LUZ DES CARDINAUX. LUZ 11GG
ftouvnil que redoubler les persécutions. Ou sitôt les secours dv la religion et les reçut e priva de son évêché ; bientôt il fut obligé en présence de sa famille, a laquelle il de quitter la France. Il se relira en Suisse adressa une pieuse exhortation. La Luzerne
et sa fixa à Constance, où il prêcha le jour conserva toute sa présence d'esprit, jusqu'au
de Pâques 1795, un Sermon sur les causes de moment de sa mort, arrivée le 21 juin 1821 ;
Vineriduliti (imprimé en 1818). Ii séjourna à l'âge de 83 ans. Son corps a été scellé
plusieurs années dans cette ville et y ac- dans un cercueil de plomb, et déposé h côlé
cueillit tes prêtres de soo diocèse émigrés de celui de l'abbé Legris-Duval. dans un
comme lui. Il en avait toujours au moins caveau de l'église des Carmes de la rue
douze è sa table ; pour remplir cette œuvre Vaugirard. M. Cortois de Pressigny, arche*
de charité, il vendit jusqu'à ses boucles vôqne de Besancon, a prononcé, à la chnm-
d'or et sa croix épiscopale. S'élant rendu eu bre des pairs, l'éloge de M. le cardinal de
Autriche auprès de son frère, César-Henri, la Luzerne : cet éloge a été inséré dans le
qui demeurait à Berneau, près de Wels, il y Moniteur du 26 juillet 1821. * A l'expérience
resti jusqu'à la mort de cet ancien ministre des vieillards,* dit l'Ami* de lareligionet du
de Louis XVI, arrivée en 1799. Il passa en roi, t.XXVIU, p. 232,» il joignait la vivacité
Italie et fixa son séjour à Venise, où il s oc- de la jeunesse et la piété la plus vraie-, il
capa de la rédaction de ses nombreux ou- pratiquait la vertu simplement. Après avoir
▼rages: les soins qu*il donnait aux prison- étonné par ses connaissances et sa mémoire
niers français dans les hôpitaux lui Tirent les gens les plus instruits, il étonnait encore
contracter une maladie grave dont il se res- plus dans son intimité par sa gaieté franche,
sentit longtemps; il ne cessa do visiter et II aimait les enfants et on était aimé. Excel-
de secourir six cents de ses compalrioies lent ami, patriarche de sa famille, il fut
malheureux attaqués du typhus, en 1801, et constamment sujet fidèle, prélat attaché à
à la demande du Pape Pie VII, il donna sa ses devoirs, écrivain laborieux et défenseur
démission de son siège de Langres, et ne zélé des principes de la religion et des
vint en France qu'en 1814, après la chute droits de I Eglise. Il a rempli avec hooneur
de Bonaparte. une longue carrière, et laisse au dedans et
Son passage par Langres fut un triomphe, au dehors de son diocèse le souvenir de ses
Lorsqu'il fut arrivé à Paris, le roi Louis X VIII qualités et de ses services. » On a de lui:
Se nomma pair de France. Sur la fin de la I. Oraison funèbre de Charles- Emmanuel III,
même année la Luzerne fut un des neufs rot de Sardaigne, iTI3, in-4* et in-12; II.
évêques réunis en commission pour dtîli- Oraison funèbre de Louis XV, roi de France,
bérer sur les affaires de l'Eglise. Lors du 1774, in-4* et in-12; lbid., 1809; Paris, so-
retour de Bonaparte en France, il ne quitta ciélô typographique, 1810; Biaise et Polel,
point Paris et ne fut pas inquiété ; après la 1818; Lyon, Rnsand, 1810-1815; traduit en
seconde restauration, ayant été présenté italien par Gio Prodoscimo-Zabeo, Venise,
par le roi, il fut élevé au cardinalat et reçut 1799, in-8-; lbid., Carti, 1810; III. Instilu-
ta barrette le 24 août 1817. lion sur le rituel de Langm ; Instruction
Quoique la Luzerne eût pu, comme d'au- pastorale sur l'excellence de la religion, Lan-
t res anciens évêques, obtenir un archevêché, gres, 15nvrill786, in-12; lbid., Besançon,
il préféra son siège de Langres; mais de A uché, 1786, in-4"; IV. Examen de Cinstruc
nouvelles négociations entamées avec la tion de l'assemblée nationale sur l'organisa'
cour de Rome l'empêchèrent de se rendre à rton prétendue civile du clergé, 1791, 70 pa-
son diocèse. A cette époque il fut le seul ges; V. Considérations sur divers points de
prélat admis dans le conseil des ministres, la morale chrétienne, Venise, C.irti, 1799,
tenu pour discuter le concordat. Peu de 5 volumes in-12; Lyon, 1816, 4 volumes
temps après le roi le nomma ministre^d'Etat. in-12; VI. Explication des évangiles des di-
II Ut aussi partie de l'assemblée que tinrent manches et de quelques-unes des principales
plusieurs évêques au sujet de ce même (êtes de l'année, 1807-1816, 1822, 4 volumes
concordat, et signa les lettres qui furent inl2; VII. Dissertation sur les Eglises ca-
adressées au Pape et au roi. On le croit au- tholique et protestante, 1816, 2 volumes
leur de celle qui fut écrite à Louis XVIII en in-12; VIII. Eclaircissements sur l'amour pur
juin 1818, signée par plus de trente évêques de Dieu, 1815, in-12, de 21V pages ; IX. Dis-
3ui y réclamaient l'exécution dudit coocor- sertalion sur la loi naturelle, in-12; X. Disat. Il s'éleva dans la chambre des pairs sertation sur la spiritualité de l'dme et sur ainsi que trois autres évêques, membres de la liberté de l'homme: XL Considérations ta même chambre, par une déclaration pu- sur l'état ecclésiastique, Paris, société typoblique le 10 mai 1819, contre le refus de graphique, 1810, in-12; XII. Dissertation mentionner daos un projet de loi la répres- sur l'instruction publique, Paris, 1816, in* sion des outrages faits à la religion. Il reçut 8*; XIII. Projet de loi sur les élections; le cordon bleu. Malgré son âge avancé et lbid., Egron, 1820, 2 feuilles, ses infirmités, la Luzerne partageait son La Luzerne est auteur de beaucoup d'autemps eotre l'élude et les exercices de piété, très ouvrages, parmi lesquels les dissertait se levait à quatre heures du malin et ob- lions imprimées a Langres de 1802 à 1808, servait uu régime austère. Depuis longtemps chez Bournot, forment onza tomes en 6 vosa santé dépérissait. Attaqué d'une maladie lûmes in-12; il a laissé en manuscrit un qui a duré cinquante-cinq jours, et sentant traité théologiquc sur le prêt à intérêt, pouapprocher sa dernière heure, il réclama aus- vaut former 3 volumes in-8', et un traité