‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 303 sur 457 · RIC · texte numérisé non relu

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qu'il moolra toujours un grand zèle pour la espérance de pouvoir donner des bornes a religion, qu'il s'attacha à en concilier les * sa grandeur. ■ C'est le môme maréchal d'Ei-

1>ratiques avec ses occupations multipliées. * trées qui, commandant l'armée française à I communiait chaque dimanche, et disait la Trêves, et apprenant qu'un de ses lieutenants Messe aux grandes fêtes. Ce ministre est venait de recevoir de la cour des dépêches, incontestablement le plus grand qu'ait eu la Quitta précipitamment ses troupes pour s'en- France ; il eut des vues étendues, elen pour- fuir en Allemagne. Louis XIII, qui lui écrivit, suivit l'exécution avec une persévérance, une eut toutes les peines du monde à le rassurer, fermeté inébranlables ; il affranchit entière- et à le faire revenir : telle était la terreur rément le pouvoir royal, et il fut facile à Louis XIV de gouverner après lui. Montesquieu dit avec une grande justesse : « Richelieu fit jouer à son monarque le second rôle dans la monarchie, elle premier dans l'Euro*

Eb; il avilit le roi, mais il illustra le règne. » 'éternel honneur do Louis XIII est d'avoir

su apprécier son ministre, de l'avoirsoutenu conire tant d'attaques, et de l'avoir conservé

pandue par le cardinal. Rien n'indique que ce dernier ait su mauvais gré au maréchal d'avoir eu si peur.

Jugements dicert »ur Richelieu. — « Déjà, pour l'honneur do Ia France, élail entré dans l'administration des affaires un homme (Richelieu) plus grand par son esprit et par ses vertus, que par ses dignités et par sa fortune; toujours employé, et toujours au-dessus de

Il faut dire cependant que le grand homme se ses emplois ; capable de régler le présent, et

montra implacable, qu'il exerça des vengeances personnelles sous le prétexte des intérêts de l'Etat.

Quoique médiocrement lettré, il aimait et favorisait les lellres et ceux qui les cultivaient. En 1635, il fonda l'Académie fran-' çaise. On lui doit des établissements utiles; il construisit le collège duPlessis, répara la Sorbonne et en rebâtit l'église, agrandit l'imprimerie royale» fonda le Jardin du roi. On voit son mausolée dans l'église de la Sorbonne. Le czar Pierre, en l'apercovant, embrassa, dit-on, sa statue en s'écriant: «Grand homme, que n'es-tu vivant I Je l'aurais donné la moitié de mes Etals, pour apprendre de toi h gouverner l'autre.»

Voici comment Richelieu est jugé par un de ses contemporains, le maréchal d'Estrées: • La charge de secrétaire d'Etat de la guerre fut donnée à M. de Luçon, depuis cardinal de Richelieu, que la fortune conduisait par des chemins peu ordioaires à ceux de sa profession ; car bien que, dans les derniers siècles , les évêques eussent beaucoup de part dans les affaires, et particulièrement dans (es négociations au dedans et au dehors du royaume, il était pourlaul sans exemple d'en voir un dans la charge de secrétaire d'Etat, dont les principales fonctions regardaient les affaires de la guerre. Cependant, comme c'était un génie fort élevé, il sut habilement se servir des moyens que les occasions lui donnaient de monter au premier rang , et de parvenir à la grande puissance

3ue l'oo avait eu raison de prévoir a cause e ses grandes qualités. En effet, il ne fut pas longtemps dans cet emploi, sans ôlre considéré comme un homme rare, d'un mérite extraordinaire, et qui donna bientôt de la jalousie au maréchal d'Ancre. La suite a fait connaître qu'on ne s'était pas trompé dans ces jugements, et qu'ayant entrepris deux choses qui n'avaient pas été jugées possibles par ceux qui l'avaient précédé dans le ministère, il a même surpassé toutes les espérances, ayant détruit si facilement la

de prévoir l'avenir; d'assurer les bons événements, et de réparer les mauvais; vaste dans ses desseins, pénétrant dans ses conseils, juste dans ses choix, heureux dans ses entreprises, et, pour tout dire en peu dn mot«, rempli de ces dons excellents que Dieu fait à certaines âmes qu'il a créées pour être maîtresses des autres, et pour faire mouvoir ces ressorts dont sa providence se sert pour éléver ou pour abattre, selon ses décrets éternels, la fortune des rois et des royaumes. » (Fléchibr, Orait. funèbre».)

« Si l'on s'obstine à admirer Louis XI pour avoir abattu les grands vassaux et étendu les prérogatives de la royauté, je répondrai qu'il est un homme dont la gloire en ce genre a fait disparaître celle de Louis XI. Cet homme est Richelieu. En effet, l'orgueil des seigneurs féodaux ne fut pas tellement humilié par Louis XI, qu'il ne troublât longtemps la France après lui. Richelieu seul airermit le trône sur les débris de l'anarchie féodale. Mais que sa marche est plu« grande et plus imposante I Comme ses moyens sont plus hardis, ses ressources plus fécondes, et ses coups plus assurés 1 II no craint point d'annoncer sa vengeance avant de frapper ses victimes. Ses artifices mêmes ont quelque chose de grand qui suppose le courage.

« D'ailleurs Richelieu, qu'un seul coup d'œil peut précipiter au fond des cachots où il plonge ses ennemis, nous intéresse comme un homme fort et courageux qui se livre a tous les dangers, et se conûe à sa fortune. Sa vie est un combat perpétuel ; toutes le* scènes eu sont animées, el tous les tableaux en contraste. Il est forcé de combattre à la fois la puissance de ses nombreux ennemis et la faiblesse de son maître-: toujours près de sa chuteen préparant celle des autres, il a besoin d'être courtisan même quand fl est roi. — Ce mélange de souplesse et d'audace» ces dangers qu'il éprouve, et cette terreur qu'il inspire sans la ressentir, l'énergie de son âme qui résiste aux souffrances d'un corps usé par le travail et par les maladies.

faction huguenote, et attaqué avec tant de , celte ambition qui ne trouve aucune gloire hardiesse et de succès cette orgueilleuse au-dessus ni au-dessous d'elle-même; tout puissance d'Espagne, qui donnait de la ter- dans Richelieu imprime i'élonnement, ou repr à toute l'Europe* et ne laissait aucune commande l'admiration. »(Da Fost&.v.ks4

« Je considère le cardinal comme un des littérateurs les plus renommés de cette épo-

?jne, avec un jugement que la passion ne ait pencher ni d'un côté ni d'un autre, et ie le vois des mêmes yeux dont la postérité le verra. Lorsque, dans deux cents ans, ceux qui viendront après nous liront en notre histoire que le cardinal de Richelieu a démoli la Rochelle et abattu l'hérésie, et que pnr un seul traité, comme par un coup de rets, il a pris trente è quarante de ces villes pour une fois; lorsqu'ils apprendront que, du temps de son ministère, les Anglnis ont été battus et chassés, Pignerol conquis. Casai secouru, toute la Lorraine réunie à celle couronne , la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir, les Espagnols défaits à Viellanni et à Avein,el qu'ils verront que, tant qu'il a présidé à nos affaires, la France n'a pas eu un voisin sur lequel elle n'ait gagné des places ou des batailles, s'ils ont quelques gouttes de sang français dans les veines, et quelque amour pour la gloire de leur pays, pourront-ils lire ces choses sans s'affectionner à lui; et, è votre avis , il'aimeraient-ils ou l'estimeraient-ils moins, à cause que de son temps les renies de l'hôtel de ville se sont payées un peu plus tard, ou que l'on aura mis quelques nouveaux officiers dans la chambre des comptes?» (Voiture, Lellret.)

« La reine et quelques particuliers qui avaient senti les rudes effets des cruelles maximes de ce ministre, avaient sujet d'avoir de la haine contre lui. Hais, outre qu'il était aimé de ses amis, parce qu'il les considérait beaucoup, l'envie certainementét'iit )a seule qui pût avoir part h la haine publique, puisque en effet il ne la méritait pas; et malgré ses défauts el la raisonnable aversion do la reine, on doit dire de lui qu'il a été le premier homme de son temps, et que les siècies passés n'ont rien pour le surpasser. Il avait la maxime des illustres tyrans, il réglait ses desseins , ses pensées el ses résolutions sur la raison d'Etat et sur le bien public, qu'il ne considérait qu'autant que ce môme bien public augmentai! l'autorité du roi et ses trésors. La vie et la mort des hommes ne le touchaient que selon les intérêts de sa grandeur et de sa fortune, dont il croyait que celle de l'Etat dépendait entièrement. Sous ce prétexte de conserver l'un par l'autre, il ne faisait pas difficulté de sacrifier toutes choses pour sa conservation particulière, et, quoiqu'il ail écrit la Fie du Chrétien, il était néanmoins bien éloigné des maximes évangéliques. Ses ennemis se sont mal trouvés de ce qu'il ne les a pas suivies, et la France en a beaucoup profité, pareille en cela è ces enfants heureux qui jouissent ici-bas d'une bonne fortune, où leurs pères ont travaillé, en se procurant peut-être à eux-mêmes un malheur éternel. Ce n'est pas que je veuille faire un mauvais jugement de ce grand homme ; il faut avouer qu'il a recule les bornes de la France, et, par la paix de la Rochelle, diminué les forces de I hérésie, qui ne laissaient pas d'être encore

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considérables dans toutes les provinces où les restes des guerres passées les faisaient subsister. Sa grande attention a découvrir les cabales qui se faisaient dans la cour, et sa diligence à les étouffer dans le commencement, lui a fait maintenir le royaume. C'est enfin le premier favori qui a eu le courage d'abaisser la puissance des princes et des grands, si dommageable a celle de nos rois, el qui, peut-être dans le désir de gouverner seul, a toujours détruit ce qui entravait l'autorité royale, et perdu ceux qui pouvaient l'éloigner de la faveur par leurs mauvais offices. (M"" de Mottevilli, Mémoires.)

« Riche lieu avait d'un trop ferme courage attaqué et comprimé des intérêts et des passions hostiles au bien public, humilié el forcé au silence des vanités envieuses, pour que, lui mort, il n'y eût pas contre sa mémoire une furieuse réaction. Ce fut alors un incroyable débordement de haine et d'injures sur sou tombeau. Une foule de gens de lettres prodiguèrent sous toutes les formes l'insulte à celui qui, plus qu'aucun des puissants du monde,avait compris el rehaussé la valeurde l'homme de lettres, et avaiteotublé de ses dons les poètes. Plus de deut cents pièces de vers nous sont parvenues, où le caractère, les mœurs, la vie privée du cardinal étaient voués a l'infamie. L'Académie française lui resta fidèle. Quant au peuple qui méconnaît si facilement eenx qui l'ont vraiment servi, il prit plaisir pendant quelque temps à poursuivre de ses clameurs le nom du grand homme.... De nos jours quelques voix chagrines s'élèvent encore pour prolester contra une admiration de deux siècles, et remettre en question ce grand nom de Richelieu. « Cet homme, t disent-elles, « façonna son pays au plus dur « despotisme, el il masqua du voile de l'inlé- « rêl public les passions d'une âme viwlicaa tive et cruelle. «Faire un* crime à Richelieu du sa dictature, c'est ne lui tenir compte ni des temps ni des situations. Richelieu n'était

fias le citoyen d'une république, mais bien e ministre d'une monarchie absolue. En gouvernant d'une main vigoureuse et quinriasit toute résistance, il ne faussait pas les lois fondamentales do pays; il les raffermissait au contraire. Sans doute l'idée ne lui vint pas de donner au peuple la liberté ;^ le peuple n'y aspirait pas encore, et il n'en aurait su que faire*; mais plus qu'aucun homme d'Etat avant el depuis son époque, il voulut l'égalité dans l'obéissance, l'égalité devant le souverain. A aocun prix, il ne toléra qu'au-dessus du niveau commun, il 7 eût des gentilshommes et des grands seigneurs libres d'agiter le pays et de ruiner ( leur fantaisie la puissance et la fortune publiques. Mettre dans l'Etat l'unité de pov* voir à la place de l'anarchie féodale, et faire passer dans les mœurs, au lieu de l'impunité privilégiée de quelques-uns, la soumisse0 de lous à la loi, ce n'était pas certes fonder le despotisme; c'était l'œuvre d'un omu génie et d'un grand citoyen, c'était nrép*""" 1 avènement du droit national dont la liberté

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