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grand en amour des lettres et des hommes savants; grand en aumônes et charités, et plus grand que tout l'empire de la fortune qui pavait tribut à sa vertu , et ployait sa conduite sous ses sages conseils.
« La noblesse du sang , qu'il lirait de l'une des plus illustres familles de la ville de Trente , avait beaucoup contribué à lui rendre l'âme ainsi noble, élevée. Et quoiqu'elle semblât encore le devoir tirer è la profession des armes que son père faisait, comme la plus bruyante pour la réputation de sa gloire, il se jeta néanmoins, par une élection qui était guidée du Ciel, a l'exercice des lettres, avec dessein de se consacrer a la profession ecclésiastique. Donc il fut envoyé è l'université de Bologne, où, brûlant d'un désir passionné de savoir, il emporta dans quelques années toutes les sciences sortables a sa condition, qu'il rendit plus belles par ses vertus , et plus brillantes par sa modestie.
« Il ne fut pas plutôt de retour en son pays , qu'il fut nommé chanoine dans l'église cathédrale de Trente, puis doyen de la môme église, et bientôt après évêque, quoiqu'il nefôt l<ir*âgé qnededix-neufans ;mais tant de belles qualités et de mérites extraordinaires contestaient pour augmenter ses honneurs, et parlaient si hautement pour lui, qu'on n'écouta point la considération des années , à qui les vertus avaient gagné le devant.
« If entra par cette nouvelle charge en possession d une place d'honneur que les vœux des gens de bien lui avaient préparée, et dans une nouvelle obligation de remplir perses belles actions les espérances du public. Aussi (ut-il depuis extrêmement soigneux de se bien acquitter de ses fonctions, autant par nécessité du devoir commun, que par un motif particulier de reconnaissance vers l'affection de sa patrie, dont il fit de sa vie et de ses mœurs une leçon publique de vertu , et de ses revenus une féconde source de libéralités qu'il répandait sans mesure, si ce n'est que se ressouvenant qu'ils étaient sacrés , il ne les faisait servir qu'aux choses grandes, ou pleines de mérite.
m Le Pape Paul III , bien informé des preuves que le public avait déjà reçues de ses vertus , et s assurant des services que l'Eglise pouvait attendre do lui, le fit cardinal, et l'appela quant et quant à Rome pour l'aider de son conseil au grand dessein qu'il avait d'assembler un concile général , qu'il avait déjà intimé à Manloue et à Vicène sans effet, pour les difficultés qui étaient intervenues, el'qui, depuis, ayant été intimé en la ville) de Trente, du conseil du cardinal Madruce, pour la commodité des protestants d'Allemagne, et pour autres considérations, a réussi , comme tout le monde sait , au Kraod honneur et-à l'avantage incomparable ./e la chrétienté. Notre cardinal y assista en cette qualité, non toutefois comme légat, et y rendit de grands djimportaots services au