DICTIONNAIRE TIN
et principalement pour une tournée épiscopale. Le prélat a adopté pour ses instruo lions un genre nouveau qui les rend très* intéressantes et utiles aux ecclésiastiques.
VILLEMUR (Pokcb de), Français, évêque de Pamiers, créé en 1350 par Clément M, cardinal du litre de Saint-Sixte, mourut es 1.Ï55.
VINCENT-LAURO, né à Tropea, vill* de laCalabre ultérieure, et élevé dans la maison desCaraffa, ducs de Nocera, étudia à Naples et è Parioue. Après avoir étudié les langues anciennes, il fit de grands progrès dnn< la philosophie et dans la médecine. — F.tilnj dans la maison de Paul Parisio, cardinal'
des Essarts. En 1853, le concile de la pra- Cosenz8,ils'unitd*emiliénvecHuguesRuor.vince de Bordeaux s'étant tenu a la Rochelle, compagno qui, parvenu au pontificat sous l>> Mgr Villecourt en a fait le discours do clô-
ture, qui a été imprimé en latin tel qu'il l'avait traduit lui-même. Vers la fin de 1855, il se rendit à Rome pour exposer au Saint- Père l'état de son diocèse. Pie IX l'a contraint de demeurer dans la Vil!o sainte, où il l'a retenu en qualité de cardinal de la France. Sa nomination est du 17 décembre 1855. Trois jours après, Mgr Villec >urt a reçu du Saint-Père le chapeau et l'anneau avec le titre decardinal-prôtre de Saint-Pancrace. Le gouvernement français a accueilli celte nomination avec bienveillance; et, par ses ordres, l'hôtel de l'ambassade a fait le» frais de la réception du nouveau cardinal. Le cardinal Villecourt est membre de quatre congrégations : des Rites, du concile de Trente, des Ëvêques et des Réguliers, et de l'Index.
En 18b9, le prélat a publié un ouvrage intitulé : la France et le Pape, par un ancien pendant lo règne de Sigismond. Il y demeura vicaire- général, dédié aux évéques de France, après la mort de ce prince; il était encore Celte production a excité l'intérêt de l'uni- en Pologne lorsque Henri de France, duc vers catholique. Puis : Nouveaurécit delap- d'Anjou, fut choisi pour succéder à Sigisparilion de la Salette. Il est également au- mond, et lorsqu'Elienne Balhori fut placé teur d'une introduction placée en tôle de sur le trône que venait d'abandonner Her.la Dé fente det sept sacrements, traduite par M. Potier, et d'une traduction latine du syriaque des deux Epitres aux Vierges de saint Clément, Pape; et c'est cette traduction que nous avons reproduite en regard du texte dans notre lomel" de la Pairologie
gréco-latine. Mais l'ouvrage principal de de régner sur la Pologne. Enfin Lauro, do- Son Kminence le cardinal Villecourt est sans venu cardinal, attirait sur lui les vœux do contredit le volume in-quarto publié aux tout le monde, et il était considéré comme Ateliers catholiques de Monlrouge, en 1856, le chef futur de l'Eglise. On prenait pour et contenant ses œuvres oratoires. Elles sont augure de sa grandeur un accident extra-
nom de Grégoire XIII, le fit cardinal en 1583. Avant d'être élevé a celte dignité, Vincent s'était attaché au cardinal de Tournon, qui lui avait donné de riches bénéfices en Auvergne. Après la mort de ce cardinal, François de Lorraine, duc de Guise, introduisit Lauro dans la riÎBison d'Antoine, roi de Navarre, afin qu'il empêchât la reine sa femme, et leur entourage, de porter ce prince à embrasser le parti des calvinistes. Ce prince étant mort sept mois après, Lauro s'en retourna à Rome avec le cardinal de Ferrare, qui élait alors légat en France. Comme il avait demeuré longtemps à la cour de Rome, et que les grandes connaissances qu'il avait acquises dans la médecine loi donnaient un accès familier auprès des grands, il fut employé en diverses ambassades, dont la plus considérable fut celle de où il fut envoyé par Grégoire XIII
Pologm
ri III. On dit que Lauro était parvenu précédemment a introduire à la cour de Jean III, roi rie Suède, Antoine Possevin, savant Jésuite, très-propre aux négociations les plus importantes, lequel ramena Sigismond à la religion do ses ancêtres, ce qui lui permit
divisées en onze parties. La première contient des discours sur l'histoiro ecclésiastique ; la seconde, un cours d'instruction pour le Carême; la troisième et la quatrième, un cours d'instructions sur les péchés capitaux et sur les Commandements de Dieu ; la cinquième , une Retraite ecclésiastique ; la sixième, des discours sur les saints mystères ; la septième, des sermons et des allocutions pour les fêles des saints ; la huitième, des éloges et des oraisons funèbres; la neuvième est intitulée, Mariana, ou discours sur la sainte Vierge; la dixième, Jlfoniulia, ou discours è des religieuses; la onzième partie contient diverses allocutions,
ordinaire qui lui était arrivé; car au premier voyage qu'il fit à Rome, étant encore fort jeune, il assista au spectacle que l'on avait coutume de donner nu public la veille de Saint-Pierre et de Saint-Paul ; et s'étant trouvé par hasard sur le passage d'au taureau, il fut enlevé en l'air par les cornes de cet animal furieux sans en recevoir aucun mal. Pendant les conclaves de Sixte »i d'Urbain VII, de Grégoire XIV, d'Innocent IX et de Clément VIII, il fut regardé comme un sujet digne du pontificat, et n'eu* d'autre reproche à essuyer que celui de I al* lâchement qu'il avait eu autrefois pour le roi de Navarre. La faction d'Espace se
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couvre de celle raison, pour rendre suspect au Sacré-Col lége ce pieux et savant cardinal, □on qu'elle lo crût partisan de la France, mais parce qu'elle savait qu'il ne serait pas favorable aux Espagnols. Enfin il mourut à Rome en 1592, après avoir donné tous ses biens, qui étaient considérables, à l'hôpital d'es malades. Son corps fut inhumé sans pompe dans l'église de Saint-Clément, dont il portait le titre, et sur son tombeau on plaça une épitapbe modeste, comme il l'avait ordonne.
VIO (Thomas de) était surnommé Cajetaîi de la ville de Gaële, au royaume de Nazies, où il avait pris naissance le 20 février 1469. — Entré, à l'âge de 15 ans dans Tordre de Saint-Dominique , il fut reçu docteur en théologie eu 1294, n'ayant encore que 24 ans. Après avoir professé 'a théologie, avec éclat, à Brescia et a Pavie.il fut élu, en 1500, procureur général de son ordre, et général en 1508. Il avait alors 39 ans. C'est dans c«t emploi qu'il rendit de signalés services au Pape Jules II, en faisant avorter le projet d'un concile, que voulaient tenir à Pise l'empereur Maximilien et le roi de France François I", et en persuadant a ce Pontife d'en ouvrir un dans l'église de Lntrati. A celte occasion il publia un livre, où il prouve qu'un concile général ne peut être assemblé que par l'autorité du Pape. Léon X, pour le récompenser, l'élevaa la dignité de cardinal le 1" juillet 1517, et le 26 avril de l'année suivante, il le Ut son lésai en Allemagne, où il assista, eu 1519, a Ta diète, qui conféra à Charles-Quint la couronne impériale. Le principal objet de la mission du cardinal Cajetan était de travailler è rattacher Luther à l'Eglise romaine avant que ce fougueux novateur eût consommé sa séparation. Cajetan avait la science et les talents nécessaires pour remplir avec succès une (Mireille mission. Il y montra môme, de l'aveu des Luthériens, une modération qui honore son caractère; mais il avait contre lui les puissances , dont les passions et les intérêts étaient engagés dans la prétendue réforme. Sa qualité de Dominicain devait, d'ailleurs, nuire au succès de la négociation dans uno querelle qui tirait son origine de la rivalité ue cet ordre avec celui des Auguslins, auquel appartenait Luther. Léon X était bien loin de soupçonner les proportions qu'allait prendre cette affaire qu il appelait une querelle de moines. Des disputes d'étiquette amenèrent d'autres obstacles. Cajetan rejeta la voie de discussion. Luther se refusa à toute rétractation. Ils se séparèrent sans avoir rien décidé. Cajetan nommé, le 13 avril 1519, évêque de Gaëte, fut encore envoyé, avec le titre de légat en Hongrie, d'où il revint l'année suivante. Fait prisonnier, en 1527, par les troupes de Charles-Quint, lorsqu'elles s'emparèrent de Rome et la saccagèrent, il fut obligé de se racheter au prix d uno rançou de cinq mille écus romains, ce qui le contraignit à aller vivre économiquement dans son diocèse, afin de se procurer ce qui lui était nécessaire pour rembourser ceux
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qui lui avaient avancé cette somme. Rappelé à Rome par lo Pape Clément VII, il y mourut, la même année que co Pontife, le 9 août 1534, âgé de 66 ans et demi. Malgré une vie si occupée, ce cardinal trouvait moyen de donner chaoue jour quelques heures a l'élude; il s'en était fait un devoir, et c'est ce qui expliquo comment il a pu écrire tant d ouvrages. Les principaux sont : I. Commentaire» sur VEcriture sainte, Lyon 1639, 5 vol. in-fol. Ils sont précédés de sa Vie par Fonseca. « L'auteur s'y attache trop strictement au sens littéral, fait peu d'usage des saints Pères, s'y exprime avec beaucoup de liberté sur la Virlgate, et se
1>er i.et quelquefois des explications singulières. Comme il no savait pas les langues originales, il se faisait rendre le texte mol à mot par des rabbins, qui l'ont quelquefois égaré. Sur le Nouveau Testament, il s'est trop attaché a la version et aux notes d'Erasme. L'ouvrage fut durement (Michaui* , Biographie universelle, art. de M. Tabaraudj attaqué par Catherin, et censuré par la faculté de théologie de Paris. Il opposa è la censure une apologie, où il s'explique sur certains endroits et se défend sur d'autres. Cette apologie n'empêcha pas qu'on ne fît des changements dans l'édition de 1639.
C'est pour cela qu'on lui préfère les anciennes, surtout celles qui sont antérieures au décret du concile de Trente sur la Vu'gnte. (On y trouve celui qui est intitulé : De l'autorité du Pape.) II. Un Commentaire fort court sur la Somme de saint Thomas, commentaire qui se trouve dans les éditions de cette Somme, Anvers 1577 ; Lyon 1581 ; Bergame 1500, et avec quelques retranchements dans l'édition complète de ses ouvrages, publiée è Rome en 1570 par les ordres de Pie V. 111. Opuscules sur divers sujets, Lyon, 1562. Il y attaque les conciles de Constance et 4a BAIe, soutient le droit exclusif du Papo d'assembler les conciles généraux; sa supériorité sur ces grandes assemblées; son infaillibilité, etc. La faculté de Pari.-», à laquelle il fut déféré, le lit réfuter. IV. Commentaires sur la philosophie d'Aristote. V. Tractatu* </« comparatione Papœ et concitii, Venise, 1531 et 1562. « Cajetan possédait une vaste lecture théologique. Il avait de la clarté et de la méthode ; mais il n'est le plus souvent qu'un compilateur. Il avait divisé son Commentaire sur te Nouveau Testament en 12 chapitres, auxquels il donnait le titre bizarre de Déjeuners du Nouveau Testament. Il a eu des partisans zélés et des censeurs sévères dans les deux communions. » (Ibid.) Mélanchthon en fait un portrait peu flatteur. Charnier vante sa droiture, sa candeur et sa modération. Calharin. son confrère, le combat avec fureur, et Sixte de Sionne no sait comment le louer. « C'était, » dit Bossuet, « un esprit ardent et impétueux , plus habile dans les subtilités de la dialectique, que profond dans l'antiquité ecclésiastique. » . Voici son éloge par le P. Alby [1644] :
* Quoique les ingrédients de plusieurs qualités entrent en la composition de la
WO DICTIONNAIRE m m
?! ne faut qu un vrce remarquable en celle fit
ne faut qu
partie qui rail l'homme, pour le démettre do sa condition. Ce qui a fait accroire, avec quelque raison, que les habitudes de l'esprit, et les Terlus intellectuelles qui forment l'homme, elle tirent de la boue, sont comme la plus pure quiulessence de l'homme, l'esprit de l'Ame, elles traits les plus augustes qui tirent en l'homme l'image de la traie grandeur.
« C'est aussi ce qui a toujours fait juger (pour ne parler ici des autres) le très-illustre cardinal Cajetan digne de la plus haute estime, et comme l'un de ces grands noms qui composent ce magnifique collège d'honneur, et celle multitude de sages que l'Ecriture appelle la santé de la (erre, et le jour éclairant do monde : ayant mérité par 1 essai des éminenles habitudes de son esprit, d'être appelé par emphase, le grand e$prit et te miracle des etprits de son temps.
« Il tira de sa naissance, la noblesse et la TiTacité de cette excellente partie de son Ame : et comme la nature sembla s'AIro es-
son noTicial de religion, durant lequel il surpassa par sa piété ses autres vertus comme depuis étant passé aux études de là philosophie, il dévança de beaucoup parla force de son esprit, tous ceux qui étaient entrés en mémo lice arec lui.
« De Naples il passa à Padoue et à PaviP ou il consacra aui divines matières de li théologie les belles lumières de son esprit et les connaissances qu'il arait déjà acquises : et comme il n> eut personne qui anportât a cet emploi de plus profondes pensées et de plus hautes élévations d'Aioe, que lui, aussi personne n'en rapporta plus
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qu'il ht paraître dans les occasions les plus importantes qui se présentèrent, et qui le firent juger diega de succéder aux chaires du grand Albert el de saint Thomas de qui il représentait les génies el la vertu du monde.
« Il passa maître en l'âge de vingt-deox 8 "/ 7 Jerrare» en présence du duc el du général de son ordre, où il ne montra pas tant un essai qu'une pompe et un triomphe de
positions, ses parenls, auparavant qu'il vlnlau monde, apprirent les heu- 1660 °8'° en 1 université de Pavie, de lareux deslins oue les amours du ciel lui te- Quelle il augmenta la réputation par celle de liaient préparés; son père ayant été averti ^"incomparable esprit, et de sa rare sufen songe r qui serait „
mère l'ayant aperç. .,,,„„
"bornas d'Aqum qui lui donnait la première instruction des lettres et des bonnes mœurs, et I enlevait comme son favori dans le ciel. Ces songes ne furent point vains. Le petit
prépares; son pere ayant été averti Jj "•wujpuraïuc esprit, ei oe sa rare suf-
►ge qu'il aurait un fils nommé Jacques "sance, qui furent des biens presque aussi
rait grand en l'Eglise de Dieu, et sa ProPrM » celte noble académie, où ils pa-
'ayant aperçu entre les bras de saint ru,renl 8yec tant de gloire, qu'à Ja famille
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religieuse qui les avait produjtsT
« Rome, jalouse de ce trésor, le rechercha, et entre autres le cardinal Olivier Caraffe qui était alors un des grands ornements du
«v..0», jumii, puiiu THIU3. ias pew hui cmufliors un nés grands ornements du Jacques en son plus bas Age fil voir une Sacré-Collégo et protecteur de l'ordre de agréable conie dos mmnrs. pi A* l'«er.rii h.. S«iiii n,.m,r,;r.,./, . - ...
agréable copie des mœurs, et de l'espril du jeune saint Thomas : et ses premières années, qui ne sont qu'innocences aux autres, et qui ne montrent que les boulons, furent en lui exemplaires et pleines de fruits de Tertu.
« Les soudains avancemenls qu'il Ut aux savant Cajetan
Saint-Dominique , ayant appris du bruit commun, ce qu'il valait, employa son crédit pour l'y altirer, afin qu'un mérite si rare reçût sur le plus haut ihéâlre du monde, les justes applaudissements el les fruits légitimes de lu reconnaissance publique. Là le garantit bientôt la vérilé de
lettres furent un effet de la prompte vivaeiïô la réputation communeT ei T'en marqua de el capacité de son esprit, a qui l'étude de nouvelles — J
r>£xt art nui V *« * . -J..»l. L m
cet art qui apprend à parler, et toutes ces connaissances qui forment l'entendement des jeunes gens, semblèrent plutôt servir débat et d'amusement, que d'occupalion.
©ailleurs 1 honnôtelé de ses mœurs, la piété, la modestie, et le reste de ces douces et aimables vertus ûrent que ses parents furent recherchés de le donner en mariage à l'un ue quelques partis assez avantageux qui se présenteraient pour leur fils : mais lui prélérant la sainteté du célibat à la chasteté du
preuves dans la poudre des écoles de» la philosophie, et de la théologie, qu'on nomme seolaslique. D'où il passa à enseigner les saintes Ecritures de la nouvelle et ancienne alliance : faisant paraître dans la fidèle explication de ces sublimes vérités apportées du ciel, une doctrine subtile, mais solide, des beautés éclatantes, mais saintes, des lumières extrêmement vives, mais qui éclairaient l'esprit, et échauffaient le cœur en même temps de ceux qui l'écoutaient.
« Le crédit et l'autorité qu'il s'acquit dans ces fonctions laborieuses le portèrent
vo ont?^ ^ dévolf oans ces wwiiom laborieuses le portèrent
les ce fi 'ver IZ^V^^ ««charge» les plus éminenles de l'ordre.
Jure 1 6 10,8 à UI16 CrÔa* ^u n P°Méda quelques années avec grande
« Fnfiiiii» h» .«„ ii u v * satisfaction de tous, el mérita enfin l'hoo-
trprnn iv . i S ^V1 r?cherch« d'en- neurde l'administration générale de sa re-
f ,i rln ^d,?â8fll?l"D0m,mque' *0(*uel Ji«ion «m"" e«rya l'espace de dix ans. et
'ent eor sa n,i ^^nT1?6/"8' Gl T en Quelle il composa la plus belle deshar-
i entreprise que ses parents faisaient de monies qui forment un gouvernement lieu-
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•eux, accordant une rare prudence, arec ino vertu exemplaire.
Ce fut environ ce temps-là (ju'il obligea le îaint-Siége d'un signalé service h l'occasion lu concile de Pise, qui, pour être appuyé de a faction de l'empereur Maximilien, et du •oi Louis XII, était pour produire de grands l violents désordres en la chrétienté, si le 'ape Jules 11, contre qui cet orage dangeeux était élevé, avant réprimé les fauteurs, il les promoteurs <le cette assemblée par les ensures ecclésiastiques, le docteur Cajean n'eût guéri les esprits faibles, et conbndu les libertins, par les livres qu'il donna tu public De ta puissance du Pape, dignes le I estime de son esprit, et de l'intérêt de "Eglise qu'il défendait.
Le Pape Jules ayant été prévenu de la nort auparavant que d'effectuer les bonnes 'olonlés qu'il avait pour Cajetan en recontaissance de ses services ou de son mérite, e Pape Léon X qui succéda à Jules au îiége, comme eo l'estime de Cajetan, le lorama cardinal du titre de Saini-Siile, orume celui qui était pour lors en l'Eglise ;n opinion d'une excellente probité, et l'une incomparable doctrine, mais lui seul e crut indigne de cet honneur quo tout le nonde déférait è sa vertu, et il augmenta estime qu'on avait de lui par le mépris ju'il témoigna de ce* pompes de gloire.
t Cette nouvelle dignité lui servit do place l'honneur pour étaler avec plus d'éclat les jicns de son âme, et les richesses incoruptibles de son esprit. Et quoiqu'il arrive ordinairement que les hommes élevés aux jlus hautes charges, sont esclaves de trois naître* : de l'Etat ou du Souverain qui les i élevés, de la réputation, et des affaires obliques : ce qui fait qu'il ne leur reste x)iol de liberté, ni en leur personne, ni en eurs actions, ni en leurs heures parliculères. Notre cardinal néanmoins se mainmt tellement en la possession des légitimes libertés de ses occupations ordinaires, ]u'il voulut retenir avec l'habit de son orire qu'il ne quitta jamais, toutes les bonnes Habitudes, auxquelles et la vie régulière et es longues études avaient accoutumé son îsprii. Ce qui lui fournit le loisir d'interpréter presque toute la sainte Ecriture qui lura toujours des ombres que les plus éclairés ne pourront percer, et d'achever les ioctes et subtils commentaires qu'il nous a laissés sur la Somme ihéologiqve de saint I domas d'Aquin, qui font une digne eu- :hâ*sure au diamant d'une si exquise doctrine : sans parler de quantité d'autres ouvrages, où il a rendu compte à la postérité Ju temps qu'il avait ménagé pour elle.
« Il fut ensuite pourvu du Pape de l'archevêché de Panorme, et quelque temps après nommé par l'empereur Charles à l'évêchô JeCajèle, a l'administration duquel ayant apporté un puissant courage avec de trèstincères et charitables intentions, il déclara une guerre sainte aux vices et à toutes les nécessites, et s'acquit en peu de temps l'estime des sages, l'amour des peuples, les
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vœux et les prières de tous les affligés.
« Comme il travaillait ainsi soigneusement à cultiver son diocèse, il se présenta une occasion importante de le quitter pour servir au bien de toute l'Eglise, glorieuse pour lui, mais produite par une cause funeste à toute la chrétienté. Ce fut un grand remuement de religion et d'Etat, arrivé en Allemagne à l'occasion des indulgences qui avaient été prêchées au duché de Saxe, qui furent le prétexte de l'apostasie de Luther, et la matière du schisme qui déchira l'Allemagne en d'horribles partialités, et passa le couteau de division jusqu'au cœur de l'empire. Le Pape Léon voulant promptement éteindre ce feu qui a failli a ravager les plus fleurissantes provinces de la chrétienté, y dépêcha lo cardinal Cajetan en qualité de son légat, pour opposer les armes de sou esprit aux funestes nouveautés, et à la peslilenle doctrine de Luther; et travailler par son adresse, jointe à sou autorité, à la salutaire réduction d'un nombre d'esprits, qui s'étaient séparés avec plus de légèreté, que de propos résolu, de la créance de l'Eglise.
« Le cardinal y alla, et dans les premières conférences qu il eut avec Luther è Augsbourg, fù il l'obligea de comparoir, non-seulement il vengea l'honneur de la vérité par la victoire de son capital adversaire, l'ayant convaincu d'avoir eu des sentiments erronés et d'avoir publié des propositions déjà condamnées, comme il lui montra par les anciens conciles; mais encore il le disposa à une rétractation publique, pour être réconcilié avec la vérité qu'il avait outragés par ses- combats de plume et de voix, et avec l'Eglise qu'il avait trahie par sa révolte.
€ Toutefois sa rétractation ne fut qu'une confession masquée, qu'il fit avec plus d'éclat et de cérémonie que de véritable sentiment. Car s'étant présenté derechef devant le légat, suivi d'un notaire, et do quatre conseillers de l'empereur, lui teuanl un cartel h la main, qu'il lut tout haut, en la même façon que fait aux querelles d'épée celui qui tieut l'honneur d'aulrui, et le rend h celui qu'il a offensé, il fit voir à travers de quelque apparente soumission qu'il rendit à l'Eglise, la vanité de son esprit, et son obstination qui est le dernier caractère de l'erreur. Ce qui fit ouvrir les yeux au légat, pour venger avec autorité et avec la menace des censures, celui qu'il ne pouvait retenir par amour dans le devoir de l'obéissance. Mais cet esprit présomptueux a qui la folle ambition avait déjà délié l'attache, et l'avait lancé contre l'Eslfsc, après avoir obtenu de l'empereur des lettres de sévérité, et interjeté un appel du légat qui fut affiché aux carrefours d'Augsbourg, s'enfuit secrètement, et attira un nombre de partisans à sa suite, et à l'amour de ses nouveautés.
tLe cardinal, depuis employa tout ce que peut l'esprit le plus adroit et le mieux intentionné qui fût, è rappeler ces dévoyés daus le seiu do l'Eglise; mais la mort survenue de l'empereur Maxirailien confondant