‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 279 sur 457 · I3£) PAC · texte numérisé non relu

I3£) PAC

sons-préfet, le maire et les membres du tribunal itous suivaient en grand costume. Nous marchions entre deux haies formées pur le garde naiinna'e, et la musique faisait eotendrededélhieusessymphonies. Enfin le cortège était fermé par une garde d'honneur ii cheval, composée de quarante jeunes gen«. M roule était couverte il l'une foiile iuunensi', composée, de Catholiques et de protestants. Quand nous fûmes arrivés dans une plaine, où la population s'était réunie, je fus prié de me tourner vers la ville et île la bénir. Comme j'élevas les mains vers le ciel, tous tombèreut A genoux et firent le signe de la croit avec des sentiments de piété qui se manifestaient sur leurs visages ; tous adressèrent les vœux les plus ardents au Ciel pour le supplier de nie proléger dans mon voyage. Je laisse a peoser quelle devait être mon émotion 1 Des larmes d'attendrissement coulaient sur mes joues, el je ne pouvait témoigner que par des signes ma sensibilité et ma reconnaissance. Les juges du tribunal et tes quarante jeunes gens achevai m'accompagnèrent jusqu'aux confins du territoire d'Czôs. Au moment de la séparation, mes regards furent plus éloquents que mes paroles, el je m'acheminai vrs Nîmes, absorbé dans une douce mélancolie. A mon entrée dans Nîmes, les habitants me saluaient respectueusement et criaient Vive U cardinal!... D'Aix je continuai ma roule vers Brignol*»*, où je passai la nuit. J'y trouvai l'excellent cardinal Dugnani, qni y avait élé exilé... Pendant qu'on relayait, un inconnu s'approcha de la voilure, el dit à mes domestiques que Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, qui habitait une maison do campagne peu éloignée, désirait voir les cardinaui.qui passeraient. Je lis répondre queje ne connaissais pas la princesse Borghèse, et que je n'en étais pas connu. J'aperçus bientôt une maison de campagne, «tans une situation agréable, et environnée de troupes. Je pensai qu<* ce devrait être 1a demeure de Pauline Bonaparte. Réfléchissant alors à l'iiiforlune de celle princesse, qui était udirmo.je ne voulus pas ajouter à aon affliction par un acte de désohligeauce, de dureté même. Je descendis de voilure, et les soldais me laissèrent passer. Je trouvai ta princesse aballue, décharnée, d'une pâleur mortelle. Si une des dames de sa cour ne me lVûl indiquée, je n'aurais pu croire oue j'étais en présence de celle Pauline Bonaparte dont en avait tant vanté les charmes. Elle me lit un accueil gracieux, at me parla de la chute du son îrèio avec douleur, mais avec beaucoup de jugement. Bile roo dit qu'elle irail bientôt en Italie : qu'elle attendait une frégate que lui envoyait le roi Murât, et qu'elle me priait do donner de ses nouvelles à sa mère el a son oncle, le cardinal Fesch, que je trouverais a Borne. Je le lui promis, lui adressai quelques uaroles de consolation, et je pris congé.

• Elsnt à Rome, en 1816, la princesse me parla de telle visite comme d'une démarche

PAC

héroïque do la part d'une personne qui. avait été si maltraitée par l'empereur. Elle chereha toutes les occasions de me témoigner sa reconnaissance. Le même jour l'empereur Napoléon arrivait en Provence, pour être conduit a l'Ile d'Elbe. De Cannes, je m'avançai vers Nice, el après avoir pnsté par le col de Tende, j'arrivai a Turin. Eia-u sans nouvelles du Pape, j'allai à Milan, do là à Parme et à Modènu. A Bologne j'appris que le Pape avait pris la roule de Rome, et Im 12 mai je l'atteignis à Sinigaglia : je me réunis à sa suite, et l'accompagnai dans sa marche triomphale. Il s'arrêta à Anoône, h Lorette.àMacernta, aTolcnlinn a Fuligno. h Spolète, a Terni et à N-pi. Knfin le 24, il fit son entrée solennelleo Rome, j'eus l'honneur de monter dans la voiture du Saint-Père et d'avoir part a son glorieux triomphe. »

Pendant que le cardinal Consatvi repré* sentait le.Samt-Siége au congrès de Vienne, le cardinal Pacca resta à Romo auprès de Pie VII, qui s'abandonna au* sages conseils de son minisire. Un de leurs premiers actes est le rétablissement des Jésuites; et l'un et l'autre avaient été imbus dès leur jeunesse, do préjugés contraires h la célèbre Société. En 1815. le rot de Naples, Mural, réconcilié avec Napoléon, conçoit la léroé* raire entreprise de conquérir l'Italie. Il envoie demander à Pie VU la permission de faire passer son armée par Rome. Le Saint-Père répond par un refus, alléguant, entre autres bonnes raisons, qu'il ne peut sortir de la neutralité ; qu'assez d'autres passages sont ouverts au roi de Naples. H paraissait que les deux conquérants avaient formé le projet de s'emparer de la personne de Sa Sainteté el de son ministre pour faire servir h leurs desseins ces précieux otages. Malgré le refus du Pape, on apprend bientôt que le territoire pontifical est envahi par l'armée napolitaine qui marche sur Rome. D'après le conseil du cardinal Pacca, le Pontife se relire è Gènes afin de laisser passer l'orage. Baltu par les Autrichiens à Tolentino, le 2 mai 1845, Mural perd en un instant son armée et son irom», et se réfugie en France. Le 7 juin. Pie VU. accooopagné du fidèle cardinal, fait pour la quatrième fois sa glorieuse entrée à Rome. Quand ce Pontife eut passé au repos des. justes le 20 août 1823, le cardinal Pacca, après avoir été le compagnon de son infortune el l'heureux témoin de ses triomphe**, fut obligé, en qualité de camerlingue de la sainte Eglise, de remplir un devoir bien douloureux, celui de procéder à la rioo~ gnition du corps, de couvrir le visago d'un voile, et d'apposer, do ses propres mains, sur la caisse funéraire, le sceau du ses armes do famille. Nommée par Léon XII prodataire du Saint-Siège, devenu évêquu d'Oslie, doyen du Sacré Collège, cet homme, émiuent à tant de titres, était encore investi de différentes charges. Le 27 avril 18V3, étant dans sa 87' année, il prononça, devant l'Académie romaine de la relimon catholique, le discours» suivant Surt'étal actuel

153! PAC

et sur les destintes futures de l'Eglise eitthotiane :

« (/est avec un véritable phmfr. Uliiftlr^s académiciens, que je me suis chargé d'ouvrir, relia année, le cours «Je vos savantes dissertations. Je suis heureux de venir vous féliciter des travail! littéraires que vous avez entrepris pour la défense de notre sainte religion catholique. Vous avez su unir la force du raisonnement à la richesse de l'érudition pour combattre et détruire tes accusai ions mensongères et odieuse» qui* l'hérésie et le schisme ont multipliées contre les Souverains'Poulifes, en représentant romne les tyrans cl les oppresseurs des nations, cent qui ont été les bienfaiteurs •te l'humanité, les véritables auteurs de ' tant de bienfaisantes institutions chrétiennes et civiles, dont des étrangers ont osé s'attribuer l'honneur, nomme si c'était leur pro; re ••uvrage. Puissé-je inspirer en même temps a votre courage une nouvelle ardeur flans cette glorieuse et utile entreprise! On no peut so le dissimuler : dans les diverses parties de l'F.urope, In religion catholique •îst attaquée ou à force ouverte, ou par une perfidie secrète cl d'obscures machinations; mais du sein de ce ténébreux et effrayant horizon s'échappent quelq*«s rayons lumineux, présage consolant d'un avenir meilleur et plus heureux. J'essayerai donc, pour ,vous indiquer le but où doivent tendre vos travaux, de vous retracer les principales vicissitudes de l'Kgliso catholique dans ce sièile, de vous dépeindre, avec la situation actuelle de cette n.ême Eglise, celle des sectes dissidentes, et de vous proposer les conjectures que l'on peut former sur l'avenir, conjectures que m'inspirent et le long féjour que j'ai fait en différentes contrées de l'Europe, et les nombreux rapports que j'ai eus avec des hommes, des savants, des ministres mêmes attachés aux diverses erreurs opposées à la foi catholique, et enfin l'expérience recueillie dans un temps aussi fécoud que lo nôtre en grands événements. Ils se sont succédé si rapidement qu'en peu d'années nous pouvons nous flatter d'avoir vécu plus d'un siècle. Vous no donnerez à «•es conjectures que le degré d'importance et de probabilité (que vous jugerez convenable; pour moi je m'apliquerai ces paroles du prophète Joël : • Seniores vestri somnia somniabunl: »Yos vieillards auront des sono**. (Joël. ii,28.)

Eglise d'Allemagne. — « Quand j'arrivai en Allemagne on 178G, on pouvait dire que les églises et le clergé do ce pays étaient au comble des grandeurs humaines. Deux sièges archiépiscopaux étaient occupés l'un par un frère de l'empereur alors régnant, l'autre par le fils d'un roi de Pologne, électeur de Saxe. A la tôle de toutes les autres églises archiépiscopales étaient placés des prêtais issus des plus anciennes et des plus illustre* familles. De vastes portions du soi, de l'Allemagne, ks plus belles et les plus' Jerliifs, appartenaient au clergé avec un droit do souveraineté temporelle qui s'éteu-

pac m

dait sur plusieurs millions de sujets. Grandes étaient aussi dans l'empire l'autorité ci l'influcnco du clergé. Dans le collège électoral, sur huit électeurs, trois étaient ecclésiastiques, les archevêques rte Mayence, de Trêves et de Cologne ; le collège îles princes était présidé par l'archevêque du Salizbourg, et tous les évôques, ainsi qu'un grand nombre d'abbés, apportaient leurs voles a la diète. Tant d'opulence, de splendeur cl de puissance ont disparu devant la domination injuste et sacrilège du xtui'el du xix* siècle, et le elergé d'Allemagne eit aujourd'hui réduit à l'état de dépendance et de médiocrité ou se trouve placé presque tout le reste du clergé catholique. Or, faulil voir ici un malheur pour l'Eglise? Je n'ose le dire. Je considère que lus évêques, privés d'un domaine temporel qui pouvait être lrè«-utile au soutien de l'autorité ecclésiastique spirituelle, quand il était appliqué b cet objet, et dépouillés d'une partie de leurs richesses et de leur puissance, kront plus dociles a la voix du Pontife suprême, cl qu'on n'en verra aucun marcher sur les traces des superbes et ambilicoi patriarches do Constanlinople , ni prétendre a une indépendance presque schismatique. Maintenant aussi les populations catholiques de tons ces diocèses pourront contempler, dans les visites pastorales, le visage de leur propre évêque, et les brebis entendront au moins quelquefois la voit do leur pasteur. Dans la nomination aVs chanoines et des dignitaires des cha|»n>s de cathédrale, on aura peut-être plus d'égard au mérite qu'à l'illustration de la naissance; il no sera plus nécessaire de secouer la poussière des archives pour éla/dir , entre autres qualités des candidats, seiie quartiers do noblesse; et les tilroi ecclésiastiques n'étant plus, comme ils i'élaieot, environnés d'opulence, on ne verra plus ce qui s'est vu plus d'une fois, lorsque quelque haute dignité ou un riche bénéfice était vacant, des nobles, qui jusqu'alors n'avaient eu de poste que dans l'armée, déposer tout à coup l'uniforme et les décorations mil»- Ulire* pour se revêtir des insignes de chanoines, et orner d'une riche et brillants milre épiscopale une tête qui. peu d'années auparavant, avait porté le rasque. Les grives idées du sanctuaire ne dominaient pa* toujours celles de la milice. On peut donc espérer de voir désormais un clergé moins riche, il est vrai, mais plus instruit et plu* édifiant.

« Quant aux différentes sectes qui « trouvent en Allemagne, les obstacles qui s'opposaient au retour de leurs membres au catholicisme sont également affaiblis. H.vl des Etals, des gouvernements qui se tim»ment encore protestants, et où le proie*'"11" tismo n'existe plus. Ce qu'au xvi* siècle avaient prédit les apologistes d<? la Hjg'0" catholique, s'est pleinement accompli» '" principe du jugement privé triomphant, çl chaque prolestant pouvant s'attribuer le droit d'expliquer le sens des ETilureif Peu

13» PAC DES Cl

h peu disparurent tous les dogmes qu'avait d'abord conservés la prétendue Reforme, et il fallut tomber dans un pur déisme.

• Au commencement de mon séjour à Cologne, un jour que je m'entretenais avec un diplomate protestant, homme instruit et écrivain distingué, In conversation tomba sur les journaux seienliflques qui fe publiaient alors en Allemagne. Ce diplomate m'apprit que depuis quelques années paraissait à Berlin un recueil intitulé : Bibliothèque allemande universelle, cl qu'on y

Iiroposait diverses réformes en matière retgicuse; ce qu'il entendait du protestantisme. Je voulus avoir les premiers volumes de ce recueil, et ino mis à les lire. Or voici en peu de mots quelles étaient ces réformes Ihéologiques : l'inspiration des Livres saints, des divines Ecritures, était rejetée; on ne disait pas un mot des mystèes, bien entendu parce qu'on ne les admettait plus ; il n'était pas question de ministère et de hiérarchie ecclésiastique; eu un mot, dans leur prétendue religion évangélique, il n'y avait plus trace de l'Evangile. Dès ce temps, une larlie des ministres protestants, c'est-à-dire U iwirlie enseignante de la secte, était déjà l^mbéodans des erreurs semblables, et plusieurs des ministres portaient l'incrédulité jusqu'à se railler ouvertement des choses les plus saintes.

« Après la mort de Frédéric II, roi .le Prusse, plusieurs ministres proioslants n'eu* rent pas honte, en administrant le baptême aux entants, de substituer au nom adorable de l'auguste Trinité lejiomde ce monarque incrédule qui venait* de mourir. Depuis relie époque, les sociétés secrètes et les révolutions politiques ont porté les derniers coups aux idées religieuses, en sorte, comme je l'ai dé.àdil, que le protestantisme ne vit plus que de nom. Mais cet abîme affreux où >onl tombées les sectes hétérodoxes offre, à mon avis, à un grand nombre de protestants, une heureuse facilité pour rentrer dans le sein de l'Eglise catholique. Le cœur «le l'homme ne saurait se passer de religion, et quand son intelligence secoue le joug des erreurs qu'elle avait reçues dès l'enfance et puisées dans les principes d'uno f.iuî-S! éducation, il lui devient facile de découvrir la lumière de la vérité. Les nombreuses conversions oui se font aujourd'hui de l'hérésie au catholicisme viennent h l'appui de mon opinion. »

Eglise de France. — * Miis si l'on voit, en Allemagne, sortir du soin môme des ténébreuses doctrines de l'erreur des rayons de lumière et d'espérance pour l'Eglise catholique, la France nous offre dans l'avenir un horizon plus consolant encore. Dès les premiers siècles du christianisme, les Eglises «1rs Gaules se distinguèrent par leur attachement et leur dévouement filial à laChaire U« saint Pierre ; dès lors elles combattirent arec un zèle ardent toutes les hérésies l aissantes. Pendant de longs siècles, on vil te perpétuer cul le union étroite avec l'Eglise uiére do Hume; et ces Eglises, ses ûlles dé*

DINABX. PAC 1331

vouées par leur fidélité, méritèrent une glorieuse illustration.

« Aux jours malheureux dn xvi* siècle, où s'échappèrent des portes de l'enter, pour inonder l'Europe, les ferles de Luther, de Zwingle et de Calvin, la Sorhonnc, h ta tête do toutes les autres universités* se leva* tout à coup pour défendre les pures et antiques doctrines de l'Eglise avec la vivacité et l'ardeur qui caractérisent la nation française.

• Tout le inonde sait les généreux efforts des Eglises de France, au siècle suivant, pour combattre et renverser l'hydre du jansénisme ; mais, dnns ce siècle aussi, et précisément dans l'année 1682, de tristes nuages vinrent éclipser en partie l'antique splen leur et ta gloire de ces Eglises. Cependant celle obscurité ne fut pas longue, ei se dissipa bientôt; une révolution terrible vint éclater dans ce royaume, apportant ses affreuses conséquences, et, entre autres, celle qui ne manque jamais, la persécution contre I Eglise. Alors l'illustre clergé français comprit ce que celui des autres pays ne comprend pas toujours, que le corps épis copal et le clergé d'une nation, étroitement liés et attachés à la Chaire de saint Pierre, forment une phalange impénétrable è toutes les attaques de la fausse politique et do l'im-. pièlo philosophique liguées contre elles ; il reprit so i antique courage et son dévouement lilial pour le Saint-Siège, et depuis celle époque il s'est moniré do nouveau, par ses œuvres, par ses écrits et par son zèle pour propager la foi, le fils le plus affectueus, et le plus soumis de la sainte Eg'iso romaine. Il est vrai que co royaume compte encore beaucoup d'ennemis de la religion, et que ses Eglises no jouissent pas assurément d'une tranquillité parfaite; mais pouvait-il en être autrement? Lors» pie la mer a étc> soulevée violemment, l'agitation d»s flotsne cesse pas tout à coup avec la tempe le, et ce n'est que lentement et par degrés que le» eaux reprennent leur premier calme. La religion et l'Eglise se voientencore attaquées de lous côtés par une foule d'ennemis; et, tandis que les partisans des doctrines irréligieuses de Voltaire et des autres philosophes du xvni' siècle s'efforcent sans cesse de séduire toutes les classes, eu répandant b vil prix des livres infectés d'un déisme sans pudeur, on voit aussi les. sociétés bibliques semer avec profusion des textes qu'elles ont altérés et falsifiés,) et les protestants s'armer d'une nouvelle audace.

Pour ajouter encore à la confusion 64 au désordre, do nouveaux ennemis ont. paru dans ce camp; ce sont les faiseurs du religions nouvelles, avec leurs syslè.ues extravagants el sacrilèges, les saiul-simouieiis, les socialistes, et lu malheureux.Chàlul,-prn» clauiMeur d'une nouvelle Eglise française. A ces altaquos el à ces efforts de I enfer vinrent s'unir de coupables écrivains, aveu leurs romans impies et licencieux, et j lia qu'aux |ioétes dramatique* eux-mêmes, qui o>èi cul mettre eu scène des forfaits atroces

4335 PAC DtCTKM

qui endurcissent le cœur «le l'homme, porter en triomphe les vices les plus honteux, et reproduire impudemment sur le théâtre les sacrés mystères et le? plus augustes cérémonies de l'Eglise. Enfin, a celle multitude d'ennemis acharnés contre lui, le clergé voit se joindre l'Université, qui devrait être son alliée la plus fidèle.

* Toutefois, ce qui aurait peut-être épouvanté lout autre clergé n'effraye pas le clergé de Franco. Il ne cherche pas à se soustraire à (a lutte; il oppose è tous ses adverxaires un courage et une résistance héroïques.

Aussi, malgré les violentes attaques faites à la religion, l'Eglise, dans ce royaume, gagne du terrain, et les peuples y manifestent d'heureuses tendances a reprendre la foi antique de leurs pères. C'est donc avec raison que nous espérons de cet illustre clergé, non-seulement qu'il persévérera dans une entreprise si glorieusement commencée, mais qiiH son zèle pour la défense de la religion ira sans cesse croissant.

«; Pour moi, il mosemhle que le Seigneur, enfin apaisé, desline aujourd'hui la France h être l'instrument de ses divines miséricordes. Il veut qu'elle répare elle-même les maux nombreux qu'elle a causés au monde, dans le siècle passé et au commencement de celui-ci, par tant d'écrits impies et par cette propagande philosophique, dont les «poires allèrent semer au milieu des peuples les principes de la révolte contre tous les royaumes aussi bien que contre l'Eglise. Et, en effet, c'est la France qui a conçu et exécuté la première le projet d'une associalion pour la Propagation de la foi, destinée à seconder l'admirable institution do la Propagande de Home ; c'est la France qui a replanté sur les côtes d'Afrique l'étendard triompha il de la croix et donné naissance à une nouvelle Eglise africaine; c'est la Franco enfin qui, noua les auspices et la direction du Saint- Siégft, travaille a dissiper les téuèbres de l'rdol/iirie parmi les pauvres sauvages de l'Océanio, et & soutenir dans la Cochinchine et le Tongkin la religion persécutée de Jésus-Chrisl, avec un admirable zèle apostolique, des faliguos inouïes, cl le sang glorieux des missionnaires qui sont sortis de sou sein. Mais le cœur des bons Catholiques est douloureusement attristé de ce qui se passe aux deux extrémités de I Europe. *

Eglise de Russie. — « Pour dépeindre l'état du la religion catholique dans le Nord, et surtout en Russie et dms l'infortunée Pologne, je ne trouve d'autres paroles que celles des Souverains Pontifes,) quand ils préconisent en consisloiro des sièges épiscopaux des pays infidèles : Status plorandus, non dtseribendus : « Etat qu'on ne | eut exprimer que par des larmes 1» Je n'ose jeter un regard scrutateur dans l'avenir incertain réservé a et s peuples. Je sais seulement, comme renseignent, el les divines Eorilurcs et l'histoire du genre humain que, lorsque l'Eglise a épuisé toutes ses ressources, le Seigneur se lève pouT juger sa cause, et qu'on enlend alors le bruit avant- coureur

AIRE PAC m

de ces terribles châtiments dont le Ciel frappe les nations lout entières, sans épargner les têtes couronnées. Certes, nous en avons bien vu de nos jours quelques exemples ! »

Eglise <f 'Espagne et de Portugal. — « A l'extrémité opposée de l'Europe se présenlent è nos regards l'Espagne el le Portugal. Ces deux royaumes, si remarquables el si célèbres pendant bien des siècles par leur piété, leur dévouement sincère et leur obéis* sance filiale an Saint-Siège, eurent le malheur, au milieu du dernier siècle, de voir monter sur le trône des princes estimables par leurs qualités personnelles, mais d'un caractère tel que pourraient le désirer aujourd'hui ces hommes qu'on appelle libéraux. Ils régnèrent, ils ne gouvernèrent pas. Ils abandonnèrent les rênes de leurs Eials a des ministres ambitieux et impief, l'un des plus terribles châtiments que Dieu, dans sa juste colère, inflige aux naliom coupables, quand leurs crimes, selon l'expression du poêle :

De aa miséricorde ont franchi les lioftea. En effet, le comte d'Aranda, en Espagne, et Sébastien Car vagi io, plu s connu sous le nom de marquis de Pombal, en Portugal, excités, l'un par les philosophes do France où il avait été ambassadeur, l'autre par les jansénistes , et poussés l'un et l'autre par une haine profonde contre Rome et le Siège apostolique, ne négligèrent aucun moyen de corrompre l'enseignement public, retirant, éloignant des chaires et des écoles les professeur^ attachés aux saines doctrines, pour les remplacer par des hommes imbus des erreurs des Dupin, des Febrouius, des Pereira, eldes divers auteurs animés du même esprit. Ils s'elTorcèreol de fermer l'entrée de ces royaumes à tout livre sincèrement catholique,' tandis qu'ils laissaient un libre passage aux ouvrages où étaient attaqués les droits sacrés et l'autorité du Souverain Pontife, et aux productions mêmes de l'impiété philosophique.

Sous les successeurs ne ces deux ministres, on continua ce coupable système; et maintenant tous ces actes d'hostilité contre le Saint-Siège ont produit leurs déplorables effets. Ce qui se passe dans ces royaumes n'est que la douloureuse conséquence de cette œuvre de schisme. Quand je partis de Lisbonne, l'âme pleine de tristes pensées et de funestes pressentiments, au moment où le vaisseau s éloignait du rivage, je jetai un dernier regard sur celle ville, et je pleurai sur elle. Biais ma douleur fut eucore plus amere en Espagne. Etant monté au sommet élevé du mont Calpc, aujourd'hui Gibraltar, d'où l'œil saisit une partie considérable d<*s côtes d'Afrique, je comparai la déplorable situation fle ces contrées, asservies aux in* fidèles el aux pirates, avec celle de ce mémo pays aux premiers siècles de l'Eglise, lorsque sur ces rivages habitaient les Tertullie*^ les Cyprien, les Augustin, et ou 'on y célébraii les conciles fameux de I Afrique, fc? ce moment, je ne sais comment mon esprit

1357 PAC

m trouva saisi de cette Irisle pensée que, parmi Uni do vicissitudes des choses humaines d'ici-bas, de même que je déplorais alors te sort de ces malheureux Africains ensevelis dans les ténèbres d'un absurde mahométisme, peut-être aussi un jour, le christianisme renaissant en Afrique, quelque voyageur européen irait contempler du sommet opposé du mont Abila les côtes de l'E«pagne et du Portugal, et sentirait dans son cœur une compassion semblable; a cellu qne j'é|irouvais alors pour l'infidélité et l'apostasie île ces deux royaumes, auparavant catholiques. Je ne voulus voir dans cette pensén qu'un révo poétique, et non un fatal pressentiment de l'avenir, comme je l'ai déjà dit dons la relation de mon voyage de. Li>l»onne en Italie.

• Mais, hélas] bientôt i'étal déplorable des a ira ires religieuses en Portugal et en Espagne me rappela ees tristes pressentiments, et je craignis que le jour fatal nefôt veipj où la foi abandonnerait ces royaumes, jadis si catholiques et si fidèles. J'ai vu sur les côtes d'Afrique la vaillante nation française relever en triomphe l'étendard de la croit, redresser les autels, convertir des mosquées profanes en temples consacrés au Seigneur, cl construire de nouvelles églises, tandis que sur les plages opjmsées, on dépouillait en Espagne les saints autels et qu'on renversait ou qu'on livrait aut tlammea les édifices destinés au culte divin. Sur cette même terre d'Afrique, un respectable et saint pastenr, entouré de prêtres zélés, a été non-seulement accueilli par les acclamations et les cris d'allégresse des Catholiques, mais respecté, vénéré des infidèles, des Arabes et des Bédouins eux-mêmes; tandis qu'en face, dans la malheureuse Espagne, on citait a des tribunaux laïques les fidèles pasteurs; on leur faisait subir des jugements iniques, è la suite desquels ils étaient jetés en prison, ou chassés! de leurs sièges. Le temple même du Seigneur a été souillé par le meurtre des ministres du sanctuaire, égorgés par de fanatiques ennemis de la religion catholique. Enfin Alger a re<;u comme des anges descendus du ciel les filles de saint Vincent de Paul, ces vénérables sœurs de la Charité qui, n'ayant pour armes que leur douceur, leur boulé, leur leudre sollicitude pour les malades, armes si victorieuses et si puissantes, excitent l'admiration et l'enthousiasme des infidèles, et les disposent a recevoir les lumières de l'Evangile, à embrasser une religion qui inspire et produit tant de vertus; |»endant ce temps l'Espagne chassait de leurs asiles sacrés les vierges consacrées au Seigneur, et cherchait tous les moyens de les priver des ressources uécessaires au soutien de leur vie.

« Tout cela ne semblera il- il jws annoncer» comme je l'ai dit, et faire craindre pour l'Kspagne que ce moment terrible ne soit arrivé où Dieu, dans sa justice, veut |>ortcr ailleurs le flambeau de la foi, el accomplir la filiale menace que le Sauteur faisait aux Juifs : Le royaume de$ deux tou» ttra ôté

PAC «38

pour être donné à un autre peuple qui en produira 1rs fruit». (Matlh. iti. M.)

• Cependanlces craintes trop légitimes sont combattues par des espérances consolantes d'un avenir meilleur. Une grande partie de cette valeureuse nation et de ton «clergé a conservé au fond du cœur la foi de ses aneérreset on attachement filial pour le Saint- Siège, comme sur les rivages de Babyfone, les Israélites captifs conservaient leurs pensées et leurs cœurs pour leur chère Jérusalem. D'ailleurs, l'Espagne compte dans le ciel de si nombreux intercesseurs que mes espérances ne sauraient être vaines. Il me semble voir au pied du trône du Tout-Puissant l'auge tutélaire de ce royaume, environné de tous les saints qu'a enfantés la terre d'Espagne, de ces fondateurs et de ces réformateurs d'ordres oui, après avoir fait pendant leur vie tant du bien dans l'Eglise jwir leur sainteté, continuent à en opérer encore parle tè'e 'dé tour sainte et nombreuse postérité, les Dominique, les Ignace, les Joseph Cazalanze, les Jean de Dieu, les Pierre d'Alcantara, les Thérèse. Ah! mon cœur me dit que la voix , les ardentes prières de tant d'héroïques intercesseurs apaiseront la justice divine, et que le Seigneur abaissera sur l'Espagne et le Portugal les regards de sa miséricorde. Mais, en attendant que le jour de sa clémence se lèrn sur ces peuples, que notre soumission aux ordres de sa Providenco soit inébranlable 1

Eg,i$« d'Angleterre. — « Je n'ai no contempler qu'avec douleur la situation de l'Eglise catholique dans ces deux royaumes, où elle était autrefois si florissante. C'est avec un senlimeot bien différent que je vais considérer maintenant ce qui se passe dans un autre pays, où depuis plusieurs siècles elle gémissait sous la plus dure et la plus lyraunique persécution. La on refusait aux infortunés Calboliquesjusqu'a la consolation d'exercer librement leur culte; et non-seulement ce culte n'était pas toléré, mais il était proscrit sous les peines les plus sévères et los plus cruelles. Aujourd'hui, par un merveilleux changement, on voit, dans ces mêmes régions, s élever en l'honneur de Dieu de nouveaux temples et de magnifiques cathédrales; on voit construire des couvents et des monastères pour les religieux des deux sexes, el une bienveillante et généreuse hospitalité est offerte aut prêtres des nations étrangères que la persécution de leur patrie a frappés. On voit aisément que je veux parler de l'Angleterre. Ces faits sont on ne peut plus consolants; cependant il ne faut pas se flatter, comme le font quelques personnes, que la secle appelée anglicane soit déjà sur fe point d'expirer. Il est bien vrai

Sue chaque jour elle perd du terrain, abanonnée comme elle l'est, et par d'înnouibrablos sectateurs qui sont tombés dans une incrédulité complète, el par beaucoup d'autres qui, éclairés du la grâce divine, retournent au sein de leur mère l'Eglise catholique, qui u'o cessé de les aimer avec tert-

1339 PAC

dresse; néanmoins colin Eglise anglicane esl un édifice qui, loul délabré cl tout chancelant qu'il piratl, s'appuie sur deui fermes souliens: la puissance de l'aristocratie cl l'omileDce du clergé.

«Tant qu'il sera nermisaux grands seigneurs de ce pays de distribuer à leurs frères, a leurs enfants, a leurs neveux, les opulents revenus des roenses épiscopalcs et des riches bénéfices qui s'élèvent annuellement à six millions délivres slerling.ou cent cinquante millions de francs, c'est en vain qu on se flattera de voir disparaître celle secte. Mais, si le Seigneur continue h bénir le zèle et les travaux de notrerlergé en Angleterre, on verra bientôt les pasteurs prolestants abandonnés de la plus grande parlie de leur troupeau. Il y a peu de temps que le curé protestant d'une paroisse d'Irlande n'avait plus d'autres paroissiens que sa femme, ses enfants et sa servante. Au reste, ce fait, que les anglicans appellent défection, que nous nommons conversion, forcera le gouvernement à faire de sérieuses réflexions. Dans d'autres temps on aurait pu crain Ire qu'il ne servit qu'à rendre la persécution plus violente ; mais dans l'élal actuel de l'Europe, on ne peut attendre que des résultats favorables à la cause des Catholiques. »

Ejlite de Belgique. — « L'Angleterre nous offre donc des consolations au milieu des douleurs de l'Eglise; mais nos consolations el nolro joie s'accroissent encore lorsque nous considérons 1 Eglise en IMg«que. J'ai vu dans In cours de ma vie quatre dynasties ditférentes régner successivement, dans cet industrieux et intéressant pays. Les trois premières, rivales el souvent môme opposées par les intérêts politique* el commerciaux,, s'accordèrent el se ressemblèrent parfaitement un une seulo chose, dans leur application à contrarior, à tourmenter par des innovations religieusos ce bon peuple, si franchement catholique. Ces trois premières dynasties ayant été chassées ou par la force des armes étrangères ou par le soulèvement ci la résistance des pouples, la divine Piovi.lence voulut enfin accorder la paix à ces bons Catholiques, el elle exécuta son dessein par un coup merveilleux de sa toute-puissance, par un de ces moyens que les vues étroites de la sagesse humaine trouveraient contraire au but proposé, moyen trôsénergiquemenl exprimé par les Portugais dans ce dicton ingénieux. « Deos et crevé direito sobre uma regra estortn: Dieu écrit droit sur une ligne courbe. • Eu uffet, le Seigneur, pour procurer la paix aux Catholiques, appela la quatrième dynastie. Il éleva sur le Irène un nouveau prince, étranger de nation, né el é'evédans le protestantisme, et attaché h la secto do Luther. Qui n'eût pensé que les ennemis delà religion trouveraient ou lui un appui? Eh bien, coprin, o digned'ôlre proposé |K?ur modèle à ceux même qui ont eu je bonheur du naître dans le sein de la véritable Eglise, a compris paifaitem jiiI la vérité et la juslesse des proies célèbres du pr« ? 1 Oaius évôqiK lo Cordouo, à l'emp.j-

PAC Dit

reur Constance : « Tibi Peut (mptrim eommisit, nobie quœ $unl Eccletice crtdidil .Dm vous a donné l'empire; mais c'est Jh nous qu'il a confié les intérêts «le son Eslise. • Quand le nouveau roi des Belges prit possession du Irène, les paroles qu'il adressa au clergé de Belgique exprimaient la rofme pensée, el il a tenu fidèlement sa promesse; car, pour donner à son peuple une garanti* el une assurance complète de rattachement de la dynastie nouvelle à la religion catholique, il voulut que ses enfants fussent baptisés el élevés daus notre sainte et auguste religion, a

Egthc d'Italie. — «liais pourrai-je oublier notre chère Italie, nui devait sanscesse sa présenter la première a ma pensée? Celte belle et riche contrée de l'Europe, l'une des plus privilégiées, l'une des plus favorisées des dons de la nature, possède un doux et bienfaisant climat, un ciel presque toujours serein, un sol fertile qui sait récompenser généreusement les sueurs du cultivateur laborieux ; elle a produit des peuples intelligents et capables de grandes choses, comme le prouvent assez dans les temps reculés les anciens Romains, el dans les siècles modernes les Souverains Pontifes, issus pour la plupart de notre nation. Oui, les Papes ont fait de bien grandes choses, non-seulement dans le gouvernement de l'Eglise, mais aussi en faveur des intérêts temporels du monde el de la société civile par leur benfaisante influence et leur sage autorité.

« C'est ce que vous avez prouvé d'uncmi* nièce savante, illustres académiciens, dans le cours des années précédentes. Mais qua sont ces faveurs du cielen comparaison d un bienfait le-anoup plus grand, celui d'avoir reçu do l'Orient au sein de l'Italie, daw notre heureuse ville de Rome,la chaire de vérité, le tribunal su ; xêrae de f Ëgl ise.en un molleSiége de (Saint Pierre el de ses successeurs? C'est l'Eglise de Rome, cette bonne et tendre Merc, qui a toujours nourri et no cesse de nourrir du lait le plus pur dos doctrines célestes toutes les Eglises de l'Italie ; c'est elle qui i combattu el qui combat encore chaque joor pour éloigner de son sein le venin infernal de l'hérésie et du schisme. Depuis ces sièdes anciens où l'on vit d'abord les empereurs d>' Cooslantinople, ensuite les rois des Golh<, protéger et soutenir l'aria nisme, l'Bjlise romaine a toujours su empêcher les sectes hérétiques de s'établir dans ce pays; et m xvi* aiecle en particulier, quand du foml des enfers tant d'hérésies fondirent sur le Nord el s'efforcèrent de pénétrer en Italie el d'y prendre racine, c'est Rome qui éloigna de nous le fléau terrible de ces guerres de religion qui inondèrent de sang I Allemagne pendant trente années, et pendant près Je quarante la France d'abord, el ensuite l'Angleterre, la B di êmo el la Hongrie.

« Cependant nousavons aussi eu le malheur do voir pé létror eu Italie, dans lu xvu* siècle, une secte hypocrite, née en Flandre qui. pour cacher plus sûrement sa marche et ses téuébreux projets, désavoue sa propre eus»

«Il PAC DES CA

Icncc. Quoique proscrite et frappée des anaihèmes du Saint-Siège, elle trouve un facile accès, un accueil bienveillant dans «piolques cloîtres, dont elle méditait déjà perfidement la destruction, et dans les universités, où des Mirants dénaturés do l'Italie, indignes d'en porter le nom, et ingrats envers le Ciel etscs nombreux bienfaits, embrassèrent les erreurs de cette secte et osèrent la défendre. De cette double source d'instruction publique se répandirent et se propagèrent rapidement parmi les bommes politiques, les magistrats, et an sein des tribunaux civils, ces principes de défiance, de jalousie et de haine pour lu Saint-Sié^o qui, sous le règne mémo de princes dont la conduite privée et publique est chrétienne, et dont 1rs intentions sont pures et religieuses, réduit l'Eglise à la Ir'uto servitudo d'Agar, elle qui, dans les choses sacrées, devrait ôtro libre et reine indépendante. Un des plus illustres évôques duxvit* siècle, dans un discours prononcé devant un des plus puissants monarques, l'immortel Bossuet. parlant à Louis XIV, disait: • Sainte

• autorité de l'Eglise, frein nécessaire de la « licence et unique, appui de la discipline,

• qu'es-tu maintenant devenue ? Aban- « donnée par les uns, usurpée par les autres, ■ ou ello est entièrement abolie, ou elle e>î

• dans des mains étrangères. Mais il fau- « draii un trop long discours pour exposer « ici toutes es plaies. • (Sermon pour le dimanche de$ Rameaux , serin. 3, 11* partie.) Ainsi parlait Bossuet , mais depuis son temps jusqu'au notre, les plaies faites à l'Eglise dans notre chère pairie, aussi bien qu'en d'autres pays, no sont pas cicatrisées ; elles feaignont abondamment. Mais espérons, diraije avec l'illustre Bossuet, que le temps pourra éclairer les bons princes, cl a la fin les désabuser. Peut-être le Ciel a-l-il réservé cette ère de consolation et do bonheur au glorieux Pontife qui gouverno aujourd'hui ï Eglise, pour récompenser celle fermeté sacerdotale, ce courage apostolique avec lesquels il a su faire retentir des hauteurs du Valican, en présence des grandes puissances de l'Europe, la voix solennelle de Pierre, celle voix que les ennemis de la religion feignent do no pas craindre, et qu'ils rodouleul pourtant, celle voix qui ébranle encore aujourd'hui le monde, et qui peut toujours, sinon arrêter en un inslant tous les maux, du moins consoler et forliGer les justes, et prôparor aux bommes égarés la voie qui les ramènera dans le sein compatissant de leur Mère!

■ Ne soyez pas étonnés, mes bien-aimés col ègues, et vous tous, illustres auditeurs, si j'ai prié avec liberté et franchise. Pensez qu'un nomme courbé sous le noids de 87 anné'-s, et déjà proche du tombeau où il va bientôt descendre, est ordinairement sourd mi conseils pusillanimes de la prudence humaine. • (Tiré du journal t'Vnitert.)

L'année suivante, le 19 avril 18Vi, ce grand cardinal, celle puissante intelligence déteignit dans le sein de Dieu. — Pour de plus grands détail*, Vuy. les Œuyrts complète» du cardiual Pacca, traduites cl publiées

IMNAUX. PAL ir.S3

par M. Quoyras. Paris. 18V5. 2 vol. in-8«, chez Saguîor et Bray. La précédente nolico en e"t 4*n pari ie extraite.

t PACHECO DE MONTALVAN (Pin»), d'une noble famille castillane , .se dévoua de bonne heure nu service des autels, et fui pourvu de l'évôché de Ciudad-Rodrign, puis do celui do Pampeluno. — Il eut dans la suite ceux de Jaën, de Siguença et d'Albano» après que, b la recommandaiioti de l'empereur Charles V, il eut été revêtu de la pourpre, en 1515, par le Parte Paul III. Ce cardinal alla à Rome sous lo pontifical de Jules III, et il contribua beaucoup à assurer le repos de l'Italie. Investi du gouvernement du royaume de Naples, il rassura les esprits des peuples et particulièrement do la noblesse, qu'on y menaçait de l'inquisition. Il sut aussi apaiser les différend* qui avaient arroélo Pape Paul IV contre Philippe II, roi d'Espagne; et il acquit une si grande réputation de piété, qu'il fut question de l'élever sur le trône pontifical, après la mort du môme Paul IV. Le cardinal Pacheco mourut pou après à Rome, le h février 1560. Son corps fut porté à Mon'alran en Espagne, où il avait fait des présents considérables au monastè o de Sainte-Claire, fondé par don Jean Paeheco, son frère.

PACHECO DE CERALBO (Finnois), né à Casiel Ro Irigo, était (ils de Jean Pacheco, Reiirilhomuie de mérite et de réputation. — Il fut employé par l'empereur Charles V et par Philippe H, roi d'Espagne, fils de ce prince, en diverses négociations, dont il s'acquitta avec habileté. Une des plus importantes missions qu'il eût reçues fui celle de rétablir la paix entre lo Pape Paul IV et Philippe H, qu'il alla trouver en Angleterre, lors de son mariage, en 155k, avec la reine Marie I". C'est U la demande de ce prince ne Pacheco fut revôlu de la pourpre par le ape Pie IV en 1561. Depuis, protecteur des affaires d'Espagne a Rome et archevêque de Burgos, ;il travailla a cimenter la Iigu9 qui se forma contre les Turcs, sous lo pontificat de Pie V. Il mourut à Burgos, le 23 août

PALÊOLOCUE (Théodore), fils de Guillaume VII, marquis do Montferral, et d'Elisabeth do Milan, fut créé cardinal on 1WV par le Pape Paul IL — En se mettant à table, il se coupa avec un couteau mis par hasard sur le dos, et la blessure, quoique légère, s'enflamma au point qu'elle amena sa mort le 21 janvier U81.

PALEOTA (Gabribl), lils d'Alexandre Paleola, petiMils de Vincent, et neveu d'Annibal et de Camille, célèbres jurisconsultes, naquit è Bologne le » octobre 152V. — Il étudia avec le plus urand succès les lettres et la jurisprudence, fui chanoine a Bologne, professeur eu droit canonique et eu droit civil, puis auditeur de Rote sous Paul IV. Pie IV l'envoya au concile de Trente, où Paleola parut avec tant d'éclat, que ce Pontife lo revêtit de la pourpre eu 1565. Saint Pie V lui donna l'évôché do Bologne, q ic Grégoire XIII érigea bientôt après en é^list

Page 1