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l'Autriche [1634 el années suivantes], il attaqua celle puissance dans toutes ses possessions a la fois, dirigea des armées en Alsace, dans les Pays-Bas, en Italie et en Catalogne, obtint partout des succès, et prépara la suprématie de la France, qu'assurèrent, après sa mort, les traités de Westphaîie [16481 et des Pyrénées [1659]. Mais ce
Î|ui coûta le plus de peine à Richelieu, ce urenl ses luttes contre les grands. Il eut a déjouer mille cabales, et compta parmi ses principaux adversaires la reine mère, Marie de Médicls, jalouse de l'ascendant qu'il avait pris sur le roi ; la reine régnante, Anne d'Autriche; le frère du roi , Gaston d'Orléans ; le duc de Bouillon, le comte de Soissons, tous h>s favoris du roi, el bien d'autres. No pouvant réussir auprès de Louis XIII, les grands cherchèrent un appui chez l'étranger, et «citèrent plusieurs révoltes. Toujours instruit de leurs complots, le cardinal sut les faire tous échouer. En 1631, il exila è Bruxelles la reine mère, la veuve de Henri IV, qui alla mourir à Cologne, pauvre et délaissée; plusieurs fois il réduisit à la soumission Gaston d'Orléans
3 ni avait été jusqu'à prendre les armes; fit périr sur l'échafaud le duc de Montmorency, qui avait trempé dans la révolte du prince,livra au comle de Soissons [1641] la bataille delà Marfie, où ce seigneur trouva la mort; et fit trancher la tête, eu 1642, à Cinq-Mars, favori du roi et au jeune de Thou, accusés de traiter avec l'Espagne. C'est lui qui suscita les Catalans et les Portugais à secouer le joug de la domination espagnole; mais les derniers seulement, après la révolution de 1640, conservèrent leur indépendance sous les princes de Bragance. Il ne demeura pas non plus étrange! aui commencements de la révolution d'Angleterre , ne pensant pas qu'elle dût avoir pour Charles 1" une tin si tragique. Pendant que Richelieu poursuivit la guerre contre les Espagnols, il tomba malade a Narbonne. De là il se fit conduire à Tarascon où, se sentant fort mal, il fit son testament. Il dirigeait toujours les affaires. Le roi, quoique malade lui-même, alla le voir, puis se rendit à Lyon. Le cardinal l'y suivit, couché dans une espèce de chambre que portaient dix-huit de ses gardes, marchant tête nue. Une brèche était pratiquée aux murailles des villes, pour livrer passage à cette machiue, quand la dimension des portes s'y refusait.
Le roi ayant quitté Lyon, Richelieu voulut y rester pour diriger la procédure commencée contre Cinq-Mars et de Thou, exciter la sévérité des juges et n'en partir qu'après leur supplice. En même temps que leurs têtes tombaient, Perpignan ouvrait ses portes aux Français, et Richelieu commençait ainsi une lettre adressée au roi : « Sire, vos ennemis sont morts, el vos armes sont dans Perpignan. » 11 fut transporté à Paris è l'état
(15) M. Walkenaer et 11. Cousin surtout croient contraire, «'attache à le jusuûer.
de cadarre, mais l'énergie lui restait encore. Sentant sa fin approcher, il articula d'une voix ferme ses adieux au roi, ajoutant qu'il était heureux de laisser le royaume au comble de la gloire. Il recommanda Mazarin et lesautres ministres, envisageant la mort avec calme et sérénité. On prétend qu'à ceux qui lui demandaient s'il pardonnait à ses ennemis, il répondit : • Je n'ai d'ennemis que ceux de l'Etat. » Quand on lui apporta le viatique, qu'il avait demandé : « Voilà mon Seigneur et mon Dieu, s'écria-l-il ; je proleste devant lui que, dans tout ce que j'ai entrepris, je n'ai jamais eu en vue que le bien de la religion et de l'Etat. » Plusieurs des assistants étaient édifiés de celte pi été tranquille; L»uis XIII, qui allait le suivre dans la tombe, dit seulement :< Voilà un grbnd polilique de moins. »
Le cardinal termina sa glorieuse carrière dans son palais, à Paris, le 4 décembre 1642. Il était dans la 58* année de sou âge et la 18* de son ministère. Ses funérailles furent célébrées avec la magnificence qu'il avait recber- •chéedeson vivant. Le roi, qui était un de ses légataires, n'accepta que deux millions, et le Palais-Cardinal (aujourd'hui Palais- Royal) que Richelieu avait fait construire. Il dépensait, chaque année, plus de quatre millions; tout n'était pas pris sur l'Etal; il possédait un grand nombre de riches abbayes, celles de Cluny, de Ctleaui, de Prémoniré, de Mont-àlajour-lez-Arles, de Fleury.de Saint-Médsrd de Soissons, de Saint-Riquier, de Charoux.de la Chaise-Dieu, de Signi, etc. Si sa maison déployait un faste royal, il y régnait le plus grand ordre, auquel il ne dédaignait pas de présider lui-même. On lui a reproché son alliance avec les princes protestants : chez lui, l'homme d'Etat, le premier ministre effaçait le prince de l'Eglise. Il no fit en cela que suivre les traces de François 1" et de Henri IV. Encore François 1** s'allia-t-il de plus avec les Turcs contre Charles-Quint, défenseur de. la religion catholique, alors que co petit-fils du roi Ferdinand avait sur les bras Me luthéranisme qui menaçait d'envahir toute l'Allemagne.
S'il répandit quelques gouttes d'un sang généreux, il en épargna des flots qui n'eussent pas manqué de couler sous un prince faible el irrésolu, entouré de seigneurs puissants et turbulents, qui se croyaient aussi maîtres que le roi, dans un temps où fermentaient encore les passions des guerres religieuses ; et on sait ce que ces guerres ont coûté à l'Allemagne et à la France sous les fils de Henri II. Il faut lui tenir compte des immenses difficultés qu'il eut à surmonter, et d'avoir préservé son pays de l'anarchie. Quant aux accusations portées contre ses mœurs, elles sont trop vagues pour qu'on doive s'y arrêter, elil est permis de les repousser. Une des conditions de la grandeur est d'être plus exposé a la malveillance et à la calomnie (15). Ce qui est constant, c'est
ci à la culpabilité de Richelieu. M. de Carné, aa
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