‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 354 sur 457 · IV · texte numérisé non relu

IV

les troubles et les intérêts de la religion, dans ceux de l'Etat, rendit tous les soins et les travaux du légat inutiles ; et l'hérésie profilant delà faiblesse du temps et des esprits, après avoir divisé la créance des peuples, divisa si fort les esprits et les cœurs, qu'elle fit des Etats d'Allemagne une mer de tempêtes civiles, et un amphilbé&tre de fureur et de sang.

« Ces désordres obligèrent le cardinal-légat a se retirer d'Allemagne, où sa dignité trahissait la sûreté de sa personne, et à retourner au plus tôt à Rome, où quelque temps après le Pape Léon étant mort, et tout le conclave des cardinaux se trouvant divisé en d'étranges factions, sans avoir pu de longtemps s'accorder au choix d'un successeur, il arriva que le cardinal Cajetan saisi d'un soudain ravissement de l'esprit de. Dieu qui voulait faire un coup de sa providence par-dessus toutes los pensées et les jugements des hommes, ayant nommé le cardinal Adrien pour lors absent en Navarre, et peu connu dans Rome, attira les vœux et les consentements de tous les électeurs, au suffrage de sa recommandation comme a une voix sortie de la bouche do Dieu ; et justifia autant par son élection le mérite moins reconnu d'Adrien, comme ce 'saint et sage Pontife justifia depuis par son mérile l'élection de Cajetan.

« Adrien, ainsi promu au pontificat, prit des soins très-ardents pour la conservation de la Hongrie, alors cruellement battue et affligée des armes du Turc : et s'étanl résolu parles sollicitations du cardinal Cajetan de s'aider a la sauver de la ruine qui la menaçait par tous les secours et les subventions qui seraient a son pouvoir, il envoya devers le roi Louis, le même cardinal, avec de notables sommes de deniers, lui préparant en cette nouvelle négociation de nouvelles peines, pour récompense de la charge qu'il Jui avait procurée, et croyant bien qu'il n'était pas moins que lui appelé à une couronne, qu'il fallait porter piquante sur la terre, à qui la voulait porter brillante dans le ciel.

« Cette négociation n'ayant pas eu le succès espéré par la faute de l'évêque de Varadie qui était le principal mobile des actious et du conseil du roi, et qui fit hâter la bataille contre le Turc, en laquelle toute l'armée chrétienne fut. taillée ou rompue, ot le roi même se sauvant à' la fuite noyé dans un marais, le cardinal soutint comme il put et appuya de son courage les restes branlants de l'Etat, et quoiqu'il eût apprfs le trépas avancé d'Adrien, si ne crut-il pas devoir abandonner de sa présence, et de ses soins ce pauvre royaume affligé, quelques peioes ou périls qu il y eut pour lui auparavant la création du nouveau Pontife qui fut Clément VII, de qui il reçut l'exprès commandement de réunir à Rome, ou il fit en son entrée triompher la vertu, dans la pauvreté de son équipage, et où il ne rapporta d'une si laborieuse administration, que la gloire d'à voir servi courageusement le public,

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sans intérêt particulier, comme un soleil qui n'infecte sa pureté d'aucune eontagioo terrestre pour tant de voyages qu'il fait sur la terre.

■ Après son retour, il servit quelque temps le Pape de conseil, et d'instrument principal dans l'action de son gouvernement, qu'il vit en peu de temps réduit à de pileuses extrémités : et dont les premières sérénités se rompirent en un funeste et cruel orage, qui exposa la première ville du monde ta sac, et aux brigandages d'une nation étrangère : les temples et les autels aux profanations sacrilèges, les trésors sacrés au pillage : les évêques et les cardinaux à la rançon, et le chef même de l'Eglise aui indignités scandaleuses d'un siège, et à la honteuse captivité d'une prison

«Ce fut encore alors que la fureur et le ravage du vainqueur insolent se répandant hors de Rome, allèrent chercher le cardinal Cajetan dans la retraite où il avait cru de tirer son esprit a l'écart du tumulte, et d'ouvrir son cœur aux consolations du ciel, puisque celles de la terre étaient mêlées de tant d'amertumes. Auquel temps il fut merveille comment il se soutint avec uoe joie et un courage extraordinaires, sous le fait des incommodités qui accompagnèrent, ou qui suivirent sa captivité. Il se racheta arec cinq mille écus d'argent de la vexation des luthériens ; et dans les misères qui l'assiégeaient de toutes parts, il trouva de quoi assister de eonseil, de consolation, et des effets de sa charité, un grand nombre de misérables, comme dans les troubles funestes, et confus de la guerre, il trouva du repos et du loisir pour faire des livres, vivant tranquille et assuré dans le tumulte des armes, ainsi qu'un Alcyon au milieu delà mer, et sur l'agitation des vagues.

« Certes, à culte occasion, il a laissé des marques précieuses à la postérité des plus pures lumières de son esprit, et du féale plus sacré de'son cœur. Et comme l'on voit encore que la mer s'enfle davantage et élève plus violemment son flux aux lieux où elle est plus serrée : aussi sembla-l-il que l'esprit du cardinal Cajetan pressé dans le détroit de ses dernières années, déploya ses opérations avec plus d'abondance de doctrine, et avec de plus hautes élévations de discours. Ce fut en ce temps que le Pape Clément l'ayant consulté sur le mariage de Henri Vlïl d'Angleterre avec Catherine, infante d'Espagne , mariée en premières noces à Arlh us, prince de Galles, frère aîné de Henri, il assura l'esprit du Pape a prononcer pour la validité. Et en toute autre rencontre si suffisance passa en telle estime, que sa doctrine servait de règle, sa plume de flambeau, sa voix d'oracle, et sou silence méioe de censure.

« Son cœur tout apprivoisé avec les pe&sées de sa mort, reçut des messagers secrets du ciel pour se préparer à faire heureusement le passage de cette vie à l'autre. U prédit sa fin prochaine a ses plus familier*- Et comme l'on dit quo la cigogoe a I baleii»

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