I. O4VIP. — Habileté de la race juive dans les arts
— ArtiHtes el artisans. — Hérédité profcssioiindle.
— La musique et' les clianlenrs sarrés. — Projet du temple de Jérusalem. — Préparatifs faits par David. — Pian et devis remis par lui à Salonion.
— Ciioix de remplacement du leniple.
Nous avons à examiner deux livres (jui peuvent nous apprendre ce que furent les arts pratiqués par les Juifs pendant toute la durée du royaume de Juda. L'on devine aisément que notre sujet d'étude va s'agrandir, et prendre dès à présent autant d'intérêt que d'ampleur. J'ai promis de démontrer que la race Israélite avait bientôt acquis, dans les arts l€s plus relevés, une habileté qui était largement à la hauteur de l'habileté des grandes nations voisines, c'est-à-dire des Egyptiens et des Assyriens, parmi lesquels les artiste» juifs avaient inconteslablement pris leurs
maîtres ; c'est cette thèse qu'il s'agii maintenant de soutenir et de développer, en l'appuyant perpétuellement sur la comparaison instructive des textes sacrés et des monu* ments dont les traces se retrouvent sur le sol judaïque.
Nous procéderons donc, à partir du i>oint auquel nous sommes parvenus, en traitant chaque règne individuellement» c'est-è-dire en puisant dans le Livre des Rois et dans les- Paralipomènes ou Chroniques, les récits parallèles des mêmes faits, récits qui s'éclairent et se complètent naturel lement,et parfois de la manière la plus heureuse. Mais avant d'eor trer dans le viKet de passer au règne de David» ou du moins à la portion de ce rèçne qui se compte à partir du moment oil le siège da^ la royauté judaïque fut transféré de Hébroa à Jérusalem, je dois me débarrasser le jplos brièvement que faire se pourra du 7" Ûvri: des Chroniques, dans lequel se trouvent re« produits, avec quelques variantes, presq^ toujours de peu d'importance, les faits qua^ nous avons appréciés en nous occupant du second Livre de Samuel. 11 est vrai que e% même livre des Chronicfues nous révèle quelques faits nouveaux qu'il ne nous est pas possible de passer sous silence.
Pour aller plus vite en besogne, j'opérerai le dépouillement de ce livre, en suivant l'or^ dre même dans lequel y sont inscrits les passages dont je dois tenir compte. Je le répète, cette énumeration sera aussi courte que possible, parce que le plus souvent ellenefer»' qu'impliquer une répétition pure el simple.
Il paraît certain que chez les Juifs, à cette^ époque reculée , les professions d'artisaU' étaient héréditaires dans les familles, si nous en jugeons par les versets suivants: V Et Màouanati engendra Aafrah, et Cheriab engendra louab, père de la valUs des Artisans^ car ils étaient artisans, (I Chroniques, ir, 14.) — 2° Les fils de Selâ, fils de lehouda {sont) : Aàr, père de Lakah, et Laddah^.père de Marsah, et les familles de la maison où se travailla le byssus, de la maison d'Asbeà. (76., 21.] — 3*" ILn^n, c'étaient les potiers, et ils demeuratent. dans des plantations entourées, de murs, pris du roi; ils y demeuraient prés de leur ouvrage. [Ib., 23.)
On voit donc que l'hérédité professionnelle existait chez les Hébreux, et qu'en général le& artisans de la même classe se groupaient et vivaient ensemble dans le quartier qu'ils avaient une fois choisi.
Le chapitre v, verset 18, énumère les hommes de guerre de la tribu de Reouben, de la tribu de Gad, et de la demi-tribu de Manassé; ils sont désignés dans ce passaçe sous le titro de braves portant boucliers et glaives, tendant l'arc et experts dans la guerre. Les noms dounés au bouclier ot à l'épée sont ceux oue nous connaissons déjà; quant au nom de l'arc, c'est kousat (en arabe, kous) de kousa^ être courbé.
Nous avons déjà mentionné les chanteurs voués au culte de Jehovah. Voici ce qu'en dit le 7'' Livre des Chroniques {w) :— 16. Et voici ceux que David préposa au chant dans la mai-
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DES ANTIQUITES MBLIUUES.
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te Jehotah^ depuis que l'arche fut placée fpoê. — 17. 11$ servaient devant rkabitaf la tente d'assignation^ par le chanta jus-ce oue Salomon bâtit la maison de Jeko* I Jérusalem.
chapitre x (8 et suiv.) raconte la mort liil et de ses Gis, et les détails que nous rons dans ce récit sont, k très-peu de eprès, identiques avec ceux que contient, ipos du même fait, le livre ae Samuel.
chapitre in énumère les adhérents de 1 pendant ses débats avec Saûl, et nous rons mentionnés parmi eux (vers. 2) des ers lançant des pierres de la main droite
la main gauche, et des flèches avec Tare, oit que les armes offensives désignées ici aussi primitives que possible. Quant aux es, elles sont désignées sous le nom de im.
translation de l'arche d'alliance est raée au chapitre xiii avec les mêmes détails Jans le livre de Sarouel. Ainsi les instruis de musique dont se servaient David et ssistants,pour accompagner les cantiques Sgresse chantés autour oe l'arche sainte, mentionnés au verset 8. Nous y retrou-
naturellement le kinour^ le nabel et le . avec lesquels sont cités les maslatim et ïhasouserout. Le premier de ces instruis, dont le nom dérive, comme celui des Jim ou cymbales, du radical salai, tinnisonuit, est traduit aussi d'ordinaire par baies. S*agit-il réellement de cymbales, ou t-il de véritables clochettes dont le nom aïque est également maslah? Je n'oserais prononcer sur ce point. Quant au mot ouserout, que les Lexiques traduisent par pettes^ j'ignore comment il est possible ^monter k la justification de ce sens, envoi fait k David par Hiram, roi de Tyr, vriers et de bois de cèdre, est raconté que dans les mêmes ternies que nous is rapportés » dans le verset 1 du Htre XIV ; de plus, la mention du palais )rissé de cèdre, construit par eux pour le les Hébreux, est faite aussi de la même ière, au verset 1*' du chapitre xvn.
3US avons vu qu'au combat de Baa-Farsim, lé par David sur les Philistins, ceux-ci, qui ?nt apporté leurs idoles.durent, en fuyant, ibandonner sur le champ de bataille (xiv, ; Ils laissèrent là leurs dieux: David or- %a qu'on les livrât au feu. Ces idoles étaient c très-probablement en bois, est encore plusieurs fois Question du corps chanteurs institué pour le service divin.
16 k 22.) Les instruments dont ils doivent ^mpagner leurs chants sont : les cymbales luivre (v. 19), qui devaient vraisemblablcit marquer la mesure; les nabel à la mae des jeunes filles^ ce qui désigne, à ce l'on pense avec toute apparence de raison, node musical (v. 20) ; enOn des Jlrifiatir à lave pour renforcer le chant (littéralement : r la perfection). Du moment que le chant %abel est touclié à la manière des jeunes s, il faut, je crois, que le kinour àl octave igné une sorte de nasse. Il ne s'asit pas là irmouiv, puisque la bas>eest àVuiûssoo
di» diant, qu'elle le suit à l'octave inférieuro (v. 21) ; concluons-en que le compositeur dont il est question au verset suivant n'avait pas Çrand mérite. Voici ce verset : Et Menania* hou, chef des Lévites, (fut établi) pouw la corn" position: il devait enseigner m manière dr composer, car il était intelligent (v. 22). Ce n'est donc pas, k vrai dire^ par la musique que les Hébreux ont, dans Tanticiuité, signaléleur aptitude pour les arts; meis leurs fils ont amplement prouvé, de nos jours, qu'ils possédaient l'instinct musical au plus admirable degré.
Au verset 24 du même chapitre sont citésles noms des sept cohenim qui devaient jouer de la trompette devant l'arche du Seigneur. Il parait assez naturel d'admettre que le nombre de ces musiciens n'avait pas été choisi arbitrairement, et qu'il se rattachait lui-même au système religieux, dans lequel le nombre sepè joue un si grand rôle. Tout le service musi-^ cal dont nous venons de nous occuper est en-^ core mentionné aux versets 5 et 6 ou chapitre qui suit.
Au chapitre xxin (5), nous trouvons ua chiffre très -important, c'est celui des mem-^ bres du corps oes chanteurs sacrés; ils étaient au nombre de quatre mille. Enfin, le chapitre XIV nous parle d*un collège spécial de deux cent quatre-vingt-huit chantres qui pro-^ phétisaient en s'accompagnant du kinour, du nabel et des maslatim, et qui furent répartis en vingt-quatre groupes de douze, qui se re-^ levaient probablement pour le service divin. Ce chiffre est trop bien d'accord avec celui des mois de l'année, pour que cette relation puisse être considérée comme purement fortuite. Les douze chanteurs de service n'étaient^ sans doute, que ce que l'on appelle, dans nos chœurs modernes, des chefs d'attaque : car sans cela k quoi bon instituer un corps de quatre mille chanteurs qui n'eussent jamais chanté?
Nous avons trouvé au chapitre viii du 71* Livre de Samuel ( v.8 et suiv. ) quelques indications des métaux précieux accumulés par le roi David, après la défaite des nations
au'il soumit k ses armes. Il y était question 'un roi de Soba , nommé Hadad - Aâzer ; nous retrouvons dans les Chroniques ce même roi nommé Hader- Aâzer, et il est si facile de confondre les deux lettres hébraïques daleth eiresch, que cette espèce de désaccord ne nous touche en aucunefaçon; nous nous contentons donc de le mettre sur le compte de quelque copiste maladroit.
U est encore question cette fois des boucliers d'or pris par David aux serviteurs du roi de Soba (xviii, 7), et d'une énorme quantité dairain enlevée de deux villes appartenant è ce prince, et mises à sac par l'armée des Hébreux. Ces deux villes, dans le Livre de Samuel, sont nommées Bethah et Berou* thaï : ici, celles-ci sont nommées Tibehath et Koun. Pour la première, il est facile de démêler encore la trace d'une altération due à quelque copiste : le tau aura été par inadvertance placé une fois avant et une autre fois après le beth du nom de lieu. Quant aux.
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DICTIONNAmB
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noms Koun et Beroulhai, ils sont tellement dissemblables, qu*il en faut conclure que, comme tant d'autres localités citées dans les saintes Ecritures, la môme ville portait ces deux noms distincts. Ce qui nous intéresse beaucoup plus, c'est le renseignement précieux que nous fournit, è propos de cette masse d'airain, le verset 8 du même chapitre ; le voici : Et de Tibehath et de Koun, villes de Hader-Aâzer, David enleva beaucoup d'airain^ avec lequel Salomon fit la mer d'airain y les colonnes et les ustensiles d'airain. Voilà donc une origine bien déterminée pour le métal qui servit à la confection de ces œuvres d'art, dont nous aurons à nous '.occuper très sérieusement plus loin.
Dans le livre de Samuel, nous voyons qu'à la nouvelle de la défaite d'Hadad-Aâzer, Tâay, roi de Hamath, envoya, avec de riches présents, son fils Joram en ambassade auprès de David. Les noms de ces deux personnages sont encore modifiés cette fois. Ainsi, Tâay est devenu Tâaou, par l'introduction facile d'un ouaouà la place d'un iod dans le nom de ce monarque. Quant aux deux noms Joram et Hadoram portés par le prince envoyé en ambassadeur vers David, l'un des deux est certainement altéré; mais lequel des deux faut-il corriger? Je ne me permettrai pas de îe décider. Quoi qu'il en soit, les Chroniques nous confirment entièrement le fait de l'hommage fait à David par le fils du roi de Hamath, d'une grande quantité de vases d'or, d'argent et d'airain (xviii, 10 ). Ceux-là aussi David les consacra à Jéhovah, avec Vargent et. ior quil avait enlevés à toutes les nations : d*Edom, de Moab, des fils d'Ammon, des Philistins et des Amalékites,
Le verset 2 du chapitre xx nous rappelle le fait déjà connu de la couronne d'or ornée d'une pierre précieuse que David enleva au roi d'Ammon après la prise de sa capitale Rabbah.
Il ne nous reste plus à examiner qu'un seul passage du 7" Livre des Bois (i, 50 et 51 }, pour avoir terminé l'étude de tout ce qui concerne les arts judaïques avant la construction du temple. Dans ce passage, il est question de la tentative d'usurpation faite par Adonias, fils de David, au détnment de son frère Salomon. Cette tentative fut déjouée par la prudence deDavid, et le coupable, pour éviter le juste châtiment qu'il avait mérité, s'enfuit en toute hâte vers l'autel de Jeh^yah, dont il empoigna les cornes, se mettant <insi sous sa protection inviolable. La prescription que nous avons trouvée au chapitre xxviii de r^arode, à propos de la forme à donnera l'autel de TEternel, avait donc été rigoureusement exécutée, et cet autel, construit dans le désert, avait été religieusement conservé.
Passons maintenant à l'histoire du temple, dont la construction, suffirait à elle seule pour illustrer le règne de Salomon. Ou nous nous abusons grandement, ou de l'étude des faits que nous allons enregistrer, il résultera, sans réplique possible, que dès le temps de Salomon les Juifs atteignirent un très-haut point de perfection dans la pratique de tous les arts.
Le roi David avait certaîneoient con^*u le projet d'élever lui-môme un temple digne de l'Eternel . C'est ce que nous allons établir d'une manière certaine, à Taide des textes sacrés.
1 . // arriva, après que David fut assis dans sa maison, quil dit à Nathan le prophète : Voici que je demeure dans une maison de cidre, et Varche de Valliance de Jehotah reste sous des courtines. —2. Nathan dit à David: Fais tout ce qui est dans ton cceur, car Dieu est avec toi. — 3. Cf fut dans cette nuit que la parole de Dieu fut {adressée) à Nathan, savoir : — 4. Va, dis à David mon serviteisr : Ainsi ditJehovah : Ce n'est pas toiqui me bâtiras une maison pour demeure. —...IL Quand tes jours seront accomplis pour que tu ailles vers tes pères, j'élèverai ta postérité après toi, quelqu'un de tes fils, et je consoU" derai sa royauté. — 12. C'est /ut ^ui me bâtira une maison, et je consoliderai son trône pour toujours. {I Chroniques, xxii. ) Comparez ce récit à celui du //• Livre de Samuel, chapitre vu.
David, ainsi averti parla voix du prophète Nathan, renonça au dessein qu'il avait formé de bâtir lui-même le temple de Jehovah, mais sans renoncer à la pensée de contribuer de tout son pouvoir à l'éclat de l'édifice sacré. Il ne cessa donc, pendant toute sa vie, déformer des artistes capables d'exécuter les plans qu'il léguerait à son fils, et de rassembler en quantité les matériaux précieux qui devaient entrer dans la construction du temple. U ne paraîtra pas superflu, je pense, de donner ici quelques détails sur les préparatifs exécutés par le saint roi. Nous avons déjà vu que, depuis la sortie de l'Egypte, chaque fois qu'une nation ennemie des Israélites était vamcue^ une portion notable de ses dépouilles était consacrée à l'Eternel. Presque toujours une quantité considérable de métaux précieux constituait cette réserve, qui recevait le nom d'interdit. Des Lévites étaient chargés de la garde de ce trésor divin, qui, lorsque David parvint au trône, devait être déjà fort important. David lui-même étendit jusqu'à fEuphrate les conquêtes judaïques, et tous les petits royaumes qu'il soumit successivemeot, contribuèrent pour leur part à l'accroissemenl des richesses mises en réserve pour la maison de Dieu.
Les versets 20 et 28 du chapitre xxn des Chroniques nous donnent les noms des Lévites, Salmout et ses frères, préposés à la garde des trésors de la maison de Dieu et des trésors des choses consacrées ( v. 20 ) qu'f^valent consacrées David le roi, ses aiet^, les chefs de mille, les chefs de cent, les chefs des troupes ( v. 26 ) ... Samuel le Voyant, Saul fils de kis, Abner fils de Ner, etJoab fils de Serouiah ( v. 28). Voilà pour la conservation de cet amas de richesses : voyons maintenant s'il nous est possible d'en apprécier la valeur, en étudiant les passages bibliques dans lesquels il est question des pré- Earatifs faits par David pour le temple de Jeovah.
Nous lisons au chapitre xxn des Chroniques ^ verset 2 et suivants : David dit deréur