LAS III
ORSINI (Jourdai*), frère consanguin du précédent, créé cardinal en 1278 par le Pape Nicolas 111, son frère, mourut eu 1287.
ORSINI (Jacqies), de la même famille quo les précédents, el uis de Robert Orsi ni, comte de Noie, palatin du royaume de Na»
1>les, fut nommé cardinal en 1371 par le »ape Grégoire XI el mourut le 15 août UTJ.
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l ORSINI (Jourdain) , naquit à Rome, de Jean Orsini, sénateur romain, et de Barthélémy Spinelli, fille du comte de Gioia, grand chancelier du royaume de Naples. — Archevêque deNaples, il fut élevé au cardinalat par le Pape Innocent VII en 1405. Jean XXII, après lui avoirdonné l'évêché d'Albc, l'envoya légat, contre l'antipape Benoît XIII, en Espagne, d'où il revint pour assister au concile de Pise, puis à celui de Cons'ance, è 4a 5* session duquel il présida. Martin V, <Pfu Souverain Pontife dans ce concile, envoya en France le cardinal Orsini, avec le cardinal Philaslre, pour y faire part de son élection, pour lâcher de réunir les Français sous le sceptre de leur souverain, et de rétablir la paix entre celui-ci et le roi d'Angleterre. De retour en Italie, Orsini reçut de ce Pontife la légation de la Marche d'Ancône et des provinces voisines, avec mission de s'y opposer aux entreprises do quelques tyrans, qui lâchaient d'usurper les domaines de l'Eglise. Le même Pape l'envoya encore en Bohême, et le chargea de présenter, en passant, un des clous de Notre-Seigneur au roi de Pologne. — Lo cardinal prêcha en Bohême une croisade contre les hussites et autres hérétiques du pays. Nommé, par Eugène IV, évêque de Sabine, il alla, par ordre de ce Pontife, au-devant de l'empereur Sigtsmond, qui venait prendre la couronne impériale à Rome, et il l'accompagna jusque dans celte ville, à partir de celle de Sienne, où il l'avait rencontré. Enfin il mourut, le 28 mai 1439, doyen du Sacré Collège, grand
f)énilencicr de l'Eglise, et protecteur de 'ordre de Saint-François.
ORSINI (Latinus), reçut la pourpre sacrée du Pape Nicolas V, en 1H8, et se démit en même temps de l'archevêché de Trani , au royaume deNaples, en faveur d'un de ses frères qui en fut pourvu. Le Pape Jules H, ayant donné l'investiture du royaume de Naples è Ferdinand d'Aragon, tils naturel du roi Alphonse, envoya le cardinal Latinus Orsini, en qualité Je légat à Naples, pour y couronner le nouveau roi. Le cardinal eut encore l'évêché de Sabine et In légation de Sa Marche d'Ancône. Lo Papo Sixte IV, è l'élection duquel il avait puissamment contribué, le fit évêque do F ras. cali et camurfingue de la sainte Eglise ; et, c'est revêtu de ces dignités, qu'il mourut le 1" août 1477, âgé de 70 ans.
ORSINI (Jean-Baptiste), fils de Laurent, seigneur de Monleroloudo , après avoir exercé l'office de clerc de la chambre apostolique, et celui de protonotaire du Saint- Siège, fut nommé cardinal par le Pape Sixte IV en 1483, et, plus tard, archiprêlre de Sainte-Marie-Majeure, et archevêque de Tarante. — 11 eut beaucoup h souffrir sous le pontificat d'Innocent VUl, par suite de la querelle que soulevèrent les chefs de sa maison, Paul et Virginio Orsini, contre ce Pontife et la maison des Colonne; mais Alexandre VI, successeur d'Innocent VUl , «lonua lieu au cardinal d'espérer que le nouveau Pontife serait favoniblo aux Or-
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sini. En effet il changea à Jean-Baplisie son Ittre de cardinal, lui fit don de la terre de Soriano et lui confia l'importante légation de Bologne. Plein de reconnaissance, le cardinal s attacha si bien au Puni ife. qu'en U9i il n'y eut, de tout le Sacré Collège, que le cardinal Caraffa et lui qui n'abandonnèrent point Alexandre, lorsque le roi Charles VIII entra en Italie, dans la vue, disait-on, de faire déposer le Souverain Pontife. Ils s'enfermèrent avec lui dans Je château Saint- Ange, le consolèrent, le fortifièrent, et firent agir en sa faveur auprès do roi Très-Chrétien. Malgré tout cet attachement , César Borgia entreprit de dépouiller de leurs biens les Orsini. N'y pouvant réussir par la guerre ouverte qu'il leur avait déclarée, il employa la ruse, et leur fit parjer d'accom» modeincnt. Ils donnèrent dans le piège, et, se fiant a ses belles paroles, Paul Orsini, la duc de Grnvina et quelques autres de leur parti l'allèrent trouver pour s'aboucher avec lui ; mais il les fit traîtreusement arrêter. Alexandre VI, en étant averti, envoya prier le cardinal Orsini, qui était rentré dans Rome sous la bonne foi de l'accord fait entre César Borgia et sa famille, de le vrnir trouver pour une affaire importante qu'il avait à lui communiquer. Celui-ci ne fut pas plutôt entré dans le Vatican, qu'on l'arrêta prisonnier, pendant qu'on se saisissait de l archevêque de Florence, du protouotaire Orsini et de quelques autres de leurs alliés qui furent conduits au château Saiut-Ange. Le Pape força le cardinal è signer un ordre do livrer à César Borgia toutes les places dont était en possession la maison Orsini. Le cardinal survécut peu à celte violence, et mourut, suivant l'opinion de quelques uns1, d'un poison qui lui fut administré par ordre du Pape, le 20* jour de sa prison , et le 22 février 1503. Alexandre VI, pour faire voir qu'Orsini n'était pas mort empoisonné, voulut quo son corps fût porté en l'église de Saint-Pierre, en plein jour, a visage découvert, et que tous les cardinaux avec leurs familles assistassent h ses funérailles.
OKSLM (Fraiiciotti), seigneur de. Monterolondo, lut, après la mon de sn femme , nommé protonotaire apostolique. No m nu'1 cardinal en 1517 par le Pape Léon X, il mourut le 10 janvier 1533.
ORSINI (Flayio), évêque de Mura no, puis archevêque de Lorenza, élevé au cardinalat en 1561, mourut le 17 juillet 1581.
ORSINI (Alexandre), revêtu de la pourpre romaine, eu 1615, par le Pape Paul V, mourut le 22 août 1626, a l'âge de 33 ans. - Vvy. Bellarmiu.
ORSINI (Virginio), né le 17 mai 1613.
créé cardinal en 1641 par le Pape Urbain VIII, mourut le 21 août 1676.
ORSINI (Pierre-François), duc de Gravnia, prince de Solatra, entra d'nbord dans l'ordre de Saint-Dominique, sous le nom de Vincent-Marie. Nommé cardinal le 22 février 1672, par le Pope Clément X, puis arche-
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vaque de Rénévent, Pape en 1724, il mourut f»n 1730. Cherchez Bbmoit xiii.
OB.S1NI (Dominique), duc de Gratina, lialien» fut créé cardinal diacre en 1743, par .e Pape Benotl XIV. — Pour les autres membres de celte famillo cherchez : Ursms (des).
OSSAT (Arnaud o'j.néen 1536 a Lanogue en Maignar, village du diocèse d'Auch, surmonta par son courage et son talent le double obstacle de sa naissance et de sa pauvreté.— On croit que son père, mort dans la misère en Espagne, était un pauvre maréchal-ferrant. A I âge de neuf ans, il se trouva sans parents- connus, et abandonné è la charité publique. Un gentilhomme du pajs, nommé Castelnau, le prit en pitié et le fit élever avec son neveu, dont il était tuteur. Les progrès de l'enfant abandonné furent si rapides, qu'il fut bientôt trouvé en état de servir de maître à son compagnon d'études. En 1559, d'Ossat, alors âgé de 23 ans, fut chargé de conduire a l'Université de Paris son élève, avec deux autres neveux de son bienfaiteur. En passant à Lectoure, il s'engagea également par un traité è emmener à Paris, pour l'y surveiller et l'instruire, le fils d'un marchand de celte ville. Il resta chargé de ces élèves jusqu'en 1562, et dès lors débarrassé de tous soins étrangers, il put se livrer tout enlier à l'étude. Pierre Rainus enseignait alors avec éclat, au collège de France, l'éloquence et la philosophie; il y attirait une foule d'auditeurs. D Ossat s attacha à ce réformateur de la philosophie d'alors, et devint son ami, sans partager ses opinions religieuses; car on sait que Ramus embrassa le calvinisme, et fol ainsi enveloppé dans le massacre de la Saint- Barthélémy en 1572. Le philosophe médecin Charpentier , partisan d'Aristoto quand même, ayant défendu avec passion les ouvrages et la doclrino d'Aristote contre Qamus, d Ossat écrivit en faveur de celui-ci l'ouvrage intitulé : Bxpositio Arnaldi 0$sali in dispulationtm Jacob i Carpentarii de methodo, Parisiis, apud Andrœam Wechelum, 1 564, in-8\ dont la dialectique serrée décontenança tellement Charpentier, qu'à défaut de bonnes raisons, il répondit è son adversaire par des injures. Après avoir enseigné à Paria la rhétorique et la philosophie, d'Ossat alla à Bourges pour se perfectionner dans le droit sous le célèbre Cujas. De retour è Paris, il fréquenta le barreau. Paul de Foix, depuis archevêque de Toulouse, était alors conseiller au parlement. Ami des lettres, il eut bientôt apprécié le modeste avocat. Malgré son enthousiasme pour Aristoto et son amitié pour Charpentier, il rechercha d'Ossat, qu'il aima de plus en plus à mesure qu'il le connaissait davantage. Il lui rendit tous los services qui étaient en son pouvoir. Eu 1774, de Foix, nommé ambassadeur de Franco à Rome, emmena avec lui son protégé et son ami en qualité de secrétaire. L'orthodoxie de l'ambassadeur avant été misa en question à la cour de Rouie, et Sixte V ayant ordonné une information relativement aux arrêts trop doux rendus plus de onxo aui
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auparavant par ce magistrat contre les calvinistes, d'Ossat se chargea d'écrire, pour la défense de son patron, un Mémoire qui fol distribué aux cardinaux. Si de Foix fut bien des années à attendre l'heureuse issue de son affaire, elle servit & faire connaître avantageusement d'Ossat à Rome. De Foix ayant quitté cette ville, son protégé y resta et embrassa quelque temps après l'état ecclésiastique. Le premier revint à Rome en 1579, afin de solliciter ses bulles pour l'archevêché de Toulouse, auquel il était nommé. Surces entrefaites, il fut nommé par Henri 111 ambassadeur de France à Rome. Dès ce moment, d'Ossat, son secrétaire intime, ne le quitta plus jusqu'à la mort du prélat, arrivée en mai 1584. Il conserva ses fonctions, et acquit l'estime et l'amitié des cardinaux Hippolyle d'Esté et de Joyeuse, successivement protecteurs des affaires de France à l.i cour de Rome. La France, cependant, était désolée par la guerre civile et la guerre étrangère ; les Guise, et, après eux, Henri III allaient périr par le fer des assassins. D'Ossat, sans autre mission nue son patriotisme, essaya de profiter de 1 influence qu'il avait acquise à Rome pour travailler à la réconciliation de Henri IV avec le Saint-Siège. Ce prince, informé de la droiture de ses intentions et de sa capacité, le nomma un des commissaires, et lui prescrivit de se concerter avec leduc do Nevers, porteur de pleins pouvoirs. Ce soigneur présomptueux, dédaignant un tel auxiliaire, voulut agir seul, et échoua complètement. La négociation était en effet délicate et épineuse, les Espagnols mettant tout en œuvre pour l'entraver. D'Ossat agissait toujours : quand il eut levé tous les obstacles, Du perron fut envoyé à Rome pour recevoir, de concert avec lui, l'absolution au nom de Henri IV. Clément VUE voulait imposer pour première condition aux représentants du roi de déposer la couronne aux pieds du Irène pontifical. Ils rejetèrent celle condition, commo toutes les clauses qui étaient de nalure à troubler encore la tranquillité de l'Etat, en entretenant la défiance parmi les calvinistes. Dupcrron eut l'évécbé d'Evreux el le cardinalat : d'Ossat, à qui seul était dû le succès de la négociation, eut l'évêchô de Rennes et lo titre de conseiller d'Etat. Depuis il ne cessa d'être le plus utile agent diplomatique de la France en Italie. C'est lui qui parvint à faire rompre le lien qui unissait depuis plus de trente ans Henri IV el Marguerite de Valois. Il eulbesoiu de toutes les ressources de son caractère conciliant pour rassurer Clément VIII sur le relard de publication qu'éprouvait le concile de Trente, pour faire accepter à ce Poolife l'édit de Nantes, et les mesures de rigueur prises contre les Jésuites. Cet homme estimable, de goûts simples el modestes, e» qui ne devait sa position qu'à lui-même, s'était fait de nombreux amis par ses vertus privées et par ses talents; rl jouissait do la plus grande considération , lorsque Clé* ment VIII, en 1698, à la recommandation de Henri IV, le comprit dans sa quatrième
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tances données par le même a mesure des payements qui lui étaient faits de la somme convenue; 3" par une lettre, écrite de P«ri«, où il rend compte à Pérez des dispositions de son (ils, de la manière dont il l'instruisait; on y apprend que d'Ossat avait eo outré deux élèves, qu'il estimait et qu'il qualifie
promotion de cardinaux. En 1001, il fut pourvu de l'évêché de Bayeux, qu'il résigna bientôt. Ses dernières années se passèrent dans la gêne. Il n'avait, pour soutenir sa dignité, que des retenus insuflisnnts, et ne recevait rien des deux seuls bénéfices qu'il possédât. Sully, qui haïssait dans la personne
de d'Ossal le protégé de Villeroi , son rival, vertueux et diligents; »• par une* autre lettre finit par supprimer la pension que tenait de écrite de Paris, le fiioin 1561, pour supplier Henri IV un homme qui avait rendu tant de de nouveau Pérez d envoyer ordre à son fils services. Heureusement, sur la fin de sa vie, de retourner, lui d'Ossat avant des raisons, les héritiers du cardinal d'Esté lui délivré- énoncées en d'autres lettres, deie décharger rent un legs de douze mille francs, depuis de cette charge qu'il ne pouvait porter; !>' par longtemps exigible. Il mourut le 13 mars une troisième lettre datée a Paris du 29 juin, 1604, fieé de 07 nos, a Rome, où l'on voit
son tombeau dans l'église de Saint-Louis. Ne se connaissant point de parents, il laissa soo modique héritage à ses deux secrétaires et aux pauvres.LeP. Tarquin Gallucii, Jésuite, prononça son oraison funèbre, qui a été imprimée. On neut dire hautement du cardinal d'Ossat, homme d'ailleurs irréprochable *ous tous les rapports, qu'il sut concilier deux qualités assez rares, celle d'une habile politique et d'un véritable honnête homme. On a de lui un recueil de Lettrée adressées au ministre Villeroi, livre considéré comme
même année 1561, dans laquelle répondant à ce que Pérez lui avait dit des raisons qui l'empêchaient de veoir chercher son Gis, oa de le faire revenir a Lectoure, d'Ossat consent a le garder encore quelque temps ant mêmes conditions : celte lettre est pleine des sentiments les plus religieux et les plus honorables.
Voici son éloge par le P. Albv [16U].
. « Quand la mauvaise fortune fait un effort, il faut que le sujet où elle s'attache soit assez puissant, pour résister à la secousse : one petite condition n'étant pas capable d'on
classique en diplomatie, et imprimé pour la grand désastre, et une basse maison ne pou-
remière fois à Paris, 1624, in-fol. La meileure édition est celle qu'a donnée Amelot de la Houssaie, Paris, 1697, 2 voLin-4*. Lord Chesterfield, dans ses Lettres à son fils, lui recommande ce livre comme le plus propre à lui inculquer l'esprit des aftnres. Il a été réimprimé à Amsterdam,* 1707, 1732, 5 vol. Jn-12. On trouve la Vie du cardinal en tôle de l'édition de 1607, et dans les postérieures. Mme d'Arconville a publié une fie du cardinal d'Ossat, Paris, 1771, 2 vol. in-8". Elle y a joint la traduction d'un Mémoire remarquable sur les effets de la Ligue, écrit en italien par lo même cardinal. Il est étonnant qu'on n'ait rien de certain sur ses commencements. On possède seulement un acte
vant pas servir de théâtre a une action tragique. Mais la bonne fortune en aie tout autrement ; car ne pouvant pas se signaler en la personne de ceux qui naissent dins l'éclat de la pourpre , elle va prendrt? des hommes inconnus dans les cbaumines,pour leur faire remplir les trônes, et tire souvent de la corruption dos cachots les esclaves, leur faisant tomber les fers des mains pour leur faire prendre le sceptre : de môme que le soleil n attire pas en haut ce qu'il j a de précieux dans les mines d'or, et n'enfile pm avec ses rayons les rubis et les perles qui sont dans le sein des montagnes de l'Océan; mais va choisir dans quelque marécage boueux, la matière des couronues qu'il forme
écrit de sa main, et signé de Ostat passé a dans l'air et dos parhélies.
Lectoure, le 22 avril 1159 (il avait alors 23 ans). L'acte porte : « Traité fait entre Jéhan de Pérez, marchand de la ville et cité de Lectoure, d'une part, et Arnaud Ossat de la Nogue en Maignac, d'autre part, » etc. Par ce traité d'Ossat s'engage « à conduire à la ville et université de Paris Jéhan de Pérez, lils du susdit marchand, et là l'entretenir de bonne nourriture et doctrine pour le temps et espace de deux années, et autre temps qui sera accordé entro parties, et pendant ledit temps l'entretenir en bon père de famille... moyennant la somme de cent dix livres pour chaque année, pour la nourriture et la doctrine, sans en ce comprendre accoustrements, livres ni autre dépense qu'il conviendra faire, outre la nourriture et doctrine. » D'Ossat partit en elfet avec Jean Pérez. comme on le voit encore, 1* par le rôle, tout écrit de sa main, de la dépense qu'il fit pour son élève dans le voyage jusqu à l'arrivée à Paris : ce rôle, très-circonstancié, où la dépense la plus légère est marquée jour par jour, est signé de Ossat; 2* par lesquit-
II ne manquera pas de ces esprits profanes, qui font de la fortune un des principes de la conduite du monde, qui prendront à cette mesure l'agraudissement du cardinal d'Ossat, et le feront porter par un coup de faveur de cette belle aveugle, de la plus ché* tive maison d'un village de Guyenne, dans l'éclat d'une dignité si relevée, qu'on I* dislingue aujourd'hui des autres, par l'Btm* nence. Mais ceux-là donneront sans doute un plus beau relief à sa réputation, qui diront, que, sans autres aides que de sa vertu, sans autres forces que de son esprit, il s'e*' poussé à ce haut fuite d'honneur, et s'est rendu capable d'appuyer dans Rome le droit du
Î^mier royaume du monde, el d'y soutenir e faix des grandes affaires qui trataillaiera alors l'Etat, et d'v arrêter par sa prudence le courant d'une injure, qui était pour Oétnr la beauté et l'honneur de nos lis. Et quand il n'y aurait autre chose que les bel les découvertes qu'il a faites dans les chemins perdu* des intrigues étrangères, il faut a»ouer qu'elles valent plus à la France, que «u
lûet OSS DF.S (
avait conquis de nouvelles provinces ; qu'il a défait avec sa plume de plus dangereux envemis, que s'il avait taillé en pièces une armée ; et qu'il a laissé è nos ministres d'Etal, des caractères plus puissants, que ceux qui composent les charmes, pour nous rendre invulnérables.
« Il commença à faire montre de ses éminentes qualités dans le Parlement de Paris, en qualité d'avocat, où il débitait aux plus délicates oreilles du royaume, tout ce qu'il y avait de raretés dans les belles-lettres, et dans le droit civil qu'il avait appris avec une extrême assiduité sous le docte Cujas, à Bourges, et sous les plus excellents professeurs de Paris faisant connaître par un si grand travail jusqu'où le piquait le généreux dessein qu'il avait formé, dans une extrême pauvreté où il s'élait vu réduit après la mort de ses parents, d'acquérir par les lettres l'honneur et les biens dont il se voyait privé par un outrage de la fortune.
« Comme il Menait de rendre les poursuites pareilles è* son désir, Mgr de Foix, archevêque de Toulouse, lui représenta qu'il traiterait mal tant de sciences qu'il avait acquises, s'il les condamnait i la chicane du palais, et que sa philosophie était employée avec autant d'injustice è feuilleter les papiers d'un procès, que celle d*Epictète dans un moulin, à tourner une roue : ce qu'il dit de si bonne façon, que ses remontrances relevèrent plus haut l'espérance de notre d'Ossat, se persuadant que cet archevêque, qui était puissant, neledétachait dubarreau que pour rendre sa condition meilleure; que le témoignage de son affection était l'appareil à une plus grande courtoisie, et que s'il ne continuait & lui vouloir du bien, il lui en pouvait faire.
« Ainsi cette première attaque ébranla si fort sa résolution, qu'elle le fit résoudre h la discrétion de ce prélat, qui l'ayant reçu à sa table, l'honora encore de la communication de ses études. El pourrait-on comparer l'union de ces deux grands hommes au concours de deux astres dont les influences jointes ensemble furent heureuses h la France ; car l'archevêque de Toulouse allant ambassadeur è Rome pour le roi Henri III, après avoir télé son nouvel hôte en diverses rencontres, et essayé les forces de son esprit, il le choisit pour lui confier la principale créance, et se décharger sur lui d'une partie des affaires, comme sur l'homme du monde qu'il jugeait le plus capable d'en soutenir le faix, et leur donner une autre face dans les mauvais termes où elles étaient.
c II n'est pas croyable avec quel courage il embrassa cet emploi, sacrifiant tous ses contentements particuliers aux intérêts de la France, qu'il se résolut de servir puissamment, en de si mauvaises conjonctures que celles de ce temps-lè y et de rompre la prescription è ceux qui se vantaient de s'être toujours trouvés au-dessus, en toutes occasions où il n'avait pas fallu terminer les affaires avec l'épée.
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« Etant donc arrivé à Rome, son principal soin fut d'étudier le naturel des étrangers, leur façon de négocier, leurs factions el leurs intelligences ; les regardant avec les mêmes yeux que ferait un habile ingénieur, qui considère toutes les parties d une place ennemie qu'il veut reconnaître pour en tirer le plan, et marquer les endroits par où elle peut être forcéja ou surprise.
« Il devint si savant en cela, si souple a s'ajuster à ceux qu'il voulait gagner a son maître, si courageux è entreprendre, el si prudent h exécuter, que Mgr de Foix étant mort en celle ambassade, le conseil du roi jugea qu'on pouvait se reposer surd'Ossat de l'administration des affaires de ce royaume auprès du Pape, et qu'ayant déjà mis l'appareil à la plaie, que la réputation delà France avait reçue è Rome, il était seul capable de la guérir. Aussi quoiqu'on envoyât depuis des ambassadeurs à Rome, ils eurent tous commandement de négocier conjointement avec lui, et de ne rien traiter que |par son avis, qui devait être l'âme des conseils, et le ressort de l'exécution.
• Et quoiqu'il exerçât celle charge en une saison en laquelle les factions qui partageaient cet Etat, lui ouvraient de toutes paris les fiança aux armes de ses ennemis ; nommément lorsque celte Ligue.qui a épreint tant de larmes et tant de sang, ne fit que deux camps de toute la France : et encore même qu'il se trouvât sans second , durant ce temps funeste, auquel ses contreteoants croyaient avoir beau jeu, et se promettaient ' de lui faire quitter la partie : néanmoins comme un brave et aguerri champioo, qui changeant seulementde posture* et se tenant toujours en action de parer, sans porter aucun coup, lassé tous les efforts de ceux qui l'attaquent : ainsi notre d'Ossat se mettant seulement en garde, et se trouvant toujours opposé aux entreprises des factions contraires, quelque secrètes ou violentes qu'elles fussent , rendit inutiles toutes leurs attaques, et épuisa toutes les finesses de leur conseil.
« L'un des difficiles combats qu'il ait eu h soutenir et à rendre, fut lorsque Henri le Grand commença à se faire reconnaître en France, ayant sur les bras, outre les ennemis ordinaires, un vice travesti en vertu, ot une haine particulière déguisée en zèle de religion, qui voulait qu'on fermât les trésors de I Eglise à un prince pour qui on devait briser toutes les serrures, et donl la conversion ne devait point être moins destinée querelle des Indes. Tellement que celui qui devait être recueilli è bras ouverts, el h qui on devait détendre toutes les chaines du port de l'Eglise, quand il y eut été jeté par une tempête, y étant porté de gré a gré, et poussé par les souffles du Saint-Esprit, y trouva des oppositions formées par ceux qui regardaient son agrandissement comme un présage de leur ruine.
« Ce fut lors qu'étant assisté du sieur du Perron, que le roi avait envoyé à Rome pour cet effet, comme bien instruit qu'il était des
chemins que les ennemis de la France de- leurs recueillaient ses nArnloi ni... a. vai.nl tenir pour nous nuire, il leur prit nin "Se sTe^ accotement le devant, ne faisant jamais' un Séoèque ou de Caton, et me plus de mi»!
x pas, où leur faisant prendre des écarts ir les amuser. Et ayant déjà mesuré leurs
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armes, il se ménagea' de la sorte avec êûx^ que tous les coups qu'ils lui tirèrent furent perdus en Pair: informant cependant le Pane, et les cardinaux de la vérité du fait» et du droit de la cause du roi, effaçant de leur esprit les mauvaises impressions qu'on leur avait données, et faisant connaître l'injustice des avis qu'on avait débités dans leurs cabinets. Par cette diligence, il donna un autre visage à l'affaire qu'il maniait, et bien que la contestation fût assez longtemps opiriiétrée, il déconcerta si fort tous les conseils qui lui étaient opposés, que sur le point auquel ils croyaient pousser jusqu'au bout le malheur de la France, ils virent leurs desseins avortés, el ne leur resta que le déplaisir d'avoir irrité un prince qui pouvait leur demander raison de la partie qu'ils avaient dressée contre la réputation de ses intentions, et contre son Etat.
■ Cependant le sieur d'Ossat s'étent fait considérer dans la cour de Rome, où il avait gagné avec sa cause, l'admiration même de ses ennemis, et attaché uu beau fleuron è la couronne du roi : Sa Majesté lui procura I honneur du chapeau, .qui égale les couronnes qui sont au-dessous de la souveraine, et le Pape lui donna par inclination, ce qu'il ne pouvait refuser è un si grand mérite, joint s l'instance d'un tel prince.
■ Etant cardinal, comme il ne rabattit rien de ces nécessaires et inviolables devoirs envers le roi son bienfaiteur et envers sa pairie, aassi s'adonna-t-il d'un soin particulier à l'exercice de la piété et des bonnes œuvres, selon la créance qu'il avait toujours eue
3u'il n'y a point dd'fertune que celle qui a es intelligences avec la vertu ; et lorsqu'il imitait les plus importantes affaires, il craignait de pécher même contre l'Etat s'il en détachait les intérêts de celles de la religion, s efforçant toujours de faire en sorte que Dieu et le roi ne tissent qu'un parti.
« Comme il s'était proposé de servir fidèlement ces deux maîtres, outre le temps de l'Office divin et do la liesse qu'il disait presque tous les jours, il ordonna des prières communes è tous ses domestiques dans lu chapelle de son logis sans que personne s'en pût dispenser, où il assistait lui-même réglémenl à certaines heures du jour, tant il avait d'appréhension que sa dévotion fût suffoquée dans la foule des affaires, et que les divertissements de la cour de Home lissent diversion des sincères intentions qu'il avait dressées à Dieu.
« Les gentil hommes français qui allaient en Italie faisaient plus d'état d'avoir vu le cardinal d'Ossat que toutes les antiques de Home, et profitaient beaucoup plus chez lui que dans l'académie; caries jours de fêle il leur disait la Messe, après laquelle il les entretenait des devoirs d'un gentilhomme chrétien el d'un bon Français ; el ses audi-
sement que si les langues de ces statues de marbre, qu'ils voyaient tous les jour», se fussent ramollies et dénouées en leur présence pour redire les oracles qu'elles oui autrefois rendus dans la vieille Rome.
« Il était si accueillant qu'il ne se fût pas rebuté du dernier homme du monde, el il était si bienfaisant qu'il se donnait la peine d'ouïr les plaintes des pauvres abandonnés, de leur dresser lui-même des requêtes, de se charger de la sollicitation de leur» affaires ; et c'était un spectacle dignodesyeui de toute l'Europe lorsque, sortant de débattre le droit des rois, il allait disputer celui d'un artisan ou d'une pauvre veuve.
« Comme il avait le cœur el l'aine extrêmement nobles, il aima mieux toujours, tant qu'il vécut, faire amas de mérites que de richesses, car bien qu'il eût eu le moyen d'en avoir jusqu'à les pouvoir fouler, il les méprisa par un généreux dédain el laissa échapper \e& belles occasioos qu'il pouvait arrêter en serrant la main, refusant un office de secrétaire d'Etal que le roi Henri III lui voulut donner, renonçant à la poursuite des riches bénéfices qu'on lui présentait, et ne s'étant jamais laissé disposer a recevoir, des présents qui sont le prix de la liberté.
« N'y ayant plus rien au mondo qui pût amuser ses désirs, il mourut è Rome ou il avait demeuré trente et un an, après en avoir vécu soixante-sepl et six mois, et fui enterré dans l'église de Saint-Louis de la tnéoie ville, où tout ce qu'il y avait d'hommes désintéressés donna des larmes à sa mort, el les autres ne refusèrent pas une approbation honorable à sa vertu. Mais quand ou lui aurait dressé des statues avec la langue dorée comme è cet ancien, et employé tous les scutyieurs. d'Italie pour orner son sépulcre, on ne l'aurait pas honoré è l'égal de ceux qui ont fait imprimer après sa mort les productions admirables de sa prudence, où il n'y a point de lettre qui ne vaille un fort sur notre frontière.
« Ce fut le treizième du mois de mars de l'année 1604, de son âge Ja soixante-septième qu'arriva la mort de ce grand cardinal, qui ne laissa point d'autres héritiers que les pauvres et deux de ses domestiques, car il ignorait qu'il y eût au monde quelque P?r* sonne de sa race. Plusieurs se mirent bien en peine après sa mort de lui trouver des parents, mais il n'en fallait point cuercbtf au père de la pairie. »
DU CARDIKAL
Aruildo Dossato f.alk> S. EuscbH pres».,ranJ. episc. Bajocen., qui omnium per mullos annos Galiicaiioruin in urbe negoiiorum, consiliummqne parliceps, el aduiimster, rarissime in reges suas fidei, egregiorumque meritorHfn licsiiniottio, sacra purpura ornalu*, amptiftsimi or- •linia digniialcni ea sapientiae, iulcfriuiisqu* a, caque cffitioruiu iu ouiues prosjcittiuu»
PAC