‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 33 sur 457 · DICTIONNAIRE A · texte numérisé non relu

DICTIONNAIRE A

exerça la charge de légat de la campagne de Home, comme dedans, en toutes congrégations de prélats, desquelles il fut toujours le suppôt principal, et où il se montra en toutes rencontres si raisonnable, si courageux et si désintéressé, que comme il ne fit jamais voir de mauvaise intelligence entre ses affections et son devoir, aussi n'en monlra-t-il que de bonne entre l'honneur de la vertu et la sincérité de ses intentions.

« Encore que la plus vaine des sciences assure que Jupiter ne s'accorde pas avec Mercure, à cause de la contrariété de leurs domiciles, et que les esprits les plus propresan x sciences, le soient moins au gouvernement; il eut un génie universel et capable des sciences, et de la conduite, tant pour la paix que pour la guerre. De quoi il donna de belles preuves en sa légation d'Avignon, à laquelle le Pape Clément l'envoya par uno élection digne de sa sagesse, en un temps annuel la France déchirée des factions de l'hérésie, et des guerres civiles, communiquait par contagion de voisinage, ses désordres au comlat d'Avignon. A quoi ce sage Pape fut davantage poussé par la remarque qu'il avait faite des généreuse!* volontés nue le cardinal Aquaviva avait fait paraître, a l'occasion de sa promotion eu pontifical : jugeant bien que celui qui avak calmé dans le conclave les mouvements qui n'étaient pas du Saint-Esprit, pourrait disaiper le trouble, et la tempête qui se répandait sur ce petit Etat de l'Eglise.

« Il ne fut pas trompé en son jugeinont, le cardinal Aquaviva venant en Avignon y parut comme un astre favorable, qui adoucit à son lever l'orage, qu'il apaise tout à fait en son ascendant. Il y rendit tous les devoirs d'un bon capitaine et d'uu sage gouverneur. Il munit et fortifia les place* frontières contre les surprises des ennemis; il arma souvent contre leurs assauts; il éventa accortemenl leurs desseins : il soutint et repoussa courageusement leurs attaques; et s'il ne les put entièrement défaire, il les mit én état de ne lui pouvoir nuire. Et il ne fut pas moins adroit à régler la police de ce pays-là, è donner le pli aux esprits difficiles; à concilier les partis contraires dont le choc pouvait ébranler la province,; à établir partout] de bonnes

lois ; et par leicellente modération dont- n assaisonna son gouvernement, être le médecin des désordres, dont les autres avaient été les spectateurs.

« On ne le vit jamais qu'il se pressât, comme font plusieurs autres, à la porte des lonneurs : sa vertu néanmoins trouva louours des introducteurs qui l'y poussèrent. )ont lo Pape Léon XI, bien informé de ses >elles actions, et du zèlo qu'il avait témoigné au bien public en l'administration de sa légation, le désigna avant do mourir A l'archevêché de Naples. Ce que lo Pape Paul V, lui confirma en son entrée an pontificat, tout plein de bonnes volontés de mesurer ses laveurs aux mérites d'un si grandj

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sujet, et aux fidélités qu'il avait constamment apportées à la manutention des droits et au service de l'Eglise.

« Il entra avec tout ce que I*on peut d'intégrité, de xèlo, et de sentiments magnifiques dans cette grande charge, qui tarderait donner moyen de déployer toutes ses bonnes habitudes. Et d'abord ayant bien compris qu'il ne lui suffisait pas en celte condition, et en la ville où il avait a vivre, de posséder les vertus en essence, mais qu'il loi en fallait encore rechercher la couleur, et le lustre : il se mit en état de s'acquitter exactement de l'obligation du bon exemple

Su'il devait h son peuple, par la pratique e la tempérance, de la modestie, de la charité, et des autres vertus, par lesquelles il faisait devant tous les expériences, de ce qu'il enseignait après de parole.

• Enfin comme les choses naturelles ont l'action de leur vertu plus vive, h mesure qu'elles sont plus proches de leur centre; il produit aussi des actes plus généreux en vue de sa dernière fin, de laquelle il se sentait tous les jours plus approcher. Ses sentiments an furent plus tendres, et plus affectocut pour tout ce qui concerne la dévotion, ses largesses plus abondantes pour le soulagement de toutes les nécessités qui lui étaient connues ; ses soins plus tendus en tout ce qui servait à l'instruction et a la consolation des peuples : sa douceur plus compatissante aux maux d'aulrui, et sa patience plus grande aux siens propres, dont sou amour, et sa force firent de belles occasions de gloire.

« Les incommodités de l'âge lesiirprirent , mais non l'avertissement de sa prochaine fio : à laquelle il se prépara d'un visage aa$$i peu effrayé, qu'il semblait qu'il eût compromis a cette nécessité. Ainsi il mourut en paix a Na pies, avec le litre qu'il avait «pté de prétre-cardinal de Sainte-Praxède, le 13 décembre de l'année 1612, de son âge la cinquante-deuxième : et avec la réputation universelle de deux grandes vertus qui furent signalées en lui, dont l'une fait les héros, et l'autre les saints, et qui rendront toujours son nom, et sa mémoire vénérables su monde : c'est à savoir de courage «I de généreuse résolution h le rencontre des 'lifficultés} et de charité bienfaisante envers les pauvres et les misérables. Il donna des preuTes remarquables de la première en sa 'Ration d'Avignon pour défendre le bien do Saint-Siège, en son archevêché, pour maintenir les droits de son Eglise, et dans les conclaves des cardinaux, aux promotions des Panes Clément VIII, Léon XI et fcul V, où il montra une générosité invincild« a la passion, à la faiblesse et h l'intérêt : ses largesses publièrent l'autre, en toos les iieui où i! fil quelque 6éjour, mais particulièrement en la ville de Naples, où, »»ns parler d'un grand nombre de ses aui"* bienfaits, tant privés que publics, il Juuna par son testament au monUde-piéié la somme -de vingt mille écus , avec toute 1 argenterie et les meubles de soo palais :

ayant aimé jusqu'à la mort les pauvres, et toujours vécu bien persuadé que si les autres vertus labourent dans les cieux/la charité et la miséricorde y sèment des couron-

TOMKAL DU CARDINAL AQUAT1TA.

Ociavio Aquavivo Aragonio card. areb. Neap, purpura, et litterarum maxime Grxcaruro ornanienio n ajoruni décora atlepto, quae fuerunt e rep. Cbrisiiana in poulinais praecipue coniitiis, atque in Aveo. légal, cum arderel provincia civilibus iliseordiis, arderel bello Gallia, sirenoe euiicia, exseeuto in omni viia singularein magni consilli excelsl animi laiidein prowerito. D. Franc Aquavivu» marchio Aquavivo ex D. Tarsia nepoie duce Hadrianorum XI. Prooep. P. obiii anno satut. mdcxii, nalus ann. lu.

AQUAVIVA (Octave], fils de Josias, duc d'Atri, et de la mémo famille que le précé • dent, naquit le 23 septembre 1809. — il était gouverneur de Vilerbe, quand le Pape Innocent X le créa cardinal le 9 mars 1652. 11 mourut à Rome le 20 septembre 167i, figé de 65 ans, et fut inhumé dans l'église de Sainte-Cécile.

AQUAVIVA D'ARAGON (François V).

naquit a Naptes le ik octobre 1665. — Il était clerc de la chambre Apostolique, lorsqu'il fut désigné nonce vers les cantons suisses catholiques en octobre 1697, mais cette nomination n'eut pas lieu, le Pape Innocent XII l'ayant choisi pour son maître de chambre le 29 novembre suivant. Il lui donna en même temps le gouvernement de Viterbe, et proposa pour lui, dans un consistoire, l'archevêché de Larisse in partibuê infiétlium. Le 9 mars 1700, il le déclara nonce apostolique ordinaire de la cour d'Espagne. Il remplissait ces fonctions, lorsqu'il fut créé cardinal par le Pape Clément XI, le 18 mai 1706. A son retour d'Espagne a Rome, il reçut le chapeau, dans un consistoire public, le 21 mars 1707; et le Pape ayant, le 8 juin suivant, dans un consistoire secret, fait la fonction de lui fermer et' ouvrir la bouche, lui assigna lo titre de Sainl-Bsrthélemy en l'Ile, qu'il laissa depuis pour celui de Sainte-Cécile. Il fut déclaré en 1713, protecteur de la couronne d'Espagne avec deux mille écus de pension assignée sur l'archevêché de Lima, au Pérou ; et, le 17 juillet 17 ta, il reçut, a Rome, ordre du roi Philippe V d'aller è Parme faire la demande solennelle, en son nom , d'Elisabeth Farnèse , princesse de Parme. Il assista, le 16 septembre suivant, à la cérémonie des épousailles et accompagna ensuite la princesse jusqu'à Gênes. Le roi d'Espagne le chargea, en juillet 1716, du soin des affaires de sa couronne a Rome, et le nomma a l'évéché de Cordoue. Il pnssa dans l'ordre des cardinaux-évôques, et opta pour l'évéché de Sabine le 26 juin 172*. U mourut à Rome, dans le palais d'Espagne en 1725, d'une goutte remontée, dans sa soixantième année, et la dix-neuvième de sou cardinalat. Son corps (ut porté à 1 église des religieuses de Sainte-Cécile in Tratterert, eouituanderie dont il était titulaire, et daus

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