‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 249 sur 457 · DINA IX. LUT HO · texte numérisé non relu

DINA IX. LUT HO

dolid. L'éclat de sm enseignement le fil juger digne d'un plus grand théâtre, el il reçut l'ordre d'aller h Rome pour y professer U théologie. Parti en mars 1621, et après avoir couru toutes sortes de dangers dans les provinces de France qu'il traversa, il arriva à Rome en juin de la même année. Il y enseigna la théologie pendant vingt ans. Attaché uniquement a ses fonctions, il ne perdait point son temps è faire la cour aux cardinaux, ni à fréquenter les ambassadeurs. Il n'avait jamais pensé è donner aucun ouvrage au public ; mais on lui ordonna de lu faire, el son vœu d'obéissance ne lui permit

fias de résister. Il publia donc sept gros voumes in-folio. Le 1*' traite De incarnation! dominica, Lyon, 1633 et 1653; le II* traite De sacramentis in génère, et de vener. Eucharistia sacramento et sacrificio, Lyon, 1636 ; le 111*, De virtute et sacramento patnitentiœ, Lyon, 1638, 1644 et 1651; le IV* et le V« traitent Dejustitia et jure, Lyon, 1642 et 1G52; le VI', De virtute ditinœ fidei, Lyon, 1646 et 1656; le VII' est un recueil Responsoriummoralium, Lyon, 1651 et 1660. Outre cela il a l'ail des Notes in privilégia vivœ vo~ cis oraculo concessa societati, Rome, 1645, iu-12, el il a traduit de l'italien en espagnol la Vie du bienheureux Louis de Gonxague. Comme il avait dédié à Urbain VIII le IV" volume de son grand ouvrage, il fut obligé d'aller saluer ce Pontife à qui il n'avait jamais parlé. Il en fui bien accueilli, et depuis lors Urbain utilisa ses talents en plusieurs circonstances, et lui témoigna une affection particulière. Le 14 décembre 1643, il lui conféra la pourpre sacrée sans que Lu go en eût été averti, sans qu'il eût le moindre soupçon des intentions du Pontife. Le cardinal Lugo était tiès-charitabJe envers les pauvres. C'esl dans sa demeure que fut distribué le premier quinquina envoyé en Eu* rope par les Jésuites d'Amérique, et que, pour cela, ou appelait la poudre de Lugo la poudre du cardinal. Ce saint prélat mourut le 20 août 1660, el voulut être inhumé aux pieds de sainl Ignace do Loyola, fondateur de son ordre.

LUNATI (Bernardin), de Pavie, créé en 1493, par le Pape Alexandre VI, diacre-cardinal du litre do Saint-Cyriaque, mourut en 1497.

LUSIGNAN. — Voy. Higles.

LUXEMBOURG. - Voy. Lotis, Paairre et Pierre (du).

LUYNES (Paul d'Albert de), né â Versailles le 5 janvier 1703, était le second (ils du duc de Chevreuse-Montforl, tué près de Bellikeira, en revenant d'escorter un couvui qu'il fit entrer dans Landau le 9 septembre 1704, et regretté do toute l'armée pour sa valeur cl sa capacité. — Sa mère était la fille unique du marquis de Dangeau, et il avait pour aïeul paternel le duc de Luynes el do ChevreuseJ'ami deFénelonetdudocdeSaiiit Simon. Le jeune Paul, qui porta d'abord le nom de corn le de Mon (fort, eut l'avantage d'ê- Ire élevé sous les yeux de son digne aieul.

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Qaand il Peut perdu eu 1712, il trouva dans sa graid'raère, la duchesse de Chevreuse, fille du grand Colbert, l'appui dont son jeune âgo avait besoin, et le modèle de toutes les vertus. Le comte do Montforl suivit d'abord la profession des armes, qu'il quitta bientôt pour la carrière ecclésiastique, è laquelle l'appelait sa piété. Sorti du séminaire, et entré dans les ordres, à la satisfaction de son aïeule, qu'il ne nerdit qu'eu 1732, il fut nommé en 1727 à l'abbaye de Cerisv, et sacré le dimanche 25 septembre 1729 évôque de Bayeux. Le saint prélat remplissait exemplairement les devoirs de son ministère, prêchant, tenant de fréquents synodes, appelant des missionnaires. En 174.3, il fut appelé a l'Académie française ; en 1746, nommé premier aumônier de la Dnuphioe, mère de Louis XVI ; en 1753, transféré à l'archevêché de Sens, et eu 1756, revêtu de la pourpre par le Pape Benoit XIV, sur la présentation du prétendant, le Saint-Siège ayant réservé aux Stuarts proscrits, comme aux grandes puissances catholiques, la faculté de présenter un sujet pour le cardinalat. Le cardinal de Luynes assista aux trois conclaves où furent élus Clément XIII, Clément XIV et Pie VI. Il embrassa vivement la défense des Jésuites et prit part à toutes les affaires ecclésiastiques de son temps. C'est chez lui qu'en 1767 se tint une réunion d'évêques qui convinrent d'adresser des représentations contre les arrêts des parlements. Le cardinal de Luynes n'était pas seulement un homme d'esprit et un saint prélat, c'était un homme distingué qui s'occupait avec succès d'observations astronomiques. Dès 1755 il était membre honoraire de l'Académie des sciences, et plusieurs de ses travaux ont été publiés dans les Mémoires de celle Académie de 1761 à 1772. Il mourut à Paris le 21 janvier 1788, doyen des évéques de France et premier des cardinaux-prêtres. Son oraison funèbre fut prononcée par l'abbé le Gris.

LUZERNE (César-Guillaume de la), cardinal, évôque de Laugres, pair de France, naquit à Paris le 17 juillet 1738, d'une ancienne famille de Normandie. — Il était allié par sa mère aux Lamoignon, et fut d'abord chevalier de Malte, mais il se destina bientôt à l'étal ecclésiastique, et entra dans le séminaire de Saint-Magloire à Paris. Le crédit de son grand-père, le chancelier de Lamoignon, lui lit obtenir de bonne heure plusieurs bénéfices; nommé en 1754- chanoine in minoribus de la cathédrale de Paris, et deux ans après abbé de Morlemer, il lit son cours de théologie au collège de Navarre, fut le premier de sa licence en 1762 et devint grand vicaire de M. Dillou, récemment appelé à occuper te siège archiépiscopal de Narbonue. La province de Vienne dans laquelle il possédait la chapelle de Notre-Dame de Pitié (diocèse de Grenoble), le nomma, en 1765, agent du clergé; il s'acquitta avec zèle et succès de celle place, diliieile à celte époque, à causu des contestations survenues entre le clergé

et les parlements. DHcoucerlavecll.de Cicr, son collègue, il présenta requelo au conseil au mois do mars 1766, coutre le réquisitoire de M. Castillon, avocat générai au parlement de Provence, sur les acles du clergé (Foy. le» Actes de la dernière assemblée du clergé vengée par le clergé et par le roi de$ attaput de Ai. de Castillon, 1767, in-12), le conseil ordonna la suppression du réquisitoire. En 1770, l'abbé do la Luzerne succé'la à M. Je Monlmorin, mort cette même aunée dans Pévêché de Langres, qui avait le titre de duché-pairie; il resta néanmoins chanoine honoraire de la métropole de Paris, et assista à l'assemblée du clergé de cette année, et à celle de 1775. Chargé d'un grand diocèse, il partageait son temps entre l'étude ailes devoirs du ministère pastoral. Il prononça en 1773 l*oraison funèbre du roi de Sardaigne devaul le comte d'Artois, el l'année suivante, il prononça dans la même église, celle de Louis XV devant Monsieur. Il remit en 1782, son abbaye de Morlemer, el fut nommé à celle de Bourgueil, au diocèse d'Angers. Il publia diverses ordonnances il Lettres pastorales dignes de son talenl et de ses vertus évangéliques.

La Luzerne fut appelé à l'assemblée des notables en 1787: il siégea l'année suivante dans la dernière assemblée du clergé; elen 1789, il fut nommé aux états généraux. S'é- (anl aperçu des suites qu'auraient les premières opérations du tiers état il proposa que le clergé et la noblesse se réunissent dans une chambre; mats ce projet fut rejeté par les trois ordres. Mirabeau consacra trois lettres à ses commettants pour réfuter la système de la Luzerne qui était calqué sur les formes du gouvernement anglais. Cependant la Luzerne fut le second des évêques qui présida l'assemblée: l'esprit qui y présidait ne pouvait plaire a un si sage prélat: aussi, après les 5 et 6 octobre, il se retira dans son diocèse, où les novateurs ne le laissèrent pas en repos. Il adhéra à l'exposition des principes des 30 évoque*! refusa, le 1" décembre 1790 de coopérer a la suppression de son chapitre, et, le 20. i1 adressa aux administrateurs de la Haute- Marne une lettre énergique qui réclamait contre leurs arrêtés et rendait compte df ses principes. Il adressa encore d'autres lettres non moins courageuses, et qui combattaient les principes du jour, savoir : aut officiers municipaux de Langres ; sur son refus du serment civique à M. Becquej* procureur général et syndic du département, qui répliqua, et auquel le prêta' fit une réponse victorieuse. Il publia aussi un examen de l'instruction da l'assemblée nationale sur l'organisation prétendue citi'e du clergé; une instruction aux curés eliui autres prêtres de son diocèse qui n'avaient pas prêté Je serment (15 mars 1791), cl qi» fui adoptée par trente-trois évêques, et une Instruction pastorale sur le schisme de France (réimprimée à Laugres en 1805). eu il parle a fond sur les principales matière* contestées. Cette courageuse résistance t»e

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