‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. 3. Encycl. théol., tom.27 (volume 4)Chapitre 63 sur 457 · SI · texte numérisé non relu

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l'Impuissance de tu! continuer ses services. En effet, il emporta enfin ce qu'il avait si virement désiré depuis longtemps, et ce que le vicaire de Jésus-Christ eut tant de-peine h lui accorder, de se retirer dans une maison de la Compagnie.

Il choisit le noviciat de Saint-André, où, ayant appris autrefois è vivre sainlemenl, il espéra qu'il apprendrait enfin a bien mourir. Il y entra le 16 août 1621, avec un épanouissement de cœur qui parut sur son visage à tous ceux qui l'y reçurent, et qui leur fut un témoignage, et de l'aversion qu'il avait de la cour, a laquelle il renonçait, et de sa tendresse pour la chère maison qu'il avait prise pour le heu de son repos.

Afin d'en goûter les douceurs, fl s'interdit les fondions publiques, ne s'étnnt réservé que la cause du bienheureux Philippe de Néri, qu'il avait entreprise, partie par l'estime qu'il faisait d'un homme si digne d'être mis au catalogue des saints, partie en considération du cardinal Baronius, qui avait été disciple et compagnon de cet illustre fondateur de l'Oratoire. Il ne put se défendre d'assister encore une fois à la congrégation de l'Index pour une affaire importante qu'il s'éïnil chargé de rap« porter. Il en fut si fatigué, qu'il en revintavec une grosse fièvre gui l'obligea, au retour, à so mettre au lil. L'accès fut très-violent.

Ces symptômes, dans un commencement ae maladie, firent craindre qu'elle ne fût mortelle, surtout dans un homme de 79aos, encore plus usé par ses travaux et ses longues applications, que par un âge si avancé. Les médecins, qui ne purent en dissimuler le danger, jetèrent le trouble dans toute la maison. Le malade, revenu de son délire, porta le même jugement de son mal; mais, loin d'en être alarmé, voyant approcher le jour heureux qui le devait mettre en possession du même Sauveur, que Siméon avait eu le bonheur de tenir entre ses bras, transporté comme lui d'une suinte joie. C'est maintenant, dit-il, Seigneur que voue laisserez aller votre serviteur en paix selon votre parole. (Lue. n, 29.) Son mal, cependant, eut des alternatives qui firent croire qu'il n'était pas si près de quitter la terre, qu'il se le figurait : il se trouva mieux quelques jours après ; et Amérigi, général des Célestins, Jui témoignant l'espérance qu'il avait de son retour, sur les signes qu'il en aperçut dans son air et dans sa couleur : « Ce sont des apparences fort équivoques,snr lesquelles il neiautpas compter, » lui répondit le cardinal ; t il y a quelque chose de plus solide en moi, qui m'assure d'une mort prochaine, et qui me fait ente ndreque je n'ai plus que très-peu delemps à vivre. Et n'est-ce pas assez, » ajouta-t-il, ■ mon exil n'a-t-il pas été assez long, et n'estil pas temps que j'aille à ma patrie? »

La maladie dont il fut atteint , et qui le conduisit au port qu'il désirait, était singulière. C'était une fièvre aiguë et ardente ; elle était* proprement double-tierce-continue, les accès entrant d'ordinaire les uns

dans les autres avec redoublement. Ces accès faisaient en lui comme deux fièvres toutes différentes, dont l'une, accompagnée de transports et de maux de tête violents, lui causait le délire : l'autre lui allumait un feu dévorant dans les entrailles, mais lui laissait un plein jugement, afin qu'il ne perdit rien de ses douleurs, et qu'il en sentit toute la pointe. Dans cette diversité d'accès, il paraissait toujours le même, patient, doux, gracieux à tous ceui qui venaient te visiter, se découvrant la tête pour saluer, soit qu'il fût en délire ou non; ce qu'on n'apercevait que parce qu'il y avait moins de suite dans ses d-iscours. Au reste, il y faisait toutes les mêmes choses qu'il aurait failes, s'il avait eu l'usage de la raison. Jamais on n'entendit sortir de sa bouche aucune parole qui touchât les affaires publiques ou secrètes, qu'il venait de manier. Il ne parlait que de ce qu'il avait dans le cœur, c'est-à-dire de la grande, de l'unique affaire qu'il allait terminer. Ce qui est étonnent, c'est que, sachant plusieurs langues, il parlait presque toujours la grecque pendant son délire, quoique l'usagé de l'italienne et delà latine lui fût beaucoup plu* ordinaire en tout autre temps. A l'heure du la nuit, où il avait coutume de réciter les Matines, on le voyait, pour les commencer, lever les yeux au ciel, faire le signe de la croii; et, poursuivre autant que la mémoire lui fournissait avec les inclinations de tête au Gloria Patri, et tous les autres actes de piété, qui lui étaient ordinaires dans la récitation de l'Office divin.

L'ardeur de sa fièvre et l'extrême faiblesse où il était réduit, ne l'empêchèrent pas de se jeter a terre pour communier, s'anéantissant, autant qu il lui était possible, è la vue de son Seigneur, qui lui faisait l'honneur de le visiter. Comme il le reconnaissait et l'honorait dans la personne de son Vicaire; il reçut avec un respect religieux Grégoire XV, qui vint le voir dès les premiers jours de sa maladie. Dès qu'il l'aperçut dans sa chambre, plein de confusion, la tête nue, il se courba profondément ; et, dans cette humble posture, pénétré d'un sincère sentiment de sa bassesse : « Qui suisje, en vérité, Saint-Père, »s'écria-l-il, « pour que Votre Sainteté m'honore de sa visite?» — « Je voudrais vous la faire, » répondit le Pape , en une meilleure occasion ; « votre mal m'afflige, mais votre patience et votre résignation me consolent; je prie le Seigneur de vous rendre une vie qui m'est si chère.» — «Elle n'a été que trop ongue> reprit Bellarmin, c me voici sur la lin do ma soixante-dix-neuvième année; je ne désire plus de vivre, mais seulement de faire la volonté de Dieu jusqu'au dernier soupir de ma vie ; c'est à Votre Sainteté, si nécessaire è l'Eglise, que conviennent mes années, et encore de plus longues. » — « Ce sont vos niériios et uon pas vos années que je sou- ♦ haile, • répartit obligeamment le Pontife, en lui tendant les bras pour l'embrasser ; il le fit deux ou trois fois ; et demeurant ouel-

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