‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 299 sur 457 · QUI · texte numérisé non relu

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dans plusieurs ouvrages, notamment dans la seconde édition du traité de Claude Joli, De reformandii horis canonicif.

QCIR1NI ou QUERJNI (Jérôme, et en religion, Ange-Marie), hé, le 16 mars 1680, à Venise, d'une illustre famille, est un des érudits les plus distingués du xmr siècle. Son aïeul maternel , sou père et deux de ses frères furent procurateurs de Saint-Marc. Dès 1687, envoyé par sa famille, avec son frère aîné, au collège des Jésuites à Brcscia, il y passa neuf ans à étudier les humanités et la philosophie. L'élude était sa passion favorite ; il ne voulait rester étranger h aucune espèce de connaissances, et s'appliquait particulièrement à la langue française. L< s Jésuites firent de vains efforts pour agréger à leur Compagnie ce sujet d'élite ; mais il leur préféra un ordre qui convenait mieux h ses goûts, celui des Bénédictins de la congrégation du moniCassin. Entré, en novembre 1690, dans un monastère de cet ordre à Florence, malgré sa famille, qui, tenta de l'en détourner, il y fil profession le 1" janvier 1698. Dans une lettre latine, adressée, en i~kk, a Frérel, secrétaire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, après avoir rendu compte des études qu'il a faites à Florence dans sa jeunesse, il ajoute qu'y ayant été professeur, il y composa une harangue intitulée : Dr Mosaicoe historiée prœstantia, que fit imprimer son général Auge Ninci, « homme de mérite, » dit Lebeeu, « et qui ne croyait pas que l'ignorance fût une des vertus monastiques. » Outre la théologie, le jeune Quirini étudia le grec, l'hébreu, les mathématiques. Il ne s'instruisait pas seulement dans les livres; il recherchait avidement la société des littérateurs, des savants et des antiquaires. Ses amis le mettaient en rapport avec tous les étrangers instruits qui passaient à Florence. C'est cinsi qu'en 1700 il se lia avec Montfaucon, Bénédictin comme lui, lequel passa deux mois à Florence, et lui inspira le goût de l'érudition. Eu 1704, on le trouve au sein de sa famille à Venise. Il habitait toujours Florence ; ce qui ne l'empêchait pas de visiter les villes savantes de l'Italie. Il vint en France en 1710. Dans une lettre précédente, adressée au môme Fréret, il rend un compte détaillé du séjour qu'il fit dans ce royaume pendant les années 1711, 1712 et 1713. Il nous apprend que de ces trois années il en passa deux & l'abbaye de Saint-Germain ries Prés, chef-lieu des Bénédictins de Saint- Maur, et l'une des plus savantes académies de l'Europe. Il y parle des liaisons qu'il fit avec une foule de savants distingués; il les nomme, les peint d'après nature, fait l'éloge de leur caractère, de leurs mœurs, de leurs ouvrages, des lettres qu'il en a reçues. En mars 1713, il commença à s'éloigner de Paris, non pour quitter encore la France, mais parce qu'après avoir pleinement joui des richesses littéraires qu'il avait trouvées dans la capitale, il était bien aise, avant de repasser les Alpes, de connaître les trésors du même genre que nos provinces pouvaient

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lui offrir. C'est dans cet esprit qu'il parcourut d'abord la Normandie et la Bretagne, ensuite l'Anjou, la Touraino et l'Orléanais; de la la Champagne, la Picardie et les deux Bourgognes; qu'il voulut même voir Genêt*, berceau du calvinisme, et, après y avoir passé quelques jours chez l'envoyé de France, il se rendit à Avignon pour terminer sa course par la Provence et le Languedoc. Dans cette lettre on voit que rien d'utile ou de curieux n'échappait à ses regards; qu'il recherchait avec la même avidité les gens de lettres de toute condition, et les monuments de toute espèce. Ce mélange répand une grande variété dans la relation de son voyage, et l'on y trouve beaucoup d'anecdoles sur les personnes qu'il a connues et sur les affaires du temps. Il parcourut, suivant le môme système, l'Allemapne, iesPays-Bas, l'Angleterre.

On donnerait une énumération presque complète des hommes distingués alors dans les sciences et les lettres, s'il fallait nommer tous ceux qu'il connut soit en France, soit dans ces contrées. En Hollande, il connut Gronovius , Kuster , Quesncl, Jean Leclerc et Brigode; en Angleterre, Gilbert et Thomas Burnet , Bentley , Hudson , Hickès et Newton ; à Ulrechl, le savant légal Passionei, depuis cardinal ; à Leyde, Pénzonius, Jacques Bernard et Casimir Ondin; à Rotterdam, le ministre protestant Jnrieu (car tous les savants étaient ses amis; il se contentait de déplorer les erreurs de ceux qui n'appartenaient pas à sa crovance). A Anvers, il vit le savant associé de Bollundus, le P. Papebrock, et à Cambrai Féuulon , qui le reçut

bras ouverts. A Paris, chez ie cardinal d'Eslrées et chez d'Aguesseau, comme à Saint-Germain des Prés, il se trouva en rapport avec l'élite* des savants de cette capitale. Rentré dans sa patrie, il obtint l'amitié de Lamberlini , depuis Benoît XIV, et les bonnes grâces du Pape Clément VII. Toutefois, ce Pontife ne lui permit pas de donner nu public son Essai sur l histoire du célèbre monastère de Fut [e, situé dans le duché de Spolcle : les examinateurs y avaient trouvé certaines dispositions qui pouvaient compromettre les droits du Saint-Siège. Quirini publia alors une dissertation, un plan de l'histoire monastique de l'Italie, sous ce titre : De monuslica Jlalia historia eonscri' benda dissertatio ; Rome , 1707 , in-k* ; puis une édition des livres de l'Office divin, e l'usage de l'Eglise grecque, intitulés : Ojficium quadragesimale Grœcorum, ad fidem codicis Barberini, cum tersione Latina, tt diatribis ; Rouie. 1721 , in-fc* ; mais le premier volume seul parut, do nouvelles ^difficultés étant venues interrompre la publication. Après d'autres travaux dédiés a Inuocenl XIII, et approuvés par lui, il reçut do ce Ponlilo l'archevêché de Corfou. Ses amis lo plaignaient d'une telle destination; il ne songea qu'a la bien remplir, et, après avoir été passer deux mois à Venise, «j* sein de sa famille, il alla s'embarquer » Otranie , et prit possessiou de son siège en

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