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ordres religieux. Les adversaires des réformes gagnèrent un frère Farina, qui alla se poster à l'entrée de la chapelle, où le prélat faisait sa prière avec toute sa maison, et, au moment où l'on chantait l'antienne : Non turbetur cor vestrum, neque formidet (Joan. xit, 27), l'assassin tire un coup d'arquebuse sur I archevêque, à genoux devant 1 autel. Au bruit de la détonation, les chants cessent; la consternation est è son comble. Le saint, sans s'émouvoir, fait signe de continuer la prière. Quand elle est unie, il se. relève, et voit tomber la balle, qui s'était amortie dans ses vêtements. Le coupable et trois de ses complices reçurent le châtiment qu'ils méritaient, sans qu'on eût égard aux, prières du saint, qui implorait leur pardon. Cn second attentat, dirigé contre lui , n'eut pas plus de succès que le premier. Ces tentatives ne l'ébranlèrent poinl, et ne le Grent point dévier de la ligne de conduite qu'il s'était tracée. Il souffrait tout sans se plaindre ; plusieurs fois aussi ceux qui le regardaient romme un ennemi, saisis d'admiration, vinrent lui offrir des satisfactions qu'il accueillit avec douceur et avec charité.
Il était parti pour porter les derniers secours de la religion a un de ses suffragants, lorsqu'il apprit que la peste s'était déclarée
Krès de Milan, où elle gagna bientôt. Il se ata de retourner dans sa métropole, et, en arrivant, alla visiter le lieu où lu magistrat avait fait conduire les pestiférés. Il les consola, les encouragea, pourvut è leurs besoins spirituels et temporels, déclarant que, dans cette calamité terrible, il ne manquerait pas à son peuple, qu'il ne s'en séparerait point, qu'il sacrifierait sa vie à lui rendre tous les soins d'un bon pasteur. Il ordonna des prières publiques pour tâcher de fléchir la justice divine, s'offrant à Dieu comme victime dans des processions auxquelles il assistait nupieds, la corde au cou, les yeux fixés sur son crucifix, qu'il, arrosait de ses' larmes. Enûn le ciel exauça les vœux du saint prélat, et le fléau cessa ses ravages.
' Tant de zèle, de travaux et de fatigues avaient altéré sa santé. Il s'était rendu avec le P. Adorno , Jésuite, son confesseur, au mont Varalli ; il v fit une confession extraordinaire, et dit à quelques amis que sa fin approchait. Quelques jours après, c'était le 24 octobre 158V. il fut pris d'une fièvre tierce; on le transporta a Milan; le 2 novembre suivant, la fièvre redoubla. Il demanda les sacrements de l'Eglise, qu'il reçut avec sa dévotion accoutumée, et, au commencement de la nuit du 3 au 4 novembre, il termina sa laborieuse et trop courte carrière, en prononçant ces mots : Ecce tenio, * Voilà que je viens.» Il allait recevoir lo prix de ses vertus. Il n'était Agé que de 46 ans, et fut canonisé par Paul V, neuf ans après sa mort. Par son testament, il laissait son argenterie è l'église métropolitaine, sa bibliothèque a son chapitre, ses manuscrits h l'évèque de Verceil. Il avait institué l'hôpital général son héritier, et choisi pour sépulture un caveau voisin du chœur de sacalhé- .
drale.On ? lit sur une tabletterie marbre l'épitaphe suivante faite par le saint: ■Chartes, cardinal, du litre de Sainle-Praxède, archevêque de Milan, implorant le secours «J~s prières du clergé, du peuple et du séte d*vot, a choisi ce tombeau de son vivant. » 1! avait recueilli en 1 vol. in-fol., la première partie de ses conciles; la seconde no Ta été qu'après sa mort. L'édition de 1599. Milan, 2 vol. in-fol., sous le titre de Acta Eccl&i* Mediolanensis, est préférée aux éditions subséquentes. Saxiusa donné, en 1747, a Milan, une édition de ses œuvres complètes, avec notes, 5 vol. in-fol. On y trouve ses Instructions aux confesseurs, et ses Sermons. On a publié à Augsbourg, 1758. en 2 vol. in-fol., une nouvelle édition des Nocles W ticanœ, des homélies, des sermons et des discours, le tout suivi de la Vie du saint par Giussano. Cette Vie, traduite en latin pxr Rubcns, l'a été en français par le P. Cloisault, de l'Oratoire. La Vie du saint a encore été écrite par Godeau, Charles Bases pe, Ripainonlius, et par le P. Tourun. La bibliothèque Ambrosienne, fondée par son cousis, ie cardinal Frédéric Borromée, conserve 31 volumes de lettres de saint Charles. Eu 1697, on lui a élevé au lieu de sa naissance, à Arone, une statue colossale en bronze, de 6* pieds de hauteur.
Pour suppléer è la brièveté de notre ootice, nous donnons ici une analyse détaillée de la Vis de saint Charles, par Giussano. Malgré la forme très- sèche de| celte analyse, nous pensons que nos lecteurs nous sauront gré de leur avoir mis sous les yeux un tableau complet des actions de ce grand saint.