‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 292 sur 457 · S09 POL DES CAR · texte numérisé non relu

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auditeur de Rote ; et le cardinal de la Trômoiile en sut bien protitcr dans plus d'une occasion délicate. Mais il en faisait honneur a l'abbé de Polignae auprès du roi, tandis que l'abbé, de son côté, écrivait que Je succès des affaires dont on l'avait chargé, n'élait djû qu'au crédit et à I habileté du cardinal. Après trois ans de séjour à Rome, l'abbé de Polignae eut permission de revenir en France pour mettre ordre à ses affaires, fort dérangées par suile des dépenses et des pertes qu'il avait faites en Pologne. Il était encore à la cour en 1710, lorsqu'il fut question d'ouv/ir de nouvelles conférences en Hollande pour mettre fin à la guerre sanglante qu'avait allumée la succession à la couronne d'Espagne. Le roi nomma le maréchal dTxelles et l'abbé de Polignae ses plénipotentiaires à Gerlruydenberg, où devaient se trouver ceux des étals généraux des Provinces-Unies. Choqué du (on allier des.plénipotenliaires hollandais, l'abbé leur difait : « On voit bien que vous n'êtes pas habitués à vaincre, a Comme l'entière restitution de la monarchie d'Espagne, avec des circonstances encore plus dures que la restitution elle-même, était exigée des alliés, l'abbé de Polignae envoya au roi un Mémoire très*élendu, où il exposait, en s'appuyonl sur de lortes raisons, qu'il fallait courir les plus grands risques, braver les dentiers événements, plutôt que d'abandonner l'Espagne &ous de pareilles conditions. C'est le parti que prit Louis XIV; il rappela ses plénipotentiaires, et les conférences furent rompues. D'heureux succès couronnèrent cette résistance: les armes de Louis XIV, celles de Philippe V, son pelit-lils, furent partout victorieuses. L'empereur Joseph mourut; Villars vainquit à Denain ; l'Angleterre seconJa les désirs de la Franco; tout changea de face, et In paix fut proposée à des conditions équitables. Pour en traiter, oo établit los conférences a Uirechl. C'est alors que l'abbé de Polignae, qui était encore un des plénipotentiaires, écrivait : « Nous prenons la figure que les Hollandais avaient à Gerlruydenberg, et ils prennent la nôtre; c'est une revanche complète. » Les négociateurs hollandais, soupçonnant qu'on leur cachait quelques-unes des conditions de la p«ix entre la France et l'Angleterre, menaçaient de faire sortir de leur pays los ministres français : « Non, Messieurs, » dit l'abbé de Polignae, » nous ne sortirons pas d'ici : nous traiterons de vous, chez vous et sans vous. » Le traité de paix fut signé le 11 avril t7l3. Toutefois, il ne crut pas devoir apposer sa signature au bas d un traité qui excluait du trône d'Angleterre son bienfaiteur. En effet, le Saint-Siège fayant réservé un chapeau de cardinal à Ta disposition du prétendant, que Louis XIV et quelques autres appelaient Jacques III, ce prince, à la demande du roi de France, en disposa en faveur de l'abbé de Polignae, qui fut créé cardinal le 18 mai 1712. Mais, comme il se trouvait en pays calviniste, il ne fut déclaré que le 3 janvier 1713, et il reçut la

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calotte ro^ge auprès d'Anvers , sur son retour en France. Il obtint la même année la charge de matlre de la chapelle du roi, dont il se démit en 1716. Louis XIV n'était plus. Les liaisons du cardinal avec le duc, et surtout avec la duchesse du Maine, le firent soupçonner d'avoir pris une part active à la conjuration de l'ambassadeur espagnol Cellamare , conjuration dirigée contre le régent, et dont le but était de transférer la régence de France au roi d'Espagne Philippe V. Par égard pour la cour de Rome, que l'on ménageait alors, le cardinal ne fut pas poursuivi; le 29 décembre 1718 il eut ordre de se retirer dans son abbayo d'Anchin, en Flandre, d'où il fut rappelé vers la fin de 1721. Innocent XIII étant mort le 9 mars 1724, il retourna è Rome prendre part au conclave où fut élu Benoit XIII. Il y demeura huit ans, chargé des affaires de France, en remplacement de l'abbé de Tencin, et fui également agréable aux deux cours. Benotl XIII, et, après lui. Clément XII ne cessèrent de l'entourer de leur estime, el le placèrent dans les principales congrégations. Après bien des difficultés, il eut la satisfaction de voir la fin des querelles qui divisaient 1 Eglise, de France, au sujet du formulaire et de la bulle Unigcnitus; il présenta a Benoit XIM l'acceptation du cardinal de Noailles.

En 1726, pendant son séjour à Rome, il avait été appelé è l'archevêché d'Auch, ce qui lui donnait le titre de primat de la Novempopulanie ; outre les abbayes, dont nous avons parlé, il possédait encore celles de Corbie, de Mouzon et de Régard. Revonu en France, il fut fait commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, dont il avait eu permission de porter les insignes dès 1728. Les dislino. tions littéraires ne lui manquèrent pas plus que les autres. En 1704, il avait remplacé Bossuet à l'Académie française; en 1715, il fut nommé membre honoraire de l'Académie des sciences, et, deux ans après, membre de celle des inscriptions el belleslettres. Il mourut à Paris le 20 novembre 1741, Agé de 80 ans. Diplomate distingué et érudil, le cardinal de Polignae était aussi homme du monde, et faisait les délices des sociétés choisies où il était recherché. Son discours de réception è l'Acadéiuio française fut remarqué, comme les discours latins qu'il avait prononcés à Rome, lorsqu'il prit possession de l'emploi d'auditeur de Rote, peu de temps après un tremblement de terre, qui avait ébranlé le dôme de Saint- Pierre, et jeté la consternation dans les esprits; ce terrible événemmt, el le calme religieux montré en celle occasion par Clément XI, furent retracés vivement et avec bonheur dans son discours. Mais le premier dès titres littéraires du cardiual do Polignae, c'est son Anti-Lucrèce, publié en 1745; cet ouvrage lui assure un rang distingué parmi les poêles latins modernes. Ce poëtue, tel que l'auteur l'a laissé {car la mort le surprit avant qu'il eût pu y mellre la dernière main;, «e compose de huit livres, comprenant

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