparer a Mercure, et aux premiers orateurs de Rome et de Grèce, et qui fit que le grand chancelier Olivier ayant mesuré cet esprit dès sa première jeunesse grand quasi jusqu'au prodige, l'appela un moiutrt de nature et d'esprit.

t II perfectionna celte belle et ravissante ualilé du bien dire par les connaissances es hautes sciences auxquelles il se porta avec une ardeur ai- incroyable, qu'étant même sorti du collège, et jeté dans un air plus libre, et dans fa conversation de la cour où il était pour dissiper son esprit et le corrompre de molles habitudes, y ayant rencontré toutes sortes de flatteurs appâts à contenter ses jeunes désirs, il s'en laissa néanmoins si peu loucher, qu'après les premiers devoirs qui ne souffraient point de dispense, il employait le temps oui lui restait h ouïr les plus excellents philosophes, légistes et théologiens; lesquels il suivit, et pratiqua avec tant d'assiduité, qu'il en apprit le grand art de la vie, qui est tout à proQter au public et à être utile à soi-même.

« Dès son jeune âge, il sembla être comme un Samuel formé pour le tabernacle, et tout dédié à l'Eglise : car ayant été désigné en l'âge de quatorze ans, évêque de Metz et archevêque de Reims, il fut à vingl-troisans, créé cardiuai p*r le Pape Paul III, a la demande du roi François, qui, jugeant bien combien il valait, le donna à son lils Henri, lors dauphin, pour lui servir de conseil en ses affaires et d'appui en sa conduite ; e i

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laquelle charge, quelque difficile et importante qu'elle lût, il fll paraître que la vertu des grandes âmes ne suit pas la mesure du temps.

« Henri étant parvenu a la couronne par le décès du roi son père, ne diminua en rien de l'affection qu il lui portait, voire l'augmenta de beaucoup, le constituant ch«f de son conseil, et se reposant entièrement sur lui de toutes les affaires du royaume, fit il n'eut pas bien à peine pris possession de cette place, où le choix particulier de Sa Majesté, secondé de l'applaudissement de tonte la France, venait de rappeler, qu'il s'en alla en ambassade solennelle devors le Pupe Paul III pour rendre selon la coutume au nom du roi, pour son avènement a la couronne, les devoirs de son obéissance à l'Eglise en la personne de celui qui en représentait le chef; auquel voyage il traita de grandes affaires pour le bien de l'Etat, et conclut une ligue secrète du roi avec le Pape et les Vélitiens; se montrant par tout aussi fidèle dépositaire des secrets de son maître, que puissant organe de ses volontés.

« Il reçut en don du roi pour récompense de sa négociation, la riche abbaye de Saint- Denis, vacante par le décès du cardinal Louis de Bourbon, son oncle maternel. Auquel temps ménageant a propos le crédit qu'il avait auprès du roi, il ut en sorte que sa nièce Marie Stuart, reine d'Ecosse, fille de Marie de Lorraine sa sœur, fut mariée au dauphin, qui depuis fui notre roi François II, qui était une alliance non moins glorieuse pour la maison du cardinal, qu'avantageuse pour la France è qui le royaume d'Ecosse demeurait uni par le mariage de l'héritière, et qui se rendait capable, si ces princes eussent eu des enfants, d'étendre sa domination dans les Etats de la Grande-Bretagne, sous un litre si juste et si innocent. On a encore attribué au crédit, comme au zèle du cardinal, ces rigoureux, mais justes édits que le roi Henri porta contre les bld. mes, et principalement contre l'hérésie naissante, pour lui opposer de bonne heure la sévérité des lois et prévenir son débordement, auparavant qu'elle divisait les cœurs, avec la croyance du peuple français et qu'elle ajoutât la rébellion au schisme. Et si on n'eût point relâché par une indulgence de la rigueur de ces premiers édits, il est a croire que l'on eût étouffé daus le berceau ce monstre, qui a failli dans sa haute fureur a déchirer les fleurons de la première et plus noble couronne de la chrétienté.

° Or, cependant que l'hérésie couvaildans le royaume les semences d'une funeste rébellion, et que cette cruelle bôle poussait les tètes et les cornes de sa félonie pour leur faire porter les diadèmes de tous les crimes, 1 esprit du cardinal se trouvait occupé pour les affaires du dehors en de très-importaules négociations. En Allemagne où le roi avait été appelé sous le titre de prolecteur du Saint-Empire; en Italie où ses armes étaient recherchées pour la défense du Saint-Siège, et sur nos frontières,

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où les deux couronnes ennemies de la française pratiquaient sourdement des desseins Et comme il n'avait autre repos, que la vicissitude des emplois laborieux qu'il prenait, il fit derechef un voyage en llalisavec le cardinal de Tournon, tant pour y maniei quelques affaires secrètes, que pour se conjouir au nom du roi avec le Pape Paul IV de* sa promotion au pontificat, et pour promet' tre è Sa Sainteté tous les secours qu il pouvait désirer des armes de France; ce qu'il fit par une belle harangue qu'il prononça en présence de tous les cardinaux, égalant aot offres royales de son maître, la pompe el les richesses de son éloquence.

« C'était aussi à vrai dire la pièce principale, jointe à la vivacité de son esprit, qui le faisait suivre dans les conseils, régner dans les assemblées et admirer partout, et par laquelle il se rendait (pour parler ainsi) maître des hommes et des affaires. C'est encore en bonne partie pour celte excellents qualité qu'il eut la commission principale de tous les traités solennels d'accord que le roi fit avec les princes étrangers; arec l'empereur Charles enlre Calais et Gratines, le cardinal Polus au nom de la reine d'Angleterre, se portant pour entremetteur do la paix, et le cardinal de Granvelle agissant pour Sa Majesté Impériale, et depuis par deux fois avec le roi d'Espagne au château Cambrésis, où il fut accompagné du connétable de Montmorency, du maréchal Saint-André, de Morvilliers, évèque d'Orléans, et d'autres, maintenant aussi constamment de la langue dans ces combats d'esprit, les droits de Ta couronne, comme le roi les défendait généreusement de Pôpée.

« Mais il ne produisit jamais avec on plus glorieux effet cette puissante faculté, comme encore le zèle inviolable qu'il avait pouth bien el la manutention de l'Etal, qu'après la funeste journée de Saint-Laurens, qui moissonna è Saint-Quentin toute l'élite de nos forces, et où plusieurs de nos princes arec le connétable furent faits prisonniers : car dans la générale consternation qui suil comme étourdi toute la France, el qui eut convié une résolution d'Ame moins ferme que n'était la sienne, à lier le timon, et è laisser conduire le succès des affaires au destin de l'Etat , il se montra si fort d'espni et si brave de cœur dans celle extrémité de péril, qu'il fut lui seul capable, en assemblée des Etals, par les efforts et la vigueur de son éloquence, de relever tous les courages et de les animer à la défense de la P** trie, è la vengeance de l'affront reçu et au recouvrement de nos pertes. Et lui-mémo, contribuant à ce dessein tout ce que le courage a do généreuse activité et la prudence de conduite, fit de toutes parts amasser «les troupes, repeupla de nouvelles levées le» régiments rompus, mit Paris en armes, fil fortifier les ports, envoya du renfort eui places plus faibles, rassura les villes de nouveaux gouverneurs, et, à tout dire, il Pr^J si è propos sa languo el sa main, sou auto-

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rilé et son adresse au secours de sa patrie, en une occasion apparemment déplorée, que la victoire des ennemis n'eut point de suite dangereuse, et s'ils eurent la gloire, ils n'eurent pas le profit de nous avoir Taincus.

« Après la mort du roi Henri II, son bon maître, qui attacha è son cœur le trait d'une poignante douleur que le temps ne put jamais arracher; le roi François II, son Gis aîné, lui succédant autant en la couronne, comme en l'affection et en l'estime du cardinal, le tint au môme degré d'honneur et d'autorité que son père avait fait voir; y ajouta quelque chose, lui commettant I l'intendance de ses finances, et le reconnaissant

Car effets comme oncle et proche parent de i reine Marie, son épouse, jusque-là que les murmures croissant de ceux qui aboy aient contre une faveur et un crédit si éclatants, te roi par ses lettres vérifiées en sa cour de parlement de Paris, déclara qu'il avait commis la direction des affaires de son Etal et des finances au cardinal de Lorraine, comme celle de ses armées à François, duc de Guise, son frère : relevant de glorieuses louanges les mérites de l'un et I outre. Ce qui ne ût point cesser la jalousie, mais la piqua davantage et l'élança à des conspirations ouvertes contre le cardinal et son frère, qui n'affaiblirent pas sa faveur auprès du prince, mais fortifièrent la perfection hérétique qui se montra ouvertement rebelle, aussitôt qu'elle se sentit puissante et appuyée d'un parti formé dans l'Etat. Il ne laissa pas pourtant de la persécuter de tout son pouvoir, et de faire dresser des chambres ardentes en tous les parlements pour arrêter par le feu et le fer le progrès de ce venin contagieux; mais s'étanl déjà saisi de quelques membres principaux, le remède, quoique appliqué de bon zèle, demeura inutile et le mal incurable.

« Cependant le trépas avancé du roi François 11, qui passa comme un éclair dans un règne de dix-huit mois et trouva son couchant su plus bel ascendant de son courage et de sa gloire, ayant autant haussé lu cœur aux partisans de la nouvelle erreur, comme il abaissa le crédit de ses plus puissants adversaires, le cardinal sans cesser su dessein de la combattre et de la contre-carrer partout, fut contraint de relâcher de l'ardeur de ses zélées poursuites. L'habitude qu'il avait prise h posséder les bonnes grâces de la reine Catherine de Médiois, mère du feu roi et de son successeur Charles IX, l'ayant retenu en leur cour, et lui ayant conservé l'une des premières places du conseil qu'il éclairait des lumières de sa pruden.ce et de sou esprit, il eut moyen de servir en plusieurs rencontres è la juste défense et è la protection d« la vraie religion. Mais il ne

fiut jamais parer a un coup dangereux qui uî fut porté dans le sein, et qui tit une graude plaie à l'Etat et ti l'Eglise. C'est le colloque de Poissy, duquel le cardinal ne fut point le promoteur comme certains l'en ont accusé à

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tor!. Mais n ayant pu rompre l'entreprise artificieuse de l'amiral de Châtillon, qui avait engagé l'intérêt de la reine mère par le moyen du roi de Navarre è accorder cette conférence, il opposa à l'insolence des ministres protestants qui s'y produisirent, les fortes et luisantes armes de son éloquence, avec lesquelles s'il ne put vaincre et froisser la fierté de ces esprits orgueilleux, il demeura néanmoins vainqueur de leur babil et de leurs erreurs.

m Mais l'excellente capacité de son esprit et la force de son éloquence n'ont jamais paru sur un théâtre plus éminenl el tout ensemble plus résonnant, que quand il fut envoyé au sacré Concile de Trente, dont l'ouverture, après qu'il eût été sursis par l'espace de dix ans, avait été faite de nouveau sous le Pape Pie IV, et où avaient été déjà envoyé Louis de Saint-Gelais, sieur de Lansac, comme chef de l'ambassade française, avec Arnaud Ferrier, président de Paris, et Gui Faure, sieur de Pibrac, comme associés. Sa venue fut grandement appréhendée des Espagnole pour le débat de la séance des ambassadeurs et du Pape même, sur le bruit qui courait , qu'il voulait poursuivre la réformation de l'élection du Pape, afin que les n lira mon tains eussent aussi leur part de la dignité souveraine. Mois le sujet de la principale appréhension était la grande question qui était pour lors âprement débattue, de la résidence et de la puissance de la juridiction des éviques, qui avait été déjà examinée a la première convocation du concile, par dix mois consécutifs ; la partie des évêques la plus considérable travaillant puissamment pour faire conclure et l'une et l'autre de droit divin. Toutefois le cardinal de Lorraine se démêla de celte difficulté avec tant do souplesse, en une belle harangue qu'il prononça de ce sujet, que sans offenser ni l'un ni l'autre des partis, il tira la question de la presse où on l'avait engagée, ot porta les plus échauffés a ne loucher plus è une question qui n'avait pas moins d'épines à piquer les esprits que les affections de ceux qui la maniaient. De quoi le Pape lui sut extrêmement bon gré, le louant hautement en plein consistoire, pour avoir prudemment concilié les esprits des prélats que la chaleur d'une dispute opiniâtrée avait divisés.

« Durant la tenue da concile il fit un voyage à Home, où le P<ipe l'accueillit avec toutes sortes d'honneurs, lui donnant espérance de le faire son successeur è sa dignité, pour les grandes obligations que l'Eglise lui avait; et depuis encore il en fit un autre devers l'empereur qui donna de grands ombrages ; el se trouva à temps à l'assemblée pour y maintenir courageusement la trèsancienne prérogative et la perpétuelle possession de préséance des ambassadeurs de France sur ceux d'Espagne, a qui la laveur des légats du concile, au lieu de les réduire à l'ancien ordre, avait donné un 'ieu à part aux congrégations, au milieu de la

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hors du rang des ambassadeurs, et voulait encore en Ta session les traiter d'égalité d'honneur avec ceux de France, pour la paix ei I 'encensement, si notre cardinal ne s'y fût vivement opposé, et fût bien fait comprendre que la jalousie d'honneur est une passion si impérieuse dans l'esprit des Français, qu'elle ne souffre point, dans ses justes prétentions, de rival ni de concurrent. Il se trouva h l'heureuse clôture de ce grand concile, et lui fut déféré l'honneur (quoiqu'il ne fût point du nombre des légats) de composer et d'entonner les solennelles acclamations à l'honneur et à la mémoiro immortelle des Papes qui l'avaient assemblé, et des monarques et princes chrétiens qui l'avaient favorisé et protégé de leur pouvoir.

i La particulière connaissance qu'il prit au concile, du mérite et de la doctrine des Pères de la Compagnie de Jésus qui s'y trouvèrent, Ut qu'il les appela pour leur commettre la direction tant des séminaires qu'il institua lo premier en France, comme du collège de Reims et de l'université qu'il fonda è Pont-à- Mousson; croyant de ne pouvoir opposer de plus puissant rempart aux violents dégâts que l'hérésie faisait alors en toute l'Europe, qu'en dressant des académies où la jeunesse fût imbuodes véritables sentiments de la créance et de la piété chrétienne. Et il avait déjà, par l'instinct d'une rare bonté et du zèle inviolable qui le portait a favoriser tous les pieux desseins, offert à saint Ignace, quelques années auparavant, toute I étendue de son crédit pour l'établissement de la Compagnie en France, de laquelle il se disait et voulait être reconnu prolecteur; dont ensuite il lui impétra du roi les lettres et les droits de naturalité ; et pour faire agréer sa réception è tous les ordres, la proposa et la recommanda avantageusement en l'assemblée des états généraux, comme cello qui venait par entreprise choquer les nouvelles erreurs et relever l'ancien lustre des lettres.

« C'est merveille des soins qu'il apporta a son retour du concile en France, pour bien régler son diocèse, et pour y faire inviolablement observer les décrets de ce grand concile, duquel il avait fait une partie. Il se rendit depuis fort exact à donner les ordres, & tenir les synodes, è faire ses visites, è distribuer à ses diocésains le pain sacré de l'Eucharistie et de la parole de Dieu ; autorisant ses fréquentes prédications et les autres fonctions de son ministère, du sceau de ses bons et vertueux exemples. Tous les pas de sa vie, comme ceux du grand Pontife hébreu, étaient parlants au monde, et toutes ses actions sortant comme des lignes du centre de la piété, ne se produisaient qu'avec la réputation de sa dignité et avec I édification des peuples* Il était assidu à chanter avec les prêtres au chœur ; tendre aux actions de piété, fort è soutenir les intérêts de l'honneur de Dieu ; séquestré des entretiens profanes , faisant toujours lire des

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livres spirituels à sa table ; répanda an soulagement de tous les misérables, a uni il distribuait les charités et servait de sa propre main ; doux, accueillant et communie*, tifèlous; sévère et rigoureux aux seul* ennemis de l'Eglise, et à son propre corps qu'il traitait comme un ennemi domestique, le matant d'abstinences et d'austérités, jeûnant tous les vendredis et les samedis de l'année, et portant souvent sous la pourpre, la haire et le cilice. Bref il entassa de si vertueuses actions dans les glorieux restes de ses années, qu'elles pourraient honorer le cours de plusieurs belles vies.

« Cependant il portail dans l'âme un trèssensible déplaisir des grands troubles qui affligeaient la France; la guerre étant cruellement échauffée quasi par toutes les provinces entre l'un et l'autre parti : de sorte

3u'il y eut en môme temps en divers enroi Is du royaume jusqu'à quatorze armées formées, les enfants combattant contre les pères, et les frères contre les frères ponrli défense de la religion. Donc outre les autres puissants secours qu'il rendit à sa patrie.il tourna ses soins les plus ardents a apaiser la colère de Dieu par des pénitences, par des prières et par des processions publiques, on il se trouvait marchant les pieds nus, arec le reste du peuple. Auquel temps il forma un pieux dessein de l'institution des chevaliers de la Passion du Sauveur, qui eût eu plus de suite, si le parti de la venu ne se fût alors trouvé extrêmement affaibli dans la corruption du siècle et dans la révolte de la religion.

« Il porta encore la main à réparer les brèches ouvertes de l'état ecclésiastique, qui attiraient une partie des désordres que I Eglise de France souffrait en re temps; donna de salutaires conseils pour réprimer le commerce stmoniaque des bénéfices : réforma de l'autorité du roi l'université de Paris dont il était le conservateur: désarai l'insolence de quelques docteurs qui combattaient ouvertement la religion : démasqua les hérétiques couverts qui la trahissaient: et quoique ses mérites fussent si obligeants et si nécessaires à tout l'Etat, ils ne furent pas néanmoins en sûreté chez lui, et comme si l'abondance et l'excès eussent rendu h vertu qui les produisait criminelle, il lut outrageusement attaqué en son houneureten sa vie, et reçut toutes sortes d'indigne* traitements, ou il ne pouvait recevoir de digne récompense.

« Ces cruelles persécutions que ses ennemis ou ses envieux lui suscitèrent, détachèrent bien fort ses affections du mon Je. où la malignité exerçait une Ijrranuie si solennelle en impudence, et si violent» en excès, et lui apprirent è bon escieoiq^ tant de belles années, qu'il semblait »y,r jusqu'alors heureusement dévidées, notaient au vrai qu'un filet pourri qui devait rompre à la rencontre de la moindre épine. Et if se fit encore une nouvelle leçon de « mortalité, sur le trépas avancé du roi Cuir-

les IX, duquel il prononça la harangue funèbre : donnant de tristes larmes à la mémoire de ce bon prince, qu'il dit avoir vu

!)leurer au jour de son sacre, et mêler ses armes aux réjouissances publiques, comme les funestes présages des calamités de son règne.

« Quelque temps après étant descendu en Avignon à la rencontre du roi Henri III, qui venait de Pologne pour recueillir la succèssion de la couronne qui lui élail échue par le décès du roi son frère ; comme il assistait h la prédication au jour de la conception de la Vierge, il sentit soudainement des douleurs de tête, des éblouissements de vue et des affaiblissements de nature, qui obligèrent ses serviteurs a le remener en hâte au logis et à !e porter sur le lit d'où il ne descendit plus vivant, que pour recevoir avec plus de respect le corps do son Dieu qui lui fut apporté; devant lequel, soutenu sur un carreau a genoux, il prononça la profession entière de la foi en laquelle il voulait mourir, et pour la confession de laquelle il protesta qu'il ne lui restait goutte de sang dans le corps qui refusât de sortir. Et s'arrêlant spécialement sur la sacrée vérité et la réalité du corps et du sang du Sauveur en l'Eucharistie, il attesta le Dieu qu'il 7 adorait, qui était le même que celui de qui il attendait d'être jugé, et lequel il espérait de voir bientôt en la majesté de sa gloire, qu'il n'avait iamais eu d autre créance que celle de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, en laquelle il dit qu'il voulait recevoir ce bienheureux arrhe de son salut, prononçant d'une voix élevée, mais avec les plos profonds sentiments dont son âme était cartable, les paroles de saint Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu. Après quoi ayant dit le dernier adieu au roi et à la reiue mère, qui lui avaient fait l'honneur de le venir visiter; et leur ayant recommandé par une grave et sérieuse exhortation la défense zélée de la foi de leurs devanciers, a'ils voulaient que Dieu affermit leur sceptre dans la race de Valois; il demanda le dernier sacrement pour se fortifier à l'assaut de la mort qu'il sentait approcher, et quoique sa vie ne^ semblât plus tenir qu â un petit fllet, il l'employa par de vifs et amoureux efforts de sa dévotion h chanter des hymnes de la Passion du Sauveur, et à serrer par de tendres embrassements le cruciflx, qu'il reposa sur sa poitrine, ajoutant, avec les paroles de l'Epouse sacrée, que son Bien- Aimé lui serait un bouquet de myrrhe, en qui il espérait d'être tiré de la corruption de sou corps, â l'état immortel de la gloire qu'il lui avait acquise. Ainsi passa du monde cette grande âme, pleine de foi, d'espérance et d'amour, et s'envola comme une colombe sur l'air de celte voix, dans le sein <lu repos éternel, le 7 de décembre de l'année 157!» de son âge la 49*. »

LOUIS DE CAPODB fut nommé, en 1378, par le Pape Urbain VI, diacre-cardinal du turc de Sainte-Marie-la-Neuve.

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LOUIS DE LUXEMBOURG fut élevé , en 1414, h l'évêché de Thérouanne, par une partie des chanoines , quoique les autres se fussent opposés à son élection. — Il se déclara pour les Anglais, et , en 1425, fut fait chancelier par Henri VI , roi d'Angleterre , se disant roi de France. Louis exerça cette charge jusqu'en 1435, et obtint, l'année suivante, l'archevêché de Rouen. Il ne voulut accepter le chapeau de cardinal que le Pape Eugène IV lui conféra en 1439, qu'à condition que le roi d'Angleterre approuverait cette promotion. Il était entièrement dproué a ce prince , qui lui donna l'évêché d'Kly en Angleterre , et qui lui confia ses plus importantes affaires en France. Ce prélat les poussa avec vigueur, conduisant luimême du secours aux places assiégées, animant les faibles , s'opnosant à ceux qui étaient fatigués du joug des Anglais, et ne négligeant rien pour rétablir ce parti chancelant. En 1436 , il se jeta dans la Bastille ,' lorsque la ville de Paris fut soumise au roi Charles VII; mais obligé d'en sortir par composition , il se retira en Angleterre, où il mourut le 18 septembre 1443. (Voy. Monstrklbt , t. II; — Godwin , De epitcopie Elientibue; — Sainte-Marthe; — Aubeby; — le P. Anselme.)

LOUIS, Portugais, évôquo de Viseu , fut créé prêtre-cardinal, en 1444, par l'antipape Félix V.

LOUIS D'ARAGON, fils naturel de Ferdinand 1", roi de Naples, évêque d'Aversa, puis de Léon en Espagne, créé, en 1496, par Alexandre VI, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie in Aquiro, puis de Sainte* Marie in Coemedin, mourut en 1519.

LOUIS DE BOURBON, fils de François de Bourbon, comte de Vendôme, et de Marie de Luxembourg, comtesse de Saint-Paul, de Marie , etc.. naquit à Ham , en Picardie, le 2 janvier 1493. — Elevé au collège dé Navarre , et pourvu avant l'âge, en 1510, de l'évêché de Laon , vacant par le décès de Charles, duc de Luxembourg, son grand oncle, il fut revêtu de la pourpre, par le Pape Léon X , à 24 ans , l'an 1517. Il succéda au cardinal Duprat, dans l'archevêché de Sens, en 1536, et eut l'administration de divers autres évôchés, de ceux du Mans, de Luçon, de Tréguier ; des abbayes de Saint-Denis, de Saint-Corneille, de Compiègne, de Saint- Faroo, de Meaux, de Ferrières, etc. Il mourut à Ports le 11 mars 1556. Pierre Gemel fit son oraison funèbre, et Pelramellarius a écrit sa vie. (Voy. Ughblli , Frizon , Duchênb, Sainte-Marthe: Albert, Doublet, Uist. de l'abbaye de Saint- Denis ; Hilarion de Costb, Eiog.; Gaucher et Louis de Saints- Marthb, Histoire généalogique, etc. — Le P. Anselme.)

LOUIS DE LORRAINE. - Foy. Goise.

LOUIS, duc de Vendôme, de Mercueur, d*Elarapes , pair de France , prince de Martigues , etc., gouverneur de Provence , naquit en 1612. — Il était fils de César, duc de Vendôme, fils naturel de Henri IV, et de

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