‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 262 sur 457 · MAC · texte numérisé non relu

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el sans nous Avoir consulté, chargé <m

Souvernement d'une nuire Eglise, bien loin 'imiter le bel exemple du cardinal Joseph Fesch, archevêque do Lyon, lequel ayant été nommé avant vous à l'archevêché de Paris, a cru si sagement devoir s'interdire toute administration spirituelle de ce diocèse, malgré l'invitation du chapitre.

Nous ne rappelons pas qu'il est inouï dans les annales ecclésiastiques qu'un prêtre, nommé a un évêché quelconque, ail clé engagé par les vœux du chapitre, a prendre le gouvernement du diocèse avant d'avoir reçu "institution canonique. Nous n'examinerons pas (et personne ne sait mieux que vous ce qu'il en est) si le vicaire capilulaire a donné librement et de plein gré la démission de ses fonctions, et s'il n'a pas cédé aux promesses, è la crainte ou aux menaces, el si par conséquent voire élection a été libro, unanime, régulière. Nous ne voulons pas non plus nous informer s'il y avait dans le sein du chapitre quelqu'un en étal de remplir des fonctions si importantes; car enfin où veuton en venir? on veut introduire dans l'Eglise un usage aussi nouveau que dangereux, au moyen duquel la puissance civile parviendrait insensiblement à n'établir dans i'administrslion des sièges vacants que des personnes qui lui seraient entièrement vendues. Qui ne voil évidemment que c'est nonseulement nuire à la liberté de l'Eglise, mais

nistère. Nous vous donnons de tout noire cœur notre bénédiction apostolique. Donné à Savone, le 5 novembre 1810, la onzième année de notre pontificat. • — Pie VU, p. 77.

Maury résista aux prières, aux remontrances, aux ordres formels du Pape. Ne pouvant rien répondre au bref, il prit le parti d'en nier l'authenticité, sous prétexte qu'il ne portail pas le sceau de l'anneau du pêcheur, alors entre les mains des autorités françaises. Il se réclama des autorités françaises, et prétendit, dans une adresse réJ gée au nom du chapitre de Notre Dame: 1' que c'était l'usage antique des Eglises de France de déférer les pouvoirs capitulaires aui évéques nommés; 2* que c'était en vertu des avis de Bossu et que tous les évéques nommés par Louis XIV, pendant ses démêlés avec Innocent XII, avaient eu l'administration des Eglises pour lesquelles ils étaient désignés , deux faits également contmuvés. Il n osa pourtant porter sa riésobéissadca jusqu'à l'extrémité à laquelle Napoléon l'aurait, dit-on, convié un jour en lui parlant de schisme. C'eût été rompre trop évidemment avec sa conscience. D'ailleurs, M. d'Astros était là. Nommé grand-vicaire du chapitre, il ne laissait passer aucune tentative de Maury pour sortir de son rôlo d'administrateur , sans lui rappeler qu'il n'était pas archevêque de Paris. Il avait eu communication du bref adressé au cardina',

encore ouvrir la porte au schisme et aux — . — ~ ;

élections invalides? Mus d'ailleurs qui vous Jj d U,V u lre ' J Y" ô,ne .6e"r0 . concernant a dégagé de ce lien qui vous unil à l'Eglise fed ?^?nd' t^l,,e.de ?!«>Çy. u T™é h

qui

de Monletiascone? Qui est-ce qui vous a donné des dispenses pour être élu par un chapitre el vous charger de l'administration d'un autre diocèse? Quittez donc sur-lechamp cette administration. Non-seulement nous vous l'ordonnons, mais nous vous en

{>rions, nous vous en conjurons, pressé par a charité personnelle que nous avons pour vous, afin que nous ne soyons pas forcé de procéder malgré nous, el avec le plus grand regret, conformément aux statuts des saints cations, el personne n'ignore les peines qu'ils prononcent coolre ceux qui, préposés à une Eglise, prennent en main le gouvernement d'une autre Eglise nvaut d'être dégagés îles premiers liens. Nous espérons que vous vous rendrez volontiers à nos vœux, m vous faites bien attention au lorl qu'un tel exemple de votre part ferait è l'Eglise et à la dignité dont vous êtes revêtu. Nous vous écrîvonsavec toute la liberté qu'exige notre ministère, et si vous recevez notre lettre avec les mêmes sentiments qui l'ont dictée, vous verrez qu'elle est un lémoiguage éclalant de noire tendresse pour vous.

« En attendant , nous ne cesserons d'adresser au Dieu bon, au Dieu tout-puissant, de ferventes prières pour qu'il daigno apaiser par une seule parole les vents el les tempêtes décbatnés avec fureur contre la

l'archevêché de Florence; il en avait reçu lui-même des exemplaires, et les avait discrètement répandu», en sorte que si Maury eût tait un pas de plus, il risquait de le faire seul , el de n'être pas suivi par le clergé de Puris. Il n'en persistait pas moins dans ses efforts condamnables pour conquérir l'arehevêché de Paris contre la résistance inflexible de Pie VII; le 12 octobre 1811 il lui écrivait encore pour se faire a (franchir des liens qui l'unissaient à l'Eglise de Monte- Qascone. En même temps fasciné par cul appât séducteur , autant que par le désir do plaire au maîire, il s 'acharnait dans les manœuvres et les négociations, destinées à arracher à Pie VII les concessions de Savone, et plus lard celles de Fontainebleau , qui coûtèrent tant de larmes au Pontife repentant. Nommé membre du la commission ecclésiastique, instituée par l'empereur, pour aviser aux moyeus dose passer du Pape, un des plus ardents obsesseurs du Pontife, il ne Ut pourtant partie d'aucune des députalions envoyées officiellement à Savone avant, pendant cl après le concile, mais plus d'une fois il les inspira, il inspira le concile lui-même, ou le ministre des cultes qui essayait d'en diriger l'esprit. C'est ainsi que N ipoléon , ayant prononcé la dissolution < t lait emprisonner irois évêques, même M. Do Boulogne, le rapporteur, parce qu'on avait

barque de Pierre, el qu'il nous conduise adopté un pmjel de décret qui déplaisait au enliii à ce porl si désiré où nous pourrons mailre : « Prenez-les un à un, dit le cardinal librement exercer les fonctions de sou n i- au miublie des culles , el vous en viendrez

plus facilement à bout qu'en masse. C'est un excellent vin, mais qui sera meilleur en bouteilles qu'en lonnenu. » Et , en elfcl , quatre-vingt-cinq adhésions sur cent-cinq , sanctionnèrent la nouvelle ré<Jaclion.

Bien plus, quand Pie VII, avouant sa défaillance , se fut relevé par la courageuse rétractation qu'il adressa à l'empereur lui» même, Maury, qui dans un mandement avait applaudi a l'œuvre malheureuse de la violence, de la capialion et de rabattement physique de Pie VII, Manry se chargea de porter A Fontainebleau les reproches, les promesses et les menaces du maître. La vivacité de son langage, dit M. Pnnjouhl, s'accrut des résistances qu'il rencontrait; désespérant de réussir dans «a mission , le cardinal perdit toute mesure ; la douceur patiente du Pontife n'y tint pas; il se leva , non sans effort, de son siège, prit Maury

Car la main, et te mil hors de chez lui. 'hôte de Pie VU, au Vatican, en était venu au point de se faire chasser par le doux et patient Pie VII, de sa prison. Il avait trouvé moyen d'obséder le Pontife malheureux de tant de sollicitations , représentations et menaces même, que lui , qui ne demandait rien , demanda , dit-on , comme une grâce d'être délivré de ses visites.

On l'accuse encore d'avoir marqué le temps de sa faveur par d'insolentes hauteurs envers le clergé, par de lâches adulations pour le persécuteur du vicaire de Jésus- Christ , par son ardeur contre les prélats et les cardinaux fidèles t son empressement à aggraver leur sort, et à insulter à leur disgrâce.

Les mandements qu'il publia comme administrateur du diocèse de Paris , toujours remarquables au point de vue littéraire, rappellent involontairement ce qu'il disait a un de ses secrétaires, après avoir terminé un sermon: maintenant, prenons une prise, et saupoudrons tout cela d'Ecriture sainte. La encore, Haury remplit un rôle , et fait de l'art ; c'est l'esprit qui peut parler au cceur.qui veut en imiter la langue, mais qui ne saurait atteindre à celle pieuse onction, malgré tous les artifices et toutes les pompes du langage. Ajoulous qu'un grand nombre de ces productions, nées de circonstances politiques, sont déparées par de lâches et pompeuses adulations pour le pouvoir du jour , par une prostitution servi le du ministère sacerdotal et môme de nos saintes Ecritures è un enthousiasme factice pour des événements qui auraient dû peser d'un poids intolérable sur sou cœur ÏTévêque.

. Enfui , l'idole a laquelle Maury avait sacrifié sa gloire , son génie et sa conscience , tomba devant les nations que le Seigneur avait ameutées contre elle; eu vain avait-il adhéré à la déchéance de l'empereur; le chapitre lui signifia durement la révocation de ses pouvoirs. Il fut mandé à Rome pour rendre compte de sa conduite. Le Mémoire apologétique qu'il publia , toutes ses tentatives pour rentrer en grâce avec les Boui-

bons, n'eurent aucun succès; il lui fallut quitter la nuit ce palais archiépiscopal , source de tant de fautes et d'ennuis , et regagner l'Italie. A Vilerbe lui fut notifiée une décision pontificale , qui le suspendait de toute fonction dans le diocèse de Monlotiasconi! ; a Rome , il ne put obtenir d'audience du Souverain Pontife ; l'entrée du conclave, la participation aux diverses cérémonies , où son titre l'appelai! , lui furent interdites ; il y vécut entièrement exilé de la cour pontificale. Ce n'était pas encore assez pour les ressentiments du gouvernement françaisvde tous ers hommes qu'avaient meurtris les dernières persécutions. Cédant à la clameur universelle, le Pape venait de nommer une commission pour instruire son affaire, lorsqu'arrivèrenl les cent jours. Maury alors écrivit au cardinal Pacca . pour obtenir de suivre Pie VII, fuyant devant l'invasion napolitaine; sa requête fut repoussée; la junte de gouvernement, outrepassant même ses instructions , le fit emprisonner au château Saint- Ange, duos la chambre môme qu'avait occupée Cagliostro. Mais au bout de trois mois, le Pape, sur les instances du cardinal Consalvi, donna ordre de le relâcher, et d'abandonner l'instruction commencée contre lui. Il lui accorda même une audience particulière, et lui rendit ses bonnes grâces, aussitôt qu'il eut fait acte de soumission , eu donnant sa démission de l'évêché de Monteliascone.

Louis XVIII fut plus difficile à apaiser ; il repoussa toutes les avances de son ancien représentant , et le fil même exclure de l'Académie. La solitude et le silence se Ûreul auto:ir du défenseur transfuge et disgrâcié du trône el de l'autel ; Maury jadis fêlé par les Papes et les rois, Maury qui avait vécu pour le mouvement, le bruit , la gloiro humaine, ne pouvait survivre è l'écroulement de sa fortune. Quoique les idées religieuses eussent pris un plus grand empire sur ses pensées , le chagrin acheva d'abattre celte puissante nature , déjà ébranlée par tant de secousses; après avoir lutté péniblement pendant deux années , contre les progrès d'une affection scorbutique, il termina le 11 mai 1817, à l'âge de 70 ans, une vie, qui ne fut pas , comme on l'a dit de J. B. Rousseau , trop longue de moitié, mais dont il faudrait retrancher 15 aus, pour eu effacer une grande tache.

MAYNAItD, Français , abbé do Pontigny, vingt-quatrième et dernier cardinal créé par Clément 111, Papedell88 à 1191, fut ôvêque de Paleslnne.

MAZARIN1 , d'où MAZARIN (Jules) naquit Je H juillet 1602, d'une bonne famille originaire de Sicile, à Piscina dans l'Àbruzze, bien que ses lettres de naturalisation le fassent naître à Rome. — Il fit ses premières éludes dans celte dernière ville, montra de bonne heur« beaucoup d'esprit naturel, et s'attacha à l'abbé Jérôme Colonna , depuis cardinal. Ce jeune seigneur , allant étudier dans l'université d'Alcala, en Espagne, fut suivi par Mazarin, qui y apprit

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le droit, et qui, a son retour en Italie, se fil recevoir docteur. Eo 1085, celui-ci passa , avec le grade île capitaine, dans la Valteline, oo le Saint-Siège avait one armée. Cest le qu'il eut la première occasion de montrer son talent pour la négociation. Les eheîe de l'armée pontificale , Coati et Nicolas Bugni, qui Tut cardinal après avoir quitté l'épée, renvoyèrent successivement auprès du marquis de Ceauvres, général de l'armée française , et auprès du duc de Feria , qui commandaii les Espagnols. L'adresse qu'il déploya dans ces missions le Ht remarquer He ses chefs. De retour è Rome , il sut s'y faire valoir, et n'attachant è Sncchetti , depuis cariiinal , que le Pape Urbain VIII envoyait en Lorottardie, il s'y instruisit des divers intérêts des princes qui y faisaient alors la guerre au sujet de la succession des duchés de lfankwe et de Mon rf erra t. Cette snecession élail disputée, d'un coté par le due de Nevers , appuyé par la France , do l'autre, par le due deGuastalle, soutenu par l'empereur, le roi d'Espagne et le duc de Savoie. Le légat du Pontife n'ayant pas été écouté, les lioshhiés commencèrent.

C'est alors, en mars 1639, que Louis XIII se signala tant par son courage en forçant le Pas de Suze , ce qui détacha des Espagnols le duc de Savoie. Cependant le cardinal An* toine Barberin, neveu d'Urbain VIII, s'était rendu, en qualité de légat, dans le Milanais et en Piémont , pour tâcher d'accorder les belligérants. Masarin , oui était resté eu Piémont avec le caractère d'inlemonce, après le départ de Sacchelti, fui goûté de Barberin, dont il mérita la confortée, comme il l'avait eue de Sacchetti. Il servit si bien , qu'il reçut l'ordre de continuer les négociations , de concert avec Jacques Pancirele , nonce en Savoie. S'altnchant à conn/iîire los desseins des Français , des Impériaux , des Espagnols, du duc de Savoie, il prenait des mesures certainee pour accorder leur» intérêts. Dans un voyage qu'il fit b Lyon , en 1630, il vil le roi Loui* XIII, et eut avec Richelieu on long entretien , a la suite du* quel le cardinal no put s'era|>êcher de dire ùu'il venait do parler au plus grand homme d'Biat qu'il eût jauiais va. Le pais avait été conclue a Ratisbonne, le 3 octobre; mais ' les Français et les Espagnols refusaient de l'accepter en Italie. Mazarin, voyant que ces relus rendaient inutiles tous ses soins, chercha du nouveaux expédients pour faire recevoir cette paix et pour empêcher les deux armées d'en venir aux mains. Les Espagnols, qui assiégeaient Casai, avaient fait des retranchements de six milles de tour, et étaient disposés è se bien défendre contre les Français, qui s'étaient approchés de le place et qui voulaient forcer les ennemis dans leurs lignes. Déjà les deux armées étaient prêtes à donner bataille, le 20 octobre 1630 ; le canon des Espagnols n'attendait que le signal pour tirer, des troupes f rançaises s'étaient détachées pour attaquer les lignes, lorsque Mazarin, après avoir fait plusieurs voyages d'un camp è l'autre, et

AIRE MAI ttH

différentes propositions, sortit é<* retranchements des Espagnols , et courent an g», lop, è travers les balles , du côté des Français, leur 6t signe de la main et du chtnreo, en leur criant : La pats.' la paix! Ensuite il s'adressa an maréchal de Sehomberg, qui commandait l'armée , et fit des proposition*

Jiri furent acceptées et ratifiées par le traité e Cherasco, conclu le 6 avril 1631. La nonce Panclrole et Mazarin s'y trouvèrent comme légats d'Urbain VIII. Mazarin en eut toute la gloire. Le cardinal de Richelieu, très-satisfait de la conduite du jeune diplomate, conçut pour lui une es; une qui fat ta source de sa fortune. Le cardinal Barberin, partageant les mêmes sentiments, lui obtint on emploi de référendaire des deux signatures ; car Maznrin avait quitté la profession des armes, qui ne mène \ rien auprès de la cour do Rome , pour embrasser l'élat ecclésiastique. En 103V, nommé vice-légal a Ari«

r»n , puis nonce eitraeedinaire en France, la demande de Richelieu, H acheva tle gagner l'amitié du grani cardinal et li bien» veillancu de Louis XIII. Mais, s'il était bien avec la cour de France, dont il avait drçmi» longtemps embrassé les intérêts, Il était loin d'être aussi bien vu de la cour de Mj« drid, qui ne cessait de loi témoigner son mauvais vouloir. Retourné è Rome, en 1636. il fut chargé par Richelieu de demanderas Souverain Pontife le chapeau de cardinal, pour le P. Joseph , ami et confident du ministre. Ce dernier perdit sur ces entrefsitel celui qu'il appelait son bras aVeW, et sentit le besoin de le remplacer par Mazarin; H demanda donc pour lui le chapeau oui venu»» d'être accordé au P. Joseph. M«W, ta Ks[ragnols aidant, cette demande rencoolra de grandes difficultés, et Mizarin n'obtint le chapeau qu'en 1641, après avoir mis fin, par un traité, aux contestations qui s'étaient élevées relativement à la tutelle du jeune dus do Savoie. L'année suivante, il reçut la barrette des mains de Louis XIII. L'estime et la confiance réciproque des deux cardinaux n'avait fait qtie s'accroître ; et Ricbe* Heu, en mourant [1612] , recommanda tire* ment son ami au roi, qui le nomma conr seiller d'Etat, et l'un des exécuteurs de son testament. Louis XIII , en effet , suivit da près dans la tombe le grand ministre.

lors, le cardinal Mazarin continua de diriger les affaires pendant la minorité de Louis XIV, sous la régence de la reine-mère Antie d'Autriche. La reine elle-même Fisjrtfttt d'un pouvoir absolu et du litre de ftwtÊ ministre. Les premières années de son ministère furent signalées par les victoires des Français sur les Espagnols, è Rocroi [1643] , è Nordlingue [16451 . è Lens [1048], victoires qui mirent fin a la guerre de rresw ans, et amenèrent la paix de Weslphslfe.

Cependant lo peuple souffrait: d'odaeW côté, la haute fortune b laquelle s*éts#w vée Mazarin, étranger, devait exciter contre lui l'envie : elle ne lui manqua pas. On déchaîna contre lui l'opinion ; de la la guerre civile de la Fronde, dont VHutoirt s été

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écrite récemment par M. do Sainl-Aulaire ; Paris, 1841 , 2 vol. in-8\ On demanda l'éloignemenl de Mazarin ; le cardinal , comprenant que c'était pour lui une nécessité de se retirer, demanda son congé, et sortit du royaume pour s'accommoder aux circonstances. Toutefois, il était si assuré de sa bonne fortune, qu'il regardait cette retraite comme l'événement le plus avantageux à sa gloire. Tout ce que souffrait alors la France renouvelait la haine du peuple contre le cardinal, a qui on imputait tous les mal* heurs. On rendit contre lui divers arrêts ; on mit sa tfite à prix ; on vendit sa bibliothèque; les satires et les pamphlets se multipliaient contre lui. Il laissa tranquillement passer l'orage, revint à la cour plus puissant qu'auparavant, et vit avec plaisir que. plusieurs de ceux qui s'étaient le plus emportés contre lui, furent les premiers à lui rendre justice. Il continua de rendre des services, dont le plus important fut celui de mettre tin aux hostilités qui avaient élé reprisos avec les Espagnols. En 1659 , il alla lui-même négocier Ta paix dans l'Ile des Faisans, ou de la Conférence, sur la Bidassoa, avec don Louis de Haro, ministre d'Espagne. Celle paix fut suivie du mariage de Louis XIV avec l'infante Marie- Thérèse. « Ainsi fut terminée, en moins de trois mois, par deux hommes seuls , une paix que tous les ministres de l'Europe n'avaient pu conclure à Munster , en plusieurs années. Cette paix> le chef-d'œuvre de Mazarin et son plus grand litre de gloire, compléta le traite de Westphalie, assura l'abaissement de l'Autriche, et donna à la France le rang qu'avait en l'Espagne sous Charles-Quint; enfin elle ouvrit dignement la grande époque que l'histoire a désignée sous le nom de siècle de Louis XIV. L'alliance des maisons de France et d'Espagne, principal résultat de ce traité, n'était pas chez Mazarin l'ouvrage d'un jour, ni l'idée d'un premier moment. Il existe une lettre de lui , écrite en 164-5 aux plénipotentiaires de Franco à Munster, qui montre que ce minisire voyait dès lors quels droits pourrait donner un jour a Louis XIV son union •vee I infante. » ( Biogr. Michaud , art. Mazarin.) Au commencement de 1661 , usé parla travail, il dépérissait sensiblement; il se fil transporter du Louvre, qu'il habitait , à Vincennest où était la cour, et y termina sa carrière le 9 mars. Louis XIV prit le deuil, et lit rendre à sa mémoire des honneurs extraordinaires. Le corps du cardinal fut placé dans un magnifique tombeau, »o collège appelé de son nom Mazarin , et Autrement des Quatre-Nalions , parce qu'il *iait destiné è élever la jeunesse des quatre Bâtions conquises (11). Peu de ministres entêté plus impopulaires, plus en bulle à L« jalousie. Les grands et les parlements lui frent une guerre à outrance. Mais les passions des hommes s'éteignent, la vérité re»te; et 1'bisloire reconnaîtra dans Mazarin

(II) Ptgneroi, 1'Ahace, l'Artois, !e Boussillon.

UlCTfOIX. DES CâHMMALL.

un ministre distingué. S'il n'avait point l'énergie de Richelieu, il eut la prudence et l'habileté qui font le diplomate. Il est vrai qu'une noble qualité lui manqua , le désintéressement. Oulre l'évôché de Metz, qu'il possédait sans être prêtre, il avait encore les abbayes de Sairit-Arnoul, de Saint-Clément et de Sainl-Vincenl de Metz, celles de Saint-Denis, deCluoy, de Sainl-Viclor les Marseille, de Saint-Médard de Soissons, de Saint Martin de Léon, de Saint-Taurin d'Evreux, de Suint-Michel en l'Erm,de Moissae, etc. Sa fortune, évaluée, è sa mort, à plus de cent millions d'alors , et la plus considérable que jamais sujet eût faite, ne pouvait pas avoir été acquise bien légitimement; aussi, mu par des scrupules do conscience* en fit-il donation à Louis XIV, qui, la refusant, voulut qu'il en disposAl librement et a son gré. Il montra moins d'irritabilité que Richelieu, opposa une indifférence stoïquo aux myriades de satires et de pamphlets dirigés contre lui, se contentant de dire : « Qu'ils chantent, pourvu qu'ils payent. » Toutefois, il ne pardonna pas an premier époux de Mme de Maintenon sa Mazarinade, et retrancha & Scarron sa pension de quinze eents livres. — On publia à Paris, en 1691, trente-six Lettres écrites par Mazarin , pendant la négociation du trailé des Pyrénées; et, en 1693, on donna un second volume qui en contient soixante-dix-sept. Le tout a été réimprimé en 1694.. Ces lettres ne sont point rangées dans l'ordre des dates. C'est un défaut qui a disparu dans la nouvelle édition de ces Lettre*, due a l'abbé d'Alainval ; Amsterdam, 1745 , 2 vol. in-12. Celte dernière édition a encore un antre avantage; elle est enrichie de notes historiques, et augmentée de plus de cinquante lettres qui n'avaient point encore paru, et qui loulos sont placées 6 leur rang. Voici le dire de cette édition : Lettres du cardinal Mazarin, où l'on voit tt secret de la négociation de la paix des Pyrénées , et la relation des conférences qu'il a eues à ce sujet aiec D. Louis de Haro, etc. Les originaux de ces lettres se conservent a la bibliothèque impériale. Les vingt premières sont du nombre de celles qui n avaient pas encore vu le jour; la plupart sont écrites au roi et à la reine-mère, et toutes avant que le cardinal fût arrivé à Saint-Jean de Luz. Ce qu'il y a do plus inléressanl dans ce recueil, est, sans contredit, ce qui regarde les conférences. Il n'existe pas de meilleures leçons di-

Eloraatiques. C'est toujours à Lclellier que lazoriu s'adresse, afin qu'il rendo compte au roi et à la reine. Le cardinal y expose ce qui s'est passé dans les conférences avec une netteté, une précision, qui met en quelque sorle le lecteur en tiers avec les deux plénipotentiaires, et lui donne une connaissance exacle des intérêts des deux cours. En 1836, on a imprimé les Lettres de Mazarin à la reine Anne d'Autriche , in-8*. L'Ififtoire de Mazarin a élé écrite par Aubery ;

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Paris, 1695, 2 vol in-12; 1751, h vol. in-12, el par M. Bazin, 4812.

Voici quelques jugements, sur Mazarin :

le fragment de Fléclueresl une déclamation de rhéteur ; les autres n'envisagent aussi que le beau côîé, el se taisent sur ce qui restera comme une flétrissure è la mémoire de Mazarin, sa cupidité (12).

« Déjè, pour le soutien d'une minorité et d'une régence tumultueuses, s'était élevé a la cour un de ces hommes en qui Dieu met ses dons d'intelligence el de conseil, el qu'il tire de temps en temps des trésors de sa providence pour assister les rois, et pour gouverner les royaumes. Son adresse à concilier les esprits pardes persuasions efficaces, à préparer les événements par des négocialions pressées ou lentes, à exciter ou calmer les passions par des intérêts et des vues politiques, a faire mouvoir avec habileté les ressorts de la guerre elde la paix, l'avait fait regarder comme un ministre non-seulement utile, mais encore nécessaire. La pourpre dont il était revêtu, la capacité qu'il (il voir, et la douceur dont il usa, après plusieurs agitations , lo mirent enfin au-dessus de l'envie ; et, tout concourant a sa gloire, le Ciel même faisant servir à son élévation et sa faveur et ses disgrâces, il prit les rênes de l'Etat : heureux (Pavoir aimé la France comme sa patrie, d'avoir laissé la paix aux peuples fatigués d'une longue guerre, et plus encore d'avoir appris l'art de régner el les secrets de la royauté au premier monarque du monde 1 » (Fléchie*.)

« Le cardinal Mazarin était aussi doux que le cardinal de Richelieu était violent : un de ses plus grands talents fui de bien connaître les hommes. Le caractère de sa politique était plutôt la finesse el la prudence

que la force Ce minisire pensait que la

force ne doit jamais être employée qu'au défaut des autres moyens; et son esprit lui fournissait le courage conforme aux circonstances : hardi à Casai, tranquille et agissant dans sa retraite à Cologne, entreprenant lorsqu'il fallut faire arrêter les princes, mais insensible aux plaisanteries de la Fronde, méprisant les bravades du coadjuteur, et écoulant les murmures de la populace comme on écoute du rivage le bruit des flots de la mer. Il y avait dans le cardinal de Richelieu quelque chose de plus grand, de plus vaste et de moins concerté; eldan» le cardinal Mazarin, plus d'adresse, plus de mesure et moinsd'écarls; on baissait l'un, on se moquait de l'autre ; mais tous les deux furent les maîtres de l'Etal. » (Hérault.)

« Si l'on examine de quelle utilité ces ministres ont été au monde, il vaut certainement mieux avoir apaisé des troubles que d'en avoir fait naître; il vaut mieux avoir terminé la guerre de (renie ans,quede l'avoir entretenue et animée; la paix do WesJpbolie et celle des Pyrénées sont deux époques qui élèvenl|Mazarinjau-Jessus de Richelieu, elUes

(12) 11. Cousin et 11. Camé croient à des relations coupables cuire Mazarin el la reine; mais les liocumcjjis par eux publiés ne prouvent rien

plus grands ministres... Ces monument* <k paix valentbïcnl'bonneurd'ovoir inventé des moyens nouveaux, ou renouvelé dus moyens anciens de troubler l'Europe. » (Gaillard 1 « A peine Mazarin fut-il chassé pur le cri général des Français, el par une déclaration du roi, que le roi le lit revenir [1653]. Il hn élonné d'entrer dans Paris, tout -puissant el tranquille. Louis XIV le reçut comme un père, et le peuple comme un maître. On lui fil un festin à l'Hôtel-de-Ville, au milieu des acclamations des citoyens : il jeta de l'argent a la populace , ronis on dit que dans la joie d'un si heureux changement, il marqua du mépris pour notre inconstance. Les officiers du parlement, après avoir mis sa lêle à prix* comme celle d'un voleur public, briguèrent presque tous l'honneur de venir lui demander sa protection ; el ce môme parlement,

Îieu de temps après, condamna par contumace e prince de Condé à perdre la vie; changement ordinaire dans de pareils temps, el d'autant plus humiliant, que l'on condamnait par des arrêts celui dont on avait si longtemps partagé les fautes. On vil le cardinal, qui pressait celle condamnation de Condé, marier au prince de Conti, son frère, l'une de ses nièces; preuve que le pouvoir de ce ministre allait être sans bornes... Le cardinal Mazarin ramena le roi et la nouvelle reine è Paris (août 1660). Un père qui aurait marié son fils sans lui donner l'administration de son bien, n'en eût pas usé autrement que Mazarin ; il revint plus paissant et plus jaloux de sa puissance, et même de ses honneurs, que jamais. Il exigea el il obtint que le parlement vint le haranguer par députés. C'était une chose sans exemple dans la monarchie; mais ce n'était pas une trop grande réparation du mal que fe parlement lui avait fait, il ne donna plus la main aux princes du sang eu lieu tiers, comice autrefois. Celui qui avait traité D. LouU de Haro en égal, voulut traiter le grand Condé en inférieur. Il marchait alors avec un faste royal, ayant, outre ses gardes, une compagnie du mousquetaires, qui est aujourd'hui la seconde compagnie des mousquetaires du roi. On n'eut plus auprès de lui un accès libre : si quelqu'un était asseï mauvais courtisan pour demander une grftce au roi, il était perdu. La reine-mère, si longtemps protectrice obstinée de Mazarin contre la France, resta sans crédit, dès qu'il n'eut plus besoin d'elle. Le roi son fils, elevédans une soumission aveugle pour ce mitiislre, ne pouvait secouer le joug qu'elle lui avait imposé aussi bien qu'à elle-même; elle respectait son ouvrage, et Louis XIV n'osait pas encore régner du vivant de Mazarin. Ça ministre est excusable du mal qu'il fait, lorsque le gouvernail do l'Etal est forcé dans sa main par les tempêtes ; mais daus lecalmc il esl coupable de tout le bien qu'il ne fait pas. Mazarin ne lit de bien qu'à lui et à sa famille par rapport à lui. Huit années de

autre chose qu'une liaison un peu tendre, e* de* paroles de galanterie qui pouvaient n'être qu'une p*>

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puissance absolue et tranquille, depuis son dernier retour jusqu'à sa mort, ne furent marquées par aucun établissement glorieux ou utile; car le collège des Quatre-Natious ne fut que l'effet de son testament. Il gouvernait les finances, comme l'iulendant d'un seigneur obéré. Le roi demanda quelquefois de l'argent à Fouquet, qui lui répondait : « Sire, il n'y a rien dans les coffres deVotro Majesté ; mais monsieur le cardinal tous en prêtera,» Mazarin était riche d'environ deux cents millions, a compter comme on fait aujourd'hui.

« Ce n'est pas une pénétration supérieure qui fait les hommes d'Etat , c'est leur caractère; notre conduite et nos entreprises dépendent uniquement de la trempe de notre Ame, et nos succès dépendent de la fortune (enlenJez Providtnce). Si César Borgia avait eu la Rochelle h prendre, il aurait invité dons son camp les principaux chefs sous un serment sacré, et se serait défait d'eux. Mazarin serait entré dans la ville deux ou trois ans plus lard, en gagnant et en divisant les bourgeois. D. Louis de Haro n'eût pas hasardé l'entreprise. Richelieu fit une digue sur la mer a l'exemple d'Alexandre, et entra dans la Rochelle en conquérant-; mais une marée un peu forte, ou un peu plus de diligence de la part des Anglais, délivrait la Rochelle, et faisait passer Richelieu pour un téméraire. Oi peut juger du caractère des hommes par leurs entreprises. On peut bien assurer que l'âme de Richelieu respirait la hauteur et la vengeance; que Mazarin était sage, souple et avide de biens... Celui qui a le plus d'esprit échoue, et celui qui a dans le caractère plus de patience, de force, de souplesse et de suite, réussit. En lisant les lettres du cardinal Mazarin, et les Mémoires du cardinal de Retz, on voit aisément que Retz était le génie supérieur. Cependant Mazarin fut tout puissant, et Retz fut accablé. Enfin il est trèsvrai que pour faire un puissant ministre, il no faut souvent qu'un esprit médiocre, du bon sens et de la fortune ; mais pour être un brm ministre, il faut avoir pour passion dominante, l'amour du bien public... Le monument qui immortalise lecardinal Mazarin, c'est l'acquisition do l'Alsace. Il donua celte province a la France dans le temps que la France était déchaînée contre lui ; et par une fatalité singulière, il fit plus de bien au royaume lorsqu'il était persécuté, que dans la tranquillité d'une puissance absolue. » (Voltairb).

MAZAKIN (Michel), frère du précédent, naquit en 1607, h Rome, où s'était établi son père, originaire de Païenne. — Entré dans l'ordre de Saint-Dominique, il y enseigna la philosophie et la théologie. Le parti de la France le nomma général de l'ordre, dans un chapitre tenu à Gênes ; mais comme les Espagnols s'y opposèrent, il renonça à cette eharge dans I intérêt de la paix, et devint maître du Sacré Palais. Le cardinal son frère lui fit donner, en 1645, l'archevêché d'Aii, le chapeau de cardinal en 16V7, et la

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vice-royauté de Catalogno en 1616. Il Ol son entrée à Barcelone en février, et, étant allé a Ro ue, il y mourut Ie2 septembre suivant, âgé de 41 ans.

MAZIO (Raphaël), né à Rome en 1765.

fut fait cardinal eu 1S30 par Pie YUI. It mourut en 1832.

MECKAW (MelchioiO, né en Autriche, était fils de Ga$pard Meckaw, conseiller d'Etat de l'empereur Maxirailien 1". — Ce prince, pour récompenser dans la personne du fils les bons services que lui avait rendus le père, procura à Melchior l'évêché de Rrixeo et le chapeau de cardinal que le Pape Alexandre VI lui donna en 1503. Le cardinal Meckaw, d'une conduite et d'un zèle exemplaires, se fit extrêmement considérer sous lo pontifical de Jules II,a Rome, où il était chargé des affaires de l'empereur Maxirailien, et y mourut le 3 mars 1509.

MED1CI D'OTTAIANO (François »e), né a Naples le S novembre 1808, a été créé et proclamé cardinal -diacre par Sa Sainteté Pie IX, dans le consistoire du 16 juin 1856. 1! était auparavant majordome de Sa Sainteté.

MEDICIS (Jean). — Foy. Léon X.

MEDIC1S (Jules), né le 27 mai 1478, chevalier de Malle, puis archevêque de Florence, * créé cardinal en 1513 par le Pape Léon X, son cousin ; élu Pape en 1523 sous le nom de Clément VII, mort le 25 novembre 1534.

MEDICIS (Hippolttb) était fils naturel do Julien de Médicis, dit le Magniflquetel duc ds Nemours. Son père le fit élever avec soin.— Le Pape Clément VII, son cousin, le créa cardinal le 11 janvier 1529, et, peu après le nomma administrateur de l'archevêché d'Avignon et vice-chancelier de l'Eglise. Ces dignités n'étaient pas fort au goûld'Hippoljte, passionné pour la musique et la poésie; néanmoins il les accepta pour ne point déplaire au Pontife, qui l'envoya, comme légat, auprès de l'empereur Charles-Quint en guerre avec le sultan Soliman. Le légat s'empress» de mettre sur pied huit mille Hongrois qu'il paya lui-même, et de former quelques compagnies de chevau- légers des meilleurs hommes de sa suite. Ces troupes rendirent de grands services a l'Allemagne, et à J'em-

{>ereur, en particulier; les Turcs furent rebellés hors des domaines héréditaires delà maison d'Autriche. Quand Charles -Quint

fiassa en Italie, Hippolyte qui le suivait, se aissatit emporter a son humeur guerrière, s'habilla en général d'armée et devança l'empereur suivi des plus bravesgentilshomraes de sa suite.L'empereur, naturellement soupçonneux, craignant que le légal n'eût de mauvais desseins, envoya après lui et le Ut arrêter; mais ayant appris quelle était l'humeur du jeune prélat, il le mit en liberlé einq jours après. Le succès de la légation du cardinal Hippolyte lui fil beaucoup d honneur; et sur la lin de la vie de Clément VU, en 1534, lorsque le corsaire Barberousse eut fait une descente en Italie et eut pillé les villes de Stecaccio et de Terraciue, le Sacré Collège craignant pour Rome, qui n'arail

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alors d'autre défense que deux cents hommes de la garde pontificale, chargea le car- Jinal de Médicis d'aller protéger les côtes les plus exposées aux déprédations des Barbares. En arrivant sur la côte, le cardinal trouva heureusement que Barberousse s'était retiré. Il revint à Rome, entra dans le conclave et contribua beaucoup à l'élection du cardinal Farnèse.qui prit le nom de Paul III. Il ne fut pas content de ce Pontife, qui lui refusa la légation de la Marche d'Ancône qu'on lui avait promise dans le conclave. Au reste, il ne devait s'en prendre qu'à lui-même qui tenait une conduite si peu convenable. Ses actions n'avaient rien d'ecclésiastique; il portait l'épée comme un cavalier, passait son temps à faire des armes ou à monter à cheval; ne prenait les insignes du cardinalat que lorsqu'il était obligé de se trouver à quelque consistoire, paraissant plus souvent au cours, à la chasso et à la comédie quo dans son cabinet et dans les églises. Il était au désespoir que le Pape Clément Vil lui eût préféré son cousin Alexandre de Médicis, duc d Urbin, pour In principauté de Florence dont il se crojait plus digne. Son ambition lui persuada qu'il y pourrait encore parvenir en se défaisant d'Alexandre. Il conjura contre lui et résolut de le faire périr au moyen d'une mine ; mais la conjuration fut découverte, et Oelavieo Zenga, l'un des gardes du cardinal, fut arrêté comme un des principaux complices. Hippolyte en prit l'épouvante et se relira dans un château près de Tivoli. Informé que Charles-Quint allait

Casser on Afrique pour châtier le corsaire arberousse, il résolut d'aller le joindre. Mais, tombé malade à Islri, sur le territoire de Foodi, il fut emporté par une fièvre maligne, le 15 août 1535, âgé de 24 ans. Quelques-uns ont dit qu'il avait été empoisonné par l'ordre de son cousin Alexandre. Au reste, ce jenno cardinal était généreux, affable, aimé des gens de lettres, ami Gdôle; sa maison était ouverte à tous les malheureux; on y parlait quelquefois vingt langues différentes.

MEDICIS (Jean-Ange), Milanais, archevêque de Raguse, créé, en 1549, par le Pape Paul III, prêtre-cardinal du litre de Saint- Pudentiane puis de Saint- Etienne in Cœlio monte, fut Pape sous le nom de Pie IV.

MEDICIS (Jean), Ûls de Côme I", grandduc de Toscane, et d'Eléonore do Tolède, frèro putné de Ferdinand, fut élevé avec beaucoup de soin et se lit aimer par l'aménité de son caractère et la douceur de ses mœurs. — Le Pape Pie IV le (il cardinal l'an 1560, dans la dix-seplièrao année de son âge. Un de ses frères, nommé Garcias, farouche et emporté, prit un jour querelle avec lui à la chasse et le tua , le 13 décembre 1563. Garcias avait 15 ans et Jean 19. On dit que le père, au désespoir d'un si grand malheur, s'emporta jusqu'à poignarder lui-même Garcias son Uls pour le punir do sa brutalité. Ces faits ont été révoqués en 'doute, et on répandit le bruit que les deux frères étaient moj-u de la peste; Je grand duc surtout s'ef.

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