‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 358 sur 457 · VIT · texte numérisé non relu

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obstiné ilo la faction ennemie. En quoi noire Vileileschi rendit an Saint-Siège un service si considérable qu'il dompta par le fer les rebelles armés et retranchés dans les fortes places, cependant que le Pape domptait, par les armes de lumière, la rébellion dans les esprits.

■ Aussi fut-il infiniment cher à celui qui l'employait* auprès duquel il mérita lous les honneurs de la paix dans l'Eglise, avec tous les pouvoirs et les commandements de la .pierre, ayant reçu des bonnes volontés .et les libéralités du Pape, outre l'intendance générale de ses armées et de tout le douaine de 1 l'Etat ecclésiastique, en qualité de >on légat, les dignités d'évêque de Recaiali, de patriarche d'Alexandrie, d'arche- 'êque de Florence et les autres qui suivirent mnlôl après, qui lui ôtèrent tout sujet de arnais se plaindre d'avoir servi sans recompose et d'avoir mérité sans honneur.

• Depuis qu'il commença à mener l'armée le l'Eglise, il se porta si âprement, et avec jne contention do corps et d'esprit si infaigable 5 la poursuite des tyrans révoltés, ju'il n'y eut point de diflicuflé qu'il ne surnonlâl, ni de résistance qu'il no forçât pour aire obéir le sort des événements à lous ses lesseins. 11 donna bataille à Antoine, comte le Pontedére, qui occupait avec une puissante armée toute la campagne de Romo, usqu'auz portes de la ville; le délit, le >rit prisonnuier, et pour donner de la tereur aux autres, fît pendre tout nu à un irbre et exposa à la proie des loups, celui mi avait attenté à la plus haute pièce du latrimoine de l'Eglise, qui l'avait dépouillé le son héritage par des voies illicites et for- :ées, et en avait fait la proie de son infâme *apine. Il usa de paroille rigueur contre Anoine Pinsan qu'il fit ébrancher è un olivier; outre Courad Trincio, Jacques Vican Pressât de Rome, et quelques autres qui s'éaienl accommodés dans les désordres pu- )lics de plusieurs places, qu'il lit tous passer •ar le (il de l'épée, abattant les plus hautes êtes qui avaient osé heurter la puissance et es droits du Saint-Siège. Et sans s'arrêter m si beau chemin tout glorieux qu'il était le si beaux succès, il tourna ses armes coure les Malateste, les Savelle et les Colonie qui soutenaient toute la faction Gibeline, sa contraire et son ennemie, auxquels I ôla une quantité de fortes places qu'ils enaient; et après les avoir grandement itTaiblis et retranché leurs espérances, les éduisit enQn à la nécessité de se rendre et le s'humilier à ?es pieds, s'ils voulaient viter la foudre qui était prête à tomber sur eurs tètes.

« Ainsi la tin de ces premières entreprises iyanl surpassé tout ce que le Pape pouvait lésirer de prospérité et de bonheur en *es irroes, il le créa cardinal, étant à Ferrare, ►our récompenser et reconnaître les heueux travaux dont il avait obligé l'Eglise, 'our laquelle promotion le peuple romain témoigna ë la première nouvelle tnnl de éjuuissance, qu'après le signal des cloches

du Gapilole, les feux de joie en furent allumés par tous les carrefours; la jeunesse romaine fit la nuit des courses à cheval avec (lambeaux allumés et de jour des combats de Varrièro et des montres de parade : tout le peuple poussant à cris élancés d'heureuses acclamations au cardinal de Florence, comme au père du peuple et au libérateur de l'Eglise oppressée. Et il se fil encore une pareille «féle dans Rome, quand, revenant victoriens du siège de la forte et ancienne ville de Palestine, qu'il fit abattre, et égaler au niveau des herbes, il fut reçu dans cette ville de triomphes, comme un ange descendu du ciel pour la délivrance de l'Italie : tout le sénat, la noblesse et le peuple lui étant allés à la rencontre jusqu'à l'arc de Sainl-Vitle, d'où il fut conduit en belle pompe sous 'un dais de brocarts d'or, les chemins et les rues jonchés de rameaux d'olivier et de rinceaux de palmes, les murailles par où il passait tapissées de* draps d'or et de soie; le peuple le suivant du coeur, des yeux, des vœux, de la voix et des pas, comme l'objet et l'aimant de ses ravissements ; jusqu'à ce qu'il fut descendu au palais qui lui était préparé à Saint-Laurent in Damaso, où il reçut en présent du sénat dans une coupe d'or douze cents ducats avee les voeux les plus ardents que les chefs du peuple, oiïrirent h ses pieds, comme à l'autel de leur meilleure fortune.

« Mais le plus illustre de tons les honneurs qu'il reçut, fut lorsqu'il eut délivre de la famine la ville de Rome et le pays d'alentour, et essuyé par ses soins les misères et les larmes du pauvre peuple. Car le sénat et le peuple romain, pour témoigner les sentiments qu'il avait de celle obligation, lui Gl dresser dans le Capitale une statue è cheval, de marbre, au pied de laquelle on lisait gravé le nom du cardinal, avec le titre auguste do tromime père, depuis Romulus, de ta ville de Rome. Ordonna de plus eu plein conseil, que les habitants de la ville de Comète qui avait donné naissance au cardinal, seraient désormais censés citoyens romains ot jouiraient du toutes les franchises, honneurs et privilèges, comme s'ils étaient originaires de leur ville. Et finalement que le jour de saint Louis, auquel ils avaient été délivrés du siège et de la violence de leur capital ennemi par les armes victorieuses du cardinal Vileileschi, ils offriraient tous les ans à l'église du Capilole, nommée Ara cmli, un calice d'argent acheté des deniers du peuple romain, en mémoire et eu reconnaissance éternelle de leur libérateur.

«Ces chatou tllemenls excessifsde l'honneur, et la faveur riante de tant de prospcriiés continues, firent que le cardinal Vitelloschi s'étant rendu trop susceptible des fumées de la vauité, devint allier et entreprenant, et porta moins d'honneur et do respect qu'il ne devait à sa fortune. Dout sans s'amuser h rendre sa gloire pleine et entière, qui consistait a achever d'éteindre les restes mourants de la rébellion, il pratiqua une ligue

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arec René d'Anjou, contre Alphonse, roi 'd'Aragon, qui lui querellait h possession du 'rojauroo de Naples, à qui il donna bien de l'exercice, sans emporter sur lut autre avantage considérable que la proie de sa dépouille, 'qu'il enleva par un stratagème de guerre, que le Pape comdamna comme incivil et messéant à sa condition. Kl il fut encore moins satisfait de la prise du prince de Tarente.el de quelques violences et supercheries dont il usa en son endroit : comme encore d'une nouvelle ligue qu'il entreprit avec Picinin contre les Florentins, qui furent les brèches qu'il fit à sa réputation pour les ouvrir à sa ruine.

| « Ainsi de si beaux tuccès , et tant de peines heureuses, et d'honorables travaux du cardinal Vitellesthi, qui avaient rendu jusqu'alors l'envie muette, et ouvert toutes les bouches è ses louanges, se trouvant aucunemeut ternis par ces dernières actions, excitèrent quelques secrets ennemis de sa fortune à décrier sa vertu et sa fidélité au* près du Saint-Père, et è représenter son ambition à un tel point qu'elle ne manquerait pas de lui faire bientôt prendre dans tout le domaine de l'Eglise le litre de souverain, dont il exerçait déjà la puissance : joint à ce que n'ayant pas assez de vertu pour descendre de la grandeur où sa bonne fortune l'avait élevé, il aurait assez de courage pour s'y maintenir par force: ayant d'ailleurs des personnes affiliées dans toutes les places fortes de l'Etat ecclésiastique , qui iraient au branle de sa fortune, et suivraient les mouvements de la roue qui les avait élevés.

■ Ce fut le cardinal Louis Scaraoïpt, homme accort et artificieux, qui, ayant commencé è

Prendre l'ascendant dans les conseils du ape, l'abreuva de ces opiuions, et suggéra le moyen de se saisir de sa personne, et de l'arrêter dans le château Saint-Ange : dont les ordres secrets en furent donnés à Antoine Rido gouverneur de la place, qui rencontra l'occasion la plus favorable qu'il pouvait attendre pour faire réussir son dessein. C.ir le cardinal étant sur son départ de Rome, pour suivre le gros de son armée qui tirait en Toscane, après avoir visité le travail du superbe palais qu'il faisait bâtir è Comète ; il (il savoir au capitaine Rido, qu'il se trouvât a son passage devant le château Saint- Ange, pour recevoir ses ordre* louchant les munitions et autres subventions nécessaires pour la conservation de la place. Duquel avis le capitaine profila si accorlemeut , qu'ayant laissé passer les quatre régiments de soldats qui devaient servir d'escorte au cardinal qui filèrent sur le pont Saint-Ange, il fit tout è propos ouvrir les portes du château, comme le cardinal parut è l'entrée du pool, accompagné d'un peloton de ses plus afildés qui environnaient sa personne : et lui sortant et s'avançant de plusieurs pas à sa rencontre sans armes, et avec un visage ouvert pour lui ôler toute sorte de défiance, l'attira seul dedans la porte du château sous ombre de lui tenir quelque discours secret, où le voyant assez engagé, prit hardimeol

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son cheval par la bride, donna le signal, fit abattre la berce, el lui mit en tète un escadron de soldats attitrés oui sortirent de l'embuscade, comme des bêles farouches de leur guichet, le menaçant de leurs armes pour l'obliger à se remettre sur la foi et la courtoisie de leur capitaine. Mais le cardinal s'animanl à la vengeance par le dépit de se voir traîtreusement surpris, el montrant dans cet extrême désastre de sa fortune un courage de lion, piqua son cheval de furie, le coutelas tiré contre Rido, et se démena quelque temps en homme de cœur parmi les hallebardes jusqu'à ce qu'ayant reçu une grande blessure à la tôle, et deux autres eu cou et au bras droit, il fut contraint de céder au nombre, et à la force des soldats, qui l'emportèrent ainsi tout sanglant sur un lit dore : où touché d'une douleur stupide, et refusant d'écouter la fade consolation dont Rido amusait son esprit (qu'il avait trop mérité les bonnes grâces du Pape pour les perdre jamais, ou manquer d'honneur et d'emploi auprès de lui, hors de la profession des armes qui lui était moins séante), il se soutint quelque temps de son coura^o qui luttait contre son indignation, et élevait son esprit contre les violences de la douleur; jusqu'à ce que se laissant enfin abattre dans les profouds sentiments de sa disgrâce et de son mal, il expira sans effort entre les mains des soldais ; laissant au monde un exemple mémorable des faiblesses et de la cruauté de la fortune, qui, après avoir quelque temps soutenu ses favoris dans l'étal de la grandeur, où elle les a élevés, se lasse enfin de les porter, et laisse tomber leurs services dans l'oubli, leurs mérites dans le mépris, leurs corps dans le cercueil, et leur mémoire souvent dans l'infamie.

« Son trépas arriva le onzième du mois d'avril de I année! 1440. Après lequel son corps fut porté à 1 église de Notre-Dame de la Minerve, et là, exposé au peuple sans les ornements de sa dignité, la tôle, les mains, les pieds et les jambes nues, comme en spectacle public dada vanité et de l'inconstance du monde. Et comme c'est l'erreur de la plupart des hommes, de crier toujours contre les malheureux , n'étant point de disgrâce, dont les grands qui la souffrent ne soient coupables en l'opinion du vulgaire, il se trouva peu de personnes qui n'entreprissent de faire le procès aux excès de sa vie, el de le juger digne d'une telle mort. Quoiqu'il ne manquât pas encore d'esprits mieux raisonnants qui, meltaut dans la balance le juste prix de tant de services passés, les jugèrent plutôt avoir mérité un meilleur et plus heureux destin.

Cependant sou corps fut retiré de la vue du peuple, et accordé aux parents du défunt pour être enlerré avec honneur à Cornôie. Et depuis son mérite rencontrant plus de faveur dans les jugements de la postérité, a élé couronné de la main de la justice, et relevé de magnifiques louanges par les Papes Sixte IV, Jules 11, Léon a,

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