‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 310 sur 457 · ROM · texte numérisé non relu

ROM

• luï-même(19) n'était pas incommensurable. • Il en fui une qui dépassa l'imaçinalion

« même, et dont aucun savant de I Europe « moderne ne pourrait déterminer les li-

• mites, celle de l'étonnant Origène, appelé « par l'antiquité tôle de diamant, prodige « d'érudition, et l'un des plus beaux esprns « qui aient illustré la religion. Profond dans m tous les genres de connaissances, versé « dios tous les dialectes de l'idiome grec, « de l'hébreu, du cbaldéen et de toutes les « langues orientales, il avait l'avantage d'ac voir lu les Œuvres volumineuses desphi- « losophes grecs de toutes les écoles, Œuvres c maintenant perdues et dont il nous reste & « peine les noms*, il était égalemenl instruit

■ de tout ce que renfermaient les livres > égyptiens et persans .

« Dans sa soif de savoir, il s'était initié aux

■ mystères des mages, et, dictant à six se- < crélaires.il répandait à flots les fruits de sa « science. Origène était d'ailleurs (ils d'un « martyr; il eut des philosophes, des saints, « des martyrs pour disciples, et son apologie « a été écrite par l'un d eux, sainl Grégoire « le Thaumaturge.

« Eh bien 1 ce grand génie qui en finit avec « les sophistes de son temps, on pourrait « ajouter avec les encyclopédistes modernes, « puisque ceux-ci n'ont t'ait que reproduire « les arguments de Celse, profondément et « hrillammenl réfutés par Origène; ce grand m homme, dis-ie, nui, tionconlenld'avoircoin-

• menté tous les livres de la Bible, imagina l< s « Hexaples, l'un des monuments les plus pré- « cieux de la science des Ecritures ; ce môme « homme devint alors, selon saint Augustin, m le promoteur principal des erreurs de 10-

* rient, l'instrument le plus dangereux delà « propagation des hérésies. A la vue de ce « déplorablo exemple de la fragilité uumoi- « ne, on ne doit pas trouver étrange que je

■ me permette de dépeindre Bossuel, malgré

* tout son génie, comme l'instrument aveu- « gle du despotisme de Louis XIV, et de

■ voir, dans les doctrines auxquelles il prêta

• l'appui de son influence, la principale

■ cause de l'abaissement de I Eglisede Frant ce. Oui, ce fut malheureusement Bossuel

■ qui, pliant le genou devant cet impérieux f monarque, traîna l'Eglise gallicane à sa i ruine et qui, en la livrant à la discrétion i du gouvernement temporel, lui lit la plus i terrible blessure qu'eût pu désirer un ennemi acharné et formidable. Bossuel, quoi

(19) Alphonse Tostat, docteur de Salamanque, usuiteévèque d'Avila, parut avec éclat au concile c Baie, et mourut en 1534, a 40 ans, laissant une rodigieuse quantité d'ouvrages.

(20; Le mot est de Voltaire.

Bossoel était ntorl quelques années avant le ref de Clément XI, auquel fait allusion Mgrl'cvêque es Canaries; mais, avant de fermer lesyeus, il pprit quelles conséquences le gallicanisme de* inaistraih prétendait tirer du gallicanisme des évéques. e cttaucelter de Poutcharirain voulut le sou meure, it Bossuel, à l'examen, & l'approbation des tkéoloi en* de l'État pour ses écrits, pour ses Instructions uivrales, ses Mandements, pour les décrets, or-

ROM un

« qu'en disent ses apologistes, timide par «caractdw, n'eut jamais une résolution « ferme de s'opposer au gouvernement ; il se « mit plutôt du côté de I» cour, et appuya de c son autorité les prétentions , les nouveau- « tés funestes des nommes de l'Elat.

« Sous prétexte de la protection parlicu- « lière donnée à l'Eglise par la couronne , « protection singulièrement exagérée d'ail-

* leurs, les mis de France s'approprièrent « le droit de convoquer les assemblées du « clergé, de flxer les limites de l'autorité « pontificale, de faire enregistrer les bulles « au parlement, d'en appeler au futur con- « cile général, de revoir les procès des tri- « bunaux ecclésiastiques , de conférer des « bénéfices sans l'intervention de l'ordinaire, « d'entreprendre des réformes ecclésiastiques sans l'autorité du Saint -Siège. En « vain l'Eglise do Hongrie, celle d'Espagne « et quelques autres non moins respectables, « signalèrent le scandale de ces funestes « opinions; en vain les protestants se ré- » jouirent, et l'Angleterre se flatta que lo « moment était venu où l'Eglise de France « allait se séparer du centre de l'unité; en « vain les écrivains impies, se moquant de « l'Eglise, disaient que le roi pourrait en a France substituer À volonté le Coran à l*E- « vangile (20); sourds à la clameur uni verci selle et prosternés devant l'idote du trône, « les gallicans s'obslinaient et propageaient « de plus en plus, au sein des populations « chrétiennes, leurs maximes destructives do « l'indépendance de la puissance spirituelle. « Une voix plus auguste et pleine d'autorité c résonne a leurs oreilles; Clément XI aver» « lit Louis XIV que les nouveautés du 1G82 « feront plus de mal au pouvoir royal qu'au « Saint-Siège; cela même ne leur ouvre pas c les yeux (21). Les prétentions de la cour de- < viennent chaque jour plus exorbitantes; « enfin les parlements exercent violemment « leur tyrannie. C'était sans doute un aver- « tissemenl du Dieu pour secouer de leur

• léthargie les Catholiques fauteurs du gallic canisme; mais rien ne peut ni les éclairer « ni leur rendre l'énergie chrétienne, aveu- « glés qu'ils sont par l'érlat que jette sur « leur doctrine le nom de l'évéque de aleaux. « Quelle hoole pour sa gloire 1

« Au lieu de se mettre à la tête de l'Eglise, « comme le demandaient sa haute position c et l'élévation de son talent, au lieu d'em- « ployer son éloquence enchanteresse et Pé-

donnances, censures, statuts de son autorité épistopale. Je n'y consentirai jamais! s'écria Bossuel (Leiire au cardinal de Noailtet); c'eut une injure à tous les évéques, qu'on veut mettra par là mjus lo joug. Mais il fallut toute l'énergie du granJ homme, tout son crédit, le cardinal de Nuailles, Mme de Maintenon, deux audiences que Bosiuet obtint coup sur coup de Louis XIV, deux Mémoires qu'il lui adressa pour faire renoncer l'Eut à son entreprise, et il n'y avait aucune exagération dans ces doulou rcumss paroles : t II semble à présent que ce soit une des affaires les plus importantes que de nous humilier. » ( LtUrt de HoSSUCt au cardinal dt

N—itlfê.)

«m Ros

« nergie de son aèle à retenir Louis XIV, il « consacra toote son influence a obtenir la a faveur du monarque, a obscurcir la lu-

• mière de la vérité, a faire résistance à la « suprême autorité du Saint-Siège; il laissa « enfin l'Eglise dépouillée du bouclier sacré, « soumise à la suzeraineté du trône, el, ce f qui pis est, des parlements. Triste desti-

■ née I Bossuet était le géant que Dieu en « France avait suscité puur préserver l'E- « glise d'un si grand péril; et cet éminenl t prélat, désertant les rangs fidèles de la li* « berlé, nous a légué, a nous faibles pyg-

• mées sans lumières, sans éloquence, sans « protection au milieu des tempêtes de la

■ révolution , au milieu des attentais poli- « tiques, la rude tâche de lutter contre un

■ monde acharné, qui a fait de l'Eglise sa « proie, et que nous ne pourrions vaincre, si « la foi , comme l'enseigne l'Evangéltste , « n'était au-dessus de toute puisaauce hu- « maine. »

« Daignez, Monsieur le député, recevoir avec bienveillance cette manifestation d'un évftque espagnol, et l'expression de l'affection siucère avec laquelle il vous l'offre.

« Madrid, 25 juillet 1844.

« L'évêque des Canaries. »

RONDININl (Pacl-Emile), Romain, créé en 1643, par le Pape Urbain VIII, diacrecardinal du litre de Sainte-Marie in Aquiro, puis de Sainte-Marie in Co$medin, prêtre du litre de Saint-Eusèbe, évèque d'Assise, mourut en 1668.

ROSAR10 (ViRGUto), évèque d'Ischia, né à f.pnlète en 1499, s'avança la cour de Rome où Paul IV le tit cardinal en 1557. — Confident de ce Puntife, il se vit exposé par sa faveur à la haine du peuple, qui lui attribuait tous les actes de ce Pontife. Ce prélat mourut le 23 mai 1559, à l'Age de 60 ans, suffoqué par son sang , après s'être rompu une veine dans la poitrine.

ROSCO (G bouges), Allemand, évèque de Trente, fut noiumébrêlre-cardloal en 1411, par le Pape Jean XXII.

ROSETTI (Charles), fils du comte Alexandre Roselli , et de Marguerite d'Esle-Tossana , naquit en 1615 à Ferra re. — Archevêque de Tarse in partibm, et successivement évèque de Capoue, d'Albe, de Frascati, nonce apostolique en Angleterre auprès de la reine Henriette de France, épouse de Charles 1", puis à Cologne, où il assista aux derniers moments de Marie de Médicis, mourant dans l'exil et dans le dénûment, il fut revêtu de la pourpre, en 1643, par Urbain VIII , oui le nomma ensuite évèque de Faëoza, et légal a latere pour assister aux délibérations qui amenèrent le Iraité de Wesiphalie en 1648. Il mourut, le 22 novembre 1681 , eu son évèché de Faënza, sous-doyeu du Sacré Collège, et Agé de 70 ans.

ROSFIGLIOSI (Jci.es), né à Pisloie, archevêque de Tarse, créé en 1657 parle Pape Alexandre VU , urètre-cardinal du litre de

ROY i4tt

Saint-Sixte , fut Pape sous le non, de Clément IX.

ROSPIGLIOSI (Jacqcbi) , né & PiMoie le 29 décembre 1628, fui élevé au cardinalat par le Pape Clément IX, son oncle paternel, en 1667. — Légat d'Avignon elde Ferrât, puis archiprôtre de Sainle-Marie-Maieure, el préfet de la signature de grâce, il mourut A Rome le 2 février 168V, Agé de 55 ans.

ROSPIGLIOSI (Félix), neveu du prêt*, dent, nommé cardinal parle Pape Clément X en 1673, archiprêlre de Saint^-Marir-Majeure. mourut le 9 mai 1688. Agé de 45 an*.

ROSSEL ou ROSEL (Nicolas) , né a Majorque en 1314, entra dans l'ordre de Saint- Dominique, fui professeur en théologie, provincial d'Aragon , puis inquisiteur général de la foi. — Promu au cardiualat par Innocent VI, en 1356 , il servit utilement le Saint-Siège , et mourut dans l'Ile de Majorque le 28 mars 1362. On a de lui l'histoire des premiers Papes, et un traité des quatre sortes de juridiction exercées par l'Kgli«e sur le royaume de Naples. Ces pièces sont conservées manuscrites dans la bibliothèque du Vatican, et ailleurs.

ROSSI (Louis), né A Florence, en 1474, de Lionelto Rossi, el d'une sœur naturelle de Laurent de Médicis, fait cardinal par Léon X en 1517, se donna la mort Tan 1519, en voulant se guérir de la go u lie.

ROSSI (Ferdirakd Marie de) , né a Rnme en 1696 . fut fait cardinal en 1759 par Clément XIII.

ROYÈRE (François la) , né le 22 juillet 1414, cardinal en 1464, Pape sous le nom de Sixio IV en 1471 , mourut en 1484. - 7oj. Sixte IV.

ROVER K (Julien la), né en 1453. fait car* dinal, en 1471, |>ar Six le IV, son oncle.Pene sous le nom de Jules D en 1503, mourut en 1513.— Voy. Jolbs U.

ROVERE ou ROUVERE, en latin Burerm ét Roboreus (Christophe de la), archevêque de Tnrentaise, d'une ancienne famille de Turin , créé cardinal , en 1477, par le Pape Sixte IV , qui avait pris le nom de celte famille , mourut le 1" février 1479, dans m quarante-quatrième année.

ROVÈHE (Jérôme). — Yoyf Basso.

ROVÈRE (Dominique de la), frère d* Christophe, fait aussi cardinal par Sixle IV en 1478, et archevêque de Turin, mourut en

ROVERE (Clément de la) , de Savone, neveu du Pape Sixte IV, évèque de Mendf, créé en 1503 par le Pape iules II, prêirecardinal du titre de S-iint-Cléineul , puis da titre des Douze-Apôtres, mourut eu 1504.

ROVÈRE (Galiot-Franciotti di la), é»<* que de Lucques , fait en 1503 , par le Pi|* Jules II , sou oncle , piêtre cardiual du tdre de Samt-Pierre-ôs-Liens , puis évèque w Padoue, de Crémone , archevêque de Benévent, mourul en 1508.

ROVÈRE (Léonard de la), de Savon*, neveu du Pape Sixte IV, évèque d'Ag"' ' créé, en 1505, par le Pape Jules FI , prèt<*-

DlCtlONNAlRE

m ROT DES CAR

«nJioil et grand pénitencier , mourut en

ROVÈRE (Sixtr-Gara de la) . Lucquois , fait, en 1508, par le Pape Jules H, son oncle, prélre-cardinal du litre de Saint-Pierre-ôs- !.ien«,nrchevéqne de Bénévent , évêqne de l.urqors et de Padoue , vice-chancelier de l*E;!i«e. mourut en 1517.

ROVÈKE (Jules de la), né le 1" avril 1535. nommé cardinal par le Pape Paul UI en 15W, puis archevêque de Ravenne, mourut Ip 3 septembre 1578.

ROVÈRK (Jérôme de la) , né a Turin , évéquede Toulon en 1559, archevêque de Turin en 1564, revêtu de la pourpre roiwine en 1586 par Sixte V, composa , dans *on enfance, un recueil , où Ton regrette de trouver des poésies éroliqucs, mais que rend excusables son jeune Age . cl dont on peut rejeter la faute sur ses malires , puisqu'il n'avait pas dix ans , quand parut ce recueil à Pavie en 1540. — Cet ouvrage, réimprimé à Ralisbonne en 1683, se compose do vers fatins de différents mètres. Ces vers sont remarquables par la facilité , l'imagination , fa maturité , une grande pureté de style et un heureux choix d'expressions. Ce cardinal mourut le 26 février 1592, pendant la tenue -du conclave où fut élu Clément VIII.

ROVERELLA (Barthélémy), né a Ferrare, avait la confiance du Pape Eugène IV , qui lui donna l'évêcbé d'Adria , puis Parchevôché de Ravenne. — Chargé du gouvernement de presque toutes les provinces du Saint-Siège, il fut ensuite' envoyé comme nonco en Angleterre, puis h Naples, et enfin fut élevé en 1*61 par Pie II à la dignité de cardinal. C'était une récompense de ses services, et, entre autres, de eplui qu'il rendit en chassant le comlo d'Auguillara de Viterbe, où il s'était établi. Il mourut à Rome le 2 mai 1476 , âgé de 60 ans , et fut inhumé dans l'église de Saint-Clément , où l'on voit •on éloge funèbre.

ROVERELLA (Airelius), Forrarais, né à Cékêoa en 1748, mourut en 1812. — Voici ce guVn dit le cardinal Pacca dans ses Mémoires, U I", p. 310 :

« La Caravane sacrée arriva à Savone au commencement de septembre. Je ne connais pas le détail des négociations , mais j'appris n Fontainebleau que le cardinal Rovcrclla fut le principal instigateur des déplorables résolutions du Saint-Père. Aurélius Rove- ,-ella , issu d'une illustre famille du Césône, 5tnil Tenu à Rome, jeune encore, pour éluii«»r le droit. Après T'avénement du cardinal irasclii, son compatriote , h la papauté, il intreprti le cours de la prélature romaine, e parcourut rapidement sous la protection le Pie VI, qui le promut au cardinalat en 7 '.♦ '# , et le nomma , peu de temps après , rodateire. Rpverella assista au conclave de rei:ise , qui élut pour Souverain Pontife le ardinal Chiarainotiti , également son cornvitriole. Il exerçait a cette époque une rande influence dans les affaires, et jouis- ■il à Home d'une bonue réputation. En HOS, chassé de la capitale , comme tous les

Diction, des Cardinaux

LHN.U'X. RtD 1483

cardinaux natifs du royaumo d'Italie, il se retira a Ferrare, et vers la fin de 1809 il reçut l'ordre de se rendre a Paris, comme tons ses collègues. La, soit qu'il fût effrayé des rigueurs exercées contre le Pape, les cardinaux et le elergé romain , soit qu'il se fût laissé séduire par les caresses elles démonstrations d'estime que lui prodiguaient le« ministres de l'empereur , atiquid humani passus est , il professa dès lors les maximes de soumission et de condescendance aux ordres du gouvernement, et l'on ne peut dissimuler que c'est a lui qu'on doit principalement attribuer les actes inconsidérés des autres cardinaux pendant leur séjour a Paris.

« Dans le cours de sa députation à Savone, il trompa , nu plutôt il trahit la confiance do Pie Vil , et arracha à ce Pontife les concessions qui plus tard lui coûtèrent tant de larmes. Les cardinaux Joseph Doria et Du- Ç iani , hommes pieux , mais d'un caractère faible et modeste, étaient soumis a Rovrrella , qui leur dictait ses ordres d'un ton do maître. De Bayane , déjà octogénaire , influencé par les évêques courtisans du son pays, était à la dévotion du gouvernement, et Ruffo (Fabrice), qui s'était acquis un nom par sa science économique , et par sa bravoure à la tète d'un corps d'insurgés, avouait ingénument qu'il n'était ni théologien ni cauoniste. Pie VII, déjà enchaîné par la promesse faite a la première députation , entouré de cardinaux qui avaient solennellement promis de favoriser les desseins du son persécuteur, effrayé des maux innombrables qui allaient, lui disait-on. Tondre sur l'Eglise à la suite de son refus. Pic VII finit par succomber anx instances dont on l'assiégeait , consentit à l'expédition des bulles des évôques nommés, approuva et conlirma le dérret du concile, par un bref rapporté dans les fragments de l'archevêque de Tours... bref dont RovereHa fut le rédacteur.»

ROVERO (Jean Baptiste) , archevêque du Turin, né le 20 novembre 168V, fut fait cardinal par le Pape Benoit XIV , le 5 avril 1756. il mourut en 1766.

ROXAS (Bernard pe Sandoval de). Espagnol, créé, en 1598, par le Pape Clément VIII, prêtre-cardinal du titre de Sainte-Anastasic, grand inquisiteur et archevêque de Tolède, mourut eu 1618.

RUBEIS (Hippoi vte de). Pjrmesan, évêque de Pavie, créé, en 1585, par le Pape bixlo V, prêtre-cardinal du titre de Sainte- Mario m Porticu, puis de Saint-Biaise, mourut en 1591.

RUB1.NI (Jean- Baptiste), Vénitien, évêque île Vicence, décoré de la pourpre sacrée, en 1690, par le Pape Alexandre VIII, son oncle, mourut a Rome le 17 février 1707, en sa 65" année, et fut inhumé dans l'église de Saint-Marc, dont il était titulaire.

RUCCA (Jean), Allemand, évêque d'OImutz, puis archevêque de Prague, fut créé, en 1426, par le Pape Mnrtin V, prêtrecardinal du titre de S-iint-Cyriaque.

RUDNAY Et DIVEK (Alexandre de), ne à Ujialu, en 1700, aicbevêque de Strigonic

fdran), fut fait cardinal par Léon XII en 1856. Il mourut un 1831.

RUFFO (Thomas), Napolitain, archevêque de Nicée, créé cardinal par Clément XI en 179C, légat de la Romagr.e, puis de Ferrare, évfique de Ferrare, légal de Bologne en 1721, puis évôque de Paleslrine, mourut doyen des cardinaux, en 1753.

HUFFO ( Antoine), Napolitain, auditeur «lu chambre, fuit cardinal en 1743 par le Pape Benoît XIV, mourut en 1753.

• •RUFFO (Fabrice-Denis), neveu du précédent, naquit h Naples le 16 septembre 1744, d'une famille noble, mais peu riche alors, qui lui fit embrasser la carrière ecclésiastique.—Il entra donedans les ordres, n'alla pas

{dus loin que le diaconat, et se rendit à tome, où Pie VI, reconnaissant en lui des capacités, le fit assesseur du gouverneur, puis trésorier général, charge importante, et qui est un échelon pour monter au cardinalat. Il y montra des talents administratifs, et porta un décret qui accordait des primes aui propriétaires qui planteraient des oliviers, mesure féconde en heureux résultats. Homme entreprenant, il avait toujours de nouveaux projets. Le peuple, fatigué de ses innovalibns, manifestait son mécontentement, et le représentait, sur la statue de Tarquin, montrant d'une main le tnot ordre, dans l'autre, le mol contrordre, et portant écrit sur le front désordre. Ruffo, -obligé de se démettre , retourna dans sa pairie, où le roi Ferdinand lui confia l'intendance du château de Caserle. Proclamé cardinal-diacre en 1794, il revint à Rome, où il était lors de l'invasion française, qui ne iarda pas a s'étendre è la Péninsule entière 11798). Il alla joindre la famille royale de Naples réfugiée en Sicile. Bientôt son influence coutre-balança celle du tout-puissant ministre, le Français, ou plutôt l'anlifrançais Aclon. Cependant sur différents points du royaume de Naples le peuple se soulevait contre les Français. On résolut d'envoyer Ruffo diriger le mouvement. Il accepta avec joie et au plus grand contentement encore <f Aclon. Débarqué en Calabre en février 1799, le général-cardinal [c'est ainsi qu'on l'appâtait) vit accourir & lui les populations conduites par des nobles et par des prêtres. Son armée s'éleva bientôt a plus de vingt mille hommes, troupe nombreuse, il est vrai, mais peu aguerrie ci mal disciplinée. EUe lit des progrès, s'empara de Milelo.Monteleone, Culro,Cotronc,Paols,Conscnza;fcAltamura, tout fut pillé, dévasté, égorgé; les plus grandes alrocïiés furent commises. Le général n'était pas maître de ses soldats; parmi eux se trouvaient tous les brigands de l'Italie et les forçats déchaînés. Les Français avaient élé rappelés par les événements de lu guerre vers la haute Italie. Ils ne tenaient plus que Naples, qui fut forcée de capituler eu présence de Ruffo, soutenu alors par une armée russe et anglaise. Aux termes de Ja capitulation, les r épublicains compromis s'embarquaient pour être transportés en France, Jorsque apparut devant Naulus la flolle do

Nelson, portant Ferdinand IV, lequel annula la capitulation. Ruffo devait user de loul son pouvoir pour la fair« observer, ou se démettre sur-le-champ; il résista faiblement, imprimant à sa mémoire une tache ineffaçable. Alors eurent lieu d'épouvantables boucheries qui, dit un historien, surpassèrent, s'il était possible, les horreurs de 93 en France. Pendant que la cour de Naples continuait d'assouvir ses vengeances , Ruffo était à Venise pour le conclave do 1800, où enfin fut élu Pie VII. Il suivit è Rome ce nouv< au Pontife, qui le nomma préfet de l'Annone. Le roi «le Naples l'avait comblé de faveurs et lui avoit donné plusieurs domaines d'un revenu de plus de 100,000 francs. D'autres souverains, et notamment le czar Paul I", lui envoyèrent des distinctions honorifiques. Ce dernier alla même jusqu'à lui écrire une lettre autographe pour lui exprimer son enthousiasme et. son admiration pour l'énergfe que le prélat avait montrée eu Calabre. Le cardinal Ruffo, retourné à Naples, où il faisait toujours partie du conseil de la couronne, y était en 1803, lorsque le faible Ferdinand fut poussé par l'Angleterre è se déclarer de nouveau contre la France. Il tenta vainement de s'y opposer; ses conseils ne furent pas écoutés. Après la coq pjôle de Naples par les Français, il revint a Rome, où il fut témoin impuissant de l'enlèvement de Pie VII. Appelé ensuite lui-même a Paris, comme les autres cardinaux italiens, il fut du petit nombre de ceux qui assistèrent au mariage do Napoléon avec Marie-Louise, et reçut en récompense le grand-cordon de la Légion d'honneur. Il fut aussi du ceux qui parvinrent è arracher a Pie VU le contoruat de 1813 qui cou. a tant de larmes à ce Pontife. En 1814, le cardinal Ruffo retourna a Rome, puis à Naples; dans ces deux cours on accueillit avec froideur l'homme qui avait faibli devant Napoléon. Cependant, on 1821, quand Ferdihand, grâce a l'Autriche, eut comprimé la révolution et rétabli le pouvoir absolu, il rappela le cardinal dans son conseil. Celui-ci, après la mort de Pie VII, lit encore le voyage de Rome pour prendre

Eart aux travaux du conclave où fut élu éon XII ; il revint ensuite dans sa patrie, qu'il ne quitta plus. Après une vie si agitée, il se retira a la campagne, où il s'occupait d'agriculluro, et mourut le 13 décembre 1827, dans sa 74' année. Il a laissé quelques écrits, en italien, sur la lactique militaire, sur les fontaines, les canaux, etc. Ses mœurs n'étaient pas irréprochables, et n'avaient pas la pureté qui convient è un Chrétien, et surtout à un homme de son état. Il était d'ailleurs d'un commerce agréable et facile, modéré dans* ses opinions et dans son caractère.

RUFFO (Louis , de la même famille que lu précédent, mais de la branche doot le chef porte le titre de priuce de Scilla, naqoil à Sainl-Onuphre le 25 août 1750. — Revêtu de l i pourpre en 1803, il fut, l'année suivante, nommé è l'archevêché de Naples.

Après la conquête du royaume par los Français en 1806, il rcfusa de reconnaître le roi

RIT DICTIONNAIRE RtF

Page 1