‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 263 sur 457 · ONNA1RE MEL \K · texte numérisé non relu

ONNA1RE MEL \K

f«rça de l'accréditer. En 1752, on a imprimé à Rome, en un vol. in-4% un recueil de leu très du cardinal de Médicis, avec son éloge latin prononcé par le sénateur florentin Pielro Vetlori.

MEDICIS (Ferdinand), premierdece nom, grand-duc deTosrane, second DU deCômcl" cl d'Eléonore de Tolède, sa première femme, avait été mis au pombre des cardinaux, en 1563, par le Pape Pie IV. — Il . soutenait à Rome avec éclat les intérêts et la gloire do sa maison, et s'élnil formé à la grande école de politique, la direction des conclaves, où il avait déterminé les élections de Grégoire XIII et de Sixte V. En 1587. la mon do son frère aîné, François-Marie, lui ayant laissé le trône ducal de Toscane, il ne déposa la pourpre qu'au moment où il fui pour épou«er Catherino de Lorraine, fille de Charles II, duc de Lorraine, et do Claude de France ; il mourut en 1608.

MEDICIS (Alexandre), né en 1536. archevêque de Florence en 1574, cardinal en 1583, élu Pape sous le nom de Léon XI, le 1" avril 1605. mort le 21.—(Voy. Léo* XI.)

MEDICIS (Charles), (ils de Ferdinand I ' et de Catherino de Lorraine, mentionnés plus haut haut, né le 19 mars 1595, créé le 2 décembre 1615, par Paul V, cardinat-évêqae de Vcllelri eld Oslie, protecteur d'Espagne, doyen du Sacré Collège, mort à Florence le 17 juin 1066. à î'â^e de 71 ans.

MEDICIS (Jean-Charles), fils de Côme II, grand-duc de Toscane, généralissime des mers do Toscane pour le roi d'Espagne, fait cardinal par le Pape Innocont X en 1644, sacré évêque de Sabine en 1645. mort à Florence le 22 janvier 1662.

MEDICIS (Leopold). frère de Jean.Charles» né le 6 novembre 1617. créé cardinal par le Pape Clément IX en 1667, mort le 10 novembre 1675, en sa cinquante-neuvième année.

MEDICIS (François-Mari*), né la 15 novembre 1660, nommé cardinal parle Pape Innocent XII, le 2 septembre 1686, se trouva à l'entrée de Philippe V, roi d*E*pagne, dans le royaume de Naples, en mai 1702, fut nommé prolecteur des affaires de France et d'Espagne en 1703, et pourvu des abbayes de Marchiennes et de Saint- Amand, en Flandre. Ayant romis son chapeau entre les mains du Pape, dans le consistoire du 19 juin 1709, il épousa le 14 juillet suivant Eléonoro de Gonzague, Qlle du duc de Guastalla, et mourut sans postérité le 3 février. 1711, en sa cinquante et unième année.

Eléonore de Gonzague, sa veuve, mourut à Padouo en 1742. dans la cinquante-sixième aimée de son â^e.

M ELIOR, Fra nça i «, créé par I e Pape Lucell, en 1185, prôlre-cardinal du titre de Saini- Jeao et de Saint-Paul, fut légat en France.

MELIORATI ou M ELIOR A TO (Côme), de Sulmone en Italie, évêque de Bologne, créé, en 1389, par le Pape Boni fa ce IX, prèirecardioal du titre de Sainte-croix, do Jérusatem, fut Pape sous le nom d'Innocent VD.

MELIORATI (Jean), né à Sulmone. au

royaume do Naples, fui fait archevêque de Ravenne, sur la démission de son oncle, Côme Méliorali, cardinal, depuis Pape sous le nom d'Innocent VII, qui le mil dans le Sacré Collège le 11 juin H05.— Le cardinal Méliorali assista au conclave de 1406, où fut élu Souverain Pontife Ange Corario, sous le nom de Grégoiro XI, et avant l'élection, jura avec les autres cardinaux, que celui qui ferait élu quitterait la liare dès qu'il en serait requis par le Sacré Collège. Colle précaution avait pour but do mettre du au *<hismequi désolait l'Eglise. Grégoire, qui s'élait soumis à cette loi, refusa d'y souscrire quand les cardinaux tirent appel h sa bonne foi. Ils s'assemblèrent alors à Pis»*, où ils élurent, en 1409, Alexandre V. Le cardinal Méliorali prit pari à celle élection il mourut à Bologne le 16 novembre 1410.

MELINI (MariusJ, Romain, auditeur de Rote fui créé cardinal en 1747, par le Papo Benoît XIV.

MfcLLA (Jean de), né à Zamora, dans le royaume de Léon , habile théologien et jurisconsulte, vint à Rome et se fit connaître au Pape Eugène IV, qui lui confia divers emplois el lui donna l'archevêché de Zamora. — Fait cardinal eu 1456, par le Pape Calixto III, il reçut encore de Paul II l'évêché de Siguença, en Espagne, bien que le chapitre de celte Eglise se fût déjà nommé un prélat. Le cardinal Mella mourut à Rome lo 13 octobre 1467, dans la 70' année de son agi*, alors que cette ville élail désolée par une peste cruelle. Il avait écrit un ouvrage pour démontrer l'obligation pour les curés de résider pendant la maladie contagieuse , s'élevanl avec force contre ces lâches curés qui croient pouvoir abandonner leur troupeau lorsqu'il a le plus besoin de leur présence et de leurs secours. (Voy. Pie II, Cornm., I. u; — Mariaja, I. n ; — Zurita, I. xiv ; — Onuphre Pauvin ; — Garimbbbt; — Ciaconius; — Albert.)

MELL1NI (Jban Baptiste), né a Rome, le 9 juin 1405, fut pourvu à l'âge de 7 ans d'un ranonical, dans l'église de Saint-Jean de La Iran, par le Pape Jean XXIII, el Martin V lui assigna une pension pour tui faire étudier le droit canon. Il s y rendit habile, et fui bientôt capable de soutenir avec une fermeté chrétienne ce qu'il croyait conforme à la raison et à l'équité.— Le Pape Eugène IV ayant résolu de taire quelques changements attentatoires aux privilèges de l'Eglise de La Iran, le chapitre députa Meliini vers ce Pontife, qui était alors à Florence. Eugène voulut, mais inutilement, le gagner par la promesse d'un évêché; et, traitant sa fermeté de désobéissance, il lui donna, pour le juger, des commissaires qui le renvoyèrent absous. Nommé évêquo d'Urbin , puis, en 1476, cardinal par Sixte IV, il fut envoyé en

aualilé de légal è Milan, après la mort du uc Galeas-Marie Saint-Force. Il mourut en juillet 1478. C'était un véritable ecclésiastique, de mœurs irréprochables, instruit, charitable, généreux, bon ami. Platine avoue que, «ans les libéralités secrètes de ce prô-

INAUX. MEN m»

lat, il serait morl de misère dans la prison où l'avait fait enfermer Paul 11. La cause de cet emprisonnement, c'est que Plalrne s'étail plaint en termes séditieux que ce Pontife eût supprimé le collège des Abrévialeurs dont il faisait partie. Plus lard, Platine fut nommé bibliothécaire du Vatican par Sixte IV, qui le combla de bienfaits. U a écrit la Vie du cardinal Meliini, son bienfaiteur. Elle est insérée dans les Flores historiée cardinal. de d'Altichy, II, 382.

MELL1NÏ (Jban-Gazzia), auditeur de Rôle, promu au cardinalat par Paul V en 1606, mourut le 7 janvier 1608.

MELL1N1 (Savo), nonce en Espagne, créé cardinal en 1681, par Innocent XI, pour avoir réfuté la déclaration de 1682 sur les liberlés de l'Eglise de France, mourut le 11 février 1701, âgé de 58 ans. — Cette réfutation se trouve dans un recueil publié par le cardinal d'Aguirre, et intitulé : Aucloritas infallibilis et tumma cathfdrœ S. Petrit extra el ittpra concilia quœlibel, atque in totam Ecclesiam denuo stabilita, advenus declarationem nomine cleri G allicani editam ,olc; Solamanque, 1683, in-fol.

MELTIO (Camille), Milanais, archevêque deCapoue, fait, en 1657 par lé Pape Alexandre VII, prêtre-cardinal du litre de Saint-Marcel, mourut en 1659.

MENDOZA (Pierrk Gonzalez de), né le 3 mai 1428, était connu aussi sous le nom de Cardinal d'Espagne. — Fils d'Ioigo-Lopez de Mendoza, marquis de Sautillana , et de Catherine Suarezde Vigueroa , il étudia avec succès les langues , la jurisprudence civile et canonique el les belles-lettres. On dit même que dans sa jeunesse il traduisit en espagnol Sallusle, l'Iliade d'Homère, Virgile et quelques poésies d'Ovido. Son oncle, archevêque de Tolède, lui donna un archidiaconé dans son Eglise, et l'envoya à la cour do Jean II, roi de Caslille, qui le nom» ma s l'évêché de Calahorra. Henri IV, successeur de ce prince, le fit chancelier do Caslille el de Léon ; et, après l'avoir pourvu de l'évêché de Siguença, lui obtint la pourpre, que Sixte IV lui conféra en 1473. Ce roi mourut l'année suivante, après avoir désigné le cardinal pour son exécuteur testamentaire. Après la réunion do la Caslille el do l'Aragon, le cardinal d'Espagne, devenu archevêque de Séville, puis de Tolède, continua de rendre de bons services à Ferdinand el è Isabelle surtout dans leur expédition contre les Maures de Grenade, où il les accompagnait, et dont il parlagoa les dangers. Il mourut àGualdalaxara, en Caslille, le 11 janvier 1495.

MENDOZA (Diego - Hurtado de), fils d'Inigo-Lopez de Mendoza. coiule de Tendilla et neveu du cardinal d'Espagne, fut nommé è l'évêché de Palencia, puis à l'archevêché de Séville. — Patriarche d'Alexandrie, puis revêtu de la pourpre en septembre 1500, par le Pape Alexandre VI, il mourut presque subilement 5 Madrid, le Î4 octobre 1502, de 58 ans.

MENDOZA (François de), né on 1508, do

1235 WEZ DICTIONNAIRE MEZ iw

î»iego -Hurlndo de Mendozn, comte de Cn- les bonnes grâces du cardinal Conlolroiero,

gnètc, et d'Elisabeth Bohadilla, fut envoyé, il le suivit à Rome, el embrassa la carrière

Jeune encore, a l'université deSalamanque, des armes. Les troubles donl l'Italie élait

où il fil, en peu de temps, de si grands pro- alors lu théâtre lui donnèrent l'occasion de

grès dans lesleltre.net dans les sciences, qu'il se signaler, et Martin Y le récompensa en lui

lot bientôl capable de les enseigner.— Pour- confiant l'administration du diocèse deTrau,

ru successivement de l'arcbidiaconé de To- en Dalmatie, etposé aux déprédations des

Inde, de l'évêrh* de Coria, de celui de Bur- Turcs. On voyait alors des généraux possé-

f;os. il fui. en 1544, élevé au cardinalat par der des bénéfices, et des prélats commander e Pape Paul III. Après avoir été quelque les armées. Pour parvenir plus sûrement, temps gouverneur de Sienne, en Italie, pour il entra dans 1rs ordres sacrés, sachant que, l'empereur Charles - Quint , ce prélat fut dans l'Etat ecclésiastique la profession des Choisi par Philippe II, roi d'Espagne, pour armes ne conduisait h rien. Le cardinal aller recevoir à Runccvaux Elisabeth de Condolmiero, son protecteur, ayant ceint la France, qui devait épouser ce prince. Il se tiare, en 1431, sous le nom d'Eugène IV, la retira ensuite dans son diocèse, où il vécut carrière des dignités de l'Eglise fut ouverte uniquement occupé des devoirs de son mi- pour Mezzarola. C'est lui qui conseilla de histère, et «'entretenant «vec les gens de lel- faire mourir le cardinal Vilelleschi, contres. Ses ouvrages n'ont pas été publiés. Il vaincu de trahison, el qui en eut toutes les mourut au bourg d'Arcos, le 3 décembre dépouilles; il en eut les grandes richesses 1566. Ce cardinal, vénéré de ses conlempo- et l'archevêché de Plorence. Nommé bientôt rains, venait d'être nommé à l'archevêché après patriarche d'Aquilée, 11 fut, en lUft, de Valec.ce, dont il ne put prendre posscs- promu au cardinalat. Par sa fermeté, il Sion. imposa aux Colonne, aux Romains révoltés;

MKNDOZA (Jean de), Espagnol, créé, en et ses talents militaires servirent puissam-

1S8?, par le Pape Sixte V, prêtre-cardinal du ment Eugène dans ses guerres contre les

litre de Sainte -Marie au delà du Tibre, Milanais, et contre le roi de Naples, qu'il

tnourut en 1592. força à s'éloigner. Mais ce n'est pas seule-

MKNDOZA (don Alvarez db). Espagnol , ment à la tête des armées qu'il se signala,

patriarche des Indes, fut créé cardinal en il élait encore un habile négociateur, et il

1747, par !e Pape B^notl XIV. s'acquitta avec succès des différentes m>

MENDOZA (Joseph - François de), né à siousquiiui furent confiées. Fait camerliu-

Lisbonne en 1726, patriarche de Lisbonne, eue de l'Eglise par Eugèno IV, il ne cessa

fui fait cardinal par Pie VI, en 1788. Il de jouir de la plus haute faveur sous les

mourut en 1808. successeurs de ce Pontife. En 1456, il fut

MERCURIO (Jean-André) de Messine, ar- envoyé parCalixte III au secours d'Hunyade

chevèque de Manfredonia, puis de Messine, qui s'immortalisait par sa belle défense

nommé en 1551 , par le Pape Jules M, de Belgrade contre Mahonriet II. A son re-

prêlre-cardinal du titre de Sainte-Barbe, tour, déclaré général d'une croisade contre les

puis de Saint-Cyriaque et des Saints Quirice Turcs . Mezzarola, qu'on appelait le cardinal

et Julitte, mourut en 1561. de Padoue, et que quelques-uns surnom-

MER1NO (Etibnnb-Gabbiel), né d'une fa- maient le cardinal Lucullus, a cause de sou

mille obscure à Jaën en Espagne, s'éleva faste et de son luxe, monta quelques galères

par son savoir-faire, à la cour de Ferdinand et alla disperser la flotte ottomane près de

ri d'Isabelle, el à celle de Rome, où le Pape Rhodes; il prit Lemnos , avec plusieurs

Léon X lui donna l'évêché de Léon, en autres lies do l'Archipel, et revint chargé de

Espagne. — Mérino, qui était déjà arche- butin. Le caractère, la cupidité de Mezza*

vôque de Bazi, fui ensuite évêque de Jaën, rota étaient hautement improuvés du car*

sa patrie, puis | atriarebe des Indes. Le Pape dinal Barbo ; aussi quand ce prince de l'B-

Adrien VI l'envoya en 1522, légat en France, gtise fut élevé au trône pontifical sous le

pour lâcher de réconcilier le roi François I" nom de Paul II, en 1464, le cardinal de

et Charles-Quint. Quoique le légat n'eât Capoue vit-il cette exaltation avec déplaisir,

pas réussi dans eette négociation, il ne s'en II mourut l'année suivante, âgé du G*

acquil pas moins l'estime de l'empereur, ans.

qui le fit revêtir de la pourpre en 1533. Ce MEZZA VACCA (Bauthèlemi), né a Bolo*

cardinal mourut, le 28 juillet 1535, à Rome gne et habile jurisconsulte, fut successive-

nù l'on voit son tombeau et son épitaphe ment auditeur de Rote, é vôque de Riéti, en

dans l'église de Saint-Jacques des Espa- Ombrie, et créé cardinal par Urbain VI en

gnoîs. 1378. — Ce Pontife, entièrement occupé de

MERLINI (Louis), né a Forli en 1690, fut son ambition, rejetait toutes propositions

fait cardinal par Clément XJJ1 en 1759. Il propres & rendre la paix è l'Eglise pendant

mourut en 1762. le schisme, el donnait tous ses soins à Té-

MESMER (Jean-Baptiste], Milanais, tré- lévation d'un de ses neveux , homme d'un

sorier-général de la chambre apostolique, mérile très-médiocre. Il avait accordé l'in-

fut fait cardinal, en 1747 par le Pape Be- vesliture du royaume de Naples à Charles

lintt XIV. de Duras, sous condition que ce priuce

MEZZAROTA (Louis), né, en 1391, è Pa- donnerait au neveu du Pontife les duchés

doue , d'une famille obscure, enseigna d'Ainalfi et de Capoue. Urbain lui envoya trois

d'abord la médecine.— S'élant insinué dans cardinaux pour lui rappeler sa promesse, et

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Pengflgcr à l'exécuter. Mezzavacca, qui était du nombre, ne suivit pas les instructions du Pape. Urbain en fut d'autant plus irrité, qu'il ne put se venger sur la personne du cardinal qui resta i Naple*. Il *e priva de la pourpre ; mais Boniface IX la lui rendit, et l'envoya, en qualité de légal, à Gènes et a Viierbe. Le cardinal Mezzavacca mourut le 20 juin 1396.

MEZZOFANTI. - « Joseph Mezzofanli naquit eu Bologne, en 177k d'une famille bien connue. 11 reçut les premiers rudiments de D. Philippe Ciccotti, prôtre de la ville , leP. Respighi, savant oralorien, le conduisit plus avant dans la voie du savoir; puis enfin , il fréquenta les écoles pies. Sa promptitude à saisir, la facilité et la ténacité de sa mémoire, sou infatigable application en faisaient un objet d'admiration pour ses maîtres et ses condisciples; aussi, après avoir remporté les prix dans ces écoles, il en sortit avec la réputation d'un talent déjà extraordinaire. En effet, a l'Age de 15 ans il avait Qni son cours de philosophie et possédait quelques langues étrangères, parmi lesquelles le latin et le grec qu'il savait & fond.

« Sa piété le portait a l'état ecclésiastique. Il s'appliqua à la théologie, et, en 1797, il célébra sa première Messe. Depuis lors, les divins Offices , les instructions aux jeunes gens, la préparation des enfants à la première communion , l'administration du sacrement de pénitence formèrent ses plus chères délices, et il s'y livrait avec tant de zèle, qu'on nè conçoit pas comment il lui restait dû temps pour se livrer à l'étude comme il l'a fait. Non-seulement les sciences sacrées, mais la philosophie de l'histoire, la géographie, la botanique, la poésie et toute sorte d'érudition s'étaient classées dans cette prodigieuse mémoire, qui tenait toujours prêtes è son appel les plus vastes connaissances. Il possédait parfaitement les classiques grecs et latins et ce qu'ont écrit les auteurs les plus fameux, tant anciens que modernes. C en eût été assez pour lui valoir uo rang parmi les savants les plus distingués. Mais ce qui Ta fait admirer particulièrement, c'est le don qu'il avait pour l'étude des langues.

■ Il savait et parlait tant d'idiomes qu'on pouvait l'appeler l'homme de tous les temps, de toutes les nations du monde entier.

En voici la liste alphabétique : albanais, allemand, amaric, anglais, angola, arabe, aramien, arménien ancien et moderne, bulgare, catalan, chaldécn, celtique, chinois, copule, curaçao, curde, danois, espagnol, éthiopien, français, géorgien, grec» ancien et moderne, hébreu, hébreu rabbinique, hollandais, hongrois, illyrien, indouslau, irlandais, italien, latin, malais, mallais, roougol, norvégien, perse, polonais, portugais, russe, samaritain, sanscrit, sarde, singalais, syriaque, suédois, tartare, turc, valaque, et enfin la langue, ou si l'ou veut l'argot des Bohémiens.

m II semble impossible qu'un seul homme ail au tant d'idiomes différents, il faut pour-

DINAUX. MEZ iV>*

tant que nous ajoutions prodige à prodige en disant qu'il connaissait beaucoup dos dialectes des langues vivantes, avec leur prononciation, et d'une manière si délicate qu'en entendant parler un étranger il reconnaissait à son accent quelle était sa province et lui répondait dans son patois.

«i On oserait à peine raconter de telles merveilles si on n'avait le témoignage de Rome et de Bologne, celui des élèves de ta Propagande avec qui il conversait chaque jour dans leur langue resneclive, celui des savants de toutes les nations qui vinrent

(>our le connaître. Son nom était devenu si ameux qu'il faisait comme partie des curiosités ue Borne et que pas un touriste no voulait partir sans l'avoir vu ef entendu ; plus d'une fois ceux qui savaient plusieurs langues s'en servirent tour à tour pour tenter cette science si fameuse, et plus d'une fois il arriva que Mezzofanli partait mieux qu'eux-mêmes leur propre tangue. Le célèbre astronome, baron de Zach, l'entendit parler en anglais avec le capitaine Srnilh, en russe et en polonais avec le prince Volkonaki , lui-même l'entretint en hongrois, en allemand, en vainque, en autrichien , et il s'écria qu'il était venu à Rome pour voir une merveille dans le ciel et qu'il en rencontrait une sur la terre.

« Lord Byron, qui fait profession de mé-

J iriser les lettres, dit en parlant do Mezzoanli : «Qu'il est un prodige de langues, un Briarée des parties du discours, une polyglottie ambulante, qui aurait dû vivre aux temps de la tour de Babel pour servir d'interprète universel ; vrai miracle et sans prétentions. Je l'ai éprouvé sur tous les idiomes, dont je ne connaissais qu'un blasphème ou une imprécation, et, morbleu 1 il m'en a remontré dans ma propre tangue. »

« Quand il fui élevé au cardinalat, quarante-trois évêques de la Propagande le complimentèrent chacun dans sa langue, et le cardinal traduisant ces petites pièces en italien pour ceux qui assistaient à la fêle, causait avec les élèves el les encourageait dans leur idiome.

« François I", empereur d'Autriche, passant à Bologne en 1819, voulut voir Mezzofanli et le lit interroger par les personnes de sa suite appartenant aux diverses nations de l'empire. Le savant parla couramment polonais, hongrois, allemand, illyrien.

L'empereur Nicolas, lors de son vovage à Rome, déclarait qu'il parlait le russe comme un bourgeois de Saint-Pétersbourg. Un prince indien tut ravi de trouver en lui un interprète près du Pape Grégoire XVI.

« L'ambassadeur de Turquie, la reine des Pays-Bas, le prince héréditaire de Russie, tous les personnages, en un mot, qui ont visité Rome de son vivant, sont restés émerveillés de celte prodigieuse facilité. Presque lous ont emporté sur leurs albums quelques vers ou quelques lignes qu'il ne refusait jamais d'écrire dans la langue qu'on lui désignait.

« Dans sa bibliothèque on à trouvé cent

42*9 MHZ DICTÏOMNAmE MEZ tllQ

quarante dictionnaires, dont quelques-uns et, comme récompense, fui envoya une forte très-rares, et autant de grammaires annotées somme d'argent, que le savant modeste ride sa main. Il reste de lui, entre autres pa- fusa, disant qu'il valait mieux remployer piers, l'explication malheureusement ina- aux missions étrangères. Ce trait ne fut r/m chevée d'un curieux manuscrit mexicain. oublié, et Grégoiro XVI s'informait .souvent < J'avais le bonheur d'être de sa familia- do Mczzafanli près du cardinal Opizzoni, ri lé, et souvent nous parlions de l'élude des archevêque de Bologne, hinguos et des moyens de les apprendre avec « II fit partie de la dépu talion envoyée a facilité. D'après ce que j*ai pu conclure de Rome par sa ville nalah-, et c'est à celle occes entretiens, où de ma part l'interrogation casion qu'il fut fait prélat domestique el ne pouvait être que très-réservée, il m'a protonotaire apostolique non particinanl. semblé qu'il s'élait formé une méthode corn- « En octobre 1832, il fut appelé de nouparative et pour les règles de la grammaire el veau à Rome, el dès lors il y resta pour pour les mois. Quand il voulait apprendre obéir aux ordres souverains, une nouvelle langue, il cherchait celle . qui, « En 1832, il fut fait chanoine de Saintepar son caractère, semblait lui offrir le plus Mn rie-Majeure, puis premier conservateur d'analogies; puis il s'imprimait, pour ainsi de la bibliothèque du Vatican et chanoine dire, dans la mémoire les rapports de diffé- de Saint-Pierre. Le chapitre lui confia la rence qui existaient entre elles. De là celte direction de son séminaire, dans lequel il connaissance délicate des sens divers d'un dépensa une grande partie des revenus de même mot et de son emploi dans les dia- sa charge et de son canonicat. Il y entrele* icnlcs d'une même langue. Si cette explica- nail plusieurs élèves à ses frais. Bon confion fait entrevoir sa méthode, elle n'ôte rien finisseur, il retrouva parmi de vieilles toiles au prodige qui ne peut s'oxpliquer qu'en re- abandonnées quelques tableaux de prix, qui connaissant en lui un être extraordinaire par maintenant décorent une des salles de la (a force d'esprit comme Samson par la force - bibliothèque.

physique. L'étude chez lui a dû être sans « Dans le consistoire du 12 févrior 1848,

relâcho, mais elle n'a produit des fruits aussi il fui promu au cardinalat, et Qt partie des

abondants que parce qu'elle fécondait une congrégations de la Propagande , de l'Index

•plilude et une mémoire exceptionnelles. des Biles, des Etudes (dont il fui préfet), de

« Il est plus rare peut-être de voir un l'examen des évêques et des affaires de l4

homme si richement doué, non-seulement Chine. Après la mort du cardinal Sala, il fut

se préserver de l'orgueil, mais encore rester visiteur apostolique de l'hôpital de Saiol-

si modeste qu'il ne connaissait même pas le Jacques, el président de la commission ad-

[>rix de son savoir. Aimable avec tous, il miuislraiive de l'archihôpiial de Saint -Sau-

'élait principalement avec les petits et les veurad*0Mr/a sanctorum. Il fui enfin visiteur

pauvres, auxquels il témoignait son affection apostolique de la maison pieuse des caté-

par d'abondantes aumônes et surtout par enumènes, où ses rares connaissances étaient

une tendre sympathie. très uliles,etdumonastèrede l'Annonciation.

« 11 me reste à parler des honneurs dont « il était protecteur de la ville de Bologne,

il fui revêtu; mais pour un pareil homme du bourg de Medicina et de la commune de

qu'est-ce que les honneurs, les décorations, Gavignano, dans le Laliuua, de tout l'ordre

los titres académiques? Les charges ont des Larmes, de la congrégation des Hospi-

reçu de lui plus de lustre qu'ils ne lui en talières el de beaucoup de m.onaslères el de

ont donné. A Bologne, il avait la chaire des confréries.

langues grecque el hébraïque qui lui fut « Il se prêtait volontiers à confesser lei

ôtée sous le gouvernement de Napoléon par étrangers, el il répétait souvent que l'espoir

refus de serment. Joachim, après la chute de pouvoir accomplir celle œuvre de charité

de l'Empire, la lui rendit et le décora de avait élé le plus vif stimulant de ses longues

l'ordre des Deux-Siciles. A plusieurs reprisée éludes. Dans la dernière année de sa vie, )l

il fut le régent de l'Université, sous-biblio- accepta la charge de confesseur du nouveau

thôcaire d'abord, puis successeur du P. Poz- couvent des Polonaises,

zetti ; il enrichit la bibliothèque à ses dé- « Il est inutile de dire qu'il appartenait à

pens el lui donna un manuscrit ancien. beaucoup d'académies qui s'honoraient de

« Pie VII, en 1814, à son passage à Bolo- lo compter parmi leurs membres. On a gne, quand il allait reprendre possession de trouvé dans ses papiers une quantité cooson siège, l'invita à l'accompagner pour oc- sidérable de ces diplômes, cuper le poste de secrétaire de la Propagan- « Pendant les, mois de février, mars et de, mais il refusa pour ne pas abandonner avril 1848, il Gl ûne grave maladie, dont il sa chère patrie, ol résista aux instances réi- ne se releva jamais bien. Le chagrin que lai lérées du cardinal Consalvi. En vain l'em- causaient les troubles politiques de Rome nereur d'Autriche et le grand-duc de Toscane contribuaient au mauvais état de sa santé, lui firent-iU adresser les mêmes sollicita- el le départ du Sain l-Père le frappa lellemeul lions: ce dernier lui donna la croix deSaint- qu'il disait souvent n'avoir plus que très- Joseph du mérite, puis la grande croix du peu de temps à vivre. Dans le fait, yerslafio même ordre quand il fut cardinal. de février 1849, il fut aliaqué d'une pleuré-

« Le cardinal Capellari, depuis Grégoi- sie, et ne til que languir jusqu'au 15 mars,

re XVI, étant préfet de la Propagande, l'em- qu'il passa à l'éternel repos, après avoir

ploya dans les affaires de la congrégation, souffert avec la plus grande résignation, «l

1211 MHi DES CA

s'être préparé à la mort des justes par la dévotion à saint Joseph , son patron, qu'il invoquait encore une demi -heure avant d'aspirer.

« Les circonstances ne permettaient pas de pompeuses funérailles. Le 16 mars, au soir, H fut porté, comme un simple particulier, a l'église de Saint-Onuphre, son titre de cardinal, où, par disposition testamentaire, il avait désigné sa sépulture. C'est, dans cette petite église, dépositaire des reaies du Tasse, qu'on admire l'humble sépulcre du cardinal Mezzofanli. » (Extrait de f Ami de la religion.)

MICARA (Louis). — Nous empruntons à l'Ami de la religion les lignes suivantes :

« S. Rm. le cardinal Micara est mort le 2i mai, à la suite d'une longue maladie. Il éiait né le 12 octobre 1775, avait été réservé cardinal in petio par le Pape Léon XII dans le consistoire du 20 décembre 1824, et publié dans celui du 13 mars 1826. 11 était doyen du Sacré Collégo , évôque suburbicaire d'Ostie et Velletri , préfet des saintes congrégations du Cérémonial et des Rites, président du conseil suprême de la chambre apostolique, et membre d'un grand nombre d autres congrégations. Son élévation au cardinalat n'avait apporté aucun changement aux habitudes austères de sa vie. Il se conformait rigoureusement aux règles de Tordre des Capucins, auq ael il appartenait, et qu'il a honoré par ses vertus, par sa science et par son talent de prédicateur. »

MICHIEL(Jban), né à Venise, et fils d'une sœur du Pape Paul 111, était protonolaire apostolique, quand il fut revêtu de la pourpre par Paul 11 en décembre 1468. — Nommé successivement patriarche de Conslanlinopte, évêque de Padoue, de Vérone et de Viceoce, il fut ensuite envoyé par le Pape Innocent VIII, en qualité d'iuspecleur, dans l'armée que ce Pontife avait envoyée contre Ferdinand, roi de Naples, sous le commandement de Robort de Sanseveriu, lequel ne demandait pas mieux que d'entrelenir la guerre. Le cardinal Michiel ménagea si bien les esprits, qu'il les disposa a la paix qui fut heureusement conclue. Alexandre VI le fit, dit-on, empoisonner, pour avoir une partie de ses biens qui étaient considérables. Il se serait servi, pour exécuter ce forfait, d'Esclin de Forli, attaché à la cuisine du cardinal. Ce crime ne resta pas impuni. Alexandre VI mourut, dît-on, loi-même empoisonné. Le fait de la culpabilité du Pontife est contesté. Ce qui ne l'est pas, c'est que le domestique infidèle, gagné pour se défaire de son mattreet bienfaiteur, fut esécuté sous le pontificat de Jules II. Le cardinal Michiel expira le 10 avril 1503, et fut inhumé daos l'église de Saint- Marcel, où l'on voit son épiiaphe. Il avait eu le temps de faire ses dispositions testamentaires, par lesquelles il donnait ses meubles précieux et de grandes sommes d'argent aux églises de Padoue et de Vérone.

MMjAZZI de valle et SOLLETERIN (CanuTornE), né èTreutc en 1714, archevô-

DIIfAUX. mon m*

que de Vienne en Autriche, fut fait cardinal par Clément XJU en 1761. Il mourut en

MIGNANELL1 (Fabio), Siennois, évêque de Lncera, nommé, en 1551, par le Pape Jules III, prêtre-cardinal du litre de Saint- Sylvestre, et préfet de la signature de justice, mourut en 1557.

MILA (Louis-Jean del), né à Xativa, dans le royaume de Valence, était tils de Jean del Mila, et de Catherine Borg'a, sœur du Pape Calixte III. En 1455, élevé à l'évêehé d'Albarazin, et au cardinalat par lo Pape son oncle, il fut envoyé h Bologne, en qualité de légat. — Sous le pontificat de Pie II, nommé à l'évêehé de Lérida, il alla se fixer dans son diocèse, où il mourut en 1507 dans un &ge avancé. C'est là une preuve pércmptoirequ'il n'eut aucune part aux actes déplorables qui eurent lieu sous lo pontificatd'Alexandre VI, son cousin. Son corps, qui avait été inhumé à Lérida, fut transporté en 1574 à Albaida, comté qui avait appartenu au cardinal del Mila.

MILLO (Jean-Jacques), de Casai, dalaire, né le 16 iuin 1695, fut fait cardinal par le Pape Benoit XIV le 26 novembre 1753.

MINIO, connu sous le nom de Jean db MARVAUX, parce qu'il était né dans ce bourg de la Marche d'Ancône, entra dans l'ordre de Saint-François où il enseigna la théologie avec éclat. Le Pape Nicolas IV le choisit pour être professeur du Sacré Palais.

— Elu général de son ordre dans un chapitre général tenu à Anagoi, où Booiface VIII présidait lui-même, il fut envoyé, en 1209, par ce Pontife, comme légat en Flandre, où le roi Philippe le Bel avait remporté de grands avantagos sur les Flamands, alliés avec Edouard I" d'Angleterre, et, après son retour, fait cardinal en 1302. Miniosetrouva au concile général de/Vienne en Daupbiné, y défendit avec courage la mémoire de Bonifàce, et mourut a Avignon en 1312.

MOL1NA (Jean Gaspard), Espagnol, fut créé cardinal en 1737 par le Pape Clément

MOLINO (Jean), Vénitien, né en 1705, évêque de Bresse, fut fait cardinal en 1761 par Clément XIII. Il mourut en 1773.

MON A LDI (Benoit), né à Pérouse, portait aussi le nom de DE UBALDIS, parce qu'il avait été héritier de sou oncle François Ubaidi. Il parut avec distinction è la cour de Home, où il lut auditeur de Rote. Nommé ensuite dalaire du cardinal Barberin, légat en France et en Espagne, il fut revêtu de la pourpre, en 1634, par le Pape Urbain VIII, et mourut, en 1641, à Pérouse dont il était évêque. Il avait écrit un volume de Décieions de la Rote, volume qu'on publia à Pérouse, 1654, avec des notes de Torelli.

MONCADA (Louis-Antoine de Belluaa de) naquit le 30 novembre 1662, a Motril, dans le royaume de Grenade, d'une noble et illustre maison de Catalogne, alliée aux premières de la CastiUu et de l'Andalousie.

— Il lit ses premières éludes dans sa patrie. En 1678, envoyé à Grenado pour y étudier

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In philosophie et la théologie scolaslique, il se distingua parmi ses condisciple.1*, et parut avec éclat dans tous les exercices littéraires de cette célèbre université. En 1686, il alla à Séville dans le collège-majeur de Sainte-Marie de Jésus, et y reçut les degrés de licencié et de docteur en théologie. L'année suivante il obtint, au concours, le ranonicat loctoral de l'église cathédrale de Znmon. et, deux ans après, celui de Cordoue. C'est dans celle dernière ville qu'il élablit les prêtres de l'Oratoire de Saint- Philippe de Néri; il se fit recevoir parmi eux, et fui leur supérieur pendant plusieurs années. La réputation de ses talents et de ses reclus parvint aux oreilles de Philippe V, qui le nomma à l'évéché de Carthagène. 11 ne fallut rien moins qu'uu commandement exprès de son prélat, le cardinal D. P. de Salazar, et de son confesseur, l'un et l'autre de l'ordre de Saint-Dominique, pour triompher de ses refus. Sacré le 19 avril 1705, par le cardinal Salazar, il s'empressa de se rendre dans son diocèse, où il mérita l'estime publique comme à Cordoue. L'Espagne était alors désolée par la guerre civile. Deux prétendants s'y disputaient le trône, Philippe V et l'archiduc Charles d'Autriche. L'armée impériale entra en Espagne peu de mois après que l'évêque de Carlhagène eut pris possession de son siège. Le prélat publia un manifeste où il exposaitd'une manière solide les droits incontestables du prince français h la couronne espagnole; Philippe Y ordonna que cet écrit fût réimprimé et répandu dans la Péninsule. Cependant les troupes impériales faisaient des progrès; elles tenaient Murcie bloquée. Le prélat, à la tête du peu de troupes qu'il put rassembler, fit une sortie si vigoureuse do sa ville épiscopale, qu'il força l'ennemi a se retirer arec perte; puis, profitanl de son arantage, il reprit aux impériaux plusieurs villes et bourgs dont ils s'étaient emparés. En récompense de ce serrice signalé, Philippe V le nomma, en 1706, vice-roi du royaume de Valence, et capitaine général des troupes de Murcie. Il accepta ces dignités par un ordre formel du nonce du Pape, et ne tarda pas à s'en démettre, de même que de l'évéché de Cor* doue, un des quatre premiers sièges d'Espagne, auquel le roi l'avait nommé. Content de celui de Carlhagène, il u'avait d'autre ambition que celle de se rendre utile aux peuples confiés a ses soins par la Providence, et de retracer en sa personne l'image fidèle du pasteur que demandent l'apôtre saint Paul et le concile de Trente. 11 fil un grand nombre de fondations pieuses et utiles; il élablit la congrégation de Saint- Philippe de Néri, une maison de refuge, une autre pour les orphelins des deux sexes, uno autre pour les enfants trouvés, une pour les enfants de chœur de sa cathédrale, un collège pour les théologiens, un séminaire qu'il décora splendidement, un mont de piété, etc., etc. Il laissa in perpetuum le bénéfice d'Yctla de l'évéché de Murcie, pour

augmenter les revenus des six premières chaires de l'université de Séville, & laquelle il fit encore d'autres donations. Il y fonda aus«i, pour l'éducation de la jeunesse, uq collège dont il confia les soins aux Jésuites. Zélé pour le salut des Ames, ce prélat semblait, comme sainl Paul, être chargé du soin de toutes les églises. La vigueur apostolique avec Inquelle il défendit les droit?, les immunités et les privilèges de l'Eglise et du Pape, e.<t comparable à celle des Ambroise, des Léandre, des Isidore et des Fuigence. Le même zèle qui porta Clément XI a le créer cardinal dans le consistoire du 24 norembre 1719, lui fit refuser celte dignité, parce qu'il avait fait vœu de n'en accepter aucune qui pût le détourner de la résidence : et, depuis peu, son humilité et son amour de la retraite lui avaient Tait prendre la résolution de quitter même son évôché, pour ôlre tout entier à la prière elà l'étude. Déjà il avait tout disposé pour cette retraite, comme on le voit par la lettre de démission qu'il envoya au Pape, le 8 décembre de la même année, et qui est imprimée. Le Pape, ne voulant pas priver l'Eglise d'un prélat si rempli de lumières et de vertus, le dispensa de son vœu, et, le 12 mars 1720, lut ordonna, par un commandement formel d'obéissance, d'accepter le chapeau de cardinal. Cet illustre prince de l'Eglise ûtdeui voyages à Rome pour assister aux conclaves ; en 172V, après s'être démis de son évêché, il se fixa dans celte capitale do monde chrétien, où il fui quelque temps chargé des alTaires d'Espagne, et il s'y éteignit, dans le sein de Dieu, le 22 février 17& Voici les titres de quelques-uns de ses ouvrages imprimés : Mémoire en défense dit droits de Philippe V à la couronne d'Ei» pagne; in-4"; Apologie $ur lt$ droits d* Saint-Siège, et immunités des ecclésiastique*, in •*>*; Défense canonique des droits des éri"

Sues de Carlhagène dans les vicairies dei or* res militaires d'Espagne; in fol. ; Autre

?our l'immunité ecclésiastique par rapport i augmentation du sel; in- fol.; Mémoire dogmatique sur la déclaration du mystère dt la Conception de la sainte Vierge; in-4* ; Contre les habillements profanes; in-fol.; Epuiot* dogmatica ad Ârmenos, Jacobitos, et utiot schismaticos; in-fol.; Approbatio et elucidsiio Tractatus de cita abscondita card. Cio* fuegos, super illa Saltatoris verba : h •« manet, etc., in-fol.; Explication de la dottrine chrétienne, d l'usage des Missionnaire parmi les infidèles; in-8*; Lettres pastorah; 2 vol. in-4*. On peut voir dans Moréri, édition de 1759. le catalogue complet des imprimés et des manuscrits du prélat. — On n'entreprendra point île rapporter ici tous les éloges donnés & ce cardinal par les Pontifes et par les savants; il suilit de faire mention de quelques-uns. Le R. P. Roman dit de lui, dans son livre, Laus Dei : /w nimus episcopum et cardinalem fama longe majorem. Le cardinal de PoI'Ç".?

l'appelait : Prœlatorum spéculum. Louis M* rappelait son étéque, et ne put jamais lui

\Wb MON DES CAR

•ion reinser. Le Paj>e Clémenl XI disait de ni : Fidelis hœr édita lis Christi institoris ; nvicti Eccletiœ Dei antistilis. Dans le 83* de discours cnnsislorinux, fol. 273, n. 9 : Ludoticum Belluga, episcopum Carthagiimtem Hispanum, orthodoxœ veritalie zealorem maximum ; pontifie ta auctoritatis ntrcpidum defensorem; Eccletiœ libertati»

«sertorem forlittimum ; magnum religioiisimœ nationis Hitp micœ lumen et ornamen- «mi et dans le 2* vol. de ses Lettre* , .1. 717 : Vf te ad ampliitimum S. R. E. car- 'inalium ordinem una cum otiis egrtgiit, ac ene merilis virit tveheremtti, non humance ationtt, aut vil tus favori» tuffragia, ted po$tolatu$ nostri officium , atque eximia irtutum tuarum mérita nos duntaxat ad»

uxerunt.

Le Pape Benoit XIV, dans le bref où il infirme les fondations du prélat, s'exprime nsi : Horum inter primos te excellere, dicte fili notter, jampridem novimut, nunc stem luculentiue comperimus. Dans une tire écrite s l'archevêque d'Anazarbi le ) février 17fc3 : Nihil tanti meriti eardinali 't/are posiumu» : e$t enim plurium annom amieu» notter, et Saeri Collegii honor; ' pottit pro nobis orare Deum in paradito ;

dans une autre lettre adressée è l'évôquo • Murcie le 28 mars 17W : Jam ad aura n$ perveniste credimut, boni eardinalis

lltiga mortem. E tita decessit, eieut v t'ait, t uper tidelicet et sanctut. Eju$ intentio isper recta fuit, ejus labor usque ad ultiuum vitee tua halUum sine inter mittione, ut manu s temper pauperibus apertœ fue-

nt. Vno dicam verbo , honor erat Sacri

llegii. Benoît XIV lui a fait l'épitupbo i vante, pour être placée sur le mausolée jvé, è la gloire de ce cardinal , par les ins et aux frais du Pontife.

Ladovico Belluga Itispano Qui

Ex episcopo Carihagincnsi , Invitus et renueus, A, Clémente XI, P. Maxime-, lo S. R. E. cardinaliura collegiuui cooptaïus, tliapaniarutn apttd S. Sedem prolector, Jurium R. Ecclesiae vindex, Hoc onom curavit Ul Deo, non hominibus, pbcerei.

Vir

ApoMolico propagande Fidci îclo Flagranlissimus ; Ecclesiasiicae disciplina; asser:nr :

aliroonia pauperom, De insiilulionc clericorum, De cuucaiione juveniutis »ullicUus, CoMegia, scholas, Pias domos, scuiinaria JErt tuu fonda vil.

Bencdictus XIV, P. Maximus, Pcrcnne boc amoris nioiiumcnuim P. C.

Yixil annos lxxx, mentes m, dics xxm.

Una eum S. Pbilippi Kerii filiis, Films ipse, ei rongregalionis propagalor Kesurreciioneiu exspectai.

dlONICO (Jacques). — Nous empruntons Ami de la religion l'article suivant :

inaiix. mon 13 m

« Nous avons annoncé la mort de son Em. Mgr Jacobo Mouico, cardinal-prêtre de la sainte Eglise romaine du litre des saints martyrs Nérôe et Achille, patriarche do Venise, primat de Dalmatio, mélropoliiain des rnvinces vénitiennes, conseiller intime de . M. J. R., chevalier de première classe de l'ordre impérial autrichien de la couronne de fer, grand dignitaire , chapelain de la couronne du royaume Lombard-Vénitien, abhé commendataire perpétuel de Saint' Cipriano-di-Murano, etc., etc., etc.

■ Il était né le 26 juin 1778, a Rieae, petit bourg du territoire de Trévise. Entré de bonne heure au séminaire de celle ville, il s'y distingua par son application et les riches facultés de son esprit, et put, dès l'âgo de vingt-deux ans, après des examens brillants, occuper la chaire de haule littérature dans la maison où il avait fail ses éludes. C'est alors qu'il publia plusieurs panégyriques et oraisons funèbres, parmi lesquelles on remarque surtout celle du célèbre Canova. Nommé plus lard a la cure de Sainl- Vilo-di-Asolo, il y déploya tout le zèle d'un pasteur prudent et éclairé, et , quatre ans après, il fut nommé évêque de Ceneda, et consacré è Venise par le patriarche-cardinal Pyrker, le 9 novembre 1823. Les trois années qu'il passa à la tète de ce petit diocèse suffirent pour le faire chérir par les ûdèles qui ont gardé un profond souvenir de son gouvernement paternel. Quelquesunes des homélies qu'il aimait a prononcer devant son peuple ont été recueillies et offrent des modèles d'éloquence pastorale. En 1827, il fut appelé au patriarcat de Venise et prit possession de la chaire de Saint- Laurenl-Justinien, puis Grégoire XVI le revêtit, en 1833, de la pourpre romaine.

• Sur ce siège émi tient, Mgr Momco porta toutes les vertus qui l'avaient rendu un objet d'admiration dès les débuts du plus obscur ministère. Humble au milieu des honneurs, ferme dans les difficultés, inaccessible à la crainte et aux considérations humaines, il montra courageusement à son clergé la voie qu'il devait suivre a travers les bouleversements politiques, et éleva la voix pour proclamer l'ardent désir qu'il avait ne voir le magnanime Pie IX rentrer dans les droits dont la révolution avait prétendu le dépouiller. Tant de constance et de force irrita les insurgés, maîtres alors de Venise; et violant son palais, ils se portèrent, sur sa personne, a des excès qu il sut souiïrir avec une héroïque patience et pardonner avec une charité de saint. Sa santé, affaiblie déjà par l'Age et les travaux de toute sa vie, reçut alors de cruelles atteintes, cl sentant la mort s'approcher, il partagea tout son bien entre les pauvres de Jésus-Christ, son séminaire et les serviteurs de sa maison. Le jour de Pâques, en officiant pontiûcalemeul è Saint-Marc, il Tut frappé a mort et ne put achever l'homélie, que malgré safai blesse,' il avait commencée. Transporté dans sou palais, ou conçut quelque espérance de

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