‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 32 sur 457 · ANT · texte numérisé non relu

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ANTOINE DE SAINT SEVEU1N, Napolitain, nommé en 1527, par le Pape Clément VII, prêtre cardinal du titre de Sainte-Suzanne, puis de Sainte-Apollinaire et de Sainte-Marie au delà «lu Tibre, évôque de Cunversano, de Palestrioe, de Sabine et de Porto, mourut en 1543.

«ANTONELLI (Nicolas) né en 1698, fut Tait cardinal en 1759 par Clément XIII. Il mourut en 1767.

ANTONELU (Léonard) né en 1730 à Sinigaglia, dans lo duché d'Urbin, montra de bonne heure une vive opposition aux doctrines philosophiques du xvin* siècle. — Il prit hautement la défense des Jésuites qu'il croyait calomniés, soutenant que leur institut était irréprochable et sans aucune solidarité des foules de quelques-uns de ses membres. Clément XIV, qui allait ôtre obligé de les supprimer, ne pouvait point paraître favorable à leurs défenseurs. C'est de Pie VI, juste appréciateur de son mérite, qu'Antonein reçut le cardinalat. Quelque temps après, ses liaisons avec le fiscal Barbieri, liaisons inévitables dans leurs positions respectives, le firent accuser par quelques-uns de n'avoir pas été étranger aux troubles, à Ja soile desquels fut tué le regrettable général Duphot. Le caractère de prudence, de sagesse, de modération du cardinal Anlonclli le défend assez contre une telle imputation. Il est d'ailleurs bien prouvé aujourd'hui que cette émeute était provoquée non point par les défenseurs du Saint Siège, mai» bien par ses adversaires. L'imputation d'intolérance qui lui est adressée par des hommes superficiels ou malveillants tombe également devant Ja Lellre d'Antonelii aux éiéques d Irlande, lettre publiée dans l'Ami de la religion, «• 457. Dès 1785, ce s.iinl prélat était déjà si bien connu eu France qu'il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, comme associé étranger. Doyen du Sacré Collège depuis 1797, le cardinal Anlonelli fit, en 1800, partie du conclave où fut élu Pie Vil; en 1804, il accompagna à Paris ce Pontife quand il y vint sacrer Napoléon 1". Expulsé de Rome parles Français en 1808, ri fut conduit à Spolôle, puis à Sinigaglia, où il mourut le 23 janvier 1811.

ANTONELLI (Jacques) né à Terracine en 1806, tut fiiit . ardinfl|par'S.S.PielXenl8V7, S. E. vit encore et occupe aujourd'hui la haute position de secrétaire d'État du Souverain-Pontife.

On sait quelle haute estime l'illustre car-, dmala su conquérir dans toute l'Europe, et les services considérables qu'il a rendus de-; puis son élévation à la dignité de premier. ministre.il était auparavant pro-secrélaire d'Etat, et le Pape, en lui confiant tout son pouvoir, a voulu lui donner par là une noble récompense du dévouement et de la rare intelligence que le cardinal a montrés, surtout dans les jours de persécution, et depuis la restauration du trôno pontifical, après la ré-' volution de 1849. Il ne faut pas oublier la cérémonie et le discours d'ouverture des, séances du conseil d'E'at, au palais de Quiri-

nal. Celle année encore, le cardinal Antonelli a déployé les plus grands efforts et h même capacité pour les améliorations introduites dans le gouvernement des Etals romains, et dans l'établissement des chemins de fer. L'histoire dira les actes si admirablement accomplis parce grand ministre, qui a eu l'honneur d'être en butte aux tentatives les plus hideuses d'assassinat, de la part des révolutionnaires italiens. Heureusement que l'attentat n'a pas réussi, mais on ne pouvait choisir de plus noble victime : espéronsquo ces monstrueux forfaits ue seront pas renouvelés.

ANTONIANO (Sylvio) né à Rome en 15W), faisait, à l'âge de dix ans, des vers sur quelque sujet qu'on lut proposât. Lo duc do Ferrare, charmé de son esprit, le fil élever avec soin par les plus habiles maîtres; et lo Pape Pie IV, à qui il s'était fait connaît™ autrefois par un in promptu qu'il lui avait adressé, l'appela à Rome, où il l'honora d'un emploi de professeur dans lo collège romain. Il en fut depuis recteur, puis secrétaire du Sacré Collège sous Pie V, secrétaire des br«fs sous Clément VIII, dont il fut aussi camôrier, et qui le nomma cardinal en 1598. Ce cardinal, aussi savant que vertueux, mourut en 1603 à l'Age de 63 ans. Il a laissé divers ouvrages en prose et un vers, dos lettres, dos commentaires et des dissertations, De Christiana puerorum educatione; De obscuritale tolis in morte \Chrisli ; De primatu S. Pétri ; De successione apostolorum, etc. On dit qu'il est un d»>s auteurs du Catéchisme du concile de Trente. — Foi/.

Batlb, Dictionn. critiq. — Le livre du c«r« dinal Antoniano a été traduit en français par M. Guignard, qui a mis en lèto du volume une Vie de ce savant cardinal. La traduction est intitulée : Traité de l'éducation chrétienne, composé à la demande de saint Charles Borromée par le cardinal Silvio Antoniano. Mgr l'évéque de Poitiers a adressé a l'auteur la pièce suivante, qui trouve ici naturellement sa place.

■ Louis-François-Désiré-Edouard Pie, r»nr la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique, évôque de la sainte Eglise de Poiliers, assistant au trôno pontifical, etc.

« Le cardinal Silvio Antoniano a été l'une des plus grandes figures de la régénération cathodique qui s'est opérée au xvr siècle. Son traité De l'éducation chrétienne des enfants composé à la demande do saint ^Charles Borromée, est d'une beauté antique quant a la forme; et quant au fond, c'est tout dire que de rappeler qu'il est sorti de la plume d'un des principaux rédacteurs du Catéchisme du concile de Trente.

«Nous ne saurions trop féliciter M. Ph. Guignard de l'heureuse inspiration qu'il a eun de traduire onfin ce livre dans notre langue, et du bonheur avec lequel il a su imprimer a sa traduction le cachet môme du style original. Aucune publication ne pouvait être plus opportune .

« Nous recommandons donc trèsinslamineol la lecture de ecl ouvrage. Par un f.ré-

AQU DES CARDINAUX.

deux k propos, nos diocésains y trouveront le plus beau et !• plus complet développement de cet important chapitre De christ iana patrumfamiliat institution, que notre dernier concile provincial a imité de Cfllui de Milan, qui a été la source de ce traité.

■ Donné à Poitiers, le 25 août 1856, en la fête do saint Louis, sous notre seing, le tceau de nos armes et lo contre-seing de noire secrétaire.

« L. E. Ev. de Poitiers.

« Eschateh, secrétaire, 1 AQUA-SPARTA (Matthibu d ), ainsi appe!é du nom de cette ville d'Italie, où il était né, prtt a Tuderli l'habit religieux de l'ordre de Saint- François, et il s'y acquit la réputation d'un des plus savants théologiens de son siècle. — Le Pape Martin IV le nomma lecteur du sacré palais. Ce pontife le consultait dans les affaires importantes de l'Eglise; mais, éiu général de sou ordre dans un chapitre lenu en 1287 a Montpellier, il se vit obligé d'abandonner son emploi. Nicolas IV le fit cardinal en 1288, et Boni* face VIII l'employa en diverses légations, à Florence, a Bologoe, en Romagm*. Il était protecteur des servites, et très-estimé pour sa probité et pour son savoir. Il a fait des écrits remarquables sur le Mailrt des Sentence», sur l'EpUrt de saint Paul aux Romains, etc. Il mourat à Rame en 1302, et fui inhumé dans l'église d'Ara Cœli. — (Voy. Wadcigcb, in Annal.; — Cucomus; — Au-

AQUAV1VA d'Aragow (Jeas-Vuicbict o\ Napolitain, évôque de Melfi, fait cardinal en 15i2 par Paul III , mourut en 1556.

AQUAVIVA d'Aragon (Jolbs), lait cardinal en 1570 par Pie V, mourut en 157k.

AQUAVIVA (Octavio), étudia avec le plus grand succès les lettres grecques et latines, ainsi que la jurisprudence civile et canonique. — Le Pape Siste V, dont il fut connu a Rome, le lit référendaire de l'une et de l'autre signature, vice-légat du patrimoine du S^ini -Siège. — Grégoire XIV le nomma intendant de sa maison, et cardinal en 1591. Il se trouva en cette qualité à l'élection d'Innocent IX, en la même année 1591 ; a rclle de Clément VIII, en 1592; à celle 0e Léon XI, et à celle de Paul V en 1605. Sous le pontificat de Clément VIII, il exerça la charge de légat de la campagne de Rome, et il reçut ensuite la légation d'Avignon. Le voisinage des hérétiques rendait alors celte charge pénible ; mais il sut s'opposer A leurs entreprises, et son administration fut si sage et si prévoyante qu'il rétablit le calme et la tranquillité dana la province. Ce prélat aimait les lettres et ceui qui les cultivaient; parmi les gens de sa maison sa trouvaient des savants; entre autres, Pierre- Antoine Ghiberli, son auditeur, qui *e lia d'amitié avoc le célèbre Nicolas Fabri de Peiresc. Le Pape Léon XI lui donna l'archevêché de Naples; Paul V l'y confirma. Après avoir édifié ses diocésains, il mourut le 15 d> eembre 1012, Agé de cinquante-deux ans. ( Voy, Ftuncivs et Pktraiiella ajus , in

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Elog. card ; — Gassendi, I. i Yitm Peiresc.; -r- Albi , Elog. hist. des card.) Voici son éloge par le P. Alby J10W] : «Ceux qui font état d'enrichir leurs cabinets de rares pièces, et d'ouvrages le. plus curieusement recherchés de la nature ou de l'art, y montrent quelquefois de l'or impur tel qu il était dans la mine, des diamants bruts en l'état qu'ils ont été trouvés dans les matrices, des perles encore couvertes des écailles qu'elles ont apportées du nacre : pour faire connaître, les conférant avec les autres pièces de même espèce que le travail des ouvriers a achevées, de combien l'arlib'ce sert à perfectionner la nature. Cela même voit-on Ums les jours en plusieurs personnes, qui, ayant reçu de la faveur de leur naissance les mômes inclinations généreuses au bien, prennent eu après des façona si différentes par les habitudes qui se forment de leur éducation, qu'il est aisé à remarquer ce que la nature a jeté eu eux de bonnes semences et de commencements de vertu; et ce que la nourriture qui y est survenue a ajouté d'embellissement et de perfection.

« Le cardinal Octavio Aquaviva fera pour maintenant un exemple de cette vérité, qui, après avoir été obligé des plus rares avantages de la nature, reçut d une très-bonne et Ires-soigneuse Institution de quoi polir les rudesses qui accompagnent los plus beaux naturels; et acheva le portrait d une excellente vertu que le sang généreux qu'il tenait de son extraction n'avait qu'ébauchée.

« Comme il était sorti de l'une des plus illustres et des plus anciennes familles du royaume de Naples , fils de Jean-Jérôme dixième duc d'Alri, il fit voir dans le cours de ses premières années les commencements de tant de bonnes qualités qu'il avait prises d'une si belle source, qu'on eut sujet de croire qu'il n'avait pas tant choisi qu'apporté au monde la profession do la noble piété qu'il montra toute sa vie, l'ayant recueillie comme une succession en naissant, au lieu que les autres l'apprennent avec le temps comme une leçon,

a 11 fut envoyé par ses parents aux études à Naplus, où il fit de tous les exercices do bonnes lettres non pas un divertissement d'esprit, comme font souvent les enfants des grands, mais une entière et sérieuso occupation. Et commu il se trouve d'ordiuairo vrai qu'un chacun peut recevoir des faveurs des muses autant qu'il lui plaît, puisqu'elles ue les ont pas mises a prix d'ar* geut, et qu'elles dépendent de la poursuite que l'on en veut faire, Octavio , par l'assis duité tendue de son étude eu prit si bonne part, que dans quelques années il se rendit capable, dans un degré qui passait le corn* mun, de l'éloquence, de la poésie et de la connaissance des langues, particulièrement du la grecque, passa docteur ès-droits avec un applaudissement général de tous les savants; et eut uoe si forte passion de savoir tout, qu'il semblait que l'étude qui la pou»

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mil contenter, lui Uni Ueu de (oute sorto de délices.

« Il ne fit pas néanmoins comme boa n coup d'étudiants quo nous voyons aller vaguement et à perte d*haleine après les sciences, ainsi que des chevaux qui s'emportent «'tant pressés de l'éperon et ayant la bride longue, qui courent sans savoir où ils vont. Il se proposa un but honorable de toutes ses études, et d'autant plus glorieux qu'il était moins limité. En quoi il suivit les grandes inclinations qu'il avait pour te bien universel, auquel il dédia d'un esprit franc et désiutéressé l'acquisition du ses sciences, nu trouvant pas toute sa satisfaction dans sa conscience, qu'il ne jugeait' pas assez spacieuse pour l'étendue do sa gloire.

« Ainsi porté de ces grandes intentions, il passa de Naples à Rome, et comme l'on ▼oit que le vert naissant a toute une grâce, que celui des feuilles qui ont déjà ressenti les ardeurs de l'été; il y parut agréablement et avec un éclat extraordinaire, que les qualités de sa naissance rendaient à cette cour, en conjonction de ses vertus. Le Pape Sixte V en ayant pris de certaines connaissances, lui fit de grandes caresses; et ne croyant pas satisfaire, ni l'affection qu'il avait pour sa personne, ni le jugement qu'il faisait de son mérite, s^l ne le faisait savoir au monde par quelque efet de ses libéralités, il le fit de son mouvement référendaire de l'une et de l'autre signature, et vice-légat du patrimoine du Saint-Siège : desquels offices il s'acquitta si louablemeiit en des temps fort difficiles, qu'il donna sujet a son bienfoiteur du se repentir d'avoir été trop retenu en l'estime comme en l'emploi d'une si haute vertu.

i « Klle ne fut pas aussi inconnue au Pape Grégoire IV qui , ravi des qualités d'esprit, jointes aux bonnes mœurs et à la conduite d'Oclavto, le fit intendant de sa maison et le confident de ses conseils et de ses intérêts les plus privés; et sans beaucoup de délai sur l'instruction oculaire qu'il prit de ses vertueux comportements, le créa cardinal de Saint-Georges au Voile d'or; faisant comprendre au monde combien il avait judicieusement choisi pour son domestique et pour officier principal dans sa maison, celui à

Sui l'approbation commune confirmait une tiarge si éminenle dans l'Eglise.

« Il est vrai qu'il vivait auparavant glorieux et content en sa condition, et que sa vertu môme s'en montrait plus belle en son naturel et hors de la pompe de celte dignité; comme un lion en est plus beau avec sa crinière fièrement hérissée, qu'alors qu'elle est mollement peignée et cordonnée de rubans. Nais pour profiter davantage aux autres, et s'exercer plus efficacement selon sa portée, tout cet appareil d'honneur lui devait servir, tout ainsi que les boules du cristal servent au soleil pour aiguiser sa vertu et augmenter son action. Aussi reçut-il depuis toutes sortes d'emplois non moins honorât !cs qu'utiles au public, tant sous ce Pape, que sous Clément Vlll, (sut dehors la ville ou il

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