‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 255 sur 457 · MAD · texte numérisé non relu

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Saint-Siège, comme étant doué d'une prudence affinée et d'un savoir exquis , d'une rare facilité d'esprit à démêler les choses embrouillées, d'un jugement net et pur des opinions extravagantes et populaires, d'une éloquence pleine de majesté, et d'autres très-illustres qualités , qui ne relevèrent pas peu l'estime qu'on faisait de lui, et augmentèrent la splendeur de ce grand concile.

« Ce fut encore un effet de ses sages conseils et de la vigueur agissante de son esprit, le notable secours que Paul III envoya en Allemagne sous la conduite de ses neveux Alexandre, et Octave Farnèse, l'un cardinal et son légat, l'autre général de ses troupes , en un temps auquel presque tout le Septentrion, soulevé en factions , menaçait de changer partout l'ancienne religion, avec la face de l'Etat. Et non content d'avoir servi de son conseil à cette entreprise , il servit encore d'instrument à l'exécution , y menant lui-même un renfort de trois régiments italiens, et 1,000 gendarmes choisis, où il eut la consolation de voir un éclatant succès des armes catholiques , les forces protestantes rompues, le chef principal prisonnier, les villes rebelles ouvertes au victorieux, la religion sauvée de la ruine qui la menaçait, le Saint-Siège en crédit, l'Eglise en triomphe, l'hérésie en confusion.

« Ces honorables négociations, et la grand 3 créance qu'il avait auprès du Saint-Père, lui acquirent une merveilleuse autorité, qu'il n'employa qu'à élever la vertu et les bonnes lettres, à donner de l'éclat h la piété, à sou* loger toutes les misères, et à obliger tout le monde. Sa maison était le logis de la bénéfleence pour les petits , et le palais de la magnificence pour les grands. Il ne fut jamais de nécessiteux qui y entrât sans y recevoir de la faveur et du secours , ni de seigneur ou de prince qui passât parTrente, qui n'y fût reçu et caressé dans la splendeur. Il eut l'honneur d'y traiter le roi catholique Philippe II allant en Italie, et les principaux princes d'Allemagne. Et comme il n'y eut rien de si haut dans l'univers qui fût par-dessus la grandeur et la noblesse de son courage, aussi n'y eut-il rien de si bas où il ne portât ses mains libérales, et ne ployât ses charités. Son amitié , comme ses conseils furent recherchés presque de tous les grands , et principalement du duc de Saxe, du roi d'Espagne , et des empereurs Moxiœilien et Charles-Quint, comme un des appuis les plus fermes de leurs Etats. Le roi d'Espagne, pour reconnaître les obligations qu'il lui avait, lui donna le gouvernement du Milanais, dans lequel il fît, voir qu'il était aussi propre à l'exécution qu'au conseil , tant pour la paix que pour la guerre, et qu'il avait toutes les bonnes qualités pour gouverner, qui ne se trouveut guère ailleurs que séparées. Et quoiqu'il soit également injuste de contenter tout le monde, et de ne contenter personne , parce que l'égalité de toutes choses offense souvent, et le mérite particulier et le bien public, il apporta néanmoins une si excellente modérât iou

PES CARNLNALX.

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rn sa conduis, qu'il.ln scella do l'approbation du prince, et de l'applaudissement général des peuples.

- « Et il ne donna pas moins de satisfaction en l'administration de la Marche d Ancône comme légat apostolique, envoyé du Pape- Pie VI en des temps difficiles, où il fallait remplir cette charge d'une personne de rare mérite; dans laquelle il fit voir un excellent modèle de la politique chrétienne, concertée avec toutes les vertus dignes d'un grand prélat II y fit du service de Diou, de I honneur du Saint-Siège et du bien public, comme d'un beau triangle, la règle de ses mouvements et de ses démarches; et fil particulièrement éprouver ses libéralilôs au* maisons de la Compagnie de Jésus, qu il avait toujours chérie et protégée à l'égal de son estime, quoiqu'il fit partout ailleurs couler ses biens comme des fontaines pour la récompense des services, pour la gratifirntion du mérite , et pour l'ornement du public.

« Il avait un abord extrêmement affable , un entretien délicieux , un front toujours serein, et un mélange de douceur et de gravité presque inimitable. Son esprit, également vigoureux et présent à toutes choses, n'eut néanmoins jamais rien de violent, ni en la ferveur de sa jeunesse , ni en la maturité de son Age, et le penchant de ses années ne courba jamais la force et la constance de son âme, ni sa persévérance en la vertu. Il mourut à Tivoli, où il s'était retiré pour éviter les extrêmes chaleurs de Rome, l'an 1518 , de son Ôgo le 66% le cinquième jour du mois de juillet , qui était le même jour qu'il naquit au monde, auquel les extrémités de sa vie se baisèrent pour faire le cercle de l'honneur, et une riche couronne pour l'immortalité. Son corps fut trouvé trois ans après entier, et parlé a Rome en l'église de Saint-Onuphre , où il cal enterré.

TOMBEAU PU CARUNAL MADBtCK.

ChrUto llesusciiaiori.

Clirislopiiori Madmiii epis. Porluensis Canliaali» Tri<lentiiii os s* tiic reuuiescuiil. Obiiiv Julii MDLXWUI, selat.

Sua; txvi , eodeni quo natus est die récurrente.

« UEtoge de ce cardinal a été écrit par Filliuciusel Pélramellarius. Un bon nombre de graves auteurs en ont fait honorable mention. »

M ADRUCE (Louis), neveu du précédent, fait évêque de Trente après la résignation de son oncle, puis cardinal en 1561, par le Pane Pie IV, soutinl très-bien la réputation qu avait acquise son oncle, fut envoyé, en 1 582, par le Pape Grégoire XIII, comme légat en Allemagne, et depuis employé dans les affaires les plus considérables de l'Eglise» — C'est lui que l'Espagne chargea de ses intérêts dans les conclaves où furent élus Urbain VII, Grégoire XIV, Innocent IX et Clément VIII, et qui, dans ces qualro coni-'aves, donna tout d'embarras au cardinal

SAIRE HAI 1H«

Montolle, avec lequel néanmoins il fol loujours forcé de se réunir. Il mourut à Rouie le 20 avril 1600..

MADHUCE (Charvrs), créé, en 1604, cardinal par le Pape Clément VIII, évêque de Trente et de Sabine , mourut à Romo le %\ août 1629.

MAFFEl (Bernaroir), de l'illustre famille de ce nom, originaire de Bologne, et réfugiée» Vérone, en 127V. à la suite des lutté* des Guelfes et des Gibelins, naquit, en 1511, à Rome, où il fit les éludes les plus brillautes. — Poêle et orateur distingué, il fut secrétaire du Pape Paul III, qui lui donna suc cessivement les évèchés de Massa, de Forimpopolo et de Caserle, puis le chapeau de cardinal en 1549. Ce prélat mourut le 16 juillet 1553, âgé seulement de W ans. Oti a de lui des Commentaire» turle» Utlmit Cicéron, et un Traité sur le» meriptiou ti le$ médaille».

MAFKKI (Marc-Astoikb). né à Rome.de la même famille que le précédent, archevêque de Cliiéli, dataire et nonce en Pologne, fut créé, en 1570, par Pie V, prêtrecardinal du litre de Saint-Calixle,et mourut en 1583.

MA FF El (Horace), de la même famille que les précédents, archevêque de Chiéti, dans le royaume de Neples, fail cardinal par Paul V, en 1606, mourut en 1609.

MAGALOTTI (Laurent), Florentiu, créé en 1623 par le Pape Urbain VIII, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie in Aqmro, puis prêtre du litre de Saint-Jean el de Saint- Paul, évêque de Ferrare, mourut en 1637.

M AÏ (Asgelo). — ÎNous empruntons à l'Ami de la religion les détails suivants publiés à l'occasion de la mort du cardinal Augclo Mai.

« L'illustre cardinal que la mort a fraps^ soudainement dans la nuit du 8 septembre 1851, a laissé parmi tous les savants de l'Europe un si grand renom que son éloge ne sera taxé par personue d'exagération, et que nous pouvons commencer cette notice en disanl qu'il fut la gloire du Sacré Collège cl le prince des philologues de notre siècle.

Angt'lo Mai naquit le 7 mars 1782, àSthilpano, dans la vallée de Scalve (province du Bergame). Ses parents voulurent qu'il s'app'iquât de bonne heure è l'élude, et leur principal soin fut de déployer chez lui, en même temps que les dons de l'intelligence, les qualités du cœur.

« Il eut pour maître le prêtre Louis Mozî''< qui avait appartenu à l'illustre Compagne de. Jésus; sous la direction de son érudH concitoyen le jeune Mai fit de grands progrès au séminaire épiseopal de Bergame, el w distingua dans toutes les parties de l'enseignement.

« Mais tout à coup il quilla son pays'e'' avec quatre de ses compagnons d'études,» rendit à Colorno, où Ferdinand de Bouruon. duc de Parme, avait, avec l'agrémeol du

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Souverain Ponlife Pie", VI, permis oui Père» Jésuite* d'établir une maison.

« Entré dans la Compagnie en 1799, Angelo Mai s'y appliqua avec ardeur h l'élude, et chez lui la piété était a la hauteur du mérite. En 1801, il fui envoyé à Naples pour y enseigner les humanités. Ce fut alors qu'au milieu de ses recherches comparatives sur les auteurs classiques latins, grecs et italiens, il écrivit quelques compositions poétiques qui révélaient chez lui une ardente imagination. Mais la poésie n'était qu'un délassement, et son esprit tendait vers un but plus élevé, vers des occupations plus sérieuses.

« Contraint de quitter Naples, il vint à Rome avec quelques-uns des membres de la Compagnie, et après un court séjour dans la capitale du monde catholique, il se rendit à Orviéto où l'appelait l'archevêque de cette ville, Jean-Baptiste Lambruscbini. Là il s'appliqua à l'étude de la théologie, puis à celle des langues hébraïque et grecque, et enfin de la paléographie, sous Ta direction des ei-Jésuites espagnols, Monero et Menchaca. Dans cette dernière science surtout il ne tarda pas à devenir passé maître. C'est vers celte époque qu'il fut admis au sacerdoce.

« Tandis qu'il se livrait avec tant d'ardeur et de jjie à un travail immense qui embras- .«ait toutes les sciences divines et humaines, Angelo Mai se vil obligé d'obéir à une lot impérieuse en vertu de laquello chaque Italien devait revenir dans son pays natal. Alors il alla à Milan; Mozzi, son matlre dévoué, était avec lui, et en lui procurant la nomination de docteur de la bibliothèque Arabroisienne, il lui ouvrit l'entrée de ce sanctuaire de l'étude.

« Tout le monde sait avec quels soins et quels frais le cardinal Borromée avait réuni dans celle bibliothèque une énorme quantité de manuscrits précieux, envoyant dans toutes les parties de l'Europe des savants à la recherche des ouvrages qu'ils pourraient acheter, et leur ordonnant de faire copier ceux qu'on ne pourrait se procurer autrement. Mai, à la vue de tant de richesse, conçut le projet d'exhumer de l'ombre et du la poussière les trésors qui y étaient enfouis. Le voilé occupé sans relâche à tourner et a retourner les parchemins, à examiner les palimpsestes confus et embrouillés, à promener partout un regard scrutateur, dans l'espérance de retrouver quelque monument de l'antique science. Il avait reconnu en effet que parmi les œuvres classiques des auteurs de I antiquité il en est un certain nombre de tronquées et d'autres qu'on croit perdues; aussi dans les recherches qu'il faisait sans cesse, était-il guidé par sondésir Je combler quelque lacune de ce genre. Or ces doctes veilles ne furent point superflu»* : toujours appliqué à déchiffrer des t>Kles que, soit le temps, soit l'ignorance des Jnommes avaient défigurés, de palimpsestes d'écriture, de feuillets qui avaient

été réunis an hasard, Mai eut le bonheur de découvrir de véritables (résors là où d'autres n'avaient su voir que des paperasses inutiles.

« Le premier fruit de ses excellents travaux fut le discours d'Isoorato : De permutatione, qu'il traduisil en latin en l'illustrant de notes et d'uno préface, et qu'il publia. Mustodixi avait fait paraître le texte de ce discours, et Mai joignit è l'original la traduction et d'imporlanls commentaires. Mais ce n'était la pour lui qu'un essai. Encouragé puissamment par le succès d'une première tentative, il ne se sentit que plus d'ardeur pour continuer son œuvre. Sans se laisser détourner un instant de ses doctes investigalions, il réussil en peu d'années h mettre au jour une foule d'ouvrages en tout ou partie inédits. De 1813 è 1819, il présenta aux savants des travaux qui furent accueillis avec enthousiasme. Dans le nombre nous citerons des fragments d'Homère avec un grand nombre de peintures également antiques, et dont les sujets sont tirés des œuvres de ce grand poêle; les écrits inédits de Cornélius Fronton; des lettres inédites d'Antonin le Pieux, de Marc-Aurèle, de Lucius Verus et d'Anpicn ; des fragments de discours d'Aurélius Symmaque; les Antiquités romaines de Denis d'Halicarnasse, qui manquaient jusqu'ici ; des fragments inédits de Piaule, d'Isée, de Thémiste le Philosophe ; un ouvrage inédit de Porphyre le Philosophe; quelques écrits du Juif Philon; les anciens interprètes de Virgile; deux livres des Chroniques d'Eusèbe Pamphile; trois livres de Julius Valérius sur la vie d'Alexandre de Macédoine; les vr et xiV livres sibyllins; une traduction en langue gothique des Epllres de saint Paul et des autres livres de l'Ecriture, par Ulfila. Par ces découvertes inestimables qu'il publia, Angelo Mai rendit de grands services aux amis des lettres. Son nom ne tarda pas à acquérir de la célébrité. Tous les savants avaient les yeui fixés sur l'infatigable investigateur de la bibliothèque Ambroisienne.

« En 1819, l'emploi de premier '(bibliothécaire de la Valicane étant devenu vacant, le cardinal Lilta et le cardinal Consalvi s'unirent pour prier le Souverain Pontife Pie VII d'y appeler Angelo Mai, bien certains que nul mieux que lui ne saurait le remplir. Le savant philologue se montra très-flalté de cet honneur, qui allait lui permettre de poursuivre à Kome les travaux qu'il avait si bien commencés à Milan. Ses recherches ne lardèrent pas en efiel à Aire couronnées de succès. Il découvrit dans la bibliothèque Valicane une autre partie des livres de Cornélius Fronton, cachée sous un palimpseste r de plus quelques fragments du droit civil antérieurs au code de Justinien , quelques discours de Symmaque, la Rhétorique de Julius Victor, etc. Mais ce qui ralentit le plus haut en Europe, ce fut la découverte des six livres De la république de Cicéron, que tout lo monde savait bien avoir existé-, mais qui, depuis le xiu' siècle, étaient per-

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dus sans que ni Pétrarque, ni Poggie, ni Bessarione, et lanl d'autres patients investi» galeurs fussent parvenus à les retrouver. Une telle gloire était réservée a Angelo Mai, et ce sera pour lui un titre éternel aux yeux de la postérité. A peine cette œuvre si importante eut-elle été publiée par lui avec des noies exégéliques et historiques, qu'elle se répandit dans toute l'Europe et fut traduite dans presque toute les langues.

« Nommé chanoine de la bnsiliquo patriarcale du Vatican, et admis dans lo collège de la prélature romaine, Angelo Mai ne suspendit pas un moment ses excellents travaux. A Caropidoglio, en 182b, il prononça un remarquable discours , au sujet d'un concours artistique , et il avait pris pour texte : De l'accord mutuel de lareligion et des aria; dans la même année, il lut à I Académie catholique un autre Discours sur les bienfaits de Pie VII et du clergé envers les lettres. A ces morceaux justement estimés , il faut joindre l'oraison funèbre en lalin qu'il pron mça dans la chapelle Sixtine lorsqu'on y célébra les obsèques de Jean VI, roi de Porlugnl, et un d'scours Pro eligendo Pontifice, qu'il fit entendre en présence du Sacré Collège au moment ou l'on allait entrer au conclave où fut nommé le Pape Grégoire

« Les travaux publiés par Angelo Mai eussent pu suffire a sa gloire, mais il De suffisaient pas à son activité.

« Dans le courant de l'année 18Si, il fit paraître le catalogue des papyrus égyptiens delà bibliothèque du Vatican, réunis par les Papes Pie VI! et Léon XII. et mis en ordre par lui. Mais ce travail n'est rien, si on le compare à la collection des auteurs anciens, en dix gros volumes qu'il commença & imprimer en 1827. Il ne l'eut pas plusiôt achevée qu'il en publia une autre également en dix volumes sous ce litre : Classici script or es ex codicibus Vaticanis edi/i, entreprise qu'il ne put mener à Un qu'en 1838.

« Sa renommée était devenue immense ; loules les académies se disputaient l'honneur de le compter parmi leurs membres.

L'Angleterre lui décerna une grande médaille d'or, ou l'on voyait d'un côté l'image du roi de l'autre cet exergue: Angelo Maio.palimpsestorum invent or i atque restauratori. >•

« Maïs si h l'étranger il était l'objet de mille hommages, sa patrie non plus n'était pas indifférente envers lui. Eu 1825, Bergame inaugura, avec des fêtes, son portrait placé dans l'Athénée. Dès son avènement, Grégoire XVI voulut donner une preuve éclatante de son estime au savant bibliothécaire en le nommant secrétaire de la sainte Congrégation de la Propagande [1833]. Le 12 février 1838, Angelo Mai fut appelé au cardinalat en même temps que Ibezzofanli, le plus grand polyglotte qui ail jamais existé. Comme s'il eût puisé dans cet honneur une nouvelle ardeur d'étude, Mai joignit aux collections classiques qu'il avait déjà pu-

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bliées une œuvre en dix volumes encore, intitulée Spicilegium Romanum, qui fut achevée en 184b.

« La mort du cardinal Pacca ayant laissé vacante la préfecture de ta congrégation de Correction des livres de l'Eglise orientale, cette place fut, par ordre du Souverain Pontife, confiée au cardinal Mai. Il fut nommé aussi préfet de la congrégation de l'Index; mais il échangea plus tard cettedignité contre la préfecture de la congrégation du Concile, où il resta jusqu'en 1853, c'osi-a-dire jus-

3 n'a l'époque ou il fut nommé bibliothécaire e la sainte Eglise romaine.

« Toujours plein de force et d'énergie, le cardinal Mai n'interrompit point ses étude» et continua d'y consacrer autant d'heures qu'il avait coutume de le faire dans sa jeunesse. C'est aux dernières années de sa fie qu'on doit la nouvelle Bibliothèque dti saints Pères, en six gros volumes. Mai» l'illustre cardinal n'eut pas la satisfaction de terminer cette œuvre parvenue à sa moitié seulement. Retiré è Albmo, ou il avait été chercher un peu de repos, il y fut saisi d'une inflammation d'entrailles qui l'emporta en trente-cinq heures, dans la nuit du 8 au 9 septembre de cette année, date néfaste pour les sciences et les lettres, qui ont fait en lui une perte irréparable.

« Les dépouilles mortelles du cardinn!

Mai furent portées dans l'église de Sainie- Anastasie, dont il était titulaire, et le 13 septembre ses obsèques furent solennellement célébrées en présence de Sa Sainteté Pie IX, qui rendait hommage à tant de vertus et de mérite.

- « Le nom d'Angelo Mai occupera one place glorieuse dans Phistoiro des lettres, et les œuvres que ce savant a remises en lumière feront è sa mémoire un éternel et brillant cortège. Mais, outre tant de tHres éclatants, il en est un qui ne contribuera pas moins è la gloire de son nom : par un acte suprême de sa volonté , le cardinal Angelo Maïa légué tout son patrimoine aui pauvres de son pays. Tous les voyageurs amis de la science qui visiteront, b Sainte- Anastasie, la tombe du grand philologue, salueront aussi en lui le bienfaiteur des indigents de Schilpario, cette humble cité qui désormais est, par Angelo Mai, sortie de *<>n obscurité. » (Traduit du Journal de Ro*( par M. Alfred des Essarts.)

MAIDALCHINI (François), né à Vilerb?, le 12 avril 1621, était neveu de dona Ohmpia, si célèbre par l'ascendant qu'elle avait pris sur le Pape Innocent X, son beau-frère, ascendant qu'elle sut toujours conserver.— A l'âge de 26 ans, Maidalchini fut nommé cardinal parle Pape Innocent X, le 7 octobre 16tf, et il mourut à Nettuno le 10 jo'O 1700, âgé de 79 ans. Son corps, transporté h Rome, y fut inhumé dan* l'église de Sam»- Eustache, en présence du Sacré Collège.

MAILLESKC. ou MALSEC (Gci de), sorti d'une noble famille du Limousin, était éveque de Lodève en 1370, l'année suivante

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DES CAKD1NAIX.

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évêqne de Poitiers, et référendaire du Pape Grégoire XI qui était son parent, et qui le fit cardinal en 1375. — En 1383 il fut encore évêque do Palestrine.Envoyé par Clément VII, c»mrae légat, en Angleterre et dans les Pays- Bas, pour y soutenir les intérêts de ce Pontife, lo cardinal, homme de savoir et de probité, soutint constamment que l'élection d'Urbain VI n'était pas canonique. Dans la suite, >a déloyauté de Benoit XIII l'avant détaché de cet antipape, il se rendit, en liOO, au concile de Pisv qui avait pour but de mettre fin au grand schisme ; les deux Papes Grégoire XII et Benoit XHI furent déposés et remplacés par Alexandre V. Le cardinal de Maillesec mourut à Paris le 8 mars 1412. Son corps fut inhumé dans l'église des Dominicains où l'on voyait son épitaphe, rapportée par Pinaniol de la Force, dans sa Description àe Paris, I. V.

MAILLY (François de) naquit a Paris, le 4 mars 1658, d'une des plus anciennes maisons de Picardie. — Son pbre, Louis-Charles, baron de Mailly, blessé aux batailles de Rocroi. Frihourg et Nordlingue, accompagna encore Louis XIV dans ses conquêtes do Flandre, de Hollande et de Franche-Comté. C'est lui qui rétablit la grandeur de sa maison par sa prudence, par sa bonne conduite, et par son mariage avec Jeanne de Monchy , ayant traité* avec son beau-frère pour les marquisats de Nesle et do Montcavrel, et pour d'autres terres moyennant un million soixante-cinq mille livres, par contrat du 30 mai 1666. Il Gt aussi bâtir l'hôtel de Mailly a Paris, près le pont Royal, et le châtenu de Neslo, et obtint, en 1701. des lettres patentes, portant confirmation de la donation et substitution masculine à l'infini, en faveur des aînés de sa maison. H mourut a Paris, en 1708, âgé de 90 ans. Son troisième flls. François, archevêque d'Arles en 1G08, fut transféré, en 1710, a Reims, en remplacement de Lelellier, dont il ne snivit pas les errements. Membre des assemblées du clergé de 1705, 1707, 1711 et 1713, il se montra toujours ardent défenseur du Saint-Siège. 11 ordonna qu'on reçût d.ms son diocèse la foull" Unigenitus rendue, en 1713, par Clément XI, à la demande des ôvêques de France, et condamnant 101 propositions exrraites d'un livre du P. Quesnel, janséniste. Quelques prêtros, qui résistèrent, furent déclarés interdits. Louis XIV étant mort le 1" septembre 1715, profitant de 1*esprit qui prévalait sous la régence, ils en appe'èrent au parlement, qui leur donna Kain de cause. L'archevêque, de son côté, maintint ses ordonnances. Le régent intervint, et imposa silence de part et d'autre. M . de Mailly écrivit au prince une lettre pou mesurée pour se plaindre de cette mesure. Copia da cette lettre fut déférée au parlement, qui la condamna au feu. Le prélat, loin d'être attristé de cette condamnation, annonça à sou clergé par une circulaire que, r>o«ir perpétuer le souvenir d'un événement heureux, il le consacrerait par une fondation spéciale. Lo reste de sa fie se passa à

faire la guerre au parlement. Clément XI, pour récompenser son zèle, et le dédomg mager de ses tribulations, le comprit dans sa promotion de cardinaux du 29 novembre 1719. Cette promotion, qui n'avait point été demandée par la cour de Versailles, y fut mal accueillie. Défense fut faite au nouveau promu de porter les insignes du cardinalat. Toutefois le régent s'adoucit, et le eardinal reçut la barrette des mains de Louis XV. Une maladie l'empêcha d'aller prendre part au conclave où fut élu Innocent XIII en 1721. Il mourut peu après, le 13 septembre, dans son abbave de Saint-Thierri, près Reims, dans sa 64' année. Ses contemporains l'unt jugé bien diversement. Le P. Châlippe, qui prononça son oraison funèbre, vante le courage du prélat, son amour pour la résidence, son désintéressement et sa charité.

MAIROSE (Raimond), né b Avilhan, bourg du diocèse de Rodez, s'éleva par son mérite à l'évêché de Saint-Paul-Trois-Chateaux (c'est une petite ville aujourd'hui dans lo département de la Drôme), puis à celui de Castres, et enfin a la pourpre que lui conféra, en 1426, le Pape Martin V. Le cardinal M-iirose mourut à Rome le 22 octobre 1427. (Voy. Catbl, Mémoires de Languedoc; — Fmzox; — Saistk Mabthe; — Aubbry.)

MALABRANCA. appelé aussi FRANGl- PANI, et encore ORS! NI, parce que sa mère était de celte famille, et sœur du cardinal Jean Orsini, depuis Pape sous le nom de Nicolas III, était religieux Dominicain — En 1278, son oncle le créa cardinal-évêquo d'CMie et de Vellétri, et lui confia le gouvernement de Rome, conjointement avec le cardinal Jacques Colonna. Malabranca eut ensuite la légation de Rologne. Envoyé plus lard à Florence, qui était déchirée par les factions des Guelfes et des Gibelins, il fut • assez heureux pour apaiser les troubles, et persuader au peuple de prendre une nouvelle forme de gouvernement. Les talents qu'il déploya dans toutes ses missions furent appréciés parles Pontifes suivants, par Martin IV, Honoré IV, Nicolas IV qui ne laissèrent échapper aucune occasion de lui témoigner leur estime et leur déférence pour ses conseils. Mais ce qui est un titre de gloire pour Malabranca, c'est l'élection du Pape saint Célestin. Le cardinal avait toujours eu une grande vénération pour ce pieux ermite ; il avait attiré quelques-uns de ses disciples a Rome, les y soutenait et envoyait chaque année des aumônes à leur instituteur. Après une vacance du Saint-Siège de deux ans et quatre mois, Malabranca le proposa aux cardinaux avec tant d'insistance que tous se rangèrent à son avis. Ce cardinal mourut peu de temps après, en novembre 1294. Isidore de Thessalonique nous a conservé deux

Ç roses de Malabranca en l'honneur de la ierge; on lui attribue aussi le Dies ira: Mais on est bien partagé sur la question de savoir quel est l'auteur do cette célèbro prose, puisqu'il en est d'autres qui la revendiquant pour saint Bernard, pour saint Booaventuro, pour le Dominicain Humt»ert

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