‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 293 sur 457 · POL · texte numérisé non relu

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chacun «le mille a treize cents vers. C'est nn poërae didactique , puisqu'il a pour but d'enseigner des vérités importantes, et il est écrit en vers héroïques. Les lacunes ont été heureusement comhtées par Lebeau et par Pabbô Rolhelin. Voici ce qui en fit naître l'idée h l'abbé de Polignac. A son retour de Pologne, s'élant arrêté en Hollande, il avait en plusieurs entretiens avec B.iyle, dont In Dictionnaire critique venait de paraître. On sait de quelle manière les arguments d'Epicure, de Lucrèce et des sceptiques, contre les vérités les plus im-

Jortantes d* In religion et de la morale, ont lé célébrés et rois en œuvre dans ce Dictionnaire. Ils furent le principal objet de ces entreliens. C'est dans l'un de ces entretiens que l'abbé demandait è Bayle à laquelle des sectes se disant réformées il appartenait. Le sceptique répondit, d'une manière évasive, qu'il était protestant. Comme son interlocuteur le pressait, avec l'exquise politesse qui faisait le fond de son caractère, de préciser cette réponse : < Oui, Monsieur,» dit brusquement Bayle, « je suis bon protestant, et dans toute la force du terme; je proteste contre tout ce qui se dit et contre tout ce qui se fait. » Dès lors l'abbé de Polignac fôrma le projet de réfuter ces arguments, et il l'exécuta pendant son exil à l'abbaye de Bon-Port. Le poëme annoncé fut recherché de tout le monde savant : on s'empressait d'en solliciter la lecture , d'en tirer des copies, de le traduire. L'auteur le traduisit lui-même verbalement pour la duchesse du Maine. Le duc du Maine traduisit le i" livre, et l'offrit a celte princesse avec une belle épttre dédicatoire. Le duc de Bourgogne, après avoir lu l'ouvrage, voulut avoir des conférences réglées avec Polignac sur son Ami-Lucrèce. Louis XIV lui en entendit parler avec tant d'éloges, qu'il parut désirer en connaître plus particulièrement les beautés, ce qui engagea le duc de Bourgogne à to traduire, du moins en partie. S'il est vrai que 1M nfi-Iucrèce soit quelquefois diffus et monotone, dans certains passages il unit la force à l'élégance. C'est à l'occasion de ce poème que le cardinal de Polignac écrivait à Louis Racine la lettre où il expose le parti qu'il a pris pour répondre à l'objection tirée de la question de l'âme des bêles contre la spiritualité de l'Ame. (Journal de» tarant* % 1747, p. 213.) « L'auteur de \'Anti- Lucrèce ne devait pas accueillir les hommes irréligieux. Un étranger, attaché au service de l'Angleterre, et qui vivait a Rome sous la protection de la France, se permit un jour, à la tablo d9 l'ambassadeur, des propos peu mesurés sur la religion et sur le caractère du roi Jacques. Le cardinal, qui professait hautement sa reconnaissance pour ce monarque, dil à l'étranger, d'un ton sérieux, mêlé de douceur : « Monsieur, j'ai l'ordre de protéger votre personne, mais non pas vos discours... • 11 s'occupait encore arec suecès de physique, de mathématiques et d'antiquités. Les arts lui étaient chers autant que les sciences. Pendant qu'il habitait

Rome, il apprit qu'un particulier, qui bilissait une ferme entre Frascati et Grotta- Ferratn, s'était vu arrêté, en creusant de* fondations,' par des restes d'anciens mars fort épais, et qu'il semblait presqne impossible de détruire. Le cardinal se persuada, en examinant l'emplacement, qne c'était celui de la maison de campagne de Marius : il ordonna des fouilles ; et sa conjecture fut justifiée par un fragment d'inscription du cinquième consulat de cet homme fameux.

On continua de fouiller; et à l'ouverture du plus gros mur, se présenta un magnifique salon orné, entre autres, de six statues de grandeur naturelle, qui étaient du pins beau marbre, d'un excellent travail, et qui formaient ensemble l'histoire d'Achille reconnu par Ulysse à la cour de Lycomède. C'est encore sous les yeux du prélat, que se Ht la découverte du palais des Cé$ars, dans la vigne Farnèse, sur le mont Palatin. Il excita et aidi Blanchini à en publier la description. Le duc de Parme, qui avait ordonné les travaux, voulut que le cardinal acceptât un basrelief do quatorze ligures, qui représentait une fête d'Ariane et de Bacchus. Ce bas-relief était enchâssé dans la plus haute marche da l'estrade sur laquelle se plaçaient lesemperours dans leurs audiences publiques. Le cardinal eut aussi les plus belles urnes du columbarium des affranchis de Livie, trouvées en 1730. Il aurait souhaité, disait-il, être le maître de Rome, uniquement pour détourner, pendant quinze jours, le cours du Tibre, et en retirer les statues, les trophées, enfin tout ce qu'on y avait jeté do précieux dans les temps de factions et de guerres civiles, et pendant les incursions des barbares. Il aurait également désiré qu'en creusât les ruines du temple de la Paix, brûlé en 191, sous l'empire de Commode; il croyait qu'on devait y retrouver le chandelier à sept branches, fa mer d'airain et loos les vases que Titus y avait déposés après avoir triomphé de la Judée. » (Michaud, Biographie.) Le roi de Prusse Ut acheter la collection de cet illustre prince de l'Eglise, les antiques, marbres, porphyres, bronzes, statues, bustes, bas- reliefs, qu'il avait fait revivre, et dont il avait orné son palais, après les avoir retirés de dessous les ruines de Rome. V Anti-Lucrèce, plusieurs fois réimprimé, a été traduit, en 1749, par Bougainville, secrétaire de l'Académie des belleslettres, et en vers italiens par Ricci, Vérone. 1767, 3 vol. in-fc*. L'éloge du cardinal rot prononcé dans les diverses sociétés savantes dont il était membre. De Boze, de l'Académie des belles-lettres, dit qu'il réunissait tous les genres de séduction; qu'à son aspect, du moins dès qu'il avait dit un mot, les inimitiés, les différends cessaient ; qu'il semblait n'être fait que pour aimer et pour être aimé : Mairan, de l'Académie des sciences, vante plusieurs fragments qu'avait écrits le cardinal sur des matières philosophiques, des harangues, des mémoires, et surtout un nombre prodigieux do lettres et do dépêches, parmi lesquelles ils s'en treure

3ui peuvent passer pour dos chefs-d'œuvre e politiquo et d'éloquence.

< POLUCCI (Famcois),' né a Forli, serré» taire des brefs, créé, en 1657, par le Pape Alexandre VII, prôtre-cardinal du titre, de Saint-Jean Porte Laline, mourut en 1661. ' POLUS (Rksaod POLE, plus connu sous le nom latin de), né, en mars 1500, à Slowerton-Castle, dans le comté de Stafford, est un des beaui raractères de l'histoire. — Il était fils de Richard, cousin-germain du roi Henri VU; sa mère élait Marguerite, comti-s«e de Salisbury, fille de Georges, duc de Cfrirenre, et frère d'Edouard IV. A l'âgo de 19 ans, après avoir fait ses éludes à Oxford, il alla voyager aur le continent. Il passa cinq ans è étudier à l'université de Padoue, et s'y lia avec Bembo, Sadolet, depuis cardinaux comme lui, et avec beaucoup d'autres savants de cette époque de renaissance alors si brillante en Italie. Après avoir visité les principales villes de cette contrée, it retourna en Angleterre, et vécut loin de la cour, bien qu'il fût très-considéré du roi Henri VIII. Ce dernier avait épousé avec dispense du Pape la veuve de son frère atné Arthur, Catherine d'Aragon, fille de Ferdinand et d'Isabelle, et tante de Charles V. Après dix-huit ans de mariage, il s'éprit d'Anno de Bollen, une des suivantes de la reine; et alléguant des scrupules religieux sur ce mariage, il sollicita vainement Clément VU pour en obtenir la dissolution. C'est pendant les négociations qui curent lieu pour cet objet que Polus jugea prudent de quitter l'Angleterre pour se retirer à Paris. Henri, n'ayant pas réussi auprès du Pontife, espéra trouver plus de complaisance dans les universités. Il chargea Polus de servir ses intérêts, ou plutôt fa passion, auprès des docteurs français; mais celui-ci se garda bien d'en rien faire. Henri, qui attachait la îdus grande importance au suffrage d'un homme entouré de l'estime publique pour sa droiture et son savoir, l'appela auprès de lui et mil tout en œuvre pour le gagner; mais promesses et menaces, lout fut inutile; Polus ne cessa pas de se prononcer conlre le divorce. Il était réfugié en Italie, quand le tyran le fit sommer do reconnaître sa suprématie spirituelle; et, sur le refus do Polus, le déclara déchu de ses bénéfices et de la pension qu'il lui faisait. Le Pape Paul III le dédommagea eu lerevétantde la pourpre sacrée,. et en l'envoyant comme légat en France et en Flandre, d'où il serait è portée de retourner en Angleterre, dans le cas où réussirait la négociation ouverte par Charles V et François 1", pour réconcilier avec Rome le prince anglais. Celui-ci, sourd à loulo proposition, ne pensa plus qu'à se venger du cardinal. Il le fil déclarer par son servile parlement, coupable de haute trahison, condamnera une amende de cent raille écusj obligea François I" à l'expulser de la France; tii les offres les plus brillantes aux Etats de Flandre, sur le territoire desquels il s'était retiré, s'ils le lui livraient; enfin il promit cinquante mille écus è qui lui apporterait

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la lèle du nrélnt. Celui-ci se n'fugia à Viterbe, où Paul III lui donna des gardes. Henri VIII, ne pouvant l'atteindre, se vengea sur la famille du cardinal ; il fit condamner et exécuter comme traîtres la comtesse de Salisbury sa mère, lord Montaigu son frère et plusieurs autres de ses parents. Cependant le Pontife le chargeait d'écrire conlre Vinterim; on désignait sous ce nom un concordat dressé à Augsbourg par Chartes V en 1518, pour apaiser les troubles religieux de l'Allemagne; il faisait des concessions aux luthériens comme aux Catholiques, et mécontentait les deux partis. Précédemment le même Pontife l'avait Jé'égué comme un des trois présidents du concile de Trente. Après la mort de Paul III en 1549, tous les vœux appelaient Polus sur le trône pontifical, et if y eût été élevé, pour peu qu'il eût voulu s'y prêter. Jules III, qui fut élu, lui disait, en l'embrassant, que c'était è la modestie et a l'humilité du cardinal qu'il devait son exaltation. Celui-ci, retiré dans un monastère près de Vérone, était tout entier à la prière et è l'étude, quand Marie, fille de Henri VIII et de Catherine d'Aragon, fut appelée an trône. Celte princesse, restée Catholique comme sa mère, admirait la vertu du carùinal Polus; et, comme il n'était que diacre, elle pensait à l'épouser. Charles- Quint, de son côlé, poursuivait, pour son fils Philippe, la main de la nouvelle reine. C'est alors que Jules III nomma le cardinal Polus son légat en Angleterre, pour qu'il y travaillât à rétablir le catholicisme. Comme le légat traversait la Souabe, Charles V, qui n'ignorait pas les dispositions de Marie, le fit arrêter. Il gagna les minisires de Marie qui l'obligèrent h subir un mariage qu'elle redoutait, et qui devait la rendre si malheureuse. Le légat, qui n'était plus a craindre, fut laissé en liberté; il fit son entrée solennelle à Londres le 24 novembre 1554, et reçu! l'abjuration des membres des deux chambres, qui ne tardèrent pas à abjurer, en sens contraire, sous Elisabeth. Bientôt après, ordonné prêtre, il fut nommé archevêque de Canlorbery, primat du royaume, et président du conseil. Il aurait voulu qu'oi procédât par degrés a la révolution religieuse qui s'opérait, qu'on s'absltnt des voies de rigueur, mais les évêques Gardiner, Bonner, Tirlhy , étaient maîtres du gouvernement, ils tenaient à l'exécution des lois portées par Henri VIII contre les hérétiques. Quant au cardinal, il nese départit jamaisde sa modération, n'employa que des mesures conciliantes et préserva son diocèse des exécutions qui en ensanglantaient d'autres. S'il obligeait les prêtres mariés h se séparer de leurs femmes, et à s'abstenir des fonctions sacerdotales, il ne les destituait point. Il maintenait dans leurs bénéfices et dans tours fonctions des évêques et des prêtres, qui avaient adhéré au schisme de Henri VllI. Il ratifia aussi l'aliénation des biens du clergé en faveur de leurs possesseurs actuels. Paul IV était monté, en 1555, sur lekône pontifical. Il n'aimait pas le cardinal, cl lui relira ses

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