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juin 1124. Les magistrats s'empressèrent de loi accorder les préséances et les privilèges
au'ils avaient disputés h ses devanciers, et sut également se concilier l'attention des Grecs schismaiiques. Comme chez lui la prière ne pouvait pas marcher sans l'élude, il se mit à composer son livre : Primordia C or cy ne ex antiquissimis manumenlis illustrât u; Lecce, 1725, i n-4" ; adaucla Brescia, 1738, in- 4* : on y joint : Appendix de nominibus Corcyras, Rome, 1742, in-4\en réponse aux objections de Mnzzochi , sur l'origine des anciens noms de Corfou. En 1726, il se rendit h Home ; déjà il avait été nommé abbé du monastère où il avait fait ses vœux , et consulteur du Saint-Office ; en 1727, après avoir mis au jour son Euckiridion Grœcorum, h l'usage de ses diocésains, dédié a Benoît XIII, et publié è Bénévent, pendant le séjour qu'y ht ce Pontife, eo 1727, m-4\ il Tut déclaré cardinal par le même Benoît XIII, qui lui destinait celte dignité dès 172G, et qui l'avait alors uommé évêquu de Hresr ia. En 1730, Clément XII , successeur de Benoît XIII, voulant avoir le cardinal auprès de sa personne, le nomma bibliothécaire du Vatican. La désolation se répandit à Brescia , qui craignait de perdre un prélat si bienfaisant. Celui-ci concilia tout : il rassura ses diocésains, promit de ne pas les quitter; en effet, il passait neuf mois de I année au milieu d'eux , et les autres trois mois à Home. En son absence , il se faisait remplncor; son dernier suppléant fut le cardinal Passionei. En môme temps qu'il enriehissait de sa propre bibliothèque le vaste dépôt confié à ses soins, il faisait don à la ville de Brescia d'uno autre bibliothèque, qu'il rendit publique et pour l'entretien de laquelle il fonda des revenus. Tel était le noble usage qu'il faisait de sa fortune ; et encore la meilleure portion était pour les pauvres. Voulant faire honneur à son second diocèse par quelques ouvrages qui le concernassent , comme il avait fait dans le premier, il lit travailler et travailla lui-même a une édition des ouvrages do quelques saints évéques de Brescia, sous ce titre: Veterum Brixiœ episeoporum sancti Philastri et sancti Gaudmtii opéra ; n'o non beati Ramper li et venerabtlis Aldemanni oputcuta, nunc primum in unttm collecta', ad reteres manuscripio> colluta , notis aliisque additionibu» illustrata et aucta : predeunt justu eminentit- $imi ne reverendissimi Angeli-Mariœ cardinalis Quirini, Brixiœ episcopi, et aposlolicœ êeéit bibliolhecarii ; Bresci.i, 1738, in-fot. || publia aussi Spécimen varia lilteraturœ quœin ttrbe Brixia ejueque ditione paulo poêt typographiœ incunabula fîorebat, etc.; Brescia, 1739, in-4\ précieux morceau d'histoire littéraire. Lorsqu'à Mail s'ouvrir le conclave de 1740, les cardinaux auxquels il montrait sa collection de médailles, I ayant évaluée è 180,000 francs, il eu Ht don h la bibliothèque du Vatican, disant qu'il ne lui appartenait pas de posséder un pareil trésor au milieu des pauvres. Sa réputation le lit associer à toutes les sociétés savantes de l'Eu-
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rope ; c'osl après qu'il eut été nommé a celle des inscriptions et belles-lettres de Paris qu'il écrivit la première lettre dont nous avons perlé. Voltaire, qui entra en correspondance avec lui dès 1744, lui adressa la Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne, qui précéda Sihnirainisl représentée en 1748 : • Il était digne, * disait Voltaire, « d'un génie tel que le vôtre, et d'un homme qui est à la tète de la plus ancienne bibliothèque de l'Europe, de se donner tout entier
aux lettres Mais si tous les lettrés vous
doivent de la reconnaissance, jo vous en dois plus qu'aucun autre, à vous qui avez traduit en si beaux vers latins une partie de la (lenriado et le Poème de Fontenoy. * Ce savant cardinal fui emporté par une attaque d'apoplexie, au milieu de ses fonctions épiscopales, à Brescia, le 0 janvier 1755; il était dans la 75* année de son âge. Dans sa jeunesse, se croyant attaqué de la piorre.il alla, pour consulter, a Florence, Laurent Bettini, le célèbre anoiomisle, et son ami ; mais celui-ci expirait en ce moment même des suites d'uu régime qu'il s'était imposé pour se guérir d'un mal imaginaire. Dès lors Quirini n'eut plus recours à la médecine. Nul n'a rendu plus de services à ceux qui se consacraient aux travaux littéraires. Plein de prévenances, aimant è obliger, il était toujours prêt à compulser les manuscrits, à recueillir les notes dont on avait besoin, sans faire acception de personnes ou de cru vances; car il était très-tolérant, en même temps que ferme défenseur de la sainte Eglise romaine. Voltaire exprimait le vœu qu'on publiât une collection complète de ses Œuvre* » ce vœu n'a pas été rempli. Ces œuvres son! trop nombreuses pour que nous en fassions ici l'énumératiou ; outre celles qui sont mentionnées plus haut , nous donnerons seulement tes titres des suivantes >
I. Anitnadversione* ih prapositionem tucetimam primam libri vil Euclidis, cum nova démonstration, et demonstralionum algebri* carum specimin», Brescia, 1738, in-4%
II. Edition des Oliuvres de S.iint-Ephrem, en syriaque, eu grec et eu latin, imp. du Vatican, 1732 â 1746. 6 vol. in-fol. III. Diairiba praliminuris ad Franoisci Barbari et aliorun ad ipsum epistotas, Bresoia, 1741, in-4'— Fr. Barbari getta et epistola, Brescia, 1743, in-4*. IV. Pauli II ri ta, où il dérend ce ponlife contre les attaques de Platine. V. Drcas Epistolarum quas , desumptis plerumque carum argumenlis ex Vatican* bibltothecœ manuscriptis , ad eatn lustrandam de more quotannis Brixiam accedens , solivagas ante miserai ejusdem prœfectus S. R. E. tardinnlis bibliothecarius. Home, 1743, in-4\ — Différents autres recueils desos lettres ont encore été publiés, tant un latin qu'en italien ; nous en avons mentionné en parlant d'autres cardinaux, et notamment a l'article du cardinal Pôle. VI. Diatriba qua epistolœ hujus volumlnis recensenlur, loeaque illaprœitrtim proferunlur, ex quibu* enitescat Romance Ecclesiay ea atate conspeclus, indeque conslet injuste ab cadem sectarios d<fecisse, Brescia, 1745,
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ïn-*>'. C'est une dissertation qui précède te second rolume des lot 1res du cardinal Pôle.
VII. imago optimi pontiffci» , expressa in uestis Paufi M, quai il rr exhibentur in Réginuldi Poli epistolis, Brescia, 17V5. in î\
VIII. D«-s lettres pastorales, des pièces fngitiv. s, etc. Cet illustre canlinnl a écrit luimême sa Vie sous ce titre : Commentarius de rebut periinentibu* ad Angetum Mariant Quirinum, S. R. E. cardinal em. B-esn'fl, 17W, 2 roi. in-8*; cum appendice, 1750. Ces mémoires conduisent le lecteur jusqu'en 17fc0. On en trouve le complément dans les ouvrages suivants : Vicennalia Brixiensia Emin, cardinafis Ang. M. Quirini, celebrata in academia, Gotlingenti, Gottingue, 1748, in-8*. — Lrttera inlorno alla morte del card Quirini, Brescia, 1759, In 8*. Léman, secrétaire de l'Académie des inscriptions et helles-letlres, lut l'éloge du cardinal dans l'assemblée publique de celte académie, tenue après Pâques 175G.Aux termes deson testament, le cardinal léguait le quart de ses biens pour achever la construction de l'église catholique de Berlin.
Ou lira avec plaisir ce qu'a écrit sur le cardinal Quirini M. de Bausset daits son Histoire de Fénelon. Rous lui empruntons la lin do cet article.
« Le cardinal Quirini avait plus d'un rapport avec le canlinnl Sadolet , si connu dons le xvi' siècle. L'un et l'aulro furent chéris e! respectés de leurs contemporains par leur goût pour les sciences et les lettres, par leur a : lâchement si ncère à l'Eglise, dont ils étaient les principaux ornements, par la douceur, l'indulgence et la charité qu'ils montraient a ceux même dont ils combattaient les erreurs. L'un et l'autre séparaient les personnes des opinions, et possédaient le talent d'adoucir fa controverse sons en affaiblir la force. Les auteurs protestants ont comblé d'éloges le cardinal Quirini, comme les auteurs luthériens ne cessèrent de vanter la douceur, la modération, l'urbanité du cardinal Sadolet. Le cardinal Quirini, encore «impie religieux, voulut parcourir toute l'Europe pour connaître lui-même tous les savants distingués de son temps. Il possédait à fond les ouvrages de tous les écrivains célèbres qui vivaient alors, et il voulait les entretenir pour s'initier au secret des travaux dont ils s'occu|vaienl, avant môme que le public pût les apprécier et les juger. Il quitta l'Italie dont il avait conquis par sa vaste érudition tous les trésors et toutes les richesses, et il visita l'Allemagne, la Suisse, la Hollande, l'Angleterre et la France. Il s'arrêtait partout ou il avait un homme célèbre à entn tenir ou un manuscrit précieux à consulter; il se croyait récompensé de tant de soins et de peines par le bonheur d'avoir acquis un ami de plus, ou d'avoir bol une découverte utile à la roligion et aux lettres.
« On peut bien penser qu'un homme qui mettait un empressement si estimable à connaître tout ce qui méritait d"ôlre connu, désirait passionétuent de voir Fénelon. Nous avons dit que le cardinal Quirini avait beaucoup de conformité avec le cardinal SadoJel,
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dont lu mémoire était encore chère à tout les amis de la vertu et des lettres. Nous pou. vons ajouter que la même conformité » retrouvait entre Fénelon et le cardinal Quirini, par les grâces de lei r esprit, l'adMont do leurs mœurs et cette douceur inaltérable qui leur conciliait les suffrages des adversaires n êmes de l'Eglise romaine. L* cardinal Quirini a consigné dans la relation rie ses voyages les plus petits détails dw m rapports avec Fénelon : lant il attachait et prix aux témoignages d'estime et d'affection qu'il reçut de l'archevêque d«» Ciimhrai.
« Je regardais, » dit-il, • Cambrai comme « le prim ipal but de tous mes voyages eu « France; je no craindrai pas même d'a- « vouer que c'était vers ce seul poi»t,ou « plutôt vers le célèbre Fénelon, que j'étais
• alors si vivement attiré dans un royaume « que j'avais déjà parcouru. Avec quelle « sensibilité, avec quel attendrissement je « me rappelle encore la douce et tendre faa miliarilé avec laquelle ce grand honinw « daignait m'entrelenir, et recherchait même
• mou entretien , quoiiiue son palais lût « alors rempli d'une foule do généraux Iran-
■ çais et d'officiers en chef envers lesquels « il remplissait tous les soins de la plus m*<
• gnique et de la plus généreuse hospihlité.
■ J'ai encore présentes à ma pensée toutes « les graves et importantes réflexions qui € faisaient le sujet de nos entretiens et de
■ nos discussions; mon oreille recueillait « avec avidité toutes les paroles qui sor-
• laient de la bouche de Fénelon; «s M-
• Ires sont encore sous mes yeux, et ailes-
■ tout la pureté de ses sentiments cl lasaf gesse de ses principes ; je les cons. ne « parmi mes papiers comme le trésor le plus « précieux que j'aie au monde. Il sulBt de « lire celles qu'il m'écrivit pendant mou m séjour à Paris ou en Italio, pour rwnntul- « Ire quel fut son amour pour l'Eglise et « son zèle contre les nouvelles doctrines. *
« Le cardinal Quirini rapporte ensuite quelques fragments de ces lettres qui ue démentent imint l'opinion qu'il en donne uilo (irix qu'il y attachait.
• Etant à Versailles, écrit le cardinal Quirini, lo hasard me mit à portée de lire a un ministre une lettre que je venais de recevoir de Fénelon. Le bruit s'en répandit i k cour, et tout le monde s'empressa de m'en demander des copies, tant était grande la vénération qu'avaient conservée pour ce prélat les premiers personnages d'une cour où on n'osait plus prononcer son nom en public, depuis qu*3 la publication du TéUtnaque, des Dialogues des morts , cl l'affaiia du quiétisme avaient excité contre lui de si violentes tempêtes.
« Le cardinal Quirini n'a pas même craint de rapporter avec la [dus louchante candeur quelques lettres de Fénelon , où l'arche'** quo de Cambrai se joue avec autant de délicatesse que de grâce du penchant peut-lire excessif qui l'entraînait vers des études et des connaissant es plus propres è nourrir la vanité humaine, qu'à entretenir dans ufl
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