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game, en Lonibardie, d'une famille noble ec ancienne, qui porlail autrefois le nom dft Longa Spata , était habile jurisconsulte et chancelier de Charles II, roi de Naples. — Célestin Y, qui défait son élévation à ce
t rince, fit cardinal, en 1294, Guillaume do ongis qui, en 1312, assista au concile général de Vienne, et y défendit la mémoire du Pape Boniface VÙ1. Quelques auteurs croient que ce dernier Poutife avait employé le cardinal du Longis à la compilation du rr* livre des Décrétait*. Ce prélat mourut à Avignon le 9 septembre 1319, et son corps fut transporté è Bergame,oo il avait fait plusieurs fondations. (Voy. Collenatio, lib. v ; — Onuphre Pantin ;— Ciacobius:— Aubebt.)
LONG U El L ( Richard-Olivier de) était archidiacre d'Eu, dans le diocèse de Rouen, quand il fut proposé pour l'archevêché de cette Eglise. — En 1453, élu évoque de Coulances, il administra son Eglise avec nue grande sagesse. Nommé par le Souverain Pontife pour revoir le procès de Jeanne d'Arc, de Longneil se signala entre les commissaires qui Ira rai lièrent à réparer l'injustice dont cette héroïne avait été victime. Le roi Charles Vil lui eu sut bon gré et l'enToya en qualité d'ambassadeur auprès du duc de Bourgogne; il le Ht ensuite chef de son conseil , premier président de la chambre di s comptes de Paris, et , en reconnaissance de ses services, demanda pour lui la pourpre sacrée, que le Pape Calixte 111 lui conféra en 1556. On le trouve appelé le cardinal de Coutances, et quelquefois le cardinal d'Eu, parce que la première dignité ecclésiastique dont il ail joui, fut l'archidiaconé d'Eu. En 1461, il assista au sacre du roi Louis XI, puis se relira à Rome. Le Pape Pie II le reçut avec honneur, le fit a rchi prêtre de Saiut- Pierre, le nomma légat de l'Ombrie et des lieux circonvoisins, et lui donna l'évechô de Porto-Sainte-Rufine et Civita-Veccbia. Il se trouvait ainsi un des six cardinaux-évêques suburbicaires. Les titres des cinq autres sont Vellétri, Frascati, Albano, Palestrine et Sabine. On sait que le Sacré Collège se compose de ces six cardinaux-évêques ; de cinquante cardinaux-prêtres, parmi lesquels se trouvent des évêques, ou archevêques de tous les pays, et de quatorze cardinaux-diacres, qui peuvent être prêtres. Ce nombre de soixante-dix n'est guère jamais atteint. Pour juger de la considération dont jouissait auprès du Saint-Siège le cardinal de Coutances, on n'a qu'à lire ce que dit de lui le cardinal de Pavie, secrétaire de Pie II, dans la 97* de ses lettres: « Plût à Dieu, » dit-il, « que nous eussions plusieurs cardinaux de Coutances t l'Eglise ne manquerait pas de conseillers. C'est uu homme vénérable, rempli de savoir, de sagesse et de bonté, extrêmement sincère dans les avis qu'il
donne » Ce cardinal mourut à Sutri ;
selon d'autres, à Pérouse , le 15 août 1470. Son corps, transporté à Rome, lut inhumé 'l/»ns l'église de Saint-Pierre. (Voy. Frizoî», Gattia pur p.; — Ucbelli. Ilatia sacra; — ï*4Istf- Marthe , Gutlia Christ. ; — Blax-
XAIRE. LOR un
chabd, Hist. des présidents du parlement de Paris; — Aurrry, Hist. des car d.; — Cucoîiius; — Panvih j — Victorbl.)
LONGUY (Claude de) , ou le Cardinal de Givry, était Gis de Philippe de Longuj. seigneur de Givry, etc., et de Jeanne de B*uffremont. — Chanoine, archidiacre, puis érêque de Maçon par la démission d'Etienne de Longuy, son oncle, il fut transféré à l'évéché de Langres , ensuite à ceux d'Amien» et de Poitiers. Il eut aussi les abbayes de Saint- JWnigne de Dijon, de Poitiers, etc. Le Pape Clément VU le revêtit de la pourpre en 1533. Le cardinal de Givry eut une grande part aux affaires de son temps, cl rendit son W h Dieu, le 8 août 1561, dans les sentiments de la plus grande piété. (Voy. Gallia Cfcris\iana; — Frizon, Gallia pur p.; — AtassT, Hisi. des eard.)
LOPEZ (Jeas), né a Valence, en Espagne, entra, jeune encore, dans la maison de Rodrigue Borgia, qui parvint au pontificat sous In nom d'Alexandre VI. — Ce Pontife lui donna l'évêché de Pérouse, puis l'archevêché deCapoue, envoya, comme nonce, en France un do ses frères nommé Jérôme Lopez, l'éleva lui-même au cardinalat en 1V96, et lui confia ses affaires les plus importantes. Jean Lopez fit reconstruire une fontaine sur le parvis de Sainte-Marie au delà du Tibre, comme l'apprend une inscription, qu'on y voit encore, et mourut le 6 août 1501. Ou crut qu'il avait été empoisonné par l'ordre de César Borgia, jaloux de l'ascendant qu'exerçait Lopez sur l'esprit d'Alexandre VI. (Voy. Guichardin. 1. vi; — Zurita ;— Cucokius;— Pawvm ;— Albert.)
LORENZANA. — Nous lisons dans l'Ami de la religion du 12 aint 1820 :
« Il a paru è Rome, et il nous est parvenu récemment , un Eloge funèbre du earéinat François-Antoine de Lorentana ; éloge qui a été prononcé, en latin, à l'académie de la religion catholique par Faustin Trevalo, membre de celte académie, et honoré de la confiance du cardinal. Quoique M. de Lorenzana soit mort il y a déjà quelques années, nous croyons devoir à sa mémoire, aussi bien qu'à l'honneur de l'Eglise, faire connaître ses vertus et ses services, et nous joindrons aux renseignements que nous fournit son éloge, des détails que nous avions déjà sur un des plus estimables éveque* qu'ait eu l'Eglise dans ces derniers temps.
« François-Antoine de Lorenzana naquit à Léon, en Espagne, le 22 septembre H**, d'une famille ancienne qui compte parmi ses ancêtres saint Vincent de Lnrenzanoet qui est alliée à celle de saint Torubio de Mongrovejo. Il étudia d'abord à Léon sou» les Jésuites, et y eut pour maître le pi««» et savant Pierre Zarate, des leçons duquel il conserva toujours un tendre souvenir. H était de la congrégation des jeunes gens que les Jésuitesavaient formée là comme ailleurs; coutume qui contribuait si puissamment à soutenir la jeunesse au milieu des dangers et à inspirer le goût de la piété. Lorenzana en fut même choisi préfet, et dans un Ago plus avaucé il se rappelait avec complaisance
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les tendres exhortations du F. François- Xav er Idiaques, fils atné du duc de Grenade, qui avait renoncé au monde, h ses plus brillantes espérances pour se consacrer a Dieu, et qui depuis partagea la disgrâce de sa compagnie et mourut dans l'exil à Bologne, en 1790. Ses premières études terminées, le Jeune Lorenzana fit son cours de philosophie dans un monastère de Bénédictins, passa dans l'université de Salaman-
3ue. et y fit ses cours de droit canonique et e théologie, dans le grand collège d'Oviedn; séminaire célèbre et très-fréquentô qui a été supprimé depuis; il y resta deux ans et paraît aussi avoir étudié a Valladolid.
« L'usage est en Espagne que lorsqu'il vaque des canonicats on y nomme par concours. Lorenzana fut ainsi choisi pour une prébende de Siguenza. On remarquait en lui une maturité de jugement, un espntde piété, une candeur, une application è ses devoirs, une droiture peu commune. Ces qualités lut concilièrent l'estime du P. François Ravago, confesseur du roi Ferdinand VI, qui le fit nommer chanoine de Tolède. Peu après il devint grand vicaire de ce diocèse, puis abbé de Saint-Vincent, et, en 1765, évêque de Ptacenlia. Il avait à peine commencé è visiter son diocèse qu'il fut transféré, Tannée suivante, è l'archevêché de Mexico, pour lequel il parfit de suite. Le nouvel archevêque se dévoua de suite aux soins de son troupeau, visita son immense diocèse, publia des lettres pastorales, qui sont imprimées, et fini un concile provincial qui est le quatrième de Mexico. Il reçut étiez lui les évôques ses suffragants, et fit imprimer avec beaucoup de magnificence un nouveau recueil des Lettre» et rapports de Fernand Cortex, avec des gravures et des dessins relatifs à l'ancien état du Mexique; Mexico, 1770 in-%*. On lui doit aussi d'avoir fait imprimer en deux volumes tes actes des trois premiers conciles de Mexico, Il fonda dans celle ville uo Dépitai pour les enfants trouvés , et ayant appris sa nomination è l'archevêché de Tolède, il laissa pour l'hôpital ce qui lui restait è recevoir des revenus de son siège» et emprunta ensuite de l'argent pour faire son voyage.
« Ce fut le 27 janvier 1772 qu'il fut institaé pour le siège de Tolède, le plus riche de b catholicité. M. de Lorenzana n'y vit qu'une occasion de faire plus de b:en. Il s'entoura des ecclésiastiques les plusrecommandables, r»g!n sa maison, menant une vie sérieuse et <;ccij|>ée, s'interdisanl toutes les aises de ''opulence et vaquant, ou è des lectures instructives, ou aux fonctions de son ministère! Son goût pour les lettres et pour les bons ouvrages parut dans de grandes entreprises. Il fonda a Tolède une bibliothèque remarquable par l'abondance et le choix des livres, jl établit dans la même ville une université. <1 fit faire une belle édition des œuvres des Pères de Tolède. Sanctorum patrwn 2*o/«/o- ■•nw qmotquot etiam opéra; Madrid, 3 vol. >c> -folio, caractères d'Harra , éditiou accompagnée de préface et de notes savantes et
exécutéesavec beaucoup de soins et de rangnificence. L'archevêque parait en être lui» même l'éditeur et y a réuni les écrits de ses prédécesseurs Maniâmes, Eugène, saint Ildelbnse, saint Julien, saint Euluge, etc., avec l'abrégé de leur vie. Le prélat fit aussi une nouvelle édition du bréviaire mozarabe avec une savante préface sur l'origine de ce ri te. Cette édition sortait encore des pressos d'Harra. Déjà, n'étant encore que chanoine deTolede.il avait éclairci les rites de la Messe gothique, et le fruil de son travail parut à Aogetopolis dans le Mexique.
< A ces magnifiques publications le prélat Joignit encore d'autres ouvrages. Il fit paraître un discours latin dans lequel il se joignait h la faculté de théologie de Madrid pour engager le roi d'Espagne à solliciter du Pape une décision sur l'Immaculée Conception. Peu après il donna une édition aos œuvres de saint Martin et de Léon, chanoine régulier. Saneti Martini Legionensit preebyteri et canoniei regularis opéra nunc primum in tucem édita; Ségonie, A vol. in-foi. L'archevêque ne se contenta pas d'avoir fait exécuter ces ouvrages avec soin, il en distribua gratuitement des exemplaires; il en envoya entre autres a l'abbé de Saint-Léger, qui les répartit entre les grandes bibliothèques de Paris; Sainte-Geneviève, la Sorbonne, Saint- Germain des Prés , le collège Mazarin s'enrichirent des dons de l'archevêque. Nous ne parlerons point de ses instructions pastorales, ni de quelques ouvrages de piété qu'il fil imprimer è ses frais, ou dont il favorisa la publication ; l'auteur même do son Eloge, François Trevalo, le seconda dans ces travaux. Le même présida à l'édition qno Lorenzo Gt faire a ses frais des œuvres do saint Isidore de Séville, revues sur les manuscrits du Vatican et imprimées à Home; édition qui fut quelque temps interrompue par les troubles de l'Italie, mais que le prélat fil reprendre dès qu'il fut possible : A peine ce travail fut-il terminé, qu'il voulut aussi faire exécuter dans le même format, I» Missel suivant la règle de saint Isidore, et il a eu la consolation do voir cette édition toucher a sa fin ; elle s paru sous ce titre : Jsï*tale Gothicum eecundum regulam B. Isidori in u»um Mozarabum; Rome 1804, in-folio, iig. Pie VI félicita M. de Lorenzana par un bref très-flatteur, de son zèle è reproduire les monuments de l'antiquité.
« Les dépenses qu'entraînaient ces grandes entreprises n'empêchaient point l'archevêque de Tolède d'employer de grandes sommes à des œuvres de piété et de charité. Autant il était simple pour lui-même, autant il était libéral pour le prochain. Il fonda une maifon de charité è Tolède, et une semblable maison de retraite à Madrid, pour y recevoir les pauvres et les occuper è quelque travail utile ; il fil rétablir un hôpital ruiné, avec une maison et une église pour les Frères de Saint-Jean de Dieu, qu'on appelait en France les Frères de la Charité. Il bâtit une caserne pour recevoir les militaires, afin de soulager les habitants qui auparavant étaient
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obligés de les loger, et afin de prévenir les Lorsqu'on mena Pie VI en Fnnce, il le sui-
inconvénients pour tes mœurs de leur séjour vit jusqu'à Parme; et, n'ayant pu l'accoin-
dans les maisons particulières. Dans les an- pagner plus loio, parce qu on lui refusa des
nées de disette, ou lorsque les ouvriers passe-ports, Il prit des moyens pour (aire
manquaient de travail, il les occupait è re- parvenir des secours au Pape à l'iosudeses
faire les routes, à réparer les ponts, et à persécuteurs.
d'autres ouvrages d'utilité publique, noble « Le désir du cardinal fut alors de retouremploi d'un grand revenu, magnifique solli- ner au milieu de son troupeau; les mouvecilude bien digne d'un évêque qui secondait ments des armées lui en fermèrent les cbeatnsi les bienfaits du souverain, et savait mins, et il se trouva eu Italie pour lecourendre ses richesses si utiles à son trou- clave tenu a Venise. En 1800 il donna sa peau. démission d'archevêque de Tolède, et ce
« Je n'entrerai point dans le détail de l'ad- siège fut donné à I infant D. Louis de
roinistralion pastorale de M. de Lorenzana. Bourbon, à l'éducation duquel il avait pré-
Assidu h tout ce qui était de son ministère, sidé, et qu'il avait fait archidiacre de son
il fit le voyage d'Afrique pour aller visiter la Eglise. Le cardinal fixa son séjour à Rome,
ville d'Oran, où aucun archevêque de Tolède où il s'occupait a des exercices de piéléet
n'était allé depuis le célèbre Cismeros. Sa de charité. Son noble penchant à donner ne
maison était ouverte à tous les ecclésiasli- se démentit jamais. Pendant qu'il était ■
qnes, et il pratiquait l'hospitalité de la ma- Florence, uu de ses neveux, chanoine de
nière la plus généreuse. Il faisait des provi- Tolède, et archidiacre de Calatrava, le fit
sions de vêtements, de toile et de quinquina son légataire universel; le cardinal parts;»
pour les distribuer aux pauvres. Les mal a- de suite toute la succession, qui était consi-
des, les vieillards, |es familles ruinées trou- dérable, et en donna une partie pour doter
vaient en lui un soutien. Présenté au cardi- de jeunes filles , et l'autre pour l'hospice de
nalal.il obtint nette dignité dans la promotion la capitale. Bon, affable, indulgent, saso-
du 30 septembre 1789, et fut fait, en 1794, ciélô était douce, sa conversation aimable,
grand inquisiteur. Il était de plus conseiller ses manières toujours engageantes et affec-
d'Etat, et chargé d'une multitude d'affaires, tueuses. Ses domestiques lui étaient aussi
Lorsque la révolution française conduisit en attachés que ses amis. Le 16 avril 180»,»
Espagne un grand nombre de prêtres, de matin, il avait adressé une exhortation aai
religieux et de religieuses, le cardinal fut religieuses, dans le couvent des Quatre-
chargé par Charles IV de les placer conve- Saints cou ronces; le soir il s'était entre-
nablement, et il les accueillit généreusement, tenu de bonnes oeuvres avec ses amis . et
.e disputant sur ce point au pieux évôque avait annoncé le dessein de vendre sa voi-
d'Orense, si célèbre par ses largesses en- tureet ses chevaux pou r augmenter ses au-
vers ces honorables proscrits : on dit qu'il mônes: dans la nuit, il tomba dans une
en défrayait a lui seul cinq cents. léthargie dont il ne se réveilla que pour de
« En 1797, (e cardinal Lorenzana relevait courts intervalles, et il mourut le 17 avril,
d'nno maladie, lorsqu'il fut nommé par dans sa quatre-vingt-deuxième année. Son
Charles IV pour porter quelques consola- corps fut exposé dans l'église des Douze-
tions a Pie VI ; il aurait pu alléguer sa faiblu Apôtres, qui était son titre de cardinal, et
santé et son âge a vai cô; mais il saisit volon- enterré, comme il l'avait demandé, dans
tiers cette occasion de montrer son ailacho- celle de Sainte-Croix de Jérusalem. Par son
ment pour le chef de l'Eglise, et l'intérêt testament il avait nommé pour ses héritiers
qu'il prenait à ses malheurs. Il partit avec la maison de Charité et l'hospice qu'il avait
MM. Desping et Musquis. archevêques de fondés a Tolède et «h Madrid. »
Séville et de Séleucie, qui retournèrent en LORERIO (Denis) naquit à Bénévent es
E«pagne quelque temps après. Pour lui, il ll97. — Entré fort jeune chez les Serviu»,
resta en Italie, et suivit le Pape lorsqu'on il s'y rendit très-habile dans la théologie et
l'emmena hors de Rome. Peu après il partit dans les mathématiques qu'il enseigna arec
de Sienne pour l'Espagne; mais il reçut en éclaté Pérouse, à Bologne, à Rome, il était
chemin une lettre du roi qui le chargeait général de son ordre, lorsque le cardinal
d'accompagner le Souverain Pontife partout Farnèse, auquel il avait prédit sou élévation
où on le conduirait. On ne pouvait lut don- sur le Saint-Siège, parvint à la papauté sous
ner une commission qui fût plus dans son le nom de Paul 111. Ce Pootife éleva au
coeur. 11 résida près du Pape, soit è Sienne, cardinalat, en 1539, Lorerio, qui, trois ans
soit dans le couvent de» Chartreux près auparavant, avait été chargé d'une noncii-
Florence, et pourvut aux besoins de cet lure en Ecosse. On prétend que ce prélat,
auguste vieillard et a ceux de tant de cordi- gagné par les promesses de l'empereur
naux, d'é vêques ot de prélats alors proscrits Charles-Quint, osa proposer dans un cousu-
et dispersés dans toute l'Italie. Il était alors toire de relirer nu roi de France le titra dç
le seul cardinul auprès du Pape, et leconso- très-chrétien. Presque tous les cardinaut,
lait par sa présence en même temps qu'il ceux-mêmos qui étaient partisans de l'ea*
l'aidait de ses conseils. On peut croire qu'il pereur, accueillirent, comme elle le méritait,
eut une grande part è plusieurs décisions une proposition si extravagante. Dominé
importantes rendues par le Pape dans sa Cuppi, doyen du Sacré Collège, l'en reprit
captivité, et on dit qu i! empêcha d'embar- hardiment ; et un autre cardinal regarda1'
quer le Pape, comme on en avait le projet. Lorerio avec indignation : «Laissez, Murs*
il.» LOR DBS CM
il dit , « aboyer ce chien ; vous voyez bien qu'il cherche quelque morceau. » C'est Moréri qui rapporte celle petite histoire, fort peu vraisemblable; aussi lui en laisse-t-on la responsabilité. Le cardinal Lorerio mourut le 17 septembre 15iî, âgé de quarantecinq ans. Il était alors évêque d'Urbin, et légat de la Campagne de Rome. Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Marcel , qui était son lilr^, et où Ton voit son épitaphe. (Voy. Paul Jove, Uist., I. iv; — Sadolet, episl. 13, 14 et 15; — Panvin; — Victorbl. ; — Albert.)
LORIS. — Voy. François.
LORRAINE. — Voy. Guise (Jean).
LORRAINE (Nicolas-François de), créé en 1627 par le Pape Urbain VIII, diacre-cardinal, remit son chapeau, fut duc de Lorraine, et épousa, en 1634, Claude de Lorraine, sa cousine.
LORRAINE. — Voy. Charles. — Nous donnons ici l'éloge de Charles I" de Lorraine par le P. Àlby [1644).
« De toutes les belles vies, il n'en est point qui tiennent une place plus haute et plus honorable dans l'estime de la postérité que celles qui se sont dédiées au service du
{•rince et au bien de la patrie et du public, îl quoique parmi celles qui ont eu ce glorieux destin il s'en soit trouvé qui, pour avoir eu leurs opérations plus sombres et plus cachées, n'oni pas laissé d'être extrêmement utiles aux Elats. Si est-ce que quand la solidité et l'éclat ont paru en concours dans la vie de ces grand» hommes, et que comme des astres du firmament oui obligent toutes les choses inférieures de leur lumière et de leurs influences, ils n'ont pas été moins éclatants qu'utiles au monde. C'est pour lors qu'une plus belle gloire s'est plu de couronner leur vertu, et que leur nom est demeuré en vénération dans la mémoire des hommes, comme une chose sacrée a laquelle le temps et l'envie n'ont osé toucher pour n'être sacrilèges.
■ Or, m'avouera - t-on aisément que le grand cardinal de Lorraine tient un rang émioent parmi ces illustres personnages qui sont le plus riche ornement de leur patrie, pour avoir été l'un des plus grands prélats que> la France ait donné à l'Eglise, et A qui cet Etat est tenu de tout plein de prospérités et d'avantages qu'il recueillit de sou temps, des signalés services qu'il lui rendit dans toutes sortes de grands emplois et d'honorables négociations, dedans et dehors le royaume ; ayant pour cela mérité de la postérité toutes les louanges d'un homme né pour le bien des autres, et le titre même de cardinal de France, qui lui fut donné par quelques écrivains de son temps, après avoir porté celui de Guise et de Lorraine.
« 1 1 est vrai que pour se pousser a ce degré de mérite et d'honneur, il avait eu tes principes qui viennent avec un sang généreux et avec une naissance illustre : éiaul issu par sa mère de la royale maison de Bourbon, et par son père de l'ancienne et très-illustre maison de Lorraine, alliée à celle d'Anjou,