G0I VAL DES CAF
trouvait une énorme différence. Le cardinal-infant combattait, au moins ponr la défende du catholicisme, tandis que le cardinal de la Valette donnait le scandale d'un prince de l'Eglise combattant pour le triomphe du parti protestant. La Valette ouvrit la campagne de Flandre avec une armée de dix-huit mille nommes [1637]. Sous s«s ordres étaient Turenne et Gassion, depuis maréchaux de France. Le Ûls du président de Thou, le jeune et noble de Thou, que Kichelinu allait bientôt faire monter sur l'échafaud, remplissait les fonctions d'intendant. L'armée française pril Cateau-Cambrôsis, Landrccieset Maubeuge. C'était alors un étrange spectacle, de voir une armée française, que commandait le cardinal de La Valette, aux prises contre une armée espagnole, commandée par le cardinal-infant.
L'année suivante. La Valette remplaça, dans le commandement de l'armée d'Italie, le maréchal de Créqui, qu'un boulet venait d'emporter. « Au titre de général, il réunit eelui de plénipotentiaire, et commença par conclure un traité d'alliance offensive et défensive avec la duchesse de Savoie. Cependant Verceil ne put être défendu contre les Espagnols, que commandait le marquis Je Légaiiez; el la chute d'une place si importante commença les malheurs de cette :nmpagne. » (Villes* ve.)
Telle lut la dévotion de la Valette à Ri- :holieu, qu'il écrivait à ce ministre [1639]: i Vos intérêts et les miens sont inséparables ; »t je ne ferai jamais pour mot ce que je n'enreprendrai pas pour vous, toutes el quaotes ois que votre service le requerra. » 11 poussa a lâcheté jusqu'à abandonner a la vengeance lu minisire ton frère Bernard. Ce dernier, tnvoyé contre les Espagnols, avait joué un Ole équivoque au siège de Funtarabie, iége qu'il parait avoir fait échouer par jaousie à l'égird de Condé [1638]. Après cet rhec. il rallia pourtant l'armée française, bnndnnnée par Condé el Soubise, el la reonduisit à Bayonne : mais il n'en fut pas noins accusé du désastre; il se réfugia en tngleterre, el fut condamnée mort par le arlemenl [1639]. Une parole du cardinal ne j Valette pouvait sauver son frère. Il n'en I rien. Bien au contra ire.il écrivait au premier linistre: « Je suis le premier contre lui; car il st certain. Monseigneur, que je serais le lus ingrat du monde si je ne préférais votre ervice, non-seulement a ses intérêts, mais ussi aux miens propres. » Le cardinal de i Valette était un fort médiocre général ; 9 qui faisait sa force, c'étail la contlance l I appui de Richelieu. Néanmoins il vea<l de prendre Chivasso, en Piémont, et e bailre les Espagnols, lorsqu'il fut emorlé par la fièvre a Rivoli, près de Turin, f 98 septembre 1639, à l'âge de 47 ans. Le uc de Caudale, son frère aîné, était mort Ce sel en février, el le duc de la Valette rail été exécuté en efligie le 8 juin. Quand t duc d'Epernon apprit qu'il venait de enlre dans son fils, le cardinal, le seul :>pui qui lut restât è la cour, il s'écria en
INAtîX. VAL IGOi
soupirant: «Soigneur, puisque voos Ivex réservé ma vieillesse pour survivre è la perte Je mes trois enfants, donnez-moi, s'il vous plaît, la force de supporter la rigueur de vos jugements. » Toutefois il ne survécut point à son second fils. Après la mort de Louis XIII, Bernard de la Valette revint en France; il obtint la cassation du jugement et fut nommé au gouvorneraent de la Guyenne, puis de la Bourgogne, où il se fit haïr. Dans son testament politique, Richelieu expliquant les faits è sa manière, dit que le chagrin causé au cardinal de La Valette par l'infidélité de son frère, et le dépit de voir périr le Piémont à sa vue, lui donnèrent le coup de la mort. ■ Le P. Vincent, de Rouen, religieux du tiers ordre de Saint-François, fil imprimer h Toulouse, en 164-3, in-4% un discours sur la mort du cardinal de la Valette. On y a joint : Cardinale Voleta tumutus, epilaphium, etc. Les historiens contemporains n'ont point ménagé les vices de ce prince de l'Eglise. II était hautain et avide comme sou père. Il joignait la prodigalité à dos mœurs désordonnées; et ses liaisons avec la princesse de Condé furent un sujet de scanda'e plus éclatant. Il commanda les armées de France pendant cinq années. Jacques Talon, qui avait été son secrétaire, el qui «e lit prêtre de l'Oratoire, rédigea les Mémoires de la Vie du cardinal. » (Ibid.) Le manuscrit original de cet ouvrage, trouvé au château de Beaupuy en Guyenne, a été publié sous ce titre {Mémoire* de Lotit* de Nogaret, cardinal de ta Valette, général de» armées du roi en Allemagne, Lorraine, Flandre et Italie, années 1635-1639, Paris, 1772, 2 vol. in-12.
VAL1ER (Piebbe), Vénitien, archevêque de Candie, fait en 1621, par le Pape Paul V, prêtre-cardinal du litre de Saint-Sauveur in Lauro, puis de Saint-Marc , évêque de Cénéda el de Padoue, mourut en 1629.
VALLE (Anna* de) , Romain , évêque de Malte, créé en 1517, par le Pape Léon X , prêtre-cardinal du litre de Sainte-Agnès , puis de Sainle-Prisque, mourut en 1534.
VALLKMANI (Joseph) , gentilhomme romain , né a Fabriano le 9 juin 1648, fut successivement secrétaire d« la Congrégation de l'Immunité , volant de la signature de justice en 1696, archevêque d'Athènes en décembre 1701 , maître de chambre du Pape Clément XI, el ensuite son marjordome le 7 juin 1706. Créé cardinal , mais réservé ta petto , il ne fut déclaré que le 1" août 1707. Il reçut le chapeau dans un consistoire public le A du même mois , el le Pape fit la cérémonie de lui ouvrir la bouche le 28 novembre , en lui assignant le titre de Notre- Dame des Anges des Chartreux , aux Thermes de Dioctétien. Déclaré prolecteur de la Congrégation des Indes le 31 décembre suivant, il fut encore protecteur de l'ordre dos Mineurs conventuels el des autres religieux mendiants. Le Pape Benoit XIII le nomma en juin 1724 pour être l'un des inquisiteurs du Saint-Office , et lui accorda une
IfiOS VAS
p*?nafon de 500 éens. II monrui à Rome le 15 décembre 1725, dans la 78* année de son Ag-, et la ifT de son cardinalat. Il fui inhumé dan* l'élise de» Douz'*-Apô'res.
VANMCF.LLI CASOM (Loti*) est né a Amélia en 1801. Il a élé fait cardinal en 1*30 par Grégoire XVI , et occupe la charge de légat de Bologne.
VANN07IUS (Bo*iface} était secrétaire dti Pape Grégoire XIV, a la fin du xvi* siècle. — Il avait passé toute sa vie à éludier la politique, dont il avait lu tous les livres; il en savait toutes les maximes , et prétendait donner des règles certaines de cet an subtil. Malgré tous ces préparatifs, il pécha , dans sa conduite , contre les régins qu'il avait données si utilement aux mitres. Il recommandait surtout à un politique d'être le maître de sa langue. I.e Pape lui ayant recommandé de ne dire à personne qu'il l'avait mis sur la liste des cardinaux pour la première promotion , il ne put se contenir, cl alla indiscrètement faire part de son bonheur au cardinal neveu, qui sollicitait pour un autre. Le Pontife, justement mécouleutéde cette désobéissance, obligea Vannoxius a effacer son nom de dessus la liste, et a y mettre celui de son compétiteur.
VASSAL , fui nommé en 113V, par le Pape Innocent II, diacre-cardinal du titre de Saint- Euatache, puis de Saint-Marie in Aquiro.
VASSAL (FonTANiKR ne), i.«su d'une ancienne famille du Quercy, naquit à Vuilbac vers la lin du xiu* siècle. Moréri l'appelle tantôt Fortanerius Vassalli, tantôt Fortanier Vaaelli.— Kulré dans l'ordre de Saint-François, a Gourdon, en Quorcy, Vassal fut envoyé à Paris pour y faire ses éluder, Recommandé au chanct-lier du l'université par le Pape Jean XXII «son compatriote, il fut reçu docteur eu théologie en 1333. Après avoir passé par différentes charges dans l'ordre des Franciscains, il fut nommé vicaire général ue sa province par Clément VI. Choisi pour présider le chapitre tenu à Marseille , il y fut élu général en 13W , et gouverna avec autant de prudence que de zèle. A lin de travailler plus efficacement à rétablir la pureté de la règle de Saint-François , il demanda un protecteur de son ordre, et obtint du Souverain Pontife le cardinal Elie de Talleyrand. Après avoir vu le Pape a Avignon, • il partit pour l'Italie , y visita les province* et les maisons de l'ordre, et favorisa la réforme du l'Observance dont sont sortis les Cordeliers et les Récollets. Envoyé a Naples par le Pape, il réussit dans la corn* mission épineuse de suspendre les intrigues de cette cour, et d'assurer le trône à Jeanne I". Il confirma la reine de Sicile, Sanche do Majorque, veuve du roi Robert, dans sa résolution de renoncer au monde , et lui donua le voile dans l'ordre des Gausses, au couvent de Sa iule-Croix, qu'elle avait fondé. En 1340, Vassal tint à Venise un chapitre général de son ordre, où l'on fil de s<«g<?s règlement*. En 13V7, il fut nommé archevêque de Ralentie; mais il continua de gouverner les Fianci»cains , comme vicaire général ,
ve>:
jusqu'au chapitre tenu a Vrmoe. qu'il présida en 13V8. Nommé en 1351 au patriarcal de Grado. transféré plus tard à Vassal con«erva l'a iministratioo de l'archevêché de Rsvenne , qui Paida h soutenir La dignité patriarcal». Il fut chargé de patiner les Génois et les Vénitiens, qui s* faisaient une cruelle guerre, et il y réussit non uns peine.... Envoyé avec le patriarche d'Aquilée et l'archevêque d- Saltzbourg, il réconcilia la république de Venise avec Charobert, roi de Hongrie. En 1354, Innocent VI enar* gea Fortanier de Vas<al et les patriarches de Constanlinople cl d'Aquilée, de placer la couronne de ter sur la tête de l'empereur Charles IV, si l'archevêque de Milan refUMi't de présider à cette cérémonie; mats celui-ci usa o«; son droit. Vassal fut adjoint au cardinal Gilles de Albornoz, et accompagna ce légat au delà des Alpes, pour faire rentrer dans le devoir une foule de petits tyrans qui, profilant du séjour des Papes à Avignon, remplissaient l'Italie de troubles, de carnage et de désolation , par les guerres qu'ils se faisaient entre eux. Il l'aida de ses conseils, lui avança des sommes considérables pour lever et soudoyer les troupes qui furent employées a la réduction des factieux, et ces deux prélats préparèrent ainsi le retour des Papes a Rome. En 1356 , Fortanier fut chargé , par Innocent VI , de puh'ier une bulle dVxcommunicalion contre François Ordelesso de Foligni, Jean el Guillaume Manfredi de Faenza : il monta en chair* à Rimini, donna le signe de la croisade à Ma* lalesti, a son fils , surnommé le Hongrois, el à 600 hommes qui devaient agir contre les ennemis du S iint-Siége. Il reçut aussi le serment des habilantsdeRavcnne. a (Micbaud.
Biographie universelle, art. de M. Auditfret ) Reconnaissant de ces services, et juste appréciateur du mérite de ce prélat, louocenl VI le nomma cardinal en 1361; mai» Vassal s'élaul mis en chemin pour se rendre à Avignon, où il devait recevoir le chapeau, fut atteint a Padoue do la peste , qui l'emporta, au mois d'octobre de la même année, dans le couvent des Franciscains. Il fui inhumé avec grande pompe dons leur église, où on lisait encore son épilapbe en 1789. « Kevèlu dos premières dignités de l'Eglise, employédans lesaffaires les plus importantes, Vassal vécut toujours comme lu plus humble des fils de Saint-François , et trouva le temps de cultiver les lettres. » (/&.) Il a laissé des notes aur le livre de la Cité de Dieu, de Saint-Augustin ; des Commentaire» sur différentes parties de la Bible, des Sermons, des Traité» de théologie, Lectarce theologia, Quod libeta ditputata, ele Suivant quelquesuns il serait l'auteur de I' 'Office de» ttigvatu de Saint-François , composé par l'ordre do général des Franciscain» Géraud Odon. sous le nom duquel parut cet ouvrage.
VKCCHIARELL1 (Edouard), deRikti.&H, en 1660, par le Pape Alexandre VII. diacrccarilmal du titre de Saint-Côuie et de Sainl- Dami-n, évêque de Riéli , mourut <o Ititf-
Vl-Ct:mS(IJrRN4HDis dk), né à Sicm.eiu